AN: Désolée pour l'attente et la très coutre mise à jour mais mon ordi est mort en emportant le reste du boulot avec lui (snif...) mais bon je promets de me rattraper la prochaine fois. En tout cas merci pour les mots d'encouragements ça me fait toujours plaisir. A très bientôt, promis ;-)

 

 

Et du Chaos Naîtra la Création…

 

                                                                                                                                     Quatrième Partie

 

                                                                                                                                       Par SoFrost

 

Chapitre 30 : Catherine

J’ai tourné le dos à la porte comme ça je n’aurais pas à voir Sara franchir la porte. Je n’aurais pas à être témoin de la plus grosse erreur de ma vie. Alors, c’est tout, c’est fini. Je suis sûre qu’un jour, pas dans un futur proche, mais un jour j’arriverai à me convaincre que j’ai fait le meilleur des choix. Mais bien sûr, mais de qui je me moque là ?

J’entends la porte se fermer et à ce moment précise mon cœur de fracasse en mille morceaux. Je me mets à pleurer toutes les larmes de mon corps. Qu’est ce que j’ai fait ?

Qu’est ce que…

Quelque chose me tient fermement autour de la taille et l’arrière de la tête, l’oxygène est littéralement aspirer de mes poumons, un corps étranger envahit ma bouche, mes pieds ne touchent plus le sol, mon rythme cardiaque s’accélère comme une fusée, de l’électricité est en train de me courir sous ma peau à tel point que ça me brûle, j’ai l’impression de tomber et ma tête est sur le point d’exploser.  Puis aussi violemment qu’elles sont venues toutes ces sensations disparaissent. Lorsque mes pieds touchent à nouveau le sol j’ai l’impression de perdre l’équilibre. Je respire profondément, comme si je goûtais à l’oxygène pour la première fois. J’ai l’impression d’avoir été percutée par un camion. J’ouvre les yeux – bien que je ne m’étais pas rendu compte que je les avais fermés, il me faut quelques secondes pour me concentrer. Je dois être en train d’halluciner.

Sara...

Elle est là juste devant moi, les yeux rivés sur moi et le souffle court. J’ai toujours pensé que ses yeux pouvaient dire beaucoup lorsqu’elle restait silencieuse, et bien là tout de suite j’y vois quelque chose qui est presque terrifiant.

Ok, ça ne vient pas d’arriver, elle ne vient pas de m’embrasser comme personne auparavant. Il doit y avoir une explication raisonnable à tout ça, j’hallucine ou je suis encore en train de rêver éveillée. Je ne peux pas m’empêcher de la fixée. Elle ferme les yeux.

Je suis paralysée. Je suis plus terrifiée à l’idée que ce soit vrai, qu’à l’idée que ce ne le soit pas. Je veux dire, j’ai eu de nombreux rêves très réalistes où je donnais vie à mes fantasmes les plus fous avec Sara et je pouvais actuellement ressentir quelque chose. Mais aucun de mes rêves n’a jamais été aussi réel, ce que je ressens là est indescriptible. Je ne peux tout simplement rien faire, c’est tellement sans dessus dessous dans ma tête que c’est comme si  elle était vide.

Je lève la main et la tend dans sa direction. Je tremble parce que je m’attends à ce qu’elle disparaisse à mon contact. Mon mouvement est péniblement lent. Le bout de mes doigts effleure le coin de ses lèvres, je suis émerveillée par le simple fait de sentir le contact. Je continue ma progression et presse ma main contre sa joue, tout en lui caressant délicatement les lèvres de mon pouce, je la sens expirer un souffle fébrile. Mon autre main mime la première sur son autre joue. Je suis hypnotisée, c’est comme si je touchais un autre être humain pour la première fois, comme si je découvrais le touché. Je respire à peine et je n’ose pas cligner des yeux parce que je ne sais pas si tout ça est réel ou pas. Elle n’a toujours pas bougé et ses yeux sont toujours clos.

Je franchis la distance entre nos deux visages, j’effleure ses lèvres des miennes. C’est un contact aussi léger qu’une plume cependant j’ai l’impression qu’une bombe nucléaire venait d’exploser en moi. Je me recule un peu et ouvre les yeux très doucement. A ma grande surprise elle est encore là.

Oh mon dieu. Si c’est un rêve je ne veux plus jamais me réveiller.

Je l’embrasse à nouveau mais cette fois je n’hésite plus. Je lui capture la lèvre inférieure délicatement entre les miennes . Je me retire un peu mais pas assez pour rompre le contact et je goûte ses lèvres du bout de ma langue. Sa bouche s’ouvre doucement d’elle-même alors j’intensifie notre baiser.

Soudain c’est comme si l’enfer se déchaînait. Je la sens réagir à mon touché, comme si je venais tout juste de lui donner vie. Je sens ses mains retourner à leur position initiale – une autour de ma taille et l’autre derrière ma tête. Le simple fait de sentir ses mains sur moi me fait frissonner. Son étreinte est serrée, mais je ne m’en souci guère, je ne veux pas qu’elle me laisse aller. J’enlace mes bras autour de son cou. Notre baiser est urgent et passionné, presque violent. L’oxygène devient un léger problème alors on se recule un peu sans pour autan perdre le contact. Je garde mes yeux fermés et repose mon front contre le sien elle ramène sa main doucement sur mon visage et me caresse la joue. Je peux sentir son souffle chaud sur ma peau. J’ai l’impression d’être en feu même respirer m’est difficile.

Puis ses mains sont sur mon dos. Mes bras sont fermement autour de son cou, elle dépose de petits baisers sur mes lèvres. Puis je sens mon corps être soulevé du sol. Je pousse un petit cri par surprise et renforce mon étreinte autour de son cou et passe mes jambes autour de sa taille. Je l’embrasse à nouveau. Quand je n’ai plus d’air dans mes poumons j’enfoui mon visage dans son cou, puis je nous sens bougé.

Je n’arrive pas à croire que c’est en train d’arriver. Je ne suis même pas sure que ce soit en train d’arriver en fait.

C’est comme si j’étais de nouveau en vie, comme si j’avais arrêté de respirer pendant tout ces mois et maintenant je ressens tout au centuple. Il y a tellement de sensation que c’en est presque irréel.  Je plane complètement.

Je commence à embrasser son cou, je mords gentiment puis embrasse à nouveau. Il y a ce désir charnel qui s’anime en moi. Je sens sa pries sur moi se défaire et doucement mes pieds retombe sur le sol, cependant j’ai toujours la sensation de tomber. Ses mains m’entoure le visage délicatement, puis m’attire jusqu’à ses lèvres. Puis ses lèvres migrent vers mon cou, tandis que mes bras refusent de se dénouer du sien.

Soudain je sens ses mains sur mon estomac nu et je ne peux m’empêcher de gémir à cette nouvelle sensation. Tout mon corps brûle d’impatience. Ses mains dessinent mes courbes en se dirigeant vers le haut, effleurant mes seins, et je suis surprise de tenir encore debout à son contact. Elle fait doucement glisser ma chemise le long de mes épaules, et me mordille le lobe de l’oreille.

J’ai envie de la toucher. J’ai besoin de la toucher. Et c’est ce que je fais, je fais de mon mieux pour ouvrir sa chemise mais ce n’est pas facile avec les doigts qui tremblent et les yeux fermés.

Tous mes sens sont en surrégime, les sensations que je suis en train de goûter sont en train de me rendre dingue. Ses mains sont partout et nulle part à la fois. Dès qu’elle éloigne ses mains de mon corps je ressens un manque si intense que c’en est douloureux. Je ne sais plus où concentrer mon attention, je n’arrive pas à suivre ce qu’il se passe. La seule chose que je sais c’est que j’en veux plus.

Je la sens me pousser gentiment en arrière et mon dos atterrit sur ce que je suppose être mon lit. J’ouvre les yeux pour la première fois depuis que je l’ai embrassée. Je me plonge dans ses yeux. Personne ne m’a jamais regardée comme elle le fait à cet instant précis. J’ai l’impression d’être  la chose la plus précieuse au monde, comme si le monde se résumait autour de moi, non, pas le monde, l’univers entier. Il n’y a aucun mot pour exprimer ce que je ressens vraiment. Je suis complètement magnétisée par son regard.

Elle se penche sur moi et m’embrasse intensément. Mes mains trouvent leur chemin dans son dos et c’est à ce moment que je me rends compte que nous sommes nues toutes les deux – je ne sais pas comment elle m’a déshabillée sans que je m’en rende compte et encore moins comment j’ai réussi à la déshabiller. Sa peau contre la mienne est un incroyable délice, mais je veux plus. J’ai l’impression que ce n’est pas assez. Je l’attire plus près de moi mais ce n’est toujours pas assez. J’ai envie de fondre mon corps dans le sien, je veux être sous sa peau, je veux que nous ne fassions qu’une.

Doucement, minutieusement, méticuleusement elle trace chaque centimètre de ma peau de ses mains, de sa bouche, de sa langue, de ses dents. Je commence une symphonie de gémissements, et lorsque je récupère assez de facultés pour être plus articulée je répète son nom encore et encore.

Mon souffle m’échappe lorsqu’elle goûte à mon essence pour la première fois. Je pensais planer très haut mais je me trompais car je viens définitivement de prendre mon envol.

Je vais haut, très haut, toujours plus haut. J’ai peine à respirer et mon cœur est sur le point d’exploser.

L’intensité de mon premier orgasme me donne l’impression d’être frappée par la foudre. Mais je n’ai pas le temps de réaliser ce qu’il se passe à mesure que je la sens en moi. Il me suffit de quelques minutes pour qu’un deuxième orgasme se déchaîne en moi, mon rythme cardiaque est erratique. Je crois que mon cœur est sur le point de sortir de ma cage thoracique. Mon dos se cambre violemment au troisième orgasme qui me parcourt le corps entier. J’ai besoin de respirer parce que je suis sur le point de m’évanouir. Alors que je suis en train d’essayer de remplir mes poumons d’oxygène avec une respiration précipitée, je sens Sara qui couvre mon corps de baisers à mesure qu’elle se repositionne sur moi. Elle est toujours en moi, comme si elle ne voulait pas me laisser redescendre de l’endroit où elle m’a envoyée – quelque part où je n’avais jamais été, dont j’ignorais même l’existence.

Elle m’embrasse les lèvres doucement et caresse mon visage avec révérence. J’arrive à ouvrir les yeux, mais il me faut un court lapse de temps pour reprendre mes esprits puis me plonger à nouveau dans ses yeux. Puis elle recommence ses mouvements, m’élevant doucement vers les hautes sphères du plaisir. Son regard est intense, tellement intense que je ne pourrais pas détourner mon regard même si je le voulais. Ses mouvements sont lents et intenses, progressivement elle accélère. Je suis sure que mes lèvres forment son nom, mais vu à quel point il m’est difficile de respirer, parler relève de l’impossible.

