Salut tout le monde, merci beaucoup pour vos mails d'encouragement ils me touchent toujours autant.
Message pour le diablotin qui sévit 'la petite joueuse n'était qu'aux tours d'échauffement, et commence à jouer sérieux ;)
Oh et pour celles qui demande, on est loin de la fin, donc no stress :)
Et du Chaos Naîtra la Création…
Neuvième Partie
Par SoFrost
Chapitre 60 : Catherine
« Hey Greggo, mon pote, comment ça va ? » dit Nick avec enthousiasme alors qu’on entre dans le labo où Greg est en train de travailler sur un portable.
« Comme un charme, » il grogne.
Je ne pense pas avoir jamais vu Greg comme ça, de mauvais humeur et énervé, même dans nos plus mauvais jours.
« Je vois, » Nick est un peu surpris par l’agressivité de Greg .
« Dis, tu sais où est Sara ? » Warrick lui demande.
« Non, » Greg répond d’un ton austère.
« Pardon ? » Warrick ricane. « Wow, appeler la presse je pense que l’apocalypse est proche. Greg ignore où se trouve mademoiselle Sidle. Allez mec, je sais que t’as un radar pour enregistrer tous ses mouvements, à chaque seconde de la journée. Tu sais toujours où elle se trouve, » Warrick le taquine.
« T’es sourd ? Je t’ai dit que je ne savais pas où elle était et franchement je m’en contrefous à cet instant précis ! » Greg le casse.
« Hey relax mon gars, peu importe ce qui t’énerve ce n’est pas de ma faute ok, » Warrick répond sèchement, toute trace d’amusement à disparu.
Greg se lève et se dirige soudainement vers la porte mais Warrick lui bloque le passage et refuse de bouger alors ils sont à quelques centimètres l’un de l’autre en train de se toiser comme s’ils allaient se sauter de dessus. Hommes plus testostérone égale problème, l’équation la plus vieille du monde.
« Maintenant si vous vouliez bien m’excuser, j’ai du boulot moi, » dit Greg sans quitter les yeux de Warrick. Warrik ne bouge toujours pas alors Greg le pousse lorsqu’il force son passage.
« C’est quoi son problème bordel ? » dit Warrick après un moment.
« Je ne sais pas mec, laisse tombé, » répond Nick calmement.
Bon quelque chose ne tourne pas rond. Premièrement Greg n’est pas tout à fait lui-même, il a envoyé balader Warrick et ensuite il a été plutôt venimeux en parlant de Sara ce qui m’inquiète le plus je pense. Que Greg soit en colère après Sara est inconcevable, ça n’est jamais arrivé. C’est comme si le monde avait commencé à tourner à l’envers, c’est tout simplement…mauvais.
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Mon service se déroule plutôt calmement et vu que j’ai presque fait tout ce que j’avais à faire, je décide de faire une pause. En chemin pour la salle de repos j’aperçois Greg dans un labo alors je change de plan. Je reviens dans le labo de Greg avec deux tasses de café chaud, sa tête se tourne brusquement vers moi quand il m’entend arrivé. Il est sur le point de dire quelque chose mais je le prends de court. « Je viens en paix, » je lui dit gentiment. Il renifle fatigué et se détend un peu mais il est toujours perturbé. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé mais ça a dû être vraiment un évènement majeur pour que ça l’affecte à ce point.
Je m’assois près de lui alors qu’il fixe l’écran devant lui. « Je t’ai apporté du café, » je pointe l’évidence mais c’est tout ce que je peux faire pour obtenir une réaction de sa part.
Il se tourne vers moi et j’ai l’impression de voir quelqu’un d’autre, et pas le Greg que je connais. « Merci, » dit il en prenant la tasse avec l’esquisse d’un sourire.
« Tu veux en parler ? » je lui demande doucement.
« Il n’y a rien à dire, » il répond en fixant l’écran.
J’attends une minute ou deux mais quand je suis sure qu’il n’a pas l’intention de parler plus que ça je décide de ne pas le pousser. « Ok, si tu trouve quelque chose dont tu veux parler tu sais où me trouver, » je lui dit en me levant, je lui serre l’épaule gentiment.
Je suis sur le point de partir quand il parle à nouveau. « On s’est disputé, » annonce-t-il. Je me tourne vers lui et il me regarde. « Sara et moi, on s’est disputés, » il élabore. Je me rassois et attend qu’il continue. « On s’est disputé et Grissom est arrivé en plein milieu, ce qui a fini par une bonne leçon de moral. »
« Ouch. »
« Ouais, tu m’étonne, dire qu’il était énervé serait un euphémisme. Il nous a hurlé dessus. »
« Grissom ? » je demande incrédule. Quand je disais que le monde était en train de tourner à l’envers je n’étais pas si loin de la vérité. Grissom ne perd que très rarement son sang froid.
« Ouais, c’était quelque chose, » il dit avec un léger reniflement. Le silence s’éternise alors qu’il se perd dans ses pensées.
« T’as l’air épuisé, » je constate après l’avoir observé. Il ressemble à un zombie pour ne dire que ça. Il a des poches sous les yeux, il est pale, il a une barbe de trois jours qui le rend adorable mais ses yeux sont maussades comme s’il y avait un voile devant eux. La petite étincelle qui faisait Greg est partie... Il a l’air tellement perdu et si sérieux maintenant que s’en est effrayant.
« J’ai l’impression de ne pas avoir dormi depuis des mois, » il déclare platement en passant une main sur son visage.
« Comment vas-tu ? » je lui demande un passant ma main dans son dos en signe de réconfort.
« Je me porte comme un charme. Je viens juste d’avoir une horrible dispute avec l’une de mes meilleures amies, cette affaire ne mène nulle part et ça m’agace au plus haut point, » il répond avec frustration. « Comme je le disais, je me porte comme un charme, tout va comme un charme. »
« Horrible, comment ? » je demande à propose de sa dispute avec Sara. Il me fixe pendant une minute, je pense qu’il se demande s’il devrait partager ce genre d’information.
« On s’est disputé, c’est tout ce qu’il y a à savoir, » dit il finalement. « Ne le prend pas mal mais je ne suis pas fier des mots qui sont sortis de ