Salut tout le monde encore une fois , milles mercis pour l'intérêt que vous portez à l'histoire, et pour vos mails.... Il se trouve que j'ai concul un pacte avec le diable (il a un nom que je tairais....enfin pour indice ça commence par 'bou' et termine par 'zic" ;o) .... et donc je reviens avec une mise à jour certes courte mais dans de brefs délais. J'espère que ça vous plaira à bientôt
So ;)
Et du Chaos Naîtra la Création…
Sixième Partie
Par SoFrost
Chapitre 49 : Sara
J’ouvre les yeux et me trouve dans une pièce inconnue. Il me faut quelques minutes pour me concentrer et me souvenir de ce qu’il s’est passé. Hôpital. Je dois être dans un hôpital.
Aussi tôt que cette pensée prend tout son sens je panique. L’odeur douceâtre de la pièce complètement stérile m’envahie les narines et me rend nauséeuse. Il faut que je sorte d’ici.
« Hey, du calme. Sunshine…Sunshine calmes toi…respires profondément…respires tout simplement, » dit Travis en caressant mon front, mais je n’arrête pas de m’agiter. « Calmes toi, je suis à tes côtés, tu n’es pas seule. »
Je tâtonne mon cou d’une main mais ne trouve pas ce que je cherche. Je suis sur le point de pleurer. J’arrête de m’agiter mais je tremble de tout mon corps.
« Ils ont pris mon anneau, » je lui dis d’un ton désespéré.
« Tiens, je l’ai récupéré pour toi, » dit il en remettant la chaîne qui porte mon anneau autour de mon cou. Aussitôt qu’elle est en place je referme mon poing sur mon anneau.
Je prends quelques inspirations et essaie de vaincre le sentiment de claustrophobie grandissant. Travis me prend la main et se penche au plus près de mon visage avant de chanter doucement au creux de mon oreille, je commence déjà à me sentir mieux.
Je hais les hôpitaux avec passion. Je hais le fait d’avoir à passer du temps à l’intérieur des hôpitaux, mais je me débrouille quand il s’agit du boulot, cependant je ne peux pas supporter d’être la patiente. Trop de souvenirs, trop de peurs, une peur viscérale.
« Depuis quand suis-je ici ? » j’interroge Travis.
« A l’hôpital, je dirais 8h voir plus, et dans ta chambre ça fait 4h. »
Je me sens soudain fatiguée alors je ferme un peu les yeux.
Un temps indéterminé plus tard un médecin vient dans ma chambre. Je me réveille et suis surprise de voir un visage familier.
« Mademoiselle Sidle, je suis… »
« Cameron Donovan, on s’est rencontré, » je l’interromps avec une voix rauque. Travis me tend un verre d’eau, et je lui demande de redresser la tête de mon lit pour que je sois dans une position semi assise.
« Oui, c’est ça. Est-ce que vous vous souvenez de ce qu’il s’est passé ? » me demande-t-il.
« On m’a tiré dessus. »
« Oui. Vous avez aussi été extrêmement chanceuse. La balle a déchiré les tissus mais n’a pas atteint d’organe vital. Vous avez souffert d’une perte de sang importante, et mis à part la plaie laissée par la balle vous allez relativement bien, » m’informe-t-il d’une voix douce.
Je prends le temps d’assimiler tous les nouveaux éléments. « Et mes partenaires ? »
« Monsieur Sanders est légèrement en état de choc. Il a peut être une petite commotion cérébrale, mais il va bien. Monsieur Kramer a été touché par deux balles mais elles n’ont qu’éraflé profondément sa chair. Et enfin, concernant Monsieur Johnson, il est toujours en chirurgie, » termine-t-il avant de vérifier ma charte. « Est-ce que vous ressentez de la douleur ? »
« C’est supportable. »
« Je vais vous prescrire des anti-douleurs, juste au cas où. »
« Doc, il faut que je vous parle, » je lui réponds immédiatement.
« Bien sûr, » il se tourne vers Travis. « Laissez nous seuls quelques instants. »
« Non, j’ai besoin qu’il reste, » je prends la main de Travis dans la mienne.
« Très bien, de quoi s’agit il ? »
Je prends une grande inspiration. « J’ai été accroc à différentes drogues et médicaments : morphine, vicodin, codéine, xylocaïne et autres. Ça fait maintenant presque 20 ans que je suis clean, et je n’ai pas envie de prendre de risque, je ne veux pas retomber dans la dépendance. »
« Bien, je comprends. Mais votre corps doit réparer des tissus et c’est loin d’être un processus sans douleur, je vais vous prescrire les doses qu’on prescrit généralement aux enfants, ça devrait réduire la marge de risques d’addiction, mais ça rendre la douleur à peine supportable. »
« Je m’en fiche, » je réponds platement.
« C’est comme si c’était fait dans ce cas. Autre chose ? »
« Non, je vous remercie. »
J’attends qu’il quitte la pièce avant de m’adresser à Travis à nouveau. « Tu garderas tout ça avec toi, » il se contente de serrer ma main en réponse.
Je me tourne vers lui. Il est pâle et plus préoccupé que d’habitude. Mes yeux tombent sur ses mains et je vois qu’il porte son anneau. Il suit mon regard et tourne l’anneau doucement.
« Un certain Grissom m’a appelé et m’a dit qu’on t’avait tiré dessus. J’avais besoin de m’accrocher à quelque chose, il annonce simplement.
« Ti, je vais bien. T’as entendu le médecin. »
« Tu sais, je n’ai jamais cru qu’on m’appellerait, » dit il pensivement. Il m’embrasse la main avant de se perdre dans ses pensées.
« Ti, crois moi je ne me suis pas mise volontairement en danger, » je lui dis par automatisme.
« Content de le savoir. »
« Ti ? »
J’ai la mauvaise sensation qu’il ne me dit pas tout et je n’aime pas ça.
« Je suis encore sous le choc. »
« Ce n’est pas tout, » je le pousse doucement.
« Plus tard, promis, » il serre légèrement ma main.
« Tu veux entendre quelque chose de drôle ? » je lui demande non sequitur.
« Distraits moi. »
« Je n’ai même pas remarqué que j’avait été touché. »
« Comment est ce que tu as pu manquer quelque chose comme ça ? » me demande-t-il clairement intrigué.
« Trop plein d’adrénaline »
« Quelque part ça ne me surprend pas tant que ça. Je veux dire, c’est typiquement toi, » il me lance un sourire en coin.
« Et qu’est ce que ça veut dire ça ? » je le taquine.
« Est-ce que tu te souviens de ce jour où on grimpait aux arbres lors de l’anniversaire de mon cousin ? »
« Oh je t’en prie ça n’a rien à voir, » je commence à me défendre.
« Il t’a fallu plus d’une heure pour comprendre que tu avait un morceau de bois de vingt centimètres coincé dans l’épaule. » Je suis sur le point de répliquer mais il répète. « Vingt centimètres Sunshine ! » il renifle en souriant. « T’es toujours à la masse quand il s’agit de la douleur. »
On ricane doucement. Mais ses traits s’assombrissent. « J’ai arrêté de respirer quand on m’a dit que tu avait été touchée, » il me regarde intensément avant de détourner son regard.
« Je vais bien, » je le rassure, il acquiesce de la tête avant d’embrasser ma main.
« Tu sais, Cath et moi on s’est disputées ce matin. On ne s’est pas embrassées ou dites qu’on s’aimait avant de se séparer. Je ne l’ai pas quitté avec le meilleur des souvenirs. Ça me tue de penser qu’elle est peut être toujours en colère contre moi à l’heure actuelle. Et si les choses avaient été pires la dernière chose qu’elle aurait eu en tête c’est le souvenir de nous deux en train de nous disputer, » je ricane amèrement.
« Tu veux que j’aille voir si elle est arrivée ? »
« Non ! Ne me laisse pas seule. »
« Ça me prendra moins de cinq minutes, » il tente de me rassurer.
« Pitié, » je supplie. « Pas maintenant, je t’en prie. » Je sais que si on me laisse seule je vais faire une crise de panique.
« Ok. »
« Raconte moi un souvenir, » je lui demande une fois calmée. Quand je suis agitée ou anxieuse j’aime qu’on me raconte des histoires.
Travis me raconte le jour où un de ses frères et lui ont essayé de s’envoler depuis le troisième étage de sa maison avec des ailes faites maison. J’ai entendu cette histoire si souvent que je pourrais la raconter moi-même, mais je ne me lasse jamais de l’entendre.
Soudain la porte s’ouvre et révèle une Catherine bouleversée. Elle regarde longuement Travis et puis me regarde à nouveau.
« Je vais aller me prendre un café, » dit Travis. Il se penche vers moi et m’embrasse tendrement le front. « Je t’aime, » murmure-t-il à mon oreille.
Je passe mes bras autour de son cou et lui dis que je l’aime à mon tour avant qu’il ne s’en aille. Je me concentre sur Cath, elle a l’air perdue.
« Cath, je regrette pour ce matin, j’aurais dû…mfff. »
Je n’ai pas la chance de finir ma phrase avant qu’elle ne m’embrasse désespérément. Ses larmes se mêlent à notre baiser. Elle ne s’arrête pas avant que l’oxygène ne vienne à manquer.
« J’aurais dû t’embrasser, » elle babille à travers ses larmes.
Elle fond en sanglots dans mes bras. Je l’étreins alors qu’elle se laisse aller. « Tout va bien, je vais bien. »
« J’aurais dû d’embrasser…j’aurais dû t’embrasser… » elle répète sans cesse.
Chapitre 50 : Catherine
Je suis en train de pleurer dans les bras de Sara. Elle est en vie, je respire à nouveau.
« Chérie ? » Sara m’appelle. « Bébé, il faut que tu bouges tu es en train de t’appuyer sur ma blessure. »
Je me redresse comme si j’avais été brûlée. « Oh mon dieu, je suis désolée. »
« Tout va bien, ne t’en fais pas, » dit elle avant de changer sa position tout en gardant ses bras autour de moi. « Voilà, c’est mieux. »
Elle me prend le visage délicatement et me regarde intensément. « Tu m’as manqué aujourd’hui, » elle murmure avant de m’embrasser brièvement. Les larmes me reviennent mais je me reprends rapidement.
« Comment te sens tu ? » Je lui demande.