Je plane plus haut que ce qui est imaginable, et soudain c’est comme si tout s’arrêtait. Mon cœur cesse de battre pendant une seconde avant d’exploser avec la violence d’un orgasme plus puissant que les précédents. Mes yeux ne quittent pas les siens, je cri son nom dans un dernier effort et m’agrippe à son dos très fort. La sensation est si forte qu’elle est douloureuse, mon corps tremble intensément, je suis forcée de fermer les yeux car j’ai peine à supporter le choc. Je l’attire à moi et m’accroche à elle comme si ma vie en dépendait.

Les tremblements s’estompent petit à petit, je gémis légèrement lorsqu’elle se retire de moi. Je la tien toujours fermement dans mes bras, son étreinte est douce mais certaine. Je peux sentir son souffle court tandis que j’essaye de respirer à mon tour, tout est tellement intense que je suis submergée d’émotion.

J’ai l’impression de respirer pour la première fois, de ressentir les choses pour la première fois. C’est comme si je n’avais jamais eu de contact humain auparavant. J’ai l’impression d’être morte, mais ce n’est pas la fin. C’est seulement le début.

Je viens de renaître...

 

Chapitre 31 : Sara

 

Wow. Tout simplement…wow.

Je prends une minute ou deux pour récupérer mon souffle. C’était une incroyable façon de faire l’amour – ce qui m’amène à penser que je n’ai peut être  jamais eu la bonne définition de ‘faire l’amour’. C’est un sentiment incroyable, un sentiment à couper le souffle.

Je n’arrive pas à croire ce qu’il vient de se passer. Dire que je suis heureuse serait l’euphémisme du siècle. Il n’existe pas de mot pour décrire un tel sentiment que celui dans lequel je baigne actuellement.

J’embrasse le cou de Catherine gentiment. Je la sens qui sanglote un peu et soudain je panique.  Je lève la tête de son cou et la regarde. Elle est en train de pleure silencieusement. De ma main je lui caresse le visage et les cheveux délicatement.

« Cath ? Ça  ne va pas ? » Je lui demande avec inquiétude.

Elle sourit malgré ses larmes et le soulagement m’envahit instantanément. « Ce n’est rien, » elle répond. Elle m’embrasse doucement et intensément. Puis elle sourit « Tout va plus que bien. »

Je lui souris en retour. Elle est si belle. Ses yeux n’ont jamais été aussi bleu, bleu profond, il y a un fine couche de sueur sur son visage et ses cheveux sont légèrement humide.  Et elle a ce sourire si doux…elle est tellement belle. Je l’embrasse à nouveau délicatement.

Je change de position de sorte que je suis allongée à ses côtés. Je la prend dans mes bras, puis on s’endort.

 

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J’ouvre les yeux et à mon grand soulagement tout cela n’était pas un rêve.

Wow, je n’arrive pas à croire où je me trouve.

J’étais sur le point de laisser tout ça partir. J’ai ouvert la porte et j’étais sur le point de la franchir pour ne plus jamais me retourner. Mais ensuite je me suis rendu compte que tout ce que j’essayais de préserver en ne prenant pas le risque de dévoiler mes sentiments n’était plus de toutes les façons. J’ai compris qu’en fin de compte il n’y avait plus de risque. Et il n’y a plus de risques à prendre quand on n’a plus rien à perdre, n’est ce pas ? C’est pour ça que je suis revenue vers elle et que je l’ai embrassé. Je ne me considère pas comme un génie mais je dois dire que ce choix est de loin le plus brillant que j’aie fait de toute ma vie. Pour une fois je n’ai pas pris mes jambes à mon cou, et j’en suis fière.

Ma vie vient de faire un 360°.

Je regarde Catherine qui est en train de dormir profondément dans mes bras, je laisse ma main errer sur la peau douce du bas de son dos et lui embrasse la tête.

Tout est tout simplement parfait.

 

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Je me suis levée pour préparer le petit déjeuner pour ma belle au bois dormant. Ma belle au bois dormant, yep, tout est parfait. Je me suis dite qu’elle serait probablement affamée après nos activités. Alors je vais lui préparer un bon petit déjeuner que je lui apporterai au lit.

J’ai mis la cafetière en marche et je suis sur le point de commencer à cuisiner quand j’entends quelqu’un courir.

« Je pensais t’apporter le petit déjeuner au lit, c’est loupé pour ma surprise, » je dis d’un air léger avant de me tourner vers elle.

« Bon sang… » je l’entend expirer.

Elle ne porte que sa chemise. Elle est pale comme un linge et légèrement paniquée, ses yeux sont plein de larmes et elle a une main sur la poitrine. Je suis inquiète alors je commence à me rapprocher d’elle, mais avant que je puisse dire quoique ce soit , elle est dans mes bras en train de m’embrasser fougueusement. Wow.

« Bonjour, » je lui dis avec un sourire béat.

Elle me touche le visage sans dire un mot, puis me regarde comme si elle venait juste de réaliser que je suis là.

« Tu auras tout le temps de m’apporter le petit déjeuner au lit dès que je réaliserai que tu es là pour de bon, que tout cela est bien réel. »

Mon sourire s’agrandit, j’aime ce que j’entends.

« Je me suis réveillée et tu n’étais plus là, et j’ai cru que tu étais partie. Pire, pendant un moment j’ai cru que j’avais tout imaginé, » elle confesse.

« Je ne voulais pas t’effrayer, pardonne moi, » je l’embrasse gentiment avant de la prendre dans mes bras. Elle hoche la tête contre mon épaule.

« Est-ce qu’on peut retourner au lit ? » elle me demande après un long moment.

« Bien sûr. »

On retourne dans sa chambre et s’allonge de nouveau dans notre position précédente mais cette fois elle me tient plus fermement. 

« Cath ? »

« Oui ? »

Je ne veux pas ruiner quoique ce soit, mais je préfèrerai qu’on soit toutes les deux sur la même longueur d’ondes.

« Je ne veux pas casser l’ambiance ou quoi, mais je veux que tu saches quelque chose, » je prends une grande inspiration. « Ce n’était pas qu’une pulsion, ni même l’histoire d’une fois. Je veux une relation avec toi, je veux quelque chose de solide et de durable. »

Mon conseil ? Quitte à creuser sa propre tombe autant creuser profond.

C’est là que tout commence ou que tout s’arrête.

« C’est aussi ce que je veux, » elle répond simplement.

Je respire de nouveau.

« Parfait. »

Elle lève la tête de ma poitrine et m’embrasse langoureusement.

« Sara ? »

« Oui ? »

« J’ai faim. »

Je ne peux m’empêcher de rire, on se lève pour préparer le petit déjeuner.

 

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On a passé une bonne journée ensemble, goûtant les joies du renouveau. On n’a pas beaucoup parlé, le charme de notre matinée n’ayant pas été rompu il y a eu beaucoup de câlins, quelques baisers, des contacts timides et maladroits, mais beaucoup de tendresse. Puis le temps nous a ramenées à la réalité en nous rappelant qu’il y avait un monde à l’extérieur et que malheureusement on devait aller au boulot.

Quitter sa maison a été un peu difficile vu que mes lèvres refusaient de quitter celle de Catherine. J’avais l’impression que je partais pour des années, alors qu’en fait je la verrai au travail dans deux heurs.

 

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Je suis dans la salle de repos, sur le canapé entre Warrick et Nick, en train de boire un café et de partager un bon moment. Puis elle entre dans la pièce, et mon cœur fait un bon à sa vue.

« Bonsoir tout le monde, » dit elle avec entrain.

« Hey Cath, t’as l’air de bonne humeur aujourd’hui, » constate Nick .

« Je suis de bonne humeur, d’humeur extatique même, » elle répond en se servant un mug de café.

« En tout cas, la joie te va bien. »

« Il a raison, la joie te va bien, » je ricane doucement, il a raison, elle est radieuse. Elle me regarde et sourit.

« Je dirais même que la joie vous va à ravir toutes les deux, allez dites nous votre secret  » ajoute Warrick .

« Tu sais, la qualité première des secrets c’est qu’ils sont…secrets, » je me moque de lui.

« On a des moyens pour te faire parler, » Nick me menace.

« Ah oui ? Je suis curieuse de voir ça »

Ils commencent à me chatouiller mais j’arrive à m’extirper de leur emprise tout en rigolant à pleins poumons. « Vous êtes de vrais gosses, » je leur dis avant de leur tirer la langue.

« Allez, les filles soyez sympa et dites nous votre secret pour être aussi joyeuses, » Warrick boude.

« Pour ma part j’étais sur le point de tout vous dire quand vous avez décidé d’attaquer cette pauvre Sara, alors pour la peine je vous laisse à votre ignorance, »  répond Catherine.

« Hey Sara, on a faire, prend ton manteau t’es avec moi ce soir, je t’attends près de la voiture, » Greg annonce et disparaît aussi vite qu’il est arrivé. Pitié, dîtes moi qu’il n’est pas en overdose de sucre encore une fois.

« Bien, bon service à tous, » je pose ma main sur le bras de Catherine et le caresse brièvement avec un geste qui pourrait être interprété comme amicale mais nos regards sont tout sauf amicaux. « Je te laisse avec les enfants, » je peux entendre Nick et Warrick geindre après moi à mesure que je m’éloigne.

« La récré est terminée les enfants. Voilà votre assignation, et flûte ! J’ai oublier mon biper dans mon casier, » je n’entends pas la réplique à ce commentaire tandis que je change de couloir.

 

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Je récupère ma veste dans mon casier et constate non sans gratitude que personne n’est dans les vestiaires. J’attends un peu près de la porte. 5,4, 3, 2,…

Mes lèvres son sur celles de Catherine en quelques secondes. Le baiser est urgent, intense et passionné. Je me retire quand le besoin d’oxygène est trop grand.

« C’est la première et dernière fois que ça se produit ici, mais j’en avais besoin aussi, » je lui dis. J’ai une main sur sa hanche et l’autre sur sa joue. Je l’embrasse une dernière fois avant de complètement rompre le contact physique. Un sourire s’affiche gracieusement sur ses lèvres et je suis sur que je porte son jumeau sur les miennes.

« Qu’est ce que tu veut dire, ‘toi aussi’ ? Qui a dit que j’étais venu pour ça ? » elle me demande d’un air sérieux.

Je sais que j’ai peut être l’air très satisfaite de moi même mais j’ai mes raisons. Je me penche à son oreille et lui suce gentiment le lobe avant de le mordiller gentiment, je l’entends qui lutte pour ne pas gémir.

« Ton biper est dans ta poche, » je lui murmure, puis je lui fais face de nouveau avec un sourire arrogant.

« Grillée, » elle répond en rougissant un peu. « Tu m’as manquée. »

« Toi aussi, » je lui prends la main. « Le devoir m’appelle, » je soupire.

