Me voilà de retour avec le Chaos…enfin, je reste sage en tout cas de ce côté, je me défoule de l’autre (ben oui faudrait quand même pas me supprimer tout mon fun quand même)
Message au diablotin dans les parages, t’as une double dose aujourd’hui alors t’as intérêt à cartonner de ton côté…non mais, c’est qui la p’tite joueuse maintenant ?
Et du Chaos Naîtra la Création…
Douzième Partie
Par SoFrost
Chapitre 67 : Sara
Je suis pétrifiée.
Adam a retiré l’arme de ma bouche avant de la retourner contre sa tête et de presser la détente. Je me souviens lui avoir crié de ne pas faire ça – ou du moins je pense être celle qui a criée – mais je n’ai rencontré que le son assourdissant de la détonation une fois qu’il a appuyé sur la détente. Son corps a été violemment projeté en arrière avant de devenir inerte. Et le voilà, étendu au sol.
Je n’arrive pas à entendre quoique ce soit au dessus mon pouls erratique. Mes oreilles sifflent encore après le coup de feu. Je pense que je suis en train de respirer, mais quelque part je ne sens pas l’oxygène me remplir les poumons. Je m’agenouille et m’approche d’Adam.
Je vérifie son pouls. C’est totalement absurde et à la limite de l’humour de mauvais goût mais mon premier réflexe est de vérifier son pouls. Il n’y en a aucun ce que j’aurais pu deviner facilement car la moitié de son cerveau et de son sang son éparpillé sur le mur devant moi, alors que le reste est toujours dans ce qu’il reste de son crâne. Cependant aussi absurde que ce soit, une part de moi espérait trouver un pouls même un faible.
Ses yeux sont ouverts et il y a l’ombre d’un sourire sur ses lèvres. Je lui ferme les yeux « Je te pardonne, » je forme les mots silencieusement.
Je me tourne et voit Greg toujours en train de tenir Adam en joue. C’est comme s’il n’avait pas réalisé ce qu’il se passait. Il tient son arme fermement, il est si tendu qu’il en tremble, sa respiration est fébrile et ses yeux légèrement vitreux. Il transpire à grosses gouttes et il est vraiment pale, je pense qu’il est en état de choc.
Je me lève et m’approche de lui. Il ne bouge pas et continue de pointer son arme vers Adam. Je pose une main sur le canon de son flingue pour avoir son attention. Sa tête se tourne brusquement vers moi avec une expression de surprise. « C’est fini, détends toi, » lui dis je. Il lui faut dix longues secondes pour s’imprégner de mes mots à travers son état de transe. Ensuite il remet le cran de sécurit en place. Avec la main que j’ai toujours posée sur le canon, je lui baisse son arme. Une fois que ses bras sont ballants je le regard intensément. « C’est fini, » je répète. J’attends que mes mots fassent effet et qu’il hoche la tête en signe de reconnaissance de les avoir entendus et compris.
Je me dirige vers le mur propre le plus proche et m’y adosse avant de me laisser glisser par terre. Mes yeux sont rivés sur le corps d’Adam, mon esprit vagabonde, essayant d’assimiler tout ce qu’il vient de se passer. Mais je ne suis pas en mesure d’avoir une quelconque pensée rationnelle pour le moment. Greg s’approche de moi et s’adosse au mur à son tour, mais il reste debout.
Il y a ce goût entêtant de métal qui persiste dans ma bouche. J’essaie de respirer aussi profondément que je peux mais c’est pire encore. Je peux sentir l’odeur ferreuse du sang me remplir les narines, la bouche, s’insinuant dans tous les pores de ma peau, ouvrant les portes de ma mémoire. Je regard autour de moi et vois du sang éclaboussé partout, une mare de sang et un homme mort, j’ai l’amère sensation de déjà vu. Pendant un instant je vois le corps de mon père gisant par terre.
Quelqu’un ouvre la porte mais celle-ci est bloquée par la table retournée. On pousse la porte avec plus de force et la silhouette de Grissom apparaît dans l’embrasure. Il entre et nous approche avec un air inquiet. Je pense qu’il est sur le point de nous demander si ça va, mais après nous avoir observer un peu plus il se ravise réalisant que sa question est tout simplement stupide.
« Notre rapport sera sur ton bureau dans 40 minutes, » je déclare. C’est drôle car ma voix ne sonne pas comme ma voix habituellement. Grissom me regarde comme si je venais de l’insulter.
« Sara… » il commence mais je ne lui permets pas d’aller plus loin.
« 40 minutes Grissom. C’est tout ce que je demande. Ce n’est pas tant demandé, n’est ce pas ? » dis je calmement mais fermement. Je me lève avec beaucoup d’effort alors que je me sens légèrement étourdie. « Viens, Greg. »
On n’a pas fait un mètre quand Ecklie entre dans la pièce. « Les Affaires Internes sont en chemine, non pas que vous ayez à vous préoccuper de quoique ce soit, mais bon …protocole oblige, » il hausse les épaules. « L’équipe de rotation va procéder cette pièce, » dit il alors qu’une Catherine pale comme un linge fait son entrée suivie de près par Warrick. « Grissom, je veux te voir dans mon bureau aussi tôt que possible, » et sur ce il quitte la pièce pour rappeler les quelques curieux à la porte à l’ordre.
Catherine me regarde, elle donne l’impression d’avoir vu un fantôme. Je peux voir qu’elle se bat pour ne pas perdre son flegme, mais tout ça semble si loin de moi en cet instant précis.
« On va avoir besoin de vos armes, » Warrick dit gentiment. On obéit sans poser de questions. Si vous vous demandez pourquoi on les avait toujours sur nous pour ce qui aurait dû être un simple interrogatoire, ben, c’est parce qu’on revenait d’une scène quand Adam est apparu. Tellement pressés de le confronter avec ce qu’il avait fait qu’on en a totalement oublié qu’on avait toujours nos armes avec nous. Non pas que ça ait de l’importance maintenant.
Une fois que j’ai donné mon arme je commence à me diriger vers la sortie mais le goût du métal et du sang se marient mal et mon estomac décide de me le faire savoir illico. Je me penche au dessus de la poubelle et vomis mes tripes. Bon, salut petit déjeuner. Je suis consciente qu’il y a quatre personnes dans la pièce en train de me regarder et un peu plus à l’extérieure pour les quelques curieux qui ont échappés à Ecklie, mais je suis loin du point où j’en ai quelque chose à cirer.
« Sara ! » Grissom s’exclame alors qu’il vient à mes côtés. Je me redresse et passe une main sur ma bouche. Grissom m’effleure à peine de sa main que je trésaille violemment. Toute cette appréhension des contacts physique que j’ai si bien cachée pendant longtemps est en train de suinter hors de moi. Je sais qu’il est surpris par ma réaction et encore plus inquiet, mais contrairement à ce qu’il pense ce simple contact m’a rendu encore plus malade.
Je sais que je dois sûrement être en train de respirer comme à plein poumon comme un taureau prêt à charger. J’arrive à sourire faiblement et de manière ironique. « Bon, disons plutôt 50 minutes, faut que j’aille me rafraîchir maintenant, » je lance un regard à Greg et il hoche la tête avant que nous ne quittions la pièce silencieusement.
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Ecklie est un homme efficace quand il le veut, je dois l’admettre. Adam s’est suicider il y trois heures, et Greg et moi venons juste de finir nos déclarations auprès des Affaires Internes. Je suis sur le point de rejoindre Greg dans les vestiaires quand Ecklie m’appelle. « Sidle, » dit il de son ton froid habituel.
« Oui, Ecklie ? »
« Si vous avez besoin d’être suivis psychologiquement… »
« Ecklie, on va bien, » je réponds sèchement. J’aurais dû me douter qu’il profiterait de cette opportunité pour avoir plus de munitions contre moi. Ça fait si longtemps qu’il veut me virer que je suis sure qu’il est en train de prendre son pied avec les évènements actuels.