« Mieux maintenant que tu es là. Comment ça va ? »
« Mieux maintenant que je suis là, » je lui fais écho avec un léger sourire. Où as-tu… » mes mots s’estompent sur mes lèvres. Je suis toujours très affectée par le fait que ça aurait pu être pire.
« Sur mon côté. Je pensais que j’avais une crampe après avoir couru, » elle plaisante. Elle voit ma gêne et redevient sérieuse. « Ce n’est rien, j’ai évité la balle pour ainsi dire, aucun organe n’a été touché, et je n’ai vraiment souffert que d’une perte de sang. Je vais bien. »
Je hoche la tête. Quelqu’un frappe doucement à la porte, on lève nos têtes et voit la tête de Warrick apparaît dans l’embrasure. « Je peux entrer ? »
« Bien sûr Rick, » Sara répond avec un sourire.
« Hey ma grande, tu nous as fait une belle frayeur, » dit-il, je me lève pour le laisser lui faire un câlin avant de reprendre ma position dans les bras de Sara. « Je ne serais pas long, mais il faut que je prenne ta déposition. »
« Ma déposition ? »
« Ecklie nous a envoyé sur la scène. On n’a pas appris que Greg et toi étaient impliqués avant d’arriver ici pour parler à Kramer. »
Quelque chose me frappe. Si ça n’avait pas été pour cet assignement je n’aurais pas su que Sara était blessée. Enfin, je suppose que Grissom m’aurait appelé après un certain temps, mais plus de 8h se sont écoulées entre le moment où elle s’est faite tiré dessus et celui où je l’ai découvert. Travis était là en revanche, donc il avait été prévenu contrairement à moi. Et si ça avait été plus grave ?
Je pousse ses pensées dans un recoin de mon esprit pour le moment, j’en parlerai plus tard avec Sara.
« Oh » dit elle un peu surprise. « D’accord, qu’est ce que tu veux savoir ? » demande-t-elle.
« Tout, depuis le moment où vous êtes arrivés sur les lieux. »
Elle nous raconte sa version et à quelques mots près elle nous répète ce que Kramer et Greg nous ont dits auparavant.
« Ok, je pense que j’ai tout ce dont j’avais besoin. Je vais vous laisser un peu seules. Je t’attends dehors Cath, » Warrick annonce, il embrasse Sara sur la joue affectueusement. « Prend soin de toi ma grande, » lui demande-t-il avant de s’éclipser.
« Cath ? Qu’est ce qui ne va pas ? »
« Je viens juste de me rendre compte qu’il y avait eu beaucoup de temps écoulé avant que je ne sache ce qu’il t’était arrivé, » je lui confesse sans la regarder. « Greg a essayé de me joindre depuis ton portable mais comme je pensais que c’était toi et que je ne voulais pas te parler je n’ai pas décrocher…ça fait plus de 8h que tu as été blessée et je ne peux pas m’empêcher de penser que si ça avait été pire je n’aurait rien su. »
« Je n’ai pas mis à jour la liste des personnes à contacter en cas d’urgence. C’est pourquoi Travis a été prévenu et pas toi, » elle me force à la regarder. « De manière générale j’essaie de ne pas penser au fait de pouvoir être blessée ou tuée en service, histoire de ne pas me porter la poisse, c’est pourquoi je n’ai pas fais de mise à jour de cette liste. Mais c’est la première chose que je ferais dès que je retourne au boulot. »
Elle m’embrasse profondément. « Je t’aime, » dit elle une fois qu’elle rompt son baiser.
« Je t’aime, moi aussi. »
Je l’étreins alors que le silence nous entoure.
« Tu devrais y aller, Lindsey va s’inquiéter si elle ne voit aucune d’entre nous bientôt, » me dit elle doucement. « Et puis il me semble que tu lui as promis que vous cuisineriez des cookies ensembles, » me rappelle-t-elle. J’acquiesce contre son épaule. Je n’ai pas vraiment envie de partir mais je ne peux pas laisser Linds s’inquiéter non plus.
« Quand est ce que tu pourra revenir à la maison ? »
« Demain soir si tout se passe bien. »
« Je repasserai demain matin. »
Quelqu’un tousse à la porte. Je regarde et vois Travis. « Désolé de vous déranger mais, Sunshine le doc a dit que tu devais essayer te reposer parce que la nuit va être longue, » dit il. Ils échangent un regard entendu avant qu’il ne sorte à nouveau.
« Je vais te laisser te reposer, » je me désengage de notre étreinte mais ne lui lâche pas la main.
« Ok, je te vois demain ? » me demande-t-elle incertaine.
« Compte sur moi. »
« Fais un gros câlin et un gros bisou à Linds, et surtout dis lui que je vais bien, » ajoute-t-elle doucement. Je lui promets d’un signe de tête et m’efforce de ne pas pleurer à nouveau.
Je l’embrasse encore une fois et lui dis que je l’aime avant de partir. Dans le couloir je trouve Travis en train d’attendre devant la chambre de Sara. Il a l’air vraiment inquiet et perdu.
« Est-ce que tu as besoin que je te raccompagne chez toi ? » me demande-t-il gentiment.
« Non, ça ira merci, Warrick m’attend. »
« D’accord, » il acquiesce. « Je suis désolé de ne pas t’avoir appelé. Je n’avais pas ton numéro et le téléphone de Sunshine n’était pas dans ses affaires. »
« Ce n’est pas grave. »
« On sait tous les deux que ce n’est pas vrai, » il sourit timidement. « Enfin bref, je suis désolé. »
« Merci. »
Un ange passe.
« Tu vas rester là ? » je lui demande.
« Oui, je pense que je vais attendre qu’elle s’endorme, » il me regarde avec une expression douce. « Est ce que ça va aller toi ? »
« Je pense que oui, je suis toujours… » je laisse mes mots en suspens pas sûre de savoir comment finir ma phrase.
« Ouais, je sais, » il répond. Il semble hésiter sur ses prochains mots quand finalement il décide de se lancer. « Ecoutes, je sais qu’on se connaît pas encore très bien mais…si tu as besoin de parler…tu peux m’appeler. »
« Merci. »
« Je t’en prie, » il me sourit.
Je ne sais pas ce qui me pousse à faire ce qui suit, mais je le prends dans mes bras, le câlin est malhabile. Je pense qu’il est le plus surpris de nous deux, mais après quelques secondes il me retourne mon étreinte.
Après ça je rejoins Warrick dans la salle d’attente. On retourne au labo pour boucler notre service et ensuite je vais chez Nancy. J’ai besoin d’être avec ma famille.
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« Cath, qu’est ce qu’il s’est passé ? Tu étais sensée rentrer plus tôt pour faire la cuisine avec Linds, maintenant elle est contrarié parce que… » Nancy arrête sa tirade lorsqu’elle m’observe de plus près. « Cath, qu’est ce qu’il y a ? »
« Est-ce que ça va si je dors ici ce soir ? » je demande d’une faible voix.
« Bien sûre, aucun problème. Qu’est ce qu’il ne va pas ? » me demande-t-elle à nouveau, mais elle comprend avant que je n’aie à lui répondre. « Oh mon dieu, quelque chose est arrivé à Sara ? » elle murmure. Je me contente de confirmer son intuition de la tête car je sens les larmes monter à nouveau. « Est-ce qu’elle va bien ? » elle demande avec appréhension. Une fois encore je réponds de la tête et elle expire rassurée. « Entre. »
Elle prend soin de moi comme si j’étais une enfant. Je pleure un peu dans ses bras et lorsque je me sens mieux je lui explique ce qu’il s’est passé, puis je décide de faire face à la colère de ma fille.
Je frappe à la porte et entre sachant que de toute façon je n’obtiendrais pas d’invitation aujourd’hui. Elle me regarde un instant avant de se replonger dans son livre.
« Je n’ai rien à te dire, » dit elle d’une voix hargneuse.
« Moi, j’ai à te parler. »
Elle pose son livre et croise les bras sur sa poitrine avant de fixer le mur à côté de moi.
« Je suis désolée d’être en retard. »
« Tu avais promis d’être là, mais comme toujours tu n’as pas respecté ta parole ! »
« Tout d’abord je tiens toujours parole et ensuite je viens de te dire que j’étais désolée. »
« Ouais, ben je m’en fiche ! Tu peux t’en aller maintenant. »
J’ai l’impression de faire un grand pas en arrière dans notre relation.
« Linds je suis vraiment désolée mais quelque chose est arrivé au boulot et … »
« Oui ça va je connaît la chanson, tu ne pouvait rien faire d’autre. Le boulot, toujours le boulot…je pensais que tout ça avait changé mais non. »
Je sais qu’elle est blessée parce que je l’ai laissé tomber, et quand elle est comme ça elle n’est pas vraiment ouverte au dialogue. Je suis trop fatiguée pour me battre avec elle, alors je décide de lui annoncer la nouvelle de but en blanc.
« Sara a été blessée »
J’ai décidé de ne pas me disputer, au moins maintenant elle comprend qu’il y a plus important que la promesse que je n’ai pas tenue. Je suis vraiment trop épuisée émotionnellement pour faire face à sa colère.
Elle me regarde avec inquiétude et toute sa rage s’évapore en un instant. Ses yeux s’humidifient et ses lèvres commencent à trembler.
« Est-ce qu’elle va bien ? »
« Elle s’en remettra, il y a eu plus de peur que de mal. »
« Qu’est ce qu’il s’est passé ? »
« Il y avait un suspect sur les lieux du crime et il lui a fait du mal pendant qu’elle essayait de l’arrêter, » je résume. Je la prends dans mes bras et la conforte. « Elle va bien, en fait elle m’a même demandé de te faire un gros câlin et un bisou, » je lui embrasse la tête pour emphatiser mon point.
« Est-ce que je peux l’appeler ? »
« Elle a besoin de se reposer maintenant, mais si tu veux on peut passer la voir avant que tu n’ailles à l’école demain matin. »
« Ok. »
« Bien. »
Je la serre fort contre moi. « Est-ce que tu me laisserais dormir avec toi ce soir ? » je lui demande et elle acquiesce contre ma poitrine.
