Note : Je sais, je sais ça fait longtemps et je m’en excuse, promis j’essaye de ne pas trop faire tarder la suite. Et puis j’ai fait une grande partie pour me faire pardonner. Merci à tous pour vos mails, qui me touchent toujours énormément. En attendant la suite, j’espère que vous aimerez la mise à jour.
Bisous, So ;)
Et du Chaos Naîtra la Création…
Cinquième Partie
Par SoFrost
Chapitre 35 : Sara
Je suis officiellement morte sur le plan cérébral.
Que je résume les choses. Cath et moi sommes sorties avec Cake aujourd’hui. On a été au ciné, et ensuite on a dîné avant de laisser Cake chez une de ses amies, avant de rentrer chez Cath, ou devrais-je simplement dire à la maison. Vous voyez, le truc c’est que Catherine vient juste de me demander de vivre avec elle, j’ai l’impression que c’était il y a déjà un siècle mais ça ne doit pas faire plus de deux minutes.
Et là j’ai eu un pet de cervelle monstrueux du au trop plein de joie. Je veux dire, c’est tout simplement trop beau pour être vrai. Quelque part je suis sure que je suis en train de rêver éveillée. Je suis toujours en train de me remettre du fait que je sois avec elle et qu’elle m’aime, mais là ; là c’est tout simplement la cerise sur le gâteau. Trop de bonnes choses c’est un peu suspect pour moi, ça me donne l’impression d’avoir été une sainte dans une autre vie, parce que je ne mérite ça en aucun cas.
« Mon cœur, s’il te plait, dit quelque chose. »
« Quelque chose, » je m’entends murmurer.
Pas la chose la plus intelligente à dire parce que Cath commence à déguerpir de la cuisine, je l’intercepte avant qu’elle n’atteigne le salon. Elle a l’air très chamboulée et pour ma part je commence à sentir mes synapses revenir à la vie.
« Très mauvais moment pour plaisanter, désolé, » je commence mais elle refuse de me regarder. « T’es sérieuse ? »
« Ecoute si tu ne veux pas je comprends très bien, c’est trop tôt. C’était une idée stupide, alors laisse tomber ok, » dit elle en fixant le mur à côté de moi.
« C’est tout simplement le plus beau cadeau qu’on ne m’ait jamais fait, et il n’y a rien que je désire plus autre que de vivre ici avec toi, » je réponds en un souffle.
« Sara, oublie ça d’accord, je sais que je n’aurais pas dû…quoi ? » elle me regarde avec surprise.
« Oui, j’aimerai beaucoup, beaucoup vivre avec toi. » je répète.
« Je ne veux pas que tu te sentes obligée, » elle me dit avec incertitude.
« Cath, c’est ce que je veux, » elle me scrute dur regard pendant un moment. « Une condition, cela dit. »
« Laquelle ? »
« Je veux être sure que Lindsey est d’accord avec ça d’abord. »
Elle sourit avant de m’embrasser passionnément.
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C’est ainsi que j’ai emménagé avec Catherine le mois dernier et la vie n’aurait pas pu être plus belle. On a conclu un marché, je garde mon appart au cas où ça ne se passe pas très bien, au cas où c’était effectivement trop tôt pour nous de vivre ensemble. Bien sûr il a fallu réajuster quelques petites choses mais de manière générale tout se porte comme un charme jusqu’ici.
On a aussi annoncé au reste de l’équipe qu’on était ensemble, il y a deux jours autour d’un dîner. Ils ont pris la nouvelle plutôt bien. Au début il y a eu un grand silence et des regards vides. Puis Warrick a annoncé à Greg et Nick qu’ils lui devaient chacun 50 dollars. Vous y croyez, vous ?!!!
Les mecs, je vous jure !!...
Le premier pari était que Cath et moi deviendraient physiquement violentes l’une avec l’autre, et le second étaient qu’on deviendrait tout simplement physique. Ils sont incroyables !!
Une partie de moi voulait leur mettre mon pied au cul pour leurs imbécillités, mais bon Grissom m’en a dissuadée, d’après lui ce n’était pas une bonne idée. Mais je m’en fiche je suis sûre que Catherine leur donnera les prochain cadavres décomposés, donc je les ai laissés s’amuser.
Grissom était content pour moi et Greg était heureux que je sois avec Catherine et non pas un loser comme Hank. Quant à Warrick et Nick comme les grands frères qu’ils sont pour moi, ils m’ont dit qu’ils voulaient juste que leur ‘petite sœur’ soit heureuse.
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Ce soir Cake est chez Nancy alors Cath et moi pouvons profiter d’un peu d’intimité. On n’a pas arrêté de se taquiner avec les préliminaires depuis un certain temps maintenant. Elle est en train de m’embrasser le cou quand tout à coup cette vieille odeur si familière m’emplie les narines, mon corps se tend immédiatement alors que j’ai un flash back.
« Chérie ? » Catherine m’interpelle, inquiète. « Je t’ai fait mal ? »
Mes yeux sont grands ouverts, cependant je peux sentir mes peurs essayer de se frayer un chemin à la surface. Concentre toi Sara, ‘tu es avec Catherine’. Je prends une grande inspiration pour essayer de calmer mon pouls.
« Non, »
« Tout va bien ? » me demande-t-elle
« Ouais, » je l’embrasse pour être plus convaincante.
Je combats la nausée et tous ces souvenirs, ce n’est vraiment pas le moment pour les laisser prendre le contrôle. ‘Tu es avec Catherine, tu es avec Catherine’, je continue à me répéter. Catherine recule un peu son visage et me regarde étrangement.
« Sara, tu es sûre que ça va ? »
Non, ça ne va pas du tout. J’ai besoin d’oublier et de ressentir quelque chose. Il y a ce sentiment de haine qui est doucement en train de prendre possession de moi. Je commence à trembler légèrement à mesure que je deviens tout ce que je ne veux pas être, à mesure que je perds le contrôle de moi-même. Ma vision devient floue et il y a de la rage qui brûle mes veines. Je commence à étreindre sa taille avec plus de force que nécessaire.
« Sara ? » sa voix est un mélange de peur et d’incompréhension. Douce mélodie.
Je commence à l’embrasser violemment, mes caresses sont agressives. Pour une raison inconnue, j’ai besoin de cette agression et de la souffrance qui va avec. Je m’engouffre dans mon côté le plus sombre et libère toutes ces choses que j’ai mises tant de mal à garder sous contrôle. Mon désir est malsain, une part de moi l’apprécie, et cette partie est en train d’annihiler tout mon bon sens, a cet instant précis je ne vois pas Cath comme mon amante, mais comme ma proie.
Catherine ne comprend pas ce qu’il se passe mais elle ne proteste pas. Au contraire elle me renvoie toute cette violence. Je ne sais pas si elle prend son pied, mais en tout cas elle ne m’arrête pas. Notre étreinte est sauvage, c’est comme si on se battait. Je fin par lui mordre l’épaule presque jusqu’au sang quand elle vient, tandis qu’elle enfonce ses ongles dans la peau de mon dos avant de m’égratigner sans cérémonie.
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Catherine est endormie dans mes bras essayant de récupérer son énergie. Je n’arrive pas à dormir, je n’arrête pas de penser à ce que j’ai fait. Je me dégoûte, ce n’est pas qui je suis.
J’ai baisé Catherine. Ce n’était rien que du sexe brut, ce n’était pas à propos de sentiments, ce n’était même pas faire l’amour, ce n’était rien que du sexe brute et sale. Je me sens nauséeuse rien que de penser au fait que j’ai entacher notre relation comme ça. Comment est ce que j’ai pu faire une telle chose alors que je l’aime ?
Je m’évade du lit pour essayer de calmer mes nerfs. Je prends une douche parce que je me sens sale, le dégoût est en train de suinter hors de moi par tous mes pores. Je laisse l’eau couler sur mon corps mais je sais que c’est inutile, ce sentiment de dégoût est à l’intérieur.
Après ma douche je vais m’assoir sur le rebord de la fenêtre de la cuisine et regarde dehors pour essayer de remettre de l’ordre dans ma tête. Je repense à ce qu’il vient de se passer, et je crains ce qui va arriver. Je viens juste d’ouvrir la boîte de Pandore. Rien de bon ne peut advenir de ce simple geste. Je sais ce qui m’attend, moi de retour dans mon enfer personnel.
C’est une habitude chez moi. Dès que quelque chose va bien j’ai une crise. Les premières sont plutôt inoffensives pour ainsi dire, mais ensuite ça va de mal en pis. Généralement je m’isole pour regagner un semblant de contrôle sur moi-même. Je ne me fais pas confiance, je sais ce qu’il y a dans ma tête et honnêtement j’ai peur de ce que je pourrais faire. Je ne peux pas me permettre de perdre le contrôle. Je sais que je peux être dangereuse pour les gens autour de moi. C’est pour ça que j’ai toujours réussi à être seule quand je sens que les crises vont recommencer, comme ça la seule personne à qui je fais du mal, c’est moi. En plus comme ça je ne dois aucune explication à personne.
Comment expliquer que parfois c’est comme si vous étiez de retour dans les bras de votre bourreau ? De retour aux endroits que vous craignez le plus ? Comment est ce que vous pouvez expliquer ça aux gens sans qu’il vous croie folle ?
Je ne peux pas dire ça à Catherine. Je n’ai pas envie de me détourner d’elle non plus. Je suis coincée pour le coup, et ce n’est qu’une question de temps avant que je ne suffoque dans mes problèmes.
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« Bonjour, » je dis platement. Je ne prends même pas la peine de me tourner pour prendre note de sa présence. Pour tout dire, je ne sais même pas si je peux la regarder en face. Je n’ai pas bougé de la fenêtre depuis des heures.
« Comment sais tu que je suis là ? » elle me demande et je peux entendre de l’amusement dans sa voix.
« Je te l’ai dit, je n’aime pas me sentir observée, » mon ton est loin d’être gentil.
Je me tourne et vois de la peine dans ses yeux. Super. Elle détourne son regard et commence à faire le café. Elle s’occupe en préparant le petit déjeuner. Il y a assez de tension dans la pièce pour s’y étouffer. Elle risque quelques regards nerveux dans ma direction toutes les minutes. J’ai l’impression qu’elle a peur de moi, et je ne peux pas dire que je lui en veux. Je peux voir la marque que mes dents on laissé sur son épaule, et le dégoût rejaillit dans mes veines.
« Je suis désolé, » je lui dis en brisant ainsi le silence.
« Pour quoi ? » elle me demande surprise.
«Pour avoir perdu le control comme je l’ai fait, » je regarde son épaule à nouveau. « Pour te traiter comme je l’ai fait. »
Elle s’approche de moi, de la confusion dans les yeux. « Je ne me suis pas plainte, » dit elle avec un sourire un peu coquin.
« Je ne t’ai pas non plus laisser cette option, » je réplique malade et détourne mon regard.
Elle fronce les sourcils et me regarde intensément. « Bébé, hier soir a peut être été un peu brutal mais j’étais consentante, » elle me caresse le visage et me force à la regarder. « J’aurais pu te dire stop à n’importe quel moment, mais je ne l’ai pas fait parce que je voulais ça moi aussi, crois moi. »
« Je ne veux pas te faire de mal. »
« Tu ne m’as pas fait de mal, » pour l’instant est la réponse qui fait écho dans ma tête.
Elle me prend dans ses bras. Je sais que ça n’a pas de sens pour elle, mais je ne peux pas expliquer le reste, je ne veux pas la perdre.
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Le choses sont un peu maladroites depuis ma petite crise il y a deux semaines de ça. Je me sens mal à l’aise près de Cath. Il me faut du temps pour me détendre en sa présence. Je ne pense pas qu’elle l’ait remarqué, enfin si c’est le cas elle a choisi de ne pas aborder le sujet, et franchement cette situation me perturbe. Alors je n’arrête pas de gamberger et de douter de mon habilité à la rendre heureuse et d’apporter quelque chose de bien dans cette relation.
« T’es prête à rentrer à la maison ? » Cath me demande alors que nous sommes dans les vestiaires.
« Oui, mais si ça ne te dérange pas j’aimerai qu’on s’arrête à mon appart, il y a quelque chose que j’ai besoin de récupérer. »
« Pas de problème, je t’attends dans la voiture. »
Le trajet jusqu’à mon appartement est silencieux. Je suis perdue dans mes pensées, j’essaye de trouver un moyens pour régler mes petits problèmes.
« Chérie ? » la voie de Catherine me rappelle à la réalité.
« Oui ? »
« On y est, » elle annonce.
Elle est sur le point de sortir de la voiture mais je la retiens et je l’embrasse. Quand je reprends un peu de distance elle sourit.
« C’était en quel honneur ? » elle me demande.
« Juste comme ça. »
On sort de la voiture, je prends sa main dans la mienne et on commence à se diriger vers l’entrée du bâtiment, cependant j’ai le sentiment que nous ne sommes pas seules.
« Enfin, je suis au Paradis, » une voix masculine surgit derrière nous. Je n’y crois pas.
Mon cœur s’emballe, il n’y a qu’une personne au monde qui me salut avec ces mots. Je ne me retourne pas mais je réponds.
« Au Paradis ? Jeune homme, vous devez vous méprendre. »
« Aucun doute, je suis au Paradis car je peux te voir, mon amour, mon Eden, » la voix répond.
Bon sang ce que cette voix m’a manquée. Je peux sentir un sourire se former sur mes lèvres/ je laisse la main de Catherine et me retourne doucement. Et oui, il est bien là debout devant moi. Il ne bouge pas, il attend que je fasse le premier pas, comme toujours. Et je le fais ce premier pas. Je marche doucement vers lui et m’arrête à deux pas de lui. Nos yeux sont engagés, et vous ne croiriez pas tout ce qu’on se dit à cet instant précis. Ces grands yeux verts ont été ma seule raison de vivre il fut un temps.
Je le prends dans mes bras et instantanément je sens ses bras se refermer sur moi. Il me soulève du sol et m’étreint assez fort me couper le souffle mais je m’en fiche. Le monde vient de disparaître autour de nous. C’est étrange comme les vieilles habitudes ne meurent jamais. Cette étreinte est aussi parfaite qu’elle l'a toujours été. Après un moment il me pose par terre on rompt notre étreinte mais pas la proximité.
Amants un jour, amants toujours.
Nos visages sont à quelques centimètres l’un de l’autre. Une de ses mains est sur ma joue tandis que l’autre est toujours sur ma hanche.
« Salut, » il dit simplement avec un doux sourire.
« Salut, » j’expire dans un souffle « Comment ? Quand ? »
« Avion et voiture, il y a juste une heure ? » il répond dans l’ordre. Il pose sont front contre le mien. « Tu m’as manqué Sunshine. »
« Tu m’as manqué toi aussi. »
On rompt finalement notre étreinte, mettant un peu d’espace entre nous et autorisant le monde à réapparaître. Je me souviens seulement que Catherine est là.
« Il y a quelqu’un que j’aimerai te présenter, » je lui annonce. Je me tourne et lui prend la main pour l’emmener vers Catherine. « Catherine, je te présente Travis Carter, mon meilleur ami. Travis, je te présente Catherine. »
Travis me regarde en connaissance de cause avant de prendre la main de Catherine. « Ravi de te rencontrer. »
« Enchantée, » Catherine répond.
C’est là que quelque chose me revient, je comprends enfin pourquoi je suis là. « Le coup de fil, » je constate dans un léger gloussement.
Travis me regarde et me sourit fier de lui. « Je voulais juste être sûr que tu passerais par ici. »
Je me contente de secouer la tête. « T’as toujours ton jeu de clefs ? » Je lui demande.
« Bien sûr. »
« Alors monte et mets toi à l’aises, » je marque une pause et réfléchis. « Tu veux que je vienne avec toi pour que tu t’installe ? »
« Nan, t’inquiètes pas, ça ira. »
« Très bien. »
Il me reprend dans ses bras. « C’est tellement bon de te revoir. »
« Pour moi aussi. »
« Je voulais juste te faire savoir que j‘étais là, maintenant que c’est fait, je suis sûr que vous avez d’autres choses bien plus importantes à faire. Je t’appelle plus tard, » me dit il.
« Ok. »
il me refait un câlin et m’embrasse la joue. « Bye Sunshine, » il tend sa main à Catherine qui la prend. « Catherine. »
Il prend ensuite ses bagages et se dirige vers mon appart. Je n’arrive pas à croire qu’il est là. Je suis si heureuse qu’il soit là.
Chapitre 36 : Catherine
Travis Carter. Le premier nom sur ma liste noire. Le seul nom sur ma liste noire.
Travis Carter, le meilleur ami de Sara. Un homme plus qu’attirant, les yeux verts perçants, les cheveux bruns, un charisme indéniable. Il est plutôt imposant. Et dans d’autre circonstance je suis sure que j’en aurais pincé pour lui. Et je suis sure que toutes les femmes qui ont croisées son chemin lui sont tombées aux pieds.
Sara et moi étions en chemina vers son appartement parce qu’elle avait besoin de prendre quelque chose et soudain, ce mec est sorti de nulle part. Ils ont eu un étrange échange mais ce n’est pas ce qui m’a le plus dérangé. Aussi tôt que Sara a reconnu le son de sa voix c’était comme si je n’existais plus. Ils se sont enlacés. Et le vil monstre de la jalousie est sorti de sa cachette pas tellement à cause de leur étreinte mais à cause de la manière dont cette abruti la touchait. Vous auriez dû voir ça, c’est à peine s’il y avait de l’espace entre eux, j’ai même cru qu’il allait l’embrasser ! Et ça m’a pris toute ma volonté pour ne pas céder à la tentation de le réduire en miettes, mais j’en veux aussi à Sara qui n’avait pas l’air d’être plus mal à l’aise que ça.
Ils ont été amants, aucun doute. La façon dont ils se regardent, et tout était dans leur façon de se toucher, de réagir l’un par rapport l’autre. Je sais ce que vous allez dire. J’ai aussi cru que Nancy et Sara étaient amantes parce qu’elles étaient proches, mais là ce n’était définitivement pas la même chose.
Je suis en colère contre Sara, la façon dont elle m’a présentée à lui. Elle ne lui a même pas dit que j’étais son amante. Je lui en veux parce que pendant un moment c’était comme si je n’étais personne d’important à ses yeux. Et la façon qu’ils avaient d’être dans leur monde, j’ai eu l’impression d’être invisible. Quand il m’a serré la main je me suis sentie mal à l’aise, comme mise à nue. Et le regard qu’il a échangé avec Sara à ce moment, je ne sais pas, toute la scène était bizarre.
Mais cet abruti agissait comme s’il était avec Sara ! Et ça m’a donné envie de le réduire en bouillie.
Attendez voir. Il reste chez Sara. Non, il y a mieux encore, il a un jeu de clefs de Sara. Comment ça se fait ? Je veux dire, même moi je n’ai pas ce jeu de clefs !
La journée promet d’être longue, il n’y a aucun doute !
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Le retour à la maison se fait en silence, personnellement j’essaye de ne pas imploser de colère. Sara ne remarque rien puisqu’elle est perdue dans ses pensées, sans aucun doute en train de penser à l’autre abruti, à en juger par son sourire béat qui n’a pas quitté ses lèvres depuis que l’autre est entré en scène.
Je suis en colère, mais alors, très en colère.
On entre et Sara est d’humeur joyeuse, très affectueuse. C’est étrange, dernièrement elle a été plus que tendue depuis notre violente étreinte. Elle m’a complètement rejeté, mais j’ai tout fait pour qu’elle ne se renferme pas sur elle-même. Je dois admettre que j’ai été surprise par cette facette de sa personnalité. Surprise mais pas offensée ou déçue, Sara en revanche semble avoir un problème avec ça. Et depuis elle n’a cessé d’avoir un comportement étrange. D’habitude – comme maintenant, elle est très tactile et démonstrative, mais pendant ces deux dernières semaines chaque contact a dû venir de moi et elle a presque tout essayé pour éviter les contacts physiques. Je n’ai rien dit, je la connais et je sais que si je la force à parler alors qu’elle n’est pas prête elle battra retraite dans sa carapace pour ne plus jamais en ressortir.
Il y a quelque chose d’autre. Je ne sais pas comment l’expliquer mais avant que les choses ne deviennent… brutales pour ainsi dire, c’était comme si…je ne sais pas, comme si elle n’était pas vraiment avec moi. Je sais que ça n’a aucun sens, mais pendant une minute c’est comme si quelque chose était malsain. Je ne l’ai pas poussé sur le moment, mais depuis elle a un comportement étrange.
Ces deux dernières semaines c’est un peu comme si elle se forçait à me faire plaisir plutôt que d’être avec moi. Pendant ces dernières semaines, elle n’était pas vraiment avec moi quand nous faisions l’amour, physiquement elle était là, mais émotionnellement elle n’était pas avec moi. La première fois j’ai laissé passer, mais après la seconde fois j’ai arrêter de rechercher ce genre d’intimité avec elle, c’était trop étrange. C’était comme faire l’amour à une inconnue.
Et aujourd’hui, elle est soudainement redevenue elle-même, comme si rien ne c’était passé. Le pire dans tout ça c’est que je sais que je ne suis pas à l’origine de tout ça. Travis en est la cause. Elle est heureuse maintenant à cause de lui et ce sentiment la fait se sentir mieux dans ses baskets. Mais pour le coup je ne suis pas le vrai objet de toute son affection et ça me rend dingue.
« J’ai besoin de prendre une douche, » elle annonce. Elle se place derrière moi et m’enlace et embrasse mon cou. « Je ne serais pas contre un peu de compagnie. »
Aujourd’hui je ne suis pas d’humeur, aussi agréable que soit notre intimité, ça ne semble pas aussi naturel que d’habitude, comme c’est sensé être. Je m’extirpe de son étreinte et me tourne pour lui faire face sachant pertinemment qu’elle est déroutée par mon attitude.
« Pas maintenant, je suis fatiguée et j’aimerai me coucher dès que possible, » je vois de la confusion passer dans son regard. Je ne l’ai jamais repoussée auparavant. « Mon cœur, on ne peut pas se doucher ensemble parce que ça prendrait des heurs pour qu’on arrête de se toucher » j’essaie de le dire avec légèreté.
« Ça n’a jamais posé de problème avant, » elle ricane doucement dans un effort vain pour couvrir sa peine. « Allez, je te promets que je serais sage,» elle essaye de nouveau.
« Chérie, je suis vraiment… »
« Fatiguée, » elle m’interrompt. Le ton de sa voix est un peu plus sévère et ça ma fait perdre le peu de patience que j’avais. Voilà en deux secondes on a recommencé notre plus ancien jeu ‘qui aura le dernier mot ?’. Elle sait très bien que ça n’a rien à voir avec le fait de prendre une douche ensemble ou ma supposée fatigue. Mais je ne changerais pas de position. D’abord parce que j’ai besoin de réponses et ensuite parce que ça m’énerve qu’elle ne semble pas réaliser ce qu’il se passe.
C’est comme jouer au tennis. On se balance des mots méchants à la figure et on n’arrête pas avant le coup de grâce. On se regarde avec les yeux pleins de feu. Que la partie commence.
Service Sidle.
« Je t’ai entendu la première fois, » dit elle après une courte pause le tout sans me quitter du regard. Son regard est froid et je sais qu’elle ne me laissera pas m’en tirer si facilement.
15/0
« Ne sois pas comme ça, ce n’est pas la fin du monde tu sais, » je réplique froidement.
15/A
Je n’aime pas ça, je sais qu’on se dirige vers notre ancien champ de bataille. Depuis qu’on est ensemble, on ne s’est jamais réellement disputer, bien sûr nous avons eu nos petits différents mais ce n’était jamais comme avant.
« Je le sais, » Sara renifle affect dédain. « Je t’en pris accorde moi un peu de crédit, je ne suis pas comme ça ! »
30/15
« Tu devrais voir ta tête alors parce que à ton expression j’ai l’impression d’avoir roulé sur ton chiot ! »
30/A
Je ne veux pas me disputer alors je prends une grande inspiration et j’essaie de me calmer. « Ne t’énerve pas pour si peu, » je lui dis.
30/40
« Mais, je ne suis pas énervée, moi, » elle réplique.
40/A
« Et qu’est ce que ça veux dire ? » c’est bon elle m’a énervée pour de bon. « Ecoute juste parce que je ne veux pas me doucher avec toi ne veux pas dire que je suis en colère. Bon sang, je viens de te dire que j’étais fatiguée ! »
Avantage Willows. Bon, ce n’est plus qu’une question de temps avant que le coup fatal ne soit porté.
Elle me regarde l’air de dire ‘mais bien sûr.’
« Va te faire voir Sara, » je soupire lourdement.
Jeu Willows. Service Willows. Il serait bon de prendre du recul et de redevenir adulte mais je ne peux pas me contrôler. « Non mais, tu as quel âge ? 15 ans ? » je lui dis avec dédain. Voilà, on vient d’atteindre le point de non retour. Peu importe ce qui arrive maintenant ce sera forcément pénible et moche. ‘Sara, la combattante’ est de sortie pour jouer, je peux le voir à ses yeux.
15/0
« Tu te souviens de ce qu’on fait pour vivre n’est ce pas ? » elle demande non sequitur.
15/A
« Quoi ?? »
15/30
« Pitié, de la fatigue ? »
15/40
« Oui Sara, je suis fatiguée, » je dis sèchement
30/40
« Cath, n’insulte pas mon intelligence, tu veux. »
Jeu Sidle. Service Sidle.
Elle détourne son regard pendant un court instant avant de me regarder à nouveau. « Je n’ai peut être pas ton habilité de lire les gens mais je ne suis pas stupide pour autant. »
15/0
« Qu’est ce que tu veux que je te dise bon sang ?! » je lui crie dessus.
15/A
« Dis moi que tu es énervée, dis moi pourquoi, dispute toi avec moi si ça peut te faire te sentir mieux, mais je t’interdis de me faire passer pour une ado obsédée dont la seule préoccupation est de se faire sautée ! » son ton est calme mais la façon dont elle parle est tout sauf posée.
30/15
Etre un investigateur vous donne un don pour déchiffrer les gens, de savoir quand il vous baratine, et de pouvoir dire quand il bluff. J’aurais dû savoir qu’elle ne me laisserait pas m’en sortir avec mon excuse minable. Elle veut savoir ce qui ne va pas, elle va être servie.
« Qui suis-je pour toi Sara ? »
30/A
Elle est surprise par ma question. Elle était perdue dans ses pensées mais maintenant elle me regarde avec une expression plein de peine et de colère.
« C’est quoi cette question ? »
30/40
« Contente toi de me répondre. »
Deuce
Elle me regarde à la recherche de je ne sais quoi dans mes yeux. Je pense qu’elle ne comprend pas ce que je lui demande, ce que j’attends.
« Tu es mon amante, » elle répond avec une petite voix.
Avantage Sidle
« C’est drôle, parce que tu vois, parfois j’ai des doutes. »
Deuce
« Tu es mon amante Cath, » elle répète avec force. « De quoi est ce que tu parles ? »
Avantage Sidle.
Je sais que j’ai touché une corde sensible avec cette remarque.
« De quoi est ce que je parle hein ? » je ris sans humour. « Catherine je te présente Travis Carter, mon meilleur ami. Travis, je te présente Catherine Willows, » je l’imite. «Je te présente Catherine Willows, personne en particulier, » je peux sentir les larmes me brûler les yeux, je regarde en l’air ne voulant pas les laisser couler.
Deuce
« La raison pour laquelle je n’est pas spécifié que tu étais mon amante est en partie parce que j’étais prise dans l’euphorie du moment et en partie parce qu’il le sait déjà, » elle répond la voix tremblante.
Avantage Sidle
Je la regarde mais elle évite mes yeux. Je m’en veux de mettre une telle expression de peine sur son visage mais elle m’a fait du mal tout à l’heure. Je ne suis pas en train de la faire se sentir coupable par esprit de revanche, je veux juste qu’elle se rende compte que parfois elle me fait du mal même si ce n’est pas son intention.
« Mets toi un peu à ma place, est ce que tu imagine ce que je peux ressentir… »
Deuce
« Je n’ai jamais eu l’intention de faire comme si je te cachait ou que j’avais honte de notre relation, » dit elle gentiment.
Avantage Sidle
« Ce n’est pas seulement à propos de ça Sara ! » je réponds frustrée.
Deuce
Autant tout déballer maintenant plutôt que d’attendre notre prochaine dispute. Elle me regarde avec confusion.
« Tu me rejette moi et mon contact depuis deux semaine. Tu es distante et mal à l’aise près de moi. Tu ne me parles pas, tu te contente de me rejeter…je ne sais plus où j’en suis, je ne sais pas qui je suis pour toi…tu ne peux pas faire ça, me rejeter et m’ignorer et ensuite revenir vers moi quand tu t’en sens l’envie et espérer que je sois d’accord avec ça. Et maintenant tu es tout affectueuse avec moi à cause de quelqu’un d’autre. Je suis désolé de te dire ça mais ça n’est pas bien, » je passe une main sur mon visage pour chasser mes larmes. « C’est ce que je veux dire quand je te demande de te mettre à ma place. »
Avantage Willows
Elle ose à peine me regarder, j’attend qu’elle dise quelque chose, n’importe quoi, mais elle se contente d’hausser les épaules. « Je suis désolée, » elle arrive à murmurer après un certain temps. Puis elle se tourne et commence à s’en aller. Pendant un moment je crois qu’elle va aller se réfugier dans notre chambre mais elle prend ses clefs sur le comptoir, et quitte la maison sans dire un mot de plus. Je commence à sangloter, j’ai le cœur brisé. D’un autre côté je m’en veux parce que je sais que j’ai fais Sara se sentir encore plus misérable que moi.
Jeu, set et match Willows.
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Elle ne revient pas. J’ai pris une douche pour me calmer et prendre du recule par rapport à notre dispute. Cela fais une heure que je fais les cent pas dans notre chambre. Pas d’appel, pas de signe de vie, rien. Je ne sais pas où elle est, je ne sais pas ce qu’elle pourrait faire, et je m’étouffe dans mon désespoir. J’ai besoin d’elle. J’ai peur et je veux qu’on soit ensemble. Et si c’était la fin ? Non, il ne faut pas que je pense comme ça !
On s’est disputée. Et alors ? Pas la peine d’en faire toute une histoire, tous les couples se disputent ! Oui, mais c’est de Sara dont il s’agit.
On s’aime, on s’en remettra. Je veux dire, elle ne romprait pas avec moi sans le dire, hein ?
Je lui en veux vraiment pour réagir de la sorte. Elle fait toujours ça. On se dispute et soudain elle est comme une ado, elle s’en va et s’enferme dans une pièce pour bouder. Non, j’exagère ce n’est pas aussi simple que ça mais en règle générale c’est ce qu’il se passe. Elle agit comme si elle était la seule d’entre nous à avoir des insécurités, elle arrive toujours à me faire me sentir coupable.