Il soupire et semble frustré ou nerveux ou énervé, je ne sais pas trop. « Ce n’est pas… » il soupire. « Ecoutez, autant qu’on ne s’apprécie pas, je ne peux pas nier que vous êtes un des meilleurs éléments de ce labo et Sanders est prometteurs…ce labo ne peut se permettre de vous perdre tous les deux à cause de quelque chose comme ça… ce que j’essaie de dire c’est que si vous ou Sanders pensez avoir besoin d’un suivi psychologique ou de jours de repos faites le moi savoir que je puisse adapter les planning des différents services selon vos besoins, » dit il sérieusement, et le plus incroyable dans tout ça c’est qu’il est sincère.
Donc si je résume, il veux me couler, même si il admet lui-même que je suis douée à ce que je fais, mais il préfèrerait encore me virer lui-même plutôt que de me voir partir pour un évènement malheureux. C’est touchant, d’une façon un peu bizarre certes, mais touchant quand même.
Je sais bien ce que vous allez dire, Ecklie être sincère, sensible et humain est une contradiction en soi mais à cet instant précis je sais bien qu’il n’y a aucune malice qui se cache derrière ses intentions. Il a l’air mal à l’aise et je peux le comprendre. Après tout, c’est la chose la plus attentionnée qu’il n’est jamais faite ou dite en ce qui me concerne, et ce n’est vraiment pas son genre, alors je peux comprendre sa gêne. Mais bon un Ecklie gentil c’est flippant quand même.
« Si on a besoin de quoique ce soit, je viendrais vous voir, » je réponds sérieusement. Il acquiesce en silence et un léger sourire se forme sur ses lèvres mais il disparaît presque immédiatement. Il détourne son regard avant de se recentrer sur moi.
« Les Affaires Internes ont en fini avec vous et Sanders ? » dit il brisant ainsi notre moment ‘émotionnel’.
« Oui, ils ont dit qu’il nous donneraient une réponse dans trois jours. »
« Ok, alors déguerpissez de mon labo et ne revenez pas avant quatre jours, » dit il avec son autorité familière. Mais je ne m’offense pas, son ‘lui’ habituel est de retour, et je trouve ça beaucoup mieux. Après tout il a une réputation d’enfoiré vicieux à maintenir.
Je renifle avec un petit sourire. « Oui Monsieur. »
Il soutient mon regard pendant une seconde ou deux et me sourit avant de repartir. Ecklie est un être humains, on n’arrête pas le progrès.
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J’entre dans les vestiaires et trouve Greg assis sur le banc qui fait face à son casier – qui est maintenant fortement déformé. Je m’assois près de lui. « Ça ne soulage pas du tout, n’est ce pas ? » dis je en faisant référence au fait de passer ses nerfs sur son casier.
« Non, pas le moins du monde, » répond-t-il en contemplant ses articulations meurtries.
« J’ai bloqué, » Greg déclare non sequitur. « C’est comme si tout mon esprit était devenu vide. C’était si étrange, comme si rien n’était en train de se passer. »
Je ne dis rien. On reste là en silence à contempler ce qu’on vient de traverser. « Je n’aurais pas pu lui tirer dessus, » dit il. Il s’adresse à moi mais son regard est lointain.
« Si les rôles avaient été inversés, je ne pense pas que j’aurais pu tirer non plus, » je lui réponds honnêtement.
« Non tu ne comprends pas. Je ne pouvais pas ! Je veux dire…s’il t’avais tiré dessus je ne suis même pas sûr que j’aurais fait feu en retour ! J’étais pétrifié ! » dit il avant d’envoyer un coup de pied au casier devant lui.
« Greg, j’aime à penser que je ne serais jamais en mesure de tuer quelqu’un, » je déclare.
« J’étais pétrifié Sara ! Je ne pouvais pas penser ou bouger ! » il répète presque en me criant dessus.
« On s’en est sorti. C’est tout ce qui compte maintenant. Je ne vais pas te dire ce que t’aurais dû faire ou quelque chose dans le genre. Je ne vais pas te dire que la prochaine fois tu ne te bloqueras pas. Mais je sais une chose, tu n’as rien fait de mal quand on était à l’intérieur, et je laisserai ma vie entre tes mains à n’importe quel moment, car je sais que tu prendras toujours les bonnes décisions, » je lui dis fermement avec une voix qui ne laisse pas la place pour un argument ou doute quelconque.
« Est ce que tu crois qu’on est maudit ? » demande-t-il après un long silence.
« Qu’est ce que tu veux dire ? » il m’a perdue là.
« Ben, chaque fois qu’on est ensemble les mauvaises choses semblent pleuvoir. D’abord le labo qui explose, puis la noyade dans la caverne, puis l’attaque dans la maison et maintenant ça. »
Quand j’y pense il n’a pas tort on a eu notre lot de malchance. « Honnêtement si le destin a un message pour nous, je préfère ne pas le transcrire. »
« Ouais, c’est peut être mieux, » il soupire. « Je ne sais pas si je suis fait pour ce job… »
« Est-ce que t’as une brosse à dent ? » je l’interromps. Tout est si clair dans mon esprit, je pense que c’est la meilleure idée que j’ai depuis un bon bout de temps.
Ma demande le sort de sa transe, il fronce les sourcils et me regarde plein de confusion. « Quoi ? »
Je sais qu’il se demande si je l’ai écouté. C’est le cas et c’est justement pourquoi je l’ai coupé, l’auto flagellation est un mauvais chemin a emprunter. Il est doué à ce qu’il fait. Je sais par expérience que ce job peut nous mettre dans des situations délicates mais il ne faut pas se laisser atteindre sinon détruit, et je m’y connais dans ce rayon. « Est-ce que t’as une brosse à dent ? » je répète.
« Oui, dans mon casier, » dit il ne voyant toujours pas où je veux en venir.
« Bien, » je me lève. « Prends là et suis moi. »
« Qu’est ce que… »
Je pose un doigt sur ses lèvres pour le faire taire. « Est-ce que tu me fais confiance ? »
« Avec ma vie, » il répond sans la moindre hésitation.
« Alors contente toi de me suivre. Prends tes affaires et ta brosse à dent, » lui dis je. Il est toujours en train d’essayer de comprendre ce qu’il se passe. « S’il te plait, » il hoche la tête et se lève. Il prend son sac à dos et y met sa brosse à dent. Je fais de même puis lui prends la main et entremêle nos doigts avant de nous guider hors du vestiaire.
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On arrive à destination cinq heures plus tard. « Maintenant tout ne tourne qu’autour de deux mots : carpe diem, » lui dis je.
Il est en train de se convaincre qu’il n’est pas en train de rêver et qu’on est bien en train de faire un truc complètement dingue. « Oh, je te reçois cinq sur cinq, » il dit avec un grand sourire. Les limbes de Vegas sont loin derrière nous même si ce n’est que temporaire.
Chapitre 68 : Catherine
Ça nous a pris trois heures pour procéder à toute la salle d’interrogatoire, beaucoup trop d’empreintes dans cette salle. Je n’arrive pas à me tirer Sara de la tête. Je l’ai vu et quand c’est arrivé je n’avais qu’une envie c’était de la prendre dans mes bras et ne jamais la laisser. Je l’aurais fait, si elle m’avait vue. C’est étrange je sais. Mais quand je suis entrée dans la pièce elle avait l’air perdue et elle a dû me voir pour un total de deux secondes quand elle m’a donne son armes. Puis c’est comme si la vie avait complètement désertée ses yeux et que tout avait disparu.
Je suis dans les toilettes en train de me passer un peu d’eau froide sur le visage pour me débarrasser du sentiment de nausée qui persiste. Je décide qu’il est temps pour moi d’aller trouver Sara pour m’assurer qu’elle va bien. Ou du moins pour l’entendre me dire qu’elle va bien. Même si je doute qu’après aujourd’hui elle soit en passe d’aller bien. Je vais juste lui dire qu’elle peut venir chez moi si elle a besoin de parler à quelqu’un.
