Avertissements : Les personnages de Catherine et Sara ne sont pas ma propriété mais celle de CBS. Pour les âmes sensibles, cette FF parle d’amour entre deux femmes. Alors si cela vous choque ne continuez pas cette lecture…Attention spoilers du début de la saison 8 !

Merci à Ju d’avoir attendu patiemment que je passe des heures à l’ordi pour écrire cette FF et merci à Alexielle pour avoir accepté que je la mette en ligne sur son site.

Pour les commentaires et encouragements, vous pouvez m’écrire à cette adresse : the.bouzik@hotmail.fr

Bonne lecture !

 

 

  Adrénaline

Par Bouzik

 

Sara :

 

« Je suis devenue complètement dingue !!! ».

 

Sara commençait furieusement à se demander ce qu’elle était venue faire ici.

 

Debout sur la rambarde d’un pont, elle scrutait le sol qui devait être au moins à 200 mètres sous elle. La panique la gagnait doucement et elle eut soudain peur de ne plus avoir le courage de faire ce pourquoi elle était revenue à Frisco…

 

Cela faisait déjà plusieurs semaines qu’elle avait survécu à une petite ballade forcée dans le désert de Vegas. Mais elle avait malgré tout toujours l’impression d’y être, toujours l’impression de lutter pour chaque pas, pour chaque bouffée d’air. Elle sentait toujours ce poids sur sa poitrine comme si ses poumons allaient exploser face à la difficulté de respirer sous le soleil brûlant du Nevada.

 

Sara secoua la tête de gauche à droite comme si ce simple mouvement allait définitivement expulser ces souvenirs de son esprit. C’est ce qu’elle voulait… oublier, oublier cette sensation d’angoisse et de mort qui la hantaient depuis ce jour ! Elle voulait simplement reprendre le contrôle de sa vie !  C’était pour cette raison qu’elle était revenue à San Francisco pendant ses jours de congé. San Francisco… San Francisco et tous ses ponts….

 

Elle voulait oublier, elle voulait survivre, elle voulait VIVRE.

 

Il était hors de question qu’elle ressente de nouveau les mêmes sentiments que lors de son agonie dans le désert : cette sensation de se voir partir, de mourir à petit feu alors qu’elle avait tellement de choses à faire, tellement de gens à rencontrer, à aimer…

 

Soudain, elle leva les bras perpendiculairement à son corps et se laissa basculer dans le vide en retenant sa respiration.

 

Elle fonçait vers le sol tête la première. Ses longs cheveux noirs plaqués sur la tête. Elle sentait le vent lui fouetter le visage et la pression écraser littéralement sa poitrine.

 

Après seulement quelques secondes d’une chute inéluctable, l’élastique solidement attaché à ses pieds se tendit.

 

Cette sensation était singulière. Au-delà du fait qu’elle avait l’impression que ses yeux allaient sortir de leurs orbites tellement la poussée arrière avait été violente, Sara eut la sensation qu’une main venait de la tirer de son gouffre, l’empêchant ainsi de plonger plus profondément dans les abysses. La décharge d’adrénaline qui avait traversé son corps avait été si puissante, que la jeune femme poussa un hurlement libérateur. La pression dans son crâne et la tension de ses muscles disparurent comme par magie, la laissant pantelante et vidée.

 

Elle avait senti la mort la frôler pour mieux revivre ensuite.

 

Après plusieurs soubresauts, Sara pendait mollement la tête en bas au bout de l’élastique. Le point de vue qui s’offrit alors à son regard était époustouflant.

 

Même si elle la voyait sous un angle inattendu, elle se rappelait maintenant pourquoi elle avait tant aimé San Francisco : la ville, la mer, les gens… Elle avait été heureuse ici et gardait de magnifiques souvenirs de sa vie dans cet endroit. Mais elle n’était pas complètement dupe, elle savait très bien qu’au delà de ses souvenirs et de son attachement à Frisco, son cœur était définitivement à Vegas. Elle savait qu’elle ne pourrait jamais quitter cette ville et ce contrairement à ce qu’elle avait cru il n’y avait pas si longtemps de ça...

 

Bien que cela fasse seulement quelques jours qu’elle s’était absentée, c’était comme si cela faisait une éternité.

 

Une éternité sans ses yeux bleus, une éternité sans son sourire, une éternité sans Catherine…

 

Cela suffisait !  L’éternité avait assez duré, elle allait y retourner, elle devait y retourner !...

 

Sara sourit à la seule idée qu’elle allait bientôt la revoir...

 

 

 

 

Catherine :

 

 

Catherine se tenait au milieu du couloir. Nick était à ses côtés et lui parlait de la dernière enquête en cours : un double homicide dans les bas fonds de Vegas, apparemment lié à une affaire de drogue.

 

-          … malgré la pagaille qui régnait là bas, lui expliquait-il. On a réussi à établir que les victimes empaquetaient de la cocaïne en dose individuelle. Probablement pour une revente directe. On a retrouvé cinq jeux d’empreintes sur les lieux et Greg est en train d’analyser… 

 

Il s’arrêta au milieu de sa phrase car il venait de s’apercevoir que sa collègue ne semblait accorder aucune attention au rapport qu’il était en train de lui faire.

 

-          Dis-moi Catherine, tu rêves ou tu m’écoutes, parce que…

 

Il stoppa net son débit au moment où il aperçut ce qui avait visiblement captivé l’attention de la blonde. Il comprit très vite la raison pour laquelle sa supérieure avait des yeux ronds comme des soucoupes et le souffle court…

 

Sara venait de pénétrer dans le labo. Elle était vêtue de cuir de la tête aux pieds !!

 

Ses longues jambes étaient serrées dans un pantalon noir ultra moulant et elle portait un blouson de cuir noir avec de larges bandes grises sur le côté des manches.Elle tenait un casque également noir sous son bras et marchait d’un pas décidé vers le vestiaire sans prêter attention à l’effet qu’avait produit son arrivée sur toutes les personnes qui avaient posé les yeux sur elle.

 

Justement en parlant d’yeux, ceux de Catherine étaient exorbités. Voir Sara dans cette tenue avait été un choc pour elle. Son cœur avait fait un bond dans sa poitrine, s’était arrêté et avait voulu rattraper tous ses battements de retard d’un seul coup.

 

Elle reprit subitement son souffle. Elle avait retenu sa respiration depuis l’apparition de la grande brune.

 

Que lui arrivait-il ?

 

Ces derniers temps, elle ne comprenait plus ses réactions lorsqu’elle se trouvait en présence de Sara. A chaque fois qu’elles se trouvaient dans la même pièce, son cœur s’affolait, ses mains devenaient moites et son cerveau était aux abonnés absents. Mais jamais elle ne s’était sentie comme aujourd’hui, tellement troublée qu’elle avait l’impression que son cœur allait jaillir hors de sa poitrine.

 

-    Catherine, pince-moi !! C’est bien Sara qu’on vient de voir là ? Murmura Nick la tirant de ses pensées. Jamais je ne l’avais vue habillée comme ça !! Elle est … Waouh !!

- Moi non plus, je ne l’ai jamais vue comme ça, concéda la blonde en se remémorant le corps de Sara moulé dans sa tenue de cuir.

 

Reprenant ses esprits et ses moyens, enfin du moins en partie, elle ordonna à Nick toujours pensif : - Bref ! Mets tes conclusions sur mon bureau. J’y jetterais un œil plus tard quand j’aurais le temps. Je dois me rendre sur un homicide. En attendant va donner un coup de main à Greg pour l’analyse des échantillons. On fera un point plus tard

 

- Bien chef, opina le CSI en se dirigeant vers le labo ADN.

 

Après avoir essuyé ses mains sur son jean et prit une grande inspiration, Catherine se dirigea vers les vestiaires. Elle poussa la porte pour voir Sara devant son casier en train de retirer son blouson et le ranger. Dessous, elle portait un simple haut blanc sans manches qui laissait découvrir ses épaules nues.

 

Nick avait absolument raison : elle était tout simplement WAOUH !!!!

 

Comme Sara se retournait et s’apprêtait à retirer son pantalon, elle remarqua que la blonde se tenait dans l’embrasure de la porte et l’observait avec un regard étrange.

 

- Bonjour Catherine, la salua t-elle en souriant. Comment ça va aujourd’hui ? La forme ?

 

- La forme ?… euh… oui oui  bien sûr, lui répondit celle-ci, semblant s’extirper d’un rêve. Et toi, ça a l’air d’aller !

 

- Je suis en pleine forme, avoua Sara avec un grand sourire. Alors qu’est-ce qu’il y a de prévu au programme aujourd’hui ?

 

‘Mon dieu, qu’elle est belle quand elle sourit ! Elle pourrait me tuer sur place avec un sourire pareil !!’ Pensa la blonde entendant à peine ce que venait de lui dire sa collègue.

 

- Cath ? … Alors ?

 

- Euh… oui, on doit se rendre au Tangiers, une scène de ménage qui a mal tourné. Ça devrait être plutôt simple comme affaire, concéda t-elle.

 

- Ok, je finis de ma changer et je te rejoins.

 

Comme Catherine ne bougeait pas et la fixait toujours avec un regard bizarre, la brune l’interrogea de nouveau :

 

- Tu es sûre que tu vas bien ?

 

- Oui, je t’assure. Allez à tout de suite.

 

Catherine fit demi-tour et s’enfuit du vestiaire aussi vite que ses jambes de coton le lui permirent.

 

‘Mais qu’est ce qui m’arrive, bon sang ? s’interrogea t-elle en fuyant vers son bureau. Je deviens dingue ou Sara me fait de l’effet ? Mais ouvre les yeux, espèce de gourde !! Ça n’est pas nouveau. Si tu arrêtais un peu de te voiler la face ! Ça fait déjà un moment que ça dure !!!’

 

Depuis que Sara avait failli mourir lors de son enlèvement par Nathalie, Catherine ne comprenait tout simplement plus ce qui lui arrivait.

 

- Prête ? 

 

Catherine sursauta. Sara venait de sortir du vestiaire et l’avait rejoint. Et elle, elle était là plantée au milieu du couloir comme une véritable potiche. Se ressaisissant, elle répondit  à la brune qui l’interrogeait du regard.

 

- On y va !

 

- Dis-moi, tu m’as l’air bien pensive aujourd’hui ! Tu es vraiment sûre que tout va bien ?

 

- Mais oui ! Rétorqua Catherine sur un ton un peu trop brusque. Tu ne vas pas me le demander cinquante fois quand même !

 

- Ok, je n’insiste pas alors. Mais…, elle suspendit sa phrase…. Non, rien, laisse tomber, termina t-elle le regard triste. Bon on peut y aller maintenant !!  S’exclama t-elle après quelques secondes sur le même ton brusque que son aînée. Puis sans demander son reste, elle commença à s’éloigner laissant derrière elle une Catherine sans réaction.

 

‘Bouge-toi, bon sang. Ou tu vas vraiment finir par passer pour une débile !’

 

Difficilement, la blonde se mit alors en mouvement sans toutefois détourner son regard de Sara et de ses jeans moulants !!!

 

 

 

 

Sara :

 

Plus tard, au Tangiers, après plusieurs heures, les deux femmes avaient collecté tous les indices dont elles avaient besoin.

 

Catherine ne s’était pas trompée, c’était une affaire plutôt simple.

 

Un couple en vacances à Vegas avait fait les frais de la loi du jeu et avait perdu les économies de toute une vie. Après une dispute dont tout l’étage de l’hôtel avait profité, l’homme avait craqué et avait étranglé sa femme. Il avait ensuite voulu se suicider mais n’en avait pas eu le courage. Il avait alors prévenu la police, s’était rendu et avait tout avoué en détail. Il était maintenant derrière les barreaux et il n’appartenait qu’aux deux CSI que cela soit pour un bon moment.

 

En effet, si cette histoire était quasiment bouclée, il fallait tout de même réunir les indices pour que l’accusation ait des preuves solides. Ce ne fut pas une mince affaire dans la mesure où la chambre était littéralement dévastée, on aurait cru qu’un ouragan était passé par-là. La dispute avait vraiment dû être terrible pour que la pièce soit saccagée comme ça.

 

Sara était en train de mettre les dernières pièces dans les sachets scellés quand elle remarqua que Catherine la fixait intensément. Ce n’était pas la première fois qu’elle surprenait les magnifiques yeux bleus de la blonde posés sur elle, aujourd'hui, et à vrai dire ça ne lui déplaisait pas. Elle avait seulement du mal à définir ce que pouvait bien penser Catherine et pourquoi elle la fixait sans arrêt.

 

Cette dernière sentant que sa collègue l’interrogeait du regard en souriant, baissa le regard et tenta tant bien que mal de se concentrer sur ce qu’elle faisait.

 

-  Cath, excuse-moi de te dire ça, mais tu as oublié de lister tes indices, la prévint gentiment Sara.

 

- Tu me surveilles maintenant, rétorqua la blonde en se relevant rapidement. Tu veux prendre ma place peut être ?

 

Sara encaissa avec surprise la réplique cinglante de la blonde, elle ne s’était pas attendue à une réaction aussi violente.

 

- Non pas du tout, je disais ça juste pour t’aider…

 

La blonde la laissa à peine finir sa phrase et l’interrompit en criant presque : - Mais non vas-y dis le, tu trouves que je fais mal mon travail !!

 

- Pas du tout, je disais ça pour t’aider, tu as l’air ailleurs depuis un moment.

 

- De mieux en mieux, mais de quoi je me mêle !!

 

- Bon écoute, lui dit Sara en levant les mains en signe de reddition. Je n’ai pas envie de me disputer avec toi, j’en ai marre de tout le temps me prendre la tête avec toi, ça ne mène nulle part, conclut doucement Sara avant de tourner les talons et de sortir de la chambre d’hôtel.

 

 

 

 

Catherine :

 

Deux fois... Cela faisait deux fois que Sara évitait l’affrontement. Elle qui était d’habitude si prompte à ruer dans les brancards, n’engageait même plus les armes.

 

Si ces derniers temps, les choses s’étaient nettement calmées, les disputes qu’elles avaient pu avoir toutes les deux par le passé étaient mémorables. Leurs joutes verbales étaient de haut vol et chacune se battait avec tous les arguments dont elles disposaient pour avoir le dernier mot. Avant jamais Sara ne se serait défilée face à une agression caractérisée de Catherine ; bien au contraire, elle donnait l’impression parfois d’adorer ça.

 

Mais là, aujourd’hui, Sara avait eu le dernier mot sans même engager les hostilités. Elle avait cloué le bec de son aînée simplement en lui disant doucement qu’elle ne voulait pas se disputer avec elle. Bien sûr Catherine aurait pu répondre avant la fuite de sa collègue mais elle avait été tellement surprise par la résignation dans la voix de cette dernière qu’elle en était restée scotchée.

 

Elle ne pouvait nier que les choses avaient évolué durant ces dernières semaines. Leurs disputes s’étaient espacées et Sara comme aujourd’hui se contentait souvent de répondre aux agressions d’une voix douce ce qui avait pour effet immédiat de mettre la blonde en mode absent.

 

La voix de Sara l’hypnotisait littéralement et faisait fondre tout désir de conflit.

 

L’un dans l’autre, Catherine appréciait que leurs disputes soient moins fréquentes, elle découvrait ainsi sa collègue sous un jour totalement différent. Et ce n’était pas pour lui déplaire. Elle n’aspirait qu’à cela, découvrir et connaître vraiment Sara.

 

Oui connaître Sara, réellement la connaître… Être la plus proche possible d’elle…

 

L’esprit de Catherine s’emballait régulièrement ces derniers temps pour s’attarder sur ce qu’elle n’avait jamais remarqué auparavant : le corps musclé de Sara, ses attitudes, ses lèvres, son sourire…

 

Elle était tellement belle, tellement désirable !!

 

Sentant le sang lui monter aux joues, Catherine détourna son regard de la porte que venait de franchir l’objet de ses pensées.

 

‘Arrête un peu de rêver et bouge-toi !!!’

 

Elle s’empara de son matériel et quitta également la scène de crime pour rejoindre Sara qui l’attendait patiemment dans la voiture en relisant ses notes.

 

 

 

 

Le reste du service passa rapidement et sans problème, mais Catherine ne réussissait pas à sortir la brune de son esprit. Les choses étaient d’autant plus difficiles qu’elles ne cessaient de se croiser et qu’à chaque fois, Sara la gratifiait d’un sourire dévastateur qui lui faisait chavirer le cœur et l’esprit. C’est comme si elle avait de la guimauve dans le cerveau, elle était incapable de réfléchir sereinement ou de ne penser à autre chose qu’à sa jeune collègue.

 

Elle commençait à se demander s’il n’allait pas falloir qu’elle fasse appel à un exorciste ou au diable lui même pour se libérer de l’emprise que Sara avait sur ses pensées.

 

Elle en était là dans son raisonnement quand la fin de sa garde arriva.  Enfin, elle allait pouvoir rentrer se coucher un peu et peut être penser à autre chose qu'à Sara, toujours et encore Sara... oui c'était certain, une fois rentrer chez elle la grande brune la laisserai enfin en paix !...

 

Alors qu’elle se dirigeait vers sa voiture, elle aperçut les garçons et Sara dans un coin du parking en pleine conversation.

 

Comme son attention avait été attirée par son équipe, elle ne remarqua pas l’homme assis dans une voiture au fond du parking. Il portait une casquette de base-ball enfoncée sur la tête et des lunettes noires qui empêchaient totalement de voir son regard haineux qui ne la quittait pas une seules secondes des yeux… 

 

 

 

 

 

Sara :

 

- C’est une Honda, une Hornet.

 

- Waouh ! Mais tu l’as depuis combien de temps, interrogea Greg de l’envie plein le regard

 

- Depuis à peu près deux semaines, je suis allée faire un tour avec à San Francisco pendant mes vacances, lui expliqua Sara un sourire aux lèvres.

 

- Waouh !

 

- Greg, ferme la bouche, tu baves, ricana Nick

 

 

Les quatre amis éclatèrent de rire.

 

- Et qu’est ce qui pourrait bien faire baver notre ami Greg ? Mis à part la tenue de Sara bien sûr ! les interrompit Catherine qui était arrivée à leur niveau.

 

- C’est Sara, chef ! C’est Sara, elle s’est offert une moto géniale, lui expliqua le jeune CSI à toute vitesse. Mais regardez ça, elle est absolument magnifique !!

 

- Qui ça, la moto ou Sara ?

 

Catherine avait posé cette question sans lâcher le regard de Sara qui la fixait intensément depuis qu’elle les avait rejoint. La brune aurait aimé que sa collègue réponde elle-même à cette question, mais elle savait bien qu’elle ne le ferait pas. La simple présence de Catherine suffisait à lui mettre le cerveau en ébullition. Elle ne voyait qu’elle comme si les garçons avaient disparu.

 

Pourquoi avait-elle fait allusion à sa tenue ? Et pourquoi la regardait-elle avec cette petite lumière dans le regard ? Est-ce qu’elle se rendait compte de l’effet qu’elle produisait sur ses hormones ?

 

Reprenant ses esprits, Sara se racla la gorge et se passa négligemment une main dans les cheveux afin de se donner une contenance qu’elle était en fait loin de ressentir.

 

- Allez tout le monde, je vous invite à prendre un p’tit déj pour fêter ma reprise !

 

 

 

 

Les cinq CSI se retrouvèrent quelques instants plus tard attablés dans le resto situé près du laboratoire.

 

Greg surexcité ne cessait de questionner Sara sur sa nouvelle monture.

 

Profitant du fait que ce dernier reprenait son souffle, Catherine interrogea sa jeune collègue :

 

- Dis-nous Sara, qu’as tu fais pendant tes vacances à San Francisco, à part de la moto bien sûr.