Je me fiche d’avoir des disputes, je veux juste qu’on règle ça ensemble. Il semble que pendant ces deux dernières semaines elle a essayé de régler les choses, mais toute seule et du coup elle m’a rejeté. Mais je ne peux pas faire ça, ce n’est pas comme ça que je fonctionne. Je ne suis pas un jouet, je ne suis pas un yo-yo et le jeu de ‘repousser pour reprendre’ n’est pas mon favori.
Mais ça n’a pas d’importance pour le moment. Je veux qu’elle revienne, je veux savoir que tout va bien entre nous. Je veux être sûre que ce qu’il y a entre nous est toujours là, intact.
Je sais que je lui ai fait du mal, mais je n’ai fait que dire la vérité. Bon d’accord j’aurais dû faire face au problème directement au lieu de tourner ça à la dispute. Oui, parce que c’est ce que j’ai fait, j’ai provoqué une dispute.
Il n’y a aucun doute que ma colère était justifiée, je veux dire qu’il y avait de solides raisons à l’appui, réelles et justes. Mais toutes ces raisons ont donné naissance à un sentiment puissant en moi, et comme je l’ai déjà dit je ne gère pas bien les émotions fortes ou du moins je ne connais pas d’autres moyens à part me battre, crier et être odieuse. Pourquoi ? Parce que je me sens vulnérable et je déteste me sentir vulnérable alors je me défends en me battant.
Je sais, je sais, il n’y a pas beaucoup de logique dans tout ça, mais je n’ai jamais prétendu être logique, non ? Et ne venez pas me demander d’être logique quand il s’agit de mon cœur et de mes sentiments ! Bref, je sais qu’il faut que je tâche de rectifier ce trait de ma personnalité. Il n’empêche que je ne suis pas la seule qui n’arrive pas à faire face à mes émotions.
Ce qui me ramène à Sara. Deux heures se sont écoulées depuis notre dispute et elle n’est toujours pas là. J’ai vraiment merdé sur ce coup là. Je suis sûre qu’elle a rompu avec moi. Pourquoi faut il que je sois comme ça ? Incapable de faire face à ce qui m’ennui ? Pourquoi est ce que j’ai toujours besoin de me battre ?
J’enfouis mon visage dans mes mains et commence à pleure. Je veux que Sara revienne, je n’ai pas envie que ce soit la fin entre nous.
xxxxx
Je me réveille au son de la douche. Sara est de retour ! Soit ça, soit Lindsey est à la maison alors qu’elle devrait être à l’école – ce qui voudrait dire qu’il y a une autre dispute dans l’air.
Je me lève et commence à faire les cents pas. Les questions assaillent mon esprit tout comme la panique. L’eau arrête de couler et il y a des mouvements dans la salle de bain. J’essai de calmer mon cœur mais c’est inutile. D’un autre côté je ne suis pas prête à lui faire face maintenant. Quelle ironie quand on pense que c’est la seule chose que je voulais pendant les…trois dernières heures. Elle est partie dieu sait où pendant trois heures !
Voilà ce que je vais faire. Je vais l’attendre dans la chambre, je vais attendre qu’elle vienne à moi, quand elle sera prête.
Alors j’attends. J’entends la porte de la salle de bains. Mon cœur est sur le point de détruire ma cage thoracique. Je peux sentir la présence de Sara derrière la porte mais elle ne l’ouvre pas, non au lieu de ça elle fait demi-tour. Je l’entends se diriger vers le salon. J’attends encore un peu mais je n’ai pas beaucoup de patience alors je la rejoins.
Elle assise sur le canapé avec ses coudes sur ses genoux et ses mains lui couvrent le visage. Je me mets face à elle et m’assois sur la table basse. Elle ne bouge pas. Je ne dis rien, en partie parce que je ne sais pas quoi dire et ensuite parce que j’ai peur de dire quelque chose qui la ferai s’enfuir à nouveau.
« J’ai si peur, » elle confesse dans un murmure sans me regarder.
C’est sa façon de se cacher de moi. Je me contente d’attendre, sans la brusquer. C’est à ce moment que je me rends comte que les articulations de sa main gauche sont couvertes d’une fine pellicule de sang.
Je prends une grande inspiration et prend sa main. Elle sursaute au contact mais me laisse faire. Elle regarde par terre comme honteuse d’elle-même. Je caresse ses articulation délicatement et elle ne trésaille même pas.
« Bébé, qu’est ce que tu t’es fait ? » je lui demande, bien que le souvenir d’elle en train de frapper un mur me revienne clairement en tête comme un mauvais film qui passe en boucle.
« J’ai frappé un arbre, » elle répond après un long moment toujours en regardant par terre.
Elle essaye de retirer sa main mais je résiste. Je tends mon autre main vers son visage et la pose sur sa joue, la forçant à me regarder. Son regard me brise le cœur.
« On va prendre soin de cette main ok, » je lui dis gentiment. Je pense que mon instinct protecteur a pris le dessus. « Ne bouges pas ok ? » j’attends qu’elle acquiesce de la tête avant de me rendre à la salle de bains pour prendre la trousse de soins.
Quand je reviens elle n’a pas bougé d’un centimètre. Elle regarde par terre et je me remets sur la table basse, je prends sa main et en prends soin.
« Pourquoi ? » je demande mais je n’ai pas besoin d’élaborer je sais qu’elle m’a comprise.
« J’en sais rien j’avais juste….j’avais besoin de frapper quelque chose très fort. » elle hausse les épaules.
Elle refuse toujours de me regarder et à la place se concentre sur sa main. Je finis de placer un bandage dessus mais je la garde dans la mienne, refusant de laisser aller.
« Je suis désolée, » elle commence. « Je ne veux pas te faire de mal, j’ai tellement peur de te faire du mal….mais c’est comme si plus j’essaie de ne pas te faire de mal et plus je te fais souffrir… »
Comme elle refuse de me regarde c’est comme si elle parlait à nos mains enlacées. Quelque part ça me frustre mais je lui donne du temps. Elle respire un bon coup et finalement relève la tête. Nos yeux se croisent pour la première fois. Son regard est dur à déchiffrer, entre la peine, la timidité et le sentiment d’être perdu.
« Je t’aime Cath, je t’aime vraiment. Je ne veux pas que tu en doutes car c’est l’une des rares choses dont je suis absolument sure dans ma vie. Je sais que parfois je suis dure à suivre mais… c’est juste que je n’ai pas l’habitude de tout ça, » elle s’arrête comme pour chercher ses mots.
« Quoi ? » je la sors de ses pensées. « Tu peux toue me dire, » je lui caresse la main.
« Ça, être avec quelqu’un…je veux dire…je ne suis pas douée pour les relations et…parfois je me sens déroutée….je ne fais pas exprès d’être comme ça…je suis désolée, je t’ai fait du mal… »elle détourne son regard.
« Moi aussi je suis désolée, » elle me regarde avec surprise. « Je déteste me battre avec toi et…moi aussi je ne suis pas douée pour les relations, mais je veux que ça marche entre nous et on s’en sort bien jusqu’ici, » je souris faiblement. « Je t’aime aussi. »
Pendant un court instant c’est comme si elle était surprise par ce simple fait. Je sais qu’il y a beaucoup de choses dont nous devons parler mais pour le moment je n’ai qu’une envie c’est de me coucher à ses côtés et de me reposer. Je me lève et la tire mais elle résiste.
« Viens, on va se coucher, on parlera plus tard. »
« Tu es sure que…tu me veux auprès de toi ? » elle me demande.
« Ne sois pas bête…pourquoi je ne le voudrais pas ? » je voulais prendre ça à la légère mais je peux voir qu’elle était sérieuse en posant sa question.
« Ben…on vient de se disputer…je pensais... »
« Bébé, » je l’interromps. Je m’agenouille devant elle et lui prend le visage pour la forcer à me regarder. « Bébé, juste parce qu’on se dispute ne veut pas dire que je ne veux plus être auprès de toi ou que je ne t’aime plus. Cela veut juste dire qu’on s’est disputées et qu’il y a certaines choses à mettre au point. Je t’aime et je te veux auprès de moi tout le temps, ok ? »
Elle hoche la tête mais ne bouge toujours pas. « J’arrive dans quelques minutes. »
Je la regarde et comprend qu’elle a besoins d’un peu d’espace, je ne dis rien et me dirige vers notre chambre.
xxxxx
Je me suis allonger il y a déjà cinq minutes et Sara n’est toujours pas venue me rejoindre. Je suis sur le point de me lever pour aller m’assurer que tout va bien quand la porte s’ouvre. Sara apparaît et pour la première fois c’est comme si elle était perdue, comme si elle ne savait pas quoi faire. Elle s’assoit sur le lit et après un long moment elle s’allonge. J’ai besoin de contact mais je ne veux pas la faire fuir alors je ne me précipite pas dans ses bras. Pour la première fois tout semble maladroit, le silence est plein de tension et personnellement je ne supporte pas trop cette atmosphère.
« Je… » Sara commence, laissant ses mots en suspens. Elle secoue sa tête et continue. « Je n’ai jamais eu de chiot… »
« Hein ? »
Toutes mes pensées s’arrêtent nettes. Ça ne figurait même pas sur la liste des dernières choses que je m’attendais à entendre, mais je comprends sa référence à notre dispute et son observation a l’effet désiré. Toute la tension entre nous s’évapore en un instant.
Je regarde Sara qui me regarde avec un air sérieux. « C’est vrai, je n’en ai jamais eu, alors… » dit elle. « J’avais une tortue cela dit, » ajoute-t-elle après réflexion. « Franklin. »
J’explose de rire. Je ris si fort que j’en oubli presque de respirer. Sara ne fait pas de blague, pas souvent, mais quand elle le fait elle arrive toujours à ses fins. Mes yeux sont humines tellement je ris. Sara se contente de me regarder avec un grand sourire. Après un long moment je regagne un semblant de calme.
« J’aime quand tu ris comme ça, » dit elle.
« J’aime quand tu me fais rire, » je lui réponds. Je change de position afin de l’embrasser, le baiser est léger mais ça fait du bien.
« Est-ce que je peux dormir dans tes bras ? » elle me demande timidement.
« Ce n’est pas une option.. »
On arrange notre position de sorte qu’elle ait sa tête sur mon épaule, un de ses bras sur mon estomac alors que mes bras l’entourent de manière très protectrice.
Je suis à la maison, enfin.
Chapitre 37 : Sara
Je suis en train de préparer quelque chose à manger pour Cath et moi, vu qu’on s’est disputée, on n’a pas pris le temps de prendre un petit déjeuner.
Ainsi donc, nous avons eu notre première dispute, notre première dispute de couple. J’aimerai dire que c’était aussi la dernière, mais bon il faut être réaliste.
Maintenant vous avez vu tout l’étendu de mon super pouvoir. N’est il pas super ? Je vais vous dire, je suis quelqu’un de généreux alors si l’un d’entre vous veut le partager avec moi, faites moi signes, parce que ça ne me dérange vraiment pas.
Après notre dispute je suis partie – maturité est mon second prénom – écoutez je ne savais pas quoi faire. La seule chose dont j’étais sure c’est que je pouvais sentir une crise montée alors je suis partie avant de péter un câble complètement. J’ai trouvé un arbre au milieu de nulle part et je me suis laissé aller.
Bref, je suis revenu et je me suis excusée, j’ai essayé d’expliquer à Catherine ce à quoi je pensais, ce n’était pas vraiment clair mais j’ai fait de mon mieux.
Alors voilà, maintenant j’essaie de me faire pardonner en prenant soin d’elle. On est assises à la table de la cuisine et Cath me fixe du regard.
« Quoi ? » je lui demande.
Elle ne répond pas et se contente de me prendre la main, elle entrelace nos doigts et regarde nos mains comme si elles étaient la 7ème merveille du monde.
« C’était un de mes fantasmes, tu sais, » dit elle. « De te tenir la main pendant le petit déjeuner. Tu te souviens du jour où tu as offert Frankenstein à Lindsey ? » j’acquiesce. « Je ne pouvais pas m’empêcher de vouloir prendre ta main dans la mienne. Je voulais t’embrasser. Je pensais que tu étais magnifique malgré ta fatigue. A cette période mes sentiments pour toi étaient insupportable, c’était déprimant de penser que tu ne retournerais jamais mes sentiments. »
Je sens mon cœur fondre avec amour. Je l’embrasse intensément car je n’arrive pas à trouver les mots pour exprimer ce que je ressens. Je repose mon front contre le sien et elle me caresse la joue, je peux voir une ombre de tristesse dans son regard.
« Ces deux dernières semaines ont été difficiles pour moi… » elle commence et je fléchis à ses mots.
« Je suis désolée…je suis désolée… » je lui dis honteuse.
« Je sais. Crois moi je le sais. Je suis désolée qu’on se soit disputées ce matin, » elle soupire. « Mon cœur, je ne te demande pas de me dire tout, tout de suite. Je peux attendre que tu sois prête. Tout ce que je veux c’est que tu me dises ce que tu désires. Je préfère t’entendre me dire que tu as besoin d’espace plutôt que d’être rejetée sans un mot. »
« Je suis désolée, » je lutte pour trouver autre chose à dire, quelque chose de mieux.
« Je sais, mais il faut que tu m’aide à te comprendre. Je veux savoir ce qu’il se passe dans ta tête. Je suis là pour toi en permanence et ça ne peut pas marcher entre nous si tu ne communiques pas avec moi. Il faut que tu me fasses confiance. »
« Je te fais confiance ! » je lui réponds. « C’est vrai…c’est juste…c’est difficile pour moi de m’exprimer…je n’ai pas l’habitude de parler… »
Ça et le fait que ce que j’ai à dire n’est pas bon à entendre. J’aimerai être quelqu’un au verbe facile, mais la dernière fois que je me suis vraiment confier ça ne s’est pas passé pour le mieux et depuis j’ai décidé de tout garder pour moi. Je ne veux pas perdre Catherine, et c’est malheureusement ce qu’il se passera si elle découvre qui je suis vraiment.
« Je m’en rends bien compte et je suis patiente. Tout ce que je demande c’est que tu ne te refermes pas sur toi-même quand quelque chose te dérange. »
Je ricane doucement quand je prends conscience de quelque chose. Elle est confuse pour ne dire que ça. « Quelle ironie… tu n’as pas un goût de déjà vu ? Sauf que nos rôles sont inversés, » j’explique.
Elle sourit après une courte pause.
« Je ne vais pas te mentir, ça prendra du temps, mais je te promets que j’essaierai de te parler dans le futur, » je lui dis doucement.
Ce n’est pas un mensonge. Si j’arrive à garder mes sales petits secrets pour moi et à surmonter mes démons alors tout ira bien.
« C’est tout ce que je demande, » me répond-t-elle avant de m’embrasser tendrement.
Je sais bien que tout n’est pas encore réglé mais c’est bon de savoir que tout va mieux entre nous. Par le passé je me serais déjà enfuis loin de tout, j’aurais tourner la page et je serais passée à autre chose. Mais cette fois c’est différent, je sais que je ne peux pas me contenter de faire ça et entre nous je n’en ai pas envie.
« Parle moi de lui, » Cath me demande non sequitur.
« De qui ? »
« Travis. »
Je vois bien qu’elle n’est pas à l’aise pour parler de lui mais en même temps sa curiosité a pris le dessus.
Il y a trois personnes très importantes dans ma vie, trois personnes qui m’ont donné tellement que je ne cesserais jamais d’être reconnaissante envers eux. Trois personnes qui me connaissent vraiment et qui ont changé ma vie. Premièrement il y a un de mes frères, Devon, en dépit de tout ce qu’il a pu nous arriver on est très proches, Keenan et Travis mes anges gardiens, ils sont venus dans ma vie à des moments différents et sans eux je ne serais pas ici, en vie.
« Eh bien…c’est mon meilleur ami, » je commence.
« Je me souviens de cette partie, » elle me taquine.
« J’étais sérieuse quand j’ai dit qu’il était au courant pour nous et qu’il sait qui tu es pour moi, » je lui dis ressentant le besoin de clarifier les choses. « Tu sais, lui et moi parlons beaucoup et régulièrement. Il sait que je suis amoureuse de toi depuis un peu plus d’un an et je peux t’assurer que depuis qu’on est ensemble il n’a pas arrêté d’entendre parler de toi. »
Elle semble soulager de l’entendre et aussi un peu amusée.
« Parle moi de lui dans ce cas. »
Je lui prends la main et l’embrasse tendrement avant de parler. Je prends une grande inspiration, je ne sais pas si elle le réalise mais à part mon frère, elle est la première et sera probablement la seule à entendre ce que je m’apprête à dire.
« Il est mon premier tout, » je marque une pause. C’est étrange car je n’ai jamais dit ces choses à voix haute. « Il est la première personne qui m’ait traité avec respect, la première personne qui ne m’ait pas regardé comme si j’étais une bête curieuse. Il est le premier à m’avoir traité comme son égale. Il est la première personne en qui j’ai eu complètement confiance – qui soit autres que mes frères cela va sans dire. Il est la première personne qui m’ait faite confiance. Il est mon premier véritable ami. Il est le premier qui ne m’ait pas laissé tomber, » je prend une grande inspiration. « Il est mon premier petit ami, mon premier amour… » je marque une pause à mesure que je sens la chaleur me monter au visage. « Il est… mon premier…amant. »
Je sais bien que je n’ai presque rien dit et pourtant je me sens déjà vidée. C’est dur de révéler autant sur moi en une seule fois. Et plus encore, c’est dur pour moi de parler de Travis. C’est l’une des choses les plus précieuse dans mon jardin secret, et je n’aime pas la partager.
« Wow, » Cath réponds avec émerveillement.
« J’aimerai que tu fasses plus amplement sa connaissance, » je lui annonce en changeant de sujet. « Alors je pensais que tu pourrais venir avec nous pour prendre le petit déjeuner demain après notre service. »
« Tu es sûre ? Je veux dire, tu as peut être envie de passer un peu de temps avec lui en exclusivité. »
« Ne t’en fais pas, lui et moi auront du temps pour ça plus tard, j’aimerai vraiment que tu viennes demain, » lui dis je avec un sourire timide.
« Ça semble te tenir à cœur. »
« C’est le cas.. ; » je me sens un peu incertaine pendant un instant. Je veux qu’elle réalise que c’est le mieux qu’elle aura en terme de réunion de famille, en tout cas de mon côté. « Alors…qu’est ce que t’en dis? »
« J’en serais ravie. »
« Cool » je réponds avant de l’embrasser à nouveau.
xxxxx
Catherine et moi venons juste de finir notre service et maintenant on s’apprête à rencontrer Travis. Je me sens toute excitée comme d’habitude, comme s’il y avait de l’électricité qui me parcourait tout le corps, j’ai la tête dans les nuages et j’ai l’impression de planer.
Je me gare devant le restaurant et coupe le contact.
« Je sais que c’est stupide mais…je me sens nerveuse, » Catherine confesse.
« Cath ? » j’attend qu’elle me regarde avant de continuer. « Il ne mange pas les gens...enfin en tout cas plus maintenant…mais tout ira bien, » apparemment ma blague n’a pas eu l’effet escompté vu qu’elle me regarde avec panique comme un lapin pris dans les phares d’une voiture. « Hey, je plaisante…d’accord c’était une mauvaise blague, mais c’était quand même une blague. »
Elle hoche la tête et je l’embrasse tendrement. « Tout va bien. Et si tu es vraiment nerveuse prends ma main, tout ira bien, » j’essaie de la rassurer et une fois encore elle hoche la tête.
On sort de la voiture et nous dirigeons vers l’entrée. Elle me tient la main très fort et je décide de la rassurer encore un peu, je lui murmure que je l’aime dans le creux de l’oreille et cela semble la calmer tout de suite.
Travis nous attend à une table et se lève dès qu’il nous aperçoit. Il m’enlace et m’embrasse la joue. « Hey Sunshine. »
« Hey. »
Il se tourne vers Catherine et lui tend la main. « Catherine. »
Il reste debout jusqu’à ce que nous prenions place, et une fois que nous sommes assises il en fait de même, un vrai gentleman.
« Tu as déjà commandé ? » je lui demande.
« Non, vu que je ne savais pas ce que Catherine prendrait, j’ai préféré vous attendre. »
« Donc tu affirme savoir ce que je vais prendre, » je le regarde intensément.
Il regarde sa montre puis me regarde à nouveau. « 30 secondes et tu m’insulte déjà, » il marque une pause. « Tu deviens paresseuse sur ton timing cela dit. »
Je continue de le regarder avant de me tourner vers Catherine qui apparemment apprécie nos enfantillages.
« Notre tradition est de commander la même chose que nous avons eu lors de notre dernier repas ensemble – en l’occurrence il s’agissait d’un petit déjeuner, de cette manière on peut reprendre les choses là où on les avait laissées… » je lui explique.
« …ce qui symbolise une certaine continuité, » elle finit pour moi. « Logique. »
Je peux sentir qu’elle n’est plus nerveuse à mesure que sa confiance refait surface. J’adore quand nos esprits ne font qu’un, quand on est en parfaite osmose, un peu comme au boulot. Je suis dingue de cette femme.
Le serveur arrive à notre table pour prendre commande, Catherine commence puis c’est au tour de Travis et moi.
« La jeune femme prendra des œufs brouillés avec une tomate coupée en tranches, des pancakes au chocolat, une salade de fruit et un grand verre de jus d’orange, » Travis annonce, sans me quitter des yeux.
« Et le jeune homme prendra des œufs brouillés, des toast, une part de tarte à la fraise et un café, noir. » je dis sans hésitation.
Alors que le serveur s’en va, Travis se tourne vers Catherine. « Je suis heureux de pouvoir enfin mettre un visage sur ton nom. Et je dois dire… » il me regarde avec accusation « …honte à toi Sunshine car tu ne lui a pas rendu justice, » me dit il sérieusement.
« Hey, j’ai fait de mon mieux. »
Ses yeux s’attardent discrètement sur ma main et je sais exactement ce qu’il est en train de penser mais je n’ai pas envie qu’on aborde ce sujet maintenant.
« Travis, » je l’avertis, ma voix est cassante et ne laisse pas de place pour un quelconque argument.
« Sunshine, » il répond d’un air doucereux avant de soupirer. Il retourne son attention sur Catherine. « Alors… dis moi comment vous vous êtes rencontrées ? »
« Je pense que tu connais déjà la réponse, » Catherine rétorque avec amusement.
« En partie oui, seulement je ne connaît que sa version des faits, j’aimerai entendre la tienne si ça ne te dérange pas. »
« Eh bien… » elle me regarde, me demandant silencieusement si je suis d’accord avec ça et je me contente d’acquiescer.
Elle prend une grande inspiration et commence à lui parler d’Holly Gibbs et de notre première rencontre, ensuite elle explique qu’elle était plutôt froide avec moi à cause de Warrick et ensuite parce que j’étais une intruse dans son équipe.
En l’écoutant je me rends compte une fois encore à quel point ça n’a pas été facile d’être là où on est aujourd’hui, je suis contente qu’on y soit arrivé cela dit.
Le serveur revient avec nos repas. Travis scrute mes plats avec grande attention. Je peux dire le moment précis où il réalise qu’il a oublié quelque chose.
« Et mince ! » il dit avec défaite avant de laisser sa tête retomber sur la table avec un bruit sourd.
« Si proche et pourtant si loin, » je constate. Je fais une petite danse de la joie. « Et Sidle marque un point phénoménal laissant Carter loin derrière en train de mordre la poussière. Mesdames et messieurs le score est de 1-0 jusqu’ici, » je dis avant de rire.
Travis rappelle le serveur. « Est qu’on pourrait avoir un grand verre de lait froid s’il vous plait. »
Catherine me regarde comme si j’étais une extra-terrestre. « Les gens pensent que je suis une junky de caféine, pour être honnête, c’est le lait ma came, mais ne dis rien à personne…j’ai une réputation à protéger après tout. »
Cath éclate de rire. J’adore ce son, elle est tellement belle quand elle sourit. Une fois qu’elle reprend son calme je ne résiste pas à l’envie de l’embrasser. Elle est un peu surprise mais n’en sourit pas moins pour autant.
« Qu’est ce que tu faisais avant d’être une CSI ? »Travis demande à Catherine en goûtant à son repas.
Catherine se tend un peu mais ne laisse rien paraître. Elle se redresse et prend une grande inspiration avant de répondre. « J’étais danseuse exotique, » elle dit fermement.
Travis ne dit rien, il ne montre aucune surprise ou choc, il se contente de la regarder. Je sais qu’il ne la juge pas, il n’est pas du genre à juger qui que ce soit, c’est une des choses que j’aime chez lui.
« Qu’est ce qu’il s’est passé après ça ? »
« J’avais un ami qui était dans la police et qui venait me voir régulièrement pour me demander mon opinion sur les affaires qu’il traitait. Je dois dire que j’adorais ça. Ensuite je suis tombée enceinte et je me suis dit que danser n’était pas une garantie ni pour mon future ou celui de mon bébé, alors je suis retourné à l’école. »
« Pourquoi choisir de devenir une CSI ? » Travis continue son interrogation.
« J’aime les puzzles, » Cath répond sans la moindre hésitation avec un sourire.
Travis pense à sa réponse pendant un instant avant de ricaner doucement « Excellente réponse. »
J’admire l’habilité que Catherine à de parler d’elle aussi facilement, de parler de son passé sans se soucier de ce que les gens pourraient penser. Non pas que j’ai honte de ce qu’elle faisait avant, comme elle l’a dit elle-même un jour, c’est un travail comme un autre. Et c’est vrai, après tout qui suis-je pour la juger surtout vu notre job actuel.
Je ne suis pas dérangé par son ancien job, bien que nous n’en ayons jamais parlé auparavant. Pour être honnête la seule chose qui me mette mal à l’aise dans tout ça c’est la pensée qu’elle ait été le fantasme d’autre personnes.
On continue à manger en silence pendant un moment.
« Bon, dites moi comment vous vous êtes rencontrés, » Catherine demande à personne en particulier.
« Harvard, » on répond en cœur.
« Hum… » Catherine réfléchit avant de choisir l’un d’entre nous. « …Travis »
« On s’est rencontré à Harvard et la toute première fois qu’on a reconnu l’existence de l’autre c’était pendant un cours de physique, » il marque une pause. « Je viens d’une famille où l’excellence n’est pas une option et vu que j’étais en conflit avec mes parents, mon grand projet était de me faire expulser de notre prestigieuse école. Et puis Sunshine est entrée en scène. Notre enseignant Mr. Thomas, était en train d’exposer les lois de Newton et de nulle part elle à commencer à l’entraîner dans un débat très compliqué et animé. Il fallait les voir ces deux là complètement perdus dans leur monde, chacun se battant pour son opinion. A ma grande surprise elle avait des opinions bien trempées sur tout, sans la moindre exception. C’était énervant, irritant et en même temps stimulant. Donc j’ai changé mon projet et me suis mis en tête d’être plus malin qu’elle ne l’était. »
« Hey, j’étais à Harvard et j’avais envie d’apprendre. »
Mes études ont été ma seule issue de secours quant à l’ignominie qu’était ma vie à cette période. C’était aussi la seule chose stable que j’avais, donc je m’y suis accrochée avec ténacité. En dehors de mes études je n’avais rien en tout cas pas à ce moment là.
« Enfin bref, c’est ainsi qu’on à commencer notre passé commun. On a commencé à débattre dans chacune de nos classes. Et puis au fil du temps c’est devenu un rituel, le grand DST… »
« Débat Sara contre Travis, » j’élabore.
« C’était peut être les cinq minutes les plus attendues. Nos classes adoraient ce moment et parfois même nos camarades prenaient la parole. Et nos enseignants ? Ils adoraient compter les points. »
Je ris doucement au souvenir.
« C’étaient des joutes verbales assez passionnées. Tout ce pour quoi elle était en faveur j’étais contre et vice versa. Et même en dehors de nos classes on continuait à débattre. »
On continue à parler tout en mangeant, puis Catherine s’excuse pour se rendre aux toilettes. Travis concentre toute son attention sur moi avec une expression très sobre. On communique silencieusement avec nos yeux. J’attends son impression sur Cath, non pas que ça changerait quoique ce soit mais son opinion a une grande importance pour moi. Il m’étudie pendant un long moment – évaluant la profondeur de mon engagement avec Catherine, la profondeur de mes sentiments. Il est le seul, hormis mon frère à pouvoir me lire comme un livre ouvert. Aucun mots ne sont échangés, le silence est un langage que nous avons parfaits depuis bien longtemps, c’est peut être une des rares choses qu’il nous reste de notre relation amoureuse.
Il penche sa tête légèrement sur la droite, comme pour me poser une question et je me contente de sourire à pleines dents en réponse. Puis son expression devient plus douce et je vois la lumière revenir dans ses yeux comme il me sourit gentiment.
Cath revient et aucun mot n’a été échangé en son absence. Elle nous étudie tous les deux pendant un moment puis on reprend notre conversation.
Travis fixe Cath du regard pendant un moment et je me demande pourquoi, jusqu’à ce que je voie l’expression de Cath, l’expression de quelqu’un qui a une question en tête.
« Pose la, » Travis lui dit.
« Pardon ? » Catherine joue la carte de l’innocence.
« La question qui semble te brûler les lèvres, pose la. »
« En fait, je me posais des questions quant à la manière dont vous vous étiez accueillis hier. »
Travis et moi ricanons ensemble.
« Et bien, un jour l’improbable s’est produit durant pendant notre cours de littérature: on est tombé d’accord sur quelque chose, » dit il avec un sourire.
« Qui était ? » Catherine demande curieuse.
« C’était sur la passion dans la fameuse scène du balcon de ‘Roméo et Juliette’ et la possibilité de retranscrire cette scène dans le présent, » je réponds.
« Et on était d’accord sur le fait qu’il était impossible de transcrire quelque chose qui n’était pas là à l’origine. Parce que pour nous il était évident qu’il ne s’agissait pas de passion amis de désespoir ou à la limite d’une crise d’adolescence un plus mature que la moyenne, » Travis élabore. « Mai cette fois notre enseignante… »
« Mme Doherty n’a pas laissé passer ça. Accuser Shakespeare – le grand maître en personne – de ne pas être passionné était un pêché cardinal, » je remplis les blancs.
« Qu’est ce qu’il s’est passé ensuite? » Cath demande complètement passionnée par notre récit.
« Elle nous a mis au défi de faire mieux puisque nous semblions tout savoir sur la passion, » Travis continue.
« Alors elle nous a donné une semaine pour jouer la scène, comme ça on pourrait voir à quel point la passion irradiait de cette scène, » je finis.
