Salut tout le monde, je vous remercie pour tous vos e-mails d'encouragement, ça m'a beaucoup touché, vous êtes adorables ;-)
J'essayerai de ne pas trop traîner pour la suite. Bizoo, So.
Et du Chaos Naîtra la Création…
Troisième Partie
Par SoFrost
Chapitre 19 : Sara
Je suis en train de regarder ma porte.
Cela fait vingt minutes qu’elle est partie et je n’ai pas quitté ma porte des yeux. J’essaye de réaliser ce qu’il vient de se passer.
Je dois admettre que je ne pensais pas qu’elle ferait quoique ce soit. Après tout et à ma grande déception nous ne sommes pas amies. Non, correction, nous n’étions pas amies – yep, nous n’étions pas, parce qu’il semblerait que ce soit sur le point de changer.
Je n’arrive pas à le croire. On se ressemble tellement elle et moi en fin de compte et sur de nombreux points. Par exemple, nous détestons faire preuve de faiblesse. Cela m’a coûté beaucoup de lui parler de mon enfance, tout comme cela lui a coûté de venir ici et d’admettre ses faiblesses. On est quitte maintenant, je suppose. Je n’arrive pas à croire que cela se soit vraiment passé.
Pour la première fois nous n’avons pas joué de petits jeux stupides. Nous avons été sincères et nous même. Wow.
Et ce qu’elle a dit à propose d’être honorée de me connaître. C’était tout simplement…je ne sais pas, mais elle a touché une corde sensible avec ça.
Je peux sentir un sourire se former sur mes lèvres. C’est la fin de quelque chose et le début de quelque chose d’autre, quelque chose de vrai, quelque chose de grand. Je peux le sentir.
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J’arrive en avance au boulot. Quelle surprise. Je suis accroc à mon boulot, et alors ? Allez y, faites moi un procès.
Je plane complètement, je plane avec un sentiment de bien être. Je suis de bonne humeur et pour une fois je n’ai pas l’impression d’avoir un seul souci.
« Salut mon amour, t’es en train de penser à moi là….je peux le dire grâce au sourire béat sur ton visage », je me tourne pour voir Greg essayant vaguement d’être, quoi ? Sexy ? Séduisant ? Ridicule ?
« Oh mon cœur, je ne souris comme ça que lorsque je pense aux différentes façons de te torturer, » je lui réponds avec un grand sourire.
« Rrrr… t’es sauvage, j’adore ça, » il ronronne avec un sourire satisfait, j’y crois pas ça à l’air de l’excité en plus !
« Oui, ben saches que tu termines toujours mort, on ne sait comment et on ne sait où – et je dois sire que c’est mon moment préféré… » mon sourire s’élargit.
« Ouch, t’es cruelle, » il à l’air de quelqu’un qui vient juste de prendre une douche froide.
« Une fille a le droit de rêver, non ? » il a vraiment l’air blessé. « Allez, tu sais bien que je rigole, » je lui ébouriffe ses cheveux hirsutes.
« Ouai, je le savais… » Il hausse les épaules avec un regard de chiot égaré, mais son sourire satisfait refait surface. « Tu rêve de moi éveillé, » je n’arrive pas à croire que je sois tombée dans le panneau. Je vais le tuer !
« Greg, commence à courir…maintenant » mon ton est grave et menaçant.
« Pourquoi ? Tu vas me donner une fessé ? » Il glousse, mais je m’approche de lui pour qu’il puisse voir mon regard meurtrier. De mon côté je peux voir la peur dans ses yeux, j’adore ça. « Allez, Sara, ne me regarde pas comme ça…est ce ma faute si je suis irrésistible ? »
« Cours, » je lui dis à quelques centimètres de lui. J’attends deux secondes avant de lui courir après.
Notre course poursuite se termine dans la salle de repos où on se bat comme des gosses de cinq ans – et juste à titre d’information, j’ai l’avantage. Pour mon plus grand plaisir Greg est aussi sensible qu’une écolière et je suis une chatouilleuse intraitable. Il rit tellement qu’il en tombe par terre. Je le mets face contre terre et lui maintient un bras dans le dos pour mieux le chatouiller sans merci…
« Sara…laisse moi… » Il arrive à dire.
« Implore ma pitié…dis que tu regrettes, » je lui ordonne.
« Dans tes rêves…j’ai ma fierté, » mauvaise réponse.
Il essaye de résister mais je le chatouille plus fort. Il arrive à peine à respirer tellement il rigole et son visage est rouge vif. Je crois qu’il va s’étouffer.
« …Sara !... »
« Hey, qu’est ce qu’il se passe ici ? » une voix texane demande. Je me tourne et voix Nick, Warrick, Sofia et Catherine entrer dans la salle de repos.
« On dirait que Sara a finalement cédée aux avances de Greg, » dit Warrick.
« Oui elle l’a fait…arggh… » Greg crie comme je lui tords un peu le bras.
« La ferme ! » je le réprimande.
« Les mecs, aidez moi, » demande il.
« Désolé Greg, je ne suis pas suicidaire au point de me mettre volontairement entre Sara et sa proie, » dit Warrick en levant les mains en signe de reddition. Un grand sourire se peint sur mes lèvres.
« Dito, » Nick acquiesce.
Oh, ça me plait tout ça. Greg jette un regard désespéré à Sofia.
« Pardon ?…Quelle était la question ? » elle joue le jeu.
« Merci les mecs, vraiment, » Greg grogne. « Catherine, un petit coup de main, je suis trop jeune pour mourir, » il lui lance le regard de chiot abandonné.
« Sara, s’il te plait… » Elle soupire lourdement, elle utilise son ton maternel. Allez, Catherine ne mord pas à l’hameçon. « …Ne t’arrêtes pas pour nous. »
« Ouais, t’as entendu la dame, Sara…attend un peu, quoi ? » Greg couine, ce qui provoque un rire général.
« T’as très bien entendu…personne ne peut rien pour toi, » je ricane. « Maintenant, implore ma pitié…dis que tu désolé, » je répète.
« Admets le, tu adore être sur moi, » répond Greg , je le chatouille de plus belle jusqu’à ce qu’il abandonne. « Ok, ok ! J’abandonne….je suis désolé…laisse moi…pitié. »
C’est qui le boss ? C’est moi.
Je le laisse tranquille et il prend immédiatement ses distances.
« Bon alors, c’était quoi tout ce chahut ? » Warrick demande.
« Sara rêve de moi éveillée, » dit Greg en se cachant derrière Nick et Catherine. Oh, je vais le tuer.
« Correction, je rêvais de le tuer » je souligne le verbe ‘tuer’.
« Dis ce que tu veux mon amour, tu sais que tu me désires, » répond il en m’envoyant un baiser.
« Oh, tu es mort porc-épic ! » dis je avec une voix menaçante, je commence à m’avancer vers lui.
« Tout doux, » Warrick me retient. « Aussi marrant que ce serait de te voir le réduire en miettes, ce n’est pas une bonne idée. »
Greg me tire la langue mais Nick lui frappe la tête.
« Ouch ! » Greg s’exclame, frottant son crâne.
« Oui ben, tu l’as méritée. Et si tu veux revoir la lumière du jour encore une fois commence par utiliser cette chose molle et morte qui s’abrite dans ton crâne et arrête de l’embêter. » Nick le réprimande.
« Merci Nick, » je lui dis.
« Pas de problème soeurette, » il me fait un clin d’œil.
« Ok, la récréation est terminée. Les garçons on a du boulot, alors c’est parti, » dit Catherine . Elle me regarde et me sourit timidement avant de partir.
« Salut tout le monde, » Grissom dit en entrant. « Ce soir je vous veux tous les trois sur un incendie, je serais sur un corps en décomposition alors soyez heureux, c’est parti. »
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« Alors, qu’est ce qu’on a ? » me demande Greg .
« Rien sauf des millions de pièces brûlées, » je lui réponds avec un ton plat.
« Quelque chose ne va pas ? »
« Je t’en veux toujours. »
« Je m’en doutais alors…tiens, » me dit il en m’offrant un mug de café. « Du Blue Hawaiian frais, » il sourit.
« Ok, je te pardonne pour cette fois, » je suis une junkie pour la caféine et son café est le top du top. Quoi ?
Quatre heures plus tard j’ai l’impression qu’on n’a pas avancé d’un centimètre, j’ai besoin d’une pause. Je sors et me dirige dans la salle de repos. Catherine est là en train de prendre son fix de caféine.
« Salut toi, » lui dis je avec enthousiasme.
« Salut. Comment ça se passe ? »
« Incendie. On a un énorme puzzle jusqu’ici. »
« J’adore les puzzles. » elle sourit. « Tu veux manger un bout après notre service ? » elle semble retenir son souffle.
« Oui, ce serait génial. »
C’est notre premier pas dans Amitié Ville.
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« Sidle. »
« Le service est fini… »
« Déjà ? » je suis surprise.
« Ça fait déjà 30 minutes, » Catherine me charrie.
« Oops… » je suis sur le point de lui demander pourquoi elle m’appelle quand je me souvient qu’on avait prévu de se voir. Je me demande comment j’ai pu oublier ça d’abord. « J’ai des petits trucs à finir, »
« Oh, » un seul mot et cependant lourd de déception.
« Mais, pars devant je te rejoins chez toi, » dis oui, je t’en prie.
« Ok, a tout à l’heure alors, » répond elle avant de raccrocher.
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Je frappe à la porte de Catherine environ 45 minutes après son coup de fil.
« Bonjour, » je lui dis avec un grand sourire, « J’ai apporté des fruits, » je lui montre le sachet dans ma main.
« Entre je t’en prie. »
On va dans la cuisine et elle se remet au fourneau pour faire des pancakes.
« Je peux aider ? »
« Oui, assieds toi et détends toi, » me répond elle.
Elle me tend un mug de café et s’assoit en face de moi. On reste silencieuses et on se regarde. Bon, et maintenant ?
Elle rit « Salut, je suis Catherine Willows » elle me tend la main et je la prends.
« Sara Sidle, ravie de te rencontrer, » je soutiens son regard. Je sens de l’électricité me parcourir tout le corps.
On commence à parler boulot pour commencer, c’est le sujet le plus simple et sûr. J’apprends que l’ancienne équipe lui manque et que c’est dur pour elle d’être chef, elle n’a pas l’impression d’être à sa place en tant qu’amie de Nick et Warrick parce qu’en même temps elle doit faire ses preuves. Ensuite elle me demande de lui parler de ma relation avec Lindsey, puis je lui demande comment ça se passe entre elle et Lindsey. Les mots coulent à flot, et ne semblent pas s’arrêter, c’est comme si on essayait de rattraper cinq ans en une heure.
Puis Lindsey rentre à la maison.
« Sara ! »
« Hey, » je lui fais un câlin.
« C’est cool de te voir, » dit elle. « Tu restes pour le déjeuner ? Maman, elle peut rester ? »
« Et bien si elle n’a pas d’autres plans, bien sûr. » répond Catherine.
« Je ne voudrais pas m’imposer. »
« Ne sois pas bête, tu es la bienvenue, » elle me sourit. Si elle commence à me sourire comme ça tout le temps ça va être dur de ne pas baver ouvertement devant elle.
« Bon, d’accord. »
On déjeune tout en continuant de parler. On s’amuse bien je dois dire. C’est beaucoup plus simple que je ne l’aurais cru.
« Bon je dois y aller, » j’annonce en retenant un bâillement.
« Ok, » dit Catherine.
Elle me raccompagne à la porte. Je l’ouvre et me tourne vers elle à nouveau. On se fixe, incertaines de ce qu’il faut faire. Elle se balance légèrement d’un pied sur l’autre. Je ris un peu et la prend dans mes bras. Elle se laisse aller presque sans hésiter.
Ça doit être le câlin le plus maladroit de toute l’histoire mais c’est le notre, et en ce qui me concerne il est parfait. Je lui baise le front – de puis la première fois où je l’ai fait je suis accroc. Je laisse mes lèvres s’attarder un peu, comme toujours et puis je lui souris elle me sourit en retour et ensuite je la quitte.
« A plus tard, au boulot. »
Et c’est ainsi que notre amitié a commencé.
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Quatre mois. Quatre mois de petits déjeuners et déjeuners chez Catherine. Je ne vais pas mentir on a eu un ou deux disputes – elles n’étaient pas sans douleur, mais c’était un jeu d’enfant comparé à celles qu’on a pu avoir dans le passé. Ça c’est pour ce qui est du bon côté. Maintenant le seul mauvais côté c’est que je suis de plus en plus amoureuse de cette femme. Et quelque part c’est dur de voir tout ce que je pourrai avoir sans vraiment l’avoir pour autant. Mais je me contente de ce que j’ai et je ne l’échangerai contre rien au monde.
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« Ok, première règle : on ne s’éloigne pas trop les uns des autres, » j’annonce à Greg et Sofia.
Notre affaire nous a mené dans une sorte de grotte souterraine. Il n’y a rien que de la roche et une fine couche d’eau à nos pieds.
Il y a différents tunnels qui nous emmènent dieu sait où, on est à peu près cinquante mètres sous terre. Il y a des pompiers à la surface qui tiennent notre corde. Le fait est que Sofia, Greg et moi étions les seuls à passer dans le trou d’entrée, par conséquent on ne peut pas avoir beaucoup d’aide. Le trou forme un halo, c’est la seule source de lumière hormis celle de nos lape torches et de nos casques. On doit composer avec un système de poulie pour les preuves. Une fois qu’on tire deux fois sur la corde, les gars là-haut remonte les boites destinées pour les preuves. Alors il y a beaucoup de corde de notre côté, elle serpente à nos pieds et un peu plus loin il y a deux boites vides supplémentaire pour les preuves.
« Bon, quel est le plan ? » demande Greg.
« Je pense qu’on devrait prendre un tunnel chacun, » dit Sofia.
« Je suis d’accord, mais on ne devrait pas faire plus de 20 mètres pour le moment. On ne connaît pas cet endroit et on est seuls pour assurer nos arrières, » je réponds.
« Ok, c’est parti, » annonce Greg.
« Oh, une dernière chose. Ça risque de nous prendre du temps alors je veux un contrôle de position toutes les cinq minutes avec les talkies-walkies » j’ajoute, et sur ce nous nous séparons.
Cela fait presque deux heures maintenant et nous n’avons toujours rien. Le tunnel de Sofia s’est avéré être un cul de sac alors elle m’a rejoins il y a une heure. Je pense qu’on est a peu près à 60 mètres de notre point de départ. Si seulement on savait ce qu’on cherchait ça pourrait nous être utile. On progresse lentement, il s’agit d’être minutieux, et nous nous enfonçons toujours plus loin.
« Greg ? »
« Oui ? »
« Décrit ta position, s’il te plait, » je lui demande.
« Je suis debout. »
« Ah, ah, très malin. Sois sérieux une minute, » je ricane.
« Je suis à environ 100 mètres du point de départ. Il n’y a toujours rien de mon côté à part de la roche et de l’eau. Quelle est ta position ? »
« On est à 150 mètres de l’entrée. On a peut être trouvé quelque chose. »
« Ok…hey Sara tu veux connaître ma position préféré ? » il dit suggestif.
« La ferme. Terminé » je réponds. Sofia roule ses yeux et on rigole ensemble.
Je crois qu’on a trouvé du sang. On a pris des photos et des échantillons. Et tout ça après seulement six heures de travail…haut les cœurs.
Je retourne au point de départ pour déposer ce que j’ai trouver dans une des boites et tire sur la corde de façon à ce que les pompiers la remontent. Une fois que je suis sûre que la boite est arrivée à destination je retourne auprès de Sofia. On est plus loin qu’il y a dix minutes. Le truc avec ces tunnels c’est qu’ils serpentent et que la surface est en relief donc chaque mètre demande beaucoup d’effort. C’est un endroit assez flippant mais en même temps très paisible.
Tout à coup on entend un grondement assourdissant et la grotte tremble légèrement. Wow, pas cool du tout.
« Les filles, ça va ? » demande Greg avec urgence.
Je me tourne vers Sofia qui a l’air d’aller « Oui, et toi ? »
« Je pense que oui, c’était quoi ça ? »
« Qu’est ce que j’en sais ? »
« Ok, terminé. »
« Euh Sara, » la voix de Sofia m’interpelle.
« Oui ? »
« T’entends ça ? »
« Quoi ? »
« Shhh… » elle me dit en levant un doigt devant moi. Je tends l’oreille mais il n’y a rien. Non, attendez, je peux entendre un léger grondement. Sofia me regarde « Ça »
On attend une minute en silence et….oh mon dieu, c’est comme si ce bruit fonçait sur nous comme un train à grande vitesse. Je regarde Sofia et la même idée nous traverse l’esprit. On doit sortir d’ici et vite.
« Greg, laisse tomber tout ce que tu es en train de faire et dirige toi vers la sortie, tout de suite » je dis fermement.
« Pourquoi ? »
« Parce que je te le dis, ne discute pas ok! » mon ton est sec et urgent.
« Ok, donne moi juste une minute j’ai quelque chose. »
Le bruit continue de se rapprocher et je sans la grotte trembler à nouveau. Sofia et moi commençons à nous diriger vers la sortie. Bon sang je ne pensais pas qu’on était allé si loin, de petites pierres nous tombe dessus mais heureusement que nous avons nos casques.
« Greg on n’a pas le temps de discuter, laisse tomber ce que tu es en train de faire et obéis ok !! » je lui cire presque dessus.
« Ok, relax, y a pas le feu. »
Je suis sur le point de répondre mais il y a un autre grondement, beaucoup plus bruyant que le premier. Merde.
« T’as entendu ça ? » Greg me demande.
« Oui, c’est pour ça que je veux que tu… »
« Merde…. » Greg s’exclame.
« Quoi ? Qu’est ce qui se passe ? » je demande avec panique.
« Il y a une énorme fuite. »
« Sara, l’eau est en train de monter, » Sofia m’annonce de l’autre côté.
Ok, pas de panique, tout est sous contrôle on est presque arrivé à la sortie.
« Greg, ramène tes fesses tout de suite !!»
« J’adore quand tu me parles avec autorité mon cœur. »
Il n’est pas croyable. Il plaisante alors qu’on est dans une position plutôt dangereuse.
Sofia et moi pouvons voir le halo de lumière, un autre grondement résonne contre les parois. Puis soudain il y a ce bruit, le bruit particulier de quelque chose sous pression en train de s’échapper. Merde. Il y a une grosse vague d’eau qui nous arrive dessus. Le niveau d’eau commence à monter incroyablement vite, en moins de deux minutes il passe de nos chevilles à nos hanches et il est loin d’arrêter sa progression.
« Greg, où est tu bon sang ?!! »
« Je surf sur la vague…encore dix mètres et je suis là. »
« Actives toi !! » je ne suis pas d’humeur pour plaisanter.
Sofia s’harnache à la corde pour commencer à grimper, je l’imite. Greg apparaît, à moitié en marchand, à moitié en nageant, maintenant ses bras hors de l’eau avec ses sachets de preuves.
« C’est pas trop tôt ! » je le réprimande. « Ok mets ça dans la boite et attaches la derrière toi. On s’en va. »
Sofia commence à grimper à la paroi, je suis juste derrière elle. Greg est toujours en train de sécuriser ses preuves et l’eau est toujours en train de monter. Il y a un nouveau grondement et sans le moindre avertissement une grosse vague s’écrase sur nous, mais elle est assez violente pour me pousser Sofia et moi contre la paroi. Je me cogne la tête sur la roche avec violence. Ouch. Il me faut quelques secondes pour reprendre mes esprits je sens un liquide chaud me couler sur le visage. Génial.
« Les filles…argh…je suis… »
Je regarde en bas je ne vois pas Greg, c’est quoi le buzz ? La corde est très tendue dans sa direction, mais il n’est pas visible. Puis sa tête sort de l’eau. Oh merde, merde, merde…
« Greg ! »
« Greg ! » Sofia et moi crions. Greg continuons de faire des sauts hors de l’eau puis disparaît.
« Greg à quoi tu joues ? » je le réprimande.
« Mon pied est coincé dans la corde… » sa tête repasse sous l’eau de nouveau. Puis il refait surface. « Je peux pas me défaire… »
Le torrent d’eau le tire vers le bas. Ok, réfléchis, réfléchis, réfléchis…Greg continue de refaire surface et de disparaître toutes les trois secondes, mais le niveau de l’eau continue de monter alors bientôt la corde l’empêchera d’atteindre la surface. D’un autre côté, plus la corde se tend et moins Sofia et moi avons de prise sur la paroi pour remonter. Sofia demande aux pompiers de tirer la corde et ils s’exécutent.
« Arrgh… » Greg s’écrit « Arrêtez de tirer….Arrêtez… » il est à nouveau sous l’eau. « Vous allez me casser le pied… » il arrive à rester à la surface un peu plus longtemps puis replonge.
Sofia demande alors aux pompiers d’arrêter. Ok, ok et maintenant ? Le plan A est passé à la trappe, quel est le plan B ? Réfléchis, réfléchis, j’ai besoin de réfléchir, et il faut que je le fasse rapidement. Mon cœur bât trop fort et je ne semble pas trouver une seule idée. Ok, il faut que je trie les priorités. D’abord : l’oxygène. Je regarde Sofia.
« Il va manquer d’oxygène, » je sort mon couteau suisse et elle comprend tout de suite mes intentions.
« Tenez bon, je suis retour en un éclair avec une nouvelle corde, » dit elle, j’acquiesce de la tête, on essaye de ne pas montrer à quel point nous sommes paniquées mais la peur nous dépasse.
Elle essaye de prendre une bonne prise contre la paroi. Je lui tends le couteau et descends un peu.
« Les filles… » Greg nous appelle essayant désespérément de rester à la surface.
« Accroche toi, j’arrive, » je lui crie.
« T’es prête ? » Sofia me demande.
« Ok, vas y, » je m’accroche à la corde comme si ma vie en dépendait.
Elle coupe la corde et je tombe dans l’eau agitée. Je me sers de la corde pour atteindre Greg. Maintenant il arrive à peine à maintenir la tête hors de l’eau. Je le prends dans mes bras pour maintenir son visage à la surface. C’est difficile vu qu’il faut aussi que je m’agrippe à la paroi pour ne pas dérivée avec le courant. Il y a quelque chose qui le tire vers le fond, mais j’ignore quoi. Attendez….la boite avec les preuves…de mieux en mieux.
« Sara…ne me laisse pas…je t’en prie…je ne veux pas partir comme ça… » il y a de la panique dans sa voix, il a l’air d’un petit garçon apeuré. J’ai peur à en mourir.
« Je te tiens, fais moi confiance ok ? On va te sortir de là. Je te le promets, je ne te laisserai pas partir, » je suis au bord des larmes mais j’essaye de ne pas le montrer. J’ai tellement peur que je ne ressens rien d’autre, même pas l’eau gelée qui est en train de littéralement me glacer les os.
L’eau est sur le point de lui recouvrir tout le visage. Réfléchis, réfléchis, réfléchis, réfléchis…
« Prends une grande inspiration, » je lui dis rapidement.
« Sara… Sar… » il hyperventile.
« Prends une grande inspiration, s’il te plait »
Il s’exécute, puis le niveau de l’eau devient trop élevé pour qu’il puisse revenir à la surface. Je prends une grande inspiration à mon tour et plonge. Je lui pince le nez et lui souffle de l’oxygène dans la bouche. Je recommence les mêmes gestes encore et encore toutes les cinq secondes. Où est Sofia bordel ?
Je souhaiterais pouvoir arrêter la montée de l’eau, je souhaiterais….j’en sais rien. Ne craque pas maintenant Sidle, pas maintenant !
En parlant du loup…je vois une nouvelle corde tomber contre la paroi. Je crie à Sofia de prendre le couteau avec elle, elle me rejoint vite. Je continue de plonger régulièrement pour fournir de l’oxygène à Greg. Sofia arrive à notre niveau.
« Son pied est coincé dans la corde et la boite est en train de l’attirer vers le fond » je dois crier pour qu’elle m’entende au dessus des flots assourdissants. Je plonge et souffle de l’oxygène dans la bouche de Greg. « Continues à lui donner de l’oxygène pendant que j’essaye de couper la corde, » je lui cire. Elle acquiesce de la tête et prend ma place auprès de Greg.
Je plonge plus profondément, en essayant d’attraper la corde lâche. Je ne vois rien bon sang !! Je remonte à la surface.
« Harnache Greg avec toi qu’il ne dérive pas, » je demande à Sofia, elle s’exécute pendant que je donne de l’oxygène à Greg. Une fois qu’il est attaché je m’attache à la nouvelle corde avant de plonger de nouveau.
Cette fois ci je me guide à l’aide du corps de Greg. J’attrape sa jambe et descends jusqu’à sa cheville. J’essaye de couper la corde, mais cette foutue chose ne veux pas céder ! Je dois remonter à la surface reprendre mon souffle avant de replonger. Il me faut cinq essaies avant d’y arriver et le corps de Greg remonte enfin à la surface.
On est remontés par les pompiers, comme l’eau a beaucoup montée on n’est pas très loin de la sortie.
Aussitôt qu’on est sur la terre ferme secours prennent Greg en charge. Sofia et moi sommes à court de souffle, allongées par terre. Ma tête tourne un peu à cause du maque d’oxygène combiné à mon coup à la tête.
« Sofia, ça va ? »
« Ouais, t’en fais pas. »
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Les secours nous emmènent à l’hôpital avec Greg. Sofia a quelques égratignures sur son visage et des coupures sur ses bras, en ce qui me concerne, j’ai une bosse sur la tête, et quelques coupures un peu partout sur les bras et mains mais de manière général il y a plus de peur que de mal en ce qui nous concerne.
Greg ? C’est une autre histoire. La dernière fois que je l’ai vu il était inconscient, je suis inquiète et l’adrénaline est en train de me faire trembler.
Catherine et Grissom sont aussi à l’hôpital. Je peux comprendre pourquoi Grissom est là mais Catherine – non pas que je m’en plaigne….mais c’est juste…étrange. Grissom s’est penché sur moi pour savoir si j’allais bien et maintenant il est parti voir Sofia.
« Sara ! » dit Catherine avec une voix tremblante. « Est ce que ça va ? »
« Oui… » je lui réponds de manière absente.
« T’en es sûre ? » elle a l’air vraiment concernée et elle est un peu pâle. On est amie et je comprends sa réaction mais je n’ai pas vraiment envie d’être maternée pour le moment.
Je veux juste savoir comment va Greg.
« Oui, ne t’en fais pas, je vais bien, » mon ton n’est pas très amical mais je ne me contrôle pas.
« Ta temple saigne….Sara, tu trembles, » dit elle, elle tend la main pour me toucher mais je recule.
« Je vais bien Catherine » je vois bien en flash de peine dans ses yeux, mais elle détourne son regard. « Je dois aller voir comment Greg se porte, » je la plante là au milieu de l’hôpital.
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Greg avait un peu d’eau dans les poumons et ses poumons étaient légèrement meurtris à cause du manque d’oxygène. Il a une petite entorse à la cheville. Il y a une marque rouge là où la corde lui serrait le pied. Mais à part ça il va bien et j’en suis reconnaissante, je me sens si soulagée.
Greg est assis sur un lit avec un masque d’oxygène sur le visage lorsque Sofia et moi entons.
« Hey les filles, » il dit avec une petite voix.
« Hey champion, » je réponds.
« Ça va ? » lui demande Sofia.
« Oui…. »
« Tu nous as fait une belle frayeur là bas, » elle continue.
Il retire son masque. « A vrai dire en ce qui me concerne je m’éclatais bien… » il commence. Sofia et moi on se regarde avec étonnement, le manque d’oxygène lui a peut être endommagé le cerceau. « Allez quoi, j’ai passé dix minutes à embrasser non pas une mais deux jolies filles, et le les ai laissées mouillées, tremblantes et criants mon nom, » son sourire satisfait est de retour. « Alors…heureuses ? » il remue ses sourcils avec un regard très suggestif.
« T’es incroyable, » je lui dis avec exaspération alors que Sofia roule ses yeux.
« Vous voyez, c’est ce que je veux dire. Je suis le dieu de l’Amour » dit il avec une voix chaude.
« J’abandonne, » dit Sofia en ricanant. Elle lui tapote l’épaule et sort de la pièce « Je t’attends dehors Sara. Rétablis toi vite Sanders. »
« Hey, attends, » Greg la rappelle. « Merci, » son ton est sobre et sérieux.
« Prend soin de toi, » lui répond elle avec un sourire et un clin d’œil puis elle sort de la pièce.
Je me tourne vers Greg et il a le regard vague.
« Greg ? » je l’appelle doucement.
Il se tourne vers moi et me regarde intensément. C’est la première fois que je vois ce côté de lui. Il a l’air d’un petit garçon terrifié mais en même temps d’un homme forts, c’est un peu effrayant.
Il me prend la main et l’embrasse. puis il commence à me caresser la joue avec son pouce. Il me regarde droit dans les yeux, avec un regard pénétrant et intense, il respire un grand coup.
« Je t’aime Sara »
« Greg, je t’en prie… » je le supplie je ne veux pas qu’il fasse ça.