« Oui. »

J’embrasse sa main et la relâche. Je prends mon kit et me dirige vers la porte.

« Sara ? » elle me rappel, je me tourne vers elle « Je te vois après le service ? »

« Sans le moindre doute, » je lui souris

« A plus tard alors »

Je devrais essayer de trouver un moyen pour ne pas rire comme une imbécile sinon je vais rester comme ça pour toujours.

Et puis zut, je me fiche d’avoir l’air stupide, du moment que je suis heureuse.

 

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Le service est fini et devinez quoi ? Je suis la première à sortir.

Trente minutes plus tard j’arrive chez Catherine. Je suis si excitée qu’on croirait que je fais de l’hyperglycémie.

Elle ouvre la porte et m’invite à l’intérieur. On se regarde pendant un moment, assez maladroites. C’est étrange parce que j’ai attendu toute la nuit pour ce moment et là c’est comme si je ne savais plus quoi faire : « Le petit déjeuner est prêt, » elle dit pour rompre le silence.

Elle se tourne et se dirige vers la cuisine, je la suis de près. Je suis si près d’elle que lorsqu’elle se tourne à nouveau, j’ai à peine à bouger ma tête pour l’embrasser. On se perd dans notre baiser, puis nos mains prennent vie, je suis accroc, il n’y a aucun doute là-dessus. Je suis tellement heureuse de pouvoir enfin la toucher. Je n’en ai jamais assez, je ne pense pas que j’en aurais assez un jour.

 

Chapitre 32 : Catherine

 

Je suis en train d’embrasser Sara. Non je ne rêve pas et oui vous m’avez bien entendu. Je suis en train d’embrasser Sara, mon amante. Mon amante. Mon amante.

Ce matin quand je me suis réveillée et que j’ai réalisé que j’étais seule j’ai flippé. J’ai cru que tout cela n’était qu’un rêve, si c’était le cas, c’était le rêve le plus cruel qu’il soit et ensuite cela aurait voulu dire que Sara était sortie de ma vie pour de bon. Mais elle est là, et plus important encore elle veut une relation avec moi. Je me sens la plus chanceuse du monde.

On interrompt notre baiser pour respirer. Pff…l’oxygène, quelle plaie !

« Salut toi, » elle murmure avec un grand sourire.

« Hey, » je l’embrasse légèrement. « Qu’est ce que tu dirais si on sautait le petit déj ? »

« J’aime cette idée. »

Je lui prends la main et l’emmène jusqu’à ma chambre. On commence à s’embrasser de nouveau. Je peux sentir ses mains trouver leur chemin sous mes vêtements. Je me recule, cessant notre baiser. J’aimerai lui demander quelque chose mais d’un autre côté je ne veux pas qu’elle le prenne comme un rejet.

« Dis moi, » me dit elle en me caressant la joue.

« Ça  ne te dérange pas si on se contente… de se coucher ? Je veux dire dormir, » je lui demande. « Ce n’est pas que je ne te désire pas parce que je te désire…crois moi, je te désire vraiment…mais…je sais que ça peut paraître stupide… »

« Cath, » elle interrompt mon discours « Oui, ça me convient, » elle m’embrasse brièvement. « Du moment que je suis avec toi, je me fiche de ce qu’on fait. »

Elle retire ses chaussure et monte sur le lit.

« Je sais que j’en demande beaucoup mais…j’aimerai dormir dans tes bras…je veux sentir ta peau… » bon sang quand est ce que je suis devenue aussi timide et peu assurée ?

Elle se lève et commence à défaire les boutons de ma chemise. On commence à se déshabiller mutuellement délivrant de petits baisers ici et là. Puis on s’allonge et je prends place à mon endroit favori, il n’y a rien entre nous, juste la couverture sur nous.

« Fais de beaux rêves, » dit elle.

Puis nous nous endormons paisiblement.

 

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Je me réveille et à ma grande joie je suis toujours dans ses bras. Dieu que j’aime la sensation de sa peau contre la mienne. Je suis contente de voir qu’elle était sérieuse, que ce n’était pas juste pour le sexe. C’est étrange mais même avec le très peu de personne dont j’ai été amoureuse dans ma vie, je n’ai jamais eu cette sensation de contentement rien que du fait d’être dans leur bras, avec Sara je le ressens. Comprenez moi bien, je la désire, je la désire vraiment, vraiment beaucoup. Mais c’est plus que du simple désire, je suppose que c’est l’essence même de l’amour.

Je caresse langoureusement son estomac de ma main. Mon touché est aussi léger qu’une plume. J’en profite parce qu’hier je n’ai pas pris le temps de la faire. Tout tournait autour de moi quand j’y pense. Ce qu’elle m’a fait ressentir hier était juste….wow. elle m’a tout donné sans aucune restrictions, non pas pour que je lui retourne la pareil, non, elle m’a tout donné dans toute sa générosité, simplement pour donner. Elle m’a  aimé comme personne ne l’avait fait auparavant, elle m’a fait me sentir plus que spécial.

Je l’aime encore plus que je ne l’aimais hier, je n’arrive toujours pas à croire que tout ça est bien réel.

Elle bouge un peu à mes caresses et un soupir s’échappe de ses lèvres mais elle est endormie.  J’ai envie d’elle. Je sens le désir charnel s’éveiller en moi de nouveau, j’ai envie de ne faire qu’une avec elle. Je veux lui faire l’amour.

Je me redresse un peu pour l’embrasser. Je lui caresse le nez avec le mien puis l’embrasse à nouveau. Peu à peu je la sens se réveiller.

« Cath… » elle murmure.

J’aime la façon dont elle dit mon nom. Je veux l’entendre le dire encore et encore. Je lui embrasse le cou, trace sa mâchoire avec des baiser puis retourne sur ses lèvres. Elle ouvre la bouche alors j’intensifie notre baiser. Une de ses mains vient se poser sur ma joue, et elle gémit à nouveau. Je me retire un peu et la regarde, son regard intense me donne l’impression qu’il n’y a que moi, mais il y a aussi du désir dans ses yeux.

Je change de position de façon à être complètement sur elle. Je l’embrasse à nouveau et commence à explorer son corps. J’en veux toujours plus, c’est tout simplement enivrant.

Il n’y a qu’elle, que nous, fusionnant nos corps l’un avec l’autre, que nous en train de gémir, ressentir, goûter, aimer l’autre.

 

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« Je suis contente que tu sois restée, » je dis en brisant le silence.

On vient juste de passer du temps à satisfaire notre désir physique, et je nage définitivement dans le bonheur. Je lui embrasse l’épaule.

« Je n’ai pas pu franchir la porte, » dit elle. « je l’ai ouverte mais je n’ai pas pu la passer, et je suis contente de ne pas avoir pu. »

Je ressens le besoin d’être encore plus proche d’elle alors je ressers notre étreinte.

« Je sais que beaucoup de choses ont changé depuis hier…mais il y a quelque chose que tu a dit….je veux vraiment que ça marche entre nous alors j’ai besoin de savoir s’il faut que je change quoique ce soit… » elle bégaye.

Je commence à paniquer un peu. Je sais qu’avant le grand retournement de situation j’ai été stupide et vraiment cruelle. Je ne veux pas que cela ruine ma nouvelle relation avec Sara.  Je me tends un peu et je pense qu’elle sent ma gêne.

« Je ne retiens rien contre toi, mais je veux être sure que tout va bien, » elle marque une pause.  « Tu as dis que j’étais… le problème… s’il y a quelque chose qui ne va pas avec moi, je veux que tu me le dise pour que je puisse arranger ça, parce que je ne veux vraiment pas tout gâcher. »

Je me sens très mal. C’est vrai, c’est ce que j’ai dit. Je sens les larmes me brûler les yeux à mesure que la culpabilité m’envahie.

« Bon sang, ce que je peux être stupide » elle se réprimande. « Je n’aurais pas dû remuer le couteau dans la plait, je ne voulais pas te blesser, c’est vraiment la dernière chose que je veux… oubli ça d’accord, pardonne moi j’ai été stupide, pardonne moi, » elle me serre contre elle.

« Non, ne t’en fais pas, c’est juste que je viens de réaliser que j’ai vraiment failli te perdre pour de bon, » j’arrive à dire malgré mais larmes. Elle est sur le point de dire quelque chose mais je l’interromps. « Hier, mes sentiments pour toi me tuaient. Ils me consumaient depuis des mois maintenant, c’est pour ça que j’étais malheureuse, c’est ce qui me dérangeait… » je reprends mon souffle « Quand j’ai dit que tu étais le problème… ce que je voulais dire c’est que c’était dur pour moi d’avoir de tels sentiments et de les supporter sachant que ça – ce qu’on a maintenant – n’arrivera pas, ou plutôt supposant que ça n’arriverai jamais, » je ris doucement. « Hier j’ai essayer de te repousser à cause de mes sentiments, parce que je ne voulais pas tout gâcher. J’ai entendu la porte se refermer et j’ai cru que je t’avais perdu quand en fait tu revenais vers moi, » je me sens triste quand je repense à notre dispute d’hier. « Quand je vois où ça nous a mené je me dis qu’il y a une bonne ironie dans tout ça. »

« Oui, c’est vrai. »

Je lève la tête pour l’embrasser. « Je ne veux pas que tu changes quoique ce soit. Tout est parfait comme ça, » je lui dis en la regardant dans ses grands yeux marron.

« Ok, mais pardonne moi cela dit, je ne voulais pas te mettre mal à l’aise »

« Tu es pardonnée, » je peux lire le soulagement dans ses yeux. Je l’embrasse langoureusement pour lui faire savoir que tout va bien, que je la veux et que je veux cette relation avec elle.

Je reprends ma position et le silence nous entoure à nouveau. Sara me tient fort contre elle sans dire un mot, pendant un moment je crois que j’en ai trop dit.

« Alors…tu as des sentiments pour moi ? » elle me demande incertaine.

Je me tends un peu. Je l’aime vraiment mais je veux faire les choses proprement, je n’ai pas envie de m’exposer avant d’être sure qu’elle m’aime en retour. Je ne veux pas non plus l’effrayer. Elle m’apprécie c’est une certitude maintenant, mais est ce qu’elle m’aime ? Je n’en sais rien. Je veux que ça marche entre nous, et je n’ai vraiment pas envie de jouer avec mon cœur, je n’ai pas envie d’être blessée.

« Cath ? »

D’un autre côté, je n’ai pas envide me cacher d’elle. « Oui » j’admets dans un murmure. « Écoute je ne voudrai pas que tu… »

« C’est bon à savoir, » elle me coupe.

« Sara… » je panique sans trop savoir pourquoi.

Elle se redresse et s’appuie sur son coude. Elle me regarde intensément.