« Le jour fatidique est arrivé et on a joué la scène. Mais ni l’un ni l’autre n’étions ‘transportés’ par l’exercice et ça se ressentait. Une fois encore Mme Doherty nous a passé un savon. »
C’était peut être la pire des interprétation que le monde du théâtre ait jamais connu. Et je pense que même en disant cela c’est un euphémisme. Croyez moi ils nous ont filmés et lorsqu’on a regarder la vidéo même moi j’avais honte de notre performance.
« Elle a dit, et je cite, que nous étions ‘deux cœurs froid dotés de cerveaux bouillant, qui étaient incapable d’inspirer une once de passion à quiconque et qu’en fait même des poissons morts étaient plus expressifs et passionnés que nous n’étions et ne serions jamais’. Conclusion le manque de passion n’était pas dû à la pièce mais à nous, » j’explique.
« Ouch, » Cath répond cependant très amusée.
« Oh mais ce qu’elle ignorait c’est que son petit speech venait de déclencher une tornade de passion, » Travis continue avant de s’arrêter.
« Allez, quoi, me laisser pas me languir, la suite ! »
« Eh bien j’ai recommencé la scène du début, mais cette fois ce n’était plus les mots de ce bon vieux Will, c’était les miens. Et c’est là qu’une improvisation enflammée a pris place. Je n’aurais pas pu me souvenir de ce que j’avais dit même si ma vie en dépendait. Mais ils nous ont filmés et nous ont fait regarder la cassette et c’est là que j’ai entendu notre échange pour la première fois. Quand on jouait tout était flou mais fantastique. C’est comme si j’avais la fièvre, et cette fièvre me donnait mes répliques sans que j’ai besoin d’y penser, comme si j’étais quelqu’un d’autre, » Travis lui répond en me regardant dans les yeux.
« Ça m’a pris quelques secondes mais je me suis ajustée avec lui et une fois qu’on était sur la même longueur d’ondes les mots sont venus facilement. Je ne sais pas si c’était notre fierté ou notre besoin d’avoir le dernier mot qui nous a fait refaire cette scène. Mais c’est comme si on était en feu, possédé par une fièvre. Le genre de fièvre qui te donne la force de bouger des montagnes. Je planais avec la sensation de tomber en chute libre. Je n’avais jamais joué auparavant et je n’arrive toujours pas à croire que c’était moi sur scène, » je dis perdue dans mes souvenirs.
« Bref, il se trouve que c’est avec ces mots qu’on a recommencé la scène ‘Enfin, je suis au Paradis’… » Travis commence et pour la première fois j’entends sa voix comme il y a quelques années.
« Au Paradis ? Jeune homme, vous devez vous méprendre… » je lui réponds en le regardant droit dans les yeux comme si nous étions seuls au monde.
« Aucun doute, je suis au Paradis car je peux te voir, mon amour, mon Eden… »
On rit doucement avant de rompre le charme.
« Comment était la scène ? Comment ça s’est passé ? » Cath nous remet sur la voie.
Je sais où cette conversation va finir et s’il est vrai que la plupart des souvenirs deviennent bons avec le temps, celui-ci fait exception en tout cas sur la fin. Travis le sait, je le sais et nous n’avons pas besoin de nous regarder ou d’y penser avant d’essayer d’éviter l’obstacle.
« Eh bien ils n’ont pas apprécier… ils ont adoré, c’était de la folie, » Travis répond.
« Et Mme Doherty était bouche bée, » j’ajoute.
« Et la scène ? Comment elle s’est finie ? »
J’aurais dû me douter qu’elle remarquerait le fait qu’on évitait cette partie de l’histoire. Nos sourires – à Travis et moi, s’estompent et il me regarde brièvement avant de détourner les yeux.
« Ben… » il commence mais s’arrête.
C’est assez simple. Là j’ai une porte de sortie – je peux dire que je ne m’en souviens pas – mais le regarde de Catherine m’empêche de considérer cette option. En plus ce serait un mensonge et je ne vais pas mentir à Catherine.
« Je l’ai frappé, » j’annonce d’un ton plat.
Catherine ricane légèrement et fronce les sourcils « Pourquoi ? »
Parce qu’il ma embrassé. Parce que j’ai laissé mes instincts prendre le dessus sur ma raison. Parce qu’il m’a touché sans ma permission. Une fois que j’ai été libéré de la domination de mon père – appelons un chat, un chat, une fois que j’ai eu le choix, je me suis jurée qu’advienne l’enfer ou l’apocalypse, personne, PERSONNE, ne me toucherai sans y être invité ou sans avoir au moins ma confiance pour le faire. Bien entendu avec le temps je me suis détendu en présence des gens, mais à cette période j’étais très impulsive. Je l’ai frappé si fort que je lui ai fendu la lèvre et fait un gros bleu.
Ce petit ‘incident’ a faillit tuer notre relation au berceau. Il aura fallu du temps avant qu’on ne surmonte ça. Pour la première fois et – heureusement la seule fois, Travis m’a déçue, et vu qu’il n’avait pas ma confiance à ce moment – parce qu’on n’était pas encore amis, disons qu’il a dû faire de gros efforts pour gagner ma confiance. Et bien qu’on soit très proche, cette partie de notre histoire a toujours été un mauvais souvenir et elle le restera toujours.
« Ma dernière réplique était déplacée, » Travis dit avec sérieux. « Enfin bon, depuis c’est comme ça qu’on se salut. »
Le téléphone de Cath se met à vibrer. « Désolée, je dois répondre, » elle se lève et sort du restaurant pour aller répondre. « Willows. »
Travis et moi nous regardons et soudain on réalise quelque chose.
« Combien de chances qu’elle ne demande pas de voir la cassette ? » me demande-t-il.
« On dira qu’une boule de neige a plus de chance de survivre en enfer, » je lui réponds. « Ne t’en fais pas, tout va bien. »
On n’ose plus de regarder, la vérité est qu’on a besoin de nous distancer de notre souvenir.
Après une minute ou deux je le regarde mais il n’ose toujours pas me faire face. Je pose ma main sur la sienne. « Tout va bien. »
Il prend ma main dans les siennes et me sourit timidement. « Tout va bien, » il me fait écho.
Catherine revient, nous terminons notre repas avant de se préparer à rentrer.
Chapitre 38 : Catherine
Travis Carter. Et ben au moins j’ai eu une chance de faire plus ample connaissance avec lui, et j’ai surmonté mon désir de le réduire en miette. Il n’empêche qu’il est toujours sur ma liste noire.
C’est un type sympa, vraiment. Il est drôle, intelligent, il a l’esprit affûté, il ressemble à Sara sur beaucoup de points, il est comme son alter ego.
En tout cas le moins qu’on puisse dire c’est que j’ai beaucoup appris sur Sara grâce à lui. Comme par exemple qu’elle est doctoresse en Physique ou encore qu’elle joue du piano et quelques autres petits détails. C’est un type bien et je comprends pourquoi c’est son meilleur ami.
Mais je le vois pour ce qu’il est, c'est-à-dire : une menace. J’ai bien vu comment il regardait Sara. Je sais ce qu’il représente pour elle et si je n’ai aucun doute quant à la fidélité de Sara, je n’ai pas confiance en lui. Il y a eu des moments où je me sentais comme une intruse dans leur petit monde. Et même s’ils ne sont plus amants il y a certains points sur lesquels ils agissent comme tels.
Et pour être totalement honnête je suis jalouse de lui. Je suis jalouse de ce qu’ils ont. Il n’y a pas de doute il en sait plus sur Sara que moi mais il y a aussi cette étrange connexion entre eux. Par exemple ils peuvent se parler sans même échanger un mot.
Et puis c’est tout de même son premier amour…et on sait tous que le premier amour est puissant et que peu importe ce qui vient après cet amour aura toujours une place très spéciale que rien ne pourra remplacer. Il suffit de me regarder avec Eddie. Il est le premier que j’aie vraiment aimé. Et en dépit de tout ce qu’il m’a fait subir, je l’aimais toujours, ou du moins une part de moi l’aimait toujours. Et connaissant Sara et vu la manière dont elle parle de Travis, je sais qu’il a toujours une place très spéciale dans son cœur.
Alors oui, il est une menace. Et si vous ajoutez à ça le fait qu’il est plus jeune que moi, qu’il a une connaissance plus large que la mienne, qu’il est vraiment beau garçon, qu’il a un passé avec Sara, et bien vous obtenez un cocktail de toutes mes peurs les plus profondes. Pour le moment il n’est qu’une menace potentielle parce que Sara est avec moi et que tout va bien.
Bref, le petit déjeuner était intéressant. J’ai appris à connaître Sara un peu mieux, mais la conversation a tourné autour de moi car tout comme Sara, Travis est doué pour ne pas parler de lui-même.
En tout cas, une chose est sûre, je vais garder un œil sur Mr. Carter et lui faire comprendre que Sara est prise.
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Quelle nuit. Je suis épuisée, mais le bon côté des choses est que Sara et moi sommes de congés ce soir. Je ne l’ai pas beaucoup vu ces derniers temps. Le boulot a été plutôt rude et ensuite il y a eu – il y a toujours, Travis. Sara a essayé de passé autant de temps que possible avec lui. Je lui ai dit que ça ne me dérangeait pas mais ce n’était pas totalement vrai. J’ai essayé d’être mature et adulte à propos de ça et jusqu’ici je doit dire que je suis plutôt fière de moi jusqu’ici.
J’arrive à la maison et trouve un petit déjeuner qui m’attend dans la cuisine et mon amante en train de cuisiner, cette femme est un cadeau du ciel. Elle vient vers moi instantanément dès qu’elle me voit. Elle prend mon manteau et m’embrasse avant de me faire m’assoir à la table de la cuisine. Elle place une assiette devant moi et me sert un mug de chocolat chaud et un grand verre de jus d’orange. Avant que je ne commence à manger elle me masse les épaules. Je suis au paradis…
J’arrête le mouvement de ses mains et je la fais se pencher vers moi pour que je puisse l’embrasser. Elle me sourit avant de s’assoir près de moi.
« Comment était le boulot ? » elle me demande.
« Fatigant, » je réponds avec un soupir. « Je suis contente que ce soit terminé et j’ai hâte de profité de notre nuit de congé, » je goûte mon plat et gémis de plaisir « Hmmm…chérie, c’est délicieux. »
« Hum...à propos de ce soir… » elle commence.
Je commence à avoir un goût amer dans la bouche, son ton me fait savoir que je ne vais pas apprécier ce qu’il va venir. « Oui ? »
« Eh bien…je me demandais si tu avais quelque chose de spécial en tête… »
« Pourquoi ? » j’essaye de rester calme mais je bouillonne à l’intérieur.
« Juste comme ça ? » elle hausse les épaules.
« Sara ? »
« Oui ? »
« Est-ce que tu as prévu quelque chose ce soir ? » je lui demande légèrement énervée.
« Ben…pas…vraiment, » elle répond, pas très convaincue.
« Sara, arrête de tourner autour du pot et dit moi quel est le problème, » je lui demande frustrée.
« Il n’y a aucun problème, j’ai justes quelques petites choses à faire et je ne sais pas combien de temps ça me prendra alors… je voulais juste savoir si tu avais prévu quelque chose de spécial et si c’est la cas à quelle heure je dois être de retour, c’est tout. »
« Pour être honnête j’espérai passer la journée avec toi et ensuite sortie ce soir pour dîner en tête à tête, mais maintenant tout ce que je veux c’est rester à la maison sans toi, » je dis sèchement. « Alors fais ce que tu veux c’est pas comme si ça m’intéressait, » je renifle avec dédain. « J’arrive pas y croire. Et en plus t’essaye de m’acheter avec un petit déjeuner par-dessus le marché ! »
« Cath, je voulais juste savoir à quelle heure je dois être de retour, » elle dit calmement.
Je pousse mon assiette sur les côtés avec dégoût. « Ça n’a aucune importance Sara. »
« On peut sortir si tu le veux, j’ai juste besoin de savoir à quelle heure tu veux le faire, c’est tout. »
« Si je le veux ? A t’entendre je te force à sortir ! »
« Pour être sincère je voulais juste rester ici avec toi ce soir et ne rien faire de spécial, mais si tu veux qu’on sorte fais le moi savoir que je puisse ajuster mon programme, c’est tout ce que je demande. »
« Peu importe. Je te l’ai dit je m’en fiche maintenant, alors fais ce que tu veux, » je soupire. « Je vais me coucher. »
Je quitte la cuisine plus énervée et fatiguée que je ne l’était déjà. Elle n’est pas croyable !
Je l’ai suppliée de prendre son jour de congé et de me faire sortir aujourd’hui et pas un autre pour une raison précise, pensant qu’entre temps elle connecterait tous les points ensemble, mais apparemment ce n’est pas le cas. Aujourd’hui ça fait exactement trois mois qu’on est ensembles, et si ce n’est pas extraordinaire en soi je voulais juste passer une bonne journée avec mon amante, l’avoir pour moi seule. Pour la première fois depuis des années, ça fait trois mois que je suis engagée dans une vrai relation avec quelqu’un à qui je tiens vraiment. J’aimerai tellement qu’elle se rende compte à quel point c’est important pour moi. Je voulais juste passer une journée exclusivement avec elle. Est-ce que c’est trop demandé ? Non, c’est ce que je me disais.
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Alors après une longue douche j’ai dormi un peu. Et maintenant c’est la quatrième heure que je passe à bouder dans notre chambre. Sara est partie et je suis seule comme une idiote. Cette journée est de mieux en mieux…
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Je suis allée chez ma sœur pour passer un peu de temps avec Lindsey. J’avais tout prévu pour que Lindsey reste là ce soir mais vu le fiasco avec Sara je reconsidère mes options.
Mais ma fille faisait à peine attention a moi et ma sœur m’a pratiquement jeter hors de chez elle. Non, je ne me sens pas rejetée du tout.
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Alors me voilà de retour à la maison qui pour le moment est le royaume de l’ennui.
J’ai appelé Sara qui a dit qu’elle devrait être là d’ici 30 minutes alors je l’attends patiemment.
Je me réveille en sursaut et à ma grande surprise je suis dans notre chambre. Qu’est ce que… ? La porte s’ouvre et Sara entre.
« Hey ma belle, » elle dit avant de s’asseoir sur le bord du lit.
« Hey, » je lui souris mais je lui en veux toujours.
« Je t’ai trouvé endormie sur le canapé alors je t’ai mise au lit, » elle explique en me caressant délicatement la joue. « Je…j’ai été égoïste ce matin et j’en suis désolée, » dit elle. « Qu’est ce que tu dirais si je te coulais un bon bain relaxant et ensuite que toi et moi passions la soirée ensemble, comme deux tourtereaux ? »
Elle me jette ce regard auquel je ne pourrais pas résister même si ma vie en dépendait. « Ça me ferait très plaisir, » je réponds après un moment.
Elle va dans la salle de bain et fait couler l’eau avant de revenir à moi.
« Tu faisais beaucoup de bruit tout à l’heure, » je lui dis, attendant des explications.
« Oh ça…j’essayais seulement de nettoyer le salon, » elle me répond d’un air suspect. « Je vais fermer la porte pendant que tu es dans ton bain comme ça tu pourras te relaxer, » dit elle avant de m’embrasser et de sortir de notre chambre.
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Ce bain est en effet très relaxant. Je peux entendre Sara faire un peu de bruit ici et là mais à part ça je nage dans le bonheur.
Je suis contente qu’elle soit de retour à la maison et je suis contente du fait qu’on va passer la soirée ici. Je sais que ce matin j’étais frustrée par le fait qu’elle n’ait pas réalisé quel jour on était, et à propos du fait qu’on ne passerait pas la journée ensemble mais elle est là maintenant et c’est tout ce qui compte pour moi à l’heure actuelle. Et puis je pense que ma petite crise de ce matin était en parti dû à ma fatigue.
Je penses qu’il est temps pour moi de sortir du bain parce qu’il commence à être froid. Je sors et commence à me sécher. Je suis sur le point d’enfiler mon haut quand j’entends un grand bruit et la lumière s’éteint. Qu’est ce que… ?
« Chérie ? » j’appelle Sara.
Je n’obtiens pas de réponse alors j’ouvre la porte de la salle de bain et l’appelle à nouveau. « Chérie, qu’est ce qu’il se passe ? »
Soudain elle apparaît devant moi avec une lampe de poche, ça me fait sursauter et je pousse un léger cri. « Bon sang, tu m’as fait un de ses peurs ! » je lui dis.
« Oh…désolé... » elle répond timidement.
« Qu’est qu’il s’est passé ? »
« Je pense que je viens de faire sauter les plombs, » elle m’informe comme si c’était la chose la plus cool qu’elle n’est jamais faite.
« Comment est ce que t’as fait ça ? »
« Aucune idée…mais c’est moi, » elle glousse.
« Mon cœur, est ce que tu plane ? »
« Non, » elle répond toujours en gloussant. « J’ai allumé des bougies dans la chambre et il y a une maglite sur le lit tu peux attendre là en attendant, » elle dit sue un ton léger. Elle me donne un rapide baiser et disparaît dans le salon à nouveau.
Elle agit vraiment bizarrement, c’est comme si elle s’était shootée à la caféine ou un truc dans le genre. Enfin bon, je vais dans notre chambre qui est éclairée par une lumière tamisée. Je dois dire que c’est romantique en dépit de la situation. Je m’assois sur le lit et attends sagement.
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Bon, j’en ai assez, ça fait cinq bonnes minutes que j’attends et le courant n’est toujours pas revenu. J’ouvre la porte et appelle Sara.
« Mon cœur ? T’es toujours là ? »
« Oui, oui, ne t’en fais pas tout est sous… » j’entends un gros bruit sourd. « Ouch !...ok, ça fait mal ! »
« Sara, est ce que ça va ? » je m’inquiète.
Depuis quand est ce que ma maison est devenue aussi sombre ? Je ne vois rien à moins d’un mètre. A part la lueur qui émane de notre chambre il n’y a aucune autre source de lumière. Je vais mettre ça sur le fait que la porte qui mène au salon soit fermée, mais bon il fait vraiment sombre.
« Chérie, est ce que ça va ? » je demande avant d’atteindre la poignée de la porte.
Je n’ai aucune réponse et je commence vraiment à m’inquiéter. Tu parles d’une nuit tranquille ! J’ouvre la porte du salon et tout semble encore plus sombre que dans le couloir. Pourquoi est ce que les volets sont baissés ?
« Mon cœur, » j’ai vraiment un mauvais pressentiment ça fait trois minutes qu’elle n’a pas répondu. « Sara ? »
Je pense que c’est le moment pour moi de paniquer. Je suis sur le point de retourner dans la chambre pour prendre la lampe de poche, quand soudain la pièce s’illumine. Hein… ?
C’est comme si il y avait un millier de petites lumières partout dans mon salon. En fait je pense que ce sont des illuminations de Noël. Ça donne l’impression qu’il y a des étoiles dans mon salon. Je ne peux pas m’empêcher de sourire d’émerveillement. Je peux sentir mon cœur battre la chamade.
Je continue ma progression dans le salon et c’est seulement maintenant que je réalise que je suis en train de marcher sur des pétales de roses. Une multitude de pétales pour être précise et sur le sol je peux voir des bouquets un peu partout dans la pièce. Je continue de marcher jusqu’au comptoir de la cuisine, et là, je vois que la table a été préparée pour un dîner aux chandelles. Il y a des pétales sur la table, une bouteille dans un sceau à glace, et quatre bougies qui attendent d’être allumées et une vaisselle magnifique.
Je sursaute légèrement quand je sens deux bras m’encercler la taille.
« Joyeux anniversaire de 3 mois, » la voix de Sara résonne doucement.
Je suis tellement époustouflée par tout ça que j’ai peine à trouver mes mots. Sara me laisse le temps d’allumer les bougies puis elle revient vers moi.
« Tu n’aimes pas ? » elle me demande incertaine.
« Mon amour c’est…tout ça c’est…magnifique, » j’arrive à dire. Je peux sentir les larmes couler sur mon visage.
« Hey, qu’est ce qu’il ne va pas ? » elle me demande en effaçant mes larmes.
« Je pensais que tu avais oublié. »
« Je sais, ça faisait partie du plan. »
« Plan ? »
« Oui, je devais trouver un moyens de t’énerver pour être sur que je pourrais tout mettre en place sans distraction et sans que tu ne sache rien, » elle confesse.
« Tu m’as menée en bateau ? » je ricane malgré mes larmes.
« Coupable. Je suis désolée et je ne le referai plu. »
Je ris doucement mais recommence à pleurer.
« Hey, du calme, tout va bien. Je suis désolée, je te promets que je ne te contrarierai plus intentionnellement. »
« Ce n’est pas ça, c’est juste que je n’ai pas de cadeau pour toi. »
Elle rit avec soulagement. « Tu es toujours avec moi, tu es toujours amoureuse de moi et crois moi, je prends ça comme un cadeau en soi. »
Elle m’embrasse ensuite elle me fait m’assoir à la table pour qu’on puisse commencer notre dîner romantique. Tout est parfait. Sara ne cesse jamais de me surprendre et de m’émerveiller. C’est ce que j’aime chez elle, je ne sais jamais à quoi m’attendre. Et là je suis sur un petit nuage près du paradis. Personne n’a jamais rien fait de tel auparavant pour moi. Je suis heureuse et encore plus amoureuse de Sara que jamais.
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Wow. C’était une grande célébration ! Bon j’ai rendu la pareille à Sara dans notre chambre après note dîner et même le lendemain. Ensuite on a récupéré Lindsey à l’école, on a passé un après midi en famille avant de la redéposer chez Nancy. C’est là que j’ai appris qu’en fait tout le monde était de mèche avec Sara.
En tout cas cette petite surprise a mis un sourire sur mes lèvres qui ne s’est pas encore estompé et ça fait déjà trois jours.
Maintenant, chaque jour, non seulement je pense que je suis heureuse mais aussi que j’ai de la chance. J’ai la famille dont j’ai toujours rêvé, je suis amoureuse, ma fille et moi avons une relation très forte, ma fille aime Sara comme un second parent. Qu’est ce que je pourrai demander de plus ? Si ce n’est que ça dure ?
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J’ai demandé à Sara de voir la fameuse cassette dont Travis parlait. Elle n’a pas eu l’air emballé par l’idée mais quand je lui ai demandé si tout allait bien elle a répondu que oui, alors je me prépare pour le spectacle, contente de pouvoir en découvrir plus sur elle. Je suis toute excitée – tout comme Lindsey, à l’idée de découvrir la jeune Sara.
Sara est assise près de moi sur le canapé mais elle semble agitée.
« Tu es sûre que ça ne te dérange pas qu’on regarde ça ? » je lui redemande.
« Oui, bien sûr. C’est juste que ça fait un baille que je ne l’ai pas visionné. »
« J’ai hâte de la voir, » je lui dit toute excitée.
Elle prend une grande inspiration avant de mettre la cassette dans le magnéto. On peut voir la jeune Sara, manquant d’assurance cependant faisant tout pour que rien ne paraisse. Un Travis plutôt nonchalant apparaît sur le côté de la scène. Ils se regardent avec un mélange de défi et de dédain. On entend leur professeur – la fameuse Mme. Doherty – demander le calme avant de donner le feu vert à Sara et Travis.
« T’était vraiment mignonne, » je dis à Sara qui rougit légèrement.
On regarde silencieusement le duo jouer – enfin si on peut appeler ça ‘jouer’ – la scène du balcon et je dois dire que c’est plus que médiocre. Et même en disant ça c’est un euphémisme.
« Sara, est ce que tu m’en voudra si je te dis que tu es mauvaise comédienne ? » Lindsey dit tout haut ce que je pensais tout bas.
« Pas du tout, pour être honnête je me trouve très mauvaise aussi. »
Puis on voit Mme Doherty les réprimander pour leur pathétique représentation. La jeune Sara prend le blâme silencieusement mais sa posture est tendue, comme si les mots ne l’atteignaient pas. Elle a ce regard intense qu’elle a souvent au boulot, celui qu’elle a lorsqu’elle est très concentrée. Ce regard qui indique qu’elle est sur le point de vous prouver que vous avez tord.
Travis recommence la scène à la surprise de leur professeur, mais Mme Doherty les laissent faire. Sara rejette Travis au début mais petit à petit tout se met en mouvement. C’est comme si le monde venait de disparaître autour d’eux, tellement ils sont concentrés l’un sur l’autre.
Je suis complètement abasourdie devant cette nouvelle scène. Je peux entendre Sara murmurer ses répliques près de moi. Cette scène est tout simplement étonnante.
Puis tout s’arrête quand je vois Travis se saisir d’une chaise pour être au même niveau que Sara et l’embrasser avec fougue. Je vois Sara se tendre après la seconde initiale de surprise, elle se recule et lui décoche un sacré crochet du droit. Il tombe par terre complètement déstabilisé, le coup l’a sorti de sa transe. Soudain on entend des applaudissements ce qui semble les ramener tous les deux à la réalité. Sara quitte la scène sans un mot et la cassette arrive à sa fin quelques secondes plus tard.
Quand je me tourne vers Sara, elle a les yeux fermés. C’est comme si elle se rappelait du baiser, pire qu’elle le revivait.
« Wow, c’était terrible ! » Lindsey rompt le silence.
« Oui, c’était…impressionnant, » j’ajoute.
Sara marmonne un merci, mais refuse de me regarder. Il y a une grande part de moi qui se sent trahie parce qu’elle n’a jamais fait mention de ce baiser l’autre jour, et une autre part de moi est en train de douter qu’elle n’est plus amoureuse de Travis.
Je peux sentir la nausée m’envahir. J’aurai préféré ne jamais la supplier de voir cette cassette.
Chapitre 39 : Sara
Je peux sentir la nausée m’envahir. J’aurai préféré que Cath ne m’ait jamais suppliée de voir cette cassette.
Rien que de pensée à ce baiser me révulse. J’ai dû fermer les yeux pour ne pas être malade, pour ne pas revoir ça. Cake semble être transportée par ma performance, Cath d’un autre côté ne parle pas beaucoup. J’ai une petite idée du pourquoi de son attitude et je peux sentir qu’une dispute n’est pas loin.
On décide de manger une pizza en regardant un film. Je pense que le théâtre est la nouvelle obsession de Cake car elle ne parle plus que de ma performance. Après le dîner on envoie Cake se coucher avant de venir l’embrasser pour la nuit.
Je sens bien que Cath est un peu distante mais je préfère ne pas aborder le sujet ave elle. Lorsqu’on se couche pour la première fois elle ne prend pas place au creux de mes bras. Au lieu de ça elle se contente de regarder le plafond.
« Pourquoi tu n’as pas mentionné le baiser ? » me demande-t-elle soudain. Je ne réponds pas et je peux sentir que ça la frustre. « Je t’ai posé une question Sara. Pourquoi tu n’as pas mentionné ce baiser l’autre jour ? » elle répète.
« Ça aurait changé quelque chose ? » je lui demande en retour.
« Oui. »
« Quoi ? »
« Je n’aurais pas l’impression que tu m’as menti. » elle confesse.
« Je ne t’ai pas menti ! »
« Tu avais oublié ? »
« Non, » comment le pourrais-je ?
« Flash info : mentir par omission c’est mentir quand même, » elle me répond amèrement. « Alors pourquoi n’avoir rien dit ? »
« Parce que ce n’était qu’un détail. »
« Si c’était juste un détail tu ne l’aurais pas caché, » elle me reproche.
« Ce n’est pas vraiment ce que je qualifierai de bon souvenir. »
« Vraiment ? J’aurais pu jurer le contraire plus tôt. C’est comme si tu étais en train d’apprécier ce baiser à nouveau. »
« Cath… » je commence à protester en me rapprochant d’elle mais elle me rejette.
« Non, je me sens trahie parce que ce baiser signifie toujours quelque chose pour toi. »
« Tu as raison, il représente toujours quelque chose… mais ce n’est pas… »
« Je le savais ! » elle s’exclame énervée et blessée.
« Non, Cath. Ecoute je n’ai pas apprécié ce baiser à l’époque et je ne l’apprécie toujours pas. Ce baiser était une violation de mon espace personnel. Crois moi rien que d’y penser ça me rend malade, » je lui explique calmement.
« Travis serait heureux d’entendre ça je suis sûre. »
« Crois moi, il le sait déjà. »
« Est-ce que tu l’aimes encore ? »
« Oui, mais je ne suis pas amoureuse de lui si c’est la question que tu poses. »
« C’était ma question, » elle change sa position pour venir s’installer dans mes bras. « Je suis désolée d’être comme ça, » dit elle.
« Comme quoi ? »
« Anxieuse…d’avoir toujours besoin d’être rassurée. »
« Ce n’est pas grave, » je lui embrasse le front.
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« Sara, Greg, homicide. Sofia tu es avec moi ce soir, circonstances suspectes au Tangiers. »
Greg et moi prenons le papier que Grissom nous tend avant de nous rendre à notre scène de crime. Le déplacement est assez court. La scène est comme une fourmilière, tout le monde vacant à sa tâche. Brass nous attend devant la maison. On passe la bande jaune pour le rejoindre. Il a le regard grave, quelque chose me dit qu’on a quelque chose de vraiment moche.
« Hey Brass, qu’est ce qu’on a ? » Greg demande.
Brass me regarde avant de répondre. « Une jeune fille, entre 15 et 25 ans, caucasienne, blonde, son corps a été mutilé, mais son visage est intact, mais tout porte à croire qu’elle a été violée. »
C’est dans ces moments là que j’adore mon métier…putain !
« J’espère que vous avez mangez léger parce que ce n’est pas beau à voir, » Brass ajoute. Il se tourne et entre dans la maison en premier.
« Qui l’a trouvée ? » je demande.
« Deux officiers. »
« Qui les a appelés ? » Greg demande.
« La maison, » Brass répond imperturbable.
Je suis sur le point de lui demandé d’être un peu plus clair quand je vois le corps pour la première fois, je ne peux m’empêcher de serrer les dents à cette vision.
Le corps est allongé par terre au milieu d’une pièce vide. Ses mains tiennent une fleur de lys blanc sur son ventre. Elle est vêtue de ce qui, à l’origine, était une robe blanche maintenant trempée de sang. Ses jambes et ses bras sont couverts de coupures diverses, il semblerai que des mots soient gravés dans sont corps. Sa robe est relevée jusque sur son ventre révélant qu’elle ne porte aucun sous-vêtement. Sur son estomac est gravé le mot ‘sinner’. Des ailes ont été dessiner sur le sol à côté de ses épaules avec son propre sang et juste au-dessus de sa tête les mots ‘fallen angel’ on été écrits en lettres de sang. Son visage a le teint de porcelaine et s’il n’y avait pas tout ce sang on aurait l’impression qu’elle est endormie.