« Non laisse moi finir » il me serre un peu la main. « J’ai bien cru que j’allais mourir là bas. T’es restée avec moi et tu m’as sorti de là. Tu as tenu parole. Je t’en serai à jamais reconnaissant pour ça. Je sais qu’il n’y a rien de plus que de l’amitié entre nous et je t’aime comme un ami. Mais je suis aussi amoureux de toi. Je t’aime. je voulais juste que tu le saches. Avant aujourd’hui je n’aurais jamais eu le courage de te le dire, mais là je me rends compte que même si tu ne ressens pas la même chose pour moi ce n’est pas la fin du monde. Tout ce qui compte pour moi c’est que tu saches ce que je ressente. Je t’aime Sara Sidle, de tout mon cœur. »
« Tu m’as foutu la peur de ma vie, » je lui dis en lui caressant la joue gentiment avec mon autre main. Je me penche un peu et lui donne un vrai baiser. Je goûte à ses lèvres puis nos langues s’enlacent pendant un moment. Je lui suce légèrement la lèvre inférieure puis laisse mes lèvres s’attarder sur les siennes un peu plus longtemps. Puis je me retire et laisse mon front se reposer sur le sien, je lui caresse la joue à nouveau. Il à l’air heureux. Je le nierai jusqu’à mon dernier souffle si on me le demande mais j’ai vraiment apprécié ce baiser. « Je t’aime aussi Greg Sanders. »
On laisse le silence nous entouré pour mieux graver ce moment dans nos cœurs et nos mémoires.
« Je peux mourir heureux maintenant, » il m’envoie un sourire amoureux.
« Va pas te faire de fausses idées… » je le préviens.
« Je sais on est juste amis, » je sais qu’il est sérieux.
On partage cette étrange intimité pendant un moment.
« Il faut que j’y aille, » je brise l’instant.
« Ok »
« Au fait, la prochaine fois que je te demande de rappliquer, t’as intérêt à bouger ton cul aussi vite que la lumière ou je t’écorcherai vif. »
« Oui, mais tu parles d’une façon de mourir… » il me sourit l’air moqueur mais je ne le suis pas et je lui lance un regard noir. Je ne suis pas prête à plaisanter avec ça tout de suite. « Je te le promets, » il me dit sérieusement.
Il me prend délicatement le visage et me dépose un doux baiser sur mes lèvres. Je crois qu’il sait qu’il n’aura pas cette chance deux fois dans sa vie alors il en profite. Je pense aussi qu’il essaye de me faire voire ce à côté de quoi je suis en train de passer. C’est vraiment dommage que je ne retourne pas son amour, mais mon cœur est déjà pris. Si ça n’avait pas été le cas je serais sûrement avec lui à l’heure qu’il est. « Merci, » me dit il avec un air grave et sérieux.
Nous savons tous les deux qu’il ne parle pas seulement de l’incident dans la grotte. Je lui souris puis je le laisse.
xxxxx
Je rejoins Sofia dans le couloir. On nous reconduit à la grotte pour qu’on récupère notre voiture.
Quelle nuit. J’ai presque perdu Greg. Je l’aime vraiment. Mais je n’en suis pas amoureuse. Je l’aime. C’est l’ami sur lequel je peux toujours compter, celui qui me fait rire quand tout est terne, il sait être sérieux aussi, il est cet ennuyeux petit frère dont vous ne pouvez pas vous passer. J’ai vraiment eu peur de le perdre.
On rentre au labo et Grissom nous renvoie chez nous, puis quelque chose ma frappe. Catherine. Bon sang j’ai été une véritable abruti.
Je me rends chez elle pour m’excuser.
Chapitre 20 : Catherine
Je suis en train de faire les cent pas dans mon salon. Je n’ai pas arrêté depuis un bon moment maintenant. Je n’arrive pas à penser, mon cerveau est comme engourdi. Mais il y a quelque chose ne va pas je ne me sens pas bien, je suis perturbée. Pourquoi ? Je n’en aucune idée puisque je n’arrive pas à penser. Je ne suis pas en mesure de formuler une pensée cohérente.
On sonne à ma porte. J’ouvre seulement pour me retrouver face à une Sara plutôt nerveuse. Je sens la rage m’envahir à nouveau.
« Cath… » elle commence « Je suis désolée pour tout à l’heure…tu étais inquiète pour moi et je t’ai envoyée paître.»
« Ça pour m’envoyer paître tu m’as envoyer paître, » mon ton est froid autant que mon regard. Je la regarde lutter avec ses pensées. La culpabilité est visible sur ses traits, si elle pense que je vais être coulante elle se plante.
« J’étais toujours sous le choc et j’étais inquiète pour Greg… ce n’est pas un excuse je sais et j’en suis désolée. »
Pourquoi est ce que je suis au bords des larmes ? Pourquoi est ce que j’ai l’impression que quelqu'un est en train de me serrer le cœur ? ‘Tu sais très bien pourquoi…’ Je n’arrive pas à trouver la volonté de lui pardonner, je ne sais pas pourquoi parce que je comprends tout à fait sa réaction, mais je ne peux pas lui pardonner.
« Ok, » je lui réponds. Je ne l’invite pas à entrer et on continue à se regarder pendant un moment, un moment plutôt inconfortable.
« Je…je dois retourner chercher Greg à l’hôpital, » elle dit « On se voit ce soir, » elle me sourit faiblement et se tourne pour partir.
Je ferme la porte et je suis encore plus énervée que je ne l’étais avant de l’ouvrir.
Ok, essayons d’analyser ce qu’il vient de se passer. On vient juste de faire un grand pas en arrière. Comment je le sais ? C’est très simple, pendant les quatre derniers mois Sara est venue ici presque tous les jours pour partager le petit déjeuner ou le déjeuner avec Lindsey et moi. Lorsque Lindsey dort chez Nancy, Sara et moi restons ensembles et on passe notre temps à parler pendant des heures. Elle est même restée dormir sur mon canapé une fois ou deux. Elle prend soin de Lindsey et mon bébé n’a jamais été aussi heureuse depuis la mort d’Eddie. Quatre mois durant lesquels elle a été comme un membre de cette famille. Je sais de source sure qu’elle voit Nancy de manière régulière. Elle aide Lindsey sur le plan scolaire et pour finir notre relation ne s’est jamais aussi bien portée nous avons une amitié solide.
Ou tout du moins c’est ce que je croyais. Parce que maintenant je sais qu’elle n’a pas été totalement honnête avec moi, et non je ne suis pas parano. Oui, elle m’a cachée des choses. Et dire que je pensais qu’il n’y avait plus de barrières entre nous. Tu parles d’une blague !
Le pire dans tout ça, c’est que si ça n’avait pas été par chance – si on peut appeler ça de la chance, je ne l’aurais jamais su. Je n’aurais jamais su qu’elle était amoureuse de Greg.
Je suis tellement hors de moi. Parce que le ‘dossier Greg’ a été abordé plusieurs fois et à chaque fois c’était la même chose, elle a joué l’innocente. Elle a fait l’innocente ! ‘Oh je l’aime bien, comme un petit frère un peu lourd,’ ou ‘parfois j’ai envie de le frapper quand il flirt avec moi’ et j’en passe et des meilleures. Je n’arrive pas à croire qu’elle m’ait menti. Et c’est ce qui m’énerve le plus. Parce que je pensais qu’on était au dessus de tout ça. Je pensais qu’on était amies et qu’on ne se faisait pas de secret. C’est tout. Je m’en fiche complètement si elle aime Greg, vraiment je suis juste énervée qu’elle ne me l’ai pas dit.
‘Mais bien sûr, et qui est ce que tu crois berner là ?’ Il y a encore cette petite voix dans ma tête. Dernièrement cette voix n’a pas arrêté de m’ennuyer, d’essayer de me dire quelque chose mais je ne l’écoute pas. ‘Et c’est bien dommage,’ Silence ! ‘Comme tu voudras, continues d’ignorer l’éléphant dans le coin de la pièce, il ne s’en ira pas de toute façon, alors quand tu auras envie de grandir un peu…’ J’ai dit la ferme !
Qu’est ce que je disais ? Ah oui, Sara et moi venons de faire un pas en arrière. Premièrement parce qu’elle m’a menti et ensuite il y a le fait que c’était le plus froid des échanges que nous avons eu depuis des mois. Oh bien sûr nous nous sommes disputées une fois ou deux, mais c’était insignifiant. Mais là, c’est comme si nous étions de retour à notre ancienne relation.
Il y a aussi le détail ‘câlin’. A chaque fois qu’elle vient à la maison même si elle ne reste qu’une minute elle termine toujours sa visite par un câlin et un baiser sur mon front. C’est un contact intense – et je dois avouer que j’y suis complètement accroc. Mais elle le fait toujours. Toujours. Peu importe si on s’est disputée ou pas, il y a toujours un câlin et un baiser sur mon front à la fin. Toujours, en tout cas jusqu’à aujourd’hui.
Je vais attendre et voir, peut être qu’elle me dira tout. Je lui laisse une chance mais si elle ne la saisit pas alors elle en paiera les conséquences.
xxxxx
Deux semaines. Deux semaines entières. DEUX FICHUES SEMAINES !!
Deux semaines se sont écoulées et elle ne m’a toujours rien dit. Mais vu la façon dont elle se comporte avec lui je sais que quelque chose a changé. Ils sont plus tactiles, et ils flirtent ouvertement tout le temps et j’en passe. Deux semaines qu’elle prétend qu’il n’y a rien entre eux lorsqu’elle est avec moi. Pendant ces deux dernières semaines c’était plutôt tendu lorsqu’elle était à la maison. En général on finit le petit déjeuner, puis je m’énerve tant et si bien qu’on arrive rarement jusqu’au déjeuner.
Je suis arrivée au boulot un peu plus tôt pour essayer d’avancer un peu sur mon affaire étant donné qu’on a une nouvelle piste. Je me dirige vers les vestiaires pour trouver ‘mes garçons’ parce qu’ils sont en retard. Quand j’arrive j’entend quelqu’un parler à l’intérieur.
« …est ce que tu l’as dit à quelqu’un ? » la première voix demande et si je ne me trompe pas c’est celle de Greg. Ne me demandez pas pourquoi mais je reste dans mon coin sans annoncer ma présence.
« Bien sûr que non… » Sara…j’aurais dû m’en douter.
« …je ne veux pas que ça se sache. »
« Je n’ai jamais eu l’intention de le dire, ça ne m’a même pas traversé l’esprit, » ben au moins je suis fixée. Sara, ma chère amie, je pense qu’il faut qu’on parle.
« J’ai pas arrêté de penser à hier soir…je suis désolé…j’étais… » Greg s’interrompt. Intéressant.
« Hey, tout va bien. Je ne pense pas moins de toi à cause de ça. T’es génial, n’en doute pas. Ce sont des choses qui arrivent et c’est naturel de se sentir comme ça. Ne t’en fais pas ok ? » pitié ne me dites pas qu’ils sont en train de parler de ce à quoi je pense.
« Merci…il faudra qu’on réessaye. »
« Greg, il n’y a pas d’urgence, si tu ne te sens pas prêt tu n’as pas à… »
« Je sais…mais j’en ai besoin…si je ne le fais pas, je ressentirai toujours la même chose quand on refera une telle chose… »
« Je comprends…mais si tu ne le sens pas, on arrête là. »
« Ok »
Je crois que je vais vomir ! Ils ne sont pas croyables, elle n’est pas croyable. Ils ont déjà…non, non, je ne veux même pas y penser.
« Je t’attends dans la voiture, » lui dit elle. Greg reste sur le banc.
« Hey Sara, merci d’avoir écouté, » elle lui ébouriffe les cheveux gentiment et lui embrasse la tête. Mon dieu, je vais vraiment vomir !
« C’est pour ça que je suis là, » elle lui répond avant de se diriger vers la sortie. Je sors avant qu’elle ne remarque ma présence et fais semblant d’arriver.
« Hey Cath, » elle me dit avec enthousiasme. J’ai envie de lui arracher son sourire.
« Sara, » je lui réponds froidement, elle me regarde un peu déroutée mais ne dit rien, puis elle passe son chemin.
Je la déteste...
xxxxx
Le service passe mais ma rage demeure, elle s’est même décuplée.
Je vais dans les vestiaires pour me changer et bien entendu elle est là, ça doit être mon jour de chance. Je vais directement à mon casier et l’ouvre violemment. Elle me regarde et attend que je me décide à lui porter un peu d’attention mais je l’ignore volontairement. Elle soupire.
« Est-ce que tout va bien ? » demande elle, je ricane sèchement.
« Yep, tout va comme sur des roulettes, » je lui dit sur un ton plutôt agressif.
« On dirait, » répond elle avec sarcasme. Elle soupire à nouveau. « Je dois donner quelque chose à Lindsey, » pourquoi est ce qu’elle me dit ça ? « Si tu ne veux pas que je passe dis le moi, » ajoute elle d’un ton plat et légèrement énervé.
« Tu lui as dit que tu passerais alors n’annule pas pour moi. »
« Cath s’il y a… »
« Peu importe, à plus tard, » je claque la porte de mon casier et sors sans même la regarder.
Je n’agis pas comme une personne raisonnable, mature et adulte, et alors ? Lâchez moi les baskets ok ?!
xxxxx
Je vais ouvrir et Sara est dehors. Je laisse la porte ouverte mais ne l’accueil pas. Il lui faut une minute pour se décider à entrer. Elle ferme la porte derrière elle et me rejoint dans la cuisine. Elle dépose un livre sur le comptoir. Elle reste là et regarde mon dos. Une fois encore elle attend que je lui accorde mon attention mais une fois encore je n’en fais rien. Lindsey est en train de prendre un bain, je lui conseille de ne pas trop tarder si on veut éviter l’apocalypse. Sara soupire, ça a un air de déjà vu.
« Ok, ça suffit. Dis moi ce qu’il se passe, » me demande elle avec une voix calme.
« Rien. »
« Qu’est ce qu’il se passe ? » elle répète.
« Rien, » je répète. Je me tourne vers elle et soutien son regard.
« Purée…est ce que tu pourrais arrêter de te comporter comme une gamine de cinq ans et me dire ce qu’il se passe ?! » demande elle avec exaspération mais sa voix reste calme. Cela dit, elle n’aurait pas du dire ça parce que maintenant je suis encore plus énervée que je ne l’étais déjà.
« Oh, c’est moi qui suis immature hein ? Je ne sais pas ce qu’il se passe, à toi de me le dire, » je hausse légèrement le ton.
« Ce que tu dis n’a aucun sens Catherine, » répond elle. C’est officiel elle vient de tracer une limite en m’appelant par mon prénom complet.
« Ah oui ? » je la regarder avec colère. Je vois qu’elle ne comprend toujours pas. « Dis moi, mon amie y a-t-il quelque chose dont tu voudrais me faire part ? »
Elle soupire. « Tu ne veux toujours pas me parler, très bien, mais je ne vais pas jouer ce petit jeu là avec toi. »
« Vraiment ? » je ricane. « Tu veux dire que tu as toujours été honnête avec moi ? » elle me regarde avec un mélange de surprise et de peine puis la colère prend le dessus.
« Je ne t’ai jamais menti ! » elle crache.
« Peut être, comment pourrais je le savoir ? »
« Qu’est ce que ça veut dire ? C’est quoi ton problème ? » elle est en train de se moquer de moi là.
« Mon problème ? Quel est mon problème ? » je marque une pause. « T’es incroyable ! » je lui crie.
« Pourquoi est ce que tu fais ça ? » dit elle doucement. Je déteste quand elle fait ça, parler doucement alors que je crie, ça me fait passer pour une idiote et ça me déstabilise pendant quelques secondes.
« Je fais quoi ? »
« Ça. Tu sais, ce truc ‘si tu ne sais pas ce qui cloche ce n’est pas moi qui vais te le dire’. »
« Tu plaisantes là ? Tu sais quoi ? J’arrêterai de jouer quand tu te décideras à en faire de même. »
« Quoi ?....Mais je ne… » elle commence à élever la voix puis prend une grande inspiration. « Écoute, il fût un temps où le fait que tu sois en colère contre moi m’importait peu, mais cette époque est révolue. Nous sommes amies et on doit régler ce problème ensemble. Alors je te le demande à nouveau, qu’est ce qu’il se passe ? »
« On est amies ? » Il n’y a que de la peine dans ses yeux. « Vois tu, je suis ton amie, il n’y a rien à mon sujet que tu ne saches pas. En revanche tu continues à me cacher des choses, » je lui donne l’opportunité de me dire la vérité.
« De quoi tu parles ? »
« Arrgh…Bon sang de bonsoir ! Arrête de te moquer de moi Sara ! Arrête ! » J’ai envie de hurler.
« Je ne me moque pas de toi ! Je ne comprends rien à ce que tu racontes ! »
« J’y crois pas !...Tu sais quoi ? Continues à jouer les imbéciles, laisses tomber » je lui tourne à nouveau le dos.
« Oublier ? Tu veux que j’oublie ? Je ne peux pas ! Ça fait deux semaines que ça me rend dingue de savoir que tu m’en veux ! Je n’aime pas quand t’es comme ça, et encore moins que tu refuse de me dire pourquoi, parce que franchement je ne sais pas pourquoi tu es si énervée. »
« Très bien je vais te le demander une dernière fois. Tu ne me caches rien n’est ce pas ? » ma voix est peu assurée à cause de ma colère mais je ne lui crie plus dessus.
« Non » elle me répond immédiatement.
« Va te faire voir Sara ! » j’explose en la regardant à nouveau.
« Quelle est l’utilité de me poser des questions si tu ne me crois pas ? » elle se met à crier à son tour.
« Parce que je ne te crois plus » je lui hurle en retour.
« Je ne t’ai jamais menti Catherine. Jamais » ses yeux sont humides de par sa rage. « Tu m’en veux et j’ignore pourquoi. Je veux arranger les choses mais je semble bien être la seule, alors quand tu auras décidé de grandir un peu et de régler le problème, fais moi signe, » dit elle entre ses dents. Elle me tourne le dos, mais je ne vais pas la laisser s’en tirer aussi facilement.
« Ah oui ? Et dis moi, quand avais tu l’intention de m’informer pour toi et Greg ? » elle se tourne vers moi et me regarde avec surprise.
« Comment ça ‘pour moi et Greg’ ? » de deux choses l’une, soit elle est amnésique soit elle s’entraîne pour être comédienne.
« Tu vois ! Je te donne la réponse sur un fichu plateau et tu continues à jouer les demeurées ! » je lui hurle.
« Il n’y a rien à dire à propos de Greg et moi, » il y a un mélange de surprise et d’incrédulité dans son attitude, mais je ne me laisse pas avoir.
« Combien de temps est ce que tu vas continuer à me mentir ? COMBIEN DE TEMPS ? » je suis désespérée et les larmes commence à me brûler les yeux.
« Mentir ? A quel propos ? Il n’y a rien entre lui et moi sauf de l’amitié ! Qu’est ce que tu veux que je te dise ? »
« La vérité, je veux que tu me dises la vérité ! » je la pousse.
« C’est la vérité ! » elle proteste.
« De l’amitié hein ? Alors dans ce cas dis moi pourquoi tu l’embrassais ? Pourquoi lui avoir dit que tu l’aimais ? Et je vous ai entendu ce matin dans les vestiaires, je n’arrive pas à croire que vous avez… »
« Tu m’espionnes maintenant ? » sa voix est tendue.
« Non, je passais par là, mais ce n’est pas le sujet. »
« Encore une fois, il n’y a rien entre Greg et moi, maintenant si tu ne veux pas me croire il n’y a rien que je puisse faire ! » réplique elle en haussant le ton.
« Tu ne vas pas me faire croie que tu embrasse tes amis comme ça ! » je lui balance.
« Premièrement, tu n’étais pas sensée voir ça. Ensuite tu devrais savoir que les apparences sont mères des pires erreurs. Et pour finir, la dernière fois que j’ai vérifié j’étais libre alors je ne vois pas pourquoi je devrais me justifiée, je n’ai aucuns comptes à te rendre…Oui j’ai embrassé Greg et oui je lui ai dis que je l’aimais mais ce n’est pas ce qu’il y parait. Lui et moi on est juste amis, ok ?...C’est ce qui te dérange ? Que j’aie embrassé Greg ? » elle hurle.
« Non ce qui me dérange c’est que tu me mente ! »
« JE NE T’AI JAMAIS MENTI !!! Combien de fois faut il que je te le répète ? » Bienvenue dans notre concours de cris. Ben, elle n’a aucune chance contre moi.
« TU M’AS MENTI A PROPOS DE LINDSEY PENDANT HUIT FICHUS MOIS ET MAINTENANT GREG. COMMENT EST-CE QUE JE SUIS SUPPOSEE TE CROIRE ?!! » Qu’est ce que je vous disais ?
« JE NE MENS PAS ET JE NE T’AI JAMAIS MENTIS ET TU LE SAIS !! » elle crie de plus belle.
« ARRETEZ DE HURLER !! » on se tourne pour voir Lindsey qui est en larmes, elle a ses mains sur ses oreilles. J’ignore depuis combien de temps elle est là. « Arrêtez, s’il vous plait, » elle répète doucement.
J’envois un regard noir à Sara mais elle me regarde de la même façon. Elle ferme les yeux et soupire.
« Quand tu auras envie de m’écouter… » elle ne finit pas sa phrase. « Linds, je suis désolée mais je dois y aller, » dit elle, elle est au bord des larmes ça je peux le dire.
« Mais… » Lindsey essayes de la retenir.
« Le livre est sur le comptoir. Je suis désolée mais j’ai vraiment besoin d’y aller » répond Sara en sortent de la maison.
Lindsey et moi fixons la porte. J’ai envie de la brûler avec mon regard, puis Lindsey se tourne vers moi, elle est colère, je le vois bien.
« C’était bas, » dit elle. Elle s’attend à ce que je comprenne, mais franchement, je suis perdue. « M’utiliser contre elle, c’était bien en dessous de la ceinture et tu le sais, » elle se moque de moi là. J’en ai déjà assez à faire sans qu’elle en rajoute une couche !
« Je ne me souviens pas t’avoir élevée pour écouter aux portes, » je lui dis, mais elle reste où elle est et me regarde l’air de dire ‘ça ne m’impressionne pas du tout’.
« Si je n’avais pas entendu cela aurait voulu dire que j’ai de sérieux problèmes d’audition. Je pense que tout le voisinage à dix pâtés de maisons vous a entendu ‘parler’! »
« Linds reste en dehors de ça ok, » je mets fin à la conversation, ou du moins c’est ce que je pense
« Je ne peux pas parce que ça me concerne, » je la regarde incrédule.
« Qu’est ce que ça veut dire ? »
« Oh pitié ! Ça me concerne, » elle soupire avec exaspération comme si c’était la centième fois qu’elle expliquait quelque chose à quelqu’un de vraiment lent. « Je déteste quand vous vous disputées. Je déteste servir d’arme dans vos disputes, » je suis sur le point de protesté mais elle me fait taire. « Je ne veux pas savoir qui a trot ou raison, en ce qui me concerne vous avez tort toutes les deux. Vous êtes amies, vous êtes sensée communiquer. Vous devez régler le problème. Vous êtes supposées être des adultes matures alors agissez comme tel, parce que je ne veux pas avoir à choisir entre vous deux, » elle me réprimande.
« Chérie… »
« Non, règle ça ! » me dit elle fermement.
« Ok » pourquoi j’ai l’impression d’avoir dix ans et de m’être faite gronder ?
« Bien. Je suis dans ma chambre en train de lire si tu me cherches, » elle dit avant de saisir le livre sur le comptoir et de s’en aller.
Chapitre 21 : Sara
Je n’ai même pas réfléchis avant de conduire jusqu’ici. C’est ici que je vais quand je ne me sens pas bien, que je suis confuse ou que j’aie juste besoin de réconfort. Il m’a fallu dix minutes pour arriver. Je suis sur le point de sortir de la voiture quand mon téléphone sonne.
« Sidle »
« C’est Cake »
« Hey, quelque chose ne va pas ? »
« A vrai dire, oui, » je suis prête à retourner là bas même si c’est le dernier endroit où je voudrais être maintenant.
« Qu’est ce qu’il se passe ? »
« Toi et maman vous vous êtes disputées… »
« Cake… »
« Je me contrefiche de savoir qui a tort ou raison, pour moi vous êtes fautives toutes les deux. »
« Cake… » J’essaye encore.
« C’est toi qui me dis toujours que je dois rester calme quand je veux régler un problème, » bon, elle a un point là. « Je viens de le dire à maman, alors je te le répète, je ne veux pas me retrouver à devoir choisir entre vous. Alors règle le problème.»
« Ce n’est pas aussi simple… »je commence mais elle ne m’écoute pas.
« Vous êtes adultes et vous êtes amies, alors agissez en conséquences. Je ne veux pas savoir ce qu’il en coûte, réglez le problème. »
« Est-ce que c’est un ordre ? » je ris doucement amusée par sa hargne.
« Je veux que tu me le promettes. »
« T’en demandes trop. »
« Oui, mais ça en vaut la peine. Alors ? »
Alors je déteste les ultimatums. Alors tout de suite elle ne me laisse pas vraiment de marche de manœuvre. Mais c’est un fait elle a raison. On le sait toutes les deux, mais franchement la balle n’est pas dans mon camp.
« Je promets que j’essayerai de régler les choses. Je ne peux pas faire mieux. »
« Ok, mais saches qu’essayer n’est pas suffisant, » elle est dure là. J’ai l’impression d’être punie. « Je dois y aller, prends soin de toi. Règle le problème, » elle répète.
« Ok, prends soin de toi, à plus, » j’ai le temps de lui répondre avant qu’elle ne raccroche.
Je prends une grande inspiration puis la relâche. Je fixe mon téléphone. Je n’ai plus envie de penser à ce qu’il s’est passé. Je sors de ma voiture et me dirige vers l’entrée de la maison, je frappe vite. J’espère qu’elle est là. La porte s’ouvre, dieu merci.
« Hey, » Nancy dit avec un grand sourire, mais lorsqu’elle prend le temps de me regarder son sourire disparaît. « Entre. »
On s’assoit dans la cuisine comme à notre habitude, elle met la cafetière en marche puis se rassoit à mes côtés. Elle attend que je commence, elle fait toujours ça, elle ne pousse pas à parler si je n’en ai pas envie, elle sait que ça me ferait fuir.
« On s’est disputées » je lui dis avec une faible voix. Pas la peine de préciser qui est ‘on’.
« Je m’en suis doutée, » elle me sourit un peu. « Comment ça va ? »
« Pas très bien, » je peine à lui dire. Je peux sentir mes nerfs me lâcher. Je suis sur le point de pleurer alors je ferme les yeux et essaye de rester composée. Le problème quand on est ouvert c’est que je perds le contrôle de mes émotions.
Nancy ne dit rien, elle se lève et éteint la cafetière, elle me prend la main et me force à me lever. Puis elle nous guide jusque sur le canapé où elle me fait m’assoire ensuite c’est juste une question d’habitude. Je retire mes chaussures, elle prend une couverture, j’arrange les oreillers, elle retire ses chaussures et ensuite on se met en position. Aujourd’hui je suis sur elle et elle me serre fort contre elle. Sans m’en apercevoir mes larmes commencent à couler lentement d’elles mêmes. Puis quelque part entre mes sanglots et le réconfort de Nancy je m’endors.
xxxxx
Je me réveille avec un mal de tête. Correction, avec un mal de tête massif. J’ai dormi une heure ou deux, je regarde Nancy, elle a les yeux fermés mais je sais qu’elle ne dort pas. Quand elle me sent bouger elle me regarde.
« Salut toi, » me dit elle gentiment.
« Salut. »
« Tu veux un café ? »
« Je veux bien, merci, » je lui réponds.
On se lève et se dirige dans la cuisine.
xxxxx
Elle verse deux mugs de café puis s’assoit à côté de moi. Une fois encore elle attend que je dise quelque chose.
« J’ai embrassé Greg » je ne pense pas qu’elle s’attendait à ça mais elle se remet de sa surprise rapidement.
« L’ex-laborantin, c’est ça ? Celui qui te drague sans cesse ? » elle demande essayant de se rappeler ce que je lui avais dit à propos de Greg.
« Ouais »
« Et…c’est une mauvaise chose ? »
« Non, en tout cas pas pour moi » je peux voir qu’elle est perdue. « Catherine nous a vu, » elle ne comprend toujours pas l’intérêt alors je m’étends. « Alors elle a commencé à se persuader que lui et moi on était ensemble. Les semaines sont passées et elle s’énervait toujours un peu plus et je ne comprenais pas pourquoi, jusqu’à ce matin. Elle pensait que je lui cachais ma relation avec Greg. »
« T’as une relation avec Greg ? » me demande Nancy . J’admets que c’est un peu compliqué tout ça surtout vu de l’extérieur.
« Non, en ce qui nous concerne Greg et moi, nous ne sommes qu’amis, » je lui dis.
« Alors comment est ce que tout ça aboutit sur une dispute ? »
« Et bien, Catherine pensais que je lui cachais des choses – apparemment non seulement elle nous a vu nous embrasser mais elle était là aussi quand je lui ai dit que je l’aimait, alors à partir de là elle a considéré que lui et moi étions ensemble, mais je lui ai dis le contraire, et tu sais comment elle peux être butée. »
« Catherine ? Butée ? Pas possible, » elle ricane et moi aussi.
« Bref, elle a finit par m’accuser de lui mentir, me dire qu’elle remettait en question notre amitié, » je sens mon cœur se serrer à ces mots.
« Ouch. »
« Ensuite pour finir en beauté, Lindsey est celle qui a arrêter notre concours de cris. »
« Ben dis moi, tu n’y vas pas avec le dos de la cuillère, n’est ce pas ? »
Je suis sur le point de lui répondre quand on sonne à la porte.
« Excuse moi un instant, » dit elle avant de lever pour aller ouvrir.
Je me perds dans mes pensées et bois mon café. Elle revient avec une boite de pizza.
« Le déjeuner est servi » annonce elle.
« T’as commandé une pizza ?...non attends…Quand est ce que tu as fait ça ? » Je demande. Je ne me souviens pas l’avoir vu au téléphone.
« Pendant que tu dormais, » elle répond simplement.
« Je ne t’ai pas entendu. »
« J’ai vu ça, » elle ricane. « T’as faim ? »
« Oui….mais techniquement c’est l’heure du petit déjeuner pour moi….alors tu sais…de la pizza au petit déjeuner, c’est un tantinet trop. »
« Mon dieu que t’es ennuyeuse. Où est ton sens du fun et ton originalité ? » me demande elle.
« Tout d’abord je suis fun et ensuite… » je lui tire la langue.
« Très éloquent, » elle glousse. « Allez, c’est une Hawaiienne, » je suis végétarienne et elle le sait, mais elle sait aussi que les pizzas hawaiiennes sont la seule exception que je fais.
« Je ne sais pas. »
« Ok, si tu insistes tu peux avoir un petit déjeuner normal et ennuyeux, » elle se lève et sort du pain, des céréales, du beurre de cacahuètes du miel, de la confiture et du chocolat, puis elle sort un pot de glace du congélateur avec une bombe de crème chantilly.
« Tu attends quelqu’un d’autre ? » je lui demande amusée.
« Non, mais je suis affamée et toi aussi, » elle répond simplement.
On commence à manger et je finis par prendre une part de pizza.
« Tu vois ? Je te l’avais dit, la pizza ça déchire ! » elle glousse.
« Où est Jérémy au fait ? »
« Il est chez un ami. »
Je m’entends bien avec Lindsey et Jérémy, il faut dire que je passe pas mal de temps avec eux. Tous les trois on fait des expériences et je dois dire que c’est génial. La dernière consistait à transformer Nancy en poulet avec des plume et du miel – hey, je n’ai jamais dit que ces expériences avaient un but scientifique, en plus elles sont sensées être marrantes. Bref, on s’est bien amusé, mais Nancy n’a pas forcément apprécié la blague, mais elle me l’a fait payer, elle a dessiné des moustaches sur mon visage au feutre indélébile et je ne m’en suis aperçu qu’une fois que j’étais au boulot, alors maintenant on est quittes.
Elle me fixe silencieusement. C’est une requête silencieuse. Elle veux que je lui parle de ce qui me dérange. Et je le lui dis. Je vous ai dit que j’étais très ouverte avec les gens une fois que je les connais et que je leur faisais confiance. Avec Nancy ça n'a pas pris beaucoup de temps, c’était presque instantané. Avec Catherine ça a pris cinq ans. Bref, je parle à Nancy, je le fais parce que j’en ai envie, et c’est facile. Avec elle je ne me sens pas jugée et je ne pas sens pas en danger. J’aime lui parler et c’est réciproque.
« Ça me dérange vraiment, » je reprends. « Tu sais, elle et moi on se disputait souvent par le passé. En fait je crois même que c’était notre seul mode de communication. Et à cette époque ça ne me dérangeait pas plus que ça. Mais là c’est différent, une simple dispute et ça me rend dingue….ça m’affecte beaucoup.»
« C’est normal. Je veux dire, vous n’avez jamais été amies pour une longue durée Cath et toi, et maintenant chaque dispute a son importance parce que c’est comme un pas en arrière vers vos anciens rapports, sans compter le nouveau facteur qui est votre amitié, » dit elle avant de prendre une cuillère de glace. « Et si tu ajoute à ça le fait que tu sois amoureuse d’elle ça… »
Quoi ???!!!
Je crache la moiti de mon café sur la table et m’étouffe avec l’autre moitié. Dites moi qu’elle n’a pas dit ça !!
« Oh Sara, t’es dégueu ! » elle s’exclame et glousse. Je continue à m’étouffer avec mon café. Elle se lève et me donne un verre d’eau avant de se rasseoir
Ok, respire Sara, respire….je la regarde d’un air bizarre, puis je m’apprête à dire quelque chose mais elle reprend la parole.
« Je te mets au défi de dire le contraire, » son expression est sérieuse, il n’y a plus d’amusement. « Parce que si tu le faisais ce serait un mensonge manifeste…et nous le savons toutes les deux. Alors ? »
Je prends ça comme le signal pour moi de me retirer alors je me lève mais elle m’attrape le bras.
« Où est ce que tu vas ? »
« Écoute, c’est bon je comprend si tu ne veux plus moi dans les environs… »
« De quoi est ce que tu parles ? » demande elle. Elle a l’air en colère maintenant. « Accorde moi un peu de crédit tu veux. Est-ce que j’ai l’air aussi superficielle et fermée d’esprit ? Tu crois vraiment que si ça m’avait dérangé une seconde j’aurais continué à dormir avec toi - au trois nuits par semaine ? Ou même que tu serais encore ici d’ailleurs ? » elle laisse ses mots s’imprégner dans mon esprit. « Tu sais, je pourrais vraiment être blessée, je pensais que tu me connaissais mieux que ça depuis le temps. »
Je ne sais pas quoi dire. En à peu près 30 secondes tout s’est chamboulé.
« Je suis désolée. »
« Ce n’est rien, » elle se radoucit.
On reste silencieuses pendant un petit moment. Elle sourit amusée.
« Alors comme ça, ton truc c’est les femmes ? »
Je rit un peu « Disons simplement que je ne remet jamais en question les choix que mon cœur fait. »
C’est vrai. Je ne me prends pas la tête pour quelque chose d’aussi trivial que le genre.
« Je sais que je suis curieuse, et tu n’es pas obligée de répondre. Mais….tu as été avec combien de femmes ? » elle me demande timidement.
Je glousse à son embarras « Pas tant que ça. Trois, si je me souviens bien, mais c’était toujours très sérieux. »
« Ok. »
« Comment t’as fait pour comprendre ? Que j’avais des sentiments pour Catherine j’entends, » ça m’intrigue vraiment. Ça fait deux ans que je cache mes sentiments, comment se fait il qu’elle m’ait percé à jour en 4 mois ? Je sais que je suis très consciencieuse lorsqu’il s’agit de ça.
« Tu te souviens de la nuit où tu nous as fait du chocolat chaud ? » elle a un sourire satisfait.
« Oui ? »
« Quand tu l’as prise dans tes bras pour lui dire bonne nuit, c’est là que ça m’a frappé, c’était juste une intuition sur le moment, mais les quatre derniers mois l’ont confirmés. »
« T’es très observatrice. »
« Oui, je sais. Tu sais la seule raison pour laquelle je ne suis pas investigatrice c’est parce que je ne veux pas vous faire de l’ombre à ton équipe et toi » elle soupire.
« Fais gaffe je crois que ta tête gonfle à nouveau, » je la nargue.
Elle redevient sérieuse, mais je peux lire l’affection dans ses yeux. « Tu sais, je voulais juste que tu saches que si tu avais besoin d’en parler il n’y avait aucun problème. »
« Merci » je lui réponds. « Fais moi une faveur par contre, la prochaine fois attends au moins que j’aie avalé mon café. T’as failli me tuer là. »
« Ben c’était un peu le but de la manœuvre quelque part, » je la regarde avec incompréhension. « Évidemment quoi, je suis un peu jalouse. Je pensais que tout allait bien dans notre couple. Je veux dire, tu couches littéralement avec moi et tu en aimes une autre. Qu’est ce que je suis sensée penser ? » dit elle avec un ton faussement dramatique. « Qu’est ce qu’elle a de plus que moi d’ailleurs ? »
« Et bien… » je joue avec elle et adopte une expression coupable. « Ça me fait de la peine de te dire ça mais…tu ronfles comme un porc et ce n’est pas adorable du tout. »
Elle s’étouffe avec la glace qu’elle était en train de manger et me regarde avec indignation. J’éclate de rire. Elle imite le poisson hors de l’eau pendant un moment puis elle attrape la bombe de crème chantilly.
« T’as intérêt à retirer ce commentaire, » elle essaye de me menacer mais je commence à rire de plus belle, je ris tellement que je vais en pleurer. Ce n’est que lorsqu’elle agite la bombe que je m’affole un peu.
« Wow, qu’est ce que tu fais ? » j’essaye vainement de supprimer le gros sourire qui orne mes lèvres.
« Retire le » elle répète en m’envoyant un regard noir.
« T’oserais pas. »
« Tu me mets au défi ? Donne moi une occasion mon sucre d’orge, » ok maintenant je sais que je suis dans le pétrin.
Je me lève doucement et m’éloigne d’elle avec des petits pas.
« Dépose cette bombe, » j’essaye de la raisonner.
« Retire le, » elle répète à nouveau.
« Pose cette bombe avant de faire quelque chose que tu regretteras, » j’essaye encore. J’ai l’impression de négocier avec une criminelle.
« Retire le, » elle répète comme un disque rayé et mon fichu sourire ne veut pas me quitter.
« Pose la bombe de crème et ensuite on discutera. Allez, pose la. »
« Retire. Le » elle répète en plaçant son doigt sur la gâchette de la bombe en la secouant.
« Bon très bien, » elle baisse sa garde. « Tu ne ronfle pas comme un porc… » elle me regarde avec satisfaction. Je ne peux pas résister, c’est bien trop marrant. J’essaye de contenir mon rire, bon sang ce que je suis mauvaise « Pour tout dire…tu ronfles comme une armée de porcs ! » j’explose de rire, son expression est tout simplement excellente.
« Tu vas me le payer !! »
Puis je sens quelque chose de froid mouiller ma chemise. Elle l’a fait ! Elle m’a attaqué avec de la crème chantilly. La surprise a étouffé mon rire.
« Oops, que je suis maladroite… » elle fait semblant d’être coupable. Oh elle veut la guerre, très bien elle va l’avoir.
« Tu sais quoi ? J’ai envie d’un câlin maintenant, » je lui dis avec une voix grave en m’avançant vers elle.
« Sara…sucre d’orge, tu l’as mérité…arrête…recule… » elle contourne la table.
« On a un deal souviens toi. »
« Ben, je n’ai pas honte de refuser de te prendre dans mes bras maintenant…ne t’approches pas de moi. »
« Très bien, » je prends un morceau d’ananas sur la pizza et le lui balance à la figure.
« Ok. C’était minable, » elle dit l’air consterné.
« Oh vraiment ? » je prend la bouteille de chocolat liquide et appuie dessus, ça lui atterrit directement sur son haut. « Qu’est ce que tu dis de ça ? »
« Tu es dans un sacré pétrin…la partie peut commencer, » dit elle avant de m’envoyer plus de crème.
Presque tout ce qui se trouve sur la table vole dans les airs. J’attrape une bouteille de miel et m’avance vers Nancy, elle se tourne et essaye de battre en retraite mais je le rattrape dans le salon. Je mets la bouteille entre son dos et son haut et je l’enduis de miel.
« Nooooooooon !! Pitié…arrghh… » elle supplie mais on continue de rire.
Puis je la chatouille tellement qu’elle en tombe à genoux par terre. Je me met à cheval sur elle et maintient la bouteille de miel au dessus de sa tête. On est toute les deux recouvertes de chocolat, crème chantilly, miel, ananas, céréales, beurre, confiture et dieu sait quoi d’autre.
« Supplie moi, » je lui dis.
« Dans tes rêves, » je lui verse du miel dessus.
« Mauvaise réponse, essayes encore, » on rit.
« Dans tes… »
Je verse du miel dans sa bouche avant qu’elle ne finisse sa phrase, mais elle ferme la bouche alors le liquide lui coule sur le visage.
« Je vais t’apprendre à être plus douce. Supplie moi, » je répète mais elle n’obtempère pas alors je la chatouille encore.
« Ok…ok…pitié arrêtes… » une fois encore je suis le boss.
Je me relève et l’aide à se remettre sur pieds aussi. On se fait un câlin en guise de trêve – ce n’est pas comme si on pouvait se salir plus qu’on ne l’est déjà. Puis on se regarde avant d’éclater de rire. Elle prend son appareil photo et on immortalise le moment.
« Ok, voilà le plan. Tu commences à nettoyer pendant que je vais prendre une douche, ensuite on change de place, » dit elle.
« Attend un peu, pourquoi est ce que tu passe en premier à la douche ? »
« Premièrement c’est ma maison et ensuite… » elle me prend la bouteille de miel des mains et m’en verse dans le dos. Ugh, c’est dégueu.
« T’es une perverse, on avait fait la paix ! »
« Oui ben au moins maintenant tu sais ce que je ressens. »
« T’es vraiment immature, » je lui dis et on se remet à rire avant qu’elle ne se retire dans la salle de bain.
Je passe au moins trois nuits par semaine chez Nancy. Généralement on ne fait que parler mais parfois on regarde un film. La seule constante c’est le fait qu’on dorme ensemble sur le canapé. Je ne sais pas vraiment pourquoi. C’est juste notre truc, je suppose. Bref, j’ai mes petites habitudes dans cette maison, j’ai mes vêtements de rechange et mon mug, c’est un peu comme une seconde maison.
Je commence à nettoyer notre bordel. Ok, c’était vraiment un jeu stupide parce que maintenant la cuisine ressemble à un champ de bataille. On dirait qu’il y a eu une explosion nucléaire ici, mais je me suis amusée à chaque seconde.
Elle revient de sa douche et on change de place. Je me lave deux fois car je me sens toute collante. Quand je sort de la douche je mets mes vêtements de rechange. Attendez une minute…
Je retourne dans le salon et Nancy prend une photo de moi en gloussant.
« Tu te moque de moi, » je lui dis, mes vêtements sont trop petits, alors j’ai l’air d’un clown.
« Tu devrais te regarder dans une glace, c’est à mourir de rire. »
« Ah, ah. »
« Allez, je plaisante. Je vais te donner tes vrais vêtements, mais tu as toujours du miel sur toi. »
« Sérieux ? Où ? » et mince je viens de passer 20 minutes sous la douche.
Elle s’approche de moi et met sa main sur mon visage. Sa main couverte de miel…oh c’est bas…
« Ah, t’es vraiment immature, » je la réprimande, mais elle continue à m’enduire de miel.
« Oui, mais je peux vivre avec ça. »
« Oh non…j’ai du miel dans les cheveux. »
« Pauvre p’tit chou, » elle boude.
Je lui mets du miel dessus. « T’es pas assez douce. »
Elle glousse « Ok, ça suffit avec la nourriture. Redevenons adultes, va prendre une autre douche ou tu va être en retard au boulot. »
« Yep, t’as raison. »
« Oh et donne moi tes vêtements sales que je les mette dans la machine. »
Je retire les vêtements que je porte et les mets au dessus de la pile où mon autre chemise trouve déjà.
A la douche, encore une fois.
Chapitre 22 : Catherine
Ok, peut être que j’ai réagit de manière disproportionnée. Si Sara dit qu’elle et Greg ne sont pas en couple, ça peut être vrai. Je n’ai pas arrêté de répéter notre dispute dans ma tête encore et encore. Elle a marqué un point, les apparences sont trompeuses, je dois la croire.
Je ne lui ai pas laissé de chance, je n’aime pas avoir tort, mais je dois dire que je n’étais pas très rationnelle non plus. J’y ai réfléchit. Ça aurait pu être un baiser amical. Après tout peut être qu’elle a avec Greg la relation que j’ai avec Warrick. Je l’ai embrassé et je lui ai dit que je l’aimais, mais le fait est que Warrick et moi ne sommes qu’amis. Merde, j’ai vraiment été stupide sur ce coup là.
En y pensant bien la plupart du temps dès que Sara est impliquée je ne pense pas clairement et j’accumule les choses stupides, allez savoir pourquoi… Mon dieu j’espère que je vais pouvoir rattraper le coup.
J’ai besoin d’arrêter le flot de question qui m’encombre l’esprit et j’ai besoin de mettre de l’ordre dans toute cette confusion de sentiments qui fait rage en moi.
J’ai besoin de parler à Nancy.
xxxxx
J’ai déposé Lindsey chez une amie. Une fois de plus elle en a profité pour m’ordonner de régler les choses avec Sara. Les ados…
Je me gare dans l’allée de Nancy et ferme ma voiture avant d’aller frapper à la porte.
Nancy prend un peu plus de temps que d’habitude pour ouvrir la porte. Étrange.
« Cath ? » elle a l’air surprise de me voir. Elle est en train de refermer les boutons de son chemisier et elle a l’air de sortir de la douche. Peut être que j’aurais mieux fait d’appeler avant de débarquer devant sa porte. Elle a l’air de cacher quelque chose, et je vois bien que je la dérange. Encore une fois, étrange.
« Si c’est un mauvais moment… » je commence.
« Dis pas de bêtises. »
Elle me fait entrer. Elle ramasse une chemise par terre, chemise qui me dit quelque chose mais je ne sais pas pourquoi. Mais pour le moment ce qui m’interpelle c’est le fait que cette chemise était par terre. Nancy ne laisse jamais rien traîner par terre. Je regarde ma sœur et j’ai l’impression qu’elle plane. Elle sourit comme une imbécile en regardant la chemise qu’elle vient de ramasser. Elle m’intrigue et ça réveille l’investigatrice en moi. Je suis de plus en plus curieuse de ce qui se trame.
Je commence à me diriger vers la cuisine quand je marche sur quelque chose de collant, qu’est ce que…
« Nance…est ce que c’est…du miel sur ton sol ? » je lui demande.
Elle se tourne vers moi et son sourire s’élargit. Elle mord sa lèvre inférieure. « Oh c’est…un reste de mes précédentes activités »
J’ouvre ma bouche pour dire quelque chose puis je décide de m’abstenir. Ok, comment se fait il que cet tâche de miel se trouve a plusieurs mètres de la cuisine ? Et quelle genre d’activité ? Attendez voir…Jérémy n’est pas là aujourd’hui alors…et la façon dont elle a dit ça, elle a l’air d’une écolière. Maintenant que j’y fais attention j’entends le bruit de l’eau couler dans la salle de bain. Eh bien dîtes moi, on dirait qu’elle s’est amusée aujourd’hui. Je la regarde mais elle ne semble pas consciente de ma présence. J’ai besoin de vérifier quelque chose.
« Nance… »
« Ouais, » oh elle plane. Elle plane très, très haut. J’aurais vraiment dû appeler avant de venir.
« Tu es radieuse »
« Vraiment ? » elle ne s’arrête pas de sourire.
« Oui, définitivement radieuse. »
« C’est…c’est un effet secondaire de mes précédentes activités, » elle répond avec un plus grand sourire – si c’est possible – et elle rougit même légèrement.
Elle mord sa lèvre inférieure à nouveau et se perd dans ses pensées. Bien, je ne pense pas qu’il y ait de doute quant à ce qu’elle a fait tout à l’heure. Indice n°1 : il y avait une chemise par terre qui ne lui appartenait pas. Indice n°2 : elle était tout juste en train de se rhabiller quand elle ouvert la porte. Indice n°3 : elle n’est pas concentrée, elle est radieuse et elle plane. Indice n°4 : elle ne peut pas s’arrêter de sourire l’air béat. Conclusion : ça a dû être bon, très bon même, et goûteux comme la tâche de miel en témoigne.
L’eau arrête de couler et elle le remarque mais elle ne dit rien. Elle doit vraiment être accroc si elle est prête à me présenter son mystérieux partenaire. Intéressant, je suis vraiment curieuse de savoir qui est celui qui a réussi à transformer ma sœur en ado.
« Tu tiens vraiment à elle. »
« De quoi tu parles ? » elle me demande sans arrêter de sourire. Si elle continue je suis sûre qu’elle aura des dommages permanents.
« La mystérieuse personne avec qui tu as partagé tes activités, » je lui fais savoir que je sais.
« Oh ça, ben oui c’est le cas mais ce n’est pas… »
« Je te déteste mon choux à la crème, je ne colle plus mais je suis toujours mouillée… » une voix suave dit de manière suggestive. Je connais cette voix « Et je n’arrive pas à trouver mon… »
Qu’est ce que… Sara ???
Elle s’arrête en plein milieu de sa phrase. Sa chemise est ouverte révélant son soutien gorges et sa peau nu. Elle avait un sourire aussi radieux que Nancy lorsqu’elle est entrée dans la pièce mais il a instantanément disparu dès qu’elle m’a vu. On se fixe du regard.
« Catherine… » elle dit avec une voix neutre comme si tout était normal.
Je suis en état de mort cérébrale. Ma mâchoire vient de toucher le sol et je ne sais pas comment la remonter. Ça doit être une grande blague cosmique. Je suis dans la quatrième dimension. Il n’y a pas d’autre explication. Mon regard se pose sur Sara puis Nancy et recommence.
« Tu disais p’tit cœur ? » demande Nancy avec un ton léger et son fichu sourire.
« Ah oui… » le sourire de Sara revient sur ses lèvres. « Je n’ai pas trouver mon haut blanc en coton sur le lit. »
« Ben, tu es tellement hot que je pensais que tu n’en aurais pas besoin, » l’air le plus naturel du monde, elle bouge ses sourcils l’air coquin.
« Qui a dit ça ? »
« C’est toi p’tit cœur,» dit Nancy d’une voix sexy.
Elles sont en train de flirter sous mon nez. Je n’arrive pas à croire qu’elles sont en train de flirter sous mon nez !!
« Non pas du tout, j’ai dit que j’étais super hot. Et le suis toujours d’ailleurs, » Sara réplique en gloussant, elle soupire puis secoue la tête. « Tu ne va jamais me laisser tranquille avec ça, n’est ce pas ? »
« Et comment. »
Qu’est ce qu’il se passe ici ? Je n’arrive plus à respirer, je sens la rage me brûler de l’intérieur et leurs petits noms me dégoûtent.
« Regarde dans l’armoire je l’ai peut être ranger avec mes vêtements, » Nancy continue.
« Merci, pomme d’amour. »
« Mais, je t’en prie mon cœur, » elles ricanent et se font un clin d’œil puis, Sara disparaît à nouveau.
Elles ont se même sourire en coin et cette même étincelle dans les yeux, et la façon dont elles se parlent est simplement écœurante. Quoi ? Les apparences sont trompeuses. Ouais je sais, mais les preuves ne mentent jamais et je sais bien ce que je vois. Elles sont dans leur petit monde, à tel point que j’ai l’impression d’être invisible.
Je peux sentir mon estomac se retourner. Sara et ma sœur. Pas possible. Je n’arrive pas à croire que c’était juste en face de moi et que je n’aie pas compris plus tôt. Depuis la fugue de Lindsey j’avais mes suspicions. Ça ne m’a jamais effleurer que ces suspicions pouvaient être fondées. Et qui sait ? Peut être que ça fait longtemps que ça dure. J’ai envie de frapper quelque chose fort, très fort. Nancy continue d’agir comme si tout était normal. Sara revient sa chemise par dessus son ‘haut blanc en coton’.
« Je l’ai trouvé, » annonce Sara.
Ben oui on peut le voir banane.
« Ok, je dois y aller, » elle continue.
Ouais et alors ?
Nancy à l’air un peu déçue « Tu ne veux pas rester pour un café ? »
Oh pitié…elle à l’air d’un chiot abandonné.
« Pas aujourd’hui, désolé, » Sara s’excuse.
Elles continuent à agir comme si je n’étais rien d’autre qu’une plante. Elles ne disent rien, non, elles ne prennent même pas le temps de m’annoncer qu’elles sont aman… je ne peux même pas y penser.
« Ok, » Nancy répond. Sara commence à s’en aller.
Ce n’est pas trop tôt.
« Hey, je n’ai pas le droit à un bisou ? » Nancy lui demande.
Oh ce n’est pas vrai ! Épargnez moi ce spectacle.
Sara regarde Nancy bizarrement et Nancy lève sa main en l’air en agitant ses doigts avant de dire « Toute propre. »
Très subtil.
Sara prend Nancy dans ses bras et elles s’étreignent pendant une éternité.
« Merci pour tout, j’ai passé un super moment, » lui dit Sara sans la lâcher.
C’est ça ne vous gênez pas pour moi je suis juste un élément de décor. Je m’en fiche complètement.
« Moi aussi, c’était génial, » répond Nancy
Longue vie aux répliques doucereuses.
Elles semblent être collées l’une à l’autre, Sara embrasse Nancy sur la joue et puis se détache d’elle. Dieu que j’ai envie de vomir.
Sara rassemble ses affaires et commence à partir, puis elle se tourne à nouveau vers Nancy.
« Oh, mon p’tit choux ? » dit Sara avec un grand sourire.
« Oui, mon sucre d’orge ? »
C’est vraiment pathétique.
« Je retire ce que j’ai dit, je plaisantais. Tu es parfaite. » Sara continue
« Je le savais déjà, » répond Nancy .
Elles gloussent comme des idiotes et ensuite Sara avance jusqu’à la porte. « A plus Catherine, » dit elle platement sans même me regarder.
Oh maintenant je suis visible ?… Va te faire voir.
Nancy me regarde bizarrement, son sourire ne s’est pas estompé. C’est dégoûtant, j’ai envie de crier, j’ai envie de faire du mal à Sara.
Elle et Greg c’était une chose, mais elle et ma sœur, j’ai l’impression d’être la plus grande gourde que la terre ait porté. Je suis sûre qu’elle se marrent bien dans mon dos pour ne pas voir ce qui se passe juste sous mes yeux. Quelle ironie pour quelqu’un dont le métier est de remarquer les choses, n’est ce pas ?
« Café ? » me demande Nancy.
C’est tout ce qu’elle a à me dire ? Elle ce fout de moi, n’est ce pas ? Je ne sais pas pourquoi mais j’ai ce besoin urgent de détruire son bonheur.
« Elle a embrassé Greg tu sais, » je dis avec amertume.
« Oui, » elle semble confuse « Et alors ? »
« Ta chère et tendre Sara te trompe et tu t’en fiches ? » je lui crache mes mots avec mépris.
Nancy me regarde avec surprise. Sa bouche s’ouvre mais elle ne dit rien.
« Ma chère et tendre Sara ?…Quoi ?… » puis tout à coup elle se met à rire « Non elle ne me trompe pas, » elle réussit à dire entre deux respirations.
« Désolé de te l’apprendre mais c’est le cas, » je ne suis pas désolée du tout, mais je suis toujours furax contre Sara de tromper ma sœur.
« Cath crois moi elle ne me trompe pas, c’est impossible, » elle continue de rire.
« Et qu’est ce qui est si drôle ? » je lui demande en colère.
« Toi, à vrai dire…Tu penses que…Sara et moi…elle ne peux pas me tromper Cath. »
« Et pourtant elle le fait, » je lui répète fermement. Elle arrête de rire et me regarde attentivement avant de soupirer.
« Non elle ne me trompe pas. Parce que me tromper voudrait dire qu’elle et moi sommes amantes. Et la dernière fois que j’ai vérifié on était juste amies elle et moi. J’admets qu’on couche ensemble à chaque fois qu’elle vient – sous entendu dans les bras l’une de l’autre, mais c’est tout. »
Je commence à sentir le goût amer du déjà vu. Par pitié tuez moi.
« Tout ces petits noms et vos ‘précédentes activités’… » j’essaye.
« Oh mon dieu, tu pensais qu’on avait… » elle glousse « On a fait une bataille de nourriture, rien d’autre, quant aux petits noms c’était pour rire. »
J’ai envie de pleurer. J’ai l’impression de me noyer. Qu’est ce qui ne va pas chez moi ? Je suis déstabilisée. J’ai probablement ruiné mon amitié avec Sara et tout ce tourment émotionnel est en train de me tuer.
« Hey, ce n’est pas grave, j’avoue que notre comportement pouvait prêter à confusion pour le reste du monde, » me dit gentiment Nancy.
« Je dois y aller» lui dis je avant de sortir comme si j’avais le feu aux fesses. Elle ne dit rien et se contente de me regarder m’éclipser.
J’ai de sérieux problèmes.
xxxxx
Je vais au travail et m’enterre sous des tonnes de boulot. Le travail est bon. Il m’anesthésie, je ne pense pas, je ne ressens pas. Le bon côté est que j’achève pas mal de travail. Mon affaire se déroule bien et j’ai remplis presque toute la paperasse…Maintenant je comprends l’attitude de Grissom, le travail peut être un très bon ami quand tout ce dont vous avez besoin est de faire taire vos maux de cœur.
Soyons franc : le travail ne résout pas les problèmes mais pendant une période définie ils les mets en suspend. Et c’est vraiment tout ce dont j’ai besoin pour le moment.
J’ai aperçu Sara deux fois ce soir et elle m’a à peine regardé. Après ça j’ai redoubler d’efforts dans mon travail. Pour une fois je trouve que la fin du service est arrivée trop tôt.
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Je récupère Lindsey et nous allons à la maison. On passe un moment paisible ensemble, on parle beaucoup et ensuite on regarde un film.
Elle m’a subtilement demandé si je m’étais occupée de régler le problème avec Sara et je lui ai répondu que je travaillais sur le problème. Pas des masses je l’avoue, mais ce n’est pas si facile. Il se passe beaucoup de choses et je suis perdue et confuse et je me sens bête et je suis énervée et j’ai envie de pleurer et j’ai envie de crier et j’ai peur et je suis furax et je suis blessée et je….vous voyez ce que je veux dire maintenant ? C’est trop. J’ai besoin de savoir ce qui ne va pas chez moi avant d’envisager de régler les choses avec Sara.
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C’est mon jour de congé et j’ai emmené Lindsey à l’école, maintenant je suis seule à la maison. Je fais les cent pas – j’ai l’impression de ne faire que ça quand je suis seule à la maison.