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Je suis devant la chambre de Sara. Je peux la voir à l’intérieur avec Travis en train de parler au médecin. Je ne me suis jamais sentie plus en dehors de son monde que maintenant. Je suis sûre qu’ils ne se rendent pas compte de l’image qu’ils renvoient. On dirait un couple marié se tenant la main pour le réconfort. C’est comme si je regardais une photo où je n’avais pas ma place.
Ce matin j’y avais ma place avec Lindsey, mais maintenant même si je m’y ajoutais quelque part il y aurait quelque chose qui cloche.
Il y a ce sentiment persistent, celui qui me dit que Sara a une liaison avec Travis. Je sais qu’il n’a pas quitté ses côtés de toute la nuit vu qu’il n’a pas changé de vêtements. Je paris qu’il est resté veiller auprès d’elle-même quand elle dormait, ou même qu’il a dormi à ses côtés. La place qu’il a dans la vie de Sara me rend jalouse et énervée.
Je décide de ne pas y penser et d’entrer après avoir frapper. « Est ce que je dérange ? » je demande.
« Jamais, » Sara me répond avec un sourire chaleureux. « Docteur Donovan était sur le départ de toute façon. »
« En effet. Alors souvenez vous de ce que j’ai dit, hydratez vous bien et si quelque chose ne va pas appelez moi à n’importe quel moment. »
« Merci Doc. »
Le jeune médecin sort en me saluant pendant que Travis et Sara s’échange encore un regard entendu. Travis lui lâche la main. « Je vais vous laisser, » il se lève et récupère son manteau, il regarde Sara une dernière fois et ensuite me sourit avant de me dire au revoir et de quitter la pièce.
Je déteste cette façon qu’ils ont de communiquer en silence. C’est un autre rappel de ce que je n’ai pas avec Sara.
Je sers les dents et ravale ma jalousie et colère. Il est temps pour moi de prendre soin de mon amante.
Chapitre 51 : Sara
J’ai les mains qui tremblent, je les fixe intensément comme si je pouvais les contrôler de cette manière. Cinq jours sont passés depuis qu’on m’a tiré dessus et depuis que me suis réveillée à l’hôpital je vis les pires heures de mon existence. Premièrement je m’ennuie car je dois rester à la maison, et maintenant il y a ces stupides mains. J’ai été une petite fille très désobéissante vu que je n’ai pas pris mes médicaments pour la douleur ni hier, ni aujourd’hui. Mais je me connais bien et je connais ce sentiment encore mieux. Le sentiment d’oubli. Le problème des anti-douleurs c’est que j’ai tendance à en vouloir plus. Au début ils atténuent la peine, puis il me font planer un peu, et ensuite c’est comme nager dans la béatitude. Mais quand l’effet s’estompe c’est pire car la réalité ne vous offre jamais ce sentiment de pure euphorie.
Avant je ne vivais que grâce à ce sentiment et pour être honnête aussi bon qu’il puisse être ce sentiment est à double tranchant.
Le problème est que mes mains se sont mises à trembler il y a quelques jours déjà. Et j’étais incapable de dire si elles tremblaient à cause de la douleur ou par manque, alors j’ai décidé d’arrêter de prendre les anti-douleurs, tout simplement.
Alors maintenant, il faut que je serre les dents à chaque fois que ma blessure me fait mal. La douleur me joue des tours, j’ai plus de cauchemars, et ils sont dix fois plus intenses que d’habitude. J’ai des sauts d’humeur et je suis imprévisible, même pour moi-même. Je pourrais tout arrêter, une petite pilule et le tour serait joué, mais je refuse de céder à la tentation, je ne me fais pas confiance sur ce coup là.
« Je ne mords pas, » je murmure.
Je sais que Cath est derrière moi. Je sais qu’elle n’a pas arrêté de me surveiller tous les jours lorsque je ne dormais pas. Mais contrairement à avant, elle se contente de m’observer silencieusement avant de retourner dans notre lit où elle attend que je revienne pour se rendormir.
Elle s’approche de moi doucement. « Je voulais juste savoir si ça allait, » elle répond.
« Je vais… » je suis sur le point de dire que je vais bien mais je décide le contraire. Je décide de faire un pas dans la bonne direction pour changer et de m’ouvrir un peu. « J’ai fait un cauchemar, » je confesse. Elle passe une main dans mes cheveux et j’appuie légèrement ma tête contre son estomac. « Dans mon appart, j’essayais d’étouffer mes pensées en écoutant mon scanner, mais ici…ça ne me déranger pas, j’aime réfléchir ici, parce que je me sens en sécurité, » je ricane doucement. « Je ne sais pas si ce que je dis a un sens. »
Elle ne dit rien, et se contente de m’écouter. Elle se penche et m’embrasse la tête. Bon d’accord, je n’ai pas dit grand-chose, mais c’était mon premier pas sur le vaste terrain de la communication, un pas de bébé je le concède, mais un pas est un pas.
« Est-ce que tu peux me prendre dans tes bras le temps que je me rendorme ? » je lui demande.
« Bien sûr, mon amour, » me répond-t-elle avec un sourire.
Je me lève du bord de la fenêtre de la cuisine, je lui prends la main et commence à nous diriger vers notre chambre. Elle ne bouge pas et me ramène dans ses bras.
« Cath ? »
Elle m’embrasse tendrement. « Merci, » dit elle contre mes lèvres.
« Pour quoi ? »
« Pour m’avoir parlé. »
Je l’embrasse à mon tour avant de nous emmener dans notre chambre.
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« Et merde ! »
C’est la seule chose à laquelle je pense quand j’arrive sur les lieux d’un crime. Un autre ‘ange déchu’. Jessie Williams, 20 ans, latine américaine, même mode opératoire que les autres.
Je parie que je sais ce que Doc va nous dire à son propos. Elle a été abusée sexuellement, elle a trois tatouages et il y aura peut être des traces de mutilation antérieures. Sa famille nous dira qu’elle était solitaire, plutôt renfermée sur elle-même et enfin ils nous parleront sûrement de la fameuse Tawny.
Et merde !
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Il faut croire que j’ai été prophète dans ma vie antérieure parce que tout ce que j’avais prédis s’est révélé vrai. Et tout comme les autres fois, nous n’avons rien de concret pour avancer. Tout ce qu’on sait jusqu’ici c’est que Joan et Connie se sont faites tatouer à un jour de différence, ce qui confirme la théorie selon laquelle elles se connaissaient. Je parie que Jessie va trouver sa place dans ce schéma. On a toujours les facteur commun inconnu : Tawny.
On n’avance pas et franchement ça me frustre au plus haut point.
J’ai été appelée à la réception, quand j’arrive un jeune homme blond m’attend avec un air légèrement gêné. Je m’arrête devant lui et il se lève.
« Bonjour, je suis Sara Sidle, vous désiriez me voir ? »
« Salut, je suis Dan. A vrai dire c’est vous qui vouliez me voir, » je le regarde confuse. « Dan Haspel ? Puck m’a envoyé ici… »
« On m’a déjà oublié ? Je suis vexé ma belle… » dit une voix avant que Robin de face son apparition près de Dan et moi-même. J’essaie de me rappeler que le frapper n’est pas une bonne idée. « J’avais promis de vous ramener Dan dès son retour, et j’ai tenu parole…et puis ça m’a donné une excuse pour vous revoir Belle Sara, » il me fait un clin d’œil.
« Mr. Goodfellow, vous auriez dû vous épargner un voyage. Et au fait, c’est toujours Mlle Sidle pour vous, » je réponds sèchement.
« Ouch, elle mord fais gaffe, » Dan ricane.
« Messieurs si vous voulez bien me suivre. »
On prend place dans une salle vide, j’attends que Greg nous rejoigne puis montre la photo des tatouages à Dan.
« Est-ce que vous reconnaissez votre travail ? »
« Un peu oui, j’ai fait ces tatouages encore et encore pendant des mois, alors les oublier serait difficile. »
« Qu’est ce que vous entendez par ‘encore et encore’ ? » je demande un peu appréhensive, soudain la suggestion de Greg me revient en tête, on pourrait faire face à une secte.
« Désolé de donner l’impression que j’ai tatoué une armée. Je l’ai fais 6 fois pour être précis. Mais c’est étrange que six personnes différentes me demandent de faire exactement la même chose. Généralement, les gens se font tatouer pour sortir du lot, pour être unique. Mais ces gamins se sont faits tatouer pour appartenir à un lot, comme s’ils voulaient faire un clan ou quelque chose dans le genre. Est-ce que je suis clair ? »
« Oui, tout à fait, ne vous en faîtes pas, » je le rassure. « Que pouvez vous nous dire sur ces gens ? »
« Comme je l’ai dit, ils étaient six, cinq jeunes filles et un jeune homme. Je dirais entre 19 et 22 ans au mieux. Ils étaient vraiment différents les uns des autres mais semblaient vraiment très proches. »
« Et ce tatouage là ? » je lui demande en lui montrant le ‘f.u.n.’
« Ils m’ont dit que les lettres signifiaient : ‘For Us and No one else’, traduction, pour nous et personne d’autre. Maintenant si vous voulez mon avis sur la question, si vous voulez connaître la vraie signification il faut le leur demander. Parce que je doute qu’ils avaient envie que la vraie signification du tatouage se sache. Comme je le dis souvent, parfois toutes explication est superflue pour ceux qui savent et vaine à ceux qui ne savent pas. »
« Vous souvenez vous de leur nom ? »
« Je n’ai pas leur noms de famille mais je pense que leur prénoms étaient… » il ferme les yeux et se concentre. « Joan, Connie…Jessie…Tawny…Rebecca et je pense que le gars s’appelait Adam. »
Je sens l’excitation me titiller, c’est notre première piste sérieuse.
« Je suis impressionnée par votre mémoire. Est-ce que vous vous souvenez de signes distinctifs ou pourriez vous les décrire ? »
Il réfléchit pendant un instant. « Non, pas de signes…je les reconnaîtrais si les voyais, mais je ne pourrais pas vous les décrire comme ça…désolé. »
« Ce n’est rien, vous nous avez déjà beaucoup aidé. Ça devrait aller. Je vous remercie d’être venus. »
« Je vous en prie. »
« Si vous vous souvenez de quoique ce soit, appelez moi. »
« Je n’y manquerai pas, » réplique-t-il avant de sortir pour rejoindre Robin dehors.
Bon, au moins on avance un peu. Maintenant on a les noms des victimes potentielles…et potentiels suspects.