« Cette maison est en exposition pour être vendue. Elle est dotée d’un système d’alarme qui est relié à la police. Si l’alarme est déclenchée, un signal est envoyé au poste le plus proche et ensuite deux officiers sont envoyés sur place pour voir ce qu’il se passe. C’est là que ça devient intéressant. Il semble que le coupable soit entré dans la maison sans déclencher l’alarme. Il a fait son affaire avant de déclencher l’alarme volontairement en brisant une fenêtre. »
« Comment le savez vous ? » je l’interroge sans détourner les yeux du corps.
« La fenêtre est brisée de l’intérieur. De plus les officiers ont besoin de cinq minutes maximum pour se rendre sur place, à en juger par ce que je vois je dirais qu’il fallait beaucoup plus que cinq minutes au tueur pour faire ça et ensuite sortir. D’autre part vu la taille du trou dans la fenêtre je doute fort qu’il s’en soit servi pour s’échapper.
« Où sont ses parents ? »
« On l’ignore encore, elle n’avait pas de pièces d’identité, » il soupire.
« Si tout s’est passé comme vous venez le dire ça veut dire qu’on a à faire avec quelqu’un de plutôt malin, » je dit pensivement.
« Je préfère ne pas penser qu’on est en train de jouer avec nous. »
« Pourquoi ? » Greg demande.
« Parce que ça voudrait alors dire que… » Brass commence.
« …Ce n’est que le début, » je fini.
« Je vous laisse passer tout ça au peigne fin, pendant ce temps je vais interroger les gens aux alentour, » Brass annonce avant de ressortir.
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Après cinq heures de travail méticuleux et infructueux Greg et moi sommes toujours bloqués à la case départ. On n’a trouvé aucunes traces sauf celle laissées par le corps. C’est comme si la salle avait été stérilisée. Il n’y a aucunes traces à l’extérieur ou à l’intérieur de la maison. Espérons que le corps nous apprendra plus que la maison. Je déteste dire ça mais il semblerait que la théorie de Brass soit vraie.
Le chemin retour au labo est silencieux. Je peux déjà sentir la frustration prendre le dessus. J’ai un mauvais pressentiment à propos de cette affaire, un très mauvais pressentiment. Une fois qu’on arrive on se met tout de suite à analyser ce qu’on a.
« Sara, je veux un rapport sur votre scène de crime, » j’entends Grissom me demander.
Je soupir et me tourne vers lui. « Eh bien c’est simple, nous n’avons rien ou quasi rien au niveau traces, pas d’armes du crime et jusqu’ici le corps est notre seule preuve solide. Il n’y a aucun témoin oculaire. Le coupable connaissait l’endroit alors il est entrée et sortie sans être vu, ni même déclencher l’alarme. Mais, c’est là que ça devient étrange, c’est lui qui nous a contacté en déclenchant l’alarme volontairement. »
« Qu’est qu’on a sur la victime ? »
« Il y a des mots gravés sur ses bras, jambes et son estomac. Aucun signe de lutte, ni de défense. Et en ce qui concerne la cause de la mort j’attend toujours que Doc me contacte pour l’autopsie préliminaire. »
« Bien, tiens moi au courant, » et sur ces mots il disparaît dans les couloirs.
Je retourne à mes analyses quand mon pager sonne. C’est Doc, espérons qu’il a quelque chose pour nous. J’attrape Greg dans un des labos et on se rend ensemble à la morgue.
« Hey, quoi de neuf Docteur ? » Greg dit sans enthousiasme.
« Greg, Sara, » Doc nous salue.
« Soyez sympa, égayez notre journée et dites nous quelque chose qui nous mènera quelque part, » je le supplie.
« Je risque de vous décevoir, désolé, » il me répond.
« On verra. Parlez nous de Jane Doe. »
« Son corps a été mutilé comme vous avez pu le constaté de par vous-même. Les lacérations sont assez profondes pour laisser des cicatrices mais pas assez pour infliger de réels dommages. Aucune blessure n’indique qu’il y a eu lutte. »
« Les lacérations ont dû lui faire mal, elle n’a pas réagis ? » Greg demande. « Est il possible qu’elle se soit infligé ça elle-même ? »
Doc lève le drap qui recouvre le corps et nous dévoile que les lacérations sont partout. Les mots ‘forgive me, » apparaissent une centaine de fois si ce n’est plus.
« Cette idée m’a traversé l’esprit mais les mots sont écrits de manière régulière de chaque côté ce qui suggère que c’est le travail d’une seule et même personne. Plus, il y a aussi des lacérations sur son dos, alors je doute qu’elle se soit faite ça. Cela dit elle était vivante quand elles ont été faites, alors j’ai pris un échantillon de sang et je l’ai envoyé au labo de toxicologie, on saura bientôt pourquoi elle n’a pas réagit. »
«’Pardonnez moi’, » Greg traduit les lacérations. « Je me demande qui parle, le tueur ou la victime, » il réfléchit à voix haute.
« Moi aussi, » je soupire. « Quelle est la cause du décès ? »
« Hémorragie interne causé par le mot gravé dans son estomac. »
« Je pensais que les lacérations n’étaient pas assez profonde ? » Greg s’exclame.
« Toutes les autres sont superficielles pour ainsi dire, mais le mot ‘sinner’ a été littéralement poignardé à travers sa chaire, coupant tous les organes qui se trouvaient sur le passage. »
« Qu’est ce que le tueur a utilisé pour faire ça ? Un couteau ? » je demande.
« Je n’écarte aucune hypothèses, mais à en juger par la forme des coupures je pencherai plus pour un cutter. »
« Je ne sais pas pour vous, mais je ne pense pas que le mot ‘sinner’ ait été graver sur son estomac par hasard ou par manque de place, » Greg énonce ma pensée.
« Moi non, plus. Je suis sûre que tout était délibéré. La robe blanche symbole de pureté, teinté de rouge. Elle est devenu un ange déchu, un ‘fallen angel’… ‘sinner’, c’est une pécheresse, et je crois qu’on a comprit quelle a été son vice, » j’ajoute.
« Bien, au moins on est tous sur la même longueur d’ondes. Et avant que vous ne me posiez la question le kit de viol est revenu négatif, il n’y a pas de trace d’abus récents. »
« Récent ? » je demande surprise.
« Oui, il y a certaines cicatrice dans la région vaginale qui indiquent qu’elle a été abusée par le passé, » il marque une pause. « Plusieurs fois. »
Je me sens nauséeuse. Je ferme les yeux et prends une grande inspiration avant de poursuivre. « Très bien, quelle est l’heure estimée de sa mort ? »
« Je dirais il y a environ six heures, donc aux alentour de neuf heures. »
« Doc, il y a-t-il quelque chose en particulier qui puisse nous aider à l’identifier ? »
« Il y a ses tatouages. Une paire d’ailes sur ses omoplates, un ange aux ailes noires en train de pleurer au bas de son dos et le dernier est sur sa hanche. »
Greg et moi nous penchons pour voir le dit tatouage qui consiste à trois lettres en style gothique sont dessinées sur sa peau.
« Fun ? » Greg s’interroge.
« En fait, je crois que ça a une autre signification, regarde, il y a des points entre les lettres, » je réponds. « J’aimerai des photos de… » avant que je ne puisse finir ma phrase Doc me tend des photos des tatouages de la victime et un de son visage.
« J’ai déjà prise une autre série de photos pour le dossier, je me suis dit que ça pourrait vous aider, » Doc m’explique avec un sourire.
« Si vous n’existiez pas, je vous inventerais, » je réplique heureuse de travailler avec un homme aussi sensé. « Autre chose Doc ? »
« Non, je sais que ce n’est pas beaucoup mais c’est toutes les informations que Jane m’a donné, » il s’excuse.
« C’est toujours ça, merci, je lui souris avant de sortir avec Greg.
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« J’ai appelé la compagnie qui possède la maison et le directeur nous recevra demain, » Brass nous annonce.
« Super, je pense qu’on pourrait faire le tour des tatoueurs pour voir s’il de souviennent d’elle, ça pourrait nous aider à l’identifier. Mais avant je pense qu’on devrait retourner sur la scène et voir si on n’a pas manqué l’arme du crime, » je dit.
« Ok, c’est parti, » Greg répond.
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De retour sur la scène notre recherche a été aussi fructueuse que la première. Ensuite on est allé voir le directeur de l’agence immobilière. On a appris qu’à part lui et ses employés personne n’avait les clefs de la maison. Il nous a aussi informé que l’alarme de la maison ne couvrait que les portes et les fenêtres. On a interrogé les employés et ils avaient tous des alibis. Mais apparemment un jeu de clefs a été volé le mois dernier. L’incident a été signalé mais vu qu’il n’y avait eu aucun problème jusqu’ici, le directeur avait estimé qu’il n’était pas nécessaire de changer les serrures des maisons.
Brass est en train de vérifier les alibis mais apparemment aucun employés n’a mentis. Cette affaire commence vraiment à me taper sur le système.
L’analyse toxicologique est revenu et maintenant on sait pourquoi Jane Doe n’a pas bougé, elle avait une forte dose de soporifique dans son système.
« Elle a peut être fait une overdose, » Greg théorise.
« Ça expliquerai pourquoi elle ne s’est pas défendue. Mais il n’y a pas eu de signe de lutte alors ça signifie qu’elle avait pris le soporifique seule ou que le tueur a trouvé un moyen de lui administrer sans qu’elle s’en aperçoive.
« Tu pense qu’elle l’a aidé ? »
« Je n’en ai vraiment aucune idées. Peut être qu’elle ne l’a pas fait, peut être qu’elle connaissait le tueur alors elle n’avait pas de raison d’être suspicieuse quant à ses intentions. »
« J’ai vérifié les dossiers des personnes disparues et jusqu’ici il n’y a personne qui correspond à sa description. »
« Il y a sûrement quelqu’un qui la cherche, je veux dire, elle n’est pas sortie de nulle part ! » je dit avec frustration.
Ma tête me fait mal avec toute cette réflexion et le manque d’indices. Je soupir lourdement.
« Ecoute, il n’y a pas grand-chose qu’on puisse faire maintenant, alors on devrait renter et dormir un peu, peut être qu’on aura plus de chance demain, » je dit à Greg. « Demain on fera le tour des tatoueur et peut être que ses parents se présenteront. »
« Espérons que tu as raison. »
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Je suis tellement contente d’avoir quelqu’un qui m’attend à la maison. Maintenant je comprend mieux Cath, parce que j’ai hâte de rentrer pour voir Cake et de passé un peu de temps avec elle. J’ai hâte d’être à la maison pour prendre Cath et Cake dans mes bras et de leur faire savoir que je les aime.
« Je suis rentrée ! » j’annonce en entrant dans la maison.
J’entends des rires qui viennent de notre chambre, ce son est comme une bouffée d’air frais. J’ai l’impression que le poids que le boulot avait mis sur mes épaules vient d’être soulevé. Je vais dans la chambre et regarde Cath en train de chatouiller Cake, les deux sont en train de rire. J’aime cette image, pendant un moment je me contente seulement de les regarder.
« Sara ! » Cake m’appelle.
« Hey Cake, » je réponds doucement. « Ça te dérange si je me joins à vous ? »
« Non, à condition que tu chatouille maman ! »
« Quoi ?! Tu crois vraiment qu’elle va choisir ton camp ? » Cath proteste.
« En faite, c’est déjà fait, » je dis avant d’attaquer Cath.
« J’y crois pas !... Tu es sensée être de mon côté ! » dit elle entre ses fous rires.
Après quelques minutes de bataille Cath abandonne. « ok, ok…stop…arrêtez…je ne peux plus respirer !... »
« Hey Cake, tope là. »
« On déchire, » Cake dit en me tapant dans la main.
« Je me vengerai, » Cath geint.
On s’allonge dans une position plus confortable avec Cake entre nous.
« Hmm…c’est bon de rentrer à la maison. Cake, raconte moi ta journée, » je demande avec un léger sourire d’anticipation.
Pendant les trente minutes qui suivent j’apprécie le fait de ne pas penser à ma journée et d’écouter les nouvelles aventures de Cake.
« Ok, jeune fille il est temps de faire vos devoir, » Cath annonce à Cake.
« Oh, m’man, » Cake proteste.
« Pas de chichis, il est l’heure de les faire, alors vas y. »
« Tu as besoin d’aide, » je demande à Cake.
« Si tu m’entends crier c’est que c’est le cas, » elle glousse. Elle me donne un câlin et un bisou avant de faire la même chose avec Cath. « Je vous laisse toutes les deux, mais n’en profiter pas pour faire des bêtises, » elle dit en imitant Nancy d’une manière assez réussie je dois dire. Cath et moi rions alors qu’elle quitte la pièce.
Je me rapproche de Cath me love auprès d’elle mais elle fait un peu de résistance. « Est-ce que tu boude ? » je lui demande en souriant.
« Je t’en veux, » elle répond et je peux dire qu’il lui ai difficile de garder son sérieux.
« Vraiment ? » elle hoche la tête. « Dans ce cas, dis moi que faut il que je fasse pour me faire pardonner? »
« En bien, je ne souviens pas avoir eu de baiser depuis que tu est là, » elle fait mine de réfléchir.
« Comment ai-je pu oublier une telle chose ? »
« Il semblerait que tu étais trop occupé à faire équipe avec ma fille pour m’attaquer. »
« Je suis vraiment une mauvaise fille, » je dis tout en caressant sa hanche.
« Oui mais quelque chose me dit que tu peux trouver quelque chose pour te faire pardonner. »
Je souris et l’embrasse rapidement. « Bonjour. »
« T’as intérêt à faire mieux que ça, » elle me réprimande.
Je la taquine avec des baisers légers avant de l’embrasser pour de bon. Je l’entends gémir doucement à mesure que je continue de caresser son corps avec ma main. Je me recule un peu après un long moment et l’embrasse à nouveau. « Salut toi. »
« Salut, » elle me caresse la joue délicatement. Elle scrute mon visage pendant un moment et fronce les sourcils. « Quoi ? »
« Je suis vraiment heureuse d’être à la maison. »
« Tu ne m’entendra me plaindre, » elle répond en souriant. « Comment était ton service ? »
« Dur, mais je n’ai vraiment pas envie d’en parler maintenant. »
« Ok, qu’est ce que tu veux faire dans ce cas ? »
« Ça dépend combien temps est ce qu’on a avant que tu ne doives aller bosser ? »
« Quatre heures au moins. »
« Dans ce cas je veux juste que tu me prennes dans tes bras pour le moment ensuite on verra. »
Je l’embrasse à nouveau avant de me mettre à l’aise dans ses bras et sombrer doucement dans le sommeil.
Pas de doute, c’est bon d’être chez soi.
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Je me réveille en sursaut. Je me tourne et découvre que je suis seule dans le lit. Je sans la sueur froide me parcourir l’échine. Je sors du lit et me dirige vers la cuisine pour prendre un verre d’eau.
« T’es déjà debout ? » Cath me demande avec inquiétude.
« Oui je…euh…j’avais soif. »
« Bébé, t’as à peine dormi deux heures. »
« Je vais bien ne t’en fait pas, » je l’embrasse pour la rassurer.
« Sara ? »
« oui Cake ? »
« Est-ce que tu peux vérifier mes devoirs ? »
« Bien sûr, tu me donnes un petit moment. »
« Ok, moi j’y vais, » Cath annone et je la regarde avec interrogation. « On m’a appelé plus tôt, » j’hoche la tête. « Bye Linds, je t’aime, » lui dit elle en lui baisant le front.
« Je t’aime aussi maman, à demain. »
J’accompagne Cath à la porte. Elle me donne un baiser rapide mais je refuse de la laisser partir.
« T’as intérêt de faire mieux que ça, » je la taquine. Et avant même qu’elle ait le temps de répondre je l’embrasse fougueusement. Je ne me retire pas avant que mes poumons brûle de par le manque d’oxygène.
« Oh je te déteste, » elle gémit.
« Non, ce n'est pas vrai, » je l’embrasse à nouveau.
« Tu as raison, je t’aime, » elle sourit.
« Je t’aime aussi, à plus tard, » je l’embrasse furtivement avant de la laisser partir.
Chapitre 40 : Catherine
Je pars au boulot en me sentant étourdie et légèrement excitée à cause du baiser de Sara.
C’est bon d’avoir une vie stable. J’ai voulu ça pendant tellement longtemps et maintenant que je l’ai c’est encore mieux que ce que je pouvais imaginer. C’est bon d’avoir quelque chose en dehors du boulot. Bien sûr avant j’avais Lindsey et ma sœur mais ce n’est pas la même chose. Avec Sara je sais qu’elle comprend ce que je ressens parce qu’elle traverse la même chose que moi. Maintenant je peux dire que j’ai trouvé l’équilibre dans ma vie.
Honnêtement ? Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.
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Je déteste les services lents, parce que ça veut dire que Nick et Warrick sont sur le terrain pendant que moi je dois me taper toute la paperasse.
Bon sang, maudit soit le jour où la paperasse a été inventée ! Je me souviens avoir penser que Grissom exagérait à ce propos, je me souviens même lui avoir dit que ça faisait partie du job et que ce n’était pas si terrible que ça. Ouais, ben je retire ce que j’ai dit, c’est terrible ! Comment ça se fait qu’il y ait temps de paperasse d’abord ? J’ai l’impression que ça n’en fini jamais. A chaque fois que je termine une pile il y en a une autre quoi apparaît de nulle part !! Comme si ces stupides dossiers étaient en train de me faire des gosses dans le dos !!
J’ai envie de tuer Nick et Warrick au moins deux fois par jour, parce qu’à chaque fois qu’ils reviennent ça signifie plus de paperasse pour moi ! J’ai besoin d’air. J’ai besoin de sortir, je jure que rester enfermée dans ce bureau menace mon équilibre mental ! Je veux être sur le terrain, je veux faire les trucs cool ! Bon sang, je suis même prête à avoir un cadavre en décomposition plutôt que de rester là à gratter du papier tout mon service !
Etre le superviseur ça craint parfois !
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Ok, j’en ai ma claque, j’ai besoin d’une pause. Je sens bien que mon cul est engourdi à force de ne pas bouger, et ma main me fait mal à force d’écrire. Je me lève et sors de mon bureau, destination : la salle de repos.
Je profite de cette occasion pour faire le tour des différents labos et voir la progression des différentes affaires en cours, mais surtout pour avoir un peu de contacts humains.
J’arrive dans la salle de repos et chanceuse comme je suis la cafetière est vide. Super. Ce service est simplement parfait, non seulement je suis bloquée dans mon bureau avec la paperasse mais en plus c’est à moi de faire le café pour tout le monde.
Les jours comme ça me font détester mon boulot.
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Trois heures à tenir et je serai enfin libre de rentrer chez moi. Trois heures avant de quitter le paradis de l’ennui, le seul endroit où regarder la peinture sécher est en fait très marrant. Je sais que j’ai l’air d’une gamine de cinq ans capricieuse mais je m’en fiche ! Je veux juste faire tout sauf rester assise dans mon bureau à gratter du papier toute la sainte journée !
Je m’en vais pour un autre fixe de caféine et Warrick et Nick sont de retour de leur scène de crime.
« Les mecs je veux une mise à jour sur votre affaire, » je leur dit toujours en me dirigeant vers la salle de repos. Il me suivent sans poser de question.
« Ok, je suis toute ouïes, » je leur dit en nous versant à chacun un mug de café.
« Victime, Keith Martin, 42 ans, divorcé avec trois enfants, propriétaire d’un bar en ville, pas de casier, » Nick commence.
« Apparemment il a essayé de calmer le jeu entre deux personne en train de se battre, malheureusement il a fini tué. On a plusieurs témoins qui on vu son tueur et on a été chanceux sur ce coup car on a de l’ADN et une plaque d’immatriculation. Il nous reste encore à analyser tout ce qu’on a trouvé mais à part ça tout se passe pour le mieux, » Warrick finit.
« Beau travail, les enfants »
« Et pour toi Cath ? » Warrick m’interroge.
« J’ai gratté du papier tout le service. »
« Ça craint, » Nick constate.
« Merci pour l’info. Au fait je veux que tu me relise certains de tes rapports, je n’ai pas réussi à tout déchiffrer Nicky boy. »
« Oh non…Ok finissons en avec ça alors. Je vais déposer les preuves dans les labos et ensuite je viendrai te voir, » il geint, bienvenu dans mon monde mon pote.
Soudain Sara fait son entrée, elle a se regard qui dit ‘vaut mieux pas m’énerver’.
« Salut jeune fille, » dit Warrick.
Les traits de Sara s’adoucissent et elle sourit faiblement. « Salut les gars. »
« C’est bon de te voir, » lui dit Nick.
Sara ne répond pas et se verse un peu de café. « Comment ça se passe pour vous les gars ? » elle demande.
« Plutôt lentement, et beaucoup mieux depuis que tu es là, » dit Nick avec enthousiasme.
« Nick, mon pote, je ne suis pas sûr que la chef apprécie que tu flirt avec sa copine, » Warrick le taquine.
« Un bon point pour Warrick, » je ris doucement.
« Comment ce passe ton service Sara ? » Warrick recentre son attention sur Sara, qui à l’air à des années lumières de nous.
« Hein ?... Oh, aussi bien qu’hier, » elle répond platement.
J’essaye de croiser son regard mais elle est en train de planer. Je fais un grand effort pour ne pas montrer à quel point son comportement m’inquiète. Son pager vibre et la ramène à la réalité. Elle vide sa tasse de café dans l’évier – elle n’y a même pas touché, et commence à partir.
« Je dois filer. A plus les gars, » dit elle par-dessus son épaule avant de disparaître dans les couloirs.
Nous la regardons partir, chacun de nous sentant bien que quelque chose se passe.
« Elle n’était pas avec nous, » Warrick constate à haute voix.
« Ouais, elle avait l’air préoccupée, je n’aime pas la voir comme ça, » Nick lui répond.
« Moi, non plus, » dit Warrick.
Ils parlent comme si je n’étais plus dans la pièce. Je ne dit rien et commence à partir. « Je t’attend dans mon bureau Nick, » j’annonce avant de partir.
A cet instant précis je suis concentrée sur une seule personne : Sara.
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J’ai passé la fin de mon service à penser à Sara et combattre mon désir urgent de l’appeler pour être sûre que tout va bien. Il y a une règle sacrée entre nous, une qu’on ne brise pas. On ne mélange jamais notre vie professionnelle et personnelle. Quand on est au boulot on est collègue, ça veut dire: pas de flirt, pas de taquineries, pas de sentiments d’aucune sorte. Nous sommes des professionnelles, alors si quelque chose autre que le boulot nous dérange on attend d’être toutes les deux d’avoir fini notre service et d’être hors du labo. Jusqu’ici aucune d’entre nous n’a transgressé cette règle et je sais bien que Sara m’en voudrait si je le faisais, tout comme je serai vraiment hors de moi si elle le faisait.
Alors, je suis condamnée à attendre d’être à la maison pour avoir une chance de prendre soin d’elle. Une heure à tenir et mon vœu sera exhaussé.
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Je suis enfin à la maison, attendant impatiemment le retour de Sara qui aurait dû finir son service il y a déjà une heure. Cependant elle n’est pas encore rentrée, ce qui ne fait que m’alarmer encore plus. Alors je m’assois sur le canapé et fixe la porte, comme si j’avais le pouvoir de faire apparaître Sara.
Après presque deux heures d’attente la porte s’ouvre enfin. J’essaye de ne pas laisser voir à quel point je suis inquiète pour elle. Sara entre, avec le regard triste et fatigué. Elle s’approche de moi et me donne un baiser très furtif.
« Bonjour, » dit elle sans émotion.
Elle se tourne et va dans la cuisine, elle se sert un verre d’eau, le boit et le lave. Puis elle se dirige silencieusement dans la salle de bains. Deux minutes plus tard je peux entendre la douche couler. En ce qui me concerne je commence à faire les cent pas, j’ai la tête pleines de questions.
Elle sort de la salle de bain et va directement se coucher alors je la rejoins. Quand j’entre dans la chambre, elle est allongée sur son côté les yeux grands ouverts et je n’arrive pas à déchiffrer son expression. Je m’allonge doucement à ses côté, je me tourne sur le côté pour lui faire face. Je la regarde et je vois bien que son regard est loin d’ici.
« Tout le monde devrait avoir quelqu’un pour prendre soin d’eux, » elle dit soudain. Elle se concentre sur moi. « C’est cruel d’être seul, » elle murmure tristement.
J’ai l’impression d’être à des kilomètres d’elle et ça m’effraie. J’ai la sensation que je ne peux pas l’atteindre peu importe ce que je fais. Je la prends dans mes bras et la serre fort contre moi. « Tu n’est pas seule. »
Je suis un peu déstabilisée alors je fais la seule chose qui me semble juste, je continue à la tenir contre moi et essaye de lui transmettre tout mon amour pour elle sans un mot, espérant qu’elle ne me repoussera pas.
Et jusqu’ici elle ne le fait pas.
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Je sens la main de Sara me caresser l’estomac dans son sommeil. Mon corps commence à répondre à son contact instantanément, je peux sentir l’excitation parcourir mes veines. Aveuglément je cherche son visage et commence à l’embrasser. Après une demi seconde elle m’embrasse en retour. Ses caresses deviennent plus insistantes et je commence l’exploration de son corps. En quelques minutes nous avons quitté l’inconscient, se réveillant avec notre désir mutuel.
Aucun mot n’est échangé, seuls nos corps communiquent les besoins de l’autre, le désir et l’amour. Bientôt les barrières de nos pyjamas deviennent un problème et nous nous en débarrassons. Notre étreinte est tendre mais passionnée.
Je continue à la caresser gentiment, pas de flirt aujourd’hui, seulement toucher, donner et recevoir.
Alors que ma main se dirige vers des régions plus basse je sens la prise de Sara sur moi devenir plus forte. Je rompt notre baiser et concentre mon attention sur son cou. Ma main bouge doucement vers sa vulve avant de s’arrêter.
« Non… » je l’entend murmurer alors que son corps se tend.
Je poursuis donc le voyage de ma main et commence à la toucher mais je la sens me pousser légèrement. Je la sens en train d’essayer d’attraper ma main et de résister à mon contact.
« Arrête…non… » dit elle à bout de souffle, commençant à se débattre hors de mon étreinte. « Arrête, arrête !...arrête… » elle s’exclame avec force avant de me repousser physiquement.
Elle tombe du lit avant de s’éloigner de moi avec précipitation. Je suis complètement hébétée par sa réaction. Je ne comprends pas ce qu’il vient de se passer. J’essaye de m’approcher d’elle. « Sara, bébé qu’est ce… »
« Non ! » elle répond violemment.
Son regard m’effraie, pendant un moment c’est comme si elle ne savait pas qui j’étais ou même ce qu’elle fait ici. Puis elle détourne son regard, s’habille rapidement et s’enfuit de notre chambre.
J’ai la tête qui tourne, je vais être malade. Je n’arrive pas à comprendre ce qu’il vient de se passer.
J’essaye de revivre les dernières minutes pour voir où tout a changé. Un moment j’était avec mon amante et l’instant suivante c’est comme si elle m’était complètement étrangère. Tout allait bien et d’un seul coup c’était le chaos.
Je m’assois et ramène mes genoux contre ma poitrine, je commence à me bercer doucement, puis mon corps commence à trembler. Je me sens honteuse, sale, vulnérable, perdue et dégoûtée de moi-même. Soudain je sens les larmes me brûler les yeux.
Qu’est ce que j’ai fait ? Que s’est il passé ?
Je n’arrive pas à me sortir son regard de la tête. C’était un mélange de dégoût, de panique, de peur et de peine. Puis tout s’est changé en colère et répulsion comme si j’étais une fille facile qui n’en valait pas la peine. Puis il y a encore eu la panique et elle s’est enfuie.
Je veux aller à sa rencontre et essayer de comprendre ce qu’il s’est passé mais la brûlure du rejet me paralyse. Mon esprit est engourdi, et je n’arrive pas à réfléchir proprement à ce que je devrais faire. J’ai mal et j’ai l’impression de me noyer. J’essuie mes larmes furieusement, en colère contre moi-même pour être aussi faible et égoïste. Il faut que je trouve un moyen d’atteindre Sara, c’est la seule chose qui compte pour le moment, je ne veux pas qu’elle s’éloigne de moi et devienne encore plus inaccessible qu’elle ne l’est déjà.
Je m’habille rapidement et sort de notre chambre. J’ai peur qu’elle se soit enfuie de la maison mais heureusement je peux entendre l’eau couler dans la salle de bain, j’entends aussi des pleurs à peine audibles. Ma première réaction est d’ouvrir la porte mais je me ravise et frappe gentiment.
« Sara ? Mon cœur ? » je fais en sorte que ma voix ne flanche pas mais la vérité est que je peux entendre l’appréhension et la peur dedans. Je n’obtiens aucune réponse mais je peut l’entendre bouger. « Mon cœur, est ce que je peux entrer ? » toujours pas de réponse. Je prends une grande inspiration avant de poser la main sur la poignée. « Mon cœur, j’entre, d’accord ? »
J’ouvre la porte et la trouve assise par terre, son dos contre la baignoire, elle a les genoux contre sa poitrine et elle tremble violemment. Son visage est mouillé avec ce que présume être de l’eau froide puisque le robinet est encore en train de couler. Elle a l’air perdu et apeurée.
En la voyant comme ça je me sens impuissante. Ça me fait mal de la voir souffrir. Et j’ai peur, très peur, parce que même si je sais que c’est elle une part de moi se sent face à une étrangère.
Je me sors de mes pensées et ferme le robinet avant de m’assoir près d’elle. Je sens que ses tremblements ne font qu’accroître alors je mets un peu de distance entre nous.
« Chérie, je suis désolée, » je lui dis en essayant de ne pas pleurer. « J’ai mal interprété tes mots, je suis désolée. »
Elle me regarde mais je ne sais pas si elle a assimilé mes mots.
« J’ai flippé…je suis désolée Cath…je te désire…je ne voulait pas paniquer…je suis désolée… » elle répète encore et encore en se berçant gentiment.
« Non, ne t’excuses pas, ne t’excuses jamais pour avoir dit ‘stop’ ou ‘non’, » je respire à fond pour essayé de supprimer la boule qui semble s’être logé dans ma gorge. « Bébé, tu n’as jamais à te sentir obligée de faire quelque chose. On fait l’amour, ok ? Toi et moi, d’accord ? Alors si tu ne veux pas, tu es libre de dire stop à tout moment. Je suis désolée d’avoir mal interprété tes mots, » je répète.