« Catherine ? » je me rends compte que quelqu’un m’appelle. Je me tourne et vois Warrick me regarder bizarrement. Il sait maintenant pourquoi je me suis évanouie plus tôt et il n’a pas arrêté de s’inquiéter depuis qu’on a fini de s’occuper de la salle d’interrogation. D’entendre Warrick m’amène à réaliser que je suis sortie des toilettes.
« Oui, Rick, » je réponds absente.
« T’étais en train de planer, » dit il avec un soupire. « Ecoute, pourquoi est ce que tu ne rentrerais pas chez toi ou autre, je m’occupe de finir ici. »
J’hoche la tête bêtement. « Merci, » j’essaie de décider ce que je vais faire avant d’aller avec ma première idée. « Est-ce que t’as vu Sara ? »
« Oui elle vient juste de partir avec Greg. »
Je fronce les sourcils à l’information. « Ok, merci, je m’en vais dans ce cas. »
Voilà ce que je pense si Sara est partie avec Greg, ils iront probablement dans un bar quelconque pour décompresser. Après les cas les plus éprouvant c’est généralement ce qu’une personne faisant notre job fait. Alors je lui donne une heure ou deux avant d’aller chez elle pour voir si elle va bien. Je décide de me rendre chez ma sœur comme ça je pourrais voir Linds et parler à cœur ouvert à Nancy.
J’arrive à destination à peine dix minutes plus tard et quatre heures plus tôt que d’habitude. Je frappe à la porte et attends.
« J’arrive, » j’entends Nancy répondre. La porte s’ouvre « Cath ? » elle est surprise mais surtout elle est inquiète. Je ne rentre jamais tôt sauf si quelque chose de grave s’est produit au boulot et généralement ça implique que quelqu’un a failli mourir ou est mort. Aujourd’hui ne fera donc pas exception à la règle. « Entre, » elle m’invite à l’intérieur et ferme la porte derrière moi. Elle prend une grande inspiration et se prépare au pire.
« Elle a presque été tué, » dis je mais ça sonne trop froid même à mes oreilles. « Sara a faillit être tué aujourd’hui. J’étais au premier rang et il n’y avait rien que je puisse faire, » j’élabore avant de fondre en larmes et évacuer la tension des dernières heures. Nancy me prend dans ses bras et m’entraîne vers le canapé, là elle me tient et me laisse pleurer librement.
Une heure plus tard je suis allongée sur le canapé avec ma tête sur ses genoux. Elle me caresse les cheveux d’un mouvement tendre et lénifiant. « Je t’ai parlé de l’affaire des ‘anges déchus’, » je commence.
« Celle sur laquelle Sara travaille depuis un peu plus d’un mois ? Celle qui a instauré une distance entre vous ? »
« Oui, celle là, » je renifle. « Ben, ils ont attrapé le responsable …non, en fait apparemment c’est lui qui est venu à eux. »
« C’est étrange. »
« C’est aussi ce que j’ai pensé, et il s’est avéré qu’il avait un plan, » je regarde Nancy et vois ses traits montrer tous les signes de la surprise et de la confusion. « Il voulait voir Sara, et il semblait en savoir beaucoup sur la vie de Sara. Bien plus que je n’en savais moi-même, » dis je en frissonnant. « Tu veux savoir comment j’ai appris ces choses à son propos aujourd’hui ? D’abord en étant dans la salle d’observation par pur coïncidence et ensuite en regardant la vidéo de l’interrogatoire pour voir où les choses ont mal tourné, » je soupire. « J’ai l’impression de l’avoir trahie et quelque part c’est le cas. »
« Ce n’est pas comme si tu avais su ce qui allait se passer et ce qui allait être ramené à la surface, » dit Nancy après un moment. »
« C’est vrai, tu as raison mais… »
« Mais ? »
« Grissom a tout vu venir, il m’a demandé de partir mais tu me connais. Et ensuite Ecklie m’a demander d’analyser la scène et je n’ai pas refusé et je suis certaine qu’un grande partie de moi était curieuse de ces choses, » je pose une main sur mon visage. « Bon sang, je me sens coupable. »
« Tu tiens à elle et tu cherchais des réponses. Alors oui tu l’as peut être ‘trahie’ mais ce n’est pas quelque chose qui a été fait de manière réfléchit, » Nancy essaie de me rassurer.
« Je suppose que tu as raison, » j’admets éventuellement. Je raconte la suite des évènements à Nancy, puis je décide de me rendre chez Sara.
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Je frappe à la porte de Sara après l’avoir contempler pendant cinq minutes. Malheureusement Travis est celui qui ouvre la porte. Il a l’air perturbé et inquiet, ce qui étrangement me donne un mauvais sentiment.
« Salut, » je dis après un court moment gauche.
« Bonjour, » répond-t-il. Il se met de côté pour m’inviter à l’intérieur.
« Est-ce que Sara est là ? » je demande avec hésitation.
Il ricane légèrement. « J’était actuellement en train de chercher ton numéro pour te poser la même question. »
Je fronce les sourcils. « Je ne comprends pas. »
Il me regarde intensément et je vois bien qu’il débat intérieurement pour savoir si oui ou non il devrait me faire confiance. Il progresse dans le salon et appuie sur le répondeur. Il y a un bip puis la voix de Sara envahit la pièce. « Ti ?...Je…Tu… » il y a comme un sanglot et un bruit d’étouffement comme si elle pleurait ou était sur le point de pleurer. Puis elle essaye à nouveau de parler mais rien ne vient sauf un douloureux gémissement. Elle prend une grande inspiration. « Je…ne t’en fais pas…je rappellerai…je…promets, » et ensuite il y a la tonalité.
« C’était il y a six heures, » dit Travis d’une voix incertaine. C’est comme s’il avait peur de quelque chose. « Elle n’a toujours pas rappelé, » il ferme les yeux et respire profondément. « Qu’est ce qu’il s’est passé ? »
Je suis tentée de nier le fait que quoique ce soit se soit passé mais il me suffit de le regarder pour savoir que ce n’est pas une option. D’un autre côté je ne peux pas lui donner trop de détail, c’est à Sara de le faire. « Un interrogatoire a mal tourné. »
« Est ce que ça a un rapport avec l’affaire sur laquelle elle travaillait dernièrement ? » il demande, donc il n’est pas si ignorant.
« Oui, » je confirme.
Il attrape le livre qui était posé sur le comptoir et le balance à travers la pièce. Son action est si brusque qu’elle m’effraie. Pendant plusieurs minutes il fait les cent pas tel un fauve en cage. Il se calme rapidement. Il se tourne vers moi soudainement. « Est-ce que tu veux boire quelque chose ? » il demande d’une voix calme.
« Je…ferai peut être mieux d’y aller, » je réponds.
« Tu n’y es pas obligée. »
Je pense un peu à la situation et au fait que je suis aussi inquiète que lui à propos de Sara. « Je prendrai un thé s’il te plait. »
Dix minutes plus tard on est en train de boire du thé sur le canapé, le silence est loin d’être confortable mais il n’est pas tendu pour autant. « Est-ce que je peux te poser une question ? » je demande.
Il se tourne vers moi et me regard avec une expression douce. « Bien sûr. »
« Est ce que tu es là pour te remettre avec Sara ? »
Il rit un peu. « Non pas du tout. Cette idée ne m’a jamais traversée l’esprit. Ne te méprends pas, elle est exceptionnelle en tant qu’amante et partenaire, bien que je ne doute pas que tu sois déjà au courant ; mais je ne suis plus amoureux d’elle. Ça fait déjà longtemps, » il me regarde avec un sourire. « Je suis amoureux, vrai, mais pas d’elle, de ma femme. Et je suis un mari très, très heureux et comblé avec trois enfants. »
Je pense que j’ai entendu ma mâchoire touchée le sol. Travis interprète mal ma surprise. « Je sais que ça peut être trompeur pour les gens extérieurs et il leur est difficile de comprendre ma relation avec Sunshine mais il n’y a plus aucun sentiments amoureux entre nous, » il ajoute.