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Je suis obligée de partir tôt car en théorie je suis toujours arrêtée pour me remettre de ma blessure. Lorsque je sors du bâtiment Robin est encore dehors. Il m’approche avec un sourire.
« Je vous attendais, » annonce-t-il.
« Vraiment ? » je réponds intriguée.
« Oui, » il rit doucement.
« Et qu’y avait-il de si important pour que vous m’attendiez pendant 2h ? »
« Ben, je sais que ça ne serait pas approprié de vous inviter à sortir maintenant, mais vous me plaisez beaucoup et j’aimerai faire plus ample connaissance. Alors je me demandais si je pouvais vous inviter à prendre un verre…non…pour un rendez vous galant, un peu plus tard, » il demande de façon nonchalante.
« Je suis flattée quand bien même en ce qui me concerne vous me tapez sur le système, mais je préfère couper court à la chasse tout de suite et ne pas vous donnez de faux espoirs. Si vous voulez vous faire une amie c’est envisageable, maintenant si vous attendez plus, c’est une utopie…je suis prise et très heureuse en ménage. »
« Wow, vous ne faites pas dans la dentelle n’est ce pas ? » il rit. « Vous ne cesserez jamais de piétiner mon ego, je n’ai pas raison ? »
« Je ne vois pas pourquoi je m’arrêterais, ça m’amuse, » je lui réponds et on ricane tous les deux.
« Dons, si je vous appelle plus tard pour vous inviter comme une amie à aller boire un verre, vous accepteriez ? » il essaie encore.
« Aucune idée, je ne suis pas en situation, donc je ne peux pas prédire ce que je dirais. »
« Je vois. Bon, voilà ce que je propose. Si jamais vous avez envie d’aller boire un verre, de parler un peu, ou juste de vous amuser, vous m’appelez, que ce soit dans trois jours ou trois mois, je m’en fiche, » il me sourit. Il commence à partir mais ce tourne à nouveau vers moi. « Oh fait, il y a un tatouage qui vous attend à la boutique, si jamais vous en voulez un. »
« Je risque d’accepter cette offre. »
« Je vous en prie faite le. Bon, à plus alors ma bel…Melle Sidle, » il se corrige au dernier moment.
« Sara, » je lui autorise.
« Sara, » il répète mon prénom comme pour mémoriser le son qu’il fait en passant la barrière de ses lèvres. « A bientôt j’espère, Sara, » il sourit jusqu’aux oreilles et me fait un clin d’œil avant de partir.
Et bien il semblerait que je me sois faite un nouvel ami. Un ami plutôt irritant, que je décrirais comme un mixe entre Greg et Travis.
Je décide de rentrer à la maison, tout en me demandant si je l’appellerai ou pas un jour.
Chapitre 52 : Catherine
Sara est allongée dans notre lit, regardant le plafond comme s’il détenait les réponses qu’elle cherche.
« A quoi tu penses ? » je lui demande gentiment.
« C’est l’anniversaire de Linds le mois prochain. »
« Oui, elle va avoir 13 ans, » je souris avant de soupirer pensivement. « Tu sais, je me souviens à quel point elle était minuscule dans mes bras lorsqu’elle est née. Elle a tellement grandit depuis, » je ricane doucement. « Ça ne me rajeunit pas tout ça. »
Je me love plus profondément dans les bras de Sara. Le temps passe vraiment trop vite. Je n’ai pas vu ces treize années passer. En y pensant, ces années ont été comme des montagnes russes. Mon plus grand regret étant qu’Eddie ne soit plus là pour Lindsey, à part ça je ne pense pas que je changerais quoique ce soit si j’en avait l’opportunité.
Je regarde où je suis maintenant et je sais que je n’échangerai ça pour rien au monde.
Le temps passe vite. Je me fais plus vieille.
« Parfois je me demande pourquoi tu es avec moi, » mes insécurités passent la limite de mes lèvres avant même que j’y pense. Et merde !
« Pourquoi ? »
« Laisse tomber, » j’essaie de battre en retraite mais je sais que c’est inutile.
« Cath, pourquoi est ce que tu te demandes une chose pareille ? » Sara me demande gentiment en caressant mon visage.
Je prends une grande inspiration. « Parce que… » je soupire. « Tu es jeune, et que je ne le suis plus. Je chérie ce que nous avons maintenant et je sais bien que ‘ils vécurent heureux jusqu’à la fin des temps’ n’existe que dans les contes de fées. Mais je sais que j’ai envie de me réveiller dans dix ans et d’être toujours là avec toi à mes côtés. Je veux que ça dure toujours et même plus. C’est ce que je veux, ce que j’ai toujours cherché. Je veux dire, j’ai toujours rêvé d’une famille, une vraie, et avant toi je n’avais pas tout ça. »
Je risque un regard dans vers Sara qui se contente de m’écouter silencieusement.
« Je t’aime et je sais que tu m’aimes aussi – je ne suis pas du tout en train de mettre tes sentiments en doute – mais c’est seulement ce que, moi, je désire. Comme je l’ai dit, je suis vieille et pas toi. Je sais ce que je veux, mais j’ai peur qu’un jour tu te réveilles et réalises que tu n’es pas prête pour ça, que ce n’est pas ce que tu veux, que tu as encore besoin de t’amuser, » je soupire lourdement.
« Tu sais, je t’ai vu sur le parking alors qu’un jeune homme flirtait avec toi. Et je me suis demandé pourquoi tu étais avec moi. Parce que je n’ai pas grand-chose à t’offrir quand on y pense. Et ensuite je me suis dit ‘qu’est ce que tu peux bien trouver chez moi ?’ et… » je secoue la tête. « Oublies ça, je t’ai dis que c’était bête, » j’arrête ma diatribe. J’en ai bien trop dit, c’est mon grand problème, une fois que je commence je n’arrive pas à m’arrêter avant la réalisation que j’aurais dû garder certaines choses pour moi.
Sara de dresse sur un de ses coudes et me regarde. Elle me fixe intensément et ensuite rit doucement.
« Je ne trouve pas ça bête, je trouve ça drôle, » dit elle, certainement pas ce que j’avais besoin d’entendre.
« Ouais ben, soit j’ai loupé la blague soit on n’a pas le même sens de l’humour, » je la casse sèchement.
« Je pense que c’est ‘drôle’, » elle répète calmement, comme si je n’avais rien dit. « Parce qu’il n’y a pas un jour qui passe sans que je m’émerveille du fait que tu m’aimes. Je veux dire, je ne suis pas une perle rare et à part un lourd passé et mes sentiments, je n’ai rien à t’offrir. Et regarde toi, tu es magnifique et tu pourrais avoir qui tu désires, pourtant t’as envie d’être avec moi. Je suis compliquée et très lambine quand il s’agit des relations. Cependant tu me supportes même si parfois je ne le mérite pas, » elle soupire.
« Et tu as tort tu sais, quand tu dis que tu n’as rien à m’offrir. Ce qu’on a là, c’est ce que je veux Cath. Tu me donnes le sentiment d’être en sécurité et d’être aimée. Tu m’as fait une place dans ta famille. Maintenant j’ai l’impression d’avoir ma place quelque part, et pour moi c’est précieux parce que je n’ai jamais connu ce sentiment avant d’être avec toi. Je n’ai jamais eu de vraie famille avant aujourd’hui et je sais que si ce que j’ai avec toi m’était enlevé alors ma vie n’aurait plus de sens. Je me suis amusée avant et je m’amuse toujours avec toi, alors je ne m’en irai pas, » elle sourit l’air moqueur. « Alors oui, je trouve ça drôle, parce qu’on à toutes les deux les mêmes doutes alors qu’on veut toutes les deux la même chose »
« On fait une belle paire, tu ne penses pas ? » je plaisante. Je ne sais pas si elle s’en rend compte mais elle m’a parlé de ses doutes. Je ne crois pas qu’elle sache tout ce que ça représente pour moi.
« Ce que je vois en toi, c’est une personne belle aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Tu es une mère merveilleuse, une amante exceptionnelle, une amie précieuse, une chanteuse médiocre… » je la frappe gentiment. Je ne sais pas chanter mais c’est mon petit secret. « Mais tu es une personne compréhensive et pleine de compassion, tu as beaucoup de défauts mais tu es aussi pleines de qualités, tu es loin d’être parfaite et c’est pour ça que je t’aime, » dit elle.
Elle m’embrasse passionnément, avant de se reculer pour mieux me regarder et ajouter. « Je vois un million de choses différentes en toi mais ce que je préfère par-dessus tout c’est ta passion. Celle que tu mets dans ton travail, celle que tu mets dans ton rôle de mère, celle que tu utilise pour avoir du courage et la force de toujours aller de l’avant peu importe ce que la vie te fait subir, celle qui embrase nos étreintes… »
Cette fois je ne lui laisse pas le temps de finir sa phrase avant de l’embrasser. On commence à faire une des meilleures choses que nous faisons ensembles : l’amour. Chaque fois c’est comme si je redécouvrais son corps, chaque étreinte est faite de nouvelles sensations c’est extraordinaire à quel point on va bien ensemble sur un plan physique.
Sara tressaille brusquement. Elle a les yeux fermés avec force et son visage exprime de la peine et non pas du plaisir. Quelque chose cloche. Je commence à me souvenir du jour où elle a eu une crise pendant que nous faisions l’amour.
« Tout va bien ? » je demande.
« Oui, ne t’en fais pas, » dit elle après une courte pause. Elle se penche pour m’embrasser de nouveau mais j’évite ses lèvres et la regarde expectative. « Mon flanc me fait un peu souffrir mais je vais bien, je t’assure. »
Elle m’embrasse à nouveau mais je la repousse gentiment après un moment. Elle ne comprend pas mon geste alors je m’explique. « Chérie, tu es blessée. »
« Je vais bien Cath, je te le jure. Ce n’est pas comme si ça… » dit elle en caressant mon corps d’une façon si sensuelle que je ne peux que gémir « …allait me tuer. Et même si c’était le cas, de mon point de vue, mourir en te faisant l’amour est la plus heureuse des fins, » elle sourit avant de m’embrasser. Elle sent ma gêne et de retire. « Cath ? »
« Ne plaisante pas avec ça, » je murmure, elle me regarde profondément.
« Je ne suis pas immortelle Cath, je vais mourir un jour ou l’autre, » dit elle simplement.