C’est vrai, je l’ai mal comprise. Quand elle a dit ‘non’, j’ai pensé qu’elle me demandait de ne pas arrêter la progression de ma main et non pas l’inverse. Je m’en veux de n’avoir pas réalisé que quelque chose n’allait pas, pour avoir mal interprété les signes. J’étais tellement aveuglée par mon propre désir que je n’ai pas compris que son corps était tendu non pas à force d’excitation et d’anticipation comme je le pensais, mais à cause de son inconfort. Je ne sais pas quoi, mais quelque chose en elle à craqué. Ça arrive, même moi je n’ai pas envie qu’on me touche parfois. Je n’ai jamais réagi aussi brutalement que Sara mais j’ai rejeté mon partenaire de l’époque. Parfois il n’y a pas de raison précises, une seconde on est dans l’ambiance et la seconde suivante tout semble mal et on se sent angoissé. Je ne blâme pas Sara, je sais bien par expérience que ces choses arrivent. Je m’en veux vraiment de ne pas avoir su identifier son besoin, pour l’avoir presque touché sans son consentement. Je ne le dit pas mais le mot commençant par ‘V’ est bien présent à mon esprit.
« Je suis vraiment désolée, » je répète à nouveau.
Elle hoche la tête. Bien qu’elle semble moins paniquée, elle tremble toujours. Je m’approche doucement d’elle et passe mon bras autour de ses épaules. Elle trésaille au contact avant de se détendre, je l’étreint confortablement.
« Pardonne moi mon amour, Pardonne moi, » je lui dit doucement. Après un moment je sens ses bras m’entourer la taille et m’étreindre Je nous balance doucement pour la calmer.
Pitié ne la laissé pas s’éloigner de moi, dites moi que je n’ai pas tout gâché.
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Après de longues minutes on est retournées se coucher en silence. J’ai pris Sara dans mes bras jusqu’à ce qu’elle s’endorme. Moi, en revanche, je n’ai pas réussi à dormir alors j’ai attendu d’être sûre qu’elle ne se réveillerait pas pour sortir du lit.
J’ai peur, Sara me fait peur. Ce qui vient d’arriver me rappelle à quel point je connais peu Sara. Je suis déboussolée, j’ai l’impression d’avancer dans le noir complet et je sais que malgré elle Sara ne me donnera jamais les réponses dont j’ai besoin pour avancer.
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Lindsey est rentrée de l’école un peu plus tôt, et depuis qu’elle est là c’est comme si rien ne s’était passé. Comme si la petite crise que Sara et moi avions traversée n’était rien qu’un mauvais rêve. Je dois dire que Sara est douée pour cacher ses émotions.
Je ne peux pas faire ça, prétendre que rien n’est arrivé. Je n’arrive même pas à arrêter d’y penser. Je suis là avec ma tête pleine de questions, me demandant si tout ira bien entre nous.
J’aimerai qu’il y ait un manuel pour Sara. Quelque chose comme ‘comment lire Sara Sidle en 10 leçons’. Au lieu de ça, je suis au milieu de nulle part en train de nager en eaux troubles.
Et si vous voulez connaître le pire dans tout ça – oui, parce que croyez moi, je ne l’ai pas encore mentionné – j’ai un mauvais pressentiment à propos de tout ça. J’ai l’impression que c’est le début d’une longue épreuve, et que ce sera le test ultime, comme si c’était l' épreuve décisive, si notre couple y survit alors plus rien ne pourra nous atteindre. Le problème est que honnêtement je ne sais pas si on y survivra.
Quelque chose me dit qu’on va aller de mal en pis, espérons que j’ai tort.
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Avant que je ne parte au travail Sara me prend dans ses bras et m’étreint fort comme si c’était la dernière fois qu’elle me voyait.
« Je t’aime Cath, » elle resserre un peu plus son étreinte. « Je t’aime. »
« Je t’aime aussi, » je me laisse aller dans ses bras. « Je t’aime aussi »
Elle m’embrasse et je ne sais pas pourquoi mais j’ai envie de pleurer. C’est comme si on était en train de rompre.
Je vais dans ma voiture et fixe l’horizon pendant un moment. Je ferme les yeux et respire un grand coup.
A quiconque qui serait en train de m’écouter, donnez nous la force de traverser l’épreuve qui nous attend. Ne nous laissé pas dériver loin l’une de l’autre, faites que l’amour entre nous soit assez fort pour y arriver.
Chapitre 41 : Sara
Ce n’est pas bon signe, pas bon signe du tout. Cath pense sûrement que je suis folle et je suis sûre qu’elle est déjà en train de penser aux différentes façons de me larguer sans trop de dégâts.
Pourquoi faut il que je sois si dérangée ?
Tout allait bien, on était en train de faire l’amour et puis il y a eu cette odeur – son odeur à lui – qui a envahie mes narines. Et puis j’ai senti ses mains à ce salaud, me parcourir le corps et je pouvais sentir son souffle contre mon oreille, et le sentiment de danger et de dégoût à commencer à ramper sous ma peau et la nausée a eu raison de moi. C’est à ce moment que je me suis aperçu que je n’étais pas avec lui mais avec Catherine, ce fut un choc.
Je suis sûre qu’elle pense que je suis folle maintenant. Bientôt elle voudra que je sorte de sa vie, si ce n’est pas déjà le cas. Personne ne veut être aux côtés d’une cinglée. Et puis elle ne voudra plus que je m’approche de Cake maintenant qu’elle a été témoin d’un de mes accès de folie.
J’ai envie de crier tellement je me sens désespérée.
Je suis prête à donner tout ce que j’ai pour ne pas perdre Cath et ma nouvelle vie. Tout sans exception, car je ne survivrai pas si on me retirait tout ça.
Je l’ai prise dans mes bras avant qu’elle n’aille au boulot et je lui ai dit que je l’aimais, elle m’a répondu qu’elle m’aimait aussi, et maintenant la seule question qui résonne dans ma tête est : pour combien de temps encore ?
Ce n’est qu’une question de temps et je le sais. Tout est sur le point de se gâter, ce n’est pas une intuition c’est une garantie.
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Quand j’arrive au boulot je fais tout pour paraître calme et sereine. Après un détour par les vestiaires je rejoins Greg et Brass dans la salle de conférence.
« Mr et Mme Cavanaugh sont venu au poste un peu plus tôt pour remplir un dossier sur la disparition de leur fille dont la description correspond à notre Jane Doe, » Brass annonce sans émotion.
« Vous leur avez dit à propos du corps ? » je demande.
« Non, j’attendait que tu arrives, alors si vous êtes prêts on peut y aller. »
On quitte la salle et nous dirigeons vers la salle d’attente du labo. A travers le mur de verre on peut voir un couple, ils ont l’air d’avoir la quarantaine, les traits tirés par l’inquiétude. Encore une famille sur le point d’être à jamais brisée.
« Je vais leur annoncer la nouvelle, » j’informe Greg et Brass qui acquiescent de la tête en réponse.
On prend quelque instants pour nous concentrer et se préparer à ce qui nous attend, puis nous entrons dans la pièce, d’abord moi, Greg et enfin Brass. Le couple se lève en nous voyant et nous regarde avec des yeux pleins d’espoir.
« Mme et Mr Cavanaugh ? » je demande d’une voix rassurante.
« Oui, je suis Mark et c’est Judy, ma femme, » l’homme explicite en nous tendant la main.
« Je suis Sara Sidle de la police scientifique, et c’est Greg Sanders, mon partenaire. Je crois que vous connaissez déjà le Capitaine Jim Brass, » je dit pendant la traditionnelle session d’introduction.
« Mlle Sidle, nous cherchons notre fille et personne ne nous dit quoique ce soit…et nous ne comprenons pas pourquoi nous sommes ici…et… » Mme Cavanaugh commence. Elle est aussi grande que Cath, les cheveux bruns avec les yeux verts. Elle a une certaine grâce dans ses gestes, elle me rappelle vaguement Catherine au moment où Cake s’était enfuie.
« Melle Sidle si vous ne pouvez pas nous aider, je vous en prie, laissez nous partir car nous ne pouvons pas nous permettre de perdre de temps dans nos recherche, » Mr Cavanaugh ajoute, un peu plus calme que sa femme. C’est homme plutôt grand dans le mètre 80, musclé, mais principalement il renvoie l’image d’un ours en peluche plein d’amour.
« Mr et Mme Cavanaugh, je comprends votre détresse, je vous en prie, asseyez vous, » je réponds gentiment. Ils assoient et j’en fais de même en me mettant en face d’eux avec Greg à mes côtés. Brass reste debout un peu en retrait.
« Avez-vous une photo de votre fille ? » je leur demande. Il m’en procure une avec un léger sourire. J’étudie la photo avec grande attention et tous les espoirs que j’avais pour que ce ne soit pas leur fille s’envolent par la fenêtre. Je ferme mes yeux brièvement pour garder le contrôle de mes émotions. Il ne s’agit pas de moi. Je prends une grande inspiration avant de les regarder à nouveau.
« Comme on l’a dit au Capitaine Brass tout à l’heure, nous étions en week-end pour célébrer notre anniversaire de mariage. Nos enfants nous ont offert un voyage à Hawaii. Notre fille nous a appelé il y a deux jours pour nous dire que tout allait bien et qu’elle nous verrait à notre retour, Lundi. On l’a attendu toute la journée mais elle ne s’est pas montrée alors on a commencé à sérieusement s’inquiéter. Elle n’est pas comme ça, même quand elle est en colère elle tient parole. Elle nous tient toujours informé de l’endroit où elle se trouve et du moment où elle rentrera. On ne s’est pas inquiété plus tôt car elle est…elle est spéciale et parfois elle ne nous parle pas pendant plusieurs jours mais elle s’arrange toujours pour nous faire savoir qu’elle va bien, » Mark m’explique.
Il n’y a pas de façon simple de dire ça, de dire qu’une personne que l’on aime a été retrouvée morte, loin de tout ceux qui l’aime et seule.
« Mme et Mr Cavanaugh, » je marque une pause. C’est comme si le monde s’était mis à tourner au ralentit, la seconde de calme avant l’apocalypse. « J’ai peur d’avoir de mauvaises nouvelles, » je leur laisse le temps de tout assimiler, je veux qu’ils comprennent tout, pour ne pas avoir à me répéter. « Le corps d’une jeune fille correspondant à la description de votre fille a été retrouvé il y a deux jours de cela, » ma voix est calme, douce et posée, pour ne pas trahir toute la colère et la peine qui font rage en moi.
« Le...co…corps ? » Mark bégaye, s’assurant qu’il m’a bien comprise.
« Oui, Monsieur. »
« Est-ce que vous êtes en train de dire que notre fille…que Joan est…non...non…ça ne me convient pas…je ne veux pas entendre ça, » dit il en secouant la tête avec véhémence.
Joan. C’est donc son nom. Elle n’est plus qu’un corps mutilé, elle est Joan Cavanaugh. Joan Cavanaugh un autre nom que je n’oublierai pas, un autre fantôme pour hanter mes nuits.
« J’ai peur que ce ne soit la vérité, monsieur. Mais je vais devoir vous demander d’identifier le corps pour être sûre qu’il s’agit bien de votre fille. »
« Ce n’est pas possible…ça ne peut pas être possible… » Mark répète.
Je leur laisse un moment pour accuser le coup et comprendre la situation. Judy semble complètement à l’ouest, je pense qu’elle est en catatonie, ce qui est compréhensible.
« Je veut la voir, » Mark demande. S’il ne le dit pas tout haut je peux voir dans ses yeux qu’il me traite de ‘menteuse’.
Je les emmène jusqu’à la morgue mais avant qu’on entre je me tourne vers eux.
« Je veux vous soyez prévenus. Ce que vous allez voir risque d’être très difficile, » je leur dis calmement.
Nous entrons dans la morgue où Doc nous attend. Il tire le corps de son tiroir et soulève le drap avant de le placer sous le menton de Joan.
« Est-ce que c’est votre fille ? » je demande.
Mark ne répond pas et sort de la pièce alors Judy se met à pleurer. J’ai ma réponse. Je regarde Greg et silencieusement lui demande de s’occuper d’elle pendant que je me charge du mari.
Il est dans la salle d’attente en train de tourner en rond comme un fou. Je m’approche doucement de lui et pose une main sur son épaule, avant que je ne comprenne ce qu’il se passe je me retrouve au sol. Je me remets de la surprise après avoir atterri douloureusement par terre – mon souffle a été coupé par la vivacité du choc et je peux sentir ma poitrine déjà protester à l’agression, mais je me relève rapidement.
« Non…non, ce n’est pas vrai…pourquoi elle…non !... » il commence à lancer une chaise contre le mur de verre avant de l’attaquer avec ses poings. Je me place derrière lui et le retiens autant que je le peux. Je passe un bras en dessous de son épaule gauche et l’autre au-dessus de son épaule droite – je me reçois ses coudes dans les côtes et sur ma pommette dans le feu de l’action. Je bloque mes mains ensemble pour l’empêcher de bouger, je réussi à garder une prise ferme sur lui malgré son avantage physique sur moi, il continue à se débattre pour se libérer.
« Non…laissez moi, laissez moi… » il crie alors que je resserre mon étreinte. « Non…non…non… » il répète dans des sanglots à déchirer le cœur. Son corps se détend et on tombe tous les deux par terre. Ses sanglots se réverbère contre moi et je peux sentir ses larmes couler contre mes mains. « Non… »
Il se tourne un peu vers moi et s’accroche comme pour se retenir de tomber. Je ne desserre pas mon étreinte et le tient pendant qu’il sombre dans un désespoir profond et une douleur infinie.
Je me rends compte que quelques officiers nous entourent et que Greg est au milieu de la pièce. Je leur fait signe que tout est sous contrôle d’un simple signe de tête.
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Je ne sais pas combien de temps nous sommes restés sur le sol mais à un moment on s’est levé. Je sais, en revanche que mon corps proteste amèrement contre mes nouveaux bleus. Ma pommette est enflée et très sensible, j’ai même un bleu en bonus. Pour le reste je n’ai pas regardé mais si la douleur est une indication je dirais que ça ne doit pas être mieux. J’ai mal quand je respire, c’est loin d'être plaisant mais ce n’est pas grave, les bleus et la peine physique disparaissent à un moment ou à un autre.
Une fois qu’il s’est calmé, Mark a appelé le reste de ses enfants. Un peu plus tard six jeunes gens – adolescents ou jeunes adultes – sont arrivés au labo. Les frères de Joan – Jared, Howard, Tim et Aaron – ainsi que ses sœurs – Jessie et Lily, ont appris la nouvelle, ils ont fait de leur mieux pour consoler leurs parents, partageant leur peine.
Pendant que les enfants attendent à l’extérieur, Judy et Mark sont assis dans une salle d’interrogation. Ils pleurent et réalisent doucement la mort de leur fille. Après que Mark ai craqué on leur a donné un peu de temps ensemble, amis il est temps de poser des questions.
Mark semble plus calme et posé tandis que Judy sanglote toujours un peu, en tenant la main de son mari. Je les observe silencieusement, Mark a pris le rôle de pilier de la famille comme on a sûrement dû lui apprendre.
Il n’y a rien de pire que d’être témoin de la souffrance d’autrui sans pouvoir l’apaiser, car même quand j’aurais trouvé l’assassin de Joan, la douleur sera toujours présente. On me reproche souvent d’être trop proche des victimes, trop apathique, mais comment pourrai je faire autrement ? C’est comme si leur douleur me rampait sous la peau, elle suinte par tous mes pores. Et quelque part c’est justement parce que je peux encore sentir cette peine que je peux continuer à faire mon job, c’est sentiment qui me galvanise pour chercher la justice.
Une question continue de me perturber. Comment se fait il que personne ne se soit manifesté plus tôt ? Ils semblent tous très proches les uns des autres, comment se fait il que personne ne se soit inquiété plus tôt ? Comment Joan a-t-elle pu se retrouver si seule alors qu’elle a une telle famille ?
Je me sens vraiment perdue, et à cet instant la seule chose que j’ai envie de faire c’est de partir et de démissionner. Je sens une main sur mon épaule. Je me tourne et vois Greg qui me réconforte silencieusement. C’est étonnant à quel point il sait ce dont j’ai besoin et me le procure sans même que j’aie à le lui demander. Depuis qu’on a mis les choses au clair entre nous on partage cette étrange, mais rassurante connexion. Je hoche un peu la tête pour lui dire que je suis prête.
Nous entrons dans la pièce et Mark se lève immédiatement.
« Melle Sidle, je voudrais m’excuser pour mon comportement tout à l’heure…je ne m’excuse pas pour avoir craqué mais pour vous avoir blessée…je suis vraiment désolé, » dit il comme un petit garçon qui avouerait ses torts.
« J’accepte vos excuses et aucun mal sérieux n’a été fait, » je lui dis avec un léger sourire compréhensif. Que sont quelques bleus comparé à la douleur de perdre un être cher ?
Il acquiesce et se rassoit près de sa femme. Je regarde Greg une dernière fois pour m’assurer qu’il est prêt à prendre des notes pendant que je mène l’interrogatoire.
« Je vous présente mes sincères condoléances, » je commence. « Je comprends que vous soyez en train de traverser une épreuve difficile. Je sais que ce n’est pas le meilleur moment mais j’ai besoin de vous poser quelque question à propos de Joan. »
« Que lui est il arrivé ? » demande Mark
« Elle a été mutilée et poignardée, » aussitôt que les mots quittent ma bouche Judy étouffe un sanglot. Je leur laisse le temps de digérer la nouvelle, avant de poursuivre. « Vous a-t-elle parlé de quelqu’un qui l’ennuyait ? »
« Non. Joan n’est pas très sociable, mais elle ne cherche pas les ennuis pour autant, » Judy dit en pleurant.
« Y a-t-il un endroit où elle devait se rendre vendredi ? »
« Elle a dit qu’elle irait à la bibliothèque puis qu’elle resterait chez Howard pour le week-end,» elle continue.
« Howard…votre second fils ? »
« Oui. Il vit seul et il part toujours en camping le week-end, alors il laisse sont appartement à ses frères et sœurs. Vous savez…pour qu’ils puissent faire des fêtes ou bien avoir un moment à eux. Jared fait la même chose. Comme ça ils peuvent s’éloigner de nous quand ils en ont besoin, » Mark m’informe. « Parfois ils passent des jours ensembles pendant la semaine. Ils sont très proches les uns des autres, comme une famille devrait être. »
Ouais, comme un famille devrait être.
« Nous n’avions pas de raisons de nous inquiéter, c’est une chose commune chez nous, » Judy ajoute.
« Devait elle voir des amis ce week-end ? »
« Joan, n’a pas… » Mark ferme les yeux et se reprend. « Joan n’avait pas beaucoup d’amis.»
« Je sais qu’il y avait des gens qu’elle fréquentait à l’école mais elle n’avait pas beaucoup de vrais amis. Elle était plutôt solitaire, même au sein de notre famille, » Judy annonce.
« Je me souviens qu’elle a invité une amie à dîner une fois…Tawny, je pense que c’était son nom. Après ça, elle est venu une fois de temps en temps mais c’est tout, » Mark dit après quelques minutes de réflexion.
« Savez vous où je peux joindre Tawny ? »
« Non, nous ne connaissons même pas son nom de famille, ni même où elles se sont rencontrées, » Mark confesse.
« Vous n’avez jamais demandé ? »
« Il faut que vous compreniez que c’était bon de voir que Joan s’était enfin faite quelques amis. C’était un grand pas en avant pour elle de trouver quelqu’un en qui elle avait confiance, en dehors de la famille je veux dire. On avait un très grand respect de sa vie privée. On ne lui demandait jamais rien à moins qu’elle n’aborde le sujet, » il continue.
Jusqu’ici ça ne nous mène pas bien loin de la case départ. Il me reste quelques questions à posées mais elles ne sont pas plaisantes.
« J’aimerai vous parler séparément, » je leur annonce.
« Ce ne sera pas nécessaire, nous ne nous cachons rien, » Mark affirme.
« Très bien…l’autopsie a révélé que Joan avait été abusée sexuellement à plusieurs reprises. »
« Son père abusait d’elle régulièrement, » dit Judy avec colère.
« Les abus ont cessé lorsqu’elle avait 13 ans, quand on l’a adoptée, » Mark ajoute.
Ça explique donc sa personnalité solitaire. Et ça confirme notre théorie sur le mot ‘sinner’. Plus encore, ça veut dire que le tueur connaissait cette information.
« Qui était au courant ? » j’interroge.
« Nos enfants, nous, et c’est tout…non attendez, elle en a peut être parlé à son thérapeute, le Dr. Henry, » Mark répond.
« Est-ce que Joan a été bien acceptée au sein de votre famille ? Est-ce que vos enfants l’ont adopté aussi ? »
« Oui bien sûr », Mark dit cela comme si c’était une évidence. Il suit mon train de pensée et soudain s’énerve un peu. « Vous ne pensez tout de même pas que l’un d’entre eux a pu faire une chose pareille ? » s’exclame-t-il outré.
« Sans vouloir manquer de respect à vous ou votre famille, il est de mon devoir de tout envisager, » j’essaye de calmer le jeu. « Avec votre permission j’aimerai interroger chacun d’entre eux pour voir s’ils peuvent nous donner plus information. »
« Ils n’ont rien fait de mal, ils s’aiment les uns les autres et ils protégeaient Joan, » il me fixe du regard avant de soupirer. « Faites ce que vous avez à faire pour trouver le monstre qui a fait ça à notre précieuse fille, » dit il avec les yeux plein de larmes.
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Après trois heures passées à interroger le reste de la famille Cavanaugh, il semblerait que Joan était une fille fragile mais très gentille. Il est évident qu’aucun d’entre eux n’a fait une telle chose, l’amour et l’intérêt qu’ils ont pour Joan crève les yeux.
Résultat on n’a toujours rien pour nous faire avancer sur cette affaire. Alors que Greg et moi sommes en train de revoir chaque détails avec minutie mon téléphone sonne.
« Sidle. »
« Vous n’allez pas aimer ça. »
« Brass, à cet instant précis je ne peux pas penser à une seule chose qui puisse empirer tout ça… » je répond d’un air exaspéré.
« Je ne parierai pas de monnaie la dessus si j’étais vous, » dit il avant de nous donner une adresse et de raccrocher.
« On est parti pour enchaîner un second service Greg. »
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« Brass ? » je l’appelle des que je suis à son niveau.
« Connie Philips, 18 ans, caucasienne, brune. Elle était seule chez elle pendant que ses frères étaient à un match de foot, » il nous informe sans émotions.
« Qui l’a trouvée ? » Greg demande.
« Terry Philips, un de ses frères, il avait un rendez vous galant. »
« J’aurais à lui parler, » j’informe Brass.
« Il attend avec deux officiers, » Brass continue tout en nous dirigeant dans la maison.
« Ok, Greg, j’aimerai que tu… » je ne fini pas ma phrase à mesure que j’assimile la vision devant moi.
Le corps d’une jeune fille est allongé par terre au milieu du salon. Elle porte une robe blanche maculée de sang et ses mains reposent sur sa poitrine tenant une fleur de lys blanc. Les mots ‘forgive me’ couvrent sa chair. Des ailes ont été dessinées sur le sol de chaque côté de ses épaules et sur le mur au dessus d’elle on peut voir les mots ‘fallen angel’.
Tout le monde pense qu’il n’y a rien de pire dans notre job qu’un cadavre à un stade avancé de décomposition, en ce qui me concerne il n’y a rien de pire que le sentiment de déjà vu.
Ça c’est du déjà vu.
Et merde.
Chapitre 42 : Catherine
Enfin ce service est terminé…
On a dû traiter avec des victimes pas très coopératives. Je ne comprends vraiment pas les gens. On leur annonce qu’une personne à qui ils tiennent est décédée, ils pleures en affirmant que leur monde vient de s’effondrer et quand on leur demande de l’aide ils nous regardent comme si on venait de les insulter, comme s’ils ne tenaient pas à ce point à cette personne et nous referme la porte au nez. Parfois les gens sont vraiment durs à suivre.
Ça et pour être franche ma tête était un peu ailleurs ce soir. Oui, vous l’aurez deviné, je pensais à Sara.
Non pas que je ne pense pas à elle tout le temps, mais généralement quand vient l’heure du boulot je me concentre. Ce soir, je n’ai pas réussi à penser à autre chose qu’à elle. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à ce sentiment viscéral que quelque chose de mauvais allait nous arriver. Je ne peux pas m’en empêcher. Je ne connais pas Sara, mais je sais comment elle fonctionne, ou du moins la plupart du temps je le sais. Je sais bien que ce qu’il s’est passé ce matin à la maison ne sera pas expliqué, qu’on n’en parlera pas à moins que je remette tout sur le tapis. Je la connais bien et je sais que le sujet est clos pour elle, et qu’en ce qui la concerne rien ne s’est passé.
Je n’arrive pas à faire ça. Je ne peux pas aller de l’avant juste comme ça. J’ai besoin de savoir où je mets les pieds, de savoir ce qu’il se passe. Etre en couple avec Sara c’est compliqué, car Sara est une personne compliquée. Dès que j’ai l’impression d’avoir saisie comment elle fonctionne la seconde d’après tout fait un 360° et je me retrouve perdue à nouveau. Elle se cache du monde la plupart du temps et je dois dire que ça me fait mal de l’admettre mais elle se cache de moi aussi.
Tout le monde se cache, c’est un mécanisme de défense naturel. Je ne suis pas en train de dire que tout le monde prétend être ce qu’il n’est pas, je dis juste qu’il y a toujours certaines choses qu’on ne montre pas ou du moins qu’on ne montre qu’à un nombre limité de personne. Des personnes en qui on a confiance, pour qui on a envie de se mettre à nu. C’est normal on a tous notre jardin secret.
Sara ne fait jamais ça, elle ne se met jamais à nue. Elle n’ouvre jamais les portes de son jardin secret, en fait c’est plus comme si elle faisait tout pour garder ces portes fermés et en bannir l’entrée. Parfois dans un instant de faiblesse les portes s’ouvrent mais se ferment aussi tôt.
Bien sûr elle me parle des affaires, de ses études, de ses passe-temps, des choses qu’elle préfère, de tout ce que j’ai envie de savoir tant qu’elle n’a pas à se dévoiler.
Quant il s’agit de parler d’elle, de ses peurs et insécurités, de son passé, elle évite toujours le sujet.
Je ne suis pas complètement aveugle je sais bien qu’elle a fait quelques efforts pour me parler de son passé, et j’apprécie sa confiance et je préfèrerais mourir plutôt que la trahir. Mais la plupart du temps j’ignore ce qu’il se passe dans sa tête, je sens bien la distance entre nous, parfois c’est comme si on n’était pas sur la même planète.
C’est un sentiment perturbant de ne pas connaître la personne avec qui je partage ma vie, personne qui se trouve être la plus proche de moi. Ce qui me perturbe le plus c’est qu’à l’inverse cette personne sait presque tout de moi.
Je ne connais pas Sara, mais quelqu’un la connaît et ce quelqu’un n’est pas moi, c’est quelqu’un qui était son amant par le passé, son premier amant. Travis la connaît, mais je préfère ne pas penser à ça pour le moment.
Ce sentiment d’ignorance me rend malade, il me brûle de l’intérieur depuis qu’elle et moi sommes proches et aujourd’hui c’était pire pendant notre service.
Ensuite il y avait un sentiment puissant d’inquiétude. J’étais dans un labo avec Mia, on était en train de parler des résultats des tests, quand j’ai entendu des cris et des bruits violents. Quand je suis remontée à la source du raffut, j’ai vu Sara en train de lutter avec un homme grand, musclé et hors de lui. Tout à coup le type s’est mis à pleurer pendant que Sara le consolait. Je voulais rester, je voulais crier sur cet imbécile pour lui faire du mal. Je voulais être la pour elle et prendre soin d’elle, mais le devoir m’a rappeler à l’ordre, en plus Sara m’en aurait voulu pour être aussi protectrice, parce qu’on était au boulot et que Greg était là et que la situation était sous contrôle, par conséquent je n’avais aucunes raisons de rester à ses côtés autre que mon amour et mon inquiétude.
Alors j’ai passé le reste de mon service à me demander si elle allait bien. Puis je l’ai à peine croisé en salle de repos et là elle m’a complètement ignorée. Elle a juste pris le temps de préparer deux tasses de cafés et est repartie, cela dit je n’ai pas manqué de remarquer le bleu sur son visage et ça m’a encore plus énervé contre l’autre dingue.
Encore une heure et je la verrai à la maison, c’est peut être la seule pensée rassurante que j’ai eu de tout le service.
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Je rassemble mes affaires dans le vestiaire pour rentrer à la maison, mais d’abord j’aimerai demander à Sara quand elle pense être de retour à la maison. Je fais un premier tour dans les labos mais ne la trouve pas – je vérifie même ses endroits reclus. Après une recherche infructueuse je décide d’aller dans le bureau de Grissom, je crois qu’il pourra m’aider.
« Entrez, » j’entends avant que je n’ouvre la porte. « Catherine, c’est bon de te voir. Comment ça se passe de ton côté ? »
« Ça va, je te remercie. »
« Est-ce que je peux faire quelque chose pour toi ? »
« Je cherche Sara. »
« Oh. Elle a été rappelée sur le terrain par Brass… » il marque une pause et regarde sa montre. « Il y a environ trois heure, donc si elle n’est pas au labo, il y a fort à parier qu’elle soit encore là bas avec Greg. »
« Oh, on dirait que votre service est très occupé, » je dis avec une pointe de déception.
« Tu veux que je lui laisse un message ou autre chose ? »
« Non, ça ira. Je voulais juste savoir quand elle pensait être de retour à la maison, mais je l’appellerai plus tard…enfin, merci quand même. »
« Je t’en prie, » il me répond en souriant.
Je tourne les talons et refais une tour dans tous les labos et les vestiaires, mais j’obtiens le même résultat. Je me décide donc à partir et juste au moment où j’atteins l’entrée du labo Greg entre, peut être que j’aurai de la chance en fin de compte.
« Hey Greg. »
« Catherine, » il me répond platement, O-k…
« Sara n’est pas avec toi ? »
« Elle…elle prend une pause dehors, » il s’arrête l’air pensif. « Ecoute, je dois emmener ça dans les différents labos, excuse moi, » dit il en me montrant les sacs de preuves dans ses mains, il me sourit faiblement avant de disparaître dans les couloirs.
Je ne sais pas sur quoi ils travaillent mais ça doit être une grosse affaire, c’est la seule chose qui expliquerait que Greg soit si peu morose. Même fatigué ce mec fait le clown, et là c’est à peine s’il m’a parlé et il n’a même pas fait de blague. Pire encore, il m’a appeler par mon prénom complet bien que je n’étais pas énervée contre lui. Vu l’état de Greg je n’ose même pas imaginer l’état de Sara.
Je suis sur le point de rejoindre ma voiture quand j’aperçois Sara assise sur le trottoir assez loin de nos quartiers généraux. Je marche vers elle mais elle ne semble pas me remarquer même lorsque je m’assois à ses côtés.