« Moi aussi, j’ai des sentiments pour toi, » elle commence. Elle sourit un peu. « Cath… » elle laisse ses mots en suspens. « Je fais plus que de t’apprécier, » dit elle avec un regard pénétrant.

Avec ces six mots elle vient de me couper le souffle. Je sais que ça peut paraître bizarre, mais ses yeux me disent tout ce que je veux savoir, et il y a tout ce que je cherchais. Alors sa petite confession peut sembler triviale mais ce n’est pas le cas. Elle vient de me dire beaucoup plus que ce que ses mots laissaient entendre. Je sais qu’elle n’a pas dis les deux mots tant escomptés parce qu’elle est aussi protectrice de son cœur que moi. Mais elle a trouvé une autre façon d’exprimer ses sentiments, une façon qui lui est propre.

« Moi aussi, je fais plus que t’apprécier, » je lui fais écho avec un  large sourire avant l’embrasser d’un baiser brûlant.

Ce n’est pas comme ça que j’avais imaginé lui dire que je l’aimais pour la première fois – mais bon en même temps je n’avais pas vraiment prévu de lui dire tout court il n’y a pas si longtemps – cependant c’est parfait, parce que c’est notre première déclaration.

Elle m’aime...

 

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On a essayé de prendre une douche ensemble mais ça n’a pas marché, nos mains manquent de discipline, alors je l’ai laissé se doucher seule.

Je suis d’humeur excellente, je me sens comme sur le toit du monde. Je suis heureuse et tout n’est qu’explosion de couleur, tout semble nouveau, tout est parfait.

Je ne veux pas que Sara s’en aille. J’ai envie de passer toutes mes journées avec elle. Je veux apprendre à la connaître comme personne, de connaître toutes ses petites habitudes, et toutes ces choses que seuls les amants connaissent. J’aimerai qu’elle reste à la maison toute cette semaine.

Peut être qu’elle va penser que je vais trop vite. Et si elle ne voulait pas tout ça ? Je veux dire, et si elle voulait un peu de temps pour elle ? Je sais que j’ai eu assez de temps pour moi comme ça, et je n’ai pas envie d’en perdre davantage  loin d’elle, mais je ne veux pas non plus qu’elle se sente envahie je ne veux pas qu’elle me prenne pour un pot de colle.

Bon sang, je ne me rappelle pas avoir autant gamberger avec mes relations précédentes, mais bon en même temps ce n’était pas vraiment ce qu’on peut appeler des relations, c’était plus de l’ordre des distractions. Là pour le coup, j’ai l’impression de tout apprendre pour la première fois, et quelque part c’est le cas quand on y pense.

 

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« Sara, je vais le faire… » je proteste quand elle commence à faire la vaisselle.

« Non…contente toi de te relaxer. »

« Sara… » elle m’embrasse et soudain je sens mes jambes se changer en coton, ok, peut être que j’ai besoin de m’asseoir après tout.

« Donne moi 5 minutes  et je suis à toi, » elle dit d’un air moqueur.

« J’aime cette idée… » elle me regarde intriguée « que tu sois à moi, » j’ajoute.

« Moi aussi. »

Je la laisse dans la cuisine et vais dans le salon où je m’assois sur le canapé.

Je n’ai pas le temps de me perdre dans mes réflexions quand je sens une paire de lèvres goûter à mon cou avec fougue. Je gémit et maintient sa tête pour qu’elle n’éloigne pas ses lèvres trop loin de ma peau. Elle enjambe le canapé pour prendre un position plus confortable elle se penche vers moi et m’embrasse avec fougue. J’aime être physiquement proche d’elle. J’adore ce côté de sa personnalité, le côté très démonstratif.

A chaque fois qu’elle en a l’occasion elle m’embrasse – et je ne m’en plains pas. Si elle ne m’embrasse pas elle se contente de me prendre dans ses bras et de me rapprocher d’elle aussi proche que possible. J’adore ça, j’adore vraiment ça. D’habitude je ne recherche pas une telle proximité, j’aime les amants démonstratifs mais avec une limites, cependant avec Sara c’est différent, avec elle j’en veux toujours plus. On arrête de s’embrasser et elle me regard d’un air admiratif avant de déposer un léger baiser sur mes lèvres à nouveau en souriant.

« Je…euh…pensais à quelque chose… » je commence nerveusement. « Je ne veux pas être présomptueuse ou même m’avancer de trop mais… »

« Cath, dis moi, » elle ricane.

« Je pensais que tu pourrais peut être apporter quelques affaires de rechange ici comme ça tu pourrais rester plus longtemps ici… » je lâche. « Comme je le disais je ne veux pas m’avancer ou quoi… je veux dire, je comprendrai très bien si tu as besoin de temps pour toi et…peut être que ça va trop vite et… »

Avant que je ne puisse m’enfoncer dans mon discours incohérent, je sens une paire de lèvres douces me faire taire et effectivement perdre le fil de mes pensées.

« Cette idée me plait, » elle réponds avec un sourire qui me rend fébrile –heureusement que je suis déjà allongée sur le canapé.

Je prends un peu de temps pour redescendre de mes petits nuages, puis je commence à comprendre sa réponse.

« Génial, c’est génial. »

Je l’embrasse à nouveau et on commence à flirter comme des ados, mais c’est parfait parce que je me sens comme une ado de toutes façon.

 

 

Chapitre 33 : Sara

 

Vous pensez qu’il est possible de mourir de bonheur ? Ça  fait deux jours que je plane, aussi plaisant que cela soit il, j’ai peur de faire une overdose.

Tout va bien, ou presque. Oui, presque. Est-ce que je vous ai déjà dit que j’avais des supers pouvoirs ? Non ? Autant pour moi, j’en suis confuse, essayons de rectifier le tir dans ce cas.

Mon plu grand pouvoir est le pouvoir ‘tout gâcher’. Je sais que certain d’entre vous vont me dire que tout le monde possède ce pouvoir mais ce n’est pas vrai.  Vous voyez mon pouvoir est bien réel et très dangereux. C’est un fait, à chaque fois que quelque chose de bien arrive dans ma vie ça se termine mal. C’est comme une malédiction, un cercle vicieux, peu importe tous les efforts que je fais, peu importe si j’apprends de mes erreurs, je gâche tout. Toujours.

Prenez ce matin, par exemple. Tout allait bien et pourtant j’ai fait pleurer la femme que j’aime. Quarante huit heurs et je l’ai déjà fait pleurer. Vous y croyez vous ? Je voulais tellement me baffer, je jure que je ferai tout pour ne jamais la faire pleurer à nouveau, en tout cas pleurer par peine. Je ne peux pas laisser mes supers pouvoirs gâcher ça.

Mais parlons de choses positives, ok ? Je lui ai dit que je l’aimais. Bon d’accord, peut être pas en ces termes mais si les mots étaient différents la signification était bien la même. Et je pense qu’il est sans danger de dire qu’elle m’aime aussi. Et cerise sur le gâteau elle m’a demandée de rester avec elle toute la semaine, ce n’est pas merveilleux ça ? Oui, c’est ce que je pense.

Pour une fois dans ma vie  le destin me donne tout ce que je veux sur un plateau, je serais vraiment dingue si je le refusais.

 

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Les jours passent en un éclair. Je n’arrive pas à croire que ça fait déjà 5 jours qu’on est ensemble. Cinq jours de câlins, de baisers, d’amour, de rire, de flirt, de caresses, de chatouilles, de découverte…

Je suis aux anges tous les matins quand je réalise que ce n’est pas un rêve. Et me réveiller à ses côtés, aller me coucher à ses côtés tous les jours, c’est un pur plaisir. Dommage que ce soit bientôt fini.

Demain Cake revient de son voyage. Je suis un peu anxieuse quant à sa réaction par rapport à ma nouvelle relation avec sa mère.  Je ne sais même pas si Catherine à l’intention de lui dire. Je n’en sais rien. On dirait que les premiers nuages se profilent à l’horizon. Je n’ai pas vraiment envie de penser à ça pour le moment, maintenant tout ce qui compte c’est de profiter de ce que j’ai pour le moment, sans me soucier du reste.

 

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« Mmmm….» elle ronronne. « Tu n’es jamais rassasier, dis moi, » elle ricane.

Je glousse un peu avant de déposer un baiser sur son omoplate « Je n’ai jamais assez de toi. »

On est dans la cuisine en train de cuisiner – enfin, elle cuisine ou plutôt essaye, pendant que moi je me contente s’apprécier la proximité. 

On a passé toute la matinée et l’après midi à faire l’amour et on vient juste de s’extirper du lit – ce qui est une chose en soit quand on pense à tout le temps qu’il nous a fallu pour arriver aussi loin – et pourtant j’ai encore envie d’elle, encore plus qu’au début de la journée – une chance pour moi on a toutes les deux notre nuit de libre. Elle a son dos contre ma poitrine, mes mains sont sur son estomac pendant que j’essaye de mémoriser toutes les courbes de son cou avec mes lèvres.

Elle se tourne et commence à m’embrasser. « C’est une très bonne chose parce que moi non plus je n’ai jamais assez de toi. » Elle met ses bras autour de mon cou et me regarde. « Lindsey revient demain. »

« Je sais… » je marque une pause. « Si tu veux qu’on ralentisse un peu… »

« Tu penses qu’on va trop vite ? » elle m’interrompt et je la sens qui retire ses bras.

« Non, non, pas du tout, » je la rassure en passant une main dans ses cheveux « Pas du tout. Je pensais juste que peut être que tu avais besoin d’un peu de temps seule avec elle, tu ne l’as pas vu depuis plusieurs jours et je sais que tu as besoin de profiter de tous les moments que tu peux avoir en sa compagnie et… » je laisse mes mots en suspens, soudain ma voix n’est plus qu’un murmure « Peut être que tu as besoin de temps pour lui dire à propos de nous ou pour qu’elle s’habitue à cette idée… si tu as l’intention de lui dire bien sûr., » j’essaye d’expliquer.

« Tu es trop chou, » elle me dit avec un doux sourire. « Je ne cache rien à Lindsey. Je ne lui dirais rien à notre sujet, cela dit, » je peux sentir la peine commencer à s’infiltrer dans mon cœur mais j’essaye de ne pas le montrer. « On va lui dire. On trouvera un moment pour lui parler et si elle considère qu’elle à besoin d’un peu de temps, on avisera. Mais je n’ai pas l’intention de te cacher, » je pense que je suis sur le point de pleurer de joie. Elle continue à me regarder intensément. Il y a quelque chose dans ses yeux qui est presque effrayant tant son regard est profond. Elle incline sa tête légèrement sur le côté avant de me donner un doux baiser. Elle replace une mèche de cheveux derrière mon oreille avant de me caresser la joue. « Je t’aime. »

Flash info : mayday, mayday ! Mon cerveau vient de brûler et mon cœur a cessé de battre et j’ai oublié comment faire pour respirer. Que quelqu’un mette le système d’urgence en marche !!