« Je sais, c’est juste que je n’aime pas penser à ça, je n’aime pas que tu plaisantes avec ça parce que…je ne suis toujours pas remise du fait que j’ai bien failli te perdre il y a une semaine, » j’admets avant de fondre en larmes.
Elle change nos positions et me serre fort dans ses bras. Elle ne dit rien, et me laisse pleurer. On reste là jusqu’à ce que mes sanglots s’estompent.
« C’est l’anniversaire de Lindsey le mois prochain, » dit elle sans transition.
« Oui. »
« Tu crois qu’elle veut une fête ? »
« Je ne sais pas, on devrait lui demander. »
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« Est ce que tu peux me passer le magazine, s’il te plait ? » je demande à Sara.
On est lové dans le canapé, elle, en train de dévorer un tome d’Harry Potter – qui l’eut crut ? – pendant que j’inspecte les magazines que Linds a achetés hier.
Sara tend son bras vers la table basse et c’est à ce moment que je réalise que quelque chose ne va pas.
« Tes mains tremblent, » je dis gentiment. Elle ramène sa main à elle comme si mes mots l’avait brûlée. Elle ferme son poing et ouvre sa main de nouveau. « Mon cœur ? »
« Ce n’est rien, » elle marmonne en regardant ailleurs.
« Comment ça, ce n’est rien ? Est ce que ta blessure te fait mal à nouveau ? » je demande inquiète.
« Cath… » elle soupire.
« Est-ce que tu as pris tes anti-douleurs ? » J’essaie de faire en sorte qu’elle me regarde mais elle me fuit et ignore ma question.
« Cath…laisse tomber. »
« Les as-tu pris ? » je persiste.
« J’ai dit, laisse tomber ! » s’exclame-t-elle en se levant.
« Non, réponds moi, » je proteste.
« Cath, arrête, ok ! Laisse tomber. »
« Sara est ce que tu as pris tes anti-douleurs ? » je demande sur un ton qui ne fait pas de place aux arguments.
« Arrête ! Ok ? Ne me materne pas ! Arrête ! Je sais comment prendre soin de moi-même ! » elle crie.
« Assurément non ! »
On se regarde toutes les deux avec défi, un silence électrique entre nous.
« Je n’aurais pas dû m’emporter, » dit elle d’une voix plus douce.
« Non, tu n’aurais pas dû. »
« Je sais, désolée, c’est juste que… je n’aime pas ça, je n’aime pas me sentir faible et dépendante. »
« Ok, » je m’approche d’elle et l’embrasse « Sara, je suis juste inquiète à ton sujet. »
« Je sais. »
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Le jour suivant je passe mon après midi avec Lindsey dans ma chambre, vu qu’on n’a pas eu beaucoup de moments exclusifs dernièrement. Je me lève, pour aller préparer le dîner. Sara est debout dans la cuisine, elle me fait face mais semble bien loin dans ses pensées.
« Chérie est ce que… » je n’ai pas la chance de finir ma phrase car elle sursaute violemment et laisse tomber le verre qu’elle tenait qui se brise au sol. Elle me regarde avec un mélange de peur et de surprise. Puis elle regarde les débris de verre au sol. Elle tremble, je peux le voir de là où je suis.
« Tu m’as fait peur, » dit elle d’une voix chancelante.
C’est étrange. Elle me faisait face quand je suis arrivée, et on dirait que son sixième sens est en panne aujourd’hui.
Je prends le temps de bien la regarder et elle est un peu pâle. J’ai le sentiment que quelque que chose ne va pas du tout. Elle se penche et commence à ramasser les morceaux de verre.
« J’ai cassé un verre, désolée, » elle constate l’évidence sans me regarder. Il y a quelque chose dans sa voix qui est étrange et ça m’effraie un peu.
Elle a beaucoup de mal à récupérer les tessons de verre car ses mains tremblent encore plus qu’avant.
« Est-ce que tout va bien ? » je me tourne et voit Lindsey nous observer de façon réservée.
« Oui, ma chérie, ne t’en fais pas. J’ai surprise Sara et elle a fait tomber son verre, » je lui réponds d’une voix rassurante bien que je sente l’inquiétude et la colère se mêler en moi.
« Très bien, je suis dans ma chambre si vous me cherchez, » dit elle avant de battre retraite dans le couloir. Je pense qu’elle sent lorsque les adultes ont besoin d’espace. J’en suis reconnaissante parce que je peux sentir une dispute poindre le bout de son nez.
Je me tourne à nouveau vers Sara qui a fini de nettoyer les dégâts, sa pâleur et le tremblement de ses mains semblent s’être accrus. Je pourrais pointer l’évidence et essayer d’être diplomate mais je n’ai pas la force de faire ça. Alors je décide de prendre le taureau par les cornes. J’ai laissé Sara tranquille et résultat, les choses se sont empirées, alors c’est à mon tour de prendre les devants.
« Où sont ils ? » je demande d’une voix douce mais ferme.
« De quoi tu parle ? » elle répond confuse.
« Tes anti-douleurs Sara, où sont ils ? »
Son expression se durcit immédiatement, elle me jette un regard noir mais je garde mes positions. Elle avait l’habitude de me regarder comme ça quand nous étions à peine civiles l’une envers l’autre, c’est le même regard qu’elle a sur les suspects, je n’aime pas ça.
« Je pense qu’on a déjà eu cette conversation, » elle pointe d’une voix grave et déplaisante.
« Oui, mais il semble que les choses se soient aggravées depuis. Où sont ils ? » je répète calmement.
« Je ne suis pas une gosse, » rétorque-t-elle en regardant par terre.
Je m’avance vers elle et m’arrête à quelques centimètres seulement, la forçant à me regarder.
« Peut être, mais si je dois te traiter comme tel pour que tu prennes soin de toi alors je le ferai. Encore une fois, où sont ils ? » J’essaie de ne pas crier mais c’est dur.
« Laisse tomber, » elle grogne.
« Non, dit moi où ils sont. Je vais te regarder les prendre et ensuite je te laisserai tranquille. »
« J’ai dit : laisse. Tomber, » dit elle avec rage dans les yeux. Pour la première fois je suis effrayée par la personne qui est en face de moi.
Ses tremblements augmentent et quand bien même je soutiens son regard, j’ai la peur au ventre. Des images d’elle en train de frapper violemment un mur me reviennent en tête et à cet instant présent je me demande si elle va lever la main sur moi. Je recule d’un pas, loin d’elle. Si j’arrive à douter du fait qu’elle ne me ferait pas de mal alors quelque chose ne va pas. Mes yeux se posent sur ses mains, et c’est là que je réalise qu’elle a les poings fermement serrés et qu’elle tremble à cause de la pression qu’elle exerce dessus.
Elle prend une grande inspiration et détend ses mains avec effort. « Je vais me coucher, » elle annonce sans me regarder.
Plus tard je l’entends passer un coup de fil à Travis. Elle est agitée et parle peu. Ce qui me fait vraiment mal c’est lorsque je l’entends dire qu’elle a besoin de lui, vraiment besoin de lui, qu’elle ne peut rien faire contre ses sentiments et qu’ils ont commis une erreur, et que ça doit s’arrêter.
Pour la première fois on dort l’une à côté de l’autre avec une certaine distance. Je n’ai jamais eu si froid avant.
xxxxx
« Sara, ton téléphone sonne, » Lindsey dit à voix haute depuis le salon.
Sara est en train de cuisiner pendant que je m’occupe de la lessive.
« Est-ce que tu peux décrocher pour moi ? » Sara lui répond.
« Bien sûr, » Lindsey s’exécute. « Allô ?...non c’est Lindsey, qui est à l’appareil ?...elle a les mains prise pour le moment, est ce que je peux prendre un message ?...est ce qu’elle comprendra si je lui dit ça ?...ok…je lui dirai…bonne journée à vous aussi, au revoir monsieur. »
Lindsey raccroche et entre dans la cuisine, s’approche de Sara et se concentre avant de délivrer son message. « C’était un homme qui s’appelle Travis, il a dit qu’il t’appelait pour te dire que tu avais un rendez vous à 14h. Il a dit que c’était inutile d’essayer de le joindre car il ne pourra pas répondre. Il t’attend à 13h30, il te demande de ne pas être en retard, » elle marque une pause et réfléchit pendant une seconde. « C’est tout. »
« Merci, » Sara lui répond.
Le déjeuner passe rapidement, mais depuis l’appel de Travis je n’arrête pas de me poser des questions. Je pense que la jalousie et la colère sont en train de me ronger de l’intérieur.
Sara et Travis on un rendez vous ?
Qu’est ce que ça veut dire ?
Est-ce que c’est un code entre eux pour dire qu’ils on t un rendez vous galant ? Que se passe-t-il dans la vie de Sara ? Qu’est ce qu’elle me cache ?
Il est 12h55 et Sara est assise dans le salon en train de lire. Quand elle sent ma présence elle se tend immédiatement et met son livre de côté. Je n’en peux plus, alors je demande ce qui me brûle les lèvres depuis l’appel de Travis.
« Où est ce que tu vas ? » je demande d’une voix douce.
« A mon appartement pour voir Travis. »
« Qu’est ce que vous allez faire après ? »
Elle soupire. « Pourquoi est ce que tu es comme ça ? »
« Comme est ce que je suis ? »
« Inquisitrice, » elle répond ennuyée.
« Pourquoi es tu comme ça ? »
« Comme quoi ? »
« Agressive. Chaque fois que j’essaie de te parler, tu me rejettes et tu te mets sur la défensive. Je te pose une simple question, pourquoi est ce si difficile pour toi de répondre ? » je pointe légèrement frustrée.
« Parce que je déteste le fait que tu sois toujours sur mon dos. Je déteste le fait d’avoir à te rendre des comptes sur chacun de mes mouvements, » elle dit d’une voix calme mais grinçante.
« Peut être que si tu me parlais je ne serais pas aussi inquisitrice ! » je crache.
« On va à l’hôpital, » elle soupire.
« Quoi ? Pourquoi ? Est-ce que c’est pour lui ou pour toi ? » je commence à paniquer.
« Pour moi. »
Je sens ma tête me tourner et la nausée me prendre. « Tu me le dirais si quelque chose n’allait pas, n’est ce pas ? »
« Bien sûr, que je te le dirais. »
Je remets vite de ma surprise initiale, et mon inquiétude se change en colère.
« Pourquoi ? »
« J’ai juste besoin de voir le Dr. Donovan. On m’a tiré dessus il y a deux semaines, je suis sure que lui et moi pouvons trouver matière à discussion. »
« Non, pourquoi est ce que tu y vas avec Travis ? Comment se fait il que tu ne m’aies rien dit au sujet de ce rendez vous ? » j’élabore ma question.
Elle garde le silence et me regarde.
« Est-ce que tu as une aventure avec lui ? » je lui demande soudain.
« Quoi ??! Je n’arrive pas à croire que tu me poses cette question »
« Ce que je n’arrive pas à croire c’est que tu ne réponde pas à cette question. »
« Oh je t’en prie Catherine ! C’est mon meilleur ami. Non, je n’ai pas d’aventure avec lui ou avec qui que ce soit d’autre d’ailleurs ! »
J’ai l’impression qu’un poids me presse la poitrine, un poids dont je n’arrive pas à me défaire.
« J’essaie seulement de comprendre pourquoi tu me gardes à distance de ta vie, » j’essaie de garder le désespoir hors de ma voix mais échoue.
« Parce que… » elle regarde le plafond et soupire. Elle respire profondément et me regarde intensément. Elle s’approche de moi et me prend le visage entre ses mains. « Cath, je t’aime. Je t’aime, mais il y a certaines choses que je ne suis pas encore prête à partager avec toi, » elle caresse ma joue de son pouce avant de rompre le contact.
Je reste immobile alors qu’elle disparaît dans la chambre de Lindsey pour lui dire au revoir. Lorsqu’elle revient je n’ai pas bougé. Elle m’embrasse puis quitte la maison.
Juste quand je pensais avoir gagné l’accès à ‘Saraland’ les portes se referment sur moi, en me renvoyant loin en arrière, plus loin que je ne l’étais avant.
Je pense que je commence à atteindre le bout de la corde avec cette relation.
Chapitre 53 : Sara
J’ai parlé au Dr. Donovan, et selon lui mes peurs sont légitimes mais tout est sous contrôle. Et si la semaine prochaine rien ne change alors on essayera un autre traitement qui ne m’affecte pas autant.
Super.
Je reconduis Travis à mon appartement. Il m’a à peine adressé la parole en deux heures, j’ai encore trois heures à perdre avant que l'heure de mon service ne commence, j’ai l’intention de profiter de cette opportunité pour le forcer à me parler.
Une fois à l’intérieur il se sert un verre d’eau avant de prendre place sur le canapé.
« T’es énervé, » je pointe.
« Pas énervé, concerné, » il rectifie. Je le regarde intriguée, je n’arrive pas à le déchiffrer aujourd’hui. « J’aimerai voir ton bras gauche. »
« Je te demande pardon ? »
« Montre moi ton bras s’il te plait. »
« Qu’est ce que tu cherches ? » je lui demande en essayant de gagner du temps sachant pertinemment le sens de sa question.
« Je n’ai pas envie de me disputer à ce propos. »
« Très bien, dans ce cas restons en là. »
« Dis moi, tu pensais vraiment que je ne m’en rendrai pas compte ? »
« Te rendre compte de quoi ? » je rétorque. « Tu sais, t’es sensé me faire confiance ! »
« Tu sais très bien que je te fais confiance. S’il te plait, montre moi ton bras gauche, » il répète, sa voix est aussi douce que d’habitude et pour le moment ça m’énerve.
« Je ne me suis pas mutilée ! » je proteste.
Il disparaît dans ma chambre et revient avec une de mes chemises à la main.
« Maintenant, montre moi ton bras gauche, » il m’ordonne plus fermement. « Sauf bien sûr si ce n’est pas ton sang. »
Je soupire alors que tout se met en place. « C’est mon sang. J’ai essayé d’atteindre quelque chose derrière des boites dans le grenier de Catherine, il y avait un objet pointu dans l’une d’entre elles. Ça m’a coupé, fin de l’histoire. Je n’ai rien mis sur la plaie et apparemment c’était plus profond que je ne le pensais, » j’explique.
Travis reste devant moi en me regardant froidement sans rien dire, essayant de savoir si je dis la vérité.
« Ce n’était pas intentionnel. Vas y, demande à Catherine si tu veux, elle était là quand c’est arrivé, » je soupire.
« Je te crois, » répond-t-il simplement avant d’aller reposer ma chemise dans la pièce réservée à la lessive.
Quand il revient, il reprend son verre d’eau, attrape son livre, s’assoit sur le canapé et commence à lire. Je n’ai pas l’intention de le laisser s’en tirer comme ça cependant. Les accusations qu’il vient de proférer me donnent à penser. Je le connais et il n’aurait jamais posé ces questions sans une bonne raison de douter de moi.
« Ti, pourquoi est ce que tu penses que je me ferais du mal ? »
Il inspire profondément et répond sans même les yeux de son livre. « Tu es en train de perdre le contrôle. »
« J’ai peur de retomber dans l’addiction d’accord, mais… »
« Je ne parle de ça. En tout cas pas seulement. »
« Je ne te suis pas là. »
« Tu as des insomnies, des sauts d’humeurs, des crises violentes, des cauchemars plus intenses que d’habitude, et maintenant il faut que tu affrontes ton addiction à cause des anti-douleurs. Est-ce que ça te dit quelque chose ? »
Je me lève, énervée, je déteste lorsqu’il fait ça et je n’ai certainement pas envie d’avoir cette conversation pour le moment. « Alors tu crois me connaître hein ? »
« Est ce que j’ai dis quelque chose qui n’était pas vrai jusqu’ici ? » me demande-t-il de façon purement rhétorique alors que mon silence ne fait que conforter ses assomptions.
« Il faut que tu lui parles, » dit il après un moment. Et voilà on est reparti pour un tour.
« Et j’en ai l’intention, quand je serais prête ! » je répond avec véhémence. « On a déjà eu cette conversation donc, laisse tomber, » c’est drôle mais cette réplique me rappelle quelque chose. Je commence à faire les cent pas, j’ai la tête qui tourne avec toutes ces réflexions. « Pourquoi est ce que tu insistes autant sur ce sujet ? » mais il ne me faut que quelques secondes pour répondre à sa place. « Tu as peur que je lui fasse du mal n’est ce pas ? »
« Non, je ne m’inquiète pas pour elle, je m’inquiète pour toi. »
« Je n’ai pas de pensée suicidaires et je ne me mutile pas ! »
« Vraiment ? »
« Oui ! » Je lui crie en retour. « Pourquoi est ce que tu es comme ça ? Tu dis que tu me fais confiance et pourtant t’es limite en train de m’accuser de mentir ! » ma voix ne fait que monter en volume à mesure que je m’énerve. « Qu’est ce qu’il y a ? T’as peur de perdre ta prise sur moi ? C’est ça ? »
Ok, cette dernière remarque était complètement déméritée, je le sais, mais je n’arrive pas à comprendre son attitude.
« Oh comme c’est mature de ta part. Maintenant j’ai une prise sur toi, comme si t’étais mon pantin c’est ça ? » réplique-t-il sarcastique.
« J’en sais rien, peut être que t’es jaloux, peut être que tu n’aimes pas l’idée d’avoir à partager ta place dans ma vie avec quelqu’un d’autre. »
« Oh je t’en prie, tu penses que j’ai quel âge ? 5 ans ? » il soupire. « Ecoutes, tout ce que je dis c’est que tu perds le contrôle et tu sais que j’ai raison. »
« Je peux me contrôler alors arrête de jouer au boy scout ! »
« Tu peux te contrôler, t’es sure de ça ? »
« Aaargh putain Travis ! » Je grogne frustrée. « Pour la dernière fois je n’ai pas de pensées suicidaires ! »
« Vraiment ? »
« Comment oses tu douter de moi ?!! » j’explose.
Il me regarde stoïque, je suis tellement énervée que j’en tremble, j’ai envie de détruire quelque chose. Son expression se radoucit et sa voix retrouve sa douceur.
« Ce jour où tu es venue me voir et que j’étais sorti, je t’ai trouvée évanouie contre le mur. »
« Je sais, » je réponds entre mes dents.
« Quand je t’ai trouvé tu avait ton arme à la main, » il ajoute avec peine.
Je suis surprise par ce que j’entends pour ne dire que ça, soudain j’ai du mal à respirer.
« Je peux faire le poids face à des poignets tailladés, mais peu importe mes efforts je n’arrivais jamais à arrêter les balles, » sa voix est mêlée de colère et douleur. « C’est à moi que tu t’adresses, on n’a déjà été là avant et je refuse d’attendre jusqu’à ce qu’il soit trop tard, » il marque une pause et s’approche de moi. Il me regarde droit dans les yeux et met une de mes mains sur sa poitrine. Je connais ce regard. « Cette chose dans ma poitrine ne peut pas battre sans toi, et à cet instant il me brûle de l’intérieur parce que même si je suis là maintenant, je ne le suis pas quand tu en a le plus besoin. Maintenant c’est Catherine qui est à tes côtés, mais ce sera toujours comme si tu étais toute seule tant que tu ne lui parleras pas. »
Je reste là, pétrifié, essayant de tout procéder, mais je suis toujours coincée au moment où il a dit que j’avais mon arme à la main.
« On ne peut pas s’engager sur cette route. Je ne te permettrai pas d’aller là encore une fois. Alors je t’en prie accroche toi à moi mais aussi à elle, » dit il avant de m’embrasser le front.
« Je pense que j’ai besoin d’aire, » je dit absente avant de prendre mes clefs et de sortir. Je conduis sans but jusqu’à ce que ce soit l’heur de mon service.
Je perds le contrôle, il a raison et je le sais.
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Quand Grissom me renvoie chez moi à la fin du service je suis frustrée et contrariée.
Nous avons trouvé Tawny. Non, c’est un mensonge. On a trouvé le corps de Tawny.
C’est un autre ‘ange déchu’. Quatre sont tombés il n’en reste plus que deux. C’est ce que je me répète et je suis sure que si on ne trouve pas un moyen d’arrêter ce cycle sanglant c’est exactement ce qu’il va se passer. Il faut qu’on retrouve Rebecca et Adam. Le problème est qu’on n’a que leurs prénoms, en fait à part des théories et leurs tatouages, on n’a rien. Cette affaire est vraiment en train de m’affecter.