Je peux le confirmer maintenant, quelque soit l’affaire sur laquelle elle travaille, c’est une très mauvaise affaire. Comment je le sais ? Facile, elle est en train de fumer. Je salive rien que de penser au goût d’une cigarette, mais je résiste à la tentation. Son autre main est en train de jouer avec l’anneau qu’elle porte à une chaîne qu’elle a autour de son cou. C’est peut être le seul bijou qu’elle possède mais elle ne le quitte jamais. Elle est très protectrice ce cet anneau, je lui ai demandé une fois l’histoire qui se cachait derrière, mais elle a répondu que c’était quelque chose qu’elle ne pouvait pas partager. Tout ce que je sais c’est que cet anneau a des lignes et courbes celtiques à l’extérieures.
J’attends une minute entière en silence, lui donnant ainsi le temps de se rendre compte de ma présence, mais elle continue à regarder dans le vague, son corps est tendu et son expression est aussi dure que la pierre.
« Je pensais que tu avais arrêté, » je dis gentiment.
Elle sursaute légèrement au son de ma voix. Son expression devient encore plus froide qu’il y a une seconde, elle prend une autre bouffée de sa cigarette mais ne me regarde pas.
« Ne me fais pas la leçon, pas toi , pas maintenant, » elle se tourne vers moi et me regarde sans émotions. « S’il te plait, » cette dernière partie est dite gentiment mais elle n’efface pas la dureté de ses premiers mots. Une fois encore elle détourne son regard.
Une autre minute s’écoule sans qu’elle ne m’adresse la parole. Pour la première fois, j’ai une vue claire sur sa blessure. Sa pommette est enflée et ornée d’un bleu. Sans pouvoir m’en empêcher je tends la main et effleure sa peau du bout de mes doigts. Je l’entends prendre un petit souffle et grimacer légèrement, je retire ma main immédiatement.
« Désolée. »
« Non ça va, ça ne fait pas si mal que ça, » elle répond, coupant court toute discussion sur le sujet.
Le silence retombe une fois de plus. Vous voyez ce que je veux dire ? Maintenant elle est en train d’errer quelque part et moi je suis la comme une imbécile essayant de l’atteindre en vain. Elle tire une dernière fois sur sa cigarette avant d’écraser le mégot par terre.
« Un penny pour tes pensées ? » je décide de changer d’approche.
« Hein ?...oh…je….désolée, » elle me répond. Elle prend une grande inspiration, la retient et la relâche après quelques secondes. « Comment était ton service ? »
« Ne fais pas ça, » je lui dis avec un peu de frustration. Elle fait toujours ça, m’envoyer paître dès que je lui demande de s’ouvrir un peu à moi. C’est comme si je lui demandait quel temps il faisait et qu’elle me répondait qu’elle a mangé des patates aujourd’hui. Bien sûr elle le fait d’une façon subtile mas le résultat est le même au final.
« Ne fais pas quoi ? »
« Ça. Tourner le tout autour de moi. Tu peux me parler tu sais, » je lui dis en lui caressant la nuque doucement. Elle me regarde un peu embarrassée et paniquée avant de regarder ailleurs.
« J’ai une affaire difficile c’est tout. Je n’ai juste pas envie d’en parler, » elle répond sur la défensive avant de rejeter mon contact.
C’est typiquement Sara. Elle peut s’énerver à la moindre étincelle. Je sais qu’elle ne m’en veut pas personnellement, et qu’elle se sent juste vulnérable. Et puisqu’elle ne peut pas supporter de montrer sa faiblesse alors elle me repousse pour se protéger. N’importe quel autre jour j’aurais mordu à l’hameçon, j’aurais été vexée et je l’aurais poussée à me parler et on aurait eu une violente dispute. Mais aujourd’hui je suis trop inquiète trop fatiguée et trop perdue pour ça, alors je laisse passer.
« Ok. Viens me voir si tu change d’avis, je n’ai pas l’intention de partir, » je soupir. « Je te cherchais pour savoir quand tu pensais renter, mais on dirait que ton service est loin d’être fini. Donc… » J’attends un peu mais elle semble déjà perdue dans ses pensées. « Ok ben, je vais y aller dans ce cas, » je lui embrasse la joue tendrement et me lève. « A plus tard, » je dis avant de me diriger vers ma voiture.
Je suis blessée et confuse. Je souhaiterai tellement qu’elle me parle. Je souhaiterai que tout cela soit facile. C’est dur de savoir qu’en dépit de tout elle ne m’a toujours pas laissée pénétrer sa forteresse, je suis toujours à l’extérieur de son monde. C’est injuste surtout quand on sait qu’elle est tout mon monde.
Le temps que j’atteigne la voiture je suis au bord des larmes….super.
« Cath ? »
Je sursaute au son de sa voix. « Bon sang, tu m’as fait peur, » je lui dis avant de me retourner. J’oublie souvent qu’elle se déplace silencieusement.
« Désolée. »
Elle a les mains dans ses poches, et elle se balance légèrement d’un pied sur l’autre, comme si elle ne savait pas quoi faire. Elle fixe ses chaussures avant de me regarder à nouveau. Il semblerait que je ne sois pas la seule à être au bord des larmes. Je vois bien qu’elle lutte pour trouver ses mots. Au final elle m’étreint de manière un peu maladroite mais ferme. Je m’abandonne dans ses bras et elle me serre un peu plus.
« Ce n’est pas toi…c’est…c’est cette affaire…c’est… » elle essaye. Sa voix est à peine plus forte qu’un murmure. « C’est très dur pour moi…je ne fais pas exprès d’être comme ça…je ne veux pas être comme ça…je t’en prie pardonne moi…je…c’est… »
Je sens qu’elle en a déjà dit beaucoup, même si en soi c’est très peu.
« T’en fais pas, je comprends, » je la rassure. « Je veux juste que tu n’oublies pas que je suis là pour toi. Tu peux me parler, » je répète.
« Je sais…mais…c’est dur pour moi, » elle répond après un long silence.
On s’étreint pendant une longue minute, puis elle se retire et me regarde timidement. Je lui caresse la joue, lui indiquant silencieusement que tout va bien, que le fait pour elle de demander un peu de réconfort ne signifie pas qu’elle est faible, juste humaine.
« Je te vois plus tard à la maison, » dit elle avant de m’embrasser doucement sur la joue. « Sois prudente. »
« Promis, à plus tard, » je lui souris gentiment et pose un léger et furtif baiser sur ses lèvres. « Je t’aime. »
« Moi aussi, je t’aime. »
Je pense que de temps en temps elle a besoin que je lui rappelle que ce qu’on partage est réel, et puis de toute façon je pense qu’il n’y a pas d’occasion spéciale pour dire au gens à qui on tient qu’on les aime – j’ai faille perdre ma fille deux fois et c’est bien la leçon que j’en ai retenu. Vous me trouvez peut être un peu trop guimauve ? En toute franchise, je m’en fiche pas mal.
Je monte dans ma voiture et mets ma ceinture avant de faire tourner le moteur, je la regarde une dernière fois et m’en vais pendant qu’elle me fait un signe de la main.
Chapitre 43 : Sara
Cinq minute après que Cath soit partie et une cigarette plus tard je me décide à retourner à l’intérieur. Je rejoins Greg dans notre labo et met une paire de gants avant de l’aider à examiner les preuves.
« Cath te cherchait, » m’informe-t-il sans quitter la robe de Connie Philips.
« Je sais, je l’ai vue, merci. »
On travaille en silence. Cette affaire est très perturbante et j’ai le sentiment que ça va devenir encore plus bizarre.
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« Comment est-ce que tu t’y habitue ? » Greg me demande soudain.
Ça fait plus d’une heure qu’on est penché sur la table en train de tout examiner au peigne fin.
« Tu veux bien élaborer ? » je lui demande.
« Tout est si différent à l’extérieur, » il répond.
Je me demande s’il m’a entendu, peut être que je suis tellement fatiguée que mon cerveau ne me traduit que la moitié des infos, dans tous les cas je n’arrive pas à suivre Greg à cet instant. Il me regarde et renifle avec un léger sourire.
« Quand j’étais un rat de laboratoire je pouvais faire semblant. Peu importe ce que vous me donniez, du sang, du sperme, de la salive, ou même des excréments, ça n’avait pas d’importance. C’était comme un jeu pour moi. C’était excitant de toujours avoir réponse à tout. Je me sentais planer dès que mes résultats avaient aider à résoudre vos affaires, » il rit doucement.
Il me regarde, me scrute pour voir si je le suis. Je penche ma tête légèrement sur le côté et l’encourage à finir sa pensée.
« Ce n’était rien que des vêtement sales, des tubes d’analyses, des cheveux ou autre…c’était…abstrait, à tel point que je me fichais de l’histoire qui se cachait derrière, à la fin de la journée je pouvais prétendre que ce n’étais pas vraiment du sang ou autre substance, quelque part dans ma tête je pouvais me dire que ce n’était pas réel. Je pouvais aller de l’avant facilement. Mais là, je ne peux pas. Maintenant…tout est réel, » il secoue la tête. « Tu dois croire que je suis fou. »
« Ce n’est pas nouveau, » je plaisante.
« Ouais… » il sourit. « Tu m’avais prévenu à ce propos, et maintenant je sais ce que tu voulais dire. »
« Jamais. »
Il fronce les sourcils, cette fois-ci c’est lui qui est perdu.
« On ne s’y habitue jamais, » je précise. Il acquiesce et je peux voir la déception dans ses yeux. Je prends une grande inspiration « Promets moi quelque chose. »
« Tout ce que tu veux, » répond-t-il sans la moindre hésitation. Je suis un peu surprise par la confiance qu’il a en moi. Il a l’habitude de dire qu’il ferait n’importe quoi pour moi sans y penser à deux fois, être témoin de la véracité de ses propos c’est différent. C’est rassurant tout en étant un peu effrayant.
« Le jour où tu t’habitues à tout ça, le jour où la vision des atrocités qu’une personne puisse faire à une autre t’es indifférente, le jour où tu ne ressens aucune révulsion ou colère à cause de tout ça, si ce jour arrive promets moi de démissionner aussi vite que tu le peux. »
Il absorbe mes paroles et y réfléchit. Il acquiesce silencieusement avant de répondre « Je te le promets. »
« Greg, la seule raison qui nous rend bon à ce métier c’est parce qu’on ne s’habitue pas à tout ça, parce que quelque part on garde espoir qu’un jour on fera la différence et que tout ira mieux. Si on s’y habituait alors on ne serait pas mieux que tous ceux qu’on met derrière les barreaux tous les jours, » je lui explique.
Je le prends dans mes bras et il me serre contre lui avant qu’on se désengage.
« Merci… » dit il timidement.
« Pas de problème…tu sais… » je commence mais mon pager prend vie. « C’est Doc. »
On commence à se diriger vers la morgue mais je retient Greg un peu car je sens qu’il a honte de ce qu’il a dit. « Juste parce que tout ça t’affecte ne veut pas dire que tu est faible ou un mauvais investigateur, c’est un rappel que tu n’est qu’un simple être humain. »
Il soupir de soulagement en hochant la tête.
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« Hey Doc, j’ai eu votre message, » je le saluts en entrant.
« Vous n’allez pas aimez ça, » dit il en faisant écho à Brass.
« Vous avez parlez à Brass récemment ? » je lui demande intriguée.
« Non, » répond-t-il en se dirigeant vers la table où le corps de notre victime est allongée et recouverte pas un drap.
« Dans ce cas, je déteste déjà ce que vous allez me dire. C’est la deuxième fois que j’entends ces mots en moins de 5 heures, ça ne peut pas être bon signe. »
« Inversons nos rôle un petit peu, » demande-t-il.
« O-k… » je réponds un peu prise de court.
« Dîtes moi ce que vous appris sur le corps de la victime, » dit il.
« Je n’ai pas examiné le corps, vous oui alors comment… »
« S’il vous plait, faites moi plaisir. »
« Ok, » je prends une minute pour me concentrer sur ce que je sais sur Connie. « Ses bras et ses jambes son couverts avec des lacération formant les mots ‘forgive me’, » soudain l’image de Joan refait surface. « Les lacérations sont assez profondes pour laisser des cicatrices mais pas assez pour faire de vrais dégâts. Il n’y a aucun signe de défense, et il y a de fortes chances qu’on retrouve des traces de soporifique dans son système, » puis je repense à un détail important. « Le mot ‘sinner’ a été poignarder dans son estomac provocant une hémorragie interne, entraînant sa mort. »
J’ai failli oublier ce détail parce que contrairement à Joan, le frère de Connie avait rabaissé la robe de façon à préserver la dignité de sa sœur.
« Vous voyez ? Vous vous en sortez très bien jusqu’ici, » Doc constate. « Mais, il y a une raison pour laquelle je fais mon job, trouver les détails, » il prend les mains de Connie et les dévoile. « Vous voyez ces lignes pales sur ses poignets ? »
« Elle a tenté de se suicider, » j’indique.
« Peut être que ce n’était qu’un appel à l’aide, une façon pour elle d’obtenir de l’attention, » Greg suggère.
« J’en doute, regarde la manière dont elle s’y est prise, » je lui dis alors qu’il se penche un peu pour avoir un meilleur angle de vue. « Elle a fait des coupure verticales en suivant le tracé de ses veines de cette façon elle perdrait beaucoup de sang en relativement peu de temps. Si elle ne cherchait qu’à attirer l’attention elle aurait coupé horizontalement car ça aurait pris plus de temps et fait moins de dommages, » je lui dit fermement.
Je parle par expérience, mais ce n’est pas le moment de laisser mon passer refaire surface.
Greg fait un signe de tête prenant en compte toutes ces nouvelles informations. Doc me regarde intensément. Peut être que je suis parano, mais je pense qu’il a entendu ma confession détournée. Il le sait, je le sais et il sait que je le sais. Je me sens soudain comme nue car je sais qu’il connaît un de mes petits secrets maintenant. « Enfin, ce n’est que mon opinion, » j’ajoute.
« Je confirme, votre intuition est bonne,» Doc réponds. « Revenons en à ce qu’elles ont en commun. »
Je repense à l’autopsie de Joan, et essaye de rassembler toutes les informations que ma mémoire a enregistrées. « Connie a été abusée, » je constate plus que je ne demande.
« En effet. Il y a des cicatrices dans sa zone vaginale, » la voix de Doc masque à peine sa consternation à cette nouvelle preuve de la folie humaine. En ce qui me concerne je serre les dents pour contrôler ma colère.
« Et ne me dites rien, je parie que le kit de viole est revenu négatif, » j’ajoute et vois Doc faire un signe de tête en réponse.
« Elles ont d’autres choses en commun, » Doc continue.
« Elle a un tatouage, » Greg répond.
« Correct, continuez, » Doc nous encourage.
« Elles ont un tatouage identique ? » Greg essaye.
« Mon salaire que c’est le ‘f.u.n.’ » je raisonne.
« Bien joué, » Doc répond en nous montrant le tatouage en question.
C’est là que j'analyse les mots de Doc. « Attendez, vous avez dit ‘d’autres choses’. Qu’est que ça veux dire ? Elles ont plus d’un tatouage en commun ? » je peux voir que Doc apprécie mes qualités de déduction.
« A vrai dire, c’est là que ça devient intéressant. Elles n’ont pas qu’un seul tatouage en commun. Elles ont tous leurs tatouages en commun. »
« Tous ? » Greg et moi répondons surpris.
« Tous, et ils sont au même endroit, » Doc confirme.
« Attendez, attendez, vous êtes en train de nous dire que non seulement elles ont les mêmes tatouages mais en plus ils sont exactement au même endroit, » Doc acquiesce à mon imitation du perroquet bien entraîné.
« Précisément. »
Il lève le corps de Connie sur les côtés pour qu’on puisse voir les autres tatouages de par nous même. On peut voir un ange aux ailes noirs en train de pleurer sur le bas de son dos ainsi qu’un paire d’ailes sur chacun de ses omoplates.
« Ok, faisons une petite équation. Soient deux personnes qui ne se connaissent pas du tout, qui ont l’idée de se faire tatouer. Par une pure coïncidence elles vont chez le même tatoueur, elles demandent le même tatouage et décident de l’avoir au même endroit, à des moments différents bien sûr. Maintenant, d’une manière générale, un tatouage est complètement personnel, je veux dire, même si un tatoueur est chargé de faire le même tatouage à plusieurs personnes, les tatouages ne se ressembleront pas, ils seront différents selon le goût de chaque client. Donc la probabilité pour que notre situation se produise se situe quelque part entre inexistante et 0,01 chance sur quelque chose comme 1 milliard ; et même là je pense que je suis généreuse sur les statistiques. Et encore on ne parle que d’un tatouage là, » je raisonne tout haut. « En conséquent, en prenant tout ça en considération, quelle est la probabilité pour la même équation et trois tatouages ? » je demande.
« Quelque chose comme inexistante et 0, 01 chance sur 3 milliards, » Greg répond en levant le doigt.
« Conclusion ? » je continue.
« Elles se connaissaient, » il donne voix à mes pensées.
« Ou du moins elles sont liées l’une à l’autre, » je réplique.
« Et si c’était une sorte de secte ? » Greg demande.
« Je ne sais pas, mais on doit rester ouvert à toutes possibilités, » je lui dit. Je me tourne vers Doc. « Autre chose Doc ? »
« Non, c’est tout ce que j’ai. »
« Ok, merci. Au moins on a une piste, » j’annonce en sentant les premiers frissons d’adrénaline me parcourir le sang.
Greg et moi sortons de la morgue pour retourner dans notre labo.
« J’ai oublié de demander quelque chose à Doc, je te rejoins tout de suite ok ? »
« Pas de problème, » Greg répond.
Je retourne à la morgue et trouve Doc en train de remettre le corps de Connie dans un compartiment.
« Doc, je viens juste de penser à quelque chose. Il faut à peu près une semaine pour que la peau cicatrise après un tatouage. Je sais que si les tatouages sont récents alors la peau devrait être rose et très sensible à cause des petits résidus de sang. Est-ce que vous auriez remarqué quelque chose de la sorte sur Joan ou Connie ? »
« J’ai pris de l’avance sur vous. Un de mes fils s’est fait tatoué l’an dernier, » me dit il avec un doux sourire. « J’ai vérifié les tatouages de Joan et Connie et aucun d’entre eux n’étaient aussi récents. »
« Merde, » je jure entre mes dents.
« Il faut environ un an pour que la peau absorbe complètement l’encre mais il est impossible d’établir une chronologie quand la peau ne montre aucune réaction. »
« Oui, je sais. Je pensais que c’était peut être une forme de rituel pour le tueur. Tatouer ses victimes avant de les mutiler, » je dit avec un soupir. « Bon, Greg m’attend, à plus tard Doc. »
« Sara… » il me rappelle, je le regarde avec appréhension.
Je suis sur le point de jouer la carte de l’ignorance et lui demander de quoi il veut parler, mais on sait tous les deux que ce serait un mensonge aussi gros qu’un camion. Il me scrute intensément, attendant mon assentiment pour continuer ou un signe pour ne pas poursuivre sur le sujet. Vu que je ne réagis pas, il prend une décision.
« Je sais que je dépasse les limites de votre vie privée mais…je pense que c’est quelque chose qui a besoin d’être dit, » je me contente d’acquiescer avant qu’il ne continue. « Je suis heureux que vous ayez manqué votre coup. »
« Merci…je suppose, » je hausse les épaules mais mon inconfort se voit alors que je me balance d’un pied sur un autre. « Doc, personne ne… »
« Sara, » il me coupe. « Je travaille avec les morts, alors à moins qu’ils n’apprennent à parler, personne ne le saura, » il me répond gentiment. « Et puis je ne sais pas de quoi vous parler, » dit il avec une très convaincante expression de naïveté.
Je lui fais un signe de tête avec un léger sourire. « Je ferais mieux d’y aller, Greg m’attend, » je répète en pointant la porte du doigt.
« Ok, à plus tard. »
« A plus tard, Doc. »
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Greg et moi entrons dans une salle d’interrogatoire où Terry – le frère de Connie, nous attend avec son grand frère Jason. Terry a 21 ans , plutôt svelte avec une coiffure en pics et un visage doux.
« Désolé de vous avoir fait attendre, » je dis en m’asseyant. « Je vous présente toute mes condoléances. »
« Je me fiche de savoir que vous soyez désolée, je veux que vous trouviez celui qui a fait ça à ma sœur, ok ! » Jason crache assez colérique.
« Je sais, c’est pour ça que j’ai besoin de vous poser des questions, » je réponds calmement. « Est-ce que Connie vous a parlé de quelqu’un qui la dérangeait ? »
« Non. »
« Est-ce qu’elle devait rencontrer quelqu’un ce soir ? »
« Non. »
« Est-ce que vous avez remarqué quelque chose d’inhabituel dernièrement ? »
« Non »
« Avait elle un petit ami ? »
« Non. »
« Saviez vous qu’elle était tatouée ? »
« Oui »
« Savez vous où elle s’est faite tatouer ? »
« Non. »
Les réponses monosyllabiques de Jason commencent à m’énerver sérieusement. « Vous allez devoir être un peu plus coopératif que ça si vous voulez nous aider à trouver celui qui a fait ça, » je dit calmement, mais mon irritation est plus qu’évidente.
« Ecoutez, je suis coopératif, ok ? Depuis la mort de nos parents, je travaille 24h sur 24 pour protéger ma famille, la nourrir et lui fournir un toit sur la tête, j’ai à peine le temps de dormir encore moins le temps de les chaperonner tout le temps. Pour ce que j’en sais, ils vont à l’école, puis à leurs activités extra scolaire, sport, musique et autre ; puis ils rentrent à la maison et participent aux corvées journalières. Quand j’arrive, ils font leurs devoirs pendant que je cuisine ; puis on passe un peu de temps ensemble, ensuite je vais dormir pendant trois heures avant de repartir au boulot, » Jason dit avec exaspération. « J’ai faillit à sa protection, ça je le sais. Je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour être auprès d’eux, mais ils sont indépendants. Parfois ils me préviennent quand ils invitent des gens à la maison mais parfois ils ne le font pas. Je ne peux pas être sur leur dos tout le temps. Pour le reste je dois leur faire confiance en ce qui concerne leur fréquentation et pour qu’ils prennent soin les uns des autres, » finit il.
« Je comprends, » je me tourne vers Terry qui n’a pas pipé mot depuis le début. Il sait quelque chose, je peux le dire par la façon qu’il a d’éviter mon regard.
« Ecoutez, ce n’est pas que je m’en fiche mais je dois me rendre au boulot, j’ai encore quatre bouches à nourrir, » Jason annonce.
« Très bien, nous restons en contact avec vous. »
Jason se lève et se dirige vers la porte et Terry commence à le suivre.
« Terry, j’ai encore quelque questions à vous poser, » je dis fermement.
« Est-ce qu’on peut faire ça à un autre moment ?...Parce que je dois surveiller mes petits frères pendant que Jay va au boulot, » répond-t-il nerveusement.
« T’en fais pas pour ça, Jack est avec eux pour le moment. Tu restes ici pour répondre à leur questions, compris ? » Jason dit d’une manière que ne laisse pas la possibilité de protester. Terry acquiesce avant de se rasseoir, j’attends que Jason soit parti avant de me concentrer à nouveau sur Terry.
« Bon, dis moi ce que tu sais Terry, » je lui demande.
« Je ne sais pas de quoi vous parlez. »
« Ton frère a dit qu’il ne passait pas beaucoup de temps avec vous, mais d’après ce que j’ai compris toi en revanches tu passes tout ton temps avec tes frères et sœurs. Alors parle moi de Connie.»
Je lui laisse une minute complète mais il ne se décide toujours pas à parler et le peu de patience que j’avais vole en éclats.
« Terry, ta sœur a été victime d’un meurtre, ça ne te fais rien du tout ?! » je dis très énervée mais sans crier.
« Bien sûr que ça me fait quelque chose ! » il se défend.
« Alors parle nous ! »
Il me regarde férocement puis détourne les yeux, il soupir lourdement avant de me regarder à nouveau. « Jason ne sait rien à propos de ça… » il commence.
« A propos de quoi ? » je demande.
« Jack, Connie et moi avons…avions…avons un job à temps partiel pour aider Jason…bref, il y a environ un an et demi Connie et moi avons dû rentrer à pieds car Jack ne pouvait venir nous récupérer. On s’est fait attaquer par 4 mecs. Ils m’ont cassé la figure et ils…ils ont violé Connie…tous les quatre… » dit il en bouillonnant de rage, les poings serrés.
« Vous avez porté plainte ? »
« Ouais, mais juste parce que ces enfoirés avaient de l’argent, ils s’en sont sortis avec une tape sur la main avant que leur parents ne les envois en Europe. C’est pas magnifique ça, hein ? » il continue entre ses dents.
Je lui accorde un peu de temps pour qu’il puisse se calmer.
« Depuis ce jour Connie s’est renfermée sur elle-même. Elle continuait d’agir normalement avec Jason mais elle faisait semblant d’aller bien. Elle a essayé de se suicider plus d’une fois. Le jour où elle s’est taillée les veines, elle a faillit réussir. Si je n’étais pas rentré plus tôt… » sa voix s’estompe. Une fois encore je lui laisse le temps de reprendre ses esprits.
« Avait elle, un ami ou confident ? »
« La seule amie que je lui connaisse c’est Tawny. »
Des sirènes d’alarmes commencent à jouer une symphonie dans ma tête à la mention du nom de Tawny. « Est-ce que tu sais où on pourrait la trouver, ou connais son nom de famille ? » je demande avec hâte.
« Non, désolé. »
« Peux tu nous la décrire ? »
« Les cheveux bruns, les yeux verts…écoutez, je ne l’ai vu que trois fois et ça n’a jamais durée plus d’une minute. Et il y a bien 6 mois de ça. »
Et merde !
« Très bien, est ce que tu sais où elle s’est faite tatouer ? »
« Non, je regrette. »
« Est-ce que tu reconnais cette fille ? » je lui demande en lui montrant une photo de Joan.
« Elle ne me dit rien. »
Je soupire avec frustration.
« Bon, je pense qu’on a fini pour le moment, mais si tu te souviens de quoique ce soit n’hésites pas à nous contacter. »
« Je le ferais, » dit Terry avec honnêteté « Pitié, ne dites rien à Jack, il se sentirait responsable de ce qui est arrivé. »
Nous acquiesçons de la tête et le regardons quitter la pièce. Puis je me tourne vers Greg. « Qu’est ce que tu en penses ? »
« Je pense que Tawny est la pièce maîtresse du puzzle. »
« Je suis d’accord, mais il semblerait que cette fille soit un vrai fantôme. »
« En tout cas en attendant d’en savoir plus sur elle on devrait demander aux parents de Joan s’ils savent où elle s’est faite tatouer. »
« Ok, c’est partie »
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J’arrête la voiture en face d’une grande maison à étage, la maison des Cavanaugh. On se rend sur le perron et sonne. C’est un Mark triste et fatigué qui nous ouvre la porte. Il a l’air plus vieux que la dernière fois qu’on l’a vu, il a le regard terne et son expression est morne. Il recule et nous laisse entrer en silence.
« Que puis-je faire pour vous ? » nous demande-t-il platement.
« Saviez vous que Joan était tatouée ? » je lui demande.
« Oui. Nous lui avons autorisé les tatouages, car elle en avait besoin. Elle avait besoin de sentir qu’elle avait le contrôle de son corps, que son corps était sa propriété et non pas celle de quelqu’un d’autre comme son enfoiré de père lui avait fait comprendre. »
« Savez vous où elle s’est faite tatouer ? »
« Bien sûre. Je suis allé avec elle pour m’assurer que l’endroit était clean et que les tatoueurs étaient compétents. C’est sur le strip, un endroit appelé ‘Freakish’. »
Il fouille dans un tiroir puis nous tend une carte. « C’est à cette adresse »
« Merci monsieur. »
Il soupire. « Ecoutez. »
Greg et moi restons silencieux pendant un moment.
« Vous entendez ? »
« Entendre, quoi ? » je lui demande confuse.
« Le silence assourdissant. Il y a huit personnes dans cette maison et la seule chose qu’on peut entendre c’est du silence. C’est comme si notre famille était un corps sans cœur, » nous dit il avec les yeux plein de larmes.
Que pouvons nous dire de plus ?
Il secoue la tête et essuie ses larmes du revers de la main. « Quand pourrons nous enterrer notre fille ? »
« Bientôt. Croyez nous, nous faisons aussi vite que possible, » je lui réponds, il fait un signe de tête d’un air résigné. « On ferait mieux d’y aller. On vous tient au courant de toutes nouvelles évolutions de l’enquête. »
« J’apprécie tous les efforts que vous faites. »
Il nous raccompagne à la porte et une fois dans notre voiture nous nous dirigeons vers la boutique de tatouage. Le voyage se fait en silence et ne dure que vingt minutes.
« Est-ce que je peux t’aider ma beauté ? » un grand type me demande d’une voix suave alors que j’entre dans la boutique. Il a les cheveux bleus, les yeux verts et des lèvres roses et charnues, sa peau est légèrement tannée, plusieurs tatouages sont visibles sur chacun de ses bras et je suis sûre qu’il y en a d’autres cachés sous ses vêtements. Il a un visage très expressif et très beau, un regard pénétrant et du charisme.
« Je suis Sara Sidle se la police scientifique de Las Vegas et c’est mon partenaire Greg Sanders, » je lui fais savoir avec mon ton acerbe que je ne suis pas là pour plaisanter.
« Je suis Puck, » dit il avec étincelle de malice dans les yeux.
« C’est quoi ce nom ? » Greg ricane.
« Est-ce que vous avez un vrai prénom ? » je demande pas du tout amusée.
« Robin, » dit il avec un léger sourire, apparemment assez amuser par ma colère, il ne quitte pas mes yeux. « Robin Goodfellow. »
Je lève un de mes sourcils demandant silencieusement s’il se moque de moi. J’ai lu Shakespeare et si je ne me trompe pas ‘Robin Goodfellow’ est un des personnages du ‘Songe d’une nuit d’été’.
« Je suis sérieux. Mes parents sont de grands fans de ce bon vieux Will, d’où mon surnom, » dit il d’un air léger. « Alors, que puis je faire pour toi beauté ? »
« Connaissez vous ces filles ? » je lui demande en lui montrant des photos de Connie et Joan.
« Je ne suis pas trop physionomiste mais si vous me montrer des tatouages je pourrais peut être vous être utile. »
Je lui montre les photos des tatouages et il ne lui faut pas plus de trois secondes pour me répondre.
« C’est l’œuvre de Dan, » dit il en me regardant à nouveau dans les yeux.
« Et où puis je le trouver ? »
« Il est en vacances. »
« C’est important, ces deux filles ont été victimes d’un meurtre et il est peut être le seul à pouvoir nous aider, » je réplique très irritée. L’expression de Robin devient soudain très sérieuse.
