Avertissement : Comme toutes nos ff cette histoire parle de deux femmes qui s’aiment... alors vous connaissez les paroles de la chanson ! Et puis, en parlant de chanson, cette ff fait partie de la famille des songfics, en clair cela veut dire que des paroles de chanson rythment l’histoire ! C’est la première de ce genre que nous écrivons alors soyez indulgents et gentils avec nous ! :o) et ne soyez pas « avares » de vos commentaires que nous attendons sur : xiap91@wanadoo.fr
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L’amour en otage
Par Sara 2 et Xiap
La nuit avait été longue et Sara commençait à somnoler sur le siège passager de la Denali. Elle détestait ne pas avoir le volant, mais Catherine avait insisté pour conduire en affirmant que la grande brune avait une tête à faire peur.
Il était vrai que Sara n’avait pas dormi plus de trois heures durant ces deux derniers jours.
La jeune CSI avait toujours été sujette à l’insomnie et elle n’avait jamais aimé dormir. Elle considérait cela comme une perte de temps !
Un jour, elle avait calculé que l’être humain passait presque ¼ de sa vie à dormir ! Sara, elle, avait décidé de passer son temps autrement ! Elle ne savait pas encore vraiment comment, mais elle était sur la bonne voie ! Une chose était sûre, moins elle dormait, moins elle pensait à Catherine, ou tout du moins, y pensait-elle de façon plus « convenable» quand elle restait éveillée. En effet dans ces moments là Catherine portait encore ses vêtements !...
La petite blonde hantait toutes ses nuits depuis bientôt cinq ans.
Sara en était folle amoureuse et ce depuis toutes ces années. Catherine n’avait pourtant jamais posé un seul regard sur elle, du moins pas le genre de regard qu’attendait Sara. Leurs relations avaient toujours été tumultueuses et violentes, mais depuis deux ans elles s'entendaient un peu mieux et l’année dernière les deux femmes s’étaient encore rapprochées, une sorte de complicité s’était même installée entre elles. Catherine avait même joué le Père Noël « surprise » pour Sara, au laboratoire, alors qu’elles étaient toutes les deux seules et d’astreinte.
Elle lui avait offert un superbe médaillon en or, que Sara n’avait jamais quitté depuis que la petite blonde lui avait passé autour du cou ce fameux soir du réveillon de Noël. Sara lui avait dit que c’était un peu excessif comme cadeau, mais Catherine avait répondu que c’était sa façon à elle, de se faire pardonner pour toutes les fois où elle avait été dure, voir injuste avec Sara !
« Disons que c’est le gage de notre nouvelle amitié… » Avait dit la petite blonde en adressant un clin d’œil complice à sa collègue.
Sara aurait elle aussi aimé faire un cadeau à sa collègue, mais le seul cadeau qui avait de la valeur à ses yeux étaient ses sentiments pour Catherine. Mais la petite blonde était elle prête à les recevoir ?
Plusieurs fois Sara s'était imaginée que Catherine flirtait avec elle ! Mais la grande brune s’était vite rendue compte, hélas pour elle, qu'il ne fallait voir dans les attentions de Catherine, que de l’amitié. Sara n’avait tout simplement pas l’habitude qu’on fasse attention à elle, elle n’avait jamais eue d’amie « femme » avant Catherine ! Bien sur elle voulait beaucoup plus de la petite blonde, mais Sara aimait tellement ces moments de complicité, tous ces instants passés près de Catherine, qu’elle préférait l’avoir près d’elle comme une simple amie que de la perdre.
Le sommeil s’insinuait peu à peu dans les paupières de Sara, qui piqua légèrement du nez.
« Sara… Sara ?! »
La voix rauque et sexy de Catherine résonna dans ses oreilles.
« Hein, quoi ?! » demanda la grande brune en sursautant ; ouvrant grand les yeux
« Est-ce que ça t’ennuie ? » demanda la CSI plus âgée en posant un regard interrogateur sur la grande brune
« Qu’est ce qui devrait m’ennuyer ? » interrogea Sara un peu perdue
« Tu ne m’as pas écoutée, n’est ce pas ?! » dit Catherine un sourire sur le coin des lèvres
« Je… je… non désolée, je ne t’écoutais pas ! Je crois que je me suis assoupie ! » avoua Sara presque honteuse
« Ce n’est pas grave… la nuit a été longue ! » murmura la CSI attendrie
Sara s’étira alors un peu pour se dégourdir les bras et le dos, et son tee shirt remonta un peu le long de son corps, dévoilant ainsi à Catherine un ventre mince et doré par le soleil. La petite blonde se sentit quelque peu troublée par ce bout de chair qui s’offrait à sa vue, mais relégua aussitôt son trouble au plus profond de son être, ce n’était pas le moment de perdre le contrôle de la situation.
« Je voulais savoir si cela ne t’ennuyait pas que je m’arrête au prochain distributeur pour retirer un peu d’argent, j’ai promis à Lindsay de lui donner son argent de poche, et c'était il y a plus d’une semaine de cela, en plus je n’ai plus un sous sur moi ! » admit Catherine en rougissant légèrement.
« Je vois ! Gare toi sur le parking de la banque cela sera plus pratique pour toi, je t’attendrais ici » gloussa Sara
« J’en ai pour une seconde ! » dit la CSI en garant la voiture
« Prends ton temps… » répondit Sara en dévorant du regard la silhouette de Catherine qui s'éloignait vers le distributeur d’un pas souple et léger.
Sara, perdue dans ses fantasmes les plus fous, ne pouvait s’empêcher de penser que cette femme était sexy !
Elle ne vit pas Catherine, qui revenait sur ses pas, s’approchait de la voiture.
« Sara... le distributeur est vide ! » dit la petite blonde en passant sa tête par la vitre baissée de la voiture
« Quoi ?! Bordel Catherine ! Tu m’as fait une de ces peurs ! Je ne t’avais pas vu arriver ! » hurla la jeune CSI en sursautant violemment sur son siège
« Désolée ! Je venais juste pour te dire que le distributeur était vide et qu’il fallait que je rentre dans la banque pour retirer du liquide au guichet ! Je ne voulais pas t’effrayer… »
« Ce n’est pas grave, mon cœur a simplement raté quelques battements, j’ai juste frôlé la crise cardiaque ! », affirma Sara en faisant la moue, « Je crois que je vais pouvoir survivre ... allez vas y ! Ne te fais pas de soucis pour moi ! »
« Pour me faire pardonner ta pseudo crise cardiaque, je t’invite à déjeuner ! » dit Catherine de son sourire le plus charmeur
« Je te rappelle que tu n’as pas d’argent ! Tu comptes m’inviter comment ? » la taquina gentiment Sara
« Viens avec moi à la banque, et ensuite je t’offre le plus énorme de tous les petits déjeuners, ça te tente ?! »
Sara frotta son menton avec sa main en faisant mine de réfléchir. C’est vrai qu’elle était fatiguée, mais les occasions d’être seule en tête à tête avec Catherine étaient bien trop rares pour qu’elle refuse son invitation. Elle avait déjà déjeuné avec Catherine, plusieurs fois même, mais il y avait toujours les gars du labo ou alors sa fille, Lindsay. Il y a avait toujours un « garde fou » ou un « chaperon » à leur table !
Elle se souvint que la dernière fois qu’elle avait déjeuné, en toute intimité avec la petite blonde, remontait à presque cinq ans déjà et c’était à ce moment là qu'elle était tombée vraiment amoureuse de Catherine. Elle connaissait Catherine depuis bientôt sept ans mais son cœur s’était enflammé pour la belle blonde voilà cinq ans !..
Sara se souvenait de ce jour là comme si c’était hier...
La CSI, plus âgée, l’avait invitée à aller boire un verre pour l’aider à se remettre de sa « rupture » avec Hank.
« Rupture… » ce mot fit sourire Sara.
On ne pouvait pas vraiment parler de rupture puisqu’elle et Hank ne vivaient pas vraiment ensemble. Non, ils ne sortaient même pas ensemble. Ils ne faisaient que coucher ensemble... s’envoyer en l’air! Ils n’avaient pas de vie commune, pas de vie de couple ! Sara n’était même pas amoureuse de lui, il lui permettait simplement de combler un manque dans sa vie !
Son histoire avec Hank s’était mal terminée et Catherine avait été témoin, malgré elle, de la scène.
Ce jour là, Sara n’était pas vraiment effondrée, ce qui lui avait fait le plus mal, ce qui l’avait humiliée c’était d’avoir été si stupide, comment n’avait elle pas compris que Hank avait déjà une petite amie dans sa vie !
Catherine, elle, avait cerné le personnage dès le début ! Elle avait une bien plus grande expérience des hommes que n’en aurait jamais Sara. Elle avait essayé de faire des sous entendus à une Sara qui ne semblait pas comprendre où voulait en venir sa collègue.
Lorsque que Hank l’avait éjecté de sa vie comme la dernière des ratées, Sara avait cru mourir de honte ! Elle aurait tout donné pour que Catherine n’assiste pas à ça ! Qu’allait penser la petite blonde après une chose pareille, elle croirait sûrement que Sara était la dernière des idiotes et que lorsqu’on en avait assez d’elle, il suffisait de s’en débarrasser comme d'un vieux jeans !
Contre toute attente Catherine n’avait fait aucune remarque, elle n’avait rien dit, pas un mot sur Hank lorsque Sara l’avait rejointe dans la voiture. La petite blonde s’était même montrée gentille avec sa jeune collègue et lui avait proposé d’aller prendre une bonne bière, en se moquant bien qu’il soit tout juste 7 heures du matin !
Catherine lui avait alors remonté le moral, comme elle avait pu. Elles avaient passé la matinée ensemble, à rire comme deux adolescentes !
La grande brune n’avait rien trouvé de mieux à faire, devant cette femme qui était sa collègue et depuis peu sa supérieure, que d'en tomber amoureuse ! Elle savait que c’était une folie, que c'était la pire chose qu’elle pouvait faire : tomber amoureuse de Catherine Willows !
Personne ne devait jamais tomber amoureux de cette femme, si il tenait un tant soit peu à son cœur et à son âme !
Pourtant elle l’avait fait !
Elle ne regrettait rien, bien au contraire, et depuis ce jour son cœur, son âme et son corps étaient hantés par le seul prénom qui valait vraiment la peine de se lever chaque jour, de manger, de respirer, de vivre tout simplement ! Ce prénom était celui de Catherine.
« D’accord, j’accepte ton invitation à déjeuner » finit par dire Sara en revenant doucement à la réalité , tout en se glissant hors de la voiture.
« Parfait ! Alors en route » dit Catherine en ouvrant la marche sous les yeux brillants de convoitise de la grande brune.
+++++++++++++++++
La banque était quasiment vide lorsque les CSI y rentrèrent.
« Super, il y a juste trois personnes avant nous. Pour une fois cela va aller vite ! On pourra déjeuner dans moins de dix minutes, mon estomac commence à s’auto digérer ! » dit Sara en posant sa main sur son ventre.
Catherine ne put s’empêcher de rire et d'imaginer un instant que c'était sa main qui se posait sur le ventre de la grande brune.
Sara aimait entendre ce rire si cristallin, et chaque fois qu’elle faisait rire Catherine c’était pour elle le plus grand de tous les bonheurs.
« Où veux tu aller déjeuner ? » demanda Catherine en fixant sa collègue
« Je ne sais pas ! Je n’ai pas vraiment d’idée… »
« Que dirais tu d'aller dans ce restaurant sur la septième avenue, il parait que l'on y sert des plats végétariens délicieux ! J’ai entendu dire qu’il y avait le choix en salades et que la carte proposait des tonnes et des tonnes d’omelettes plus géniales les unes que les autres ! Qu'en dis tu ? » demanda Catherine en penchant légèrement la tête
« J’en dis que c’est parfait ! Et.... Merci… »
« Merci pour quoi ? »
« Pour te souvenir que je suis végétarienne… » dit Sara dans un sourire timide
« Je ne connais pas grand-chose de TOI, Sara Sidle, mais quand j’apprends quelque chose qui TE concerne, je ne l’oublie jamais ! Jamais ! » Répliqua Catherine l’œil brillant
Sara se sentit rougir. Elle était toujours un peu perdue avec Catherine elle ne savait jamais si la petite blonde était sérieuse ou si elle faisait cela juste pour jouer avec elle, comme une chatte avec une souris ! La CSI était une charmeuse et tout le monde le savait, mais quelques fois Sara avait la faiblesse de croire que quelque chose de spécial se passait entre elles.
Avant d’arriver au guichet il ne restait plus qu’un couple d’une soixantaine d'années devant elles, qui loin de l'agitation des heures de pointe venait faire un retrait. Certainement leur pension, pensa Catherine pour s’occuper l’esprit et éviter ainsi de fixer Sara d’une façon un peu trop insistante. La petite blonde nota que l'homme tenait le bras de sa femme constamment, et qu'il devait sûrement avoir du mal à marcher. La petite vieille se retourna alors comme si elle avait deviné que l’esprit de Catherine les étudiait au microscope et adressa un sourire plein de gentillesse aux deux femmes placées derrière elle.
« Charmant couple ! » chuchota Catherine à l'oreille de Sara
« Oui, ils ont l'air de deux petits anges déchus, perdus dans la grande ville de Vegas ! »
C’est alors qu’une chose étrange se produisit...
Le gentil petit couple se retourna soudain en brandissant une arme et en hurlant : « C’est un hold-up !!! Que personne ne bouge ! Donnez nous l’argent sans faire de bêtises et si personne ne joue les héros tout se passera bien ! »
Catherine aurait presque cru à une plaisanterie, si le vieil homme n’avait pas pointé son arme sur Sara.
L’alarme se déclencha et les portes de la banque se verrouillèrent automatiquement.
Piégées !
Elles étaient piégées à l’intérieur de la banque, une arme braquée sur la poitrine de la grande brune. Un vrai cauchemar digne d'une série B que l'on ne voyait que le soir sur le câble. Catherine devait agir, elle ne pouvait pas laisser Sara se faire tuer pour quelques centaines de dollars.
Elle devait trouver quoi faire et vite ! Son instinct de femme protectrice avait pris le pas sur sa propre peur.
Elle devait coûte que coûte sortir la grande brune de ce traquenard !
« Mettez l’argent dans ce sac !!! » ordonna la vieille femme à la jeune caissière pendant que son complice tenait toujours Sara en joue.
La jeune CSI pâlit, elle avait déjà faillit mourir l’année dernière lors d’une enquête dans un hôpital psychiatrique. L’un des résidents l’avait prise en otage et lui avait glissé un couteau, qu’il avait fabriqué avec les moyens du bord, sous la gorge. Ce jour là elle s'était promit que si elle en sortait vivante, elle prendrait son courage à deux mains et elle irait parler à Catherine de ce qu’elle ressentait pour elle !
Mais elle ne l’avait pas fait ! ...
Aujourd’hui elle le regrettait. La grande brune était persuadée qu’elle n’aurait pas deux fois la même chance. Cette fois elle allait mourir ! Cela ne faisait aucun doute !
Elle ne pouvait pas mourir comme ça ! Elle ne pouvait pas emporter son secret avec elle ! Elle devait se confesser à Catherine ! La petite blonde avait le droit de savoir, elle devait connaître la vérité… avant l'instant fatidique où l’homme qui était en train de la tenir en joue appuierait sur la détente.
« Avant… de… mourir… Cath, je dois te dire quelque chose… » murmura t’elle en fixant la petite blonde
« Non !!! Tu la fermes ! Je ne veux rien savoir ! On va s’en sortir ! Personne ne va mourir aujourd’hui ! Tu me diras ce que tu as à me dire quand on sortira d’ici, c’est comprit Sidle ?! » cria Catherine avec colère.
Sara se figea ; jamais Catherine ne l’avait appelée par son nom de famille ; cette barrière que venait subitement de dresser la petite blonde entre elles, la blessa au plus haut point !
« Catherine… » chuchota elle avec difficulté
«Silence ! » leur intima le braqueur, qui ne comprenait rien à la scène qui était en train de se jouer devant lui « On prend l’argent et on part sans histoire ! J’emporte aussi ce joli médaillon en or, qui plait tant à ma femme ! dit l’homme en désignant du menton le bijou que portait la grande brune
Sara se crispa : « Non ! Hors de question que je vous donne ça ! » cria elle en posant sa main sur le médaillon
«Comment ça non ?! Je vous signale jeune demoiselle que c’est moi qui tiens une arme ! Alors c’est moi qui décide ! Et vous faites ce que je vous demande sans discuter ! »
« Avec tout l’argent que vous avez ramassé, vous pouvez offrir tous les bijoux que vous voulez à votre femme ! Vous n’avez pas à prendre le mien ! »
« Peut être mais c’est celui là qu’elle veut ! Alors ne faites pas tant d’histoires et donnez le moi, après ça vous serez libre ! »
« Je ne veux et ne peux pas vous le donner ! » dit Sara le regard embué de larmes et de colère retenues
Catherine n'en croyait ni ses yeux ni ses oreilles ! Elle se serait crue dans une cour de récréation, à cet instant précis, Sara lui faisait penser à l’une de ces enfants gâtées qui refuse de partager son nouveau jouet avec les autres. Catherine connaissait suffisamment la grande brune pour savoir qu’elle tiendrait tête à quiconque voudrai lui dérober son bien !
Sentant la tension monter dans l’air, Catherine intervint :
« Sara !!! Bien sur que tu peux lui donner ! Ne soit pas si têtue pour une fois ! »
« Non je ne veux pas Cath… c’est toi qui me l’a offert… j’aime ce bijou ! … »
« Si tu lui donnes sans faire d’histoire je te promets de t’en offrir un autre, encore plus beau, tu l’aimeras tout autant, fais moi confiance ! »
« Tu ne comprends pas ! Je ne peux vraiment pas lui donner ! Ce bijou à bien trop de valeur à mes yeux, il m’est précieux Cath … très précieux ! » dit la grande brune en posant un regard remplit de larmes sur sa collègue
« Je ne l’ai pas payé si cher que ça… il n’est pas si précieux Sara ! En tout cas, il est bien moins précieux que ta vie ! On pourra le remplacer… mais il n’y a qu’une Sara Sidle !»
« Bon, vous allez finir par me le donner ce fichu pendentif ?! » s’écria le vieil homme impatient de sortir d’ici.
Une véritable tempête était en train de se lever entre les deux femmes. Le braqueur voyait déjà pointer au loin un violent orage entre la petite blonde et son acolyte. Lorsque tout ça éclaterait, il n’avait aucune envie de se trouver au milieu, même si il était en partie responsable de cette tourmente.
« Je vous ai dit NON ! Vous êtes sourd ?! » hurla la grande brune
« Vous êtes prête à mourir pour ce stupide collier ?! » s’étonna le braqueur
« Il n’est pas stupide !!! C'est vous qui êtes stupide ! Et si il le faut oui... Je suis prête à y laisser ma vie ! »
« Sara ne fait pas l’enfant ! Tu ne vas pas risquer ta vie pour ça ! » intervint Catherine
« Tu ne comprends donc pas ?! » murmura Sara tout en passant ses doigts sur le médaillon
« Non je ne comprends pas ! » avoua Catherine au bord de l’affolement.
Elle ne comprenait vraiment pas pourquoi Sara refusait de se séparer de ce maudit pendentif.
La veille dame, qui avait fini de remplir les sacs de banque, s’approchât alors de Sara : « Écoutez moi bien jeune fille, nous n’avons pas toute la journée, alors si vous ne voulez pas nous donner ce bijou, je vais me servir moi même ! » dit elle en arrachant la chaîne du cou de la grande brune
« Non ! » protesta Sara en voulant s’emparer de sa chaîne mais il était trop tard, la vielle femme l’avait déjà tendue à son mari, et le bijou avait déjà disparu au fond de la poche du grand homme aux cheveux grisonnants encore très séduisant.
« Sara arrête tu va finir pas te faire tuer ! Ce médaillon n’est pas si important que ça ! »
« Il l’est pour moi !!! Il est tout ce que j’ai de toi ! Je t’aime Catherine… » dit soudain Sara
« Quoi ?! » répondit la petite blonde visiblement sous le choc
« Euh… faut le dire si on dérange ?! » demanda l’homme qui tenait toujours son arme sur Sara, sentant bien que la situation était en train de lui échapper
« Fermez la ! On vous a rien demandé ! Si nous en sommes là c’est votre faute ! » répliqua sèchement Catherine avant de se retourner vers la grande brune en plongeant son regard dans le sien.
« Je t’aime Cath… je t’ai toujours aimée… mon cœur t’appartient, mon stupide, mon misérable cœur t’a toujours appartenu ! » continua Sara qui ne pouvait plus s’arrêter
Une étincelle passa alors dans le regard de Catherine.
« Oh Sara ! Je suis tellement désolée… tellement désolée de ne pas avoir compris avant, tellement désolée que tu n’aies pas su garder ce secret pour toi ! Sara tu es quelqu’un de bien mais toi et moi n’avons aucun avenir ensemble crois moi ! »
La jeune CSI fixa alors un regard embué de larmes sur Catherine qui continuait peu à peu à lui briser le cœur.
« Sara je ne suis pas faite pour toi, ça va te paraître brutal et méchant, mais puisque ton cœur m’appartient je dois le faire… alors écoute moi bien ! Je dis non à tout ce que tu viens de me dire ! Non à nous deux, non à tes rêves, à tes fantasmes ou tes envies avec moi ! Je dis non à la moindre étincelle de passion ou de convoitise à mon égard ! Non, non et non ! C’est bien clair ?! Et si un matin tu t’interroges sur ma façon de t’avoir dit bonjour ou de t’avoir souri, rappelle toi de cela … » en disant ces mots, la petite blonde s’approcha alors du braqueur et l’embrassa à pleine bouche
« Rappelle toi cette douleur ! Rappelle toi que j’en suis la cause… rappelle toi que je suis une garce, souviens toi comme tu as eu mal et surtout n’oublie jamais que je pourrai faire pire… bien pire ! Je ne sais faire que le mal autour de moi, tu n’as pas besoin de ça dans ta vie… tu as besoin de quelqu’un de bien, et ce n’est certainement pas moi ! »
Sara n’avait jamais ressenti un tel choc, une telle douleur ! Son cœur était brisé… mais même brisé un cœur continue à battre…
Non ! Catherine n’avait pas le droit de se comporter ainsi, elle méritait mieux que ça. Embrasser cet homme, qui aurait pu être son père, et qui plus est, les avait prises en otage, n’était pas digne d’elle. Sara n’avait jamais eu aucune prétention en ce qui les concernait Catherine et elle, mais une voix dans un coin de sa tête, lui criait qu’elle avait droit à plus d'égards.
Pourquoi cet acharnement à vouloir tout détruire ? A vouloir la détruire ! Catherine en quelques mots et en un seul geste avait mis les espoirs de la grande brune à la poubelle, elle avait sali, ruiné les sentiments que Sara lui portait. La jeune CSI sentit soudain monter en elle une telle colère, qu’elle ne pouvait plus la contrôler. Elle devait la laisser sortir, elle devait exploser !
Les années de pratique de judo, et de self défense prirent alors le dessus sur sa raison. Elle empoigna son agresseur par le revers de sa veste et, en deux ou trois mouvements, celui ci se retrouva désarmé et à terre. Dans un accès de rage, elle faillit lui porter un coup mortel, mais les cris de Catherine la ramenèrent à la réalité.
La CSI plus âgée, pendant ce temps, s’était précipitée sur la complice du braqueur, et s’était rendue maîtresse de la vieille femme qui n’était pas armée et qui était embarrassée avec les sacs de banque.
« Non, mais vous croyez quoi ? demanda Sara à l’homme toujours à terre, qu’aux CSI on nous apprend à tricoter ? Nous sommes des femmes de terrain … ! La prochaine fois, je vous conseille de vous renseigner sur l’identité de vos otages. Je tiens à vous signaler, qu’il y a d’autres façons de faire des retraits d’argent ! Et quand je vous dis NON, inutile d’insister ! » Sara laissait sa rage s’exprimer, pour évacuer tout son stress dû à l’arme braquée sur elle, mais aussi au baiser que Catherine avait échangé avec cet homme.
Les événements s’enchaînèrent alors à toute vitesse...
La police entra dans la banque, moins de cinq minutes après et prirent en charge les braqueurs. Catherine et Sara sortirent alors leurs badges de CSI, pour les tendre aux officiers de police et après une identification auprès du central, un agent prit leurs dépositions. Les deux CSI passeraient un peu plus tard au bureau du capitaine Brass, qu’elles connaissaient bien, pour finir de remplir la paperasse. Après plus de deux heures de cette étrange comédie, les policier quittèrent enfin les lieux toutes sirènes hurlantes.
La banque avait enfin retrouvé son calme et les choses pouvaient reprendre leurs cours
« Mademoiselle, dit soudain Catherine d’une voix impatiente en s’adressant à la caissière qui avait repris son poste. Je voudrais faire un retrait, s’il vous plait ! J’aimerai que ce soit fait rapidement, car ma collègue est un peu fâchée par la situation, je ne voudrais qu’elle s’en prenne à vous aussi ! » murmura la petite blonde sur un ton partagé entre le sérieux et l’ironie
Sara était assise sur une chaise en attendant que Catherine ait terminé de faire ses opérations bancaires.
« Combien désirez vous ? Madame » interrogea la caissière
« Deux cents dollars, s’il vous plait » répondit Catherine avec un sourire
Deux cents dollars ?
Sara se crispa avant de sursauter sur son siège en entendant cette somme.
Deux cents dollars pour avoir risqué sa vie et celle de Catherine ! Deux cents pauvres malheureux dollars ! C’en était bien trop pour ses nerfs. Elle laissa couler ses larmes dans un silence de mort. Pourquoi Catherine ne lui avait elle pas dit le montant qu’elle voulait retirer, elle lui aurait prêté cette somme jusqu’à ce que cette maudite banque ait rechargé le distributeur ? Pourquoi n'y avait elle pas pensé plus tôt ? Cela lui aurait évité de mettre les pieds ici, de souffrir et de s’humilier ! Sara avait toujours su que Catherine ne partageait pas ses sentiments, mais la mise au point que lui avait offerte la petite blonde avait été brutale. Catherine avait même été jusqu'à embrasser un parfait inconnu pour être sûre que le message était bien passé !
C’en était trop pour la grande brune. Elle sentit de nouveau une vague de colère l’envahir… Elle aussi était un être humain après tout, et elle méritait plus de considération de la part de Catherine ! Sara ferait payer « cher » à sa collègue ce qui venait de se passer, cette fois elle ne passerait l’éponge si facilement.
Perdue dans ses pensées, Sara n’entendit pas revenir Catherine près d’elle, et comme dans la voiture, elle sursauta de nouveau.
Catherine regardait fixement la grande brune, les traces laissées par ses larmes, le visage tendu par 48h non stop de boulot, le stress du hold up. Cela était trop pour la jeune femme et Catherine le voyait bien, elle sentait Sara au bord du gouffre. Elle aurait voulu la prendre dans ses bras, l’embrasser pour la rassurer, lui dire des mots tendres pour la réconforter.
Mais Catherine ne pouvait pas faire cela. Les conséquences en seraient bien trop lourdes à porter ! Tout se mélangeait dans sa tête ; son passé avec son ex mari Eddie, sa fille Lindsay, ses amis, sa famille, Sara, sa place de supérieure. Elle était la supérieure de Sara ! Sara… la belle Sara… son esprit était perdu, embrouillé, elle ressentait encore la peur que lui avait causé ce braquage qui aurait pu lui enlever à jamais Sara !
Sara, encore et toujours Sara !
Pourquoi toute cette haine et cette violence à l'encontre de la grande brune ? Pourquoi tous ces interdits ? Pourquoi en voulait elle tant à sa jeune collègue qui n'y était pour rien ? Catherine n’arrivait plus à contrôler ses sentiments et elle n'avait trouvé que cette réaction à avoir envers cette jeune femme qui la troublait tant.
Sentiments ? Mais quels sentiments au juste ? Elle n’était pas certaine de ce qu’elle ressentait pour Sara, ou peut être avait elle simplement peur de l’affronter. Il faudrait qu’un jour elle fasse un break et qu’elle en parle à cœur ouvert à Sara. Et pourquoi pas pendant le petit déjeuner, aujourd’hui même ?
La déclaration de Sara lui résonnait encore aux oreilles…
« Je t’aime Cath… je t’ai toujours aimée… mon cœur t’appartient, mon stupide, mon misérable cœur t’a toujours appartenu ! »
Tant d’amour donnait le vertige à Catherine ! Elle ne savait pas encore si elle était prête pour ça.
Est-ce que Sara était sérieuse ?... Où était ce l’effet du stress ? Qu’est qui avait poussé Sara à se déclarer après tant de temps ? Catherine n’en avait pas la moindre idée ! Elle savait juste qu’elle avait réagi violemment, et qu’elle avait été un peu loin avec la jeune femme. Pourtant, d’une certaine manière, elle ne regrettait ni son « baiser » avec le braqueur, ni les mots durs qu’elle avait jeté au visage de la grande brune sans aucun ménagement . Elle savait que les circonstances l’exigeaient et tant pis si Sara ne l’avait pas encore compris... peut être que Sara ne la comprendrait jamais…
« Alors prête à avaler une omelette ? dit Catherine à la grande brune sur le ton le plus léger qu’elle avait en réserve, moi toutes ces émotions m’ont donné une faim de loup ! »
« Co… comment ? bafouilla Sara, tu… as faim, après ce qui vient de se passer ? Comment peux tu avoir faim ? » Demanda Sara qui avait le plus grand mal à fixer sa collègue
« Je vais te confier un secret que j’ai appris lorsque je suis entrée dans l’équipe… chaque fois que tu le peux, il faut remplir ton estomac, car on ne sait jamais à quel moment l’occasion se représentera. Nous n’avons pas d’horaires fixes comme la plupart des gens. Et manger avant d’être mangé est très à propos au regard des évènements que nous venons de vivre ! Non ? Allez viens… » dit Catherine en tendant la main à sa collègue.
La grande brune, comme une automate se leva, mais ignora la main que lui tendait la petite blonde. Elle suivit Catherine jusqu’à la voiture, elle n’avait de toute façon pas vraiment le choix puisqu’elles étaient venues avec une seule voiture et que c'était celle de Catherine !
Une fois sur le parking, Sara marcha plus vite. Pour ne pas se laisser distancer, Catherine dû presque se mettre à trotter à côté de la grande brune. Arrivées face à la voiture, une surprise peu agréable attendait encore les deux CSI. Une amende était posée entre l’essuie glace et le pare brise.
La petite blonde éclata alors d’un grand rire en lisant le motif du P.V : « Temps de stationnement limité à 15 minutes, temps largement dépassé sans motif valable montant à devoir : 200 dollars à régler dans les 48 heures »
Sara s’installa dans la voiture sans un mot
Catherine rangea dans sa boite à gants l’amende et démarra la Denali en direction du restaurant végétarien sur la septième avenue.
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La première partie du trajet se passa dans le plus grand silence. Chacune d’elles évitant soigneusement de croiser le regard de l’autre.
Sara fixait le paysage par la vitre passager comme si elle découvrait Vegas pour la première fois, ses yeux la brûlaient à force de retenir ses larmes, les mots que Catherine avaient prononcé, quelques heures plus tôt, la hantaient toujours : « Rappelle toi cette douleur ! Rappelle toi que j’en suis la cause… rappelle toi que je suis une garce, souviens toi comme tu as eu mal et surtout n’oublie jamais que je pourrai faire pire… bien pire ! »
Sara n’était pas certaine de comprendre Catherine. Elle lui avait dit des choses affreuses, des choses terriblement dures à entendre, et quelques minutes plus tard elle était venu lui demander si elle avait toujours envie d’aller déjeuner ! C’était tout Catherine ça ! Même si elle lui avait fait du mal, Sara savait qu’elle ne pourrait jamais cesser de l’aimer. Personne n’avait jamais dit que c’était simple de tomber amoureux, c’était souvent douloureux, brutal et Sara venait d'en faire les frais ! Malgré cela son cœur restait fidèle à Catherine ! Mais pour combien de temps encore ?
La petite blonde ne tenait plus en place, elle ne cessait de s’agiter sur son siège, ce silence lui était insupportable, il lui agressait littéralement les oreilles ! Elle se pencha alors sur le poste radio de la voiture et commença à jouer nerveusement avec le bouton, après plusieurs passages, elle se décida enfin pour une station qui passait du POP and ROCK.
L’animateur annonça alors le prochain titre : « Et maintenant pour le plaisir de tous Behind these hazel eyes, ça c’est du son… » Les premières notes de la mélodie s’élevèrent alors dans la voiture. Catherine hésita une brève seconde, devait elle changer de station ? Non c’était stupide ! Ce n’était qu’une chanson.
Behind these hazel eyes… Derrière Ces Yeux Noisette….
Catherine ne pu s’empêcher de sourire. Combien de fois avait elle voulu savoir ce qui se tramait derrière les yeux noisette de Sara, et aujourd’hui qu’elle savait, elle ne savait pas vraiment comme gérer la situation !
La voix rauque et puissante de la chanteuse se mêla alors à la mélodie…
« Seems like just yesterday…
You were a part of me
I used to stand so tall
I used to be so strong…
Unbreakable, like nothin' could go wrong
Now I can't breathe
No, I can't sleep
I'm barely hanging on…»
« Comme si c’était hier…
Tu étais une partie de moi
J’avais l’habitude de me tenir la tête haute
J’avais l’habitude d’être si forte…
Incassable, comme si rien ne pouvait aller mal
Non je ne peux plus respirer, non je ne peux plus dormir
Je tiens à peine debout… »
Catherine fixa soudain le poste de radio, c’était comme si cette chanson lui parlait de Sara, c’était comme si Sara lui parlait, comme si on lui parlait de ce qu'il venait de leur arriver...
«Here I am, once
again
I'm torn into pieces
Can't deny it, can't pretend
Just thought you were the one
Broken up, deep inside
But you won't get to see the tears I cry
Behind these hazel eyes »
« Me voici encore une fois
Je suis déchirée en morceaux
Ne pouvant le nier, ne pouvant faire semblant
Je pensais que tu étais la bonne personne…
Brisée, profondément à l’intérieur
Mais tu ne pourras pas voir les larmes que je pleure
Derrière mes yeux noisette »
Catherine sentait qu’elle étouffait peu à peu, mon dieu cette chanson lui parlait vraiment de Sara ! Pendant une minute elle avait cru qu’elle devenait folle, mais ce n’était pas le cas, c’était comme si on lui offrait la clef qui lui manquait, celle pour déverrouiller son courage et accepter ses sentiments pour Sara ! Il était grand temps de ne plus faire semblant !!!
«I told you everything…
Opened up and let you in
You made me feel alright
For once in my life
Now all that's left of me
Is what I pretend to be
but so broken up inside»
«Je t’ai tout dit…
Je me suis ouverte et t’ai laissé entrer
Avec toi je me sentais bien, pour une fois dans ma vie
Maintenant tout ce qui reste de moi
Est-ce je prétendais être
Je suis brisé à l’intérieur »
Elle avait brisé Sara, ses rêves, ses espoirs, son amour pour elle mais peut être était il temps de réparer les choses. Catherine pourrait lui expliquer sans peine pourquoi elle avait embrassé cet inconnu, pourquoi elle s’était montrée si odieuse avec elle !
«Swallow me then spit
me out
For hating you, I blame myself
Seeing you it kills me now
No, I don't cry on the outside
Anymore... »
« Avale moi et recrache moi après
Pour t’avoir aimé je me blâme
Juste de te voir maintenant me tue…
Mais non je ne pleure plus, plus sur toi »
Catherine venait de comprendre, si elle ne se décidait pas très vite à faire quelque chose, elle allait perdre Sara ! Elle était morte de trouille… Si elle perdait Sara, elle perdrait l’essentiel !
Catherine avait besoin de prendre l’air, la nausée prenait possession de son corps, elle devait sortir de cette voiture à tout prix ! Et comme si sa prière avait été entendue, le parking du restaurant s’offrait à elle comme une promesse de liberté ! La CSI s’engouffra sur la première place libre qu’elle trouva et se précipita hors de la voiture, laissant derrière elle une Sara perplexe.
L'air frais fit reprendre ses esprits à la petite blonde.
Sara hésita de longues minutes avant de descendre à son tour de la voiture. Devait elle vraiment y aller après l’humiliation qu’elle venait de subir. D’un autre côté il aurait été plutôt bête d’être venue jusqu’ici et de se priver d’un bon repas, comme si son estomac l’encourageait à prendre la bonne décision, il se mit à grogner. Très bien ! très bien, j’ai compris, soupira la jeune femme en descendant de la voiture.
Catherine semblait l’attendre près de la porte d’entrée, Sara secoua la tête et rejoignit la petite blonde.
« Un peu plus ou un peu moins... au point où j’en suis cela ne changera pas chose ! » pensa amèrement Sara
Elles entrèrent dans une salle, où la majorité des clients semblait être des habitués. Le style végétarien étant passé de mode, et c'était tant mieux pour ceux qui pratiquaient cette hygiène de vie sans suivre les modes culinaires, les places ne manquaient donc pas pour s’asseoir.
« J'espère que tous les clients ont de quoi payer ?! dit doucement Catherine, car je n'aimerai pas être prise en otage pour une salade ou une tarte aux fruits » dit elle l’œil brillant de malice
Sara qui n'avait toujours pas desserré les dents, comme durant tout le voyage, esquissa pourtant un sourire. Elle n’avait jamais su résister au sens de l’humour de Catherine !
La grande brune guida alors la petite blonde jusqu'à une table à l'écart. Elle n'avait rien dit à Catherine, mais elle venait souvent dans cet endroit . Sa collègue semblait tellement heureuse de lui faire découvrir cet établissement, que Sara n’avait pas osé lui dire que cet endroit était devenu le QG de presque tous ses repas.
« Génial !... s'exclama alors une blonde, plutôt plantureuse, revoilà mademoiselle Sidle ! » La serveuse paraissait sincèrement ravie de revoir la grande brune.
Catherine fut surprise d'avoir un petit pincement au coeur en regardant un sourire illuminer le visage de Sara qui venait d'apercevoir la serveuse.
« Tu es... tu es connue ici ? » demanda Catherine
« Un peu… lorsque j'ai le blues je viens faire un tour ici et ensuite ça va mieux ! » répondit Sara en s'asseyant et en prenant la carte des menus.
Catherine n’aurait pas su dire pourquoi, mais elle était déçue. Elle s’était donnée beaucoup de mal pour trouver cet endroit et trouver le bon moment pour y inviter Sara. Elle avait secrètement espéré que cet endroit deviendrait « leur » endroit, qu’elles pourraient se retrouver ici pour discuter ! Mais Sara connaissait déjà cet établissement, et elle y avait visiblement déjà ses habitudes et sa serveuse !...
La serveuse s'approcha de leur table et avec un grand sourire plaqué sur le visage enregistra leur commande.
Pour Catherine ce fut une salade composée et un petit verre de rosé de Californie. Sara, qui semblait avoir retrouvé l'usage de la parole, commanda un menu végétarien.
« Menu anti déprime hein ?! » demanda la serveuse avec son sourire enjôleur.
Cette serveuse avait le don d'énerver prodigieusement Catherine. Avec un décolleté pareil, Catherine était prise d'une envie soudaine d'appeler le service des « moeurs » pour dénoncer cette fille, pour atteinte à la pudeur ! Pendant une brève seconde la CSI s’était même imaginée en train de sortir son arme et de la pointer sur cette « gourde » en hurlant de foutre le camp et de les laisser tranquille ! Son sang bouillonnait tant qu'elle avait vraiment du mal à se reconnaître.
Pour qui se prenait cette serveuse ? Elle en faisait un peu trop avec Sara ! Avec SA Sara !! Il risquait d'y avoir du sang... même si elle se trouvait dans un restaurant végétarien.
C'était décidé ! Elle ne laisserait personne approcher Sara !
Catherine allait enfin accepter les sentiments, le coeur et aussi le corps de celle qui partageai son déjeuner. Il ne servait à rien de lutter contre son attraction pour Sara, cela avait assez duré, Catherine s’était voilée la face bien assez longtemps ! Il ne fallait pas être un génie pour comprendre pourquoi Catherine était toujours sur la défensive lorsqu’il s’agissait de Sara ! Elle avait besoin de lui parler. Mais pour ça elle avait besoin d’être seule avec la grande brune, et Sara semblait vouloir retenir la serveuse près d'elle, à croire qu’elle le faisait exprès !
La grande brune entama alors une conversation animée avec celle qui devrait être en salle en train de s’occuper d’autres clients plutôt que de contrarier les plans de Catherine. Au bout de cinq minutes, qui parurent durer une heure à la petite blonde, la serveuse partit enfin en direction des cuisines en roulant des hanches d’une façon peu professionnelle. Catherine ne pu s’empêcher de lui jeter un regard noir quand elle se rendit compte que Sara suivait la serveuse du regard avec des yeux brillants... des yeux qui lui étaient habituellement destinés !
« Je la trouve vulgaire !!!. » dit elle d’un ton sec
« Moi pas, répondit Sara avec un sourire, au contraire j'ai l'impression qu'elle a un coeur gros comme ça, et qu'elle est prête à consoler tous les chagrins du monde … »
« Sara, quand tu parles des chagrins du monde... tu parles des tiens ? » demanda Catherine d’une voix hésitante
« Oui, Catherine, des miens, car aujourd'hui je viens de perdre mes illusions et… un bijou auquel je tenais… »
« Tes illusions ? Mais il fallait nous sortir de là, j'avais peur pour toi, peur que tu te fasse descendre ! J’ai reçu un véritable électrochoc Sara ! Comment pouvais je réagir ? Alors même que cet homme s'apprêtait à te... tuer » en prononçant ce dernier mot, des larmes s’étaient mises à briller dans les yeux de la petite blonde.
Sara ne su que répondre et heureusement pour elle, elle fut sauvée par le retour de la serveuse qui revenait avec leurs plats. Une fois les assiettes posées sur la table, plus aucune des deux CSI n’ouvrit la bouche. Le déjeuner se passa dans un silence pesant.
Au moment de partir Sara se pencha vers Catherine :
« Écoute, Cath, je sais que j'aurai dû attendre un autre moment, j’ai été maladroite mais je voulais que tu le saches, cela fait trop longtemps que je vivais avec ce secret et qu'à chaque seconde je voulais te le dire, te le montrer... j'ai eu tort je suis désolée... »
« C'est nouveau pour moi, répondit Catherine, Je comprends que la situation n’est pas évidente, c’est une situation compliquée pour nous deux, mais moi aussi je... »
La serveuse l'interrompit de nouveau en déposant l’addition sur la table. La petite blonde soupira, elle allait vraiment finir par détester cette serveuse !
Catherine jeta un œil sur la nota et la régla en se demanda comment elle pourrait passer l'après midi avec Sara et terminer cette conversation. Le destin sembla lui donner un petit coup de pouce.
Elle déchiffra rapidement au dos de l'addition l'adresse d'un pub nouvellement ouvert à quelques pas de ce restaurant.
La petite blonde interpella la serveuse, qui trouva d’un seul coup grâce à ses yeux : « Excusez moi, Mademoiselle, connaissez vous cet endroit ? » demanda t'elle d'un voix douce et en lui montrant le dos de l'addition
« Oui madame, répondit la serveuse, on y joue de la bonne musique tout en y servant des cocktails, des bières irlandaises et des glaces à damner les saints ! La rumeur dit même que certains anges descendent du ciel spécialement pour en manger et si vous avez de la chance vous pouvez en partager une avec l’un d’entre eux ! Mais le problème, c'est que dans la journée, c'est réservé uniquement aux habitués. Si vous le désirez, je peux appeler la patronne et lui dire que vous venez de ma part ! »
« Ce serait parfait oui…» lui répondit Catherine en laissant un bon pourboire.
La serveuse s'éloigna alors pour téléphoner, et Sara regarda la petite blonde avec interrogation : « Qu'est ce qui te prends Catherine ? »
« Rien fais moi confiance ! J’ai une surprise à te faire et il me fallait un endroit pour ça. Je n’avais pas envie de faire ça ici ! Et puis je sais que tu aimes la bonne musique et moi j'ai très envie d'une bonne glace surtout si un ange vient la partager avec moi… » Catherine partit dans un grand éclat de rire et Sara reprit espoir… le fol espoir d'une femme amoureuse !!!
Elles sortirent du restaurant et remontèrent l'avenue jusqu'au pub.
+++++++++++++++++
C'était un drôle d'endroit, où effectivement peu de personnes se trouvaient réunies. Des box permettaient d'être tranquille et de s’isoler un peu, une douce musique égrenait ses notes dans l’atmosphère. Quelques couples dansaient sur une piste, à l'écart. Sara n'en revenait pas ! Que faisait elle dans cet endroit en pleine journée au lieu d'être couchée ? En plus elle était accompagnée de sa supérieure hiérarchique ! Elle avait vraiment l'impression de nager en plein milieu d’un rêve ou d'un cauchemar, elle ne savait pas trop. Qu’est-ce qui lui avait prit de suivre Catherine dans un endroit pareil ! Bien sur c’était Catherine qui avait les clefs de la voiture, mais les taxis n’étaient pas fait pour les chiens ! Elle aurait très bien pu en prendre un pour rentrer chez elle !
La patronne, une femme rousse, aux cheveux bouclés, aux yeux verts en forme d’amande, vint leur apporter la carte des glaces et des cocktails. Elle sourit aux deux femmes du CSI. Elle portait un tailleur chic et un parfum « français ». Ses mains aux doigts parfaitement manucurés ne portaient aucune bague. Ses lèvres sensuelles étaient habillées d'un rouge discret. Calme et volupté émanaient de cette femme.
« Bonjour Mesdames, je me présente, Moïra, c'est un prénom celte, et j'ai le plaisir de vous offrir la première commande afin de... comment dire... afin de fidéliser ma clientèle, mais surtout ne le dites pas trop fort, sinon je fermerai boutique rapidement. Ce petit traitement de faveur ne concerne que les jolies femmes » dit elle avec une voix chaude et envoûtante qui se mariait bien avec cet endroit feutré. Elle s'éloigna sous les regards subjugués des deux collègues.
Un éclair traversa les yeux de Sara qui s'empressa de lire la carte.
« Tu sais Sara, dis Catherine en conservant son regard sur la carte, je voudrais te dire qu'avant aujourd'hui, je n'étais aucunement intéressée par la plastique des femmes mais avec ta... »
« Déclaration tu veux dire ? » l'interrompit la grande brune
« Oui, ta déclaration… mais aussi cette femme, Moïra, j'avoue que je me sens bizarre. L'endroit aussi doit y jouer beaucoup ! On dirait qu'une autre Catherine prend peu à peu possession de moi. Cette Catherine là, désire connaître l'amour, le vrai. Pas seulement les étreintes, mais aussi le désir, un peu de jalousie possessive, mais pas trop pour ne pas te faire peur... »
« Catherine ! Tu as dis : te faire peur ! Serait ce une façon à toi de me faire passer un message ou alors, une fois encore je me fais des idées !? »
« Non, Sara, chaque mot que je te dis est bien pesé ! L’endroit se prête d'ailleurs pour que je t'invite à danser et que je te séduise !... » répondit la petite blonde en se levant et entraînant avec elle une Sara de plus en plus abasourdie.
Sur la piste, elles entamèrent une danse lente et langoureuse sur une mélodie d'Eagles. Sara reconnu immédiatement les premières note de « Love Will Keep Us Alive ». Elle ne put alors s’empêcher de chanter, son souffle chaud caressait doucement le visage de Catherine qui frissonnait de plaisir.
Sara avait toujours adoré cette chanson qui, aujourd’hui plus que jamais, semblait porteuse d’un message :
« Je me tenais
Toute seule contre le monde extérieur
Perdue et seule
Maintenant tu m'as donné la volonté pour survivre
Quand nous avons faim… l'amour nous maintiendra vivants »
Sara sentait peu à peu la musique
prendre possession de son corps
« Le monde
change grâce à tes yeux
Maintenant que je t’ai trouvé
Il n'y a plus de vide à l'intérieur
Quand nous avons faim… l'amour nous maintiendra vivants »
Sara ne se sentait plus vide à l’intérieur depuis le jour où Catherine avait posé les yeux sur elle, des yeux d’un bleu si intense, qu’elle en avait eu le souffle coupé ! Aujourd’hui encore quand Catherine la regardait cela lui arrivait d’oublier de respirer ! Bien sur elle souffrait, mais cette souffrance était la conséquence directe de son amour pour la petite blonde. D’une certaine façon Sara préférait avoir mal que de ne plus rien ressentir du tout. Arrêter de souffrir voulait dire oublier ses rêves, ses espoirs... oublier Catherine. Et Sara n’était pas encore prête pour ça !
«Je mourrais
pour toi…
Escalader la plus haute montagne
Bébé, il n’y a rien que je ne ferais pas… »
Mourir… Oui elle avait bien faillit
A la fin de la chanson, la grande brune repris peu à peu ses esprits. Elle s’était laisser portée par la chaleur du corps de Catherine contre le sien et avait le plus grand mal à s'en détacher. Cette journée était vraiment étrange. Elle avait été invitée à déjeuner par Catherine, on l’avait prise en otage, la petite blonde lui avait brisé le cœur, et maintenant elles étaient en train de danser toutes les deux ! Sara n’y comprenait plus rien, mais elle avait décidé de se laisser porter par les événements.
La tête commençait à lui tourner. Elle avait besoin de s’asseoir. Elle s’apprêtait à retourner à leur table, lorsque Catherine l'arrêta dans son élan. La petite blonde entraîna Sara dans un endroit tamisé de la salle et regarda la grande brune fixement dans les yeux :
« Tu sais, dit elle d’une voix rauque, lorsque j'ai embrassé ce salaud à la banque ... »
Sara se raidit d'un seul coup, des images lui revinrent de Catherine en train d'embrasser ce type... son esprit fut soudain envahit de toutes ses images ! L’une des plus grandes facultés de Sara était toujours d’ignorer les choses ou de faire comme si rien ne s’était passé. Mais cette fois c’était au dessus de ses forces, elle ne pouvait pas oublier que la femme qu’elle aimait s’était offerte à un parfait étranger. La petite blonde n’avait jamais laissé Sara s’approcher d’elle, mais embrasser des inconnus ne lui posait, apparemment, aucun problème !
Elle sentit de nouveau des larmes monter en elle, elle devait s’en aller. Catherine ne devait pas voir ses larmes. Elle ne lui ferait certainement pas ce plaisir ! Elle avait très bien comprit où la petite blonde voulait en venir avec elle... et Sara n’avait aucune envie de devenir le nouveau projet scientifique de sa collègue !
Sara voulu se détourner du regard de Catherine mais la petite blonde la tenait fermement par le bras…
« Non attends ! Laisse moi terminer s'il te plait, continua Catherine, lorsque j'ai embrassé ce type, ce n'était pas pour te faire fuir, ou te faire du mal comme je l’ai prétendu ! J’ai paniqué Sara… tu avais une arme braquée sur toi, et tu parlais comme si tu allais mourir ! J’ai vraiment eu peur ! Alors j’ai cherché à gagner du temps… »
« Et toi tu gagnes du temps en embrassant des malfrats ? Drôle de passe temps ! » répliqua Sara presque froide
« Ce n’est pas un passe temps Sara ! J’ai paniqué d’accord ! Je venais enfin de comprendre que tu tenais à moi au point de risquer ta vie pour moi. Oh bien sûr, tu l’as transposé sur ce bijou que je t’avais offert, mais tu ne voulais pas céder à cet homme. C’était comme si tu lui disais vous ne pouvez pas me la prendre elle est à moi !... Je me suis alors rendue compte que le geste... que le présent que je t’avait fait, avait plus de valeur à tes yeux que le prix que j'y avais mis. » Catherine marqua un courte pause.
Sara ne disait plus un mot. Le cœur de la petite blonde s’emballa ! Si elle n’arrivait plus à toucher l’âme de Sara, si elle avait perdu le chemin de son cœur, comment pourrait elle vivre sans elle ?!
« Je regrette vraiment toutes les choses que je t’ai dites mais je te jure que je n’en pensais pas un mot ! Je voulais te protéger, protéger mon unique trésor... rien de plus ! »
« Me protéger contre quoi ? » demanda Sara d’une voix vibrante
« Te protéger de moi Sara ! Je me débâtais depuis déjà tellement longtemps dans cette marrée de sentiments qui m’inondait chaque fois que tu me souriais, que je n’ai pas su attraper la bouée que tu me lançais ! En comprenant tout ça, j'étais prête, moi aussi, à risquer ma vie pour te rendre ton bien ! J’avais besoin de sauver ce qui avait tellement d’importance à tes yeux ! Ce lien qui unit ton coeur au mien, comme un fil d'or... » En disant cela, Catherine, sortit de sa poche le précieux pendentif et le glissa dans la main de Sara en referment délicatement ses doigts dessus.
« Il faudra le faire réparer... le fermoir est cassé ! Mais lorsque ce sera fait, je le remettrais moi-même au tour de ton cou ! » chuchota Catherine.
Sara pencha alors légèrement la tête près du visage de Catherine. La petite blonde, plongea son regard dans le sien et déposa ses lèvres sur celles de Sara dans un tendre baiser.
Il n'y avait aucun doute, maintenant, Sara comprit que si elle acceptait celui ci, si elle acceptait ce baiser cela laissait en présager beaucoup d’autres et… bien plus sensuels.
Catherine ne jouait pas avec elle. Elle avait vraiment des sentiments pour la grande brune. La CSI plus âgée ne la voyait pas comme un nouveau projet de science, ou une fille avec qui elle ferait des expériences sympas ! Elle avait de vrais sentiments pour elle... pour Sara Sidle !