 

- Je m’en suis donné à cœur joie. J’ai revu d’anciens amis et collègues avec qui j’avais un peu perdu le contact. J’ai fait la fête et je me suis un peu reposée aussi quand même et … j’ai fait du saut à l’élastique.

 

Catherine faillit s’étrangler avec son café : - Du saut à l’élastique !!

 

- Oui c’est une sensation terrible, je n’avais jamais ressenti ça avant, y’a rien de plus tripant… à part le sexe, bien sûr ! Conclut-elle en souriant de toutes ses dents.

 

Ses collègues masculins la regardèrent avec des yeux ronds, seule Catherine n’était pas interloquée par la sortie de Sara, elle continuait seulement à la fixer avec un curieux petit sourire aux lèvres.

 

Warrick brisa alors le silence gêné qui s’était installé et demanda :

 

- Hum !… Et à part ça, tu as fait autre chose ?

 

Sara s’extirpa des yeux bleus dans lesquels elle était littéralement en train de sombrer, pour se tourner vers son collègue et déclara :

 

- Oui, je suis allée faire de la varap à Red Rock Canyon.

 

- Red Rock … ? S’exclama Greg en décollant presque de son siège. Mais dis-moi, il y a seulement une association là-bas qui permet de faire de la varap. C’est des malades, ils grimpent sans harnais et sans corde alors que Red Rock est un des sites les plus dangereux à escalader ! Tu en as fait avec eux ?

 

- Oui, reconnue Sara. Mais ce n’est pas aussi dangereux que tu le dis. J’ai été très bien entourée. Ils savent vraiment ce qu’ils font.

 

- Pas dangereux !!! Mais tu déconnes !! Pas plus tard que le mois dernier, deux grimpeurs se sont blessés grièvement en faisant de la varap avec cette association !!

 

- Mais non, tu exagères !! En plus tu me connais s’il y avait le moindre danger, je n’en aurais sûrement pas fait, riposta la brune un peu brusquement.

 

- Tu es vraiment sûre de ça ? Dis alors Catherine qui n’était pas intervenue depuis le début de la conversation.

 

- Qu’est ce que tu insinues ? Répliqua Sara en se tournant de nouveau vers la blonde. Que je suis inconsciente ?

 

Vu la réaction de son aînée, il valait mieux que Sara tienne sa langue sur ses futurs projets sous peine de s’exposer aux foudres de la blonde. Les deux femmes se jaugeaient, aucune des deux ne voulait baisser les yeux. Un silence pesant commençait à s’installer...

 

Catherine ouvrit la bouche s’apprêtant probablement à répondre à cette question qui n’amènerait rien de bon. Mais Greg intervint suffisamment rapidement pour éviter à coup sûr une énième dispute.

 

- Sara, il faut absolument que je te dise. Je suis en train de tomber amoureux de toi ! Est-ce que tu veux bien m’épouser, déclara t-il avec un immense sourire sur les lèvres.

 

 

La grande brune éclata de rire et lui pinça la joue tendrement : - Avec toi, quand tu veux, mon amour !

 

- Génial !! Eh, les mecs vous avez entendu ça, Sara est d’accord pour se marier avec moi ! Vous êtes invités aux noces bien sur !!

 

Même si elle rit en même temps que ses collègues, Sara remercia intérieurement Greg de lui avoir évité une dispute avec Catherine. Elle n’aurait pas aimé que ce bon moment entre amis soit gâché par un autre de leur affrontement.

 

Le reste du petit déjeuner se passa dans la bonne humeur. Greg et Sara étaient déchaînés et s’amusaient à jouer au petit couple en se donnant de petits surnoms ridicules et en échafaudant des projets pharamineux pour leur « futur mariage ».

 

Si elle profitait de ce moment, Sara ne pouvait éviter de remarquer que Catherine finissait toujours par poser son regard sur elle...

 

La jeune femme n’arrivait pas à définir ce qui se passait derrière les superbes yeux bleus de sa collègue. Elle était tout simplement fascinée, elle se serait noyée dans ces yeux là si elle n’avait pas été sauvée par l’intervention des garçons qui décidèrent de rentrer se coucher.

 

 

 

 

Catherine et Sara se retrouvèrent seules sur le parking du restaurant. Les garçons étaient déjà partis depuis un moment.

 

Alors qu’aucune des deux ne semblait prête à briser le silence qui s’était installé, la blonde intervint d’une voix mal assurée : - Sara, je voudrais m’excuser pour ce matin. Je me suis énervée contre toi alors que tu ne le méritais pas. Je sais que tu voulais simplement m’aider. J’ai été ridicule de m’emporter, je ne sais pas ce qui m’a pris. J’espère que tu ne m’en veux pas trop. 

 

La grande brune était bouche bée. Il n’était pas dans les habitudes de Catherine de reconnaître ses torts et encore moins de s’excuser. Cet effort avait dû lui coûter.

 

- Ne t’inquiète pas, Cath, je ne t’en veux pas du tout. Tu sais bien que je ne peux jamais être en colère contre toi bien longtemps, expliqua t-elle d’une petite voix.

 

- Vraiment… ?

 

Après quelques secondes pendant lesquelles elle sembla s’interroger sur cette phrase énigmatique, la petite blonde s’approcha légèrement de Sara.

 

- Si je me souviens bien ton prochain jour de congé est samedi, je me trompe ? L’interrogea t-elle. Je me disais qu’on pourrait peut être déjeuner ensemble, poursuivit-elle sans attendre de réponse. Le samedi, quand je ne travaille pas, Lindsey et moi on va toujours manger dans un petit resto près du Strip. Il est très sympa et on y mange très bien.

 

‘ Non mais c’est pas possible. Je suis entrée dans la 4ème dimension ou quoi ? Mais qui êtes vous donc ? Sortez tout de suite du corps de Catherine , et rendait la moi !!!  Est-ce qu’elle est possédée ou quoi !! D’abord des excuses et maintenant… une invitation à déjeuner !!! Mon Dieu… un rendez-vous… j’ai un rendez-vous avec Catherine !!! Rectification, tu ne l’as pas encore !! Allez... Accepte, idiote !!  Mais réponds bon sang, où elle va finir par changer d’avis.’

 

- Oh. Euh… merci Cath… j’en serais ravie, bégaya Sara en souriant timidement. Mais tu es sûre que ça ne va pas déranger Lindsey ? Elle voudra peut-être profiter de sa mère. Je sais que vous ne passez pas beaucoup de temps ensemble à cause du travail, alors peut être qu’elle voudra t’avoir pour elle seule.