« J’ai vraiment envie de vous aider mais Dan est injoignable même pour moi. Quand Dan par en vacances il prend son sac à dos, des fringues de rechange, ses papiers, un peu de cash, sa brosse à dent et c’est tout. »
« Quand sera-t-il de retour ? »
« Il a dit qu’il reviendrait dans quatre semaines, il n’en reste plus que trois. »
Je soupire, c’est comme si le monde entier conspirait contre nous.
« Sara… »
« C’est Mademoiselle Sidle pour vous, » je le corrige.
Il place une main sur sa poitrine avec un effet dramatique. « Désolé, » il me fixe intensément avec ses grands yeux verts. Je me sens mal à l’aise mais en même temps je me sens comme aspirée par son regard. Il me fait penser à Travis. « Mademoiselle Sidle, aussi tôt que Dan rentre je vous l’enverrais. »
« Voici ma carte, merci de votre coopération Mr. Goodfellow, » je réponds sèchement.
« Je t’en prie ma belle. »
Je quitte la boutique avant de ne céder à la tentation de lui mettre mon poing dans ma figure.
Abruti !
Chapitre 44 : Catherine
« Entrez, » j’ordonne sans lever les yeux.
Une Sara fatiguée entre dans mon bureau et ferme la porte derrière elle avant de venir s’asseoir sur le siège en face de mon bureau. Elle me sourit faiblement.
« Comment vas-tu ? » me demande-t-elle.
« Un peu mieux que toi apparemment vu que j’ai dormi, » je plaisante.
« Ouais, » elle rit doucement.
On reste en silence pendant une minute, Sara semble perdues dans ses pensées, elle se rend compte que je la fixe et se concentre à nouveau sur moi.
« Désolée, » elle s’excuse timidement.
« Ce n’est rien, » je lui souris. « Tu voulais quelque chose au fait ? »
« Pas vraiment, je pensais à toi et j’avais besoin d’avoir un petit moment en exclusivité avec toi, » elle confesse.
« C’est touchant, » si seulement on n’était pas au travail je pourrais me lever et la prendre dans mes bras. Je pourrais prendre une de mes positions favorites, c'est-à-dire sur ses genoux avec ma tête au creux de son cou.
Après un long silence elle soupire.
« Je ferais mieux d’y aller, j’ai encore beaucoup à faire, » elle annonce.
« Ok, merci d’être passée, » je lui dit doucement.
« Je te vois plus tard à la maison, » et avec ça elle quitte mon bureau.
D’un côté je me sens toute chose parce que je l’ai vu et pour être honnête elle m’a manquée aujourd’hui pendant que j’étais seule à la maison. Ce n’est pas pareil de dormir sans elle. Depuis qu’on vit ensemble j’ai besoin de sa présence pour me sentir en sécurité. Parfois on a la chance d’avoir nos horaires de boulot qui coïncident mais d’autre fois on se croise à peine. L’important c’est qu’on se débrouille toujours pour passer du temps ensemble aussi court soit il.
D’un autre côté Sara n’a jamais agit de la sorte, ou du moins jamais au boulot. Je sais que ça n’a pas eu l’air de grand chose mais la vérité derrière son action est qu’elle est venue chercher du réconfort. Elle est venue à moi pour une fois, elle n’a rien dit – pour ne pas changer de ses habitudes, mais elle a au moins fait l’effort de venir. Je devrais donc voir le verre à moitié rempli plutôt qu’à moitié vide. Mais à vrai dire ce n’est pas le cas.
Voyez vous, elle est venue à moi ce qui est un bon point, mais en même temps elle m’a gardée à distance, puisqu’elle est venue au boulot, un territoire neutre où notre vie privée ne doit jamais être mis en avant. Elle savait que je ne franchirais pas la ligne invisible que nous avons tracé entre notre job et notre vie privé, donc en dépit de tous ses efforts je suis frustrée j’en ai marre qu’elle me garde à distance.
xxxxx
« Je ne sais pas de quoi vous voulez parler, » le suspect répond avec un ton innocent.
Mac Leary, 22 ans, et meurtrier de deux de ses amis Gabriel Tobin et Gale Marshall. Il leur a cousu les lèvres et arraché leurs cœurs…littéralement. Après ça il est parti faire la fête pour le week-end et est revenu comme si rien ne s’était passé. Ce qui est intéressant c’est qu’il n’a même pas essayé de couvrir ses actions. C’est un petit con qui se croit le type le plus malin de la planète, mais ce génie est sur le point d’avoir une leçon de science criminelle par le professeur Willows et son assistant Mr. Brown. Que le spectacle commence.
« Je parle de Gale et Gabriel, » Warrick l’aide un peu.
« Qu’est ce que vous voulez savoir sur eux ? »
« Ils ont été tués. »
« Mince alors…c’est une perte. »
« Vous n’avez pas l’air très bouleversé par la nouvelle, » Warrick constate.
« La vie est cruelle parfois, mais qu’est que j’y peux ? »
« Je suppose que vous avez raison, » Warrick répond doucereux. « Bien, dîtes nous quand vous les avez vus pour la dernière fois. »
« Quelque chose comme une semaine auparavant. »
« Donc vous n’étiez pas ensemble vendredi soir ? »
« Non, je viens de vous le dire. »
« Je sais mais si vous êtes sûr de votre réponse ça signifie que nous avons un problème, » Warrick l’informe.
« Qu’est ce que vous voulez dire ? »
Warrick lui montre des photos. « Vendredi , vous étiez dans un club appelé ‘Le Globe’. Il y a des caméras à l’intérieur, et devinez quoi ? Elles vous montrent en compagnie de Gale et Gabriel. On dirait même que vous passiez un bon moment ensembles, » Warrick continue. « Donc je vous le demande une seconde fois, quand les avez-vous vus pour la dernière fois ? »
« Vendredi, je suppose, » Mac rigole légèrement.
« Qu’est ce qu’il s’est passé ensuite ? »
« On a pris quelques verres et c’est tout. »
« C’est tout ? »
« Quoi ? Vous êtes dur de la feuille ? » Mac crache avec dédain.
Il y a quelque chose de louche dans son comportement. Je n’arrive pas à mettre le doigt dessus, mais il y quelque chose qui cloche quelque part.
« J’ai juste besoin de comprendre ce qu’il leur est arrivé, » Warrick réplique calmement.
« Je ne peux pas vous aider dans ce cas, » Mac répond comme s’il s’agissait d’une évidence.
« Qu’est ce que vous faites dans la vie ? » Warrick continue.
« J’étudie la physique, » Mac répond avec fierté.
« Beaucoup de chose à se souvenir, n’est ce pas ? »
« Ouais. »
« Ça doit être dur pour vous. »
« Hé je vous emmerde d’accord, je suis pas un débile ! »
« Non, je dis ça parce que vous devez avoir des problèmes vu l’état de votre mémoire à long terme. »
« Et qu’est ce que ça veut dire ? » Mac commence à s’agiter sur son siège.
Même sa nervosité sonne faux. Tout semble trop, trop exagéré, comme un mauvais comédien le ferait.
« Ce que mon partenaire essaye de vous dire c’est qu’on sait que vous avez tué Gale et Gabriel, » je dit avec le ton sec.
« Quoi ?! Vous délirez complètement là ! » Mac s’exclame.
« Surveillez votre ton quand vous vous adressé à moi compris. »
« C’est le moment opportun pour considérer faire appel à un avocat, » Warrick lui conseil.
« Vous pétez un câble. Ecoutez, je ne sais pas ce qu’il leur est arrivé. Cette nuit là on a bu pas mal et j’ai fais un black out, la seule chose dont je me souvienne c’est de m’être réveillé à moitié habillé sur mon canapé. »
Je laisse une minute s’écouler en le regardant intensément. Je retire ce que j’ai dit sur le fait qu’il soit un petit con. J’ai interrogé une quantité innombrable de coupables dans ma vie. Beaucoup d’entre eux mentent sans gêne jusqu’à ce qu’on les coince et certain sont si mauvais menteurs que je me demande comment ils arrivent à se croire eux même, c’est vrai, un gamin pourrait faire mieux. Mais Mac appartient à cette rare catégorie de coupables qui non seulement son fiers de ce qu’ils ont fait mais en plus ils aiment se moquer de nous. Il y a un terme pour ses personnes : des psychopathes.
Les psychopathes sont très conscients de ce qu’ils font. De manière générale ils font ça pour avoir une certaine satisfaction et ils prennent une certaine satisfaction malsaine. Ce qu’ils font les excitent et peu importe si ça signifie couper des gens en petits morceaux. Ils sont extrêmement intelligents et ils peuvent tromper leur monde en un claquement de doigts.
Mac se cache derrière l’image qu’il renvoie à l’extérieur. Quand on le regarde il a l’air du type honnête sur lequel on peut compter, gentil et adorable. Mais si on soutient son regard pendant un moment, si on regarde de plus près on peut voir sa vrai nature, froide, cruelle et sombre.
« Arrêtez de jouer le garçon niais qui ne comprend pas pourquoi il est là, » je coupe court à sa petite comédie en le regardant droit dans les yeux. « La stupidité ne vous va pas bien. »
Pendant un moment il continue son petit jeu mais ensuite une étincelle naît dans ses yeux et un sourire narquois se forme sur ses lèvres. Soudain il n’est plus le gars innocent et nerveux qu’il était il y a à peine deux minutes. Il se redresse et soudain le tueur de sang froid sort de sa cachette pour jouer. Maintenant il a l’air fier de lui et amusé.
« Vous m’avez grillé, » il sourit. « J’ai une mauvaise expression de poker, pour être honnête j’ai failli exploser de rire il y a deux minutes, » il ricane un peu.
« Vous devriez faire appelle à votre avocat, » je le préviens.
« Je ne vois pas en quoi un avocat pourrait m’aider.»
« Comme vous le voudrez. »
« Jouons un peu, » dit il avec enthousiasme. « Quelle est votre théorie ? » il a l’air tout excité, comme si nous étions en train de jouer une immense partie de Cluedo.
« Mon avis est que vendredi soir vous avez appelez Gale et Gabriel pour aller boire quelques verres. Jusque là rien d’extraordinaire pour votre petit trio, alors vous vous rendez au ‘Globe’ et passez une bonne soirée, mais ensuite ils commencent à flirter. Vous ne dites rien mais au fond de vous, vous bouillonnez. Un peu après 1h du matin, vous quittez tous le club pour vous rendre chez Gabriel, la maison est grande et calme. Une fois à l’intérieur je parie que vous avez discuté et peut être même continuer à boire. Ensuite ils se sont remis à flirter mais cette fois la jalousie a pris le dessus et vous avez tué Gabriel en premier. Mais il semblerait que quand bien même les filles aimes les gars un brin voyou, elles ont du mal avec les tueur, alors Gale est devenues une menace, donc vous l’avez tué à son tour, » j’expose ma théorie.
Mac n’a pas quitté mon regard pendant une seconde et maintenant il a un sourire impudent sur les lèvres. J’attends une minute pour voir s’il confirmera mes propos et suis surprise lorsqu’il éclate de rire. C’est un rire gênant, profond et creux, le rire du diable.
« Est-ce que vous avez déjà envisagé être comédienne ? Bon sang…vous seriez douée, » dit il avant de reprendre son sérieux, essuyant des larmes invisibles.
Je le regarde pas du tout amusée et plutôt énervée qu’il se moque de moi. Il me fixe et si c’est possible son regard devient encore plus froid qu’il y a deux minutes. Il m’effraie un peu mais je ne laisse rien paraître.
« Regardez moi bien. Vous croyez vraiment que je serais jaloux de Gabriel pour cette…truie ? » il sourit. « En physique tout comme dans les relation humaines ce qui importe c’est la dynamique, » il laisse ses mots prendre tous leur sens et me défie du regard. « Allez, essayez encore, » il me fait un clin d’œil.
« Vous étiez jaloux de Gale pas de Gabriel, » je constate avec logique.
« Je pense que vous pouvez dire ça, » répond-t-il « Lui et moi étions amants. Mais cette garce ne voulait pas le comprendre, » sa voix est contrôlée, calme et froide. « Lui et moi partagions quelque chose de puissant et authentique. Il était accro à moi et j’étais complètement accro à lui, ce qu’on vivait c’était plus fort que tout. »
« Mais ça ne l’empêchait pas de flirter avec Gale, » j’ajoute.
« Ce n’était qu’un jeu pour lui. Elle voulait quelque chose et il ne voulait pas froisser ses sentiments. Mais au fond il m’appartenait donc je m’en balançais, » il hausse les épaules.
« Vraiment ? » je le pousse et son regard devient instantanément agressif mais il se contient.
« Quand nous étions seuls il me disait ce qu’il pensait vraiment de Gale, qu’il avait pitié d’elle, qu’il n’aimait que moi et qu’elle n’était rien, qu’il se contentait de jouer avec elle parce qu’elle était névrosée et qu’il savait que s’il l’éconduisait elle lui ferait du chantage au suicide. Et bla bla bla…elle l’étouffait. J’ai essayé de lui dire que s’il cédait toujours il ne se débarrasserait jamais d’elle, mais il refusait toujours de m’écouter, » tout son mépris dégorge de ses mots lorsqu’il parle de Gale.
« Et laissez moi deviner, vous avez compris qu’il mentait ? » j’essaye. « Pauvre petit choux, vous avez compris à quel point vous étiez naïve, » je me moque ouvertement de lui. Son regard est si froid qu’il me glace le sang.
« On est allé chez Gabe il était deux heures du mat ou quelque chose comme ça…lui et moi étions en train de flirter quand tout d’un coup cette conne a débarqué de nulle part et a commencé à dire qu’il était amoureux d’elle. Puis j’ai découvert qu’il parlait derrière mon dos avec elle et qu’il ne disait pas de jolies choses. Même si je savais qu’il ne faisait ça que pour son bénéfice à elle, ça m’a fait mal, » il ricane en dépit de la peine sincère dans son regard. « Bref, elle pétait son câble et lui il restait silencieux. Il a pris son parti et ça m’a mis hors de moi alors je suis sorti. Toutes ces choses que je ressentais me brûlaient de l’intérieur, j’étouffais. Quand je suis revenu il disait à cette salope que je n’étais rien et qu’il n’y avait qu’elle qui comptait, » la peine profonde est marquée sur son visage.
« C’était le coup bas de trop, » je dit doucement.
Il me regarde avec haine et son sourire mesquin revient. « Jouer avec elle était une chose, jouer avec moi était la chose la plus stupide à faire, » répond il froidement. « Je les ai assommés tous les deux. Je leur attaché les mains et les pieds. D’abord j’ai été chercher du fil et une aiguille et je leur ai cousue les lèvres, parce que c’était tous les deux des menteurs et qu’ils ne disaient que des choses horribles, » dit il avec un grand sourire. « Mais les sentiments qui faisaient rage en moi ne voulaient pas s’apaiser et je ne savais pas ce que je ressentais. Vous savez je suis très sensible, je ressens tout au décuple, mes sentiments sont si forts que je ne peux pas les contrôler une fois qu’ils m’échappent. »
Il a l’air de planer rien qu’en pensant à ce qu’il a fait, je peux dire qu’il a pris son pied.
« Vous l’aimiez, mais vous la haïssiez. Deux sentiments extrêmes, » je remplis les blancs.
Il sourit et secoue la tête. « L’Amour et la Haine…c’est un même et unique sentiment. La seule différence c’est l’intention derrière ce sentiment, » répond-t-il pensivement. « Je suis allé à la cuisine et j’ai pris un couteau. Ensuite je leur fais ressentir ce que je ressentais. C’était comme si mon cœur avait été arraché de ma poitrine, éclaté par terre et réduit en cendres. Gabe s’est éveillé alors que je finissais d’extraire le cœur de cette idiote de Gale. Je n’ai pas quitté son regard quand j’ai retiré le sien. Après quoi j’ai pulvérisé ces deux pierres sur le sol avant d’y mettre le feu. »
Il mord sa lèvre inférieure de plaisir à mesure qu’il se souvient, il mord si fort qu’il fend sa lèvre en deux. Une goutte de sang commence à perler, il la lèche en me regardant, souriant malicieusement. Si la folie avait un nom ce serait celui de Mac Leary. C’est comme s’il n’y avait pas d’âme dans ce corps.
« Vous voulez savoir ce que j’ai pensé ? » me demande-t-il, le plaisir meurtrier brillant dans ses yeux.
« Surprenez moi. »
« Quel intérêt d’avoir un tel organe qu’est un cœur, s’ils ne s’en servent jamais de toute façon ? » il glousse. « je les ai renvoyé là où ils étaient à leur place, parmi les pierres »
« Vous êtes pourris de l’intérieur et soyez sûr que je vais vous remettre à votre place, » je marque une pause. « Rampant parmi la vermine de votre espèce, » bien que je sois énervé je me contiens.
Son expression devient dure et il me regarde comme s’il pouvait me tuer du regard, il me donne des frissons, mais je ne détourne pas mon regard. Il se penche un peu vers moi sans jamais rompre le contact avec mes yeux.
« Mon cœur est peut être pourri mais contrairement à d’autre…il bat toujours, » il sourit prétentieusement et m’envoie un baiser.
« Passez lui les menottes, » j’ordonne avec dégoût avant de quitter la salle d’interrogatoire.
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Je suis toujours secoué après mon interrogatoire de Mac le psychopathe Leary, comment peut on être aussi froid ?
« Cath ? » la voix de Warrick me sort de mes rêveries. « Ça va ? »
« Pour être franche je n’en sais rien, » je soupire. « Je ne cesserais jamais de m’étonner à quel point certain êtres humains peuvent être cruel envers les autres, » je dis avec dégoût. « Je…comment… » je frappe du poing sur la table.
Warrick s’approche de moi silencieusement et m’enlace. « Heureusement pour nous, tout le monde n’est pas comme ça. Heureusement pour nous, il y a des choses qui valent la peine qu’on se batte tous les jours. »
Je me laisse aller à son étreinte pour me calmer.
« Pourquoi tu ne rentres pas pour voir ta petite princesse et Sara ? » me demande-t-il « Je m’occupe de la paperasse, ok ? »
J’acquiesce heureuse d’accepter son offre. « Merci Rick, » je l’embrasse sur la joue. « Tu sais que je t’aime, n’est ce pas ? »
« Oui, et moi aussi je t’aime. Maintenant file, chez toi te remplir d’amour et d’attention, » m’ordonne-t-il gentiment avant de m’embrasser le front.
Je vais dans le bureau de Grissom après une recherche infructueuse de Sara. « Est-ce que tu as vu Sara par hasard ? » je lui demande.
« Je l’ai autorisé à partir il y a une heure, » il répond sans même lever le nez de ses papiers.
« Ok, merci, » je commence à partir.
« Catherine ? » il me rappelle, je me tourne pour le regarder à nouveau. « Si tu la vois, et qu’elle est toujours dans l’enceinte du bâtiment dit lui que je ne suis pas content, » il me regarde et me sourit.
« Pas de problème. Et je prendrais soin de la punir pour avoir été une si méchante fille, » je dis avec suggestion en lui faisant un clin d’œil.
« Hors de mon bureau, » il glousse.
xxxxx
J’attends devant l’école de Linds, elle ne devrait pas tarder à sortir. Dès qu’elle me voit elle me sourit à pleine dents. Son sourire est suffisant pour me faire oublier toutes les horreurs que j’ai vues aujourd’hui.
« Hey mon cœur, » je la prend dans mes bras et la serre fort.
« Hey m’man »
Elle me raconte sa journée pendant tout le trajet jusqu’à la maison. Une fois le seuil de la porte passé je cherche Sara mais il n’y a aucun signe d’elle, je suppose qu’elle doit dormir.
Je partage un goûter avec Lindsey et on papote de tout et de rien.
« Qu’est ce qu’il y a ? » je lui demande alors qu’elle m’observe silencieusement.
Elle se lève et me prend dans ses bras dans un grand et aimant câlin. Elle se retire après un long moment et dit « T’as l’air un peu triste, alors je me suis dis qu’un câlin te ferait du bien. »
« Je me sens beaucoup mieux maintenant, merci mon cœur. »
« Pas de problème. Je t’aime m’man »
« Moi aussi je t’aime Linds. »
Elle m’aide à débarrasser la table avant d’aller travailler dans sa chambre.
Je prends une douche rapide et vais me coucher, mais à ma grande surprise Sara n’est pas là. J’essaye de l’appeler sans succès. Ça commence à m’inquiéter. Ce n’est pas son genre de disparaître sans prévenir. J’appelle Greg, dès fois qu’ils seraient ensemble, mais il m’affirme qu’ils se sont quittés il y a plus d’une heure. Une fois encore j’essaye son portable, mais je n’obtiens toujours aucune réponse. Je lui laisse un message et décide que je la rappellerai plus tard.
Il y a une sensation bizarre au creux de mon estomac, comme un mauvais pressentiment, mais je me rassure : je deviens juste parano. Elle va bien, il n’y a aucune raison de paniquer.
N’est ce pas ?
Chapitre 45 : Sara
Il y a une vibration constante qui essaye de se frayer un chemine dans mon esprit brumeux. Là, j’ai l’impression que mon cerveau a été pris dans les sables mouvants à l’intérieur de ma boîte crânienne. Bientôt les vibrations se changent en bruit perçant, il se réverbère contre chaque recoin de ma tête. En quelques secondes la symphonie pour marteaux piqueurs commence à tout régime. Je peux sentir la nausée m’envahir. Alors que le mal physique empire avant que je ne sombre à nouveau dans l’inconscience. Le bruit s’arrête, il y a peut être un peu de pitié dans ce bas monde après tout.
Je crois que je suis allongée quelque part. Ça , ou alors je suis morte.
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Le bruit meurtrier refait surface, mais cette fois c’est pire car je suis complètement consciente, d’une manière ou d’une autre il a réussi à doubler de volume depuis…c’était quand déjà ?
C’est là que mes synapses se décident à m’envoyer un petit message. Le mot ‘portable’ commence à clignoter brillamment derrière mes pupilles. Il me faut un moment pour faire le rapprochement entre ce mot et la réalité. Mon cerveau se joint à la fête et m’envoie d’autres messages très élaborés tels que ‘portable, sonner, décrocher…’ et ainsi de suite. Oh…d’accord…ça y est j’ai pigé.
Je cherche aveuglément la source du bruit et heureusement pour moi qu’il est à porté de main.
« Bonj… » ma voix est creuse, elle me parait lointaine. Je m’éclaircis la gorge et essaye à nouveau. « Sidle, » je m’entends dire.
Je n’arrive pas à décoder un mot de ce qui m’est dit à l’autre bout du fil. Petit à petit mon cerveau devient plus réactif et me transcrit le bruit insupportable en mots intelligibles.
« ... cette petite chose noire que tu tient ce n’est pas un putain de jukebox, c’est un putain de portable !!! Alors quand il brille et fait de la musique t’es sensé le décroché bon sang de merde !!! »
Il me faut un peu de temps pour traiter toutes les information et en envoyer de nouvelles à ma bouche.
« Cath ? »
« Ça fait cinq heures que j’essaye de te joindre !! »
Encore une fois je prends un moment pour gérer toute les infos et formuler une réponse.
« Hein ? »
J’entends un soupir frustré et colérique « Sara, est ce que tu es saoule ? »
Elle crie ses mots et ça n’aide pas du tout le mal lancinant qui s’est emparé de mon crâne.
« Non… » ou du moins pas que je m’en souvienne.
« Où es tu bordel ?! » elle crie plus fort.
Et la première variation de la symphonie pour marteaux piqueurs commence. Merde.
Quand je comprends enfin la question je me rend compte j’ai beau me concentrer, j’ignore la réponse. Et vu à quel point c’est douloureux de procéder de simples informations, je ne vais même pas tenter de faire appel à ma mémoire. Je fais un effort surhumain pour ouvrir les yeux, pour les fermer aussitôt. Si la pièce voulait bien arrêter de tourner j’en serai reconnaissante.
« Sara, tu es toujours là ? » Cath demande énervée. « Réponds moi ! »
Le seul son qui passe mes lèvres est un grognement. Je ne peux pas faire deux choses en même temps à l’heure actuelle. Soit je parle soit je donne les informations nécessaires à mon corps pour qu’il se meuve. J’ouvre les yeux et me concentre sur mon entourage. La voix de Cath bourdonne si fort que j’en ai les oreilles qui sifflent mais je ne sais pas du tout ce qu’elle raconte. Une fois que tout prend un sens autour de moi et je commence à comprendre ce qu’il s’est passé plus tôt.
« Cath… » elle continue de parler et ne m’écoute pas. « Cath… » j’essaye à nouveau mais c’est comme parler à un mur. Je peux sentir une nouvelle vague de peine et de nausée venir rien qu’en pensant à ce que je vais faire. « Cath ! » je cri, ma tête se mets à tourner et je puise dans mes dernières ressources pour finir ma pensée. « Je…t’appelle plus tard, » je dis avant de raccrocher et de jeter mon téléphone quelque part dans la pièce.
J’arrive à m’assoir et contemple à nouveau le chaos qui m’entoure. Je saisis ma tête entre mes mains.
Qu’est ce que j’ai fait ?
xxxxx
Un peu de temps après, je me décide à faire face au monde à nouveau, et lève la tête, une autre main qui ne m’appartient pas apparaît devant moi avec un verre plein d’un liquide pétillant.
« Tiens, » dit une voix douce.
Je tourne la tête pour voir qui est mon interlocuteur mais le mouvement est bien trop rapide pour mon organisme et ma tête se remet à tourner.
« Doucement, Sunshine »
Travis. Bien sûr que c’est lui, il vit dans mon appartement pour le moment. Sa présence me détend, je n’ai pas honte, je ne me sens pas gênée quand je suis dans cet état avec lui, c’est une danse qui nous est bien familière.
« Bois, ta tête ira beaucoup mieux en un rien de temps, » il s’accroupit à côté de moi et me caresse le dos gentiment.
Je fais ce qu’on me demande et comme à chaque fois ce truc à un goût affreux, il y a longtemps je l’ai baptisé ‘Nectar de fluides de cadavre en décomposition’. Ouais, ça vous donne une petite idée. Il reprend le verre vide et va le posé dans la cuisine avant de revenir près de moi. Cette fois il s’assoit sur le canapé et me fait un peu face.
Il caresse mon visage et mes cheveux d’un main réconfortante pendant qu’il tien ma main de l’autre. Ça fait du bien. Bon sang ce que cette intimité a pu me manquer. Une fois qu’il me sent plus détendu et physiquement mieux, il cesse le va et vient de sa main sur mon visage. Il m’embrasse le front avant de s’assoir plus profondément dans le canapé, sans lâcher ma main. Ma tête a cessée de me faire souffrir et la nausée est aussi partie.
« Qu’est ce qu’il s’est passé ? » je lui demande avec une voix faible.
« J’étais sortie pour mon jogging matinal et quand je suis revenu le salon était sans dessus dessous et tu était assise contre le mur, évanouie. Je t’ai mise sur le canapé. »
« Merci, » je suis reconnaissante parce qu’il sait quoi faire en toute circonstances, c’est pourquoi on n’a rarement besoin de parler pour communiquer.
« Tu t’es fait mal, des éraflures superficielles mais je m’en suis occupé. »
Je me contente d’hocher la tête, contente de l’avoir à mes côtés. Il me laisse le temps d’emmagasiner toutes les nouvelles informations qu’il m’a donné.
« Je me souviens être venue ici pour te parler et m’être assise sur le canapé. Ensuite tout ce que je sais c’est que je me suis réveillée au son de mon portable qui sonnait seulement pour me faire crier dessus par Cath. »
« Désolé, mon timing a vraiment été mauvais sur ce coup là, » il me sourit gentiment.
Il reste silencieux sachant parfaitement qu’il me faut un peu de temps pour remettre de l’ordre dans mes idées.
« Il y a cette fille au boulot dans l’affaire sur laquelle je bosse en ce moment…Connie, elle a essayé de…elle aussi elle a fait les mêmes choix que moi. Ça m’a amené à penser à tout ce que j’avais fait et plus particulièrement à ce Jour, » je lui explique. Pas la peine d’élaborer ma pensée, nous savons tout les deux à quoi je fais référence.
Sans y penser il caresse mon poignet comme pour effacer la souffrance et le souvenir qui se cache derrière la cicatrice maintenant estompée par le temps. On reste silencieux, je le regarde et il a le regard dans le vague. Je sais exactement ce qu’il pense. Il pense à ce jour il y a 15 ans où il est revenu dans mon appartement et m’a trouvé dans la salle de bain marchant sur le fil entre la vie et la mort.
« Ti ? »je le rappelle au présent.
« Qu’est ce qui est ressortit de tes réflexions ? » me demande-t-il. Il concentre toute son attention sur moi et me regarde avec l’amour qui est le notre, et seulement le notre.
« Rien de bon à en juger par l’état du salon, » je dis en regardant ma table basse maintenant cassée, les livres, les éclats de verre et les cadres qui sont par terre.
Il acquiesce une fois encore perdu dans ses pensées.
« Cath a dit qu’elle avait essayé de m’appeler pendant plusieurs heures. Pourquoi n’as-tu pas répondu au téléphone ? » je change de sujet.
« Il faudra qu’on ait cette conversation plus tard, » dit il sérieusement. « Pour répondre à ta question, je n’ai pas répondu parce que tu as choisit de l’éviter. »
« Quoi ? »
« Tu avais le choix entre venir ici et aller dans ta nouvelle maison. Tu as préféré venir ici pour l’éviter, chose que nous savons tous les deux. Je te l’ai toujours dit, il n’y a presque rien que je ne ferai pas pour toi, traverser l’enfer pieds nus pour être à tes côtés que vienne les grandes eaux ou l’apocalypse. Mais s’il y a bien une chose que je ne ferai jamais c’est de prendre tes responsabilités, et tu le sais, » dit il calmement.
« Je ne l’ai pas évitée, » je proteste.
« Oh vraiment ? Elle sait tout alors ? »
Wow, je n’aime pas du tout la tournure que prend cette discussion.
« Travis, ne commence pas, » je le préviens. « Reste en dehors de ça, » mon ton est plutôt sévère.
« Alors prend tes responsabilités ! » il rétorque aussi sèchement. Sa voix est contrôlée mais je sens la colère lancinante. « Répondre au téléphone aurait impliquer soit lui dire où tu était et prendre le risque qu’elle vienne ici pour te voir dans cet état – et on sait tous les deux que ce n’est pas ce que tu veux ; ou alors lui mentir effrontément et couvrir tes arrières vu que tu ne lui a rien dit. Et si tu crois que je vais jouer les intermédiaires, t’es en train de te bercer d’illusion. »
« Je n’ai pas envie d’entendre ça maintenant, » je réponds.
« Et depuis quand est ce que je te dis ce que tu veux ou a besoin d’entendre ? »
On se regarde sévèrement avec toute la passion violente que nos disputes génèrent habituellement.
« C’est une dispute qu’on finira plus tard. T’as deux heures pour te préparer pour le boulot. Va prendre une douche pendant que je te prépare à manger. Ensuite je prendrais à nouveau soin de tes blessures, » dit il avant de se lever, mettant effectivement fin à notre dispute.