Ok essayions de précéder méthodiquement. Qu’est ce qui se passe avec moi ? Non, c’est une question trop vague. Je dois faire ça pas à pas – petit pas. Alors voyons, qu’est ce que je sais ? Je sais que je suis instable sur le plan émotionnellement quand il s’agit de Sara. Question : pourquoi ?
‘Je sais pourquoi…demande moi…’ Pas encore toi. Je connais cette voix, c’est la voix de Nancy, comment est ce qu’elle a atterrit là je ne sais pas mais c’est super flippant.
‘Cath…Cath…Cath…il est temps de faire face au monstre. L’éléphant ne va pas s’en aller, au contraire il va grandir à tel point qu’à un moment tu ne pourra même plus respirer…alors laisse moi t’aider,’ mon dieu, je deviens folle. On seulement j’entend une voix alors que je suis seule, mais je vais écouter ce qu’elle a à dire. Qu’est ce que j’ai à perdre de toute façon ? Ok ne répondez pas cette question.
‘Qui est Sara pour toi ?’ facile, une amie.
‘Qu’est ce que tu ressens pour elle ?’ de l’amitié ?
‘Oh pitié, fais un effort tu veux ? Sois honnête,’ je suis honnête !
‘Non tu ne l’es pas. Tu ne dis pas tout,’ je n’ai pas particulièrement envie d’aborder ce sujet.
‘Il le faudra bien pourtant, tout est dans les détails, alors… qu’est ce que tu ressens pour elle ?’ je…je suis attirée par elle, je suppose. Content ?
‘Bien, pertinence de ce détail ?’ je n’en sais rien.
C’est vrai, je n’en sais rien. Je suis attirée par Sara, il n’y a pas d’intérêt à le nier. J’ai été attirée par elle quelque part entre la réplique ‘deux femmes aguerries en valent mieux qu’une’ et la conversation téléphonique ‘bling-bling’. Je dois l’avouer elle est mignonne, belle même. Oui elle est belle à sa façon. Elle n’est même pas consciente de son potentiel.
Tous les laborantins ont – à un moment ou à un autre – baver devant elle, même les officiers. Vous pensez qu’elle l’a remarqué ? Non. Bref elle est belle vraiment belle, le genre de beauté subtile. Et elle est aussi belle de l’intérieur que de l’extérieur, je peux vous l’affirmer maintenant que j’ai appris à mieux la connaître. Je ne lui voue pas un culte, mais c’est vrai. Elle est dévouée, loyale, digne de confiance, drôle, intelligente, généreuse, et ce n’est même pas la moitié de ses qualités. Je ne dis pas qu’elle est parfaite, elle a bien ses défaut et elle sait comment me rendre chèvre mais c’est une personne formidable.
Et le fait qu’elle soit une personne si bonne ne la rend que plus attrayante.
Je suis attirée par Sara oui. En règle générale je suis attirée par les hommes aussi bien que par les femmes. Allez quoi, j’ai été danseuse exotique, j’ai travaillé avec des milliers de femmes nues, aux formes de rêve. Être l’objet de regards vicieux et faire partie des fantasmes dégoûtants d’hommes tous les soirs pouvais être pesant parfois, à tel point que la seule vision d’un homme en était répugnante. C’est là que les femmes entrent en jeu. Alors…vous pouvez vous en douter, j’ai fait bien plus que de n’être qu’attirée par des femmes. C’est beaucoup de fun, mais je n’entrerai pas dans les détails. Juste ceci par contre, si je devais établir une liste de mes dix meilleures expériences sexuelles, il y aurait deux femmes ex æquo en première position…sans commentaire.
Retour au sujet qui nous intéresse. Je suis attirée par Sara. Ça pourrait expliquer la jalousie. Non pas que j’aie jamais eu l’intention de faire quelque chose de cette attraction, mais maintenant qu’on est proches elle et moi…je pense que…ben ça me perturbe un peu qu’elle puisse être aussi ouverte et qu’elle flirt avec les gens mais pas avec moi.
‘Comme c’est mignon…mais ce n’est pas la raison pour laquelle tu a agis comme tu l’as fait et tu le sais,’ je ne vois pas de quoi tu parles dans ce cas.
‘Tu sais très bien ce que je veux dire,’ eh bien non je ne vois pas, sinon je ne serais pas en train de parler à une voix dans ma tête quand je suis sensée être une personne saine d’esprit, tu ne crois pas ?!!
‘Tu étais jalouse,’ oui je l’ai déjà dit, passes à autre chose.
‘Non, je veux dire JALOUSE,’ passes à autre chose.
‘Ok, disons que cette attraction explique ta jalousie, mais ça n’explique pas l’instabilité émotionnelle,’ un bon point pour toi, mais je n’ai pas d’explication pour ça.
‘Deux mots : jalousie mal placée,’ ça en fait trois, encore une fois, passes à autre chose.
‘Pourquoi étais tu jalouse alors ?’ arrggh parce que….juste parce que !
‘Très articulé. Maintenant est ce que tu pourrais arrêter d’agir comme une gamine de cinq ans butée,’ t’es vraiment comme ma sœur, toujours à me pousser.
Très bien, j’étais jalouse parce que…parce que….parce que ce n’était pas moi, parce qu’on est devenues si proches que j’étais jalouse du fait qu’elle puisse être si tactile avec tout le monde sauf moi. Je veux dire, elle couche avec Nancy à chaque fois qu’elle la voit, elle est affective avec Greg, même avec Warrick et Nick, mais avec moi elle est fermée, bien entendu pas autant qu’elle l’était avant mais quand même. Un câlin. Un petit câlin et un baiser microscopique sur mon front, c’est tout ce que j’ai à chaque fois qu’on se voit. Ma sœur a le droit à un câlin toutes les cinq minutes et dors dans ses bras presque tout le temps. Je suis une personne très tactile et parfois j’ai besoin d’avoir un contact physique – une main sur l’épaule, une main sur la joue, mais Sara me refuse ça. Elle laisse tout le monde le faire sauf moi. Alors oui je suis jalouse et ce n’est pas mal placé.
‘Bien mais ça n’explique pas la rage et la peine quand tu l’as vu avec Greg ou quand tu les as vu, Nancy et elle dormir ensemble, ou quand tu as imaginé des choses entre elles.’ Je ne sais pas de quoi tu parles.
‘Bon, laisse moi te rafraîchir la mémoire dans ce cas. Quand tu l’as vu mettre sa langue dans la gorge de Greg ou quand tu as imaginé Nancy et elle faire des choses impliquant du miel et…’ arrête ça !
‘Qu’est ce que tu as ressenti dans ces moments ?’
Jalouse. Je me suis sentie enragée et dégoûtée. Je me suis sentie blessée. J’ai eu l’impression de la surprendre en train de me tromper.
‘Te tromper ?’
Oui c’est ce que j’ai ressenti. C’est pour ça que je me suis disputée avec elle, c’est pour ça que j’étais furax.
‘C’est tout ?’
Qu’est ce que je peux dire d’autre ?
‘Elle et Nancy. Elle et Greg. Et ensuite ?’
Elle était en train de l’embrasser. Elle était en train de l’embrasser. Elle était en train de l’embrasser. Elle était…t’as pigé l’idée. Ça a fait mon estomac se retourner et je bouillonnais de jalousie… elle dort avec Nancy sur le canapé à chaque fois et tu devrais les voir quand elles dorment elles ressembles à des amantes….elles sont comme…..Nancy était radieuse et la réplique ‘toujours mouillée’…et tout leurs petits noms….j’ai eu l’impression que…
‘Allez, dis le.’
J’ai eu l’impression que…
‘Dis le…’
J’ai eu l’impression qu’elle avait brisé mon cœur en miettes !!!…J’ai eu l’impression qu’elle avait prit mon cœur hors de ma poitrine, qu’elle l’avait jeté par terre et avait marché dessus puis qu’elle l’avait coupé en petits morceaux et qu’elle y avait mis le feu et…wow…attends une minute…Oh. Mon. Dieu.
‘T’as pigé. C’est pour ça que tu ressens ce que tu ressens quand tu es dans ses bras, c’est pour ça que tu es si en colère dès qu’il s’agit d’elle et de quelqu’un d’autre…’
Non, non, non, non, non… ce n’est pas possible. Moi. Sara. Sara. Moi. Moi et Sara. Non. Non. C’est juste de l’attirance et un manque de promiscuité. Je ne peux pas être…Non c’est impossible. Je ne suis pas…de Sara…
‘Continue ma chérie on y est presque…’
Non
‘Dis le…’
Moi, amoureuse de Sara. C’est…Non…Tu m’as amenée à penser ça ! Mon dieu, c’est une blague. Je…je ne suis pas…Bonté divine…
Je suis amoureuse de Sara.
‘Pas tout à fait exacte si tu veux mon opinion…’
C’est vrai.
Je suis follement amoureuse de Sara Sidle.
‘Maintenant tu peut commencer à aller de l’avant…’
Merde à tout ça !
Je suis foutue.
xxxxx
Ça fait trois jours que je n’ai pas dormi. Ça doit s’arrêter. Tous ces sentiments me tuent. J’ai un mal de tête monstrueux à cause de mes réflexions. Comment est ce que c’est arrivé ? D’où proviennent ces sentiments ? Depuis quand sont ils là ? Sont ils vrais ?
Je n’ai pas arrêté d’éviter Sara. Je ne peux tout simplement pas être proche d’elle quand il y a tant de questions dans ma tête et aucunes réponses.
Je dois régler le problème entre nous cela dit. Rien que l’idée que je pourrais la perdre me fait pleurer. Bon sang, je suis en enfer.
Je dois lui parler. Non pas à propos de ce que je ressens bien sûr mais je dois réparer notre amitié, parce que j’ai besoin d’elle dans ma vie. J’ai besoin d’elle. Je l’aime.
J’ai vraiment besoin de lui parler.
xxxxx
Je suis devant sa porte. Mes mains sont moites, ma bouche est sèche, tout mon corps est en train de trembler…en un mot je suis nerveuse.
Je frappe à sa porte. C’est étrange parce que les seules fois où je suis venue ici – en gros trois fois, maintenant quatre – c’était pour régler les choses entre nous. A chaque fois on s’était disputées à cause de mon sale caractère et je venais ici pour m’excuser.
Elle ouvre la porte et elle n’est pas contente de me voir. En fait elle ne montre pas beaucoup d’émotions. Elle m’invite silencieusement à entrer. Ma première envie est de fuir mais je me force à entrer.
On connaît bien cette danse. Je vais dans mon coin près du canapé et elle va dans le sien près du comptoir. On prend nos postions – elle croise ses bras sur sa poitrine et j’essaye de ne pas avoir l’air paniquée. Une fois qu’on est en place, on reste silencieuses en regardant aux alentours comme si les mots étaient en train de voler et qu’on essayait de les attraper. A ma grande surprise elle ouvre les hostilités.
« Je pensais que tu ne viendrais jamais » sa voix est neutre. Ça me rappelle nos anciennes disputes. Je vais devoir être forte si je veux arriver au bout de cette confrontation.
Je ne dis rien. Je comprends pourquoi elle pensait une telle chose. D’habitude lorsqu’on se dispute ça me prends quelques heures ou un jour pour venir me réconcilier. Cette fois ci ça m’a pris une semaine et demi. Je fixe le sol, n’osant pas la regarder. J’essaye de rassembler assez de force pour lui faire face. Elle me regarde avec un regard perçant, je me sens comme mise à nue, c’est un regard intense et violent, il me rend faible.
Je la regarde et elle est comme figée , son expression est dure et froide. Assurément elle n’a pas l’intention de dire un mot de plus. Je suis têtue, mais dire que Sara est têtue est un gros euphémisme. Elle peut rester muette pendant des siècles, et ce n’est pas une figure de style. C’est comme une armure, et faut vraiment être malin pour la pénétrer.
« Je….j’avais besoin de réfléchir » je dis avec une voix ferme. J’ai besoin de faire semblant d’avoir de l’assurance.
Je déteste ça. Je déteste être faible. Mais maintenant que je connais mes vrais sentiments. Non. Maintenant que j’ai reconnu mes vrais sentiments. C’est dur pour moi de rester forte devant elle. Elle continue à me regarder en silence.
« Je… suis prête à t’écouter… »
« J’en suis ravie pour toi » dit elle avec une voix froide et dénuée d’émotions.
Je dois m’accrocher, mais chacun de ses mots me blesse énormément.
« Sara, j’essaye… »
« Oh, et donc je devrais me sentir mieux ? Ou je ne devrais pas te bousculer, c’est ça ? »
Respire…Respire…je pourrais atteindre la porte en moins de dix secondes sans courir, et par la même occasion mettre fin à ce massacre. Mais cela mettrait aussi un terme définitif à notre amitié. – ou du moins de ce qu’il en reste. C’est comme ça que ça marche avec Sara. Quand on arrive au bout de la corde on a deux choix : rester et assumer ses actes ou partir. Mais on a aussi qu’une chance donc si on la fout en l’air, tant pis pour nous. Ce n’est pas une conversation que nous sommes en train d’avoir, elle est en train de me lyncher. Je ne peux même pas riposter correctement, je suis déjà au bord des larmes, allez Catherine, ressaisis toi.
« Non…J’ai eu tort l’autre jour. »
« Oui, c’est le cas, » elle constate avec une voix glaciale.
C’est drôle comme de simples mots peuvent faire autan de mal. Enfin non ce n’est pas drôle, mais j’ai mérité tout ça, n’est ce pas ?
« J’étais à côté de la plaque et j’aimerai… »
« Quel est l’intérêt ? » elle m’interrompt.
« Quoi ? »
« Quel est l’intérêt ? »
« Je…je ne comprends pas, » je ne vois vraiment pas où elle veut en venir avec cette question.
« Quel est l’intérêt à tout ça ? » elle marque une pause. « Pourquoi es tu là ? »
« Pour réparer ce que j’ai endommagé, » je lui réponds fermement essayant vainement de regagner en assurance.
« Quel intérêt ? » elle se répète à nouveau.
« Parce que…on est amies… »
« Ah oui, on est amies ? » demande elle.
Je ferme les yeux pour empêcher les larmes de couler. Respire, Catherine. J’avale la boule dans ma gorge. C’est drôle comme vos propres mots peuvent vous être renvoyés en pleine figure. Si vous saviez qu’il y a une trace pour tous les mauvais mots que vous avez dit et que ces mots seront mis de côté pour mieux vous être resservis quand vous ne les attendez plus, vous seriez beaucoup plus attentifs quand vous parlez, parce qu’avec le temps ils deviennent plus venimeux et létal.
« Sara…c’est dur pour moi…. »
« Pauvre petite, je suis dure, c’est ça ? »
« Sar… »
« Ce n’était pas si dur pour toi de me traiter de menteuse, ni même de douter de notre amitié. Ce n’était pas si dur pour toi de me blâmer pour Lindsey encore une fois – comme si je ne m’en voulais pas déjà assez, n’est ce pas Cath ? »
« J’ai eu tort…écoutes j’aimerais réparer mon erreur, » ma voix tremble.
« Pourquoi ? »
« Parce que ça en vaut la peine… » c’est comme une match de ping-pong, elle ne me laisse pas le temps de m’exprimer avant de m’assener une nouvelle question.
« Vraiment ?...tu vois, je ne pense pas qu’il y ait un intérêt quelconque de réparer ça. Quelle utilité de réparer quelque chose si c’est pour le détruire dans quelques mois ? Et puis qu’est ce que c’est ‘ça’ ?
Elle continue à me regarder. Je n’ai vraiment pas la force de ma battre, c’est comme si je me noyais doucement.
« C’est notre amitié, » je lui dis.
« Comment est ce que je peux être ton amie si tu ne me fais pas confiance ? »
« J’étais à côté de la plaque, la colère m’aveuglait, » j’essaye de m’expliquer.
« C’est trop facile, » elle soupire. Elle n’a pas bouger d’un millimètre depuis le début, son expression est toujours impassible et sa voix froide.
« Il était en train de se noyer, son pied était coincé dans la corde et cette corde l’entraînait vers le fond, et le niveau de l’eau progressait rapidement. J’ai dû maintenir sa tête hors de l’eau, mais même moi je ne peux pas arrêter la nature déchaînée. J’étais là et je ne pouvais rien faire, j’étais terrifiée. Il se noyait sous mes yeux et son regard… » c’est la première fois qu’elle me raconte ce qu’il s’est passé. « J’ai failli le perdre. A l’hôpital on a parlé, je l’ai embrassé et lui ai fait savoir à quel point il était important pour moi, mais qu’on était amis rien d’autre, c’est aussi simple que ça. »
« Je sais… »
« Non tu ne sais pas, » elle ne me laisse aucune chance. « Ce qui s’est passé entre lui et moi était supposé rester comme ça, juste entre lui et moi. Je regrette que tu en aies été témoin. C’est le genre de moment que tu ne partage pas avec les autres parce qu’ils ne comprendraient pas… »
« Je comprends… » je suis en train de trembler comme une feuille. Je croise mes bras sur ma poitrine comme pour m’empêcher de tomber en miettes, mais elle ne recule pas et continue de me faire me sentir misérable.
« Tu n’as jamais réalisé combien il m’en coûtais de te laisser être proche de moi. A chaque fois que je laisse une défense tomber c’est un sacrifice, je m’expose, je me mets en position de vulnérabilité, » elle regarde ailleurs puis se reviens sur moi.
« Tu es venue ici et tu m’as dis que tu voulais qu’on soit amies. Pendant tout ce temps cette décision t’a appartenue. J’ai essayé encore et encore d’être ton amie mais tu m’as toujours rejeté. Toujours. Mais ce jour la tu est venue et tu as demandé que je te face confiance, que je te donne une chance ? Pour une fois, c’est toi qui t’exposais. Et j’ai décidé de te laisser une chance, et comme toujours tu as attendu que je me sente en confiance pour me rejeter de nouveau. »
Je n’arrive même pas à la regarder en face. Bienvenue à mon exécution.
« Quand on ne s’entendait pas ton attitude ne me dérangeait pas. Ça faisait mal un jour ou deux, mais je ne m’attardais pas dessus. Mais en étant vulnérable…c’est tout simplement létal. »
« Tu es tellement sur la défensive avec moi. On est amies mais c’est comme s’il y avait toujours un mur entre nous. Parfois ça m’énerve et je perds mon sang froid. Quand je regarde autour il n’y a pas ce mur entre toi et les autres. Mais avec moi… »
« C’est parce qu’il ne savent pas comment me faire mordre la poussière en moins de dix mots. Toi si, » elle constate.
« Donne moi une chance… » je murmure.
« Je ne sais pas si je peux, » je sens mon cœur saigner. « Je ne suis pas à l’épreuve des balles Cath. Il y aura un moment où ce petit jeu devra prendre fin. C’est un cercle vicieux. Tu dis quelque chose de blessant, ensuite tu viens ici et on répète la même scène encore une fois, il y a un ‘happy end’ et on passe à autre chose. Je ne sais pas si j’ai envie de faire ça à nouveau, j’en ai marre et je suis fatiguée. J’en ai marre de toujours être celle qui prend les coups. »
« Sara…ça ne se reproduira pas. »
« Je ne sais pas si je peux te faire confiance» elle utilise mes propres mots contre moi et ça fait vraiment mal. Elle sait exactement l’effet de ses mots sur moi. Elle a ce sourire narquois et ce regard froid pour le prouver.
« Quel effet ça fait Cath ? Dis moi ce que ça fait d’être celle qui doit entendre ces mots. Qu’est ce que ça fait d’être de l’autre côté ? » elle me regarde intensément. Dîtes moi qu’elle ne s’attend pas vraiment à ce que je lui réponde. « Tu ressens cette douleur ? » elle laisse ses mots s’appesantir. Je ne connaissais pas ce côté de sa personnalité, cette amertume. « Bien, parce que maintenant au moins tu sais ce que je ressens quand tu dis toutes ces choses sans même y penser à deux fois. »
« C’est injuste… » je lui réponds avec colère. Elle m’en veut, soit, mais il y a des limites et là j’aurais besoin qu’elle me laisse un peu de répit.
« Injuste ? » elle secoue la tête doucement. « Tu n’as jamais été juste avec moi. Depuis la première minute de notre relation, tu te souviens ? Oh c’est vrai j’oubliais, comment le pourrais tu, après tout tu étais ‘sur le terrain’… n’est ce pas ? » elle me crache à la figure.
Je concentre le peu de force que j’ai pour rester debout.
Elle est en train de me réduire en miettes. Elle fait ça en connaissance de cause et le pire dans tout ça c’est que tout ses mots sont vrais. Tout ce temps je n’ai jamais pensé aux choses que j’avais pu lui dire ces dernières années. Je savais que certains de mes commentaires étaient déplacés, je sais bien que parfois j’étais méchante et cruelle seulement parce que je le pouvais.
Maintenant que les rôles sont inversés et je n’aime pas sa position. C’est comme si tout m’explosait en pleine figure. Et le fait que nous soyons amis et que j’aie des sentiments pour elle ne rend la chose que plus difficile. Je regarde partout pour éviter son regard, je joue nerveusement avec mes mains et j’essaie de ne pas pleurer. Mais son regard est implacable et même si je ne le vois pas je peux le sentir. Je peux sentir toute son amertume, elle sait ce qu’elle est en train de faire. Et je me déteste pour ne pas être en mesure de lui tenir tête, mais je ne la supplierai pas d’arrêter, au moins je garderais ma dignité.
« Je ne t’ai jamais menti. Tu m’es très précieuse. Cette amitié m’est précieuse, mais si tu ne me fais pas confiance alors on ferait mieux de laisser tomber maintenant. »
« Je te fais confiance… »
« Il aurait fallu le faire plus tôt. »
« Je… »
« Aussi important et précieux que cela soit pour moi, je ne sais pas quoi faire, » elle soupire. « J’ai besoin de temps. J’ai besoin de temps pour panser mes blessures et pour réfléchir. »
Je ne vais pas pouvoir retenir mes larmes plus longtemps. Il faut que je sorte d’ici.
« Je comprends… » je dis. Je la regarde mais son expression ne s’est pas adoucit. « Passe quand tu… » je n’arrive même pas à finir.
« Oui. Espérons que je n’attende pas de me sentir intégrée. »
« …j’dois y aller » ma voix est étouffée par les sanglots et j’ai du mal à marcher. Je me précipite vers la porte sans même la regarder. C’était un coup bas.
xxxxx
J’arrive à me rendre chez moi en un morceau. Je m’affale sur le canapé et pleure. Et je pleure et pleure…
La douleur est insoutenable.
Merde.
Chapitre 23 : Sara
Merde.
C’était brillant, vraiment. Tu l’as mise à terre et tu l’as frappée lorsqu’elle était sans défenses. Bien joué Sidle. Tu peux être fière de toi, c’était malin, mature et très utile. Et pourquoi est ce que tu l’as fait ? Par revanche, amusement ? Non. Parce que tu le pouvais. C’est tout. Seulement parce que tu le pouvais. Tes parents peuvent être fières de toi maintenant…
Merde.
Je frappe un mur et ensuite je commence à balancer tout ce qui me tombe sous la main. Je suis une lâche. Je suis le monstre qu’on m’a appris à être. Je n’aurais pas dû faire ça, ce n’est pas moi.
Merde.
Je commence à faire les cent pas comme un animal en furie. Dernièrement ça a été dur pour moi de tout encaisser. Elle ne m’a jamais autant blessée auparavant. J’ai passé presque deux semaines à attendre qu’elle arrête de m’ignorer. Je pensais même qu’elle avait laissé tomber. C’était une torture. Quand bien même, ce n’est pas une excuse pour la traiter comme je l’ai fait. C’était bas. Je l’ai blessée et je l’ai fait exprès. Je savais ce que je faisais la seconde où elle a commencé à parler.
Le pire dans tout ça c’est qu’il y a une part de moi qui voulait lui faire du mal, qui savait exactement comment y arriver et qui a pris un malin plaisir à le faire.
J’étais comme mes parents. J’avais l’avantage et j’en ai abusé. Je me suis toujours juré que je ne serais jamais comme eux. Mais la vérité c’est que je dois me battre contre cette part de moi, parce qu’au fond je sais que je ne suis en aucun cas différente d’eux. Une chose est sure si jamais je sens que je perds la bataille avec cette partie de moi j’avalerais mon flingue sans hésitation. Je n’imposerais jamais l’enfer que j’ai vécu à quelqu’un d’autre.
J’ai laissé tomber Cake encore une fois. Je lui ai promis que j’essaierai de régler le problème et qu’est ce que j’ai fait ? Je fais du mal à Catherine en connaissance de cause et je le rejette. Je lui renvois ses propres mots en pleine figure avec toute mon amertume. Elle avait raison j’étais injuste avec elle. Je le sais, je le savais mais ça ne m’a pas empêché de continuer.
Je suis énervée. Contre moi pour devenir ce que je déteste. Et contre elle pour ne pas réaliser à quel point elle me fait du mal.
Merde.
xxxxx
Ça fait une semaine. Une longue semaine. Une longue et douloureuse semaine.
J’ai eu des cauchemars – rien de nouveau. Mais dans ces cauchemars j’étais le bourreau et Catherine était la victime. J’étais mes parents et elle était moi. Je n’ai pas vraiment dormi depuis longtemps maintenant, 45 minutes par jour quand je suis chanceuse, si je suis chanceuse. Je n’ai pas arrêté de revivre notre dispute et à chaque fois c’est le même résultat, je l'écrase sans merci.
Qu’est ce que je veux faire ? Est-ce que j’ai envie de la laisser tomber ? Est-ce que j’ai envie de tirer en trait sur notre amitié ? Je sais que je n’ai pas envie d’être blessée de nouveau, mais je ne pourrais être en rapport permanent avec elle sans être son amie. En tout cas pas maintenant que je sais ce que ça fait.
Pour une fois je n’ai pas envie de fuir. Pour une fois j’ai envie de faire les choses dans les règles. J’aimerai finir quelque chose, l’achevée, si j’abandonne maintenant je ne me pardonnerai jamais. Alors je pense qu’il est temps de prendre mon courage à deux mains et de faire face.
Il est temps...
xxxxx
Le service est terminé. Greg m’a invité à prendre le petit déjeuner mais j’ai décliné son invitation. Au lieu de ça, je suis rentrée chez moi, je me suis changée et je suis repartie. Pendant tout le voyage j’ai élaboré un plan. J’ai essayé de formuler ce que ‘j'avais à dire. J’espère qu’elle voudra encore essayer.
Je suis arrivée devant chez elle il y a dix minutes, mais je suis restée dans ma voiture. Je prend une grande inspiration et sors pour aller jusqu’à sa porte. J’attends encore un peu, j’ai bien réfléchi à tout ça et je suis sur le point de prendre une grande décision. Les chances sont égales. J’y gagne tout ou j’y perds autant. Mais il n’y a pas d’option alternative, je pense que c’est pour le mieux.
Je frappe à la porte.
Catherine ouvre la porte. Elle a l’air fatiguée et fragile. Il y a de la tristesse dans ses yeux. Je sais que c’est moi qui l’ai mise là, ou en tout cas une partie. On se regarde pendant un instant. Elle retourne à l’intérieur, laissant la porte ouverte, me laissant le choix entre rester ou partir. J’entre.
Elle est dans la cuisine et met la cafetière en marche. Elle se tourne vers moi et s’appuie sur la table de travail. Je reste près du comptoir. Il faut bien commencer quelque part alors…
« J’ai beaucoup réfléchi, » je lui dis. « Je suis arrivée à la conclusion que tout ça devait s’arrêter » je vois la panique envahir son regard, elle pâlit légèrement et détourne son regard. « Ce petit jeu du ‘yo-yo’ je veux dire. »
« Je sais » sa voix est ferme mais incertaine.
« Tu as toujours été au contrôle de cette relation. On joue toujours selon tes règles. Tu es celle qui a décidé si je méritais ton amitié, tu es celle qui décide quand nos disputes son finies, tu es celle qui décide quand tu ne veux plus de moi et celle qui décide si j’en vaut encore la peine, » je marque une pause. « Tout ça c’est fini. »
« Sara… »
« S’il te plait laisse moi finir, » je l’interrompt. « Je suis fatiguée par tout ça et je n’ai pas l’intention de recommencer une partie. Je ne te laisserais pas me rejeter et j’arrêterai de revenir vers toi seulement pour encore une fois me faire jeter. Alors on va jouer selon mes règles maintenant. Je veux être ton amie. C’est pour ça que je suis ici. Mais si tu me rejettes encore une fois, ce sera la dernière parce que je ne reviendrai pas vers toi. C’est une garantie et je tiens toujours parole. Aussi douloureux que ce soit pour moi de ne pas t’avoir dans ma vie, je préfèrerai ça plutôt que de continuer sans cesse ce petit jeu. Alors maintenant la balle est dans ton camp. A toi de décider de ce que tu veux faire, » lui dis je fermement.
Je ne suis pas fan des ultimatums, mais là ça s’impose. On a déjà joué ce jeu trop longtemps, et je vais devenir cinglée si on ne pose pas les limites tout de suite. J’ai étudié le problème sous tous les angles et c’est la seule solution. J’ai dévoiler mes cartes, maintenant elle prends ce que je lui offre ou elle me rejette une bonne fois pour toute et on en finira définitivement.
« Je ne peux pas te promettre qu’on ne se disputera pas parce que… »
« Nos personnalité ne nous le permettent pas, » on sourit un peu toutes les deux. « J’ai juste besoin de savoir que si jamais quelque chose te dérange, tu essaieras de me parler pour qu’on règle ça ensemble. J’ai besoin de savoir que tu ne m’agresseras pas pour ensuite seulement penser à essayer de me parler. Je sais qu’il y aura des disputes mais si je sais qu’on marche dans la même direction alors tout ira bien…. » je soupire. « Ce sont mes règles, à prendre ou à laisser. »
Je retiens mon souffle. Elle continue à me regarder. Mon cœur cesse de battre pendant un moment, une fois de plus c’est elle qui est aux commandes.
« Je prends» elle répond fermement. « Je prends» elle répète.
Je respire à nouveau. Je souris un peu et elle aussi. Bien sûr ce n’est pas aussi simple que ça, on a encore beaucoup de pain sur la planche, mais au moins c’est un début.
« Tu veux rester pour déjeuner ? » elle me demande . A la voir on dirait que c’est la chose la plus dure qu’elle aie eu à faire.
« Je ne peux pas. J’ai des choses importantes à faire aujourd’hui, » je peux voir que ma réponse la blesse, mais elle ne proteste pas.
« Ok » elle murmure.
Je fais demi tour et elle me reconduit à la porte. J’ouvre la porte et me tourne vers elle encore une fois. C’est comme si le temps s’était arrêté. Je ne sais pas quoi faire, dois je lui faire un câlin ou pas ? Ce n’est pas que je n’en ai pas envie, j’en ai envie, c’est juste que tout à coup ça ne parait pas aussi évident qu’avant. Je dois apprendre à la laisser être physiquement proche de moi.
« Tu penses que tout ira bien ? » elle brise le silence.
Je lui caresse la joue délicatement et lui embrasse le front – c’est un baiser aussi léger que les ailes d’un papillon.
« J’en suis sure, » je lui dis – je ne sais pas si j’essaye de la convaincre ou de me convaincre moi-même, peut être les deux.
J’espère que j’ai raison.
xxxxx
C’est donc là que tout à commencer à nouveau.
Une semaine s’est écoulée et rien n’a changé jusqu’ici. Bien sûr maintenant quand je la croise dans les couloirs ou dans la salle de repos, je lui souris. Généralement on essaye de parler un peu mais c’est toujours très maladroit alors on laisse tomber. On est de retour à la case départ, voir plus loin.
Mais j’ai envie que ça change, c’est pour ça que je suis devant sa porte. On a besoin de passer cette phase, cette incertitude. Je frappe à la porte.
Elle est surprise de me voir là, mais contente je crois. Je ne suis pas revenue depuis notre dernière conversation ici, pas de petit déjeuner, pas de déjeuner, même pas un café ici. Ça fait quoi ? Une semaine, un jour, dix heures et quelques choses comme 30 minutes – quoi ? – et pourtant j’ai l’impression que je revenais après 10 ans d’absence.
Elle me fait entrer et je reste dans l’entrée. Elle ferme la porte puis me fais face. On se regarde en silence, elle semble mal à l’aise, nerveuse, à tel point qu’elle a du mal à soutenir mon regard. Peut être que ce n’était pas une bonne idée de venir ici, je veux dire, peut être qu’elle veut prendre les choses lentement.
« Hey, » je dis. Pas très articulé je sais, mais il faut bien commencer quelque part an plus je crois que je suis sur le point de m’étouffer avec toute cette tension.
« Je…je suis contente de te voir, » dit elle gentiment. « Ici » elle ajoute.
« C’est bon d’être ici » je lui réponds sincèrement.
« P’tit déj’ ? »
« Avec plaisir » je lui souris avant de la suivre dans la cuisine.
On est en parfaite harmonie ici, chacune de nous c’est ce qu’elle doit faire. Je m’occupe du café et du pain, elle s’occupe des fruits, des mugs et des condiments.
On prend place puis on attend que le café soit prêt.
« Il y a une raison pour ma venue, » je commence. Elle semble un peu prise de panique. « Dernièrement j’ai eu l’impression que ça ne marchait pas très bien entre nous… »
« Tout va bien, n’est ce pas ? » elle m’interrompt.
« Oui, bien sûr. Désolé, je ne voulais pas insinuer le contraire. Tout va bien, ne t’en fais pas. C’est juste que j’ai la sensation qu’il y a comme une distance entre nous. Et je voulais savoir si tu… »
Et là quelque chose se produit dans mon cerveau. Je vois les mots ‘rendez vous’ clignoter en lettres de néon rouge dans ma tête. Alors ça me rend nerveuse et c’est comme s’il y avait une armée de papillons dans mon estomac, ma bouche s’assèche…je suis troublée à tel point que je peux m’entendre dire quelque chose comme ‘Euh…je….euh…je…je…’ et tout ça pendant une minute.
Trois mots : pet de cervelle. Reprends toi Sidle ! C’est ridicule parce que je ne suis pas sur le point de lui proposer un rendez-vous, mais j’en ai l’impression car depuis le début de notre amitié on n’a jamais fait aucune sortie. On a passé beaucoup de temps ensemble mais on restait toujours chez elle, mais ce n’est pas un rendez vous galant, ce n’est pas un rendez vous galant…
C’est ce que je me répète dans ma tête avant de me concentrer de nouveau sur elle.
« On…euh…on a fait un pari et je pensais collecter mes gains, » elle me regarde intriguée. « Le pari du chocolat chaud. Et vu que tu a perdu, tu est sensée être mienne » ses yeux deviennent aussi rond que des assiettes et je me rends compte de ce que je viens de dire. Subtil Sara, très subtil. Vous pensez qu’ils font des batteries de rechanges pour les cerveaux ? Parce que la mienne à brûlée. « Toi, Lindsey, Nancy et Jérémy je veux dire. Enfin bref, ce sera marrant, alors j’ai déjà demandé à Nancy et aux deux monstres s’ils étaient d’accord…je sais que vendredi tu a ta journée…je ne veux pas être présomptueuse…je voulais savoir si tu voulais en être ou pas… » c’est quoi cette invitation ? ‘Je voulais savoir si tu voulais en être ou pas ?’ c’est lamentable.
Elle ne réagit pas. En fait, elle donne l’impression d’être ailleurs.
« Catherine ? »
« Euh ?... Oh…Oui, bien sûr…ce serait sympa, » elle bégaie.
« Génial ! » je réponds à la hâte. Du calme Sidle, bon sang !
Maintenant que c’est réglé je me sens soulagée et plus à l’aise. On commence à prendre le petit déjeuner, et on discute sans interruption. Mais j’ai toujours cette impression qu’elle est nerveuse et mal à l’aise. Je pense que le problème vient de moi. C’est un peu étrange mais je ne lui en fais pas part.
Un ange passe.
« Tu m’as vraiment manqué » je lui dis en posant ma main sur son bras. Elle sursaute violemment comme si elle avait été brûlée et renverse son mug de café sur la table. Elle se lève si rapidement que sa chaise tombe à la renverse. Wow, il y a vraiment un problème quelque part. « T’es sur les nerfs… »
« Merde… » elle s’exclame et commence à nettoyer la table comme si elle ne m’avait pas entendu. En fait, je crois même qu’elle m’ignore.
« Cath… » je lui prends les mains et l’oblige à me faire face. « Il y a un problème avec le fait que je sois là ? »
« Non, non…je… »
« Tu sembles nerveuse depuis que je suis arrivée. »
« Je sais c’est juste… » elle refuse d’affronter mon regard.
« Quoi ? Qu’est qu’il y a ? » ma voix est douce.
« J’ai l’impression de marcher sur des œufs. J’ai tellement peur de faire quelque chose de travers que j’ai du mal à me laisser aller » elle me confesse.
Je la comprends. Je ressens la même chose. En tout cas c’est ce que je ressentais en arrivant, mais plus maintenant. Cette dernière semaine. On était toute les deux consciente du fait que notre relation était de nouveau fragile. On avait tellement envie que tout se passe bien qu’au final on s’empêchait de vivre cette relation. Mais je pensais qu’après les deux heures qu’on venait de passer ensemble je pensais qu’on venait de prouver qu’on pouvait se détendre et se laisser aller de nouveau.
« C’est stupide je sais… » elle se réprimande.
« Non, je ressens la même chose, mais tout va bien » elle à l’air d’avoir honte d’elle-même. « Viens là » je lui dis avant de la prendre dans mes bras et pendant un moment elle ne me rend pas mon étreinte, mais je ne la lâche pas et ensuite je sens enfin ses bras se refermer sur ma taille, pour se resserrer doucement. Dieu, que ça m’a manqué.
« Tu m’as manquée toi aussi » dit elle contre mon épaule.
« Tout va bien, alors détend toi d’accord ? »
« Okay. »
On reste dans la même position pendant plusieurs minutes et je me recule un peu. Je ne la laisse pas complètement partir, je me positionne juste pour pouvoir la regarder. On se fixe et c’est étrange car j’ai l’impression de tomber. Je pourrais vraiment me perdre dans ses yeux. Je me ressaisis en lui embrassant le front, parce que je ne veux pas qu'elle voie ce que je ressens pour elle.
« Je ferai mieux d’y aller » je lui dis gentiment.
On se sépare péniblement, centimètres par centimètres.
« Je viens vous chercher Lindsey et toi vendredi, on partira tôt. »
« Et où est ce qu’on va ? » elle me demande.
« Tu verra » je lui souris.
On nettoie la cuisine et elle essaye de me cuisiner sur notre sortie mais je résiste et ne vends pas la mèche. Ensuite je m’en vais mais pas avant de lui avoir fait un autre câlin et embrasser son front une nouvelle fois. C’est notre truc, et j’y suis accro, que voulez vous que je vous dise ? Je l’aime et si c’est tout ce que je peux avoir alors j’en profite un max.
Chapitre 24 : Catherine
Elle m’a fait un câlin et m’a embrassé. Deux fois. Et la première fois c’était vraiment intense, pendant une seconde j’ai cru qu’elle allait m’embrasser sur la bouche. Je sais je fantasme. Mais ses baisers m’ont donnés la fièvre, et ils n’étaient que sur mon front, j’ignore si je survivrai le jour où elle m’embrassera sur les lèvres. Oui, bien sûr, comme si ce jour arrivera ! Mais rien que d’y penser fait mon cœur battre la chamade. Une fille a bien le droit de rêver n’est ce pas.
Est-ce que j’ai dit qu’elle m’avait fait un câlin et embrassé deux fois ? C’est un bon signe. Et elle m’a touché le bras, la chaleur de son corps a tout simplement enflammé ma peau, et elle a dit que je lui avais manquée, et elle m’a fait un câlin et embrassée deux fois….je l’ai déjà dit je crois.
Oh, et est ce que j’ai dit qu’on sortais ensemble vendredi ? Ok, ce n’est pas un rendez vous, mais ce sera notre première sortie ensemble. Je suis tellement excitée…et elle m’a fait un câlin deux fois. Et elle m’a embrassé le front deux fois aussi. Rien que d’y penser me ça rend toute flagada…deux fois…pas une fois, deux fois !! Vous vous rendez compte ?....Ok, je me calme…juste une dernière chose, elle m’a fait câlin et embrassé le front DEUX FOIS !!
xxxxx
Bon sang, j’ai l’impression d’être de retour au lycée. Toute la semaine je me suis sentie comme une écolière, je ne pouvais pas m’empêcher de penser à Sara, quand elle venait pour le petit déjeuner, j’étais impatiente d’avoir son câlin et son baiser ; et lorsque j’étais dans ses bras j’avais l’impression de fondre et de flotter en même temps. Je pouvais sentir les papillons dans mon estomac.
C’est tellement intense quand je suis dans ses bras, c’en est presque…orgasmique.
Mon cœur bât plus fort quand je pense à elle, quand je la vois et il explose presque dès que je suis dans ses bras. Je suis accro et je suis amoureuse.
Je suis foutue.
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C’est enfin vendredi ! Vous n’avez jamais cette impression que plus vous voulez que le temps passe vite et plus il va lentement ? Je suis tellement excitée que je n’en ai pas dormi de la nuit.
Elle est venue nous récupérer Lindsey et moi à 9h ce matin, ensuite nous avons été chez Nancy. On a pris deux voitures, alors Nancy nous suit avec Jérémy, et vu qu’il voulait parler avec Lindsey pendant le voyage….je suis seule dans une voiture avec Sara. Il y a moins d’un mètre entre nous et mon corps est déjà en surchauffe. On parle sans interruption. J’ai besoin de me distraire pour empêcher mon corps m’envoie des messages à mon cerveau et mon cerveau de fantasmer sur la femme à mes côtés. Je suis un peu perturbée, comme vous le voyez.
C’est un long voyage. Un très long voyage. Et je suis consciente de chaque seconde qui passe.
Je suis ravie lorsqu’on arrive enfin à notre destination – c'est-à-dire quelque part au milieu de nulle part près d’un lac et d’une forêt, parce que j’étais sur le point de prouver la théorie de la combustion humaine.
« C’est quoi cet endroit ? » je demande à Sara en détendant mes jambes un peu.
« Bienvenue dans mon sanctuaire, tu vas adorer, relax… » elle souris.
On rejoint Nancy et les enfants et on s’installe près du lac. Il y a quelques personnes autour de nous, bon au moins on n’est pas vraiment au bout du monde.
« Je suppose que tes désirs sont nos ordres » dit Nancy avec un grand sourire.
« Et tu as raison. Pour le moment je n’en ai que deux, premièrement apprécier le pique-nique que j’ai préparé et ensuite s’amuser » lui répond Sara avec un sourire radieux.
Un pique nique, c’est comme ça qu’elle l’a appeler, en fait c’est un festin de rois. Il y a des fruits, des tartes, des sandwichs, des légumes, et plus encore et croyez moi elle sait cuisiner !
On passe un excellent moment et on clos le repas par le meilleur gâteau au chocolat que j’aie jamais mangé…
Après manger, Sara propose de jouer à cache-cache. Je me cache derrière un arbre gigantesque, c’est un point stratégique d’où je peux tout voir sans être vu. Sara trouve Nancy en premier car ma sœur est incapable de se cacher sans glousser. J’attends patiemment, et regarde Sara trouver les autres. C’est drôle, elle cherche des preuves de nos présences, comme si elle procédait sur une scène de crime. Je suppose que j’ai trouvé la seule bonne cachette car elle semble avoir du mal à me trouver, moi, en revanche je dois faire un gros effort pour ne pas rire. Attendez un peu, je ne la vois plus…
Je sens des picotements dans mon cou, ces picotements spécifiques qui vous indiquent que vous n’êtes pas seuls. Je regarde partout mais je ne vois aucunes traces de Sara. Je tends l’oreille, mais c’est inutile car je n’entends rien sauf les battements de mon cœur. Mais la sensation de ne pas être seule persiste alors je décide de changer discrètement de location. Je regarde à nouveau, et je n’ai toujours aucune vision sur Sara.
Soudain une paire de mains se pose sur ma taille et me fait sursauter, la surprise m’empêche de crier, et mon cœur affolé est la seule preuve de ma petite frayeur. Puis je peux sentir son souffle contre mon oreille.
« Je t’ai trouvé » elle dit avec une voix suave. Il y a un frisson qui me traverse toute l’échine, je n’arrive pas à croire que c’est la voix de Sara. Mes jambes flagellent et je suis contente qu’elle me tienne parce que je ne pense pas que j’aurais pu rester debout de par moi-même.
« Oui, on dirait bien » ma voix est fébrile, mais je ne peux pas me concentrer alors que ses mains sont en train de brûler ma peau à travers mon t-shirt, affolant tout mes sens. « Je ne t’ai pas vu arriver, » j’essaye de contrôler ma respiration, si elle prend note de mon émoi elle ne semble pas s’en soucier, ou du moins elle s’en sert contre moi. Je peux la sentir rapprocher son corps de mon dos.
« Je sais » elle répond calmement. Sa voix est sur le point de me faire avoir un orgasme, son ton est tellement profond et grave que je peux le sentir se réverbérer dans chaque centimètre de mon corps.
« Tu sais ce qu’on dit ? »
Je n’ai honnêtement pas la faculté de réfléchir maintenant. En tout cas pas lorsque mon corps réagit si vivement à sa présence. « Non, » j’arrive à répondre avec une voix chevrotante.
« Tout le plaisir….est dans la chasse » elle murmure avec une voix rauque, avant de m’embrasser derrière l’oreille. Bonté divine. Avec ce simple geste elle me coupe la respiration et je dois serrer les lèvres pour ne pas gémir de plaisir.
Il me faut un peu de temps avant de me rendre compte qu’elle m’a relâcher. Je suis surprise que j’arrive encore à marcher, j’ai la tête qui tourne un peu et je suis très excité, pour ne dire que ça. Je rejoins le groupe près de notre emplacement, et Sara agit comme si rien ne s’était passé.
Après ça, Nancy et moi décidons de nous reposer, pendant que Lindsey, Jeremy et Sara jouent avec un ballon. Puis je ne sais pas pourquoi, mais ils semblent partager un ‘brainstorming’ en regardant dans notre direction. J’ai un mauvais pressentiment.
« Quelle belle journée, hein ? » Lindsey dit avec enthousiasme, si vous voulez mon avis je dirais qu’elle ressemble au diable en personne.
Puis Sara et Jérémy se joignent à elle, et soudain Nancy et moi nous retrouvons encerclées. J’ai l’impression d’être prise au piège. Leur regard est effrayant, j’ai l’impression d’être une petite souris encerclée par des lions, si vous voyez ce que je veux dire.
« Oui, t’as raison. Qu’est ce que t’en pense Jérémy ? » demande Sara avec une voix étrange.
« C’est une belle journée, » il répète.
Ok, je pense qu’il est temps de s’enfuir, je n’aime pas du tout ce qui est train de se passer. En quelques secondes ils attrapent Nancy – qui se réveille en sursaut et commence à paniquer. Linds et Jérémy lui tiennent les pieds alors que Sara lui tient les bars….et ils commencent à se diriger vers le lac…
« Cath, aide moi !... » me crie Nancy , non je ne pense pas.
Puis Sara et les enfants comptent jusqu’à trois en la balançant au dessus du lac….ensuite il y a un grand splash. C’est hilarant, je prends des photos de Nancy, elle ressemble à un chaton effrayé quand elle remonte à la surface.
« Vous allez me le payer, » Nancy les menace.
« Oh allez, c’était drôle non ? » répond Sara en gloussant.
« Ah oui ? Et que dirais tu de faire trempette ? » Je n’avais jamais vu Sara effrayé auparavant….maintenant c’est fait.
« Linds, Jérémy, un coup de main ? » Sara leur demande, ils se regardent puis lui sourient.
« Pas de problème, » ils répondent à l’unisson.
Et contre toute attente, ils aident Nancy à pousser Sara dans le lac. C’est tout simplement génial. Je me régale de cette scène. C’est une Sara en colère et trempée qui émerge de l’eau – ses vêtements lui colle à la peau laissant deviner ses formes…je pense que je bave là…
Elle se lance à la poursuite de Lindsey et Jérémy et cette fois elle est aidée de Nancy. Je suis contente que mon appareil fasse aussi caméra. Jérémy est dans le lac, et Lindsey court toujours, cette fois elle est seule contre trois car elle a ‘aidé’ Jérémy à ‘glisser’ dans l’eau. Elle leur résiste pendant cinq bonnes minutes, mais elle finit dans le lac elle aussi. J’en ris tellement que je suis sur le point d’en pleurer.
En fait, je ris tellement qu’il me faut un certain temps avant de réaliser qu’ils me regardent tous avec un regard de prédateurs. Cinq secondes plus tard je suis encerclée. Oh, là je suis mal.
« Tu t’amuses bien, n’est ce pas ? » me demande Nancy. « C’est comme ça que tu m’aide ? » elle dit en mentionnant l’appareil dans mes mains.
« Cath, Cath, Cath…. » Sara soupire en secouant la tête.
« Hey, je n’ai rien fait ! » je proteste. C’est vrai, tout ce que j’ai fait c’est de rassembler des preuves de leurs trahisons mutuelles !
« Tu es nerveuses Maman ? » me demande Lindsey .
« Fait attention Lindsey, je peux te punir jusqu’à la fin de tes jours, » je dis en essayant de ne pas montrer ma panique.
« Ooooh je suis pétrifiée » elle répond avec son sourire espiègle.
« Je vais prendre ça » dit Jérémy en prenant l’appareil de mes mains. Ok, plan B : courir.
Je commence à courir, mais je ne suis pas aussi rapide que je le pensais, Sara m’attrape après seulement quelques mètres. Je me débats mais elle commence à me chatouiller et si vous ajoutez à ça que je suis affaiblie par son contact, j’ai perdu la bataille avant même de commencer à me battre. Nancy et Lindsey la rejoignent et me chatouillent à leur tour, c’est injuste !
Je ris, crie et gigote dans tous les sens. C’est tellement insoutenable que j’en tombe par terre.
« Arrêtez, s’il vous plait…s’il vous plait… » je les supplie.
Elles continuent pendant un moment puis me laissent tranquille. Je me relève et m’écarte d’eux. Je suis rouge et ma respiration est laborieuse, et je suis même un peu mouillée vu qu’elles sont trempées toutes le trois. Elles m’ont torturée !
« Je suis mouillée, contentes ? » je leur montre mon t-shirt en guise de preuve.
Elles se concertent et conviennent de ne pas me jeter dans l’eau. Ben, j’ai de la chance après tout. On commence à retourner près de Jérémy qui a tout filmé. Mais tout à coup je ne sens plus la terre sous mes pieds, il me faut quelques secondes pour comprendre ce qu’il se passe, Sara m’a soulevée au dessus de son épaule.
« Sara…lâche moi… » mais Sara ne donne aucun signes de m’avoir entendue. « Nancy, aide moi ! »
« Bien sûr… » répond Nancy . « Chéri passe moi l’appareil s’il te plait, » mes parents auraient dû l’appeler Bénédicte ou Judas !
« Sara….repose moi ! » je lui ordonne.
« A tes ordres » dit elle avant de s’exécuter. Vous voyez ? Je peux être très persuasive…attendez, est ce que c’est de l’eau que je sens sous mon pied….
Bon sang c’est froid ! Je commence à barboter dan l’eau. Elle a triché ! Je n’arrive pas à croire qu’elle l’ait fait !
« Je vais te tuer Sidle ! » je crie.
« Hey, je n’ai fait qu’obéir à tes ordres ! » elle hausse les épaules, l’air innocente.
Après une course poursuite et une autre session de chatouilles on décide de faire la paix. On se sèche tous, puis Sara décide de nous faire marcher un peu, alors on remballe tout, on range tout dans les voitures puis on la suit à travers la forêt.
On marche pendant 30 minutes. Enfin, le terrain n’est pas exactement plat alors ‘marcher’, n’est peut être pas le terme exacte. On arrive sur une vallée un peu surélevée par rapport au reste, on surplombe le lac. Wow. La vue est imprenable, à couper le souffle. Le soleil diffuse une lumière orangée au fur et à mesure qu’il se couche. On reste tous bouche bée devant ce spectacle. Vivre en ville pendant si longtemps a tendance à vous faire oublier à quel point la nature est magnifique.
On prend des photos pour immortaliser cette journée. Je ne l’oublierai définitivement pas, il y a bien longtemps que je ne m’étais pas autant amusée. Cette journée était parfaite du début à la fin, et Sara a été tout simplement parfaite.
On retourne aux voitures et une fois encore je suis seule avec elle, mais je suis plus détendue. Je semble avoir repris le contrôle des réactions physiques. A ma grande surprise on ne rentre pas, Sara nous emmène aux arcades de jeux vidéo.
On joue à presque tous les jeux et je dois dire que je m’éclate. Sara est plutôt douée, elle est aussi mordue que Jérémy et Lindsey, alors que Nancy et moi sommes un peu lamentables.
Avant de partir on décide de prendre des photos dans un photomaton. On en fait une bonne centaine où on fait des grimaces, on tire la langue, on s’amuse. On fait des photos de nous cinq – autant dire que c’est serré, puis ensuite on fait des photos par groupes. On fait toutes les combinaisons possibles, alors j’ai mon moment privilégié avec Sara. Pendant cinq minutes elle est près de moi, son visage contre le mien, son corps contre le mien, pendant 5 minutes j’ai l’impression d’être au paradis.
Enfin on rentre à la maison, on est vanné. On va chez moi et Sara nous fait du chocolat chaud, puis on commande des pizzas et on regarde un film. Il est presque minuit quand Nancy et Jérémy s’en vont. Je sens une pointe de jalousie quand Nancy et Sara se font un câlin, quelque part il y a quelque chose entre elles que je n’aime pas. Lindsey va se coucher presque immédiatement après le départ de sa tante et de son cousin, mais pas avant de nous avoir fait un câlin à moi et Sara pour nous souhaiter bonne nuit.
« Quelle journée, » dit soudain Sara en retournant dans le salon pour m’aider à ranger. « Mais c’était sympa. »
« Sympa ? Tu plaisantes ? C’était génial ! » je lui réponds.
« Je suis contente que tu aies passé un bon moment. Je me suis bien amusée, » elle dit. « On devrais remettre ça un de ces quatre. »
« Carrément » j’ai un grand sourire aux lèvres.
Dix minutes plus tard tout est en ordre à nouveau.
« Je devrais y aller, je suis crevée, » elle annonce.
« Tu peux rester dormir ici si tu veux, » je n’ai pas vraiment envie qu’elle s’en aille.
« Non, mais merci » elle me répond après un temps de réflexion.
Je la raccompagne à la porte. Pour la première fois c’est moi qui initie notre câlin. Je la serre fort dans mes bras pendant un long moment. Elle me retourne mon étreinte. Mon cœur est sur le point d’imploser tellement je me sens bien.
« Merci, pour cette magnifique journée, » je lui dis.
« Tout le plaisir était pour moi. »
Quand je bouge un peu ma tête elle me sourit radieusement, et je sens mes genoux devenir faibles, dieu qu’elle est belle. Elle m’embrasse le front et ses lèvres restent en contact avec ma peau un peu plus longtemps. Ensuite elle s’en va. Moi, en revanche j’ai l’impression d’être sur la lune tellement j’ai la tête qui tourne.
Après une telle journée avec elle, je suis encore plus amoureuse d’elle.
Je suis heureuse, il n’y a aucun doute là-dessus.
xxxxx
Je suis en enfer. Je rêve d’elle, je pense à elle tout le temps, et je remarque tous les petits détails la concernant, je veux la toucher tout le temps, je ne suis même pas en mesure de me servir de mon cerveau chaque fois qu’elle est près de moi, je n’arrive pas à me concentre quand elle n’est pas auprès de moi, mon cœur s’affole dès que je la vois, dès que je suis avec elle, dès que je suis dans ses bras. Je n’arrive pas à dormir, je n’arrive plus à manger, la seule chose que je sache faire c’est de penser à elle. Ces sentiments sont en train de me tuer, et ce n’est pas une figure de style.
L’amour ça craint !
Chapitre 25 : Sara
Tout va pour le mieux. En fait, ce mois ci a été le meilleur que j’aie eu depuis longtemps. Je n’ai pas cesser de sourire pendant des jours ! Tout va bien avec Catherine, tout va bien au labo. Ma vie est pleine de couleurs et de choses sans rapport aucun avec le boulot ; je suis fière de moi et je suis vraiment heureuses. Pour la première fois je prends tout du bon côté.
« Tu as l’air de bonne humeur dernièrement, » constate Nancy avant de m’offrir en verre de jus d’orange.
« Pour tout te dire, je le suis, alors… »
Catherine a dû enchaîner un second service alors je suis aller chez Nancy pour passer mon après midi en sa compagnie. C’est notre jour de repos à toutes les deux, alors autant en profiter.
« Tu comptes lui dire un jour ? » elle me demande non sequitur.
« Dire quoi à qui ? »
Elle ricane. « Dire à Catherine » elle me répond simplement.
« Qu’est ce que tu veux que je lui dise ? »
« Que le ciel est bleu, » elle le regarde d’un air exaspéré, l’air de dire ‘t’es vraiment à la masse parfois’. « Lui dire ce que tu ressens….banane ! »
« Oh ça, » je réfléchis à ma réponse. « Non » Nancy et moi parlons de mes sentiments de manière fréquente. C’est bon d’avoir quelqu’un à qui se confier, à propos de ces choses, sans se sentir jugée. Cependant c’est la première fois qu’elle me demande mon éventuel plan pour faire une déclaration à Catherine.
« Pourquoi pas ? »
« Parce que » je ne pense pas vraiment qu’elle me laissera m’en tirer aussi facilement, mais bon ça ne tue pas d’essayer.
« Très articulé comme argument, » elle sourit doucement « Pourquoi pas ? » elle répète.
Je hausse les épaules mais son regard inquisiteur refuse de me laisser tranquille. Je soupire lourdement.
« Pourquoi est ce que je ferai une chose pareil ? Je veux dire…elle ne ressent pas la même chose alors…»
« Et tu es sûre de ce que tu avances parce que… ? » elle me demande.
« Je…je le sais c’est tout. »
« Non, tu le penses, mais tu n’en sais rien, et la seule façon pour toi d’en être sure serait de lui dire » elle raisonne.
Je déteste quand elle fait appel à la logique !
« Il est hors de question que je lui dise ce que je ressens » je proteste.
« Pourquoi pas ? »
J’expire avec incrédulité « Est ce que les mots ‘cœur brisé’ t’évoquent quelque chose ? » je lui explique.
« Alors c’est tout ? »
« Tu te moques de moi ? C’est beaucoup déjà ! » je lui réponds.
« Ben, ce n’est pas une raison, c’est une excuse » elle réplique.
« Quelle est la différence ? »
« Si tu étais amoureuse de quelqu’un d’autre ce serait une bonne raison, si tu as seulement les foies c’est une excuse pathétique pour te faire te sentir mieux. »
Je n’apprécie vraiment pas la tournure que prend notre conversation. Mais d’un autre côté débattre avec Nancy est toujours utile, ça m’éclaire sur certains points.
« Tu as peut être raison, mais c’est une raison assez valable pour moi » je lui réponds.
« Comprends moi bien, je ne dis pas que d’avoir le cœur brisé soit une bonne chose, seulement que tu ne sait pas avec certitude de ce qui t’attends. »
« Tu sais quelque chose que j’ignore ? » Je lui demande, pas sûre de ce que je devrais lire entre les lignes.
« Je ne suis pas en train de jouer les cupidons, je dis juste que tu ne pourra jamais être sûre si tu ne lui dis rien. »
« Il y a 99% de chances pour qu’elle ne ressente pas la même chose » je constate.
« Ce qui veut dire qu’il reste 1% de chances qu’elle ressente la même chose. »
« Wouhou… » je lui réponds avec sarcasme.
« Hey c’est toujours une chance. Il y a une chance sur un million de devenir riche en jouant aux machines à sous, mais tous les jours il y a des chanceux » dit elle avec optimisme.
« Jouer avec de l’argent est une chose, je ne joue pas avec mon cœur, » je lui réponds fermement.
« Personne ne te demande de jouer avec ton cœur… » elle soupire et marque une pause. « Tu devrais lui dire, ce n’est pas bon de laisser nos sentiments pourrir à l’intérieur, ou un beau jour tu deviendra amère. »
« Ok, supposons que je lui dise ce que je ressente, si elle me rejette non seulement j’aurai le cœur brisé mais en plus je perdrai une amie. Oui, t’as raison, c’est un excellent plan, » je lui répond avec un humour sec.
En plus, je ne pourrais pas me remettre de ma peine. Je sais que si mon cœur se brise je ne pourrais plus jamais le réparer complètement. Mes sentiments sont beaucoup trop forts, si forts qu’ils me tueront jusqu’au bout.
« Ce n’est pas vrai. Tu ne perdras pas une amie. Accorde lui un peu de crédit, tu veux. Ce sera maladroit au début mais tu t’y feras et tu iras de l’avant au lieu de rester là à te faire bouffer par tes sentiments, mais tu auras toujours Lindsey, Jérémy, elle et moi à tes côtés. »
« Je ne prendrai pas ce risque. »
« T’es égoïste dans ce cas » elle me crache au visage. Je suis sur le point de lui répondre mais elle continue « Et si elle ressentait la même chose ? »
« C’est facile à dire pour toi ! » je lui réponds avec colère. « J’ai beaucoup trop à perdre pour prendre un tel risque ! »
« Tu vois ? Tu tournes ça autour de toi et toi seule. Arrête de ne penser qu’à toi pendant une seconde. Penses que vous pourriez être heureuses toutes les deux. Je veux dire tu pourrais la rendre heureuse…bon sang tu la rends déjà heureuse ! Et toi aussi tu serai heureuse, et ça pourrait être génial ! T’as tout à y gagner ! »
« Peut être mais la douleur après son rejet serait insupportable ! » je lui dis avec véhémence. « Je n’ai pas envie de vivre ça ! Je ne peux pas ! »
« Sara ; il y a de la douleur là où il y a des sentiments. Quand tu est engagée dans une relation avec quelqu’un que ce soit de l’amitié ou de l’amour il y a toujours le risque de souffrir, » me dit elle calmement. « Ecoute, je ne dis pas que c’est facile, je dis juste que tu ne te pose pas la bonne question. »
« Qu’est ce que tu veux dire ? »
« Est-ce que tu l’aimes ? » ça c’est une question facile.
« Oui » je lui réponds honnêtement.
« Non, je veux dire, est-ce que tu l’aime vraiment ? »
« Oui, je l’aime » je répète avec plus de fermeté et la fixe.
« Alors la question n’est pas tant de savoir si tu a envie de prendre ce risque ou non, mais plutôt si c’est un risque qui vaut la peine d’être pris» elle laisse ses mots pénétrer mon esprit. « Une fois que tu auras la réponse à cette question, je te promets que plus rien n’aura d’importance, pas même le risque d’avoir le cœur brisé » elle soupire. « Tu te dois au moins ça, à toi et à elle. Parce que si elle ressent la même chose et que tu ne lui dis rien alors vous allez perdre beaucoup de temps, d’amour et de bonheur. On n’a qu’une seule vie alors ne laisse pas passer les bonnes choses quand tu peux les obtenir. »
Elle pose sa main sur mon bras et le caresse gentiment. « C’est une question compliqué, mais c’est la seule qui compte ici. Est-ce que ce risque vaut la peine d’être pris ou pas ? Penses-y et ensuite tu verras tout redeviendras claire comme de l’eau de roche. »
Un ange passe. Je n’ai vraiment pas envie d’y penser, je ne sais pas si je le peux maintenant de toute façon. Je me sens encore plus confuse et en colère qu’il y a quelques minutes. Je suis en colère contre Nancy parce qu’elle parle comme si tout ça était simple. Je suis en colère contre moi-même pour ne pas trouver les arguments afin de lui prouver qu’elle a tort, et j’ai un mal de crâne abominable à cause de toute cette confusion de sentiments.
Je quitte Nancy pour rentrer chez moi. Mais une fois dans ma voiture je me retrouve à errer sans destination précise.
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Je suis incapable de penser clairement, et ça m’empêche de dormir parce que mon esprit est un vrai bordel, je n’arrête pas d’entendre les mots de Nancy et je n’arrête pas de me demander où exactement ça a dérapé.
Je viens de passer une semaine à étudier la question, sans succès. ? J’ai été chez Catherine 4 fois cette semaine et les 4 fois c’était inconfortable – elle était plutôt nerveuse et je n’étais pas des plus à l’aise. Je crois que je suis doucement en train de sombrée dans l’insanité.
J’ai besoin de parler à quelqu’un.
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Lorsqu’il ouvre la porte il est plus que surpris de me trouver sur son palier mais il m’invite à l’intérieur avec un sourire doux.
« J’espère que je ne dérange pas, » je commence nerveusement.
« Non, pas du tout, » il me répond. « Il y a un problème ? » me demande il avec inquiétude.
« Je ne sais pas, j’ai beaucoup réfléchi dernièrement et je n’arrivais pas à trouver de réponse et j’ai réfléchi un peu plus et je me suis retrouvée ici, » je dis d’un air mal assuré.
« Sara, est ce que tu es sûre que tu vas bien ? »
« Je ne vais pas bien ça c’est sûr, » je soupire. « Ecoute Grissom, je pense qu’il faut qu’on parle. »
« A quel propos ? »
Je regarde nerveusement autour de moi avant de le regarder à nouveau. « Nous. Je pense qu’il faut qu’on parle de nous » je lui dis finalement.
Chapitre 26 : Catherine
Je me noie dans mon agonie. Ce truc que je ressens….cet amour….est en train de me tuer, et ce n’est pas qu’une figure de style. Je suis sérieuse, ça me mets sur les nerfs.
Je n’ai jamais cru les gens qui parlaient de l’amour comme d’une maladie. Maintenant je sais qu’elles avaient raisons. Et je le sais avec certitude car je suis malade et je ne sais plus que faire. Je mange à peine, je dors à peine, mon cœur fait des bons de par lui-même, mon estomac s’amuse à faire des nœuds et fait un élevage de papillons, et ma tête n’arrête pas de jouer au ping-pong avec mes pensées…et ça c’est seulement quand elle n’est pas là.
Quand elle est là c’est pire. A tel point que je souhaite presque être morte. Tout va de travers, je ne me reconnais plus. Je n’ai plus le contrôle sur quoique ce soit. Et je n’aime pas perdre le contrôle. Ma vie a besoin de contrôle, d’ordre. Mais dernièrement il semble que tout est en désordre. Alors je me charge de travail parce que c’est la seule chose que je contrôle encore.
La raison de ce tourment ? Sara. Ou plus précisément mes sentiments pour elle. A un moment je me suis dite que peut être ils n’étaient que temporaires, que j’avais juste un bégin. Quelle claque dans la figure que de m’apercevoir que ces sentiments grandissaient un peu plus tous les jours, devenaient plus puissant et qu’ils me faisaient de plus en plus mal tous les jours. Je n’ai jamais rien ressenti de tel auparavant. Alors je continue à me demander : est ce que ces sentiments sont puissants parce que je pourrais jamais être avec elle ou sont ils réels ?
Mais il sembleraient qu’ils le soies justement : réels. Tout comme la peine que je ressens en ce moment. L’amour est un sentiment pervers lorsqu’il est mêlé à de l’amitié. Mon amitié avec Sara me fait me sentir complète, vraiment. Mais à cause de l’amour que je lui porte il y a une minuscule part de moi qui manque, minuscule et pourtant immense. Encore plus immense vu que j’ai trouvé la partie manquante – Sara est la partie manquante, mais je dois vivre sachant que je ne l’aurais jamais.
Quand je dis la partie manquante à ma vie, mon cœur n’est pas le seul à parler, ma raison parle aussi. Sara est loyale, généreuse, dévouée, amusante, attentionnée, honnête, simple, sans compromis, digne de confiance, têtue, spontanée, maladroite, responsable, sensible, timide et protectrice, et j’ai à peine décris le haut de l’iceberg. Elle est là pour moi, pour Nancy et Jérémy et Lindsey. Il y a même des fois où elles garde les enfants pour que Nancy et moi puissions avoir un peu de temps pour nous ou quand ni elle ni moi ne pouvons rentrer à temps pour les emmenés en cours. Elle est vraiment là pour eux, parfois tous les trois sortent ensembles pour faire quelque chose ludique. Ils font des expériences – ma préférée est quand ils ont changé Nancy en poulet…Ils se parlent ouvertement et souvent, ils sont très proches les uns des autres. Elle les aides avec ses devoirs, elle est leur alliée lorsqu’ils on la sensation que nous – leur mère – sommes incapables de les comprendre, elle les laisse se défouler, elle écoute leur inquiétudes et les aide à surmonter leurs peurs et leurs doutes, elle let encourage à venir nous parler.
Elle est là pour Nancy lorsque ma sœur a un souci. Elle est là pour moi tout le temps. Elle m’écoute, elle me fait rire, elle prend soin de moi. Dernièrement j’ai été forcée d’enchaîner les services au boulot, par deux fois elle m’a surprise en s’occupant de Lindsey, de mon linge, des courses, du dîner, de sorte que la seule chose que j’aie à faire soit de me détendre lorsque j’arrive à la maison. Ou il y a aussi eu cette fois où elle a tout arrangé pour que je passe tout mon temps avec Lindsey. Ou cette fois où elle et Lindsey m’ont cuisiné un merveilleux repas et m’ont traiter comme si j’étais une reine pas moins. Ou cette fois où elle m’a faite sortir pour me changer les idées après une affaire particulièrement difficile. Ou encore, ce jour où elle est restée chez moi toute la journée – Nancy et Jérémy étaient aussi présents, et on a tous improvisé une session de mimes, Sara fait une superbe imitation de Némo.
Elle a la faculté de vous faire vous sentir comme si vous étiez le centre du monde. Elle vous fait toujours passer en premier, peu importer le moment où vous avez besoin d’elle, elle sera toujours là. Mais elle ne s’impose jamais, elle se retire toujours lorsqu’elle a la sensation de dépasser une limite et elle attend votre assentiment pour revenir. Ne vous méprenez pas je ne suis pas en train de dire qu’elle est parfaite, elle a ses défauts et ses faiblesse, ses peurs et ses doutes, elle est humaine alors elle fait des erreurs, cependant en tant qu’être humain elle est plutôt exceptionnelle.
Et la façon dont elle prend soin de ma fille est tout simplement géniale. Elle dit toujours qu’elle n’est pas douée avec les enfants et il est vrai que parfois elle est maladroite, mais de manière générale elle a de bonnes intuitions, et elle est bonne avec eux, parce qu’elle essaye de faire de son mieux. Ma fille est à nouveau heureuse, vraiment heureuse. Elle n’a plus autant de colère en elle qu’avant, et si c’est en partie dû au fait que je suis plus présente et que notre relation s’est améliorée, c’est aussi grâce à Sara. Nancy avait raison, Sara est bonne pour Lindsey.
Sara complète l’équilibre de ma vie avec Lindsey – quelque chose qu’Eddie n’a jamais fait. Eddie aimait Lindsey, il n’y a aucun doute à ce propos mais pour lui être parent était un job à mi-temps, ce qui signifiait s’éclater mais n’impliquait pas de prendre soin du reste – de l’école, des genoux écorchés, des disputes, des crises et tout le reste. Mais Sara est parfaite pour ce rôle et elle le fait parce qu’elle tient à Lindsey et moi. Elle n’essaye pas de remplacer Eddie, mais la dévotion dont elle fait preuve comble la place qu’Eddie à laisser vacante. Je ne lui demande rien mais je sais que je peux compter sur elle lorsqu’il s’agit de Lindsey. Je sais qu’au moins maintenant Lindsey profite et apprécie la vie comme elle est, qu’elle en profite comme une fille de 12 ans, sans trop de problèmes.
Maintenant au moins je peux dire que j’ai une famille unie.
Et c’est pour ça que mes sentiments me font si mal, parce qu’elle fait partie de cette famille, mais j’ai envie que cela soit vrai pour le futur aussi. Je veux qu’elle devienne un membre officiel et pas seulement un appendice de cette famille.
Ce qui me faisait me sentir comme une ado, me rend malheureuse parce que plus le temps passe et plus c’est dur pour moi de réaliser qu’elle ne sera jamais avec moi de la façon dont je le souhaiterai. Parce que maintenant tout ce qu’elle m’offre n’est pas assez, je veux plus. Ce qui me faisait me sentir rajeunie est en train de me tuer doucement comme un poison.
J’ai l’impression d’être Sisyphe, il fut condamné à rouler un rocher au sommet d’une colline seulement pour le voir retomber à nouveau à chaque fois ou Prométhée qui a été condamné à avoir son foie manger par un oiseau de proies et à voir son foie se régénérer à nouveau pour une nouvelle torture. C’est la même chose avec Sara ; je suis condamnée à passer des bons moments avec elle, des moments où je peux croire qu’elle est dans ma vie pour de bon, où je suis vraiment heureuse. Mais à chaque fois qu’elle rentre chez elle, le rêve s’écroule, je me réveille et je réalise qu’elle est seulement mon amie, et je suis à nouveau envahie par la tristesse. Et je dois revivre ce moment encore et encore. C’est comme si mon cœur était arraché de ma poitrine sans cesse.
Et je sais que ça ne s’arrêtera jamais. C’est un cercle vicieux, ça me tue mais d’un autre côté le plus que je puisse obtenir et seulement pour cette raison j’endurerai cette souffrance en silence. Je sais que ça ne me ressemble pas, que j’ai toujours tout fait pour obtenir ce que je voulais parce que je sais à quel point la vie est courte. Je dis toujours ‘ne doute jamais, ne regarde jamais en arrière’. Mais cette fois c’est différent. Je pourrais dire à Sara ce que je ressens pour elle, je sais qu’en dépit de la surprise elle ne me laissera pas tomber pour autant – je veux dire, elle restera mon amie, mais quelque chose sera brisé. Elle mettra un mur entre nous, et si on reste proches, ce ne sera plus pareil. Et je ne peux pas prendre ce risque, pas maintenant que je suis aussi proche d’elle qu’on puisse être sans être son amante. Je ne supporterai pas de faire un pas en arrière aussi infime que soit ce pas. Alors cette fois ci je ne risquerai pas tout, parce que ce que j’ai est précieux, très précieux.
En plus, comment pourrait elle m’aimer ? Comment pourrait elle me faire complètement confiance avec son cœur ? Avec toutes les choses que je lui aie dites, avec toute la peine que je lui aie causée ? En fait, je me sens déjà chanceuse d’être aussi proche d’elle à l’heure actuelle. Je donnerai n’importe quoi pour effacer l’ardoise pour qu’elle soit vierge à nouveau, comme ça peut être que j’aurai une chance. Je ne sais pas trop si elle serait partante pour une relation avec une autre femme, mais parfois j’ai la ferme impression qu’elle flirt avec moi. Je me souviens clairement – et plutôt de manière vive – du moment dans le parc lorsqu’on jouait à cache-cache. Et il y a eu d’autres moments comme ça. Peut être qu’elle ne s’en rend pas compte, moi si.
Le pire, parce qu’il y a pire – bien que je pense être déjà pas mal dans la mouise, le pire c’est qu’elle est tactile. En fait, lorsqu’elle est à l’aise et qu’elle fait confiance aux personnes autour d’elle, elle est tactile, elle l’est même plus que moi. Elle peut donner tellement de tendresse avec le plus simple contact. Dernièrement, vu que mes sentiments n’ont fait que s’amplifier, son contact me brûle à chaque fois. C’est de plus en plus dur de cacher ce que j’éprouve, parce que j’ai commencé à porter mon cœur dans mes manches.
Je suis dans mon enfer personnel. Je pense que cet Amour sera ma perte.
« Cath ? » je sens une main douce sur mon épaule. Ça me tire de mes pensées. « Tu vas bien ? »
« Euh…quoi ? Pardon, qu’est ce que tu as dit ? » Je bégaye.
Warrick est devant moi, il me regarde d’un air inquiet. « T’étais encore sur la lune. Cath, est ce que ça va ? » il répète.
« Oui, je vais bien, » je réponds par automatisme.
Puis je sens sa main sur mon visage, il a l’air plus inquiet qu’il y a deux secondes. « Tu pleures. »
« Quoi ? » je m’extrait de son contact et porte ma main à mes joues et les trouve humides. Purée. Oh, est ce que j’ai dit que j’étais presque tout le temps au bord des larmes à cause de ma ‘maladie’ ? « Oh, je vais bien ne t’en fait pas. Je suis juste fatiguée, et cette affaire m’affecte alors….je suppose que mes nerfs avaient besoin de se lâcher un peu. »
« Tu sais que je suis là pour toi si tu veux parler » me rappel il gentiment.
« Oui, je sais, mais je te l’ai dit, je vais bien. Ne t’en fais pas. »
« Tu vas sur la lune assez souvent dernièrement, » il constate.
« Il y a beaucoup de choses qui me font réfléchir. »
« Tout va bien avec Lindsey ? »
« Oui, tout va pour le mieux, c’est même mieux que ça ne l’a jamais été. On se parle plus, on crie moins, » je lui souris faiblement. Il continue à me regarder. Je sais bien qu’il sait que quelque chose me dérange. Je sais aussi qu’il ne me forcera pas à parler même s’il aimerait bien que je lui en parle. « Tu voulais quelque chose au fait ? » je clos le sujet. Je vois bien qu’il est un peu vexé par ma retraite, mais il ne dit rien pour autant.
« Oui, on a une piste… »
« Ok, allons y dans ce cas, » je me lève et le dépasse, mais je peux toujours sentir son regard sur moi. Je me retourne et lui souris « Je suis sérieuse Rick, il n’y a aucune raison de s’inquiéter, » il hoche la tête. « Merci de te soucier de moi cela dit. »
« Pas de problème. Tu sais où me trouver si tu change d’avis, » il me répond. Et lorsqu’il est sur le point de sortir je lui fais un câlin rapide.
« Je sais, ne t’en fais pas, » je le relâche et peut voir un petit sourire sur ses lèvres. « Allons-y. »
« Après toi, » il indique la porte.
Chapitre 27 : Sara
« Je te demande pardon ? » me demande Grissom.
« Je pense qu’il faut qu’on parle de nous.
Pour le moment, Grissom à l’air d’un animal pris au piège, j’ai dit le mot interdit : nous. C’est tout de même étrange. Lui et moi n’avons jamais été ensemble et cependant il y a un ‘nous’. Ce petit mot cache un immense cimetière où nos sentiments ont été laissé là à pourrir au soleil. Ces sentiments sont comme des tas de corps, on ne les a pas enterrés et c’est une mauvaise chose, une erreur même. Quand un corps n’est pas mis en terre, il est exposé aux éléments alors disons simplement que c’est comme si on se trouvait sur une scène de crime faite de milliers de corps en décomposition – ce n’est pas la chose la plus plaisante du monde, croyez moi. Le fait est que ces sentiments sont plus comme des mort-vivants, parce qu’ils me hantent. J’ai besoin de les enterrer une fois pour toute si je veux aller de l’avant. Alors me voilà avec ma pelle prête à me mettre à l’ouvrage.
« Sara… »
« Non. Avant que tu ne te méprennes, je sais que nous sommes amis, et c’est plus que parfait pour moi. Je ne suis pas ici pour te demander de sortir avec moi à nouveau. Je suis ici parce que j’ai besoin de réponses….de réponses à propos de nous. »
Il est hors de question de jouer à ‘ignorons l’éléphant rose fluo dans le coin de la pièce’ aujourd’hui. Je veux épurer l’air, j’en ai besoin. Je sais que je suis paniquée. En fait je dois sûrement avoir perdu la tête, mais les questions n’ont eu de cesse de me ronger de l’intérieur, et j’ai besoin de réponse car je n’en peux plus.
« Sara, je ne pense pas que ce soit une bonne idée, » il me rejette une première fois.
« Y avait il quelque chose entre nous ou est ce que j’ai tout imaginé ? » je n’ai pas l’intention de le laisser éviter ça.
« Je n’ai vraiment pas envie d’en parler, » il me rejette une deuxième fois.
Je lui tiens tête. « Y avait il quelque chose ou pas ? Réponds moi » ma voix est neutre.
Il soupire. Il ne dit rien, on comprend tout les deux la signification de son mutisme. « Il vaudrait mieux que tu t’en ailles » nous y voilà pour le troisième rejet.
« Et c’est reparti, tu ne fais pas face au problème tant que tu restes en sécurité, » je renifle avec dédain, je sens la colère me parcourir les veines, nous aurons cette conversation peu importe ce qu’il en coûte. « Ça m’a toujours mis hors de moi. Ton habilité à ignorer tous les autres être humains sauf toi et… »
« Je veux que tu t’en ailles Sara,» dit il fermement, mettant effectivement un terme à cette discussion, ou tout du moins c’est ce qu’il pense. Cette fois-ci ce sera différent.
« Non Grissom je n’irai nulle part, » mon ton est cassant mais ma voix reste égale. J’ai essayé de faire ça de la manière douce, je lui ai tout porté sur un plateau de sorte qu’il n’avait presque rien à faire. Il ne veut pas se soumettre ? Très bien, on va procéder avec la manière forte, et si être dure avec lui est la seule façon pour lui d’agir comme un adulte, ça me va aussi bien. Essaye donc d’encaisser celle là mon ami. « Je ne m’en irai pas avant qu’on ai réglé cette histoire. Je me fiche de savoir si ça nous prend des heures, des jours, des mois même mais nous règlerons cette question. »
Il est un peu surpris par mon petit éclat de tempérament, il me regarde incrédule. Je pense que qu’il est temps de laisser l’enfer se déchaîner. « On a été impliqué dans cette chose…ce…cette immense chose qu’on peu légitimement appeler un grand bordel. On s’en ai sorti et ce n’est pas grâce à toi. Crois moi quand je dis que je n’ai ni l’envie, ni le besoin de replonger dedans, » je prends une grande inspiration pour me calmer un peu. Il y a tellement de choses à dire.
Il reste là sans dire un mot, il a ce regard du type naïf qui ne comprend pas ce qu’il se passe et quelque part ça redouble ma rage.
« On était tous les deux impliqué, mais tu as toujours agis comme si tu étais le seul dans cette histoire. J’étais la seule mise à nue, j’ai dû prendre tous les coups en serrant les dents, j’ai dû perdre beaucoup de chose, j’ai dû te laisser me piétiner pendant que tu te préservais de tout. Je t’ai demandé de sortir avec moi, je t’ai laissé comprendre ce que je ressentais, c’est tout ce que j’ai fait. J’ai fait une erreur, parce que pendant tout ce temps tu avais toutes les cartes en main, tout ce temps tu as tiré les ficelles. Tout ce temps tu t’es protégé pendant que tu m’as littéralement écorchée vive. Mais ça n’avait pas d’importance tant que tu gardais le contrôle sur tout, n’est ce pas ? » mes mots sont plein de venin, mais je viens à peine de commencer à retirer le cancer, ma rage s’écoule librement.
Il y a tellement de tension en moi que j’en tremble légèrement, je referme mes poings avec force ? Je suis une bombe à retardement, un mauvais mouvement et j’explose.
« Il est temps d’inverser les rôles, » je continue. « Il est temps que tu encaisses les coups. On aurait dû avoir cette conversation il y a bien longtemps, ça nous aurait épargnés – surtout moi – beaucoup de problème. Je veux des réponses, je veux clore cette histoire une fois pour toute…j’en ai besoin, » je lui envois un regard noir puis commence à faire les cent pas pour me calmer un peu. « Tu te vantes d’être mon ami, d’être là pour moi si jamais j’ai besoin de quoique ce soit….j’ai besoin de réponses. C’est le moins que je mérite de ta part, » ma voix est de nouveau posée, mais ma rage m’essouffle.
Toute cette amertume, cette peine que j’ai dû subir et que j’ai contenu en moi est en train de suinter par tous mes pores. Je dois drainer toutes ces choses de mon système, elles m’oppressent et pèsent sur mon cœur. J’ai besoin de comprendre ce qu’il s’est passé. Cette conversation sera douloureuse pour nous deux, il n’y a aucun doutes à ce propos, mais c’est un mal nécessaire pour tous les deux – même si Grissom refuse de l’admettre pour le moment.
« Tu as tort, tu ne les mérite pas » il répond calmement, il soupir d’un air résigné. « Je te les dois » il détourne son regard et soupire à nouveau. « Ça te dérange si on s’assoit ? Parce que ça risque de prendre un peu de temps.»
Il s’assoit sur le canapé, alors que je lui fais face en m’asseyant sur une chaise. Puisqu’il ne donne pas signe qu’il ait l’intention de parler, je décide de prendre les devants.
« Tu n’a toujours pas répondu à ma question. Y avait il quelque chose entre nous ou pas ? »
« Tu sais déjà que la réponse à cette question est, oui, » il constate.
« Grissom, on ne va pas jouer aux devinettes. Je veux des réponses claires, je veux que cette conversation soit faite dans les règles de l’art une fois pour toute, de sorte qu’on n’ait pas à y revenir. Alors, s’il te plait joue le jeu, » je lui dis avec une pointe de colère.
« Oui Sara, il y avait quelque chose. Heureuse ? » il répond comme un enfant insubordonné.
« Qu’est ce que tu ressentais pour moi ? »
« Sara, s’il te plait… » Il soupire.
« Non, réponds à la question. »
« Pourquoi est ce que tu fais ça ? » il évite ma question une fois encore.
« Parce que j’ai besoin de clore ce chapitre, parce que j’ai besoin de purifier l’air, parce qu’on n’en a jamais parlé ? Choisis l’explication qui t’amuses, » je lui réponds avec sarcasme « Alors, qu’est ce que tu ressentais ? » je ne prends pas de plaisir à le torturer de la sorte, mais il faut qu’on commence quelque part et le début semble être un bon point.
« Sara, qu’est ce que tu veux que je te dise ? Et toi alors, hein ? Qu’est ce que tu ressentais ? »
« J’étais amoureuse de toi Grissom, » je lui répond froidement. Je ne sais pas s’il est surpris par le fait que j’aie répondu ou par la réponse elle-même. « Appelons les choses par leur nom. Je veux de l’honnêteté et je n’ai pas l’intention de tourner autour du pot. Alors, encore une fois, qu’est ce que tu ressentais ? » Il me regarde pendant un moment puis tourne sa tête pour regarder le mur. Il ne dit rien et ça commence à me porter sur les nerfs « Grissom, » je le rappel à l’ordre.
« Très bien, j’étais amoureux de toi, je le suis toujours et je le serai toujours. C’est assez honnête pour toi ? » crache il avec colère.
Ma tête me tourne, je savais que ce serait douloureux mais je ne m’attendais pas à ça. Soudain je suis en colère contre lui d’avoir admis qu’il avait toujours des sentiments pour moi. Pourquoi maintenant ?
« Est-ce que tu prends un plaisir vicieux à te moquer de moi ? » je me lève.
« Tu l’a demandé Sara, » il répond avec exaspération.
« NON ! Je t’ai demandé ce que tu ressentais avant ! Pourquoi me dire que tu as toujours des sentiments pour moi ? Tu n’es pas croyable ! »
« Tu veux de l’honnêteté, je vais te donner de l’honnêteté. Je n’ai jamais demandé à avoir cette conversation, toi si. Tu es venue à moi, alors assumes. Sinon tu es libre de partir, » dit il calmement, mais son regard trahit son calme apparent et son air détaché.
« Tu fais exprès de compliquer les choses ! Pourquoi confesser tes sentiments pour moi maintenant, alors qu’on est sensé n’être que des amis ?! » Je fais les cent pas comme un animal en furie.