« En fait, ce qui me surprend c’est la partie ‘marié avec enfants’, » je lui avoue honnêtement.
« Ben, tu ne m’as jamais rien demandé sur ma vie privée, » il pointe.
« J’ai assumé que tu étais célibataire vu que tu ne porte aucune alliance. »
Il sourit à ça. « J’admets que c’étais vicieux de ma part. Karen – c’est ma femme, et moi avons décidé de renouveler nos vœux alors on aura de nouvelles alliances, et pour le moment elles sont toujours chez le bijoutier. »
Quel choc. Pour le coup je me sens vraiment con de l’avoir considéré comme une menace entre Sara et moi. Je suis sur le point de dire quelque chose quand le téléphone sonne, Travis répond après à peine une sonnerie.
« Allô ? Sunshine ?... J’y ai pensé mais une heure de plus et j’aurais péter un câble…Non ! Je t’interdis de me refaire un coup comme ça !... » il lui hurle presque dessus. Il ferme les yeux et prends une profonde inspiration. « Oui, moi aussi mais je pense que tu m’as donné des raisons d’être à bout… » il y a une longue pause, je suppose qu’elle lui parle. Il se calme considérablement. « Catherine t'as cherché aussi…en fait elle est là… » pendant un moment je pense qu’il est sur le point de me passer le téléphone mais il ne le fait pas. « Ok…d’accord… » il soupire. « Bye…prends soin de toi…Sunshine ? » il y a une autre pause. « Oui, moi aussi, » et sur ce il raccroche.
Il se tourne ver moi. Et je le regarde dans l’attente d’explications, et je suis à deux doigts de le secouer dans tous les sens s’il ne dit rien dans la seconde. « Elle est retournée en Californie, » dit il sans émotion.
J’ai l’impression qu’il vient de me donner un coup de poing dans le ventre. Mais jambes me lâchent et je retombe sur le canapé. Mon esprit essaie d’ingérer ses mots mais ça bloque. Je me tourne à nouveau vers lui. « Quand est ce qu’elle revient ? »
« Elle n’a pas dit quand ou si elle revenait. »
« Qu’est ce que tu veux dire ‘si’ elle revient ? » dis je en paniquant. « Bien sûr qu’elle va revenir, je veux dire, elle le doit, » je ne sais pas si j’essaie de le convaincre ou de me convaincre. Il me regarde avec défaite.
« Je suis aussi perdu que toi, » dit il.
« Il faut que j’aille voir ma fille, » je déclare abasourdie.
« Ok, » il m’accompagne jusqu’à la porte. « Ce n’est pas la peine d’essayer de la joindre, » je pense que l’offense était évidente sur mon visage parce qu’il ajoute quelque chose rapidement. « Ne le prends pas personnellement, elle a éteint son portable et elle ne répondra à personne, » j’acquiesce.
« Ok, il faut vraiment que j’y aille. »
« Je sais, » il réplique. « Je t’appelle s’il y a du nouveau, » il offre.
« Merci. »
Je me retourne et sors, je vais jusqu’à ma voiture et tout le chemin vers Lindsey je n’arrive pas à penser à autre chose que la possibilité de perdre Sara pour de bon. Je pense que c’est officiel mon cœur s’est arrêté de battre.
Elle va revenir, n’est ce pas ? Après tout, elle a un job ici, un appartement, et il y a Lindsey, et les garçons et…ben il y a moi. Elle ne peut pas tout laisser tomber comme ça, non ?
Elle reviendra. Je suis sure qu’elle reviendra. Maintenant si j’arrivais à m’en convaincre j’arriverai peut être à respirer plus facilement.
Chapitre 69 : Sara
Je me réveille au doux murmure de l’océan. Les rayons du soleil levant me caressent ma peau délicatement. Je soupire de contentement, ça m’a manqué tout ça. Le bruit sourd d’un cœur qui bât résonne dans mes oreilles et je me sens prise dans une étreinte chaleureuse.
J’ouvre les yeux et m’accoutume à la beauté qui m’entoure. Sable blanc, ciel orange et doré, océan bleu nuit…
« Bonjour, » dis je à mon compagnon en relevant la tête de sa poitrine.
« Fantastique jour, » il répond avec un sourire. « Regarde ça c’est tout simplement…il n’y a pas de mot pur décrire une telle beauté. »
« Tu l’as dit, » je réplique en contemplant la vue.
« Tu sais dans le top 5 de mes fantasmes, j’ai réalisé le second et le troisième pendant les dernières 24h. »
« Vraiment ? » je me tourne vers lui.
« Ouais. Au rang numéro deux, dormir et me réveiller avec toi dans mes bras, » dit il en rougissant un peu. « Je sais, c’est pire que guimauve mais j’assume. »
« Greg, » je secoue légèrement la tête, touchée par sa confession. « T’es toujours aussi gentleman.
« Et tu sais c’était mieux quand dans mes fantasmes, » dit il en souriant. « Oh et les ronflements, bien qu’inattendus étaient vraiment mignons, non je t’assure. »
J’ai le souffle un peu coupé par sa remarque, je le frappe de manière joueuse sur la poitrine et feins l’outrage. « Beau parleur, vraiment… »
« Hey, c’était mignon, sérieux ! » il proteste, je lui tire la langue en réponse et on éclate de rire.
On a dormi sur la plage après une fête avec quelques unes de mes connaissances. Presque tout le monde est rentré chez soi avant le levé du soleil, mais certains – comme Greg et moi – sont restés pour discuter et dormir éventuellement. On a parlé de ce qu’il s’est passé avec Adam, et j’ai révélé un peu de mon passé à Greg, il a partagé le sien en retour, c’était vraiment bien.
« C’était quoi au rang numéro trois ? » je demande une fois qu’on s’est peu calmés.
« Faire un truc dingue et imprévu avec toi. S’envoler pour la Californie et finir à l’une des plus grosse teuf à laquelle je n’ai jamais été rempli parfaitement le profil, » dit il avec un sourire radieux.
« Oh, mais on n’a pas commencer le fun, alors attend, » je pointe.
« J’aime entendre ça. »
Californie. C’est là où on se trouve. Hier tout était ‘trop’ et je savais que j’étais à un cheveux de craquer nerveusement alors me réfugier ici m’a semblé être la meilleure idée du moment. On avait besoin de partir loin de Vegas. On l’appelle Sin City et ce n’est pas pour rien, ce qu’on ne mentionne jamais cela dit c’est que si on ne fait pas gaffe on y perd notre âme là dedans.
Je m’assois sur le sable et m’étire un peu. Mon cou me fait légèrement souffrir, et je suis sure que les bleus hideux qui s’y trouvent m’empêcheront d’oublier pourquoi on est là en premier lieu.
« Alors, c’est quoi le plan aujourd’hui ? » demande Greg.
« Pas de plan, c’est l’idée, » je réponds immédiatement. Je ferme les yeux et réfléchis un moment. « J’ai envie de surfer, qu’est ce que t’en dis ? »
« Surfer ? Sur les vagues tu veux dire ? »
« Non sur le sable bien sûr… » je le taquine. « Ben oui sur les vagues Greg, c’est plus facile d’une part et c’est aussi plus marrant, tu verras. Allez viens. »
On se rend au magasin pas très loin de la plage, il n’a pas changé depuis la dernière fois que je suis venu. « Est-ce que tu t’es venue ici de ton plein gré ou tu t’es juste perdue en chemin ? » un homme athlétique d’environ 1m80 me demande avec un sourire. Sa peau imprégnée de soleil fait contraste à la couleur légère de ses vêtements.
« Je suis venue de mon plein gré, tu sais que je ne peux pas rester loin de toi bien longtemps, » je rétorque.