Quand j’arrive à la maison, Cath est en train de m’attendre, mais je suis si énervée, qu’on échange à peine quelques mots avant que je n’aille prendre un longue douche chaude – qui ne détend pas le moins du monde. Je vais me coucher et Catherine est déjà là. C’est la deuxième nuit que nous dormons ensemble comme dans ‘pas dans les bras l’une de l’autre’ et c’est une mauvaise chose. Mais quelque part j’ai besoin de cette distance pour le moment.
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Je passe quatre jours à m’épuiser sur cette affaire et je n’ai pas la sensation d’avancer du tout.
Je ne prends même plus la peine de dormir car mes cauchemars sont tout simplement insupportables et trop réels. Chaque fois que je ferme les yeux je me sens claustrophobe. Alors je fais des siestes ici et là mais jamais plus d’une heure. Le manque de sommeil commence à se faire sentir et ça me dérègle complètement. Je mange à peine, je deviens parano, j’ai des sauts d’humeurs imprévisibles et je suis un peu moins efficace au boulot.
Mais il y a pire encore. J’ai des pensées noires et d’étranges flash-back, parfois il m’est difficile de faire la différence entre mes rêves et la réalité, je pense que je suis en train de sombre en dépression.
Ma vie m’échappe je le sais et je commence à douter de ma capacité à être dans une relation.
Plus les jours passent et moins je parle avec Catherine. On est deux étrangères vivant sous le même toit. C’est de ma faute je le sais, mais peux importe mes efforts je n’arrive pas à l’atteindre. Il faudrait que je lui parle pour ça et je ne peux pas faire ça alors que même moi j’ai peur de mes propres pensées. Et vu que je ne me fais pas confiance je préfère ne pas creuser ma propre tombe.
Maintenant dès que je fais un cauchemar je sors de la maison avant de faire quelque chose de stupide. Je ne vais pas voir Travis parce que je lui en veux toujours. Depuis notre dernière conversation tout va de mal en pis, et je pense que notre conversation a tout déclenché. Maintenant je suis dans un état tel que je ne sais même plus qui je suis.
Je suis au bord de l’insanité.
Il y a encore un heure je dormais avec Catherine, ensuite je me suis réveillée en sueur, avec la chair de poule. J’ai perdu ma bataille contre la nausée et j’ai vomi mes tripes dans la salle de bain. J’ai essayé de me calmer mais rien ne semblait marcher. Je me suis emportée avec Catherine. Elle a essayé de me réconforter mais je l’ai repoussé et on a fini par se disputer.
Là où ça devient mauvais c’est le moment où le besoin de frapper quelque chose m’a envahi et pendant un quart de seconde je me suis vue faire du mal à Cath. Bien sûr, ce n’était que dans ma tête mais la peur dans ses yeux était bien réelle elle et c’est pour ça que j’ai fuit, encore une fois.
Je suis en chemin pour aller voir Travis quand j’ai la pensée la plus claire de ma vie. Je n’ai plus envie de fuir.
Je fais demi tour et me redirige vers la maison. Je vais parler à Catherine.
Chapitre 54 : Catherine
Sara m’a fuit. Encore une fois.
J’ai l’impression d’être coincé dans un mauvais rêve et que la même scène se répétait encore et encore. Sara a fait un cauchemar, c’était encore pire que d’habitude. J’essayé de l’atteindre et elle m’a rejetée un peu plus loin que le jour précédent.
Cette dernière semaine on a à peine parlé. Pour être honnête j’en ai marre d’être celle qui fait des efforts juste pour me manger des portes dans la figure.
L’amour rend aveugle et le mariage rend la vue.
Dans le cas présent c’est le fait de vivre avec Sara qui m’a ouvert les yeux. Et je n’aime pas du tout ce que je vois. C’est comme être sur un bateau en pleine tempête, ça tangue de tous côtés, une minute tout va bien et la suivante tout vous explose à la figure.
Ajoutez à ça le fait que je ne connais pas du tout mon amante. Non ce n’est pas vrai, je connais les bases, sa couleur préférée, son plat préféré, ses points faibles pour les chatouilles et ce genre de choses. Mais à part ça je ne sais rien. Et si vous voulez mon opinion c’est une mauvaise chose après avoir été intimes pendant 5 mois et amies pendant plus longtemps dans une relation si intense.
Mais il y a pire – oui je vous assure qu’il y a pire, je n’ai plus les sentiments de stabilité et de sécurité avec Sara. J’ai perdu ces sentiments et je commence à me demander si je l’aime toujours ou si j’ai commis une erreur sur mes sentiments. J’étouffe dans cette relation et je pense qu’elle est malsaine.
Comme vous pouvez le voir je suis très confuse, mais tellement quand on y pense, il y a bien une chose ou deux dont je suis sure et certaine.
Je suis en colère d’une part et d’autre…
J’entends les clefs de Sara dans les serrures. Je suis assise dans le salon et j’attends patiemment. Une fois qu’elle me voit elle vient s’assoire à mes côtés. Elle regarde devant elle l’air perdue.
« Il faut que je dise quelque chose Cath, »
« Je n’ai pas envie d’écouter, » je la coupe calmement. Elle a un mouvement de tête soudain et me regarde avec confusion. « Où est ce que tu était ? » je lui demande sans émotion dans la voix.
« J’ai conduit aux alentours, » elle répond au début mais je soutiens son regard impassiblement, car je veux qu’elle me dise toute la vérité. « J’étais en chemin pour aller voir Travis, » elle admet avant de détourner les yeux.
Nous y voilà, le cœur du problème. Mon sang est en train de bouillir, mais je reste stoïque. J’ai tellement de colère qui me brûle de l’intérieur, et en même tant j’ai tellement trop de colère que ça m’anesthésie complètement. Je pense que j’ai laissé tomber. J’ai l’air calme quand en fait je n’ai qu’une envie c’est de crier. Je pense que c’est ce qu’on ressent quand on lâche prise. C’est tellement contre nature pour moi, d’habitude je me bats mais là je ne le fais pas. J’ai laissé tomber et décider d’accepter les choses telles qu’elles sont.
« Ok, » je réplique avant de me retirer dans notre chambre, j’analyse mes sentiments et décide ce que sera ma prochaine manœuvre.
Sara me rejoint après un moment, je pense qu’elle a compris que quelque chose ne va pas bien du tout. C’est une bonne chose parce que dans le cas contraire elle ne mériterait pas sa réputation d’investigatrice.
Quelle utilité de rester emmêlé dans une toile faite de peine et souffrance ? Quelle utilité d’être la seule à se battre pour une relation, lorsque ça ne fait aucune différence dans tous les cas ? Pourquoi est ce que je devrais continuer à être maltraitée et à avoir le cœur brisé en millions de petits morceaux ? Il est temps que je sois la personne forte que j’ai toujours été, j’ai du me battre si fort pour le devenir.
Je suis assise sur le bord du lit, en regardant la fenêtre. Je peux sentir les premiers afflux de tristesse m’assaillir le cœur. Je prends une grande inspiration, je pense que je suis sur le point de faire ce qu’il y a de mieux pour chacune d’entre nous, et plus particulièrement pour mon propre équilibre mental.
Sara s’assoit près de moi doucement, et attend que je réagisse d’une manière ou d’un autre.
« Tu avais raison, il est le premier à beaucoup de niveaux, » je commence. Je la regarde te peux voir la peur et la confusion peintes sur son visage. « Travis, » j’ajoute. « Il est le premier à qui tu fais confiance, le premier vers qui tu accoure, le premier à qui tu te confie, le premier à qui tu parle, le premier que tu laisse être là pour toi. »
Elle prend ma main et entrelace nos doigts. Je regarde nos mains avant de me tourner vers elle et de l’embrasser passionnément. Mais je pense qu’elle a sentis que ce baiser avait un goût amer.
« Dommage que je n’ai jamais appréciée le fait d’être la seconde, » je déclare dans un murmure.
Je me lève et vais à la fenêtre. Je me sens faible et mon cœur me fait souffrir à chaque battement. Je soupire et me tourne à nouveau vers elle.
« J’ai besoin d’être seule. Je veux que tu sortes, » je lui annonce.
Je l’entends avoir le souffle coupé. Elle regarde ses pieds et après un moment, se lève et se dirige vers la porte.
« Je serai sur le canapé, » dit elle.
Si seulement c’était aussi simple.
« Tu m’as mal comprise, » je réponds fermement. Elle me regarde intriguée. « Je ne veux pas que tu sortes de cette pièce, » j’inspire profondément. « Je veux que tu sortes de cette maison, que tu sortes de ma vie. »
Son visage devient gris cendre, elle a l’air de s’étouffer et sa lèvre inférieure commence à trembler.
« Est ce que tu es en train de rompre avec moi ? » me demande-t-elle d’une voix fébrile.
« Je ne sais pas. Je suis juste fatiguée par tout ça, je ne supporte plus ton mutisme. Je ne supporte plus de vivre avec une étrangère et je n’ai plus la patience ni la force d’attendre que tu me fasse confiance, » je marque une pause pour remettre de l’ordre dans mes pensées. « C’est la confusion dans mon esprit, mes sentiments sont en pagaille, ma vie est sans dessus dessous, et je ne sais plus où j’en suis dans tout ça. Mais je sais une chose, je suis trop fatiguée et je souffre trop pour continuer comme ça, » je supplie mon cœur de continuer à battre pendant encore quelques instants. « J’ai besoin d’être loin de toi Sara. J’ai besoin d’un peu de distance par rapport à cette relation. Si c’est définitif ou temporaire, je n’en sais rien. Mais j’ai besoin de temps pour moi-même, pour penser et tout remettre en place. J’ai besoin de savoir si j’ai envie de poursuivre cette relation ou pas. »
Voilà, tout est dit.
Je regarde son visage littéralement se décomposer devant moi. Elle a commencé à pleurer silencieusement dès le moment où je lui ai dit que je la voulais hors de la maison.
Je pris silencieusement pour qu’elle comprenne mon besoin et qu’elle n’en fasse pas une dispute car j’ai mis toutes mes forces dans ce petit discours et il me reste tout juste assez de force pour me tenir debout.