« Sara, on est déjà passé par là, je n’ai jamais franchi cette ligne, jamais. J’ai fait une erreur cela dit, j’ai marché dessus en conséquences de quoi j’ai agit comme le dernier des crétin et je t’ai fait du mal. Mais c’est un fait, je n’ai jamais franchi cette ligne par le passé, et je ne la franchirai définitivement pas, pas quand on a enfin réussi à redevenir amis. Je préfère t’avoir comme une amie sue que de ne pas t’avoir du tout. Je suis doué à être ton ami et je ne serai jamais plus, » il soupire. « Si j’admets avoir des sentiments pour toi c’est parce qu’il n’y a aucun risques, parce que c’est trop tard, et parce qu’on sait tous les deux qu’on ne sera jamais plus que des amis. »
Il marque un point là. Mais ça n’empêche que ça fait mal. Je m’égare un peu dans mes pensées puis je me concentre à nouveau sur lui.
« Pourquoi ? » je lui demande. Il a l’air confus. « Pourquoi tu n’as jamais franchi la ligne ? »
« Parce que je suis un lâche. »
C’est une réponse simple, mais c’est trop simple à mon goût. Il semble lire ma pensée.
« Je n’étais pas assez pour toi ? » je dis platement.
« Sara, tu n’étais pas assez, tu étais trop. Je n’ai jamais compris pourquoi une jeune femme comme toi voulait d’un homme comme moi. Je sais que ça fait cliché mais c’est vrai. Tu es belle, brillante…jeune…
« Tu penses vraiment que l’âge était un problème ? » je lui demande avec véhémence.
« Peut être pas pour toi Sara mais ça l’était pour moi. Ça ne me dérangeait pas que tu sois jeune, ce qui me dérangeait c’est que je sois vieux. »
« J’ai entendu ce que tu as dit au Dr. Lury pendant son interrogatoire, » je lui confesse.
« L’affaire Debbie Marlin, » il murmure. « Je…ne sais pas quoi dire… »
« J’ai attendu pendant des années, j’ai retenu mon souffle en attendant que tu prenne le risque. C’était une façon plutôt minable d’apprendre que je n’en valais pas la peine, que je ne valais pas une carrière que ce que j’attendais pendant des années ne viendrait pas, » je ricane sèchement. « J’ai souffert pendant des année pour toi. Tu penses vraiment que je t’aurais tourné le dos en un claquement de doigts ? Tu aurais pu m’accorder un peu de crédit. Tu aurais pu avoir confiance en mes sentiments, » je le blâme.
« Je n’ai jamais douté de tes sentiments Sara. Je te faisais confiance, mais je ne pouvais m’empêcher d’avoir cette peur. Ces peurs me consumaient. Je ne dis pas que tu m’aurais fait un tel coup, je dis juste que j’aurais toujours eu cette peur en moi. Je t’aimais vraiment, mais je ne pouvais pas dépasser ces peurs. Alors oui, je suis en lâche et je devrai vivre avec ça jusqu’à la fin de mes jours, mais c’est un choix que j’ai fais. »
L’entendre dire ça ne rend pas les choses plus faciles. Mais étrangement, je ne me sens plus en colère. Quelque pare je me sens même soulagée.
« Comment est ce que tu es arrivé à ce choix ? »
« Je me suis demandé si je voulais vraiment prendre ce risque ou pas… je ne le pouvais pas, comme je te l’ai dit. Parce que tu étais trop précieuse, tu l’es toujours. Être avec toi aurait été grandiose, j’en suis sûr. Mais je n’aurais pas pu me remettre de la peine si jamais on avait rompu. J’ai aimé dans ma vie et j’ai connu des peines de cœur, mais ce n’était rien comparé à ce que tu me faisais ressentir et à ce que tu aurais pu me faire subir. Avec toi j’aurais toujours été dans le noir, dans la peur de ce que demain pouvait apporter. Je peux prendre ce risque avec n’importe qui, mais avec toi je ne peux pas, parce que personne ne me trouble comme toi, personne ne me fait perdre pied comme tu le fais parce que tu as trouver ton chemin sous ma peau, jusqu’au plus profond de moi, parce que tu est trop précieuse et spéciale, » il soupire avec une profonde tristesse. « Je suis désolé pour la peine et je suis désolé d’être un lâche. »
C’est fini alors ? C’est tout ce qu’il y avait à dire. Je pense que je comprends ses peurs, vraiment, je comprends. Quand on pense à tout ce qui est ressorti de nos sentiments je me sens un peu triste. Tellement de choses on été ruinées pour rien. Quelle cruelle ironie, d’aimer quelqu’un qui vous aime en retour mais de ne pas être en mesure de vivre cet amour. Peut être qu’il n’était pas écrit que quoique ce soit arrive entre nous. Peut être que la meilleure partie était nos fantasmes, la vision de cet amour. On ne le saura jamais je suppose.
Je me sens vidée. On a tout enterré et il ne reste plus rien, sauf un immense vide. Ce n’est pas une mauvaise chose mais c’est une grande chose. Je me sens soulagée, triste, réjouie et confuse et agitée et paisible…je pense qu’il me faudra quelques jours pour complètement avaler la pilule. Pour Grissom aussi. Je sais qu’il a vraiment fait un effort. D’habitude il se contente d’ignorer le problème et d’aller de l’avant car il est très protecteur de ses sentiments. On se ressemble beaucoup lui et moi sur ce point.
« Peut être que j’avais besoin de cette conversation après tout, » il admet. « J’espère qu’on est toujours amis. J’étais sérieux tout à l’heure lorsque j’ai dit que je préférais t’avoir comme amie que pas du tout. J’aime notre amitié, elle me rend heureux. »
« Elle me rend heureuse aussi, » je prends une grande inspiration et vais vers lui. Il se lève et me fait face il appréhende ce que je suis sur le point de faire.
Je le prends dans mes bras et l’étreins fort contre moi. Il est tendu au début mais il se détend aussitôt. Mon cœur est plus léger que lorsque je suis entrée ici. Je me recule un peu mais ne romps pas le contact. Je lui prends délicatement le visage entre mes mains et dépose un doux baiser sur se lèvres. Il n’y a pas d’électricité comme j’ai toujours cru qu’il y en aurait, pas de papillons fous dans mon estomac, juste de la tendresse.
« Merci » je murmure. Je peux voir un peu de tristesse dans ses yeux mais aussi du soulagement. On est finalement venu à bout de ce problème.
Il me fait un câlin et m’embrasse la joue avant de rompre le contact complètement. « Je t’en prie, » il me réponds avec un sourire.
Je soupire profondément, on vient juste de tourner une page et de prendre un grand pas en avant. « Je dois y aller, je te vois au boulot ? »
« Oui. »
Et sur ce je m’en vais avec les réponses que j’étais venue chercher. Il reste encore beaucoup à faire mais au moins je n’ai plus l’impression d’avancer en aveugle.
xxxxx
Je suis allongée sur mon lit et je regarde mon plafond. Je repense à ma conversation avec Grissom. J’en suis venue à comparer notre situation à la situation actuelle avec Catherine. Au début je pensais que c’était pareil, mais en y regardant de plus près j’avais tort. Avec Grissom c’était simple, compliqué, mais simple. Il savait ce que je ressentais, je savais ce qu’il ressentait, la décision lui appartenait, et ça n’a pas marché. Mais le fait est qu’on connaissait tous les deux, tous les facteurs de l’équation.
Avec Catherine, je nage dans le brouillard pour ainsi dire. C’est juste compliqué. Je ne sais pas ce qu’elle ressent, et c’est une grosse différence. Avec Grissom il n’y avait pas de réel risque parce que ça aurait pu marcher s’il avait fait un choix différend, quelque part c’était déjà un marché conclu. Avec Catherine, il y a un facteur inconnu alors la ligne à franchir est beaucoup plus importante.
Mais je pense aussi à ce que Nancy m’a dit. Grissom s’est posé la question suivante : est ce que j’ai envie de prendre ce risque ou pas ? Et j’ai fait la même chose au début. Alors c’est un peu comme si l’histoire se répétait. J’ai eu le même raisonnement que Grissom et regarder où ça nous a mené lui et moi. Alors peut être que Nancy a raison. Peut être que ce n’est pas la bonne question à se poser. Et si ce n’est pas la bonne question alors tous les facteurs sont erronés. Si Grissom s’était posé la bonne question peut être que les chose seraient différentes aujourd’hui ou peut être pas.
Essayons de procéder de manière ordonnée. Qu’est ce que je sais ?
Je suis sure de mes sentiments pour Catherine. Je dois dire que mes sentiments pour elle sont plus forts que ceux que j’avais pour Grissom – ce qui en dit long car mes sentiments pour Grissom m’ont littéralement brûler. Je peux vous dire le moment précis où ces sentiments se sont manifestés pour la première fois. C’était pendant l’affaire d’Eddie. Elle s’en ai prise à moi – jusque là rien de nouveau – à propose de moi ne faisant pas bien mon job. J’ai eu l’impression qu’elle me saignait à blanc à ce moment précis, elle m’insultait moi et mes capacités en tant qu’investigatrice.
Jamais auparavant, je n’avais senti mon sang me brûler les veines comme à ce moment. Elle m’a donné ce regard, un mélange de colère pure et de mépris et aussi fou que cela puisse paraître, je me suis sentie comme happée par les profondeurs de son regard. Après ça la brûlure était si vive que je me suis demandée pourquoi j’en souffrais tellement – après tout ce n’était pas notre première dispute. C’est là que tout a commencé. Mais à cette période Grissom faisait toujours partie du tableau. Ensuite l’année qui a suivie Grissom m’a achevé pour de bon et je dois dire qu’elle est celle qui m’a ramené à la vie, même si elle ne le sait pas. Et même après que nos disputes soient devenues pires encore, mes sentiments n’ont eu de cesse de grandir, et les racines de cet amour se sont enfoncées dans mon cœur et mon âme depuis ce jour.
Alors je n’ai aucun doute là-dessus, je l’ai dans la peau, c’est aussi simple que ça.
Qu’est ce que je sais d’autre. Je sais que je n’ai pas envie que Catherine et moi terminions au même endroit que Grissom et moi, au milieu de nulle part avec rien d’autre que de la souffrance pour seul compagnon. Je suis contente que lui et moi soyons amis mais il en aura fallu beaucoup avant qu’on ne retrouve le chemin de la lumière et il y a eu beaucoup de perte.
Ensuite je me demande : qu’est ce que j’ai à offrir ? De l’amour, aucun doute là-dessus, mais encore ? L’amour c’est bien, mais ce n’est pas assez, pas dans le mon réel en tout cas. Ou du moins pas complètement. Et si je n’étais pas assez ? Et si jamais ça ne marchait pas ? Et si mes sentiments n’étaient en fait qu’une armée de fantasmes et que je réalisais que je ne voulais pas vraiment la vrai chose ? Je suis sure de mes sentiments, je sais que c’est ce que je veux. Je n’ai jamais rien ressenti de tel et je sais que c’est différent d’un simple béguin. Je veux une relation et pas un coup d’un soir.
Mais qu’est ce que j’ai à apporter dans cette relation hormis mon amour ? Je me connais et je sais que je suis assez compliquée. Alors disons qu’elle ressent la même chose et qu’on commence une relation, une fois qu’elle découvrira la vérité à mon sujet – parce qu’elle ne connaît pas tout pour le moment. – il n’y a aucune chances pour qu’elle veuille continuer avec moi ou qu’elle me veule encore dans sa vie d’ailleurs. Alors, est ce que je prends ce que je peux avoir même si ça veut dire que ça ne durera pas, ou est ce que j’adopte l’attitude lâche et ne prend pas de risque du tout ?
Un ami m’a dit un jour que l’unité de valeur du bonheur n’était pas le temps. Oui, je sais, je n’ai pas compris son point tout de suite non plus, j’était même confuse quand il m’a dit ça. Il avait toute une théorie en fait, je pense que ça donnait quelque chose comme ça : peut importe si on est heureux pendant une seconde ou pendant des années tant qu’on est heureux ; la vie est trop courte et ‘heureux jusqu’à la fin des temps’ relève de l’utopie plus que de la réalité ; alors au final on devrait apprécier le bonheur tel qu’il est et non pas pour combien de temps il dure, parce qu’être heureux pendant une minute est plus que certaine personne ne le seront jamais ; alors si on est heureux d’une manière absolu, même si ça ne dure pas au moins on pourra dire ‘au moins j’ai été heureux’. Je pense que sa théorie était sa conception personnelle de carpe diem.
Je me demande s’il avait raison. Je sais que je veux Catherine sur la durée, et que j’espère sincèrement qu’il n’y aura jamais personne après elle. Mais même moi, je ne peux pas prédire l’avenir et c’est un fait, tout ce qui commence doit se terminer un jour ou l’autre – d’une bonne ou d’une mauvaise manière. Catherine et moi pourrions avoir quelque chose de génial et ça pourrait duré ou ça pourrait se finir seulement quelques heures après que ça ait commencé. Qui sait ? Cependant, je serai heureuse dans les deux cas, alors peut être que mon ami avait raison, peut être que je devrais profiter de ce que je peux avoir sans me soucier de ce que je ressentirai quand je ne l’aurai plus.
Mais tout ça, toutes ces théories ne fonctionnent que si je révèle mes sentiments en premier lieu. Donc retour à la case départ. Maintenant je suppose qu’il n’y a qu’une chose à trouver. : LA réponse.
Est-ce que c’est un risque qui vaut la peine d’être pris ?
Bonne question.
Chapitre 28 : Catherine
J’ouvre les yeux et fixe mon plafond. Je suis presque certaine que je n’ai pas dormi plus d’une heure ou deux, c’est mon habitude dernièrement. C’est de plus en plus dur tous les jours, mais je ne pense pas pouvoir sombrer dans la tristesse plus profondément. Alors quelque part il y a un point positif. Dernièrement je me demande pourquoi j’ai arrêté de fumer, au moins j’aurais quelque chose pour me calmer un peu les nerfs. Mais bon, si je m’adonne à une addiction, qui sait jusqu’où je pourrai aller ?... J’ai besoin de faire quelque chose.
Je me lève et vais dans le salon, j’allume la télé et regarde des émissions stupides. Au moins quand je fais ça je ne pense pas et c’est une bonne chose.
Lindsey a remarqué quelque chose, quand bien même j’ai fait de mon mieux pour ne pas craquer devant elle. Je lui ai dit que j’étais fatiguée et elle a été assez aimable de faire comme si elle gobait mon excuse. Nancy, d’un autre côté a été plus pressante mais j’avais une bonne excuse, j’ai enchaîné les services au boulot sur des affaires particulièrement éprouvante et horrible, alors je lui ai dit que le boulot me mettait sur les rotules, et que mon état actuel était en partie due à ma fatigue physique. Et c’est vrai le boulot a été plutôt dur ces derniers temps, mais ce n’est pas la seule raison.
Je parle de tout avec ma sœur, cependant il reste quelques sujets que je ne partage pas. Sortir avec des femmes en fait partie. Elle sait que je suis sortie avec des femmes par le passé, mais c’est tout. Et franchement on n’en a parlé à cette époque, elle ne m’a rien demandé et je ne lui ai pas demandé si elle était d’accord avec ça. On aurait pu avoir cette conversation, mais bon j’ai préféré garder ça pour moi. La seule chose qu’elle ait jamais dite à propos de ce sujet était qu’elle espérait que ça ne perturbe pas Lindsey après ça le sujet a toujours été clos. Enfin bref, c’est différent maintenant. Je veux dire, elle connaît Sara – elles sont même amies, et je n’ai pas envie de lui raconter mes peines de cœur avec Sara, parce qu’elle n’est pas vraiment neutre ou pire encore elle pourrait être contre – non pas que ça changerai quoique ce soit.
Alors je suis seule dans ma misère. Pauvre de moi.
Je me lève pour aller dans la cuisine me prendre un vers de lait frais. Au moment où je suis en face du frigo je vois les photos qu’on a mises là. Ce sont des photos de famille. Des photos avec Sara, et tout le monde à l’air heureux. Des petits instants volés, des moments où elle était un vrai membre de cette famille, et non pas juste une amie de la famille. Il y a des photos de Sara courant après Lindsey, de Lindsey poursuivant Sara, d’elles d’eux poursuivant Jérémy et Nancy en train de rire au spectacle. Puis il y a une photo de Lindsey Sara et moi, elles me chatouillent toutes les deux. Il y a tellement de vie dans ces photos et moi pendant ce temps je me sens comme morte. C’est comme si ces photos dataient d’une autre époque. Ça me déprime rien que de les regarder, alors je retourne dans le salon.
J’éteins la télé et retourne me coucher, une fois encore je contemple le plafond. Je dois trouver un moyen de me sortir Sara de la tête, de mon système, de sous ma peau. C’est malsain de fantasmer sur quelque chose qu’on n’obtiendra jamais. Non, je ne suis pas pessimiste, je suis réaliste ce qui est différent. Je sais qu’en dépit de mes efforts je n’arrive pas complètement à cacher mes sentiments. Sara en revanche, ne remarque rien, ou si elle le remarque son comportement est assez clair pour me faire savoir que ça n’arrivera pas. Elle est distante, elle est nerveuse, elle est mal à l’aise et elle est moins tactile. Mais à vrai dire je ne pense pas qu’elle ait remarqué quoique ce soit.
Ça m’épate qu’une investigatrice aussi douée qu’elle puisse être si paumée quant il s’agit des gens. Et encore plus quand tout est sous son nez. Je sais qu’elle n’a pas de confiance en elle, mais il y a des limites. Je pense qu’elle une si piètre estime d’elle-même qu’elle n’envisage même pas que quelqu’un puisse avoir des sentiments pour elle, en tout cas pas de manière naturelle. Bien sûr, elle le remarquera si vous le lui dîtes, et même là elle aura un doute avant d’admettre la possibilité que ce soit vrai.
Je ne peux pas être plus évidente que ça. Je veux dire, comment est ce qu’on ne peut pas voir quelqu’un mourir d’amour pour soit ? Elle n’a pas remarqué que je cherchais de plus en plus le contact physique ou que je prenais n’importe quel prétexte pour la faire rester à la maison toute la journée ou que je m’extasiais devant elle la plupart du temps ? J’ai l’impression de littéralement saigner à blanc devant elle et d’attendre qu’elle remarque que quelque chose ne va pas. Et là je me rends compte que je peux saigner autant que je le veux elle ne me remarquera jamais.
J’ai besoin de dépasser tout ça, parce qu’à un moment ou à un autre je vais corrompre notre amitié et je ne peux pas courir ce risque.
J’ai besoin de faire quelque chose.
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Lindsey, Sara et moi sommes dans la cuisine en train de partager un petit déjeuner. C’est une scène récurrente, presque une routine, je dis presque parce que ce n’est pas ennuyeux – ça ne l’est jamais – comme une routine. Sara et moi sommes allées chercher Lindsey chez Nancy – d’habitude on se contente de l’amener en cours, mais vu qu’elle n’a pas classe aujourd’hui on prend le petit déjeuner ensemble.
Sara et Lindsey sont en train de parler avec animation à propos de quelque chose. Je ne pourrais pas vous dire quoi même si ma vie en dépendait, vu que je ne suis pas concentrée, la proximité de Sara à tendance à tuer ma concentration.
Là, mon esprit est partagé. D’un côté je pense à combien je la trouve belle à ce moment. – quand bien même elle porte tous les signe de fatigue sur son visage, elle a des poches sous les yeux, elle est un peu pâle, cependant son sourire est comme une étincelle de vie. Je pense à combien j’aime ce tableau, nous trois en train de prendre le petit déjeuner. Je pense à combien Sara fait rire Lindsey, à combien elle la rend heureuse – elle vient juste de lui offrir un édition reliée de ‘Frankenstein’, apparemment c’est le livre préféré du moment de Lindsey et vous auriez dû voir les yeux de Lindsey, c’est comme si c’était Noël, ses yeux pétillaient avec une joie pure. Je pense à combien j’aimerai embrasser Sara ou juste lui prendre la main et mêler mes doigts aux siens.
D’un autre côté – le côté obscur – je pense au fait que ce moment ne durera pas, qu’il n’est qu’éphémère. Je pense déjà au moment où elle devra s’en aller. Je pense au vide qu’elle laissera derrière elle sans le savoir. Je pense à combien je ne devrais pas fantasmer sur elle comme ça. Je pense à toutes ces choses déprimantes qui n’ont pas cessé de me ronger depuis des mois.
Soudain je sens ma main se réchauffer, quand je regarde je vois la main de Sara posé sur la mienne. Je relève la tête pour rencontrer ces yeux si expressifs et un doux sourire.
« Est-ce que ça va ? » elle me demande doucement.
C’est étrange car j’entends sa voix comme si elle était loin de moi. Je peux sentir son pouce caresser ma main – main qui est sur le point de brûler sévèrement par la chaleur du contact. Je secoue un peu la tête pour me ramener dans la réalité, je serre un peu sa main, juste pour m’assurer qu’elle est bien là, dans la mienne.
« Oui, bien sûr, » je réponds de manière absente.
« Tu sembles…loin, » elle ne laisse toujours pas ma main.
« J’étais…je suis un peu fatiguée, » je dis avec le ton le plus convainquant que je puisse adopter.
Pendant un moment elle évalue ma réponse et me regarde intensément, je détourne me regard presque immédiatement. Elle donne une petite étreinte à ma main avant de la laisser partir. Le sentiment de perte est insupportable. Ma main vient de passer de surchauffée à gelée, c’est comme si Sara venait de donner vie à quelque chose en moi pour le tuer presque aussi rapidement.
Ce simple contact était suffisant pour faire battre mon cœur plus vite, assez pour me donner envie de pleurer à nouveau.
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Sara m’a ‘ordonnée’ de me détendre pendant qu’elle nettoyait la cuisine. Lindsey est allée dans sa chambre pour lire et moi je suis assise sur le canapé en train de fixer la télé qui n’est pas allumée. C’est drôle mais c’est comme si tout était normal, comme si ma vie domestique était toujours comme ça. Dans les moments comme ça je goûte à ce que ça pourrait être si quelqu’un était là pour partager le fardeau de la vie avec moi. Je goûte à ce que cela pourrait être de ne pas être une mère célibataire.
Je dois arrêter de penser comme ça parce que c’est tout simplement déprimant.
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Il y a quelque chose de doux qui me caresse le front. J’entrouvre mes yeux et découvre Sara au dessus de moi. J’ai dû m’assoupir sans m’en rendre compte.
« Allez, je vais te mettre au lit, » elle murmure.
Puis je sens qu’on me soulève du canapé. Tout ce que je sais c’est que je suis dans les bras de Sara, je repose ma tête contre son épaule et lace mes bras autour de son cou, toujours à moitié assoupie. Elle me porte jusqu’à ma chambre et me pose délicatement sur les couvertures. Puis elle commence à s’en aller mais je ne veux pas qu’elle le fasse.
« Reste…ne pars pas, » je baragouine.
« Euh… »
« S’il te plait Sara, » je répète et m’efforce d’ouvrir un peu les yeux.
« Ok, » elle murmure.
Elle retire ses chaussures et s’allonge près de moi. Je me blottis contre elle et sombre dans le sommeil aussi tôt que je sens son bras sur mon dos et que ses lèvres effleurent mon front dans un baiser volatile.
Je me réveille au rythme paisible et régulier de sa respiration, au son lénitif des battements de son cœur, j’ai aimé ce son dès la première fois que je me suis allongée dans ses bras. J’adore cet endroit, en sécurité dans ses bras, contre son cœur.
Je me contente d’apprécier ma position en silence. C’est tout simplement parfait, et pendant un moment c’est réel. Pendant un moment c’est comme si j’étais avec elle, comme si on était un ‘nous’ et non pas seulement un ‘elle et moi’. Je me blottis plus près comme si je voulais ramper sous sa peau, comme pour imprimer son corps sur le mien. Je reste comme ça pendant plusieurs minutes profitant de la perfection de ce moment.
Elle bouge un peu et se réveille mais ne brise pas notre étreinte. Elle me regarde avec un visage marqué par le sommeil.
« Salut toi, » dit elle avec une voix rauque.
« Salut, » je lui murmure.
« Bien dormi ? »
« Ouais. »
« Moi aussi, » elle répond simplement.
Elle repose sa tête contre les oreillers et se sert de son autre bras comme d’un bouclier contre la lumière. Je l’imite et reprends ma position sur sa poitrine. Pendant un moment j’ai l’impression qu’elle s’est rendormie, mais elle commence à tracer des cercles irréguliers sur mon dos, et aussi agréable que cela puisse être c’est une pure torture.
« Cath ? »
« Oui » ma voix est incertaine vu que je concentre tous mes efforts sur le fait de garder mes sens sous contrôle.
« Je dois rentrer à la maison, » elle annonce. Et sans le savoir elle vient juste de larguer une bombe dans mon cœur.
« Je sais. »
« Je n’ai pas envie de bouger, je me sens bien là. »
« Moi aussi » et tu ne peux même pas imaginer à quel point.
Elle se tait à nouveau et continue à caresser mon dos. Puis elle soupire lourdement avant d’arrêter le mouvement de sa main.
« Il faut vraiment que j’y aille, » dit elle.
Elle m’embrasse le front et se redresse doucement, s’extirpant de notre étreinte. Elle s’assoit sur le bord du lit et remet ses chaussures. J’ai l’impression que mon cœur vient d’être explosé contre un mur. Je ne sais pas quoi faire alors je me contente de la regarder.
On sort de ma chambre et retourne dans le salon. Lindsey est allongée sur le canapé en train de lire. Sara s’accroupit silencieusement et lui embrasse le front en lui caressant les cheveux.
« Bye Cake. »
« Bye Sara, et merci pour le livre, c’est super, » lui répond Lindsey avec un grand sourire.
« Je t’en prie. »
Sara prend son manteau et se dirige vers la porte. Elle s’arrête juste devant et se tourne vers moi. Elle me prend dans ses bras comme d’habitude, mais j’ai l’impression que ce câlin est différent des autres. Elle se recule un peu et m’embrasse le front, puis elle me caresse la joue délicatement. Elle soutient mon regard silencieusement.
« Merci pour le petit déjeuner et la sieste » elle sourit « Bye. »
Et avec ça elle est partie. Soudain je me sens sans vie.
Je me tourne et vois Lindsey qui me regarde bizarrement avec un sourire qui joue sur ses lèvres, puis elle retourne à sa lecture.
Je retourne me coucher. Je m’allonge et c’est encore chaud, l’odeur de Sara est encore là aussi. J’attrape son oreiller et le serre contre ma poitrine. Et c’est reparti, je pleure, super.
J’ai vraiment besoin de mettre fin à tout ça.
Dans une semaine Lindsey part pour un voyage scolaire pendant cinq jours. Je redoute ce moment. Parce que ça veut dire que pendant cinq jours je serais seule, pendant cinq jours je serais complètement déprimée. Au moins quand Lindsey est là, je reçois de l’amour et de l’attention et pendant ces précieux instants mon amour non retourné pour Sara ne me tue pas. Mais si Lindsey n’est pas là alors je vais toucher le fond. Si elle n’est pas là ça veut dire que les petits déjeuners et déjeuners se feront en tête à tête avec Sara et je ne peux pas gérer ça. Je ne peux rien gérer d’ailleurs, être forcer de voir celle que je n’aurai jamais me tue.
J’ai vraiment besoin de mettre un terme à tout ça.
Je suis épuisée émotionnellement, je n’en peux plus. Je suis vraiment péniblement triste ! Je me sens vide et incomplète. Une part de moi est en train de mourir parce qu’une part de moi manque. Parfois je souhaiterai qu’on ne soit jamais devenues amies. Au moins quand on se criaient dessus c’est simple et sans douleur. Ou relativement sans douleur.
Je suis décidée, je vais mettre un terme à tout ça.
Je suis coincée. Je sais qu’elle accepter mon excuse de ‘fatigue’ les deux premières fois et qu’elle ne voulait pas être pressante, elle attendait que je vienne à elle pour parler. Je ne l’ai pas fait alors elle commence à avoir des soupçons – je me serai inquiétée pour ses capacités d’observation si ce n’était pas le cas. Je ne peux pas gérer les émotions fortes. Et bientôt elle va commencer à poser des questions, je vais lui faire du mal et je vais la rejeter. C’est le destin.
Il n’y a qu’à regarder notre dossier. La première fois c’était pendant l’affaire d’Eddie, je l’ai réduite en miettes. Ensuite il y a eu la fois où j’ai appris pour elle et Lindsey. Même mode opératoire. Puis il y a eu la fois où j’ai cru qu’elle et Greg étaient ensemble, même chose. Toutes ces fois je ressentais de puissantes émotions, et toutes ces fois ça s’est mal terminé. Alors je sais bien que ça ne sera pas différent cette fois, parce que je suis comme je suis. Je fiche tout en l’air quand je ne sais pas gérer la situation, et il est un peu tard pour changer.
Alors tôt ou tard je vais la rejeter et on sait tous ce que ça signifie, elle a été claire à ce propos la dernière fois. Alors je vais la perdre de toute façon – rien que cette idée me serre le cœur.
Si vous me demandez pourquoi je lui ai demandé de rester aujourd’hui, pourquoi je voulais dormir dans ses bras alors que je suis sur le point de tout gâcher, pourquoi m’infliger une telle chose. Sachez que ce n’est pas par un plaisir masochiste. Je suis sur le point de la perdre, alors pour une dernière fois je voulais pouvoir faire comme si tout était comme je le voudrai. Pour une dernière fois je voulais goûter à ce que je n’aurai jamais, seulement pour avoir des souvenirs auxquels me rattacher, des souvenirs rien que pour moi, que j’ai gravés dans mon cœur.