« C’est la fille que j’aime. Attends, je préviens la presse et je leur fait savoir que la fille prodigue est de retour ensuite je m’occupe de toi, » dit il en décrochant le téléphone.
« Oh ça va, » je ris. Il s’approche de moi et me fait un énorme câlin.
« Bon retour à la maison short stuff, » il m’accueille avec une voix douce et un sourire. Une fois qu’il me repose par terre je l’introduis à Greg.
« Jeff, j’aimerai te présenter Greg, je t’ai parlé de lui. Greg, je te présente Jeff. »
Jeff serre la main de Greg « Content de te rencontrer. Je suis Jeff Cartright mais tout le monde m’appelle Smarty, » dit Jeff.
« Ravi de te rencontrer. »
Jeff se tourne vers moi. « Je sais pourquoi t’es là short stuff mais t’as des salutations à faire et en plus je paris que t’es affamée donc on est parti. »
On atterrit dans un pub non loin de la boutique. Il est fermé à cette heure là excepté pour une poignée très sélective de personnes on entre et aussitôt que le barman me voit je sais que ça va être ma fête.
« Que tout le monde retienne son souffle, l’Apocalypse est proche ! Devinez qui est de retour ! » il s’écrie ce qui a pour effet d’attirer l’attention des quatre hommes dans la salle. Il y a un silence de mort pendant presque une minute.
« Darko, t’as mis quelque chose dans la nourriture ? Je pense que je vois des choses, » dit un des hommes.
« Doc, pour la dernière fois : arrête l’humour, tu crains, » je réponds avec enthousiasme.
« Je veux bien être damnée, t’es de retour ! » il sourit jusqu’aux oreilles.
Tous les hommes se lèvent et se rassemblent devant moi, il me prennent tour à tour dans leur bras et m’embrasses. Une fois qu’ils ont fini je leur présente Greg. « Les gars, les gars, c’est Greg, un de mes plus proches et chers amis de Vegas, » ils hochent tous la tête et interjètent des ‘saluts’ à Greg. « Greg, c’est Cooper alias Darko, c’est lui le gérant de cet endroit, » je lui indique un homme grand, les yeux bleus, les cheveux bruns et la peau tannée. « Là t’as Lucas alias Noodle, » Lucas est aussi grand que moi avec des cheveux couleur geai et des yeux marrons. « Ça c’est Brian, alias Doc, » Brian est noir chocolat de peau et a les yeux verts de Warrick. « Là c’est Douglas alias Demi portion, « Douglas est monté comme un tank et il est plus grand que Jeff. « Et pour finir tu as Keenan alias Big Guy, » Keenan est un peu plus petit que moi, svelte, cheveux sombres et de magnifique yeux verts.
« Enchanté les gars, » dit Greg avec un sourire.
« Bon, maintenant que tout le monde s’est dit bonjour, prenons un p’tit déj, » annonce Darko.
On passe un moment plaisant et tout le monde explique l’origine de son surnom. Smarty vient du fait que Jeff avait pour habitude de faire les plus grosses âneries quand il était plus jeune juste pour voir ce qui se passerait. Noodle…c’est une longue histoire impliquant de la nourriture asiatique. Doc ? C’est parce qu’enfant et pendant trois moi Brian ne mangeait que des carottes et ne disait que ‘quoi de neuf docteur’. Darko ? Cooper voulait être un vampire et c’était son nom…ne me demandez pas pourquoi. Big Guy ? Tout simplement parce Keenan est celui d’entre nous qui est le plus débrouillard. Quand on a des ennuis il trouve toujours des solutions et garde son sang froid face à toutes épreuves. Et puis si vous êtes son ami, vous pouvez être sûrs qu’il assurera toujours vos arrières.
Je les ai tous rencontré dans ma dernière maison d’accueil – ma première vrai maison en fait, eux aussi on été ‘adopté’. On s’est plus et on s’est serrés les coudes pour avancer. Comme ça on n’était jamais seuls. Alors je suppose que plus que des frères d’armes ils sont aussi mes frères adoptifs.
On parle à Greg de comment on s’est tous rencontré et de ce que les gars font dans la vie. Greg s’amuse et il est à l’aise pour parler et faire des blagues.
« Quand j’étais plus jeune j’étais un vrai lutin comparé aux autres, j’étais aussi fin qu’un haricot et pas très fort. Alors ils m’appelaient ‘Demi-portion’. Imagine leur surprise quand je suis revenu après un été, que je leur prenais tous une tête et que j’avais des muscles visibles partout. Ils ont continué à m’appeler ‘Demi portion’ mais bizarrement plus personne ne s’en prenait à moi, » Doug explique.
Tout le mon se bidonne. « Et toi Greg, c’est quoi ton surnom ? » Doc demande.
« On m’appelait ‘porc-épic’ à cause de mes cheveux, mais ce n’est plus trop d’actualité parce que je suis obligé de la jouer sérieux maintenant. Puis j’étais aussi le rat de labo comme j’étais au labo toute la journée. Et maintenant on m’appelle la souris de terrain, donc je n’ai pas vraiment de surnom propre, » il répond.
« Oh, allez quoi, il faut qu’on t’en trouve un, c’est la condition sine qua none pour joindre notre gang, mec, » s’exclame Smarty. « Bon voyons, t’es un scientifique, t’aime le rock et t’es un peu fou, bon ben au boulot les mecs »
« Alors ‘short stuff’, hein ? Et c’est quoi l’histoire derrière ça ? » demande Greg amusé.
« Oh non, hors de question que je raconte, » je proteste.
« Et elle qui croyais qu’elle passerait inaperçue, » Brian se moque de moi.
« Allez Sar, ce n’est pas tous les jours que j’apprends des choses sur toi, » Greg m’encourage.
« Y’a pas moyens, c’est trop embarrassant…jamais je ne te raconte celle la. »
« T’en fait pas Greg, nous on peut te le dire, » offre Doug.
« Ah c’est comme ça ? Ben allez y éclatez vous bandes de Judas ! » dis je de fausse colère. « Mais que vous le sachiez tous je suis une experte en la matière quand il s’agit de cacher des corps sans laisser de traces. »
« Oh j’ai peur, Demi portion, protège moi, » dit Noodle et ils se marrent tous.
« Allez Greg, ouvre bien tes oreilles parce que tu n’entendra pas cette histoire deux fois. Tout a commencé il y très longtemps. La raison pour laquelle on l’appelle short stuff c’est parce que… »
Je sais que vous voulez entendre cette histoire mais je préfère garder intact le peu de dignité qu’il me reste. Désolée. Une fois l’histoire finie ils explosent tous de rire encore plus fort qu’avant. Greg s’étouffe presque à en mourir, il pleure légèrement et son visage rendrait une tomate jalouse, soudain il tombe littéralement de sa chaise et rit de plus belle en se roulant au sol. Maintenant vous savez pourquoi je ne peux pas vous laissez entendre cette histoire.
« C’est officiel, je vous déteste les mecs, » je dis en boudant. Mais je n’arrive pas à garder mon sérieux bien longtemps et finis par me joindre à eux dans leur euphorie.
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Je regarde ma montre et décide qu’il est temps de s’amuser un peu. « Smarty, comment est baby doll ? » je demande.
« Encore plus magnifique que quand tu l’as laissée, » il répond avec un sourire entendu.
« Bon, messieurs, il est temps de prendre une grand bouffée d’adrénaline. »
On se lève et quitte le pub pour se rendre à la plage une fois que tout le monde à récupérer sa planche de surf. Baby doll ? C’est comme ça que j’ai baptisé ma planche. Ils me l’ont offert pour mon départ à Harvard. Elle est bleue marine avec des flammes bleues lagon et rouges. Il y a aussi un symbole ‘peace & love’ quelque part dessus.
On surfe toute la journée. Bon, Greg barbote plus qu’autre chose mais à la fin de la journée il arrive à rester debout sur sa planche pendant au moins cinq secondes d’affiler. Il nous fait rire mais je lui accorde que pour une première fois il est loin d’être mauvais.