Elles rejoignirent leur table sans un mot. Moïra, les regarda s'approcher et prit leur commande. Une fois la belle rousse partie, la petite blonde raconta à sa collègue et future petite amie, du moins l'espérait elle, comment en embrassant l’homme de la banque, elle avait récupéré le pendentif sans qu'il s'en aperçoive.
« Si je n’avais rien fait tu n’aurais jamais revu ton pendentif ; soit il serait parti avec, soit la police l’aurait gardé comme pièce à conviction ! J’avoue que la méthode est peu conventionnelle mais l’important c’est que ça a marché ! »
« Merci Cath… et si un jour tu quittais la police scientifique, tu pourras toujours te recycler en pic-pocket ! » lui dit Sara en souriant.
« C’est pas une mauvaise idée ! Je vais y penser sérieusement ! Je dois dire que pour une fois c’était plutôt chouette d’être de l’autre de la barrière. J’ai aimé ça, je veux dire défier la loi, pas embrasser ce type ! » s’empressa d’ajouter Catherine.
« J’avais compris… » lui dit tendrement Sara
Elles terminèrent leurs glaces et sortirent. Sur le pas de la porte du pub, Moïra leur tendit une petite carte de membre et, toujours avec ce sourire et cette voix « enivrants » proposa aux deux femmes de revenir autant de fois qu'elles le souhaitaient ! Qu’elle serait ravie de les accueillir à nouveau.
« Bon et bien… je… je vais te ramener chez toi, Sara, la journée à été riche en émotions, je pense que tu es comme moi, tu veux sûrement prendre une douche et te reposer un peu, il vaut mieux ne pas trop tarder, car la journée est déjà bien entamée. » dit Catherine en regardant sa montre
« Oui, merci pour ces moments Cath, même si certains n'étaient pas inscrit dans mon programme » répondit Sara dans un sourire un coin, elle hésita alors à prendre la main de Catherine dans la sienne. La grande brune soupira fortement…
« Quel que chose ne va pas ? » demanda Catherine
« Non… non tout va bien ! » bégaya Sara qui s’était soudain sentie rougir
« Tu es sûre ?! » questionna la petite blonde qui n’était pas vraiment convaincue
« Oui… enfin non ! Cela ira mieux dans une seconde » dit Sara en enroulant ses doigts autour de ceux de Catherine
« Tu as raison c’est bien mieux… » murmura l’autre femme dans un sourire ravageur
+++++++++++++++++
Arrivée en bas de chez Sara, la petite blonde laissa tourner le moteur de la voiture…
« Voila tu es arrivée… » marmonna Catherine d’une voix mal assurée
« Oui j’ai vu… merci de m’avoir ramenée »
La gène qui venait soudain de s’emparer des deux femmes était arrivée comme ça sans prévenir. Sara n’avait aucune envie de laisser partir Catherine, pourtant si elle ne faisait rien, elle serait bien obligée de laisser la blonde rentrer chez elle.
Elle mourait d’envie d’inviter Catherine chez elle, mais elle ne voulait surtout pas que Catherine pense qu’elle voulait accélérer les choses entre elles. Sara n’avait aucune envie que la petite blonde panique en se sentant mise au pied du mur, mais pour Sara l'envie de passer encore quelques minutes avec son amie devenait à chaque instant de plus en plus forte. Son corps réclamait celui de la petite blonde. Elle rassembla tout le courage qui lui restait et se jeta à l’eau : « Cath… tu veux venir prendre un « dernier » verre à la maison ou un café ? »
La petite blonde ne répondit pas.
Sara sentit alors la panique s'immiscer en elle : « Je sais qu’il est 15 heures mais bon… c'est juste histoire de ne pas terminer la journée sur un pas de porte ou dans une voiture ! Rien de plus ! »
Catherine lui sourit enfin : « Et puis ce n'est pas tout à fait une journée ordinaire… »
Sara approuva d’un hochement de tête
Elles montèrent alors les escaliers, conscientes qu'un nouveau départ, pour chacune d'elles, commencerait dès lors qu'elles auraient franchi la porte de l'appartement. Pourtant, telles des combattantes, le pas fier et assuré elles se dirigeaient vers l’autel imaginaire où les offrandes, qu'elles déposeraient seraient leurs passions, leurs doutes, leurs espoirs, leurs vies et peut être même leurs âmes.
Une fois la porte refermée derrière les deux femmes, l'extrême tension de la journée retomba.
Catherine mit fin à son combat intérieur, qui durant ces années lui obscurcissait la vision de ses réels sentiments. Elle abandonna ses préjugés et ses tabous pour ne vivre qu'intensément ces moments là. Tant pis si l'éternité ne durerait que le temps d'une étreinte avec Sara…
Elle, femme de caractère, savait que le temps n'était qu'un sablier et que si l'on voulait garder le temps pour soit il convenait de ne pas le retourner ! Le temps de son amour pour Sara serait infini !
Sara, elle éprouvait à la fois une joie et une peur intense...
Et si tout cela n 'était qu'un rêve, qu'elle se réveillait pour s'apercevoir que son lit était vide sans avoir pu de nouveau goûter les lèvres fraîches de Catherine ? Si la petite blonde faisait demi tour, reprise par ce conformisme qui reste aveugle et sourd aux « différences » ? D'ailleurs, si c'étaient les biens pensants qui étaient différents.
Non Catherine n’était pas comme ça, elle ne l’avait jamais été, il lui avait simplement fallu du temps pour accepter ses sentiments et comprendre qui elle était vraiment !
A cet instant, Sara n'avait plus de doute, ni de peur ! Elle était prête à accepter tout ce que Catherine voudrait bien lui donner même si ce n’était que le temps d’une nuit ! Seule la présence de la petite blonde comptait à ses yeux, et son coeur et son corps appelaient de tous leurs voeux un rapprochement immédiat !
Sara, heureuse, se retourna vers Catherine. De ses yeux noisette une larme se mit à couler
Catherine s'approcha de la grande brune et doucement passa une main tendre sur son visage : « Tu sais, ma petite rebelle, les larmes n'ont été inventées que pour faire briller les plus beaux joyaux de la terre… tes yeux ! Et tant qu'elles seront d'amour, j'offrirais le plus sûr des écrins à tes larmes… mon coeur ! »
Leurs bouches se rejoignirent, et comme un appel lointain, le lit les appela afin qu'elles puissent se retrouver après tant d'années d'errance. Les volets laissaient filtrer sur les corps quelques zébrures d'ombre et de lumière. La danse que prodiguait le corps des deux femmes dans leur union, était autant d'offrande qu'elles se faisaient mutuellement. Mains et bouches avides de caresses et de baisers, corps contre corps, dans un va et vient sans fin, donnaient l'impression d'un véritable ballet. La douce musique de leurs respiration et les mots d'amour échangés n'étaient là que pour le plaisir de Catherine et Sara.
Épuisées, mais leurs désirs encore hardant, dévorées par la faim de l'autre, elles firent de nouveau l’amour avant de tomber dans les bras l’une de l’autre.
Catherine fut alors secouée d'un rire nerveux...
« Pourquoi ris tu ? » demanda alors Sara
« Je pensais à Lindsay... ma pauvre Lindsay ! Ce n'est pas encore aujourd'hui qu'elle aura son argent de poche ! » gloussa Catherine en se blottissant tout contre la jeune CSI
A son tour Sara rit bêtement, elle était si heureuse...
« Je t’aime Cath… » murmura Sara avant de s’endormir paisiblement dans les bras de son amante
« Je t’aime aussi Sara… » répondit la petite blonde avant de rejoindre son amante dans le pays des songes.
Elles s’étaient endormies l'une contre l'autre, sous le regard de l'amour qui n’avait pas eu d’autre choix, en croisant leur chemin, que de leur sourire !
Les deux femmes avaient purement et simplement pris l’amour en otage pour le reste de leur vie…
Fin