Quand j’étais dans ses bras, j’étais heureuse, je me sentais bien, et il n’y avait que nous.
Vous savez c’est ce genre de pensée que vous gardez précieusement dans votre jardin secret. Le genre de pensée qui vous font oublier vos soucis même si ce n’est que pour quelque secondes. J’ai quelques souvenirs comme ça. Le plus ancien est avec Eddie. Je lui apprenais à danser – mes pieds s’en souviennent plutôt douloureusement, et à un moment il nous a fait tomber par terre, on explosés de rire, on riait si fort qu’on ne pouvait plus s’arrêter. Puis il m’a regardé avec un air sérieux et un regard amoureux, puis m’a demandé en mariage. C’était son unique déclaration et c’était la plus belle qu’il m’ait faite. Ce n’était pas sophistiqué mais venant de lui, ça m’a littéralement transporté.
Puis il y a le jour où j’ai donné naissance à Lindsey, la chose la plus douloureuse et cependant dès que je l’ai eu dans mes bras mon cœur a explosé et j’étais amoureuse de ce petit bout de chou, transcendé par le bonheur. Il y a aussi le jour où elle a marché pour la première fois, le jour où elle a parler pour la première fois, la première fois où elle m’a dit ‘je t’aime maman’.
Il y en a d’autre que je garde précieusement dans mon cœur. Et maintenant il y a moi, dormant dans les bras de Sara.
Plus qu’une semaine avant que tout cela ne se termine, alors je vais profiter de chaque second et arrêter de déprimer dans mon coin parce que j’ai beaucoup de souvenirs à construire.
Chapitre 29 : Sara
J’ai couché avec Catherine, littéralement – sans aucune connotation sexuelle. Le moins qu’on puisse dire c’est que c’était bon, et pendant un moment j’aurai souhaité que ce soit une scène quotidienne. Me réveiller dans ses bras, c’était paisible, et le monde n’existait plus comme si on était dans une bulle.
J’ai trouvé la solution à mes problèmes émotionnels, j’ai arrêté d’y penser. Ça me tuait, alors j’ai pensé que si je n’allait pas à la réponse elle viendrait à moi. Honnêtement d’y penser m’empêchait de profiter pleinement de ma relation avec Catherine, mais maintenant tout va pour le mieux.
Ou presque. Je pense qu’elle ne se sent pas bien ces derniers temps. Elle essaye de le cacher mais c’est évident. Je sais aussi que la fatigue n’est pas la seule raison. Et pour ce que j’en sais, Cake a remarqué quelque chose elle aussi. Mais Catherine n’en parle pas, à chaque fois que je lui demande ce qui ne va pas elle me répond simplement qu’elle est fatiguée. Je ne la pousse pas, je me contente de lui rappeler que je suis là pour elle. Mais ça ne m’empêche pas de m’inquiéter pour elle.
Quoi que ce soit, ça la dérange énormément. Et le pire dans tout ça est que ça commence à se dessiner, à se voir sur le plan physique. Elle a l’air fatiguée, épuisée même, son regard est terne la plupart du temps et ce qui me dérange le plus c’est qu’elle a perdu du poids. Je sais qu’elle mange à peine quand je suis là. J’ai essayé de penser à des explications rationnelles mais je n’ai rien trouvé de concluant, je n’ai que des spéculations.
Et si elle était gravement malade et qu’elle n’osait pas le dire ? Et si elle avait un gros problème ? Et si, et si…
C’est tout ce que j’ai. Un tas de ‘et si’ mais pas de réponse. Alors, je laisse l’inquiétude me ronger. Mais je pense que je la forcerai à parler bientôt parce que je ne supporte pas de la voir dans cet état.
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C’est étrange, vraiment. Hier encore Catherine semblait perdue dans son monde, dans sa galaxie je dirai même, et là on dirait une personne complètement différente. Elle est joyeuse et plein d’en train. C’est trop beau pour être vrai si vous voulez mon opinion. J’ai l’impression qu’elle se cache derrière son faux air d’apparente joie de vivre. Je décide de ne pas faire de remarque pour le moment.
Aujourd’hui on a été faire les courses pour Cake. Elle part en voyage scolaire pendant presque une semaine. Elle est tout excitée à ce propos, elle ne peut s’empêcher d’en parler. Catherine était enthousiaste, mais il y avait des moment, lorsqu’elle était seule pendant une minute, où son regard soutenait une immense tristesse. Quand je la vois comme ça je m’en veux de ne pas pouvoir l’aider.
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«Zut, il n’y a plus rien dans le frigo, » j’entend Catherine s’exclamer depuis la cuisine.
Cake et moi sommes dans le salon en train de faire ses maths. On n’a pas pu déjeuner ensemble, donc je reste pour le dîner. Catherine n’a pas arrêté de tourner en rond comme un animal en cage, toute l’après-midi. Elle avait l’air angoissée et nerveuse. Je lui ai demandé ce qui la tracassait mais elle m’a rembarrée avec son éternelle excuse, la fatigue.
« Je vais chez le commerçant, je reviens tout de suite, » elle répond.
Avant même que je puisse lui proposer d’y aller à sa place elle embrase le front de Cake en lui disant qu’elle l’aime, elle me tapote l’épaule et elle est partie. Si je ne la connaissait pas mieux je dirais qu’elle vient de fuir quelque chose. Je me tourne à nouveau vers Cake et la voit fixer la porte d’un air grave.
« Quelque chose ne va pas, » dit elle toujours en fixant la porte. « Il y a quelque chose cloche avec maman, » elle me regarde à nouveau. « Je sais que tu t’en ai rendu compte toi aussi. »
« Oui. »
« Quand je la voit comme ça je n’ai pas envie de partir en voyage, parce qu’au moins quand elle n’est pas toute seule elle va à peu près bien, » elle regarde ailleurs, je pense qu’elle ne veut pas montrer qu’elle est au bord des larmes. « Je serai partie pendant 5 jours, qui va s’occuper d’elle ? »
« Moi, je le ferai Cake. Je le ferai. Écoute je sais que tu es inquiète pour elle, moi aussi, mais dernièrement le boulot l’a épuisée. Elle ira mieux bientôt, » je lui dis, pas très convaincu par mon explication non plus, mais il n’y a pas de raison d’inquiéter Cake plus qu’elle ne l’est déjà.
« Je t’en pris, le travail ? » dit elle, elle me regarde l’air de dire ‘je ne suis pas débile’. Elle soupire « Je sais que votre travail peut être difficile et fatigant mais…je sais que la fatigue n’est pas la seule raison de son état….je pense qu’elle est triste. »
Je ne réponds rien, il est hors de question que je lui mente. Moi aussi je pense que Catherine est triste, moi aussi je suis inquiète à son propos.
« Elle pleure beaucoup. Elle pense que je ne le sais pas, mais je sais. Une fois tante Nancy m’a ramenée plus tôt à la maison et j’ai trouvé maman en train de pleurer très fort, si fort qu’elle ne s’est même pas aperçu de ma présence. Je ne savais pas quoi faire alors je suis retournée dans le salon et j’ai un peu de bruit pour lui faire savoir que j’étais rentrée, elle s’est précipitée dans la salle de bain et cinq minutes après elle a agit comme si tout allait bien. Parfois elle commence à pleurer pour rien, mais ensuite elle se contient et me dit que tout va bien et que ce n’est que de la fatigue. »
Mon opinion ? Je pense que Catherine est déprimée, ce n’est pas une bonne chose et je parle par expérience. C’est comme si on était pris dans des sables mouvants, plus on essaye de s’en sortir et plus on s’enfonce, d’un autre côté, si personne ne vient à votre secours, vous êtes fichus.
« C’était pire l’autre jour quand tu es partie. Je ne pouvais plus le supporter alors je suis allée la consoler…mais je pense que je n’ai fait qu’empirer les choses parce que ses sanglots n’ont fait que s’amplifier… » elle laisse sa phrase en suspend et je crois qu’elle est sur le point de perdre la lutte avec ses larmes.
« Cake, crois moi, rien de tout ça n’est de ta faute, » je la rassure. « Ce n’est pas de ta faute, » je répète, elle acquiesce de la tête et je la prends dans mes bras.
Elle se laisse aller et je peux sentir ses larmes mouillées ma chemise. Je la tiens contre moi sans un mot. Puis elle reprend son souffle avant de rompre notre étreinte.
« Écoute, je sais que tu te fais du souci, mais tu es trop jeune pour porter tout ça sur tes épaule. Je m’occuperai d’elle, tu as ma parole, et s’il y a un problème à régler, je le règlerai avec elle. Si tu veux l’aider, montre lui que tu l’aime. Ne t’en fais pas, pendant ton voyage elle ne sera pas seule je serai là, alors contente toi de profité de ton voyage, parce que c’est ce que tu es sensée faire. »
Je suis aussi inquiète que Lindsey, mais je suis sérieuse, elle ne devrais pas porter un tel poids sur ses épaules, il ne lui reste que quelque années pour profiter de son enfance. Elle a déjà traversé beaucoup de choses pour son âge, et je pense que c’est déjà assez.
Après dix minutes, Catherine revient, elle semble un peu plus détendue. On cuisine ensemble toutes les trois dans la bonne humeur. C’est drôle parce que je m’habitue à ces scènes domestiques. A chaque fois que je viens ici, c’est comme si je faisais partie de la famille. Comme si ma vie était ici, mais à chaque fois que je retourne chez moi je comprends que ce n’est pas le cas, et je ne m’en sens que plus seule.
Je suis habituée à la solitude, mais la c’est différent. Quand je suis chez Catherine, il y a toujours du bruit, toujours quelqu’un en train de parler ou de se balader d’une pièce à l’autre, et même quand il y a du silence, il n’y a jamais de sensation de vide. Chez Catherine c’est comme si j’étais en vie. Quand je suis chez moi, tout est froid, obscure et sans vie.
Je ne pense pas que je supporterai de perdre ce que j’ai maintenant. Je parle de cette amitié, si forte et de cette stabilité dans ma vie, ce sentiment d’être chez soit quelque part . Pour la première fois j’ai l’impression de faire partie de quelque chose. Je n’ai pas l’habitude de me sentir intégrée, mais là j’ai trouvé un endroit où je me sens bien et où j’ai envie de rester.
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« Merci d’être venue, »Nancy m’accueil.
« T’as dit les mots magiques, » je lui réponds en entrant.
« Oui, et c’est vrai, j’ai vraiment besoin d’un câlin, » elle dit d’un air mélancolique.
« Viens là, » je dis et deux secondes plus tard elle est dans mes bras.
Je vous ai déjà dit à quel point j’étais admirative de la façon dont Nancy et moi sommes devenues si proches en si peu de temps. Et notre marché concernant les câlin est le meilleur marché qu’il soit. C’est tellement bon d’avoir quelqu’un qui vous écoute et qui vous donne de l’affection quand vous en avez besoin. Je ne pourrai pas vous dire combien de câlin on a partagé elle et moi, mais ils sont nombreux. C’est bien, d’avoir une habitude affective, parce que ça donne une sorte de stabilité.
C’est un peu comme notre habitude de dormir ensemble sur son canapé. Je ne sais pas c’est juste…notre truc, je suppose. C’est la caractéristique de notre amitié. Certains vont voir des films tous les vendredis, d’autres jouent aux échecs, nous on partage des câlins et un canapé. Et je ne me vois pas vraiment dormir avec quelqu’un d’autre que Nancy dans un canapé, parce que ce serait différent…comme un trahison presque. Je sais que ça n’a aucun sens vu qu’on n’est pas ensemble mais c’est comme ça. Je n’ai pas envie de partager cette habitude avec qui que ce soit d’autre.
« Bon sang, j’en avais besoin, » elle soupire contre mon épaule.
« Tout le plaisir est pour moi. »
On se désengage de notre câlin et se dirige dans la cuisine. On prend un café et elle m’explique pourquoi elle avait besoin de réconfort. Je lui remonte un peu le moral et essaye de la faire rire avec succès, puis on partage un silence confortable.
« Et toi, comment ça va ? » elle me demande après un moment.
« Je vais bien, » je lui réponds. Elle me fixe gentiment, attendant que je m’étende un peu éventuellement. Et je le fais « J’ai réussi à remettre en place pas mal de chose dernièrement, alors…je suis sereine, je pense, » je marque une pause afin de remettre mes pensée en ordre. « J’ai l’impression qu’un poids a été soulevé de mes épaules. Alors oui, je vais bien. »
« Est-ce que tu as repensé à la question à 1 millions de dollars ? » me demande elle d’un air léger.
« Oui, je l’ai fait. »
« Et ? »
« Non, » je soupire.
« Tu n’as pas encore trouvé la réponse » dit elle, je la regarde mais ensuite fuis son regard.
« Non, » je répète. « C’est la réponse, » j’ajoute.
Pendant un court instant elle ne dit rien, elle se contente d’absorber l’information que je viens de lui donner. Je la regarde et je suis incapable de déchiffrer son expression.
« Oh » elle murmure enfin.
« Oui. »
On reste silencieuses, chacune de nous perdues dans ses pensées.
« Tu penses que je suis une lâche ? » je lui demande.
« Non » elle me sourit doucement. « Sara, tu es assez grande pour savoir ce que tu fais, tu t’es posée la bonne question et je suis sure que tu n’as pas joué la réponse à pile ou face. Si c’est ta réponse je ne suis personne pour la juger. Comment tu te sens par rapport à ça ? »
Je suis un peu surprise par sa question mais je lui réponds quand même. « Je suis en accord avec ça. C’est un peut dur mais au final je pense que ça me convient. »
« Alors tout va bien dans ce cas. »
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Demain c’est le grand jour, Cake s’en va pour son voyage ! Elle m’a demandé de passer la journée avec elle et Catherine, au début j’hésitais un peu, ce n’est pas que je ne voulais pas mais, je pensais que peut être Catherine voulait avoir sa fille à elle seule pour sa dernière journée à la maison. Une journée mère/fille quoi. Mais Catherine m’a presque supplier de passer la journée avec elles, parce que d’une part Cake le voulait et ensuite parce qu’elle pouvait avoir des journées à elles seules dès qu’elles le voulaient.
Alors on a passé une excellente journée, on a été aux arcades, au centre commercial et on a mangé des glaces. On s’est bien amusées comme toujours, ensuite on est retournées chez Catherine, on a regardé des films et mangé de la pizza, tout ça sur la requête de Cake.
Là je suis sur le canapé de Catherine où je suis sensée dormir, mais je suis encore toute euphorique par cette journée, alors je plane plus que je ne dors. Catherine avait vraiment l’air mieux aujourd’hui, ou du moins mieux que les autres jours. Si vous vous demandez pourquoi je dors sur le canapé de Catherine c’est parce que Cake veut que je l’accompagne à son car demain, et le plus pratique pour moi était de dormir ici.
J’entends un bruit dans la cuisine alors je me lève pour voir ce qu’il se passe. J’allume la lumière et trouve Catherine assise à la table. Elle était assise dans le noir, depuis combien de temps je l’ignore, elle n’a pas l’air d’aller bien.
« Désolé, je ne voulais pas te réveiller, » elle dit.
« Je ne dormais pas, » je lui réponds.
Elle se lève et s’adosse contre le plan de travail. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai l’impression que quelque chose cloche. Je m’approche d’elle et lui caresse le bras et elle trésaille un peut avant de se détendre.
« Cath ? »
« Lindsey s’en va demain, » elle murmure.
« Oui, mais tu verra ces cinq jours vont passer vite, » je la rassure.
« Je vais être toute seule » elle répond d’un air vague.
Je suis vraiment inquiète là. Elle a l’air perdue.
« Non tu ne seras pas seule, je serais là. »
Elle regarde ailleurs et soudain elle se met à pleurer. Je la prends immédiatement dans mes bras, et la laisse sangloter.
Je ne sais pas combien de temps s’écoule avec nous dans cette position –non pas que je m’en souci vraiment, mais à un moment ses sanglots s’estompent. Je prends son visage dans mes mains et efface ses larmes.
« Que dirais tu de dormir un peu ? » je lui demande gentiment. Elle hoche la tête. « Tu veux un peu de compagnie ? » J’ajoute. Elle me regarde avec intensité pendant un moment puis hoche à nouveau la tête. « D’accord, c’est parti dans ce cas, » je lui baise le front, puis lui prends la mains avant de me diriger vers sa chambre.
On s’installe confortablement et on sombre dans le sommeil dans les minutes suivantes.
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Le réveil sonne et je l’éteins. Catherine ne bouge pas cela dit. Je décide de la laisser dormir un peu plus et je me lève. Je vais réveiller Cake et ensuite commence à préparer le petit déjeuner pendant que Cake se douche. Vingt minutes plus tard je retourne dans la chambre et m’assois sur le bord du lit. Catherine n’a pas bougé d’un pouce. Je lui caresse le visage délicatement.
« Cath, réveille toi, » je lui dis.
Elle bouge un peu à l’effet de mon contact mais ne se réveille pas. Je ricane doucement. Je me penche et lui embrasse le front.
« Cath, allez réveille toi, il faut qu’on y aille, » je lui murmure.
Elle ouvre doucement les yeux et prends quelques secondes pour se situer. Je lui souris, ma main continue à lui caresser le visage.
« Bonjour, la belle au bois dormant. »
« Bonjour, » elle me répond.
« Il faut que tu te lève et que tu te prépare. J’ai fait le petit déjeuner, alors il n’y a pas besoin de se presser. »
Elle acquiesce et je sors de la chambre pour lui laisser le temps de bien se réveiller, mais je laisse la porte ouverte. Cake est habillée et regarde ‘La bande à Dexter’ dans le salon. Quinze minutes plus tard Catherine est douchée et habillée. Je vais dans la salle de bain et prend une douche. Une fois que je suis prête on prend notre petit déjeuner, puis il est l’heure d’y aller. Je vais dans la chambre de Cake pour voir si elle est prête pendant que Catherine démarre la voiture.
« Tu as tout pris ? » je demande.
« Oui Sara, j’ai tout pris, » elle répond légèrement amusée.
« T’en es sûre ? Peut être qu’on devrait vérifier à nouveau.»
« Oh…Sara, on a vérifier quatre fois déjà hier.»
« Je pensais que c’était cinq. »
« Oui, je sais, mais je n’ai compté que les fois où je l’ai fais avec Maman, » elle dit légèrement exaspérée.
« Bon, bon, très bien, » je lève les mains en signe de reddition « Si tu es sure dans ce cas on ferait mieux d’y aller. »
Je prends son sac de voyage et on se dirige vers la voiture. C’est drôle mais dans des moments comme celui-ci j’ai l’impression qu’elle est ma fille, c’est bête hein ? Ce que je veux dire, c’est que c’est comme si c’était un jour normal dans ma vie. Je mets les affaires de Cake dans le coffre pendant que Catherine vérifie une dernière fois que tout est en ordre avant de fermer la maison.
Le voyage est relativement court. On sort de la voiture. Cake et Catherine commencent à se diriger vers la car, je m’appuis contre la voiture, leur laissant ainsi un peu d’intimité pour leurs au revoirs. Mais soudain Cake est devant moi et me regarde comme si j’étais une enfant particulièrement lente.
« Euh…Sara, on peut savoir ce que tu fais ? » me demande elle.
« Je reste près de la voiture, » je dis sans grande assurance.
« Sara, elle ne va pas s’envoler alors, ferme les portes et dépêche toi, le car va bientôt partir. »
« Ok » je réplique, j’ai l’impression de m’être faite grondée.
Cake installe ses affaires dans le coffre du car, puis elle se tourne vers nous. On est entourées par tous les parents et leurs enfants, tout le monde se dit au revoir, les parents donnent leurs dernières recommandations et embrassent leur progéniture, certains même en pleure.
« Ok, je suis prête » annonce Cake . Elle se tourne vers moi et me prend dans ses bras. « Bye Sara. »
« Bye » je lui réponds avec une voix pleine d’émotion, je dois avouer que je ne m’attendais pas à un tel geste, cependant il semble si naturel.
« Prends soin de Maman, » elle me chuchote.
« Promis. Amuses toi bien. »
« Promis » elle me fait écho.
Elle me laisse puis donne un énorme câlin à Catherine.
« Tu vas me manquer Chérie, » lui dit Catherine.
« Toi aussi tu va me manquer Maman. »
Elles restent dans les bras l’une de l’autre silencieusement, jusqu’à ce que les enseignants invitent les élèves à monter dans le bus.
« Amuses toi bien, mon cœur, » dit Catherine à Cake.
Cake commence à monter dans le car mais elle retourne vers nous et me fait un bref câlin. « Bye, je t’aime Sara, » dit elle avant de m’embrasser la joue.
Mon cœur s’emballe à mesure que de nouveaux sentiments m’envahissent. Je ne sais pas, je me sens heureuse et touchée. « Je t’aime Cake » je lui réponds avec un grand sourire.
Elle étreint ensuite sa mère. « Je t’aime Maman. »
« Je t’aime aussi bébé » Catherine répond en embrassant sa fille pour une dernière fois.
Cake monte dans le car, Catherine semble être au bord des larmes alors je passe mon bras autour de ses épaules pour la réconforter. On salut Cake de la main jusqu’à ce que le car s’en aille.
Comme je l’ai dit, je me sens comme tous les autres parents, comme si c’était mon enfant que je saluais de la main. C’est étrange mais en même temps toutes les petites choses qui me font me sentir comme ça arrivent si naturellement que je ne peux que croire que c’est vrai. J’aimerai que ce soit vrai.
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Le voyage retour jusqu’à chez Catherine est silencieux. Une fois qu’on arrive chez elle, Catherine commence à agir bizarrement. Je lui demande si elle va bien, mais elle ne me répond pas. Je reste avec elle un moment mais elle me demande de partir et je m’exécute.
Je suis dans ma voiture depuis un petit moment déjà quand je m’aperçois que j’ai laissé mon beeper chez Catherine, alors je fais demi tour. Je sonne et c’est une Catherine en larmes qui m’ouvre la porte.
« Cath ? » j’entre. J’essaye de la prendre dans mes bras mais elle recule d’un mouvement brusque et fuit dans le salon. D’accord.
Je la rejoins mais elle m’ignore, au fond de moi je sais qu’elle ne pleure pas à cause de Lindsey.
« Cath, parle moi, je suis là pour toi. »
« Non, tu ne l’es pas justement » elle répond vigoureusement.
Je suis un peu déstabilisée par son agressivité mais je reste calme et ne lui montre pas qu’elle m’a blessée.
« Je sais que quelque chose te tracasse. Cath, je ne peux pas t’aider si tu ne me parles pas. »
« Je suis désolée Sara » elle soupire. « C’est juste que…Lindsey est partie et je suis un peu sur les nerfs. »
« Je sais, mais ce n’est pas la seule raison. »
« Sara… »
« Non Cath, je m’inquiète pour toi. Je ne t’ai pas poussée à me parler, mais ça semble avoir empiré, alors s’il te plait parle moi » je lui dis gentiment.
« Je suis juste… »
« Je t’en prie ne me donne pas cette fausse excuse de ‘fatigue’, c’est minable et on le sait toutes les deux »
Je m’approche d’elle et lève ma main pour lui caresser le bras mais rien n’aurait pu me préparé à cette réaction...
« Va t’en ne me touche pas ! » réplique elle .
J’ai l’impression d’avoir été giflée, je n’aime pas ce qui est en train de se passer.
« Tu ne comprends pas » dit elle.
« Alors aide moi à comprendre. »
Elle commence à faire les cent pas, mais ne me regarde pas. Plus elle reste silencieuse et plus j’appréhende ce qu’elle va dire, je n’aime pas cette conversation.
« Je veux que tu t’en ailles, » me dit elle calmement. « Je…J’ai besoin que tu t’en ailles. »
« Quoi ?...Attends, dis moi ce qu’il se passe, Cath s’il te plait parles moi. »
« Je n’ai pas envie de parler….j’ai essayé Sara…mais je ne peux plus continuer comme ça….c’est trop…alors c’est mieux si tu t’en va… » elle bafouille. Je pense que maintenant est un bon moment pour paniquer.
« Cath, de quoi tu parles ? »
« S’il te plait, va t’en… » elle répète.
« Non, non, je n’irai nulle part !»
« Pourquoi est ce que tu fais ça ? » elle me demande avec colère.
« Parce que je tiens à toi !...et parce que je veux t’aider ! »
« Si tu veux vraiment m’aider, va t’en, sors d’ici ! » elle crache.
« Ne fais pas ça, je t’en prie. »
« Sara, il n’y a rien que je puisse faire si tu ne peux pas voir ce qu’il se passe ! » elle commence à tourner en rond de nouveau.
« Très bien je suis désolée, mais je ne vois vraiment pas de quoi tu parles, alors s’il te plait dis mois ce qui ne va pas » j’essaye de garder une voix calme.
« Tu veux savoir quel est le problème ? C’est toi Sara, tu es le problème ! »
Ma tête me tourne et je sens une vague de nausée me parcourir.
« Je…je suis le problème » je répète doucement, chaque mot me brûle la gorge. « Qu’est ce que tu veux dire ? »
« S’il te plait, va t’en… »
« Non. »
« C’est ma maison et je veux que tu t’en ailles ! » elle crie.
« Non » je réponds plus fermement.
« Sara… »
« Non Cath ! » ma respiration est pesante, j’ai besoin de me calmer. « Tu ne peux pas me dire en passant que je suis le problème et ensuite me jeter dehors sans une seule explication. Tu ne peux pas me blessée comme ça et t’attendre à ce que je sois d’accord avec tout ça » je marque une pause pour reprendre mon souffle et me calmer. « Cath, ne fais pas ça, parce que si je m’en vais-je ne reviendrai pas ! je tiens à toi et à cette amitié alors ne fais pas ça. »
On se regarde, je ne comprends pas ce qu’il se passe. Un moment tout allait bien et maintenant on est en train de se battre sans raison apparente, et ça me rend furieuse.
« Ça doit cesser Sara. Je ne peux plus continuer comme ça. C’est pour le mieux crois moi. »
« Catherine, arrête ça ! Dis moi quelque chose qui ait un peu de sens. Arrête de jouer à ‘Grissom’ ! »
« Je ne supporte plus d’être près de toi, je ne peux… je ne peux pas continuer comme ça. Ça doit cesser parce que je ne peux…j’aimerai que tu voies ce qu’il se passe mais tu ne le vois pas et moi je n’en peux plus » ça n’a toujours aucun sens pour moi et je suis vraiment blessée et furieuse parce qu’elle est sur le point de ruiner quelque chose de bon. « Sara, je t’en prie si tu t’en souci vraiment, va t’en, » elle me supplie.
« Ne ruines pas ça Catherine. Je t’en prie ne me fais pas ça. Ne nous fais pas ça... » je l’implore mais elle m’ignore.
Je sais que je n’aurai pas plus d’explication que ça. Je suis en colère et je souffre. J’ai l’impression qu’elle s’est servie de moi, comme si je n’étais rien de plus que cette chose que vous utilisez pour vous divertir et que vous jeter à la poubelle lorsqu’elle vous ennuie. Le pire dans tout ça est que je suis en train de perdre une des meilleures choses que j’ai dans la vie et que je ne peux rien y faire.
« Regardes moi » je lui ordonne avec véhémence. Il lui faut quelques secondes mais elle s’exécute. « Je veux que tu saches que tu es en train de détruire notre amitié. Notre relation veut dire quelque chose, elle est précieuse. Si je suis le problème dans ce cas dis moi ce qu’il faut que je fasses pour rectifier ça mais ne me repousse pas sans raison. Je t’en prie Cath, ça en vaut la peine. Je n’ai pas envie de te perdre ou de perdre notre amitié. Essayons de discuter, ok ? S’il te plait. » je dis aussi calmement que possible. Elle me regarde puis détourne son regard.
« Sara, va t’en, maintenant » dit elle en regardant le sol.
« Tu es sûre que c’est ce que tu veux ? » je dis en essayant de faire passer la balle de golf qui s’est logée dans ma gorge. Mon ton es cassant, j’essaye de couvrir la profonde peine que j’éprouve. « Si je m’en vais maintenant ce sera fini et on le sait toutes les deux. Je t’ai dit que je ne pouvais plus jouer à ce petit jeu » elle refuse toujours de me regarder. « Cath... »
Elle me regarde à nouveau. Je ne peux pas croire que je suis sur le point de la perdre. Je lui donne une dernière chance mais si elle ne la prend pas alors ce sera fini !...
Pourquoi est ce que ça doit se passer comme ça ?
« Je t’en prie…va t’en… » une fois encore ses yeux fixent le sol.
Je reste plantée là, ne sachant pas quoi faire. Je ne peux pas respirer tellement la peine est vive. Elle n’est même pas fichue de me regarder ! Soudain une rage incommensurable m’envahie. Je serre les poings assez fort pour empêcher le sang de circuler, assez pour laisser des marques sur ma paume. J’attends qu’elle me regarde, quelque part j’espère en vain qu’elle changera d’avis dans les prochaines secondes, parce que tant que je suis dans la maison, il y a toujours une chance, mais elle ne fait rien, elle ce contente de fixer le sol. Puis elle me regarde enfin.
« Va t’en ! » dit elle avec force.
Je ferme les yeux pour m’empêcher de tomber. C’est fini...
« Au revoir Catherine » je dis amèrement.
Je me tourne pour partir. J’ouvre la porte et attends une seconde. Une pensée me frappe : il ne reste plus rien.
Je n’ai plus rien à perdre maintenant. C’est fini...
Je lâche la poignée de la porte, et entends la porte se refermer derrière moi. Quel intérêt ?
C’est fini !