On dîne dans le pub de Darko et partage quelques histoires supplémentaires. Et là c’est l’heure du baptême de Greg. « T’étais comme un poisson dans l’eau, mec, » plaisante Doug.
« Ouais, je suis un snowboarder, pas un surfer, » répond Greg en riant. Il se tourne vers moi. « Je ne te voyait pas du tout en surfeuse. »
« Le monde est plein de surprises, » je lui ébouriffe les cheveux.
« Pourquoi pas ‘torpille’ ? Parce que tu tombais de ta planche plus vite que ton ombre, » Brian propose.
« Nan, ça craint, » Cooper ajoute.
« Méduse ? » essaie Lucas.
« Etoile de mer ? » Jeff propose.
Il y a quelques noms d’animaux, on propose même sirène, requin et Poséidon mais après trente minutes personne n’est satisfait.
« Oh, je le tiens, » dit Keenan. Il regarde tout le monde pour l’effet dramatique. « Sushi, » dit il. Il y a un long silence pendant lequel tout le monde pondère sa proposition. « Vous savez, j’ai vu ce film avec mes garçons il n’y a pas si longtemps à propos d’un petit poisson qui a beaucoup à apprendre. Et ça me fait penser à toi Greggo, » il ajoute.
« Je suis partant, » annonce Doug et tout le monde acquiesce, puis on se tourne tous vers Greg attendant son avis.
« Sushi, ça me plait, c’est cool, » dit Greg après un moment, il sourit à pleine dents heureux d’être un membre officiel du gang.
Il y a des cris de joie et des sifflets, on prend un autre verre pour célébrer puis continue à parler un peu, avant de jouer au billard.
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Les trois jours qu’on passe en Californie se ressemblent, ils sont faits de bon temps et dépourvus de soucis quelconques, on se relaxe et on se divertit. On va à des fêtes et passe de bons moments avec mes amis. Les Affaires Internes ont appelé pour nous faire savoir qu’on était clean. Alors malheureusement, il faudra qu’on retourne à Sin City.
Les gars nous amèneront à l’aéroport, donc Greg et moi décidons de profiter de notre dernier coucher de soleil.
« Merci, » dit soudain Greg sans détourner les yeux du spectacle que la nature nous offre. « Pour tout. »
« Je t’en prie. »
« J’aimerai graver ces souvenirs. J’aimerai les capturer dans une bouteille pour ne jamais les oublier. C’étaient les trois jours les plus cool de ma vie. »
Je laisse ses mots prendre tout leur sens puis il me vient une idée. « A vrai dire, il y a quelque chose qu’on pourrait faire pour ça, mais il faut qu’on attende d’être de retour à Vegas, » je lui dis de manière cryptique.
Une fois à l’aéroport les gars nous offrent quelques petits cadeaux avant de nous souhaiter bon voyage en nous faisant promettre de revenir bientôt. Puis on s’en va, direction : Vegas.
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Une fois arrivé j’emmène Greg à la boutique que j’avais en tête et lui révèle mon idée pour immortaliser ces trois jours. Il accepte sans la moindre hésitation.
« Hey ma beauté, » le gérant nous accueille. « Je ne pensais plus te revoir. »
« Ben, en fait je me demandais si ton offre tenait toujours, » je réponds en souriant.
« Et comment, » il dit tout content.
« Est-ce que l’offre est valable pour lui aussi, » je mentionne Greg.
« Bien sûr, allez, dîtes moi ce que vous avez en tête. »
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« Je n’arrive pas à croire que je me suis fait tatoué, » Greg s’exclame alors que je le reconduis chez lui.
« Au moins maintenant on partage quelque chose d’unique, » je réplique. On s’est fait tatoués sur le bras gauche et la seule chose en commun est une bannière avec les mots ‘carpe diem – carpe omni’ dessus, mais c’est tous. Greg à un smiley surfant sur une vague derrière la bannière alors que moi j’ai un soleil brûlant qui sourit.
Une fois qu’on arrive devant chez lui je coupe le moteur pour qu’on puisse se dire au revoir. « Je ne te remercierai jamais assez pour ce voyage. Pour m’avoir purifié les idées, » dit il sérieusement, son affection chaleureuse lui déborde des yeux.
Je lui caresse la joue avec la même attention. « Je t’en prie. Maintenant t’as quelque chose à quoi t’accrocher quand les choses vont mal, » on ricane. Il me prend dans ses bras et me serre contre son cœur, essayant de me transmettre tout l’amour qu’il éprouve et je ne peux faire autrement que de lui retourner le sentiment.
« Merci, » il répète. « C’est l’une des raisons pour lesquelles je t’aime. Tu sais toujours quelle est la meilleure chose à faire. »
« Moi aussi, je t’aime Sushi, » je réponds et on glousse tous les deux avant que le silence ne s’installe à nouveau.
« Je n’ai vraiment pas envie de retourner au boulot. »
« Moi non plus, mais il le faut. »
« Je sais, vaut mieux qu’on essaie de se reposer dans cas, » il ouvre la portière.
« Ouais, on se voit plus tard. Oh et n’oublies pas de prendre soin de ton tatouage. »
« T’en fais pas, à plus tard. »
Et avec ça il rentre chez lui.
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Quand j’arrive chez moi Travis n’est pas là, probablement en train de courir. Je prends une longue douche et me couche. Quand je m’éveille Travis est allongé derrière moi et me tient à lui de façon protectrice.
On parle un peu mais il faut déjà que je me prépare pour le boulot. J’ai pris une grande décision aujourd’hui. Alors pour une fois je vais au boulot le cœur léger. Je vais voir Grissom en premier lieu, et après dix minutes de conversation il est sans voix. Mon prochain arrêt : Greg. Je le trouve assis dans le vestiaire.
« Salut toi. »
« Salut, » il répond avec un grand sourire. Je m’assois près de lui et prends une grande inspiration.
« Je viens de parler à Grissom. Je lui demandé un peu de congé. Alors je voulais te dire moi-même que tu seras seul pendant un moment. »
« Ça craint. Je ne sais pas si je peux m’en sortir, » dit il.
« Bien sûr que tu le peux, t’es doué à ce que tu fais. »
« Ouais, mais je commettrai des erreurs. »
« C’est la seule façon d’apprendre, » je réplique doucement.
Il soupire. « Combien de temps ? »
« Je ne sais pas encore. Deux, trois semaines, peut être plus. Je verrai. »
« T’es sure que tu tiendras aussi longtemps sans travailler ? » il me taquine.
« Bien sûr, vu que tu viendras prendre des petits déjeuners avec moi pour me parler de tes affaires, me demander des conseils et m’exposer tes théories, n’est ce pas ? »
« Et comment ! » dit il avec enthousiasme.
Je me penche et lui embrasse le front tendrement. « Tu t’en sortiras bien tout seul. »
« Tu va me manquer…short stuff, » il réplique.
Je lui attrape instantanément l’oreille et la tord. « Si ça arrive aux oreilles de qui que ce soit d’autre, et je dis bien qui que ce soit, t’es un homme mort et ce n’est pas une métaphore, » je le menace. « Je suis sérieuse, mortellement sérieuse. »
Il hoche la tête et met un cadenas imaginaire sur sa bouche qu’il ferme avant de m’en donner la clef. « Sage décision…Sushi, » je lui dis avant de laisser son oreille et de mettre la clef imaginaire dans ma poche. On garde notre sérieux pendant deux ou trois secondes avant d’éclater de rire.
Je le prends dans mes bras et lui ébouriffe les cheveux. Je me lève et me tourne pour partir. « A plus, » lui dis je.
« Sûr, » il me sourit et me fait un clin d’œil. « Passe de bonnes vacances. »
« Compte sur moi. »
Chapitre 70 : Catherine
Quelqu’un frappe à ma porte doucement. Je considère brièvement à ne pas laisser entrer la personne qui se trouve derrière car j’ai presque finis mon service et je ne veux pas de travail supplémentaire. Ma respiration est coupée quand je vois Sara entrer et fermer la porte derrière elle. Je suis si surprise que j’en lâche presque mon stylo.
« Salut, » dit elle avec un faible sourire. Mon esprit est momentanément indisponible. Elle me regarde nerveusement au vu de mon mutisme. « Je tombe mal ? »
Je secoue la tête pour me sortir de transe. « Non…pas du tout, » je bégaie toujours abasourdie.
Son sourire revient et elle s’avance pour s’asseoir sur l’un des sièges qui me fait face. Je ne saurais pas vraiment l’expliquer mais il y a quelque chose de différent chez elle. Elle a l’air plus détendue, plus sereine. Je ne pense pas l’avoir jamais vue comme ça même quand tout allait bien entre nous. C’est un peu perturbant. Je sais que je n’ai jamais vu la Sara qui me fait face aujourd’hui.
Elle m’avait appelé de Californie, pas très longtemps après avoir appelé Travis. Elle s’est excusée de m’avoir fait faux bon pour notre déjeuner et aussi qu’elle allait bien et que par conséquent je ne devais pas m’en faire. Mais c’est tout. Et là, la voilà et je n’ai pas l’impression de savoir qui elle est et elle n’a même pas encore parlé. C’est flippant.
« Je suis de retour, » elle pointe l’évidence timidement. Elle ricane doucement avant de prendre des grands souffles. « Je voulais te parler. Je veux te parler, » elle annonce et je me contente d’acquiescer. « Pas ici et maintenant bien entendu mais quand tu te sens prête à m’écouter, j’aimerai parler, pour de bon, » dit elle fermement. « J’ai beaucoup pensé dernièrement et j’ai aussi réglé pas mal de choses. Et maintenant, je suis prête à parler, » elle marque une pause pour trouver ses mots. « Je ne dis pas que ça résoudra nécessairement quoique ce soit, mais ça devrait au moins être un pas dans la bonne direction, » une fois encore j’acquiesce de la tête.
Ça y est. C’est le moment que j’ai tant attendu. Le moment où elle m’autorise l’accès à toutes ces choses que j’ignore à son propos. Le moment où j’apprends à connaître la vrai Sara. Cette offre me surprend, elle m’effraie et m’honore tout à la fois. Quelque part c’est typiquement elle, donner tout ou rien.
« Je viens de prendre un peu de congé, donc tu peux venir à n’importe quel moment, dès lors que tu est prête. Tout ce que t’as à faire c’est de frapper à ma porte à tout moment, toute heure du jour ou de la nuit, dit elle avec un sourire chaleureux.
« Ok, » je réponds avec éloquence quand je trouve finalement ma voix. Elle hoche la tête et se lève.
« Bon, je te laisse travailler. A bientôt, je suppose, » elle me sourit. « Dit bonjour à Lindsey de ma part, » puis je la regarde sortir de mon bureau.
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Je suis devant la porte de Sara. Il y a quatre jours elle m’a proposé de parler et me voilà pour accepter son offre. Je sais ce que vous pensez, j’ai attendu ce moment pendant si longtemps et maintenant c’est comme si je traînais les pieds quand j’obtiens enfin ce que je voulais. Ben, c’est que j’ai beaucoup réfléchit. Et si une fois que tout est dit, rien ne change ? Et si au final ce n’était pas la raison pour laquelle on est séparée ? Et si il apparaît qu’on n’est pas faites pour être ensembles ? Vous voyez ? C’est le genre de pensées que j’ai depuis qu’elle est venue dans mon bureau.
Je frappe et attend. A ma grande surprise c’est un Travis torse nu qui m’ouvre. Il m’accueil avec un sourire et se met de côté pour me céder le passage.
« Désolé pour ça, » il fait référence à sa semi nudité.
« Ce n’est rien, » je lui souris. Il est assez beau gosse, très bien défini pour ne dire que ça. Je secoue la tête pour ne pas engager mes pensées sur cette voie. « Est-ce que Sara est là ? »
« Oui, elle est dans la chambre. »
« Oh elle est en train de dormir ? » je demande. « Ne la dérange pas, je reviendrai plus tard, » j’aurais dû appeler avant de venir.
« Non, t’en fais pas, j’étais sur le point de la réveiller de toute façon, » il me rassure. « Je reviens. »
Il va dans la chambre et de là où je suis, je peux tout voir depuis le salon. Il y a la forme endormie de Sara sur le côté droit du lit. Travis monte doucement sur le lit et se positionne derrière elle avant de la prendre dans ses bras. Il lui murmure quelque chose à l’oreille et elle bouge légèrement. Je l’entends gémir et protester quelque chose, mais ensuite il l’informe que je suis là. Elle s’arrête pendant un moment et il lui demande de se lever. Ensuite il se met à chanter un air et à la chatouiller. Elle sort de son état de somnolence, riant à pleins poumons et essayant de s’extirper de la prise de Travis. Finalement, elle le supplie d’arrêter, et sort du lit en le traitant de bourreau sans pour autant cesser de sourire, puis elle va dans la salle de bain.
Je tourne mon attention vers le salon à nouveau. C’est drôle car il n’y a pas si longtemps j’aurais été jalouse de cette démonstration d’affection entre eux. Mais depuis que Travis m’a parlé de lui, je sais qu’il ne s’agit que de ça : de l’affection. Travis réapparaît dans le salon en enfilant une chemise.
« Bon, qu’est ce que tu prendras avec ton petit déj ? Thé, café, chocolat chaud ou autre ? » il demande avec enthousiasme.
« Est-ce que je peux avoir du chocolat chaut et du café ? »
« Ben sûr. »
Je le rejoins du côté cuisine et m’assois sur l’un des tabourets tout en l’observant progresser avec aise dans la cuisine.
« A quoi tu pense ? » il me demande après un moment.
Je commence à répondre avant de ricaner légèrement. « Tu sais, j’étais jalouse de toi, » il me regarde et hoche la tête « Mais maintenant j’ai compris que j’étais seulement jalouse de ton savoir à propos de Sara, » j’admets. Il se contente de me sourire. « Comment est ce que t’as fait pour qu’elle te fasse totalement confiance ? »
Il plisse les yeux et pondère ma question. « Supposons que tu sois une forteresse. Au cœur de cette forteresse il y a ton être mis à nu. C’est toi qui décide qui entre ou pas. Au début c’est simple, tu n’as peur de rien et tu es avide de connaissances. Maintenant, qu’est que t’as fait la première fois que quelqu’un t’as blessé ? »
« J’ai construit un mur, » je réponds. Je ne suis pas sure de comprendre où il veut en venir avec sa métaphore mais je décide de jouer le jeu.
« Exactement. Donc après ça, l’accès était plus restreint, plus sélectif pour les personnes qui désiraient entrer, » il continue et j’hoche la tête. « Tu n’es pas la même personne qu’il y a 20 ans n’est ce pas ? »
« Bien sûr que non. »
« Parce que tu as miné le chemin jusqu’à ta forteresse et construits des murs en conséquence de tes expériences que t’as traversé, avec le bon et le mauvais, à tel point que maintenant ta forteresse est presque parfaite et imprenable, elle te protège de toute forme de souffrance. Maintenant, les seules gens à entrer sont ceux que tu autorise ou ceux qui veulent tellement te connaître qu’ils sont prêts à attendre et donner tout ce qu’ils ont, » il soupire. « Mon point de vue, c’est que c’est la même chose pour tout le monde. Alors tu vois, t’as peut être l’impression que c’était facile pour moi de connaître Sunshine et d’avoir sa confiance parce qu’il y a 15 années d’expérience en moins, mais c’est faux. C’était long, difficile et douloureux, tout comme ça l’est pour toi aujourd’hui. Bien sûr pour toi les murs sont plus épais et plus hauts, mais c’est pareil au final parce qu’elle m’a combattu aussi durement qu’elle le fait pour toi. »
Je procède sa métaphore. Je dois dire qu’il est doué. «Il n’y a pas de moyens faciles, juste une longue route difficile d’accès. Mais la seule chose qui importe c’est de savoir si ça en vaut la peine ou pas, tout en gardant à l’esprit qu’il existe la possibilité d’être déçu à l’arrivée, » il ajoute avant de se remettre à cuisiner, me laissant réfléchir à ce qu’il a dit.