« Je t’aime, moi aussi, » j’expire dans un souffle. Je ressens tellement de chose qu’il m’est difficile de parler. « Je t’aime, moi aussi, » je répète avent de l’embrasser avec ferveur.

Vous avez entendu ça ? Elle m’aime. Elle m’aime!!

Je peux entendre la chorale chanter dans ma tête et je sens les feux d’artifices dans mon cœur. Elle m’aime.

Je la tiens fort contre moi et la soulève du sol. Elle émet un petit cri avant de rire de mon comportement.

Elle m’aime...

 

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Le réveil a été rude ce matin étant donné le peu d’heures de sommeil qu’on a eu.

On est sur le même parking qu’il y a une semaine, attendant que le bus de Cake arrive. Tous les parents sont là, tout comme une semaine auparavant.

Dix minutes plus tard le bus arrive enfin. Je suis toute excitée de revoir Cake. Il y a tellement de choses qui ont changées depuis qu’elle est partie. J’ai l’impression d’être dans un nouveau siècle.

Les enfants sortent du car avec précipitation avant de courir dans les bras de leurs parents. Cake manque de nous renverser de peu. Puis elle fait un énorme câlin à sa mère avant de me prendre dans ses bras.

« C’est si bon de vous revoir, vous m’avez manqué, » elle s’exclame.

Je prends son sac de voyage et on se dirige vers la voiture. Cake commence à nous parler de son voyage dans les détails – elle prend à peine le temps de respirer, c’est incroyable !

Une fois à la maison on s’assoit dans le salon pendant qu’elle continue à nous narrer ses exploits.

 

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«Cath… » j’arrive à dire avant de perdre le fil de mes pensée à mesure que sa langue titille le mon lobe d’oreille. « Linds… » je fais un dernier effort pour être rationnelle.

« Elle est en train de prendre une douche, » me répond elle avec nonchalance avant de retourner son attention sur mon cou.

Je me tourne pour l’embrasser puis j’inverse nos positions de sorte qu’elle est maintenant appuyée sur le comptoir. On se taquine et je suis sur le point de lui faire l’amour tout de suite si on ne s’arrête pas bientôt.

« Maman, qu’est ce qu’on mange ce midi ? » une voix nous interpelle en se rapprochant de nous.

Comme deux côtés de même polarité Catherine et moi nous éloignons l’une de l’autre immédiatement. On a eu chaud. Dernièrement le temps s’est mis à nous jouer des tours en allant vite quand on pourrait croire qu’il va lentement.

« Hein ? » Catherine demande à Cake qui vient juste d’émerger du couloir, elle est debout derrière le bar.

« J’ai demandé ce qu’il y avait pour le déjeuner, j’ai faim. »

« Moi aussi, » je murmure à Catherine, et je ne parle certainement pas de nourriture. Catherine me lance un regard noir ou du moins essaie, parce qu’elle détourne les yeux aussi tôt qu’elle m’aperçois passer ma langue lentement sur mes lèvres.

« Alors ? » Cake nous rappelle à l’ordre.

« Euh…je ne sais….pas…je pensais….pizza… » elle balbutie. Je plaide coupable pour ça aussi, je dois admettre que je suis plutôt mesquine aujourd’hui. Je la distrais juste en la regardant. Essayez de parler à votre fille alors que quelqu’un vous regarde avec désire tout en sachant que vous êtes encore tout excités par les préliminaires interrompus peu de temps avant. « Qu’est ce que tu dirais d’une pizza ? » elle demande à Cake.

« Cool. Est-ce que ça va ? » Cake la questionne.

« Oui, pourquoi ? »

« Je ne sais pas, tu es toute enflammée et tu respire bizarrement, » Cake constate innocemment.

« Je suis un peu chaude, je pense, » Cath annonce en mettant une main sur son front.

« Pas qu’un peu si tu veux mon opinion, » je murmure avec une voix suave.  Cette remarque me vaut un coup de coude dans les côtes mais ça ne m’empêche pas de glousser.

« Bien, je suis dans ma chambre si vous me cherchez, » Cake réplique avant de nous tourner le dos et de se diriger vers sa chambre. Puis elle s’arrête et se retourne vers nous à nouveau. « Au fait Sara, à titre d’info, maman n’est pas la seule à avoir les lèvres qui enflent quand vous vous embrassez, » elle constate avec un air sérieux.

J’arrête de glousser dans l’instant et ce n’est qu’à ce moment que j’aperçois le sourire narquois et ses yeux pleins de malice. Catherine rougit violemment et s’étouffe presque lorsqu’elle réalise ce que Cake vient de dire. Je peux sentir mes joues s’enflammées aussi. Cake commence à ricaner puis s’en va « M’man et Sara qui s’embrasse dans un arbre… » elle chante avant d’exploser de rire en entrant dans sa chambre.

Je suis sûre que Catherine et moi-même sommes en train d’imiter un couple de poisson hors de l’eau.  Je me tourne vers Catherine et elle enfouit son visage dans ses mains.

« Oh. Mon. Dieu. Je me suis faite prendre en train de flirter comme un ado par ma fille de 12 ans, » elle marmonne.

« Elle s’est moquée de nous… » je suis bouche bée. « J’y crois pas, elle s’est moquée de nous ! »

« Oh mon dieu. Comment est ce que je vais pouvoir la regarder en face après ça ? »  demande Catherine

« Bon, regarde le bon côté des chose, elle l’a plutôt bien pris. »

« La honte…Ce n’est pas du tout comme ça que j’avais imaginé lui dire la nouvelle. »

« Et encore, heureusement qu’on a gardé un peu de self contrôle parce que cinq minutes de plus toutes seules et qui sais ce qu’elle aurait pu voir, » je plaisante. Catherine rougit de plus belle ce qui me fait rire doucement, puis elle me pince fort. « Ouch ! » je geins.

« Oui, ben ça t’apprendra à me tenter quand j’essaye de me concentrer sur ma fille, » elle réplique.

« Je suis sûre que je peux trouver un moyen de me faire pardonner, » je dis avec suggestion avant de l’embrasser.

 

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Le déjeuner se passe bien, bon Catherine et moi sommes encore embarrassées à propos de tout à l’heure alors que Cake n’arrête pas de nous taquiner. Un peu comme si elle était l’adulte et nous les ados.

Après le déjeuner je décide d’aller parler à Cake. Je frappe donc à la porte de sa chambre.

« Entrez. »

J’entre et la trouve allongée sur son lit avec un livre dans les mains. « Je peux te déranger une minute ? » je lui demande.

« Tu ne me dérange jamais. »

Je m’assois au pied de son lit et la regarde pendant un moment, essayant en vain de remettre mes idées en place.

« Alors, tu es la copine de maman ? » elle ricane.

Je sens mes joues me brûler tellement je rougis. J’oublie toujours qu’elle est directe. « Je pense que tu peux dire ça, oui. »

« Ben sois tu l’es sois tu ne l’es pas, alors ? »

« Oui, je le suis, » je lui réponds fermement. Je prends une grande inspiration. « Est-ce que tu es d’accord avec ça ? Parce que si tu as besoin de temps pour te faire à cette idée, ou si tu es contre ou… »

« Tant que tu la rends heureuse ça me convient, » dit elle sérieusement en interrompant ce qui s’annonçai être un grand discours, et je dois dire que je suis surprise par sa maturité.

« Je suis contente que tu sois ok avec tout ça. Mais si tu veux en parler ou si quelque chose te dérange saches que je suis là. »

« Pas de problème, » elle réfléchit quelques seconde puis me demande « Ça  ne change rien entre nous n’est ce pas ? »

« Bien sûr que non, ça veut juste dire que je serais probablement… »

« En train d’embrasser maman tout le temps, » elle me coupe.

Je prends un de ses oreillers et la frappe gentiment avec. « Non. Enfin si peut être, mais j’étais sur le point de dire que je risque d’être là plus souvent. »

« Cool. »

« Au fait il y a quelque chose que je voulais te dire tout à l’heure, » je commence.

« Quoi ? »

« Je te le dirais dans une minute, mais d’abord c’est l’heure de ton rendez vous. »

« Mon rendez vous ? » elle me demande intriguée.

« Ouaip avec le Monstre Chatouilleur ! » je commence à la chatouiller de partout. « Ce n’était vraiment pas cool de nous taquiner ta mère et moi, » je dis en riant avec elle pendant qu’elle essaye de reprendre son souffle.

 

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Deux semaines et tout se passe toujours pour le mieux. C’était dur de ne pas dormir avec elle au début. Mon appartement est définitivement comme vide. Je ne me suis jamais plainte auparavant mais maintenant je n’ai pas envie de perdre du temps à être toute seule. Quel intérêt ? Je n’ai pas besoin de penser à ma relation avec Catherine, je sais ce que je veux. C’est génial d’être avec elle. C’est comme lorsqu’on était de simples amies sauf que maintenant je peux la toucher, l’embrasser et tout le reste. Tous les jours je suis heureuse du simple fait d’être enfin avec elle. Je profite de chaque instant et je lui montre mes sentiments dès que j’en ai l’occasion. Je me suis retenue pendant si longtemps alors j’ai envie de rattraper le temps perdu.

« Je crois que c’est ton portable, » dit Catherine.

On est dans sa cuisine en train de préparer le petit déjeuner. Elle prend mon portable sur le bar.

« T’as un nouveau message, » elle constate.

« J’ai les mains prises est ce que tu peux me le lire s’il te plait ? »

« Sûr, » elle ouvre mon téléphone et lit le message. « Ça  dit : budugca. »

Je glousse. « Quoi ? »

« Budugca, » elle répète avec sérieux. « Arrêtes de rire c’est ce qui est écrit ! »

« Est-ce que tu es sûre que tu le lis bien ? » elle m’envoi un regard noir avant de me balancer un torchon à la figure.

« Je ne suis pas stupide, c’est écrit comme ça : B, U, D, U, G, C, A. Pas de nom et c’est un numéro masqué, peut être que c’est une erreur.

Une lumière s’allume dans ma tête. Ce n’est pas une erreur. Il n’y a qu’une personne qui m’envoi ce message. Nancy. Les lettres ? Elle signifient : Besoin Urgent D’un Gros Câlin. Je viens juste de me rendre compte que je n’ai pas encore dit à Nancy que je suis avec Catherine ? La dernière fois que je l’ai vu c’était deux jours avant que Cake ne s’en aille. Il y a autre chose, et pour le moment c’est le plus important : Catherine ne sais rien à propos de mon deal avec Nancy. Ce qui devient un problème parce que je dois me rendre chez Nancy au plus vite pour honorer ma parole.