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Une fois prête pour le boulot, Travis et moi partageons un petit déjeuner en silence. Après avoir débarrassé nos couverts et m’être brossé les dents je commence à partir.
« Parles lui, » dit Travis d’une voix neutre.
Je me tourne vers lui et lui envoie un regard noir « Il me semble t’avoir dit de rester en dehors de ça, » ma voix est cassante.
« Tu l’as fait, » répond-t-il simplement en soutenant mon regard. « Ok, t’as gagné. Mais bon, tu sais ce qu’on dit à propos de jouer avec le feu… » il se lève et se retire dans la chambre. « Passe une bonne journée, » dit il par-dessus son épaule.
Bien sûr, rien de plus simple.
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J’arrive au labo avec 15 minutes d’avance, Greg est déjà dans la salle de repos.
« Hey Sara, bon soir, » il m’accueil avec un sourire et un mug de café chaud.
« A toi aussi et merci. »
On partage notre café en silence avant qu’il n’aille dans les vestiaires récupérer quelque chose. Je suis seule depuis moins de 5 minutes quand un Nick plutôt morose fait son entrée.
« Hey Nicky boy, affaire difficile ? » je lui demande concernée.
« Non, boss difficile, » dit il en regardant aux alentours avec précautions. Il se sert un mug de café. « Dire que Catherine est énervée serait l’euphémisme du siècle, elle en mode furie, » il boit une grande gorgée « On est en train de travailler sur un vulgaire vol à l’étalage et elle nous pousse comme s’il s’agissait de l’affaire haut profile du siècle, » il soupire. « Je n’ai jamais été aussi pressé de voir se terminer un service. »
Je prend pitié de lui et pose une main réconfortante sur son épaule. « Tien bon, il s’achèvera forcément à un moment ou à un autre. »
« Oui, ben le plus tôt sera le mieux, » réplique-t-il avant de finir son café à grandes gorgées. « Juste entre nous, la personne qui l’a mise dans cet état est en train de vivre ses derniers instants sans même le savoir. Mais si j’avais la chance de mettre la main dessus, je lui mettrai bien mon pied au cul à cet instant. »
Je suppose que ce n’est pas le bon moment pour lui expliquer qu’il est en train de s’adresser à cette personne.
« Nick ! » une voix pleine de foudre résonne depuis le couloir. Nick m’envoie un regard désespéré avant de prendre une expression brave. « Je t’ai demandé un rapport il y a une demi heur et je ne les toujours pas en mains, » Catherine dit en s’arrêtant à l’entrée de la pièce. Elle me regarde à peine avec une violence que je ne lui avait jamais vue. Je reste impassible et soutient calmement son regard.
« Le salon de thé ferme ses portes Nick, alors magne toi de me faire ce rapport, et si tu t’ennuie à ce point va aider Warrick ! » elle lui ordonne. Elle empêche Nick de formuler la moindre réponse en levant une main « Retourne au boulot. »
Nick me regarde une dernière fois avant de poser son mug dans l’évier, il hausse les sourcils pour exprimer sa misère et je lui envoie un regard compatissant et désolé.
« Maintenant Nick ! » Catherine ajoute avant de partir en trombe dans les couloirs alors que Nick s’en va pratiquement en courant.
Eh ben, en ce qui me concerne je n’ai jamais autant eu envie qu’un service dur éternellement.
« Wow, Catherine est en pétard, elle a failli me renverser quand je ne me suis pas poussé de son chemin assez vite, et encore heureux que les regards ne tuent pas parce que je serai mort à l’heure actuelle, » Greg dit en rentrant, il m’observe silencieusement. « Est ce que tout se passe bien dans le nid d’amour ? »
Je le regarde durement, lui faisant comprendre que ce n’est pas un sujet dont on va discuter.
« La ferme Greg ce n’est pas tes oignions…n’est ce pas ? » il se répond lui-même.
« Quelque chose comme ça oui, » je lui dis calmement.
« Greg, Sara, parfait je vous cherchais, » dit Grissom en entrant dans la pièce. « Je viens d’envoyer Sofia sur une affaire et j’aimerai m’entretenir avec vous avant de partir à mon tour. Mon bureau, s’il vous plait. »
Une fois dans son bureau Greg et moi nous asseyons et attendons patiemment.
« Je veux un bilan dans l’affaire des ‘anges déchus’. »
« Bien, nous avons deux victimes de sexe féminin, selon les familles elles ne se connaissaient pas. Cependant elles ont les mêmes tatouages, aux mêmes endroits et faits part le même tatoueur on est enclin à penser le contraire. Elles ont toutes les deux été abusée sexuellement par le passé, elles étaient solitaires mais avaient une amie en commun Tawny, qui jusqu’ici n’est qu’un nom pour nous. »
« Intéressant, de nouvelles pistes ? »
« Pas pour le moment. »
« Très bien, dans ce cas je veux que vous mettiez cette affaire de côté. »
« Quoi ? Griss… » je proteste.
« Sara, il y a trop d’affaires en cours pour que je me permettre de me passer de deux personnes. Je ne vous ai pas demandé de laisser tomber, juste de mettre l’affaire en attente. Cela signifie que vous travaillerez sur d’autre cas jusqu'à un nouveau développement. Compris ? »
Je soupire. « Tu donne l’impression qu’on a le choix, » il me regarde exaspéré. « Ok, compris. »
Greg et moi commençons à partir. « Oh, au fait Sara, tu doit partir à l’heure jusqu’à la fin du mois, ce qui signifie les trois prochains services si tu ne veux pas être attachée à un bureau pour les trois prochaines semaines. »
« Génial, » je renifle avec sarcasme. « Autre chose ? »
« Oui, voici votre assignement, à plus tard. »
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Je fais de petits cercles lents avec ma tête pour apaiser un peu les nœuds dans mon cou. Je regarde l’heure, et il est bientôt temps pour moi de rentrer, autant dire que je ne suis pas pressée. Greg et moi avons travaillé sans relâche sur un incendie, on avance particulièrement lentement mais on avance.
« Hey, j’ai un numéro de série sur ce morceau de métal, » dit Greg. Quelque chose fait tilt dans ma tête et je me précipite à la morgue. « Sara…attend...qu’est ce… ? » il demande avant de me suivre.
J’arrive à la morgue et croise tout juste Doc qui est sur le départ. « Sara, quel feu vous amène ? » il demande en constatant mon état d’essoufflement.
« Greg m’a donné une idée. »
« Ah bon ? » Greg demande le souffle court, et je me contente de hocher la tête.
« J’aurai besoin d’un échantillon de chaque tatouage de Connie et Joan. Chaque encre à tatouage est unique, elles sont classifiées à l’aide d’un numéro de série, et la composition d’une encre à l’autre diffère… » je commence avant que Greg ne me coupe.
« Euh Sara ? Je pensais qu’on avait déjà établit le fait que tous les tatouages avaient été fait à ‘Freakish’ par Dan, alors…qu’est ce que tu vas faire de ces échantillons. »
« Premièrement pour renforcer le lien entre les victimes et la boutique de tatouages, ensuite ça peut nous être utile pour une sorte de chronologie. Ça peut nous aider de savoir si elles se sont faites tatouées le même jour, ou avec un an de différence, ça nous aiderait à déterminer leur relation. Et puis on marche en aveugle donc toute nouvelle info est bonne à prendre. »
Greg acquiesce à mon raisonnement, puis nous nous tournons vers Doc.
« C’est comme si c’était fait. »
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Le service est fini. Vous savez ce que ça veut dire ? Ça signifie que je dois rentrer à la maison et faire face à Catherine. Des volontaires pour prendre ma place ? Non ? Ouais, je me disais bien ?
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Je prend une grande respiration avant d’user de mes clefs pour ouvrir la porte de mon enfer actuel. Du nerf Sidle.
J’entre silencieusement dans la maison et entends du bruit dans la cuisine. Je referme la porte derrière moi et décide de faire face à ma destiné. Cath me tourne le dos alors qu’elle rince ce que je suppose être son mug. Je reste près du comptoir et essaye de penser à une façon appropriée d’établir le dialogue. Voilà ce que je sais, il y a une dispute en route quoiqu’il arrive, alors mon rôle c’est de faire en sorte d’expliquer à Cath ce qu’il s’est passé en essayant de garder un niveau de bruit tolérable.
Elle se tourne et je peux voir qu’elle est plus que déçue de me voir. Je prends une grande inspiration, que la force soit avec moi.
« Bonjour, » dis je. Je sais que ce n’est pas la meilleure façon de commencer mais c’est la seule chose à laquelle j’ai pu penser.
Elle me regarde incrédule et secoue la tête. Elle s’avance vers moi et me dépasse sans un mot. Je me tourne et la vois continuer son chemin vers notre chambre.
« Eviter le sujet de résoudra rien, » lui dis je.
Elle renifle avec amertume et me fait face. « C’est toi qui te permet de me faire des leçons sur ‘éviter le sujet’ ? Mais c’est l’hôpital qui se fout de la charité ! »
« Ok, je mérite ça, » je soupire. « Je suis désolée, même si je pense que tu dramatises »
« Je dramatises ? Tu te fous de moi ? » elle rétorque avec hargne.
« Je sais que j’aurais dû appeler mais je n’avais pas prévu ce qui s’est passé et… »
« Est-ce que tu as seulement idée de ce que j’ai enduré hier ? La moindre idée ?! » elle hurle. J’ouvre la bouche pour répondre mais je n’arrive pas à sortir un mot avant qu’elle ne continue. « Je suis sûre que tu l’ignore. J’étais morte d’inquiétude à l’idée que quelque chose de grave te soit arrivé, que tu fusses blessée ou pire encore ! J’ai appelé partout et personne ne savait où tu étais ! J’ai même appelé les hôpitaux ! » elle halète enragée alors que des larmes coulent le long de ses joues.
« Je suis désolée, je ne voulais pas t’inquiéter… »
« Tu ne répondais pas à ton téléphone, et quand finalement je t’ai en ligne tu me raccroche au nez…oh et au fait j’attends toujours que tu me rappelles ! » elle continue avec amertume.
Je me sens minable. Je me déteste pour l’avoir faite souffrir. D’un autre côté ce n’est pas comme si j’avais planifié de m’écrouler dans mon appart hier soir. Je franchis la distance entre nous et la prends dans mes bras pour la réconforter mais elle recule au contact et me repousse.
«Non ! »
Je soupire et prends quelques secondes pour trouver les mots justes. « Je suis allé à mon appartement pour parler à Travis mais il n’était pas là et ensuite…je me suis évanouie de fatigue. Tout ce que je sais c’est qu’après tu étais en train de me passer un savon au téléphone… »
« Tu m’as raccrocher au nez, » elle répète avec rancune.
« J’avais un mal de crâne monstrueux et tes cris ne m’aidaient pas vraiment. »
J’essaye à nouveau de la prendre dans mes bras, au début elle résiste avant d’enfin se laisser aller. Ses pleurs s’intensifient et je me contente de la tenir contre moi silencieusement.
« Tu m’as foutu la trouille Sara, » elle dit entre deux sanglots.
« Je suis désolée, ce n’était pas mon intention. Je n’avais l’intention de rester que cinq minutes là bas et je me suis évanouie. Tu me connais je t’aurais appelé aussitôt si je n’avais pas eu l’intention de rentrer à la maison. »
« Je sais, et c’est pourquoi ça m’a fait si peur, parce que ça ne te ressemblait pas…et je n’ai pas réussis à te joindre pendant des heures… »
« Je vais bien. Je suis là et rien ne m’est arrivé, » je la serre gentiment. « Pardonné, Ok ? Je n’avais vraiment pas prévu ce qui est arrivé. »
On s’étreint longuement avant d’aller se coucher.
Chapitre 46 : Catherine
Sara est endormie près de moi, je la regarde attentivement. Elle est si proche de moi et cependant si loin.
On s’est disputé plus tôt à propos d’hier. Elle n’est pas rentrer et vu que je n’arrivais pas à la joindre j’ai commencé à craindre le pire. Je ne pense pas qu’elle réalise vraiment tout ce qu’elle représente pour moins, à quel point elle m’est précieuse.
Hier, j’étais hystérique, complètement aveuglée par la peur. Je ne pouvais pas penser à une explication rationnelle quant à pourquoi elle ne répondait pas à mes appels et où elle pouvait être. Avant j’étais forte et rationnelle lorsqu’il s’agissait de mes relations. J’avais le contrôle de mes émotions. Mais maintenant ce n’est plus le cas. Avant je pouvais encaisser les coups, accuser la peine, soigné mon ego froissé et aller de l’avant. Avec Sara tout ça a changé, je me suis affaiblis, et même si la plupart du temps je ne le montre pas, elle me rend faible.
Elle me rend faible parce que je l’aime et je ne peux même pas supporter l’idée de ma vie sans elle. Rien que d’y penser me met les larmes aux yeux.
C’est une chose effrayante de savoir que je suis dévouée cœur, corps et âme à quelqu’un qui au bout du compte m’est complètement étrangère.
Je me rapproche d’elle et la serre fort. Comme ça je me sens ancrée, en sécurité, comme ça je peux faire semblant que l’immense distance entre nous n’est qu’une illusion.
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« Tu m’inquiètes. »
« Je vais bien Nance, » je réponds platement.
« Non, tu ne vas pas bien. Premièrement tu es silencieuse et ensuite tu as le regard. »
« Qu’est ce que tu veux dire par le regard ? »
« Celui qui dit que tu es désemparée et que tu as le cœur brisé, » elle pause. « Sara ne t’a pas brisé le cœur au moins ? »
« Non. Mais dernièrement…comment est ce que je peux formuler ça… » je regarde le plafond et soupir. « Dernièrement elle le met à rude épreuve…pas consciemment mais elle le fait. »
Nancy fronce les sourcils. « Comment ça ? »
« Avec elle, j’ai l’impression d’être dans une interminable grand huit. On…dernièrement quand on fait l’amour c’est fantastique, non pas que ça ne l’était pas auparavant mais pendant ces deux dernières semaines quand elle me touchait c’était… »
« Wow, temps mort ok ! » Nancy m’interrompt en formant un ‘T’avec ses mains. « Je veux bien t’écouter mais je dois vous regarder toutes les deux dans les yeux après ça alors par pitié reste soft dans les détails. »
« Je n’avais pas l’intention de t’en donner un seul, pervers ! » je secoue ma tête avec un léger sourire. « Si tu m’avais laissé finir tu m’aurait entendu te dire, que dernièrement quand elle me touche ou me fais l’amour elle me porte vers un degré d’intimité dont j’ignorait l’existence avant. Je ne sais pas comment t’expliquer, c’est génial. »
« De mon point de vue ce n’est plutôt une très bonne chose. »
« Ça l’est, vraiment je ne me plains pas ce ça, bien au contraire. C’est juste que…On peut devenir si proches l’une de l’autre et l’instant d’après elle est super distante. Et quand c’est comme ça ce n’est pas un fossé qu’il y a entre nous c’est une satanée galaxie ! Elle se retire dans sa carapace, elle me parle à peine, elle est tendue dès qu’elle sent que je suis proche, elle passe des heures à s’évader dans ses pensées en silence. Lorsque j’essaye de lui parler on est toujours au bord de la dispute, » j’essaie de mettre une peu d’ordre dans mes pensées avant de continuer. « Elle fait des cauchemars, et quand j’essaie de la calmer elle me rejette et s’en va. Quand elle ne fait pas de cauchemars, elle a un sommeil agité ou ne dort pas du tout et quand je lui demande si tout va bien elle me répond que oui alors qu’assurément c’est le contraire. »
« Joues avec ses cheveux, » Nancy dit soudainement. Je la regarde intriguée, je me demande même si elle m’a écoutée. « Quand elle a le sommeil agité, » elle ajoute. « Joues avec ses cheveux et si ça ne suffit pas chante lui une chanson. »
Je la regarde abasourdie, je n’arrive pas à croire ce que j’entend. « Tu vois ? C’est exactement ce dont je parle. Je suis perdue et j’ai l’impression de ne pas connaître la personne qui partage ma vie, la plus part du temps c’est une parfaite étrangère. Et me voilà en train de te dire ça et toi tu la connais mieux que moi. Il y a quelque chose qui cloche là ! » je crie presque. Je commence à faire les cent pas.
« Cath, calme toi, » me dit elle gentiment.
« Non, comment ça se fait que tu saches ce genres de choses et pas moi de toute façon ?! » je m’arrête net. « Elle t’a déjà parlé n’est ce pas, » je dis avec dédain.
« Non, elle ne m’a pas parlé. Dernièrement on ne parle que de moi et de voitures. Et puis réveille toi Cath, elle et moi dormions ensemble presque tous les soirs pendant 5 mois alors oui je sais ce genre de choses. Parce qu’elle avait aussi un sommeil agité à ce moment là, » Nancy répond calmement.
Je le me laisse tomber sur une chaise à nouveau, ma tête me tourne. « Vous dormiez ensemble tous les soirs pendant 5 mois ? Je ne l’ai jamais su, » j’ai l’impression de m’étouffer.
« Je te l’ai dit, elle et moi dormions dans mon canapé »
« Vrai, mais je n’ai jamais su que c’était quelque chose de si régulier, » je suis sans voix. « Quand est ce que ça a commencé ? »
« La première fois c’était chez toi, quand Lindsey a fugué, » c’est vrai je me souviens de ce jour là. Sara m’avait laissée, quand bien même elle avait promis qu’elle ne le ferait pas et je l’avais retrouvé endormie sur le canapé dans les bras de ma sœur. Et aujourd’hui encore j’ignore comment elles en sont arrivées à dormir ensemble pour commencer.
« Vous continuer de dormir ensemble ? »
« Bien sûr que non ! On a décidé d’arrêter depuis que vous vous êtes mises ensembles. Je suis un peu blessée que tu oses le demander. »
« Est-ce que tu l’as embrassée ? Est-ce que vous avez couchés ensembles ? » je demande avec rage.
« Quoi ? » Nancy s’exclame. « Oh pitié Cath, tu délires ! C’est quoi ton problème ?! »
« Tu évites mes questions. Alors ?! »
« Non ! On ne s’est jamais embrassées et on n’a jamais couchées ensembles ! Et quel rapport avec le problème actuel ? »
« J’essaye juste de comprendre ce que je fais de travers, c’est vrai, même toi tu es plus porche d’elle que moi ! »
« Cath, on dormait sur mon canapé, pas dans un lit double, alors si elle avait le sommeil agité je ne pouvais pas l’ignorer. Il fallait bien que je trouve quelque chose pour la calmer si je voulais qu’on se repose. C’est tout, c’est la seule raison pour laquelle je connais le truc avec ses cheveux ou la chanson, il n’y a rien de plus, » elle soupire. « J’ai juste dis ça pour t’aider, ce n’était pas du tout une façon de te dire que je la connaissais mieux, parce que entre nous.. Je ne pense pas que ce soit le cas, d’accord ? »
Je me calme et reprends mes esprits. Maintenant vous comprenez ce que je voulais dire par ‘être hystérique’.
« Je sais, je suis désolée, c’est juste que… » je commence mais m’interromps. C’est tellement chaotique dans ma tête. « Une fois elle m’a dit que la seule raison pour laquelle elle gardait un mur entre nous c’était parce que je savais comment la faire mordre la poussière en moins de dix mots. Et même maintenant qu’on est amantes, j’ai l’impression que ce mur est toujours là entre nous, qu’elle ne me fait pas complètement confiance. Et ce qui me fait le plus mal c’est que je ne sais même pas si un jour elle me fera entièrement confiance, » j’admets avant de fondre en larmes.
« Viens là, » Nancy me prend dans ses bras et me réconforte.
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Je suis en train de lire paisiblement, allongée sur le canapé quand j’entends la porte d’entrée s’ouvrir. Aujourd’hui c’était au tour de Sara d’aller chercher Linds à l’école. On s’est arrangées pour avoir chacune notre jour. Au début c’était une idée de Sara pour que je puisse avoir un peu de temps pour moi et me reposer ensuite Lindsey a choisi les jours où elle voulait que Sara vienne la chercher.
« On est rentrées, » Sara annonce en gloussant.
« B’jour m’man, » Lindsey me dit avant de me sauter dessus pour me faire un câlin. Parfois je me demande où elle trouve toute son énergie.
« Hey mon cœur, » je l’étreins avant de la chatouiller. J’attends qu’elle devienne aussi rouge qu’une tomate à force de rire avant de la laisser tranquille. Elle m’embrasse avant de se retirer dans sa chambre.
Soudain une rose apparaît devant moi. « Bonjour, » j’entends la voix suave de Sara derrière moi. Je prends la rose et reçois un baiser dans le cou.
« Merci, » je réponds avant de tourner la tête pour lui capturer les lèvres.
Ce qui ne devait être qu’un gentil baiser s’est vite transformé en un long, intense, passionné baiser remplit de désir. Sara enjambe le canapé pour se positionner au dessus de moi. Puis quelque part dans les recoins de mon cerveau j’enregistre le son de quelqu’un en train de tousser. Ce n’est que lorsque la toux devient plus forte que je comprends ce que c’est. Sara et moi arrêtons de nous embrasser, à bout de souffle. Même après tout ce temps ensemble elle arrive toujours à faire disparaître le monde lorsqu’elle m’embrasse. On se tourne vers la source du bruit importun.
Lindsey est debout et nous regarde, elle essaye de garder son sérieux mais ne contrôle pas son sourire. « Désolée de vous interrompre mais…Sara j’aurai besoin de toi pour mes devoirs, » elle commence à partir mais se retourne. « Je vous donne 5 minutes mais après…au boulot, » dit elle en m’imitant, secouant un doigt avec autorité et gardant une main sur ses hanches.
Sara et moi échangeons un regard, pas de doute on est sur la même longueur d’ondes : elle va payer pour ça. On se lève et commençons à l’encercler subtilement.
« Chérie, est ce que tu entends ça ? » dit Sara l’air pensif.
« Oui, » je joue le jeu. « Oh attends, écoutes, ça recommence. »
« Je n’entends rien, » Lindsey est complètement perdue.
« C’est étrange…Cath on dirait que c’est… »
« Je pense que c’est ça, » je réponds en m’approchant un peu plus de Lindsey qui est toujours en train de se demander ce qu’il se passe.
« Quoi ? Qu’est ce que c’est ? » elle demande.
Sara agite ses doigts devant Linds qui comprend enfin ce qui va se passer. « Oh non, ne fais pas ça, reste à distance, » elle commence à marcher à reculons mais je lui bloque la route, je commence à la chatouiller et Sara se joint à moi. On arrive à mettre Linds sur le canapé, je m’attaque à ses hanches alors que Sara s’en prend à ses pieds. Lindsey glousse et se débat en vain. « Ce n’est pas juste… » dit elle entre deux fous rires.
Après 5 minutes on décide de prendre pitié d’elle. Sara et elle vont travailler dans sa chambre puis je décide d’aller m’allonger dans la notre. J’ai le souffle coupé quand je vois 3 énormes bouquets de roses sur le lit.
J’ai hâte d’avoir un moment d’intimité avec Sara.
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Je me réveille seule dans notre lit. Je me lève et pars à la recherche de Sara. Je la trouve assise au bord de la fenêtre de la cuisine, son endroit favori.
« Je ne t’ai pas réveillée j’espère ? » elle me demande sans quitter la rue des yeux.
Son sixième sens ne cessera jamais de m’impressionner, même s’il me terrifie un peu parfois.
« Ton absence m’a réveillée, » je lui réponds. Je vais vers elle et lui caresse les cheveux. Elle se penche vers moi pour mettre sa tête contre mon estomac et soupire. « Quelque chose ne va pas ? » je lui demande.
« Nan, je n’arrivais pas à dormir, c’est tout, » elle me rejette une première fois.
« A quoi tu penses ? » j’essaye encore.
« A plein de choses, a des affaires, as des souvenirs, des réflexions…rien de bien intéressant. »
« Dis moi ? »
Elle soupire et secoue la tête. « Je n’ai pas envie de t’ennuyer avec ça. »
Je m’éloigne d’elle. Une fois encore elle m’a rejetée et une fois encore je lui en veux de l’avoir fait. J’envisage de retourner me coucher, mais je sais que dans l’état où je suis-je ne pourrais pas dormir. D’un autre côté je sais qu’en ce qui concerne Sara cette conversation est finie. Je soupire bruyamment.
« Cath ? »
« Je…Je ne comprends pas pourquoi tu ne veux pas me parler, » je lui dis.
« Qu’est ce que tu veux dire ? » me demande-t-elle sincèrement.
Je pense que c’est ce qui m’énerve le plus, le fait qu’elle ne se rende même pas compte du problème.
« Ça, tu me rejette toujours quand je te demande de me parler, » je lui réponds exaspérée.
« Je ne rejette pas, c’est juste que ce qui me passe par la tête n’est pas si intéressant que ça, » elle hausse les épaules.
« Je me fiche de savoir si c’est intéressant ou pas, je veux que tu me parles Sara. »
« A quel propos ? »
« A propos de ce qui te passe par la tête !»
« Très bien, » elle se rend.
« A quoi est ce que tu penses dernièrement ? »
« Rien de spécial, » elle hausse à nouveau les épaules.
J’aurais dû me douter que ça ne pouvait pas être si facile. Maintenant je suis furieuse. Ses réponses évasives sont encore pires que ses silences. « Ce n’est pas possible tu te fous de moi là !»
« Cath, ce n’est rien de spécial… » elle commence à nouveau mais je la coupe.
« Oui bien sûr, c’est pour ça que tu passe des nuits entières à gamberger à propos de choses sans importance, » mon ton est hargneux.
« Qu’est ce que tu attend de moi Cath ? » elle me demande confuse.
« Je veux que tu me parles bordel ! » je lui crie dessus.
« Pourquoi est ce que c’est si important ? »
« Tu ne comprends donc pas ? C’est important parce que je veux te connaître, j’ai besoin de te connaître, » cette fois ça y est je suis à bout. « Tu es là dans ton petit monde où je n’ai pas ma place ! Je veux juste te connaître mieux, est ce que c’est trop demandé ? » elle ne dit rien et se contente juste de rester plantée là. « Je...tu…la plupart du temps tu es tellement distante…la plupart du temps tu es une étrangère pour moi Sara !... Je ne peux pas…Je n’ai pas envie d’être juste une corps chaleureux dans ton lit, est ce que tu peux le comprendre ça ?!! »
« Tu sais bien que ce n’est pas ce que tu représentes à mes yeux Cath ! » dit elle blessée.
« Ben, c’est pourtant l’impression que j’ai ! » j’ai le souffle court car je suis au bord des larmes. « J’ai envie d’avoir une vrai place dans ta vie Sara, tout ce que je demande c’est que tu me fasses confiance ! »
« Je te fais confiance ! »
« Alors parle moi ! Tu as promis que tu essaieras de me parler mais tu n’essayes pas tant que ça, voir pas du tout ! » je respire profondément pour me calmer. « Une chose, Sara, » je continue avec une voix plus douce. « Une seule et simple chose Sara, c’est tout ce que je te demandes. Une simple chose bon sang. »
Le silence nous entoure, elle semble réfléchir à ce que je viens de dire, alors que moi, j’ai le sentiment de me noyer dans les sables mouvants du désespoir.
« Je… » elle commence et soupire. Elle vient à moi et essaye de me prendre dans ses bras mais je la repousse.
« Arrête !...Tu fais toujours ça ! » je lui dis avec véhémence. Maintenant elle a l’air complètement perdue, blessée et confuse. « A chaque fois que je te dis qu’on a un problème, ou qu’on se dispute, tu me prends dans tes bras et dis que tu es désolée. Mais en fin de compte rien ne change ! Je ne veux plus de ça. Je n’ai pas envie que tu me prennes dans tes bras Sara, je veux que tu me parles ! A quel point est ce difficile de comprendre ça ?! »
Je suis plus que hors de moi. J’en ai marre de toujours avoir le mauvais rôle dans notre relation. J’en ai marre de toujours être celle qui est mature et fais face aux soucis. J’en ai marre d’avoir l’impression d’être la seule à m’impliquer dans cette relation. Mais, là, tout de suite, ce qui m’énerve plus que tout c’est son silence et sa passivité. J’ai envie de la secouer dans tous les sens !! Mais avant que je ne continue son téléphone sonne.
« Sidle…Grissom...Non…Grissom …Grissom…c’est mon jour de congé appelle Sofia !...non… » elle se tait et j’arrive à entendre Grissom lui hurler dessus ce qui contribue à l’énerver encore plus. Elle soupire lourdement. « Très bien ! Donnes moi 30 minutes…Grissom c’est le plus rapide que je puisse faire ok !! » elle lui crie en retour avant de lui raccrocher au nez.
Elle se tourne vers moi. « Je dois retourner au boulot, » explique-t-elle inutilement.
« Ouais, je pense que j’avais compris toute seule, » je réponds toujours en colère contre elle. « Comme c’est opportun, tu t’en tire facilement encore une fois. »
Elle me lance un regard signifiant clairement que c’était un coup bas avant de se retirer dans la salle de bain.
J’attends dans le salon qu’elle soit prête. Une fois qu’elle est sur le départ je me mets près de la porte et la regarde silencieusement. Elle vient vers moi avec une expression douce. « Je dois y aller, mais on parlera plus tard. »
Je grogne ? C’est toujours ce qu’elle dit mais on ne parle jamais, on joue au chat et à la souris. Elle passe des heures à éviter le sujet pendant que je perds désespérément mon temps à essayer de la forcer à faire face. « Ouais, bien sûr, » je réponds sans conviction. Je n’y peux rien la pilule refuse de passer cette fois.
Elle a l’air peinée et triste mais je refuse de me laisser avoir. Elle se penche pour m’embrasser mais je détourne la tête et évite ses lèvres. Elle s’immobilise net. Quand je la regarde à nouveau je sais qu’elle est sur le point de pleurer mais je campe sur mes positions. Il y a cette règle implicite entre nous, quand le travail vient interrompre une dispute on ne se quitte pas sans un baiser. C’est notre façon de se dire qu’en dépit de tout on s’aime et qu’on trouvera un terrain d’entente plus tard. Mais surtout parce que notre job peut être dangereux, et si jamais quelque chose venait à arriver alors au moins le dernier souvenir que j’aurais d’elle est qu’elle m’aime.
Aujourd’hui j’ai enfreint cette règle. Je suis bien trop énervé contre elle, et honnêtement je sui fatiguée d’entretenir l’illusion que tout va bien. Maintenant, j’en suis au point où même moi je doute qu’on arrivera à régler tout ça plus tard. Et puis mince, elle ne joue pas fair-play alors pourquoi le devrais-je ? Je ne vais pas lui adoucir la pilule aujourd’hui, elle ne s’en sortira pas faci