Elle essaye de se calmer avant de parler. « Y a-t-il un autre moyen de régler ça ? » elle demande avec une voix faible.
Je secoue la tête. « Non. »
On reste là, immobiles, ne se quittant pas des yeux alors que notre monde s’effondre doucement. Pour la première fois depuis une éternité nous sommes sur la même longueur d’ondes.
Elle vient à moi et me prend le visage dans ses mains tremblantes. Elle me regarde intensément avant de m’embrasser avec passion, puis part sans un mot. J’entends la porte d’entrée s’ouvrir et se fermer. Il ne reste plus rien sauf moi dans le vide et la froideur de cette pièce.
Je m’effondre en larmes alors la peine, et la tristesse me ravagent de l’intérieur.
Mon cœur bat encore quelques secondes avant de se briser complètement.
Soudain j’entends les mots de Mac Leary résonner dans ma tête. « A quoi bon avoir un tel organe qu’est le cœur si on ne s’en sert pas ?’, et bien maintenant je connais la réponse. Ça ne sert à rien.
Et avec un cœur en morceaux je suis comme morte.
Je pleure toutes les larmes de mon corps, c’est fini.
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Je me réveille avec un mal de crâne insupportable. J’ai encore deux heures avant d’aller travailler et j’en suis reconnaissante parce que dire que je suis mal en point est un énorme euphémisme. Je me sens comme une coquille vide.
J’ai besoin de Sara désespérément. je veux qu’elle soit là, je veux qu’elle me prenne dans ses bras, je veux pouvoir l’embrasser, bon sang je suis même prête à partager du silence.
Chaque respiration me fait souffrir.
Je vais dans la salle de bain et prends une longue douche, mais je ne me sens pas mieux pour autant.
Le silence et le vide dans les pièces sont déprimant et il me faut toute ma volonté pour ne pas céder à la tentation d’appeler Sara et de lui demander de revenir. Je ne dois pas être faible, il faut que je sois forte, il le faut.
Et puis de toute façon ça ne résoudrait rien, ça remettrait tout à plus tard et ce serait malsain. Je refuse de remettre la tête dans le sable juste parce que j’ai besoin d’elle, juste parce que je meurs d’amour pour elle.
Je vais dans la cuisine pour me faire du café. C’est là qu’un portable sonne. Je regarde mon téléphone quand je réalise que c’est la sonnerie de Sara. Pitié dîtes moi qu’elle n’a pas oublié son portable ici. J’écoute plus attentivement et me rend compte que le bruit vient de l’extérieur. Je regarde par la fenêtre et vois Sara assise sur les escaliers.
Je ne vais pas me précipiter vers elle, non je ne vais pas…
Je suppose qu’elle est restée là depuis notre dernière conversation. Elle a l’air perdu. Bon sang, ce que j’ai envie de son contact. J’ai vraiment besoin qu’elle m’étreigne. Et de son propre accord mon corps se dirige vers la porte. Je m’arrête quand je suis sur le point d’ouvrir la porte. Je laisse mon front contre la porte. Son téléphone sonne encore une fois et elle répond.
Rien que le son de sa voix suffit pour faire battre mon cœur à nouveau.
Je prends quelques grandes bouffées d’air avant de faire un pas en arrière lorsque je l’entends dire qu’elle sera là dans une heure.
Comment diable suis je sensée survivre sans elle ?
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Je vais au boulot et m’enfouis sous des tonnes de paperasse. Je ne sors pas de mon bureau sauf pour faire le plein de café. Puis je rentre à la maison pour passer un peu de temps avec Lindsey avant d’aller me coucher.
Et c’est ainsi que commence ma danse triste et silencieuse.
Il faut constamment que je m’occupe l’esprit et la paperasse est parfaite. Comme ça je ne pense pas à mon cœur brisé, je ne me demande pas comment va Sara, je n’ai pas la tentation de l’appeler, et mon agonie n’est pas aussi vive à chaque secondes que lorsque je ne fait rien.
C’est une quiétude temporaire mais au moins pendant neuf heures je ne ressens rien et je ne pense pas à Sara.
Avant que je ne m’en aperçoive deux jours s’écoulent et je me sens encore plus morte qu’avant. Je ne peux même pas dormir dans mon lit car l’odeur de Sara est encore imprégnée dans les draps d’une part et d’autre c’est trop dur de dormir dans ce lit vide sans avoir envie de pleurer. Alors quand je suis seule à la maison je fais de petites siestes sur le canapé.
Lindsey est calme et attentionnée. Elle ne se plaint de rien chaque fois que je lui demande quelque chose. Je pense qu’elle a compris que j’étais au bord du gouffre. Je ne cesserai jamais de m’émerveiller du fait qu’elle soit si mature. Je ne lui ai pas encore dit à propos de Sara et moi, je ne peux pas me résoudre à le dire à haute voix pour le moment. Rien que d’y penser me fait mal au cœur alors j’ai décidé d’attendre un peu.
« M’man, est ce que Sara rentre bientôt à la maison ? » La voix de Linds me tire mes rêveries.
« Euh … » ma gorge est contrite et je rassemble toutes mes forces pour ne pas pleurer devant elle. « Elle est toujours au travail et risque d’y rester pendant un moment, » Ok, ce n’est pas complètement un mensonge. Pour ce que j’en sais Sara était encore là bas quand je suis rentrée, et puis elle ne reviendra pas ‘à la maison’.
Je sais que Sara et moi sommes en train de vivre la même chose. Et la connaissant, je suppose qu’à cet instant présent elle fait de son mieux pour faire taire la douleur. En d’autre terme elle se cache derrière le boulot.
Et pour être franche si je ne devais pas passer de temps avec Linds, j’en ferais de même parce que c’est déprimant d’être à la maison.
Maintenant, je n’ai pas non plus dit la vérité à Linds, car ma réponse suppose que Sara rentrera éventuellement.
« Ok, » Lindsey répond.
« Tu avais besoin de quelque chose ? »
« Ben, j’ai des maths et de la physique à faire….mais je me débrouillerai. Et puis, je ne l'ai pas vu beaucoup dernièrement… » elle soupire. « Enfin bon, je suis dans ma chambre si tu as besoin de moi, » ajoute-t-elle avant de se retirer dans sa chambre.
En ce qui me concerne, je me morfonds sans savoir quoi faire de ma pauvre personne.
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Trois jours. Trois longs jours d’agonie.
Je l’ai toujours su. J’ai toujours su que si Sara me brisait le cœur c’en serait fini de moi. Et putain ce que j’avais raison.
L’amour est un tueur, l’Amour est un poison, l’Amour est un monstre, L’amour est une maladie, mais au bout du compte l’Amour est un salop fini avec un grand ‘S’.
Merde, je me souviens encore des jours où j’étais déprimée parce que je pensais que Sara ne m’aimerait jamais en retour. Et bien maintenant je me sens encore plus misérable car elle ne m’aime pas assez.
Je n’aurais jamais penser dire ça un jour en étant sobre mais : que la paperasse soit bénite. Si vous cherchez un bon moyen de vous lobotomiser sans douleur, alors remplissez de la paperasse toute la journée. Et encore un service…
Je fini d’écrire ma dernière ligne avant de regarder ma montre. Et merde !!
Je me dépêche de sortir du bâtiment tout en essayant d’appeler Nancy. Comment est ce que j’ai pu être aussi tête en l’air ? Oh c’est vrai…la paperasse.
Je conduis jusqu’à chez Nancy aussi vite que possible sans enfreindre la loi. Une fois arrivée, je me précipite à la porte et frappe frénétiquement. Deux secondes plus tard Nancy m’ouvre en me regardant bizarrement avant de s’inquiéter.
« Cath, qu’est ce qui ne va pas ? » me demande-t-elle promptement.
« Où est Linds ? »
« Dans la chambre d’études avec Jérémy pourquoi ? Qu’est ce que… »
« Oh dieu merci, » je respire avec soulagement. « Je suis désolée, j’ai complètement oublié de t’appeler pour te rappeler de la récupérer à l’école, je suis impardonnable, heureusement que tu as de bons réflexes… »
« De quoi tu parles ? Je ne suis pas allée la récupérer, » elle me coupe dans mon élan.
« Quoi ? Comment ça ? Comment est elle rentrée alors ? » je commence à paniquer. La pensée que je redoute le plus refait surface. « Pitié dis moi qu’elle na pas encore fait du stop, » je dis avec désespoir.
« Non ce n’est pas le cas, détends toi. »
Ok, là je suis perdue. « Alors comment… »
« Cath est ce que tu es sure que ça va ? » Nancy me demande calmement mais clairement confuse par mon comportement.
« Non je ne vais pas bien, j’ignore comment ma fille est rentrée et ça me dérange, » je dis avec véhémence.
Nancy me regarde comme si j’avais un troisième œil. « Cath, on est vendredi, » répond-t-elle l’air de dire ‘banane’ comme si sa réponse devait tout me révéler. Je la regarde en silence, attendant qu’elle s’explique. Je me demande si elle m’a entendue. Quand elle ne dit rien je perds patience.
« Parle moi Nancy ! On est vendredi et alors ?! »
Elle me regarde avec beaucoup d’inquiétude avant de dire « On est vendredi, et comme tous les vendredis Sara a été la cherché à l’école. »
« Sara… »
« Oui, tu sais, d’après le planning c’est son tour, » Nancy élabore.
« Le planning… » je dois avoir l’aire d’une idiote à répéter ce qu’elle dit, mais pour le moment j’ai l’impression d’avoir reçu une balle en pleine tête.
Ça, mesdames et messieurs, c’était la réalité me frappant dans toute sa gloire. Il parait qu’on ne réalise jamais ce qu’on a avant de l’avoir perdu. Je vais vous dire, j’avais conscience de ce que j’avais quand je l’avais, ce dont je n’avais pas conscience c’est du vide incommensurable que son absence laisserai dans ma vie.
Nancy me fixe toujours du regard. « Cath ? »
« Je…je vais aller voir Linds, » je réponds car je n’ai pas envie de lui parler et je ressens encore une nouvelle blessure dans mon cœur déjà meurtris. Nancy comprend et décide de ne pas pousser le sujet.
« Très bien, je suis là si tu as besoin de moi, » dit elle et je sais que ses mots ont un sens bien plus profond qu’elle ne le laisse paraître.