Ça n’a jamais été un problème, jusqu’ici elle m’envoyait un message et j’étais chez elle dès que possible pour lui faire un câlin et lui apporter du confort, ou je lui envoyais un message et elle m’attendais chez elle – parfois elle venait chez moi – pour me réconforter. C’est un système extrêmement bien huilé. Mais maintenant certains facteurs sont à prendre en considération et la dynamique du système doit être réajustée. Je n’ai pas l’intention de rompre mon deal avec Nancy, mais j’ai besoin de mettre Catherine dans la confidence, je ne voudrais pas tout gâcher et lui donner de fausses idées.

« Mon cœur ? » Cath m’appelle.

« Oui ? »

« Je t’ai demandé si tu allais bien, tu avais l’air… concernée il y a une seconde, » elle dit avec prudence.

« J’ai besoin de passer un coup de fil, » lui dis je simplement.

Je lui prends mon portable des mains et lui embrasse la joue. Elle a un regard interrogateur, je sais qu’elle veut savoir la signification du message mais elle ne formule pas sa question à haute voix. Son fixe sonne et comme je suis la plus proche je décroche.

« Allô »

« Sara ? » demande Nancy.

« Les grands esprits se rencontrent, j’étais sur le point de t’appeler, » je réponds avant de me rappeler que Catherine est juste derrière moi, je me tourne et elle à l’air confuse.

« T’as eu mon message ? »

« Oui, j’étais en route, » je lui réponds.

« Ben en fait je dois passer chez Cath donc si tu es déjà là ne te dérange pas. J’ai besoin de lui parler, tu peux me la passer s’il te plait ? »

« Sûr. »

Je tends le téléphone à Catherine et elle le prend un peu suspicieuse.

« Allô ? » elle tente. « Hey Nance…bien sûr, à tout de suite, » dit elle avant de raccrocher.

Elle me regarde l’air pensive. Je sais qu’elle essaye de mettre le puzzle en ordre. Je m’attends à des questions de sa part mais elle ne dit rien au lieu de ça elle bat en retraite dans le salon et s’assoit sur le canapé.

« Cath ? »

« J’ai juste besoin de m’asseoir pendant un moment. »

On a besoin de parler de ça mais je n’ai pas l’intention de la pousser. Je n’ai rien à cacher, mais je sais que pour ceux qui ne sont pas au courant en regardant de manière objective la situation peut prêter à confusion.

Dix minutes plus tard Nance arrive, elle et Catherine parlent de quelque chose et je m’occupe dans la cuisine pour leur donner un peu d’intimité. Puis Catherine disparaît dans sa chambre et Nancy me rejoint. J’ouvre mes bras silencieusement et elle s’engouffre dans mon étreinte. Aucun mot n’est nécessaire, seulement du confort et de l’affection.

« Ça  m’a tellement manqué, » elle murmure. « J’avais vraiment besoin de te voir. Merci. »

« Je t’en pris. C’est toujours un plaisir, » je ris doucement. « Comment te sens tu ? »

« Mieux maintenant, mais j’ai besoin d’un peu plus de temps.

« Aucun problème. Prends tout le temps que tu veux. »

On ne bouge pas pendant un certain temps. On se perd complètement dans notre étreinte, le monde disparaît pendant quelque minutes, laissant la place à un moment de calme et béatitude. Mes yeux sont fermés tout comme ceux de Nancy. Il s’agit de donner et recevoir, aujourd’hui je donne et elle reçoit. Je la sens resserrer l’étreinte et je l’imite. Elle prend une grande inspiration et enfouie sa tête dans le creux de mon cou avant de pousser un soupir.

« Je suis prête. »

Prête à laisser tout ça partir, prête à affronter le monde à nouveau. Elle me lâche et me sourit gentiment. « C’était génial, comme toujours, » elle glousse avant de redevenir sérieuse et on communique beaucoup avec nos yeux. « Merci. »

Je lui embrasse le front « Je t’en pris et tu sais que tu es toujours la bienvenue. »

Je me tourne et voit Catherine nous fixer du regard...

Son expression balance entre énervement et peine, je suppose qu’elle est là depuis un long moment déjà. Je la regarde mais elle évite mon regard et ne dis rien.

 

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Nancy reste pour le déjeuner. Catherine semble calme mais je vois bien que ce n’est qu’une apparence. A chaque fois que j’essaie d’initier un contact ou de lui parler elle m’ignore ou me rejette. Elle reste silencieuse pendant un long moment avant de se retirer dans sa chambre sous prétexte qu’elle est fatiguée. Puis avant que Nancy ne parte on prend un peu de temps pour nous sur les marches du perron.

« T’as changé d’avis, » elle constate.

« Comment tu…laisse tomber. J’oublie toujours que tu es observante, » je souris.

« Ben, il aurait fallu que je soit aveugle ou complètement stupide pour ne pas le remarquer, » je la regarde intriguée. « Oh je t’en pris, ne me dis pas que tu n’as pas remarqué qu’elle me fusillait du regard pendant tout le déjeuner ! »

« Bon point. »

« La seule fois où elle a agit comme ça c’était lorsqu’on étaient au lycée et qu’elle était persuadée que je flirtait avec le mec sur lequel elle avait flashé, » Nancy s’explique. « Je te le dis, il n’y a que les fous ou les suicidaires pour se mettre en travers du chemin d’une Catherine jalouse. »

On rit, puis le silence revient. J’ai vraiment besoin de parler à Catherine.

« Enfin bref. Quand est ce que ça  s’est fait ? »  me demande Nancy

« Il y a deux semaines. »

« Et tu ne me le dis que maintenant ! »

« Je sais, je suis désolée, mais je marche sur un nuage et j’ai un peu tout oublié. »

« Ok, je te pardonnerai quand j’aurai eu les détails, pas maintenant cela dit, » elle secoue la tête légèrement. « J’avais raison 1% ce n’est pas si mal niveau chance. »

« Nous revoilà partie pour ta grosse tête. »

« Je suis douée, je n’y peux rien. »

Je lui tire la langue et on se remet à rire.

« En tout cas tu vas nous manqué à mon canapé et moi, » dit elle une fois nos rires estompés.

« Ton canapé va aussi me manquer. »

« Merci pour moi ! » elle me bouscule un peu dans le côtes.

« Ben, tu sais avec ton… »

« Je t’interdis de dire que je ronfle, » elle me menace.

« En fait, j’allait parler de ton problème de bave, mais maintenant que tu en parle… » je la taquine.

« T’es incroyable ! » elle me donne un autre coup dans les côtes.

Je commence à la chatouiller en réponse et on se chamaille comme des enfants pendant un bon moment avant de se calmer.

« Tes câlins vont me manquer, elle dit plus sérieusement.

« Pourquoi tu dis ça ? »

« Il me semble évident que notre marché n’est plus d’actualité maintenant que tu es avec Catherine. »

« Elle ne sait pas encore à propos de notre marché mais je vais le lui dire. Et on ne peut pas rompre les promesses scellées avec nos petits doigts. »

« Sara, je t’en pris, on est adulte, on survivra. »

« Je n’ai pas envie de rompre notre deal et je ne le ferai pas. On ne dormira plus l’une avec l’autre ça c’est sûr, mais juste parce que je suis avec quelqu’un d’autre ne veut pas nécessairement dire qu’on ne peut plus se faire de câlins quand le besoin est là. On est toujours amies, non ? » 

« Bien sûr ! »  s’exclame elle.

« Les amis se font des câlins, » j’essaye de me calmer. « Écoute, oublie notre deal, ce n’est pas le propos. C’est la base de notre amitié. Je suis là pour toi et on ne fait rien de mal, alors je ne vois pas pourquoi on devrait changer quoique ce soit. »

« Je suppose que tu as raison. »

« Je dois tout expliquer à Cath c’est tout, » je soupire. « Tu sais, j’ai besoin de ça. C’est un des piliers de ma vie, c’est l’une des rares choses qui m’apporte de la stabilité dans ma vie. Ce n’est pas qu’un deal pour moi, j’ai besoin de ça, alors ne détruisons pas ça s’il te plait. »

« C’est pareil pour moi, je suis d’accord, » je souris avec soulagement. « Je dois y aller, » elle se lève des marches et je l’imite. « Oh, une dernière chose, » elle me regarde et je la prend de court.

« Oui, je suis très heureuse, » je souris et on rit ensemble.

« Je te vois plus tard pour les détails, » elle me fait un clin d’œil. Je la prend dans mes bras pour lui dire au revoir puis, elle s’en va.

Je pense qu’il est temps de mettre les choses au clair à l’intérieur...

 

xxxxx

 

Je trouve Catherine assise sur son lit, elle fait face à la fenêtre donc je ne vois que son dos. Je m’avance vers elle et m’assois à ses côtés.

Elle a le regard vague, je lui donne un peu de temps pour qu’elle remarque ma présence. Elle me regarde et a l’air perdu. Je lui caresse le visage gentiment et remet une de ses mèches derrière ses oreilles.

« Il faut qu’on parle, » je lui murmure et elle hoche la tête.

 

 

 

Chapter 34 : Catherine

 

J’aime les puzzles, mais celui que je viens d’assembler ne me plait pas du tout.

Tout a commencé avec un message étrange sur le portable de Sara. Je pensais que c’était une erreur ou même une blague mais quand je lui ai épelé le message j’ai compris qu’il y avait quelque chose qui clochait. Sara a changé d’attitude d’une seconde à l’autre. Je sais bien qu’il y a encore beaucoup de chose que je ne sais pas à son propos, mais pour le moment je me sens trahie. Ensuite il y a eu un coup de fil de la part de l’inconnu qui avait envoyé le message, imaginez ma surprise quand l’inconnu en question s’est révélé n’être autre que ma sœur.

Je ne devrais pas être jalouse, mais je le suis. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Ma sœur est venue et quand je les ai laissées seules pendant une minute et le temps que je revienne elles s’étreignaient l’une l’autre d’une manière plutôt intime. Et ensuite il y a ce que Nancy a dit, elle a dit que ça lui avait manqué – je ne sais pas à quoi elle faisait référence, si c’était la promiscuité ou l’intimité. Et elle a aussi confessé qu’elle avait besoin de voir Sara, je ne sais pas ce qu’il se passe entre elles deux mais je n’aime pas ça. Ça me rend dingue pour ne dire que ça mais le pire dans tout ça c’est la façon dont Sara a réagit au contact de ma sœur. Une fois encore la pensée quelles on été amantes m’a traversée l’esprit.

La première fois que j’ai eu cette impression c’est quand je les ai vu dormir ensemble pour la première fois. Je me suis presque étouffée avec ma jalousie le jour où elles avaient fait une bataille de nourriture, elles agissaient comme si elles étaient ensembles et les apparences m’avaient amenées à penser qu’elles venaient de coucher ensemble. Je sais que ce jour là Nancy m’a dit qu’elles n’étaient pas amantes mais qui sais ce qu’elle a voulu dire ?

Peut être qu’elle voulait dire qu’elles n’étaient plus amantes, ou qu’elles ne l’étaient pas encore. Je n’en sais rien. Mais ce que j’ai vu aujourd’hui me porte à croire qu’elles ont été ensembles à un moment ou à un autre. C’est presque évident, elles ont leur codes, et Sara était près à tout laisser en plan pour ce ruer chez Nancy. Allez quoi ! Pas besoin d’être Einstein pour voir qu’il y a quelque chose entre elles.

Je n’ai pas envie de me battre avec Sara, alors même si  la jalousie me faisait bouillonner je me suis retenue. Mais le fait est que je suis blessée, blessée et jalouse. Mon cœur est mis à nu pour la première fois depuis que je suis avec Sara, c’est la première fois depuis Eddie. Je suis prête à me battre et faire des sacrifice mais je préfèrerai éviter la peine.

J’ai confiance en Sara, je sais qu’il y a une explication rationnelle mais ça me rend malade parce que les voir toutes les deux a ramené à la surface toutes mes insécurités. La différence entre elles et moi. Je suis vieille. Plus vieille, je n’ai aucun problème avec mon âge mais je ne peux pas faire abstraction de la différence d’âge entre Sara et moi, et ça me perturbe parce que je n’ai de cesse de me demander si je suis assez bien pour elle. J’ai peur qu’elle me quitte pour un model plus récent. Malheureusement je suis habituée à ça.

Mais plus que tout je suis terrifiée par l’amour, je sais que ça à l’air stupide dit comme ça mais c’est la vérité. Aimer quelqu’un c’est accepter d’être vulnérable. Toute ma vie j’ai essayé de ne jamais être vulnérable. J’aime Sara profondément, mais je suis vraiment fragile et je prends grand soin de mon cœur et j’ai besoin qu’elle soit à mes côtés et qu’elle m’assure que tout ira bien.

Sara est assise à mes côtés, elle veut parler de toutes ces choses qui me tracassent. Elle me tient la main silencieusement et me regarde avec ses yeux magnifiques.

« Je me sens idiote, » je lui dis nerveusement.

« Arrête, » elle me maintient le menton gentiment et dépose un léger baiser sur mes lèvres.

« Nancy et toi vous n’êtes pas amantes, n’est ce pas ? » je lui demande en retenant mon souffle.

« Non, ma seule amante est là avec moi. »

« Vous ne l’avez jamais été ? » je creuse la question un peu plus.

« Non, nous ne l’avons jamais été. »

« Est-ce que tu aurais voulu que ce soit le cas ? » je ne sais pas pourquoi je m’impose cette torture, mais je n’ai pas l’impression de pouvoir m’arrêter.

« Une fois ou deux je l’ai souhaité, oui, » elle répond après une courte seconde de réflexion.

Je sais bien qu’elle ne me donne que des réponses honnêtes mais j’ai l’impression qu’elle vient de me poignarder. Pour une fois j’aurais voulu qu’elle me mente. Alors Sara voulait ma sœur. Et si Nancy était celle que Sara voulait vraiment ? Et si je n’étais qu’un substitut ? 

« Alors, je suis le choix numéro deux… »

« Non Cath, tu ne l’es pas. L’idée de Nancy et moi ensemble n’était que ça, une idée, juste comme ça en passant, » elle réplique.

J’essaye de digérer toutes ces nouvelles informations, mais je suis confuse.

« Cath, cela fait un peu plus d’un an que j’ai des sentiments pour toi. Depuis que j’ai compris ça, il n’y avait pas d’autre choix pour moi, c’était toi ou personne. Et crois moi je ne dis pas ça pour te faire plaisir. »

« J’ai toujours cru que toi et Nancy étiez intimes, » je dis en ignorant sa réponse.

« On ne l’a jamais été et on ne le sera jamais. »

« Mais vous êtes tellement proches l’une de l’autre. »

« Je sais. Et je veux que tu saches aussi. »

Puis elle commence à tout me dire à propos de leur relation. Elle me dit comment tout a commencé et à propos de leur deal. Elle me dit tout ce que je veux savoir avec honnêteté. Ça n’empêche pas mon cœur d’être piqué par la peine.

« Cath, je vois bien qu’il y a quelque chose d’autre qui te tracasse. Parle moi, s’il te plait, » me demande-t-elle doucement.

« J’aimerai être assez  pour toi » je lui réponds.

« Tu es bien plus qu’assez ! Pourquoi dis-tu cela ? »

« Si j’étais assez ,  tu n’aurais pas besoin de te tourner vers ma sœur pour avoir de l’affection. »

« Cath, non. D’abord je ne me suis pas tourner vers elle, c’est elle qui avait besoin de moi, ensuite tu m’apporte tout ce que je veux et désire. »

« Pour combien de temps encore ? » je réplique avec véhémence. Elle a l’air blessée et déstabilisée. « Combien temps il te faudra avant que tu n’opte pour un modèle plus jeune ? »  je sais bien que cette remarque n’est pas méritée ou du moins une part de moi le sait mais la part de moi qui est anxieuse a pris le dessus.

« Cath… »

« Si tu n’es pas sûre que c’est ce que tu veux alors on ferait mieux d’en rester là. Je suis vieille et il n’y a pas grand-chose que je puisse t’offrir  et… »

« Cath arrête ! »

Elle s’agenouille devant moi, je peux sentir les larmes tomber doucement sur mon visage et je n’ai pas la force d’affronter son regard.

« Cath, regarde moi, » je ne bouge pas. Elle me prend délicatement le visage entre ses mains effaçant les larmes. « Cath, regarde moi s’il te plait, » elle répète.

Cette fois je l’écoute et la regarde droit dans les yeux. Son regard est intense, et il n’y a pas de place pour le doute, ou l’amusement. Elle se penche et m’embrasse. C’est un baiser profond qui ne laisse transparaître qu’une seule émotion. Une émotion pure et dépourvu de doute quelconque : l’Amour. Tous mes doutes se dissipent en un instant, je n’ai jamais ressentit ça avec un simple baiser. Elle se recule un peu.

« Je veux que tu m’écoutes attentivement, » elle commence. Je la regarde toujours un peu tremblante après notre baiser. « Je suis amoureuse de toi. Je t’aime. Je ne joue aucun jeu, et tu es celle que je veux, tu me donne tout ce que je désire et bien plus, tu me satisfais et maintenant que je t’ai, je ne vais pas m’en aller ou te laisser partie, » elle laisse ses mots prendre tout leur sens. « Et plus, je ne sais pas qui est cette vieille femme dont tu parle parce que je ne la vois pas… »

« Sara… » je ne peux m’empêcher de rire doucement.

« Cath, tu pourrais avoir cent ans, ça ne changerait pas mes sentiments pour toi. Je t’aime, un point c’est tout. »

« Je t’aime aussi, » j’arrive à dire malgré mes larmes.

Je l’étreins  fort contre moi et laisse tous mes doutes me quitter.

 

xxxxx

 

Sara est en train de dormir dans mon lit. Elle est allongée sur son estomac, et elle est nue, sa tête fait face à la fenêtre et les rayons du soleil sont en train de jouer avec sa peau. Je prends cette opportunité pour admirer son corps. J’avais remarqué les cicatrices avant, mais je ne les ai jamais mentionnées. Je ne sais pas pourquoi mais je trouve son dos fascinant. Je laisse le bout de mes doigts tracer ses cicatrices délicatement. Certaines sont des brûlures de cigarettes d’autre sont des point de sutures, d’autres forment des lignes légèrement décolorée.

« Souvenirs de mes parents, » la voix de Sara me surprend.

J’arrête immédiatement mon exploration et son corps se raidi. Je redépose mes doigts délicatement sur sa peau et recommence la lecture de ses cicatrices, quelques secondes plus tard elle se détend.

« Aussi loin que je m’en souvienne il y a toujours eu des coups. Tout était discipline. Tu enfreins une règle, tu es puni. Plutôt simple non ? » Elle continue. Elle regarde la fenêtre alors je ne peux voir son visage. Sa voix est vide de toutes émotions. « Il y avait des règles constantes : ce qui se passent entre nos murs restent entre nos murs car c’est l’affaire de la famille ; ne manque jamais de respect envers ceux qui t’ont donné la vie ; fais semblant de ne pas exister.  

Mes mains caressent son dos posément, je fais de mon mieux pour me rappeler de respirer au fur et à mesure que la colère m’envahie rien que de penser à ces personnes – des parents soit disant, ces personnes qui auraient dû l’aimer et la protéger.

« Les coups font mal la première fois quand la chaire est tendre ou quand elle n’a pas encore cicatrisée de la session précédente.  La plupart du temps il était assez malin pour ne pas laisser de traces, il utilisait des oranges dans un sac. Mais parfois il aimait contempler son œuvre alors il prenait sa ceinture ou tout ce qui se trouvait à proximité de ses mains. Elle se contentait de donner des baffes. Mais on s’y habitue vite, il le faut.  La souffrance importe peu du moment que tu te souviens de la règle de base : pleurer ne fait qu’empirer les choses, » elle ricane amèrement.

« Les coups ne t’infligent que des blessures temporaires. Les mots, ils font mal, ils te brûlent le cerveau pour toujours comme un fer chaud. Rien n’était jamais satisfaisant, jamais.  ‘Tu es faible’ ; ‘tu es stupide’ ; ‘tu es pathétique’ ; ‘ tu es une erreur’ ; ‘tu ne vaut rien’ ; ‘tu es une ratée’ ; ‘tu es paresseuse’ ; ‘tu es dégoûtante’ ;  ‘tu es ignoble’ ; ‘tu n’es rien’, » dit elle de manière détachée, comme si ce n’était pas elle qui parlait.

Je me sens désarmée, et elle me fait peur avec sa façon de se déprécier. Je veux faire disparaître ses cicatrices, celles que je vois et toutes celles que je ne vois pas. Ça me serre le cœur de savoir qu’elle souffre et que je ne peux pas l’aider.  Je me sens coupable pour tous les mots blessants que j’ai pu avoir envers elle car maintenant je comprends l’impact qu’ils on pu avoir. Mais je veux l’atteindre, je veux lui faire voir que tout ça n’est pas vrai, qu’elle est quelqu’un de formidable.

« ‘Tu n’est rien’, » elle répète. « Je ne suis rien, » elle murmure et mon cœur se brise à ces mots.

Je veux crier tellement je suis en colère contre ses prétendus parents, comment ont-ils osé faire une telle chose ? Comment est ce qu’on peut faire une telle chose à quelqu’un, à son propre enfant qui plus est. Je veux ramener Sara vers moi, là où elle est en sécurité, loin de tous ces souvenirs.