 

- Ne t’inquiète pas pour ça ! Tu sais que Linds t’adore et ça fait longtemps que vous ne vous êtes pas vues je crois. Je sais que ça lui fera plaisir de te voir… et à moi aussi, concéda la blonde. Ce serait bien qu’on passe un peu plus de temps ensemble… en dehors du travail, j’entends.

 

‘Là c’est clair, je crois que j’hallucine totalement ! Il y avait de l’ecsta dans le café du restaurant ou quoi ! Catherine veut passer du temps avec moi !!! Avec MOI !!!! Je crois que mon cœur va éclater ! Encore une émotion dans ce genre là aujourd’hui et elle m’achève purement et simplement.’

 

La grande brune ne répondant pas, Catherine s’approcha tout doucement d’elle, se hissa sur la pointe des pieds en posant négligemment sa main sur la hanche de sa collègue et déposa délicatement un baiser sur sa joue.

 

« Alors, à bientôt, ma belle, conclut-elle en s’éloignant vers sa voiture.

 

Deux minutes plus tard, elle était partie laissant Sara seule debout au même endroit, elle n’avait pas bougé d’un cil.

 

‘Ca y est ! Je suis morte !! Jamais je ne vais pouvoir me remettre de ça, mon cœur ne pourra jamais repartir !! Elle m’a embrassée !! Ma belle, elle m’a appelée ma belle !!!’

 

Elle leva sa main vers son visage et posa ses doigts à l’endroit où elle sentait encore les lèvres si douces de Catherine. Elle ne s’attendait tellement pas à une telle marque d’affection, qu’elle avait été incapable de répondre ou de faire quoi que ce soit. Elle était restée plantée là. Elle l’avait juste suivie du regard pendant qu’elle partait. Et quel spectacle !!!

 

Sara se demandait si Catherine savait l’effet qu’elle avait sur elle, si elle avait compris quelle était la nature des sentiments qu’elle lui portait...

 

‘ Ne rêve pas ma vieille, ça serait trop beau !!’

 

Sentant qu’elle devait avoir l’air ridicule  debout au milieu du parking, elle se décida enfin à bouger. Elle mit son casque, enfourcha sa moto et prit la direction de son appart.

 

Comment allait–elle pouvoir dormir après des émotions pareilles !! Elle était bonne pour des heures d’insomnie à revivre inlassablement ce moment , encore et encore... pour son plus grand plaisir !...

 

 

 

 

Catherine :

 

Deux heures après avoir quitté le parking, Catherine était allongée dans son lit. Sur le dos, les bras remontés derrière la tête, les yeux grands ouverts, elle fixait intensément le plafond de sa chambre. Le sommeil se refusait à elle. Rien de surprenant à cela, son esprit tournait tellement vite qu’elle n’était pas suffisamment calme pour s’endormir. Elle ne cessait de penser à cette journée … enfin de penser à Sara surtout !

 

Elle ne comprenait toujours pas ce qui lui avait pris sur le parking. Elle n’avait pas réfléchi et avait agit de façon impulsive. Sur le moment, cela lui avait paru normal : inviter Sara à déjeuner avec elle et sa fille, l’embrasser sur la joue pour lui dire au revoir et partir simplement.

 

Mais maintenant quand elle y repensait avec du recul, elle était abasourdie par la hardiesse dont elle avait fait preuve.

 

 

Oh et puis zut, de toute façon les choses sont faites après tout !! Elle ne pouvait rien y changer maintenant, d’ailleurs elle n’était pas sûre d’en avoir envie. Elle avait adoré donner ce petit baiser à la grande brune. Elle avait surtout adoré la tête médusée qu’avait Sara à ce moment là.

 

Il fallait bien se rendre à l’évidence, elle ressentait de curieux sentiments pour sa jeune collègue. En sa présence, elle se sentait comme une collégienne qui aurait les hormones en effervescence. Voilà ! C’était ça le problème !!! Catherine ne maîtrisait plus ses hormones dés que Sara était dans les parages. Le moindre regard, le moindre sourire de la brune la mettait dans tous ses états.

 

Quand Sara avait été enlevée, Catherine avait cru mourir rien qu’à l’idée qu’elle pouvait la perdre pour de bon,pour toujours... mais à l’époque elle avait cru que c’était seulement par amitié. Elle avait donc tout mis en œuvre pour la retrouver saine et sauve ,ce qu'elle avait fait !... Et lorsque Sara avait été retrouvée à moitié morte dans le désert, mais bien vivante, elle en aurait pleuré de joie. Elle aurait voulu l’accompagner dans l’hélico qui l’amenait à l’hôpital pour ne plus jamais la quitter, pour être sûr qu'elle serait toujours prêt d'elle , mais elle n’avait pas pu le faire. Elle n’en avait tout simplement pas le droit, cette place revenait de droit à Grissom... C'était lui qui était partie avec Sara... Elle avait donc mis de côté ses sentiments qu’elle n’arrivait pas vraiment à expliquer et s’était contentée d’agir comme une simple collègue inquiète de l’état de santé de son amie.

 

Dans les semaines qui suivirent, elle s’était bien rendue compte que les réactions étranges qu’elle avait en présence de Sara était loin de diminuer, elles perduraient, et elles devenaient même de plus en plus intenses! Elle ne maîtrisait plus rien : ni son cœur, ni son cerveau, ni son estomac qui se serrait à chaque fois que la grande brune apparaissait dans son champ de vision.

 

Quand Sara avait mis fin à sa liaison avec Grissom,voilà quelques semaines, l’ambiance du labo était devenue extrêmement tendue. Entre Sara et Gil avant tout, mais aussi entre les membres de l’équipe qui subissaient régulièrement les foudres des deux anciens amants. Curieusement, Catherine avait été épargnée par la mauvaise humeur de Sara à ce moment là. Les choses avaient évolué dans le bon sens, elles se disputaient moins, elles discutaient plus souvent et parfois de choses personnelles n’ayant rien à voir avec le travail. Elles passaient donc plus de temps ensemble. Catherine avait alors pensé que Sara s’était rapprochée d’elle parce qu’elle était une femme et donc plus facilement solidaire de l’épreuve qu’elle traversait. Elle ne s’en était pas plainte au contraire puisque elle-même aspirait à ce rapprochement.

 

Bien sûr Catherine aurait dû être triste pour Grissom, il était son ami après tout, mais elle en avait presque été heureuse lorsqu'elle avait apprit que Grissom et Sara n'étaient plus ensemble. Elle s’en voulait de ressentir une chose pareille, elle n’aurait pas du se réjouir du malheur de Gil mais tout ce qu’elle avait vu c’est que Sara était de nouveau disponible... de nouveau seule et peu être prête a faire de nouvelle rencontre...