Quand il se retourne vers moi il a fini la cuisine et commence à mettre les couverts. Je lui pose des questions sur ses enfants et il se renseigne sur Lindsey. Puis après un moment son expression s’assombrit avec de l’inquiétude, il ne me regarde plus mais regarde plutôt derrière moi. Il regarde sa montre et fronce les sourcils. « Excuse moi, » dit il avant d’aller devant la porte de la salle de bain.
Il frappe doucement. « Sunshine ? » il appelle. « Est-ce que tout va bien là dedans ? » il demande. « Sunshine ? » il essaie encore une fois. « J’entre, » il annonce avant de disparaître dans la pièce. Je ne bouge pas et leur accorde un peu d’intimité. J’entends des voix étouffées et dix minutes plus tard Travis revient vers moi. Je lui demande silencieusement si tout va bien et il me répond avec un sourire.
Chapitre 71 : Sara
Respire Sara, respire.
Je viens juste d’avoir une légère crise de panique. Je ne pouvais plus bouger. Je réalisais seulement ce qui allait se passer. Je suis sur le point de tout révéler à Catherine, bien qu’elle en ait déjà appris pas mal avec l’affaire des ‘anges déchus’ grâce à Adam, mais là je suis sur le point de tout lui dire. Ce qui signifie que je vais peut être la perdre pour de bon. C’est comme le jour où on se marrie je suppose qu’on réalise que notre vie est sur le point de changer à tout jamais et que peut importe ce qui se passe après, plus rien ne sera jamais pareil.
Respire Sara, respire.
Travis vient de quitter la salle de bain. Il est venu voir si j’allais bien et il m’a rassuré. Je suis vraiment contente qu’il soit là maintenant. Il était inquiet à mon propos. De manière générale il n’aime pas quand je reste seule longtemps dans une salle de bain, excepté si je le préviens que je prends un bain. Après le Jour -J, je comprends son angoisse latente et je ne peux pas vraiment dire que je lui en veux d’être aussi protecteur.
Je regarde mon reflet et prend une grande inspiration. Ça y est, je suis prête.
Je sors de la salle de bain et les rejoins près du comptoir. Ils sont en pleine discussion à propos de leurs enfants respectifs. Je prends une seconde pour contempler le fait qu’ils s’entendent bien, puis je me joins à eux pour qu’on prenne un petit déjeuner. Mon estomac est fermement noué donc je suis plutôt en train de pousser la nourriture dans mon assiette. J’essaie de participer à la conversation, mais ils s’en sortent très bien sans moi.
Je m’enivre jusqu'a en être saoule... Je m’enivre de Catherine. Elle est si expressive, elle fait tellement de petits bruits quand elle exprime ses sentiments c’en est incroyable. Si j’étais aveugle je serais toujours en mesure de dire ce qu’elle ressent à tout moment, les changements de timbres de sa voix, la façon dont elle rit – dieu que j’aime ce son – la manière dont elle parle, dont elle soupire même. C’est un alcool délectable qui vous envois directement aux pays des Merveilles.
Je m’enivre d’elle, m’en intoxique même parce que c’est peut être la dernière fois que j’en ai l’occasion.
Je relève la tête quand je réalise qu’il y a un silence religieux. Travis est en train de me regarder. Il regarde mon assiette, puis me regarde à nouveau. Il arc son sourcil et je sais que je suis sur le point d’avoir des problèmes. Ça veut dire. ‘Sunshine, ne m’oblige pas à te nourrir de force’. C’est ça riez autant que vous le voulez, mais il l’a fait une fois et si je lui en donne l’occasion il le fera encore. Alors je commence à manger gentiment.
Une fois qu’on a finit, Travis annonce qu’il sort avec son cousin pour le reste de la journée. Il dit au revoir à Catherine et je l’accompagne à la porte. Il me fait face et me sourit.
« Je suis à un coup de fil de là, » dit il.
« Je sais. »
« Et à la fin, je serai toujours là. Tu es coincé avec moi, tu te souviens ? » il plaisante puis redevient sérieux. « Tout va bien se passer, » avec ça il m’embrasse le front avec amour et me fait un énorme câlin. Je ferme les yeux au contact et soupire. Je m’accroche à la chaleur de son affection parce que j’en ai besoin. On échange un dernier sourire puis il quitte mon appartement.
Je prends une grande inspiration et retourne dans le salon. Catherine m’attend assise sur le canapé. On est parti pour le grand plongeon.
Je m’assois auprès d’elle et on se scrute silencieusement pendant un moment. Je grave cette image d’elle dans ma tête, elle... tellement belle.
« Salut, » dit elle en souriant.
Je ricane. « Salut, toi. »
« Alors, comment ça va ? »
« Pas trop mal, je suppose. »
Elle fronce les sourcils et me regardes intensément. «Tu as perdu du poids, » elle pointe d’une voix inquiète.
« Je n’ai jamais été douée pour prendre soin de moi, » je réplique en riant nerveusement. « Je vais bien, ne t’en fait pas. Et toi ? Comment ça va ? »
« Pas très bien, » elle répond calmement. « Cette rupture, n’arrête pas de me tuer à chaque seconde, » elle soupire. « Tu m’as dit que tu étais prête à parler et je suis venue aujourd’hui pour voir si l’offre tenait toujours. »
« C’est le cas. »
« Bien. Si tu n’y vois pas d’inconvénient j’aimerai commencer, » elle attend que j’acquiesce avant de continuer. « Comme je l’ai dit, cette rupture me tue. Je ne vais pas tourner autour du pot, je veux qu’on se remette ensemble. Il n’y a aucun doute dans mon esprit à ce propos. Mais, et c’est un grand ‘mais’, je ne veux pas qu’on retombe dans notre ancienne relation. Ce que je veux dire, c’est que je veux que les choses changent, » elle prend un souffle fébrile mais profond. « Si tu ne peux pas faire l’effort de complètement t'ouvrir à moi, d’arrêter de te cacher, alors je ne prendrais pas le risque. Je ne peux pas expérimenter cette souffrance à nouveau. Tu est ma vie Sara et je ne peux pas juste être une partie de la tienne. Je sais que j’en demande beaucoup mais je n’en veux pas moins, je ne peux pas avoir moins. Traite moi de prétentieuse mais je ne pense pas en mérité moins, » dit elle fermement, mais je peux lire l’appréhension sur ses traits.
Elle a peur que je refuse ses termes. Mais je ne le ferais pas, c’est après tout ce dont il est question dans cette conversation. Je vais lui faire entièrement confiance et lui faire voir ma vraie couleur. Je réalise que mon silence joue avec ses nerfs. « Je comprends, » je lui réponds éventuellement.
C’est le moment où je lui dis tout à mon propos. Mais avant, je prends quelque chose dans ma poche. C’est un cadeau qu’elle m’a fait il y a quelques mois de ça. Je le place sur la table, quand elle le voit elle me regarde avec panique.
« C’est ton jeu de clefs, » elle pointe l’évidence.
« Tu voudra sûrement le récupérer d’ici la fin de notre conversation, » je dis simplement. Et si c’est le cas c’est plus facile de cette façon. Au moins comme ça elle n’a pas à me le demander et je n’ai pas à la voir partir avec.
« Sara tu n’as pas à tout me dire maintenant, » elle m’offre une porte de sortie.
« Je crois que si, » je soupire et me lève du canapé pour aller m’asseoir sur le rebord de la fenêtre, mettant ainsi une distance de sécurité entre nous.
Il est temps d’ouvrir la boite de Pandore….