Je dépose un baiser sur chacune de ses cicatrices, une après l’autre « Tu es belle, » un baiser « Tu es maligne, » un autre « Tu es brillante, » un autre. J’essaye d’effacer sa peine du bout de mes lèvres et avec tout l’amour que je lui porte.

« Tu es généreuse, » un baiser « Tu es tendre, » un autre « Tu es douce » un autre « Tu es attentionnée »  un autre « Tu es magnifique » un autre « Tu es tout pour moi » un autre «  tu es drôle » un autre «  Tu es précieuse. »

Mes baisers sont mélangés avec le goût de sa peau et de mes larmes. Je continue mon voyage sur son dos avec mes mots et mes baisers. Je la sens trembler alors je la tourne vers moi pour voir son visage. S’il n’y a aucune larmes dans ses yeux son regard me brise littéralement le cœur tellement il y a de souffrance dedans.

« Tu es tout pour moi, tu es celle que j’aime, » je l’embrasse. « Tu es celle que j’aime, » je lui répète.

Je l’étreins très fort avant de lui faire l’amour tendrement et passionnément. Je veux qu’elle comprenne ce qu’elle représente pour moi.

 

xxxxx

 

« Tu es en train de me fixer du regard, » me dit Sara, bien qu’elle me tourne le dos.

« Oui, » je confirme l’évidence. Quelque chose me dit qu’elle n’apprécie pas. «Ça te dérange ? »

« Disons simplement que je n’aime pas me sentir observée. »

Ne me demandez pas pourquoi mais j’ai la sensation qu’il y a plus dans sa réponse que ce qu’elle laisse entendre, mais je décide de ne pas creuser la question. L’autre jour elle s’est ouverte à moi et je sais que c’était difficile pour elle de m’offrir autant, je suis honorée qu’elle me fasse assez confiance pour me faire savoir ces choses là. Alors je suis patiente, je suis sûre qu’un jour elle me dira pourquoi elle n’aime pas être observée, quand elle se sentira prête.

J’ai beaucoup réfléchi dernièrement, et quand bien même ça ne fait qu’un mois et demi qu’on est ensemble, j’ai envie d’être avec elle tout le temps. Je veux être en mesure de la voir quand je rentre à la maison. Je veux attendre qu’elle rentre à la maison pour qu’on ait un peu de temps pour nous, même si ce n’est que pour dormir dans ses bras. Je n’ai pas envie de toujours devoir planifier notre temps ensemble, je veux que ce soit simple et naturel. J’ai envie de passer tout mon temps avec elle et d’apprendre tout ce qu’il y a à savoir à son propos. Vous voyez le tableau.

« A quoi est ce que tu penses ? » me demande-t-elle avant d’entourer ma taille par derrière et de poser son menton sur mon épaule.

« Je pensais au fait qu’il faut que je parle à Lindsey. »

« Quelque chose d’important ? » elle rit doucement. « Oublie ça, je suis trop curieuse, » elle se reprend.

« Ce n’est pas grave, » je ris à mon tour et lui embrasse la joue. « Alors, dis moi, quand est ce que tombe ton prochain congé ? »

« Vendredi, il me semble » elle répond pensive. « Tu veux qu’on sorte ? On pourrait faire une sortie avec Lindsey, ça fait un moment qu’on n’a pas fait une sortie toutes ensemble »

« A vrai dire ça ne fait que 4 jours, mais l’idée me plait, » je la taquine.

« Parfait, c’est noté, » elle m’embrasse avant de laisser aller son étreinte. « Je dois y aller, je veux me changer avant d’aller au boulot. »

Vous voyez ? C’est exactement ce de quoi je parle quand je dis que je veux qu’elle soit là tout le temps. Quelle perte de temps de devoir retourner à son appart 2h avant d’aller au boulot juste parce qu’elle doit se changer – étant donné que tout ses vêtements de rechange ici, sont au lavage. C’est décidé, je vais remédier à ça.

 

xxxxx

  

Aujourd’hui c’est mon jour de repos. Je peux consacrer toute ma journée à Lindsey. Je dois dire que lorsque je pense à ce qui s’est passé, sa fugue j’entends, bien que je n’ai aucune envie de revivre cette épreuve, je dois dire que cette épreuve a été salvatrice. Je ne dis pas que tout est plus simple maintenant, mais depuis que Lindsey est revenue à la maison on a reconstruit notre relation. On a pris notre temps, mais le résultat est là. On est proche l’une de l’autre, on ne se dispute plus autant et on passe beaucoup plus de temps ensemble. Je dois dire que Sara a joué un très grand rôle dans tout ça. Elle a apporté de la stabilité dans la vie de Lindsey et même si ma fille est à un âge où on pense que le monde entier s’est ligué contre nous, elle a toujours quelqu’un à ses côtés pour l’aider à faire face aux aléas quotidien.

Je suis heureuse, parce que ma relation avec Sara est aussi une nouvelle facette de ma vie de famille. Sara et moi nous avons du temps pour nous, principalement quand Lindsey est en cours. Mais avec Sara tout est simple, je n’ai pas à choisir entre ma fille et elle. Sara inclut toujours Lindsey dans nos sorties, elle comprend que j’ai besoin d’être avec ma fille, et elle est très attentionnée dès qu’il s’agit de Linds et l’opinion de Linds compte beaucoup pour elle. Elle apporte un certain équilibre dans mon duo avec Lindsey. Elle est ce qui uni ma famille.

Linds et moi avons décidé de faire la sieste ensemble avant de sortir plus tard. Elle me raconte sa journée à l’école, puis elle me parle d’un garçon qu’elle apprécie – intérieurement je prie pour qu’elle reste célibataire pour encore deux année ou quatre parce que je ne suis définitivement pas prête pour qu’elle ait un copain. A part ça on passe un bon moment ensemble.

« Ça  fait quoi d’être amoureuse ? » elle me demande soudainement.

« Wow… je ne suis pas sure d’avoir la réponse à celle là. »

« Mais t’es amoureuse de Sara, pas vrai ? Alors dis-moi ce qu’on ressent »

« On ressent…de la confusion je suppose, » je lui réponds avec honnêteté.

Elle fronce les sourcils en essayant de comprendre le sens de mes mots. « Comment ça ? »

« Et bien…tu te sens invincible et faible, tu as envie de rire aux éclats et de pleurer, tu es effrayée mais heureuse, et petite et titanesque et tout ça en même temps. »

« Wow, t’as raison, c’est la confusion là dedans. »

« Tu sais je ne t’ai jamais remercié pour accepter ma relation avec Sara. Je suis heureuse d’avoir une fille aussi compréhensible et géniale, » je lui dis en lui caressant les cheveux.

« Ouais, j’aime bein Sara et elle te rend heureuse, et puis elle ne te détourne pas de moi. »

« Quoi qu’il en soit je te remercie, » je lui embrasse le front.

« Pas de problème. »

« Chérie, j’aimerai te demander quelque chose, » je commence et attend son hochement de tête avant de continuer. « Est-ce que tu serais d’accord pour que Sara emménage avec nous ? »

« Non, » elle répond en une seconde avec une expression grave et je suis plus que déroutée par sa réponse. Ensuite elle explose de rire et je lui frappe gentiment l’épaule pour me faire des frayeurs pareilles. « Je plaisante maman, évidement que je suis d’accord, en plus elle vie déjà ici la plupart du temps, » elle me répond en roulant ses yeux.

« Je voulais dire, de manière officielle. »

« Comme je l’ai dit, elle vie pratiquement ici, alors son propre jeu de clefs ne serait pas du luxe. »

« T’en es sure ? » je lui demande à nouveau. Je ne veux pas qu’elle se sente obligée pour quoique ce soit.

«Oui maman, » elle dit avec exaspération. « Est-ce que ça veut dire que je devrais porter une cloche ? »

« Quoi ? Pourquoi ? » je ne suis pas son train de pensées.

« Tu sais, comme ça vous m’entendrez arriver quand  vous être trop occupées à vous embrasser et à jouer à ‘qui mettra sa langue le plus loin dans la gorge de l’autre ?’ » elle dit en ricanant. Pitié, dites moi qu’elle n’a pas dit ça !

J’admets que parfois Sara et moi étions tellement perdu dans nos ’baisers’ qu’on s’est faites surprendre par Lindsey plus d’une fois. Mais je n’ai pas besoin qu’elle me le rappelle !

« Oh…petite peste, » je lui dis avant de la chatouiller.

« Peut être mais tu m’aimes ! »

Elle a raison, je l’aime.

 

xxxxx

 

Vendredi arrive et je suis un peu nerveuse. Sara, nous a invitée au cinéma et ensuite on a été dînées et ensuite on a déposé Lindsey chez l’une de ses amies pour le week-end avant de rentrer à la maison.

« J’ai un petit quelque chose pour toi, » j’annonce à Sara nerveusement.

« Vraiment ? » je me contente de hocher la tête en réponse.

« Mais d’abord, je veux que tu fermes les yeux. »

« Cath ? »

« S’il te plait ? » je la regarde obéir « Ne triche pas, ok ? » je secoue ma main devant elle pour être sure qu’elle ne voie rien.

Je vais dans ma chambre et reviens avec un paquet. Sara et assise dans la cuisine alors je dépose mon paquet sur la table.

« Très bien, tu peux ouvrir les yeux maintenant, » je dis avec excitation.

Ses yeux deviennent ronds comme des assiettes quand elle voit la taille du paquet devant elle. Elle me regarde avec surprise, puis ouvre la bouche pour dire quelque chose, mais au final elle se lève et m’embrasse.

« Merci, » elle murmure.

« Tu ne sais même pas ce que c’est. »

« Quand bien même, merci, je suis touchée. »

« Ouvre le, » je lui dis avec un sourire nerveux.

Elle déballe le paquet et reste immobile lorsqu’elle découvre le contenu.

« Wow…c’est un…très beau…tiroir, » elle dit avec sarcasme cependant très amusée.

« C’est pour tes affaires. Il y a quelque chose à l’intérieur, » je lui annonce rapidement.

Elle prend la boite en velours à l’intérieur du tiroir et la regarde intensément. Je pense que je vais avoir une crise cardiaque si elle ne l’ouvre pas bientôt.  Enfin elle ouvre la boite et à voir sa réaction je commence à penser que c’était une mauvaise idée.

« Quelque chose me dit que ce ne sont pas les clefs d’une nouvelle voiture, » elle plaisante.

« Non, tu as raison. Ce sont les clefs de cette maison, » je prends une grande inspiration. « Est-ce que tu accepterai de vivre avec moi ? » je demande sans respirer.

Sara me regarde soudainement, et son sourire s’estompe immédiatement. Elle commence à imiter le poisson hors de l’eau. Elle me regarde puis regarde les clefs et les fixe.

Deux mots : mauvaise idée. Non, attendez, trois mots : très mauvaise idée...

Partie V

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