 

A cette époque, elle avait soigneusement évité de se demander pourquoi le fait que Sara soit disponible lui importait et avait simplement profité de l’attention nouvelle que lui accordait sa collègue. Mais maintenant qu’un peu de temps était passé, elle commençait à cerner les raisons de ces pensées...

 

Il fallait se rendre à l’évidence, elle craquait pour Sara, elle voulait autre chose qu’une simple relation de travail avec elle, elle voulait  bien plus. Si jusqu’à présent elle n’était pas prête à admettre cette attirance naissante, il ne servait à rien de l’ignorer désormais. Elle était là et bien là !

 

L’enlèvement de Sara avait réveillé en elle des sentiments qu’elle était loin d’imaginer ressentir pour la jeune femme. Si on lui avait dit il y a quelques années, qu'un jour elle serait attirait par la grande brune, Catherine aurait tout simplement rit au nez de l'idiot qui lui aurait sortie une bêtise pareil ! Mais là... Il ne lui restait plus qu’une chose à faire : l’accepter et voir où tout cela mènerait même s’il ne fallait pas se faire trop d’illusions. En effet Sara sortait juste de sa relation avec Gil et rien ne disait qu’elle ressentait quoique ce soit d’identique pour elle.

 

Catherine n’en revenait pas. Alors que cela faisait des semaines qu’elle se battait avec  ses émotions, juste là à l’instant, elle venait de décider tout naturellement d’assumer ses sentiments et le fait qu’elle soit littéralement en train de tomber amoureuse de Sara.

 

Amoureuse de Sara !! WAOUH !!!

 

C’était inutile de le réprimer. Si elle ignorait cela et qu’elle laissait passer une chance aussi infime soit elle d’être heureuse avec Sara, elle le regretterait toute sa vie. Et accessoirement, elle en deviendrait totalement dingue !! Il était hors de question que cela arrive ! Elle allait donc commencer par aller à ce déjeuner avec la grande brune et le moment venu elle improviserait.

 

L’esprit enfin tranquille, Catherine remonta sa couette jusqu’à son menton et s’endormit avec le sourire aux lèvres.

 

 

 

 

Lorsqu’elle se réveilla quelques heures plus tard, elle avait l’impression d’être vraiment reposée, comme elle ne l’avait pas été depuis longtemps. Elle sentait que le pas franchi le matin même l’avait laissée calme, comme si elle avait enfin pris la seule décision qui s’imposait.

 

Elle sourit en pensant à Sara et à leur dernier tête à tête.

 

Une petite ride apparut cependant sur son front lorsqu’elle repensa à ce que la jeune femme avait raconté sur ses vacances et notamment sur les activités sportives qu’elle avait pratiquées. Catherine s’interrogeait sur cette nouvelle tendance de sa collègue à pratiquer des sports dangereux, voir même très dangereux.

 

Était-ce en réaction à son enlèvement ? Est-ce qu’elle cherchait quelque chose ?

 

Elle ne comprenait pas l’attitude de Sara. Il faudrait qu’elle lui en parle...

 

 

 

 

Sara :

 

 

Sara vivait le moment le plus intense de toute sa vie. Enfin elle pouvait montrer à Catherine ce qu’elle ressentait réellement pour elle. Elle n’aurait pu imaginer encore hier que ses rêves se concrétiseraient.

 

Mais c’était bien le cas... Elle tenait Catherine dans ses bras. La blonde était nue et lovée contre elle. Les courbes de leurs deux corps s’épousaient parfaitement comme si elles n’étaient faites que l’une pour l’autre. Sara se pencha sur sa collègue et l’embrassa fougueusement. Sa langue caressait avidement celle de Catherine qui gémissait doucement sous les assauts de la brune. Cela eut pour effet immédiat d’enflammer encore plus les sens de Sara qui commença à caresser doucement le corps de la blonde. Ce corps dont elle avait si souvent rêvé...

 

Elle découvrait enfin le moindre recoin de l’anatomie de Catherine : son ventre brûlant, ses seins parfaits, le galbe de sa peau, ses hanches…S’arrachant de la bouche de Catherine, elle fit courir ses lèvres partout où ses mains étaient passées quelque secondes avant. Quand sa bouche s’arrêta sur la poitrine de Catherine et que sa langue titilla ses mamelons, celle-ci poussa un gémissement rauque et enfouit ses mains dans les cheveux bruns de sa jeune collègue pour encore plus la rapprocher d’elle.

 

- Oh Sara !!… Tu me rends folle !!… J’ai tellement envie de toi !!!… Je t’en prie fais-moi l’amour !!

 

 

Brusquement Sara se redressa dans son lit. Son réveil hurlait à tue tête. Elle était en nage… et elle était seule.

 

Et MERDE !!!

 

Un rêve !! Elle venait tout simplement de faire un rêve !! Elle se laissa tomber de tout son poids sur les oreillers et se passa la main sur le visage en soupirant.

 

Ce n’était pas la première fois qu’elle rêvait de Catherine. Ce n’était pas la première fois que ses rêves n’étaient pas très catholiques mais jamais les choses n’avaient été aussi explicites et aussi loin !!

 

Si seulement ce maudit réveil n’avait pas sonné...

 

‘J’ai besoin d’une douche froide, c’est la seule chose qui pourra me calmer ! Comment est-ce que je vais pouvoir faire pour la regarder dans les yeux après ça ?’Ça suffit maintenant, reprends-toi un peu. Elle n’est tout de même pas capable de lire dans tes pensées !! Tu te conduiras comme d’habitude c’est tout !!' 

 

Si elle était sûre que cette petite voix avait raison, Sara savait cependant que les choses n’étaient pas aussi simples à gérer...

 

Si depuis déjà un moment, elle avait décidé qu’elle préférait vivre près de Catherine en amie ou en collègue plutôt que de vivre loin d’elle, il n’était pas facile de tout le temps cacher les sentiments qu’elle nourrissait envers son aînée. Il n’était pas facile de la regarder tous les jours sans succomber à l’envie qui la dévorait de l’embrasser ou de la prendre dans ses bras surtout quand elle se baladait dans le labo dans des tenues toutes plus sexy les unes que les autres ou quand elle lui souriait avec ce petit sourire espiègle qui la rendait tellement désirable ! Alors si en plus Catherine se mettait à avoir des attentions pour elle comme la veille, il allait devenir impossible de résister.

 

‘Bon stop ! Arrête de gamberger et bouge-toi un peu !!

 

De toute façon, tu ne peux pas te cacher. Et puis ce n’est pas le moment de gâcher le début d’amitié qui est en train de naître entre vous. Si c’est tout ce que tu dois avoir, tu dois le conserver et pas le briser simplement pour assouvir tes fantasmes !!

 

Allez à la douche !!!’

 

 

 

 

Catherine :

 

 

Le reste de la semaine s’écoula normalement. Catherine et Sara ne travaillèrent pas sur une autre affaire ensemble mais elles se croisaient souvent dans les couloirs du labo. Même si elles ne parlaient pas beaucoup, le simple fait de croiser sa collègue illuminait la journée de la blonde. A chaque fois, Sara la gratifiait d’un immense sourire. La blonde se retrouvait alors systématiquement dans le même état : complètement troublée par ce sourire qui lui était devenu si cher.

 

Ce petit espace entre ses deux dents la faisait craquer. Catherine comprenait désormais tout le sens de l’expression « les dents du bonheur ».C’est exactement ce qui lui arrivait, elle était submergée de bonheur quand Sara lui souriait et elle adorait ça.

 

Si Catherine se sentait mieux depuis qu’elle avait accepté les sentiments qu’elle portait à la jeune femme, elle découvrait également au fur et à mesure les inconvénients de la situation. En effet, regarder sa collègue évoluer dans le labo n’avait pas que des avantages et relevait même parfois de la torture. Elle se rendait compte que Sara avait des relations avec leurs autres collègues qu’elles n’avaient pas. Notamment avec les garçons de l’équipe. Elle plaisantait avec eux, riait, se chamaillait gentiment. Il leur arrivait même de se voir en dehors du travail. Catherine avait même remarqué qu’ils avaient des contacts physiques réguliers. Sara semblait être assez tactile, elle posait souvent sa main sur le bras ou sur l’épaule de la personne avec qui elle parlait. Celui qui semblait être le plus proche de la grande brune était Greg. Depuis la demande en mariage bidon de celui-ci, ils n’avaient pas cessé de jouer au petit couple, se donnant du « mon lapin » ou du « mon sucre d’orge » à longueur de temps. Visiblement cela les faisait mourir de rire. La blonde les surprenait souvent au bord des larmes tellement ils avaient ri et cela se terminait invariablement par une étreinte.

 

Elle avait beau savoir que c’était pour jouer, elle ne pouvait à chaque fois s’empêcher de ressentir un petit pincement au cœur. Jamais Sara n’avait été aussi complice avec elle, jamais elle n’avait posé sa main sur son bras pendant qu’elle plaisantait, jamais elle ne l’avait prise dans ses bras. Elle paraissait au contraire être sur la retenue avec elle. Catherine était indiscutablement jalouse, elle aurait donné n’importe quoi pour être à la place de Greg et pouvoir serrer la jeune femme contre elle...

 

...C’est même bien plus qu’elle voulait obtenir de la grande brune !!!!

 

 

 

 

Catherine prit pleinement conscience de l’ampleur de la jalousie qu’elle était capable de ressentir la veille du jour où elles avaient prévu de déjeuner ensemble...

 

Elle marchait dans le couloir pour se rendre au labo de Hodges, quand elle aperçut Sara à travers la vitre du labo ADN. Elle était avec Greg et comme à leur habitude ces derniers temps, ils étaient pliés en quatre tellement ils s’amusaient. Ils avaient vraiment l’air de passer un bon moment. Quand soudain elle vit la jeune femme prendre le visage du laborantin dans ses mains et déposer tendrement un baiser sur ses lèvres !

 

Catherine n’était pas prête à voir cela, elle sentit l’air lui manquer, elle avait l’impression qu’on lui avait planté un poignard dans le cœur !! Elle détourna rapidement les yeux de ce spectacle et poursuivit son chemin à toute vitesse. Elle s’arrêta seulement une fois arrivée à l’autre bout du couloir et s’appuya contre le mur pour reprendre ses esprits et son souffle.

 

Sara et Greg... Sara....Sara...

 

Sara et Greg ?! Non...C’était impossible !! Leur petit jeu était-il devenu autre chose qu’un jeu ? Est-ce que ça serait vraiment sérieux ? Y avait-il quelque chose entre eux qu’elle n’avait pas vu ?

 

Des centaines de questions s’entremêlaient dans son esprit et elle n’avait aucune réponse. Ou du moins aucune réponse qui lui plaisait !! Réalisant qu’elle devait avoir un air étrange, plantée là au milieu du couloir, elle se rendit dans le vestiaire pour essayer de se calmer un peu.

 

Elle était assise sur un banc, penchée en avant, la tête entre les mains, elle tentait tant bien que mal de tranquilliser ses neurones lorsqu’elle entendit la porte s’ouvrir...

 

C’était Sara et elle lui souriait.

 

- Ça va, Cath ?

 

- Si on veut, lui répondit sèchement la blonde.

 

- Tu as des problèmes ?

 

- Rien qui te concerne !!

 

Sara, vexée, se renferma dans le silence et se dirigea vers son casier. Catherine se retourna vers elle mais la seule chose qui s’imposa à son esprit à ce moment là ce fut le souvenir du baiser que la brune avait échangé plus tôt avec Greg. Elle aurait voulu effacer cette image de sa tête et ne plus jamais avoir à y repenser. Une vague de fureur la submergea et elle eut soudain envie de faire du mal à Sara...

 

- Dis moi tu ne penses pas que tu devrais te contrôler un peu, ne serait-ce que par respect pour Grissom ! Cracha t-elle.

 

La jeune femme qui s’était retournée l’interrogea du regard et se décida : - Qu’est ce que tu racontes, je ne comprends pas ?

 

Catherine vit rouge et cria : - Ne fais pas l’innocente, tout le monde a remarqué ce qui se passait !!

 

- Tout le monde , qui ? Et de quoi tu parles ? Explique-toi si tu veux que je comprenne !!

 

- Ce n’est pas à moi de le faire ! Répondit sèchement Catherine en faisant demi-tour et en s’apprêtant à sortir du vestiaire sans demander son reste.

 

Elle n’en eut pas le temps, Sara l’avait saisie par le bras et l’avait forcée à se retourner: - Pas question que tu partes maintenant ! Si tu crois que tu vas t’en sortir, tu en as trop dit pour t’arrêter en si bon chemin. Tu ne sortiras pas d’ici avant de m’avoir expliqué de quoi tu parles, dit-elle calmement.

 

- Sûrement pas ! Si tu n’es pas capable de voir ce qui cloche dans ton comportement, ce n’est pas mon problème !

 

- Catherine, maintenant tu me dis tout de suite de quoi il s’agit, sinon je te jure que je te garde ici toute la journée avec moi.

 

Si le ton qu’avait employé Sara était neutre, Catherine vit dans son regard toute la détermination qui l’habitait. C’était évident qu’elle n’avait pas envie de plaisanter. Dommage ! Dans d’autres circonstances, elle n’aurait pas été contre le fait de passer toute une journée enfermée dans la même pièce que Sara. Bon ça suffit maintenant ! Encore une fois son esprit s’égarait. Réalisant de nouveau dans quelle situation elle était, la blonde se mordit la lèvre et comprit qu’elle ne lui échapperait pas si facilement.

 

Résignée, elle se décida à aller jusqu’au bout : - Toi et Greg !!!

 

- Quoi moi et Greg ?

 

- On ne peut pas dire que vous soyez très discrets !

 

- Mais qu’est ce que …. Sara suspendit sa phrase. Un sourire apparut doucement sur ses lèvres.

 

 

Cela eut pour effet de mettre Catherine dans une rage folle !

 

- Qu’est ce qui te fait rire ? Cria t-elle. Tu ne devrais pas te conduire comme ça ici. Tu as le droit de t’envoyer en l’air avec qui tu veux et où tu veux mais ici tu pourrais au moins être discrète. Au moins pour ne pas gêner Gil !! ‘et moi aussi’ pensa t-elle intérieurement.

 

Sara souriait toujours. Catherine crut même un moment qu’elle allait la gifler pour lui enlever ce petit rictus.

 

- M’envoyer en l’air ?! Avec Greg ? Non mais Cath, laisse moi rire !! Tu es devenue complètement folle ou quoi ! On parle de Greg là, Greg SANDERS !!! Ricana Sara. Celui qui écoute du bruit en prétendant que c’est de la musique, celui qui porte des fringues improbables, celui qui a douze ans d’âge mental…

 

Elle avait finalement lâché le bras de la blonde et semblait tout à coup beaucoup s’amuser.

 

- Et alors ? Je ne vois pas où est le problème ? Que Greg soit comme il est n’empêche rien à ce qui se passe entre vous et au fait que tout le labo en profite !!! Cria la blonde.

 

- OK, on se calme maintenant, temporisa Sara. Écoute-moi bien Catherine. Il ne se passe rien de la sorte entre Greg et moi et je peux t’assurer qu’il ne se passera jamais rien ! Je ne sais pas ce qui a pu te mettre une idée pareille en tête ! C’est vrai que je l’aime bien et qu’on s’amuse beaucoup ensemble mais de là à envisager d’aller plus loin avec lui, je te jure que ça relève tout bonnement de la science fiction !!!

 

 

La colère de Catherine ne diminuait pas, bien au contraire, elle ne comprenait pas pourquoi Sara s’obstinait toujours à nier !!

 

- Non mais à qui tu veux faire croire ça ? Riposta t-elle. Tout le monde peut profiter du show que vous donnez tous les jours !

 

- Ça suffit maintenant, rétorqua la brune sèchement. Ma patience a tout de même des limites ! Je te répète que tu délires totalement. Il ne se passe rien entre Greg et moi. C’est juste un ami, un bon ami d’accord mais juste un ami. Je ne vois pas ce que je peux te dire de plus !! Si tu ne veux pas me croire, ça devient ton problème et pas le mien !! Si tu ne veux pas me faire confiance, ça te regarde ! J’ai autre chose à faire que de supporter tes petites sautes d’humeur de PARANO !!!

 

- Parano !! Hurla Catherine. Non mais tu te fous vraiment de moi en plus !! Je vous ai vu de mes yeux tout à l’heure !! Vous vous embrassiez à pleine bouche dans le labo !!! Tu ne vas pas continuer à prétendre que vous êtes seulement des amis tout de même !!

 

Après une seconde d’hésitation, Sara sourit de nouveau de toutes ses dents. Elle voyait bien que les yeux de Catherine lançaient des éclairs mais elle ne pouvait s’empêcher d’être amusée. La situation devenait vraiment comique, même si Catherine ne le percevait pas sous cet angle visiblement.

 

- Alors c’était donc ça le problème ?! Dit-elle en posant la main sur le bras de Catherine.

 

Sur le moment, elle n’avait pas réfléchi. Elle qui évitait tout contact physique avec la blonde de peur de ne pas se maîtriser avait franchi la limite. Ce simple contact suffit à lui électriser tout le corps. Se reprenant rapidement, elle planta ses yeux dans le regard de la blonde et dit le plus calmement possible : - Catherine, je ne suis pas avec Greg. Tout à l’heure, on était juste en train de rire « comme des amis ». Elle insista bien sur ces derniers mots. C’est vrai que je l’ai embrassé mais c’était juste dans l’instant parce qu’on passait un bon moment. C’était un baiser purement amical et furtif je tiens à le préciser !! Je ne l’embrassais pas du tout à pleine bouche !!!

 

Catherine ne savait plus du tout quoi penser. Elle ne demandait qu’à croire Sara, mais elle doutait encore.

 

- Et tu veux me faire croire que tu embrasses toujours tes amis comme ça peut être, répondit-elle tout de même avec une voix encore un peu brusque.

 

- Ok, je veux bien admettre que ça peut paraître un peu louche mais je suis désolée de te dire que oui, ça m’arrive d’embrasser mes amis comme ça. Je te le prouve tout de suite si tu veux !!

 

Sans laisser le temps à Catherine de réagir, elle s’approcha d’elle, se pencha pour rapprocher son visage du sien et posa doucement ses lèvres sur celles de la belle blonde. Une lame de fond emporta alors son esprit et son corps. Jamais elle n’aurait pu imaginer que donner un simple baiser à Catherine lui ferait autant d’effet !! Si c’était loin d’être la première fois qu’elle embrassait quelqu’un, elle ne se souvenait pas d’avoir ressenti de sentiments aussi forts. C’était comme si elle avait été foudroyée sur place. Par ailleurs, elle aurait juré qu’au moment où elle se penchait sur Catherine, celle-ci avait retenu sa respiration et appelé de son regard ce baiser que Sara allait lui donner.

 

Non, elle devait rêver. Il était inimaginable que Catherine puisse nourrir ce genre de désir envers elle !!

 

A contre cœur, elle se recula, détachant ses lèvres de celles de Catherine. Elle avait l’impression en brisant ce lien, que plus jamais elle ne pourrait être aussi proche d’elle. Elle aurait souhaité que jamais ça ne s’arrête. Comme Catherine gardait les yeux fermés, Sara approcha sa bouche de son oreille et murmura : - Tu sais, Cath, si je ne te connaissais pas, je pourrais presque penser que tu es jalouse !!

 

Puis brusquement, elle se retourna, attrapa son sac sur le banc et commença à se diriger vers la porte du vestiaire. Juste avant de la franchir, elle jeta négligemment à une Catherine médusée : -  Bon à demain alors ! On se retrouve au restaurant comme prévu avec Lindsey.

 

Deux secondes plus tard, Catherine se retrouvait seule dans le vestiaire...

 

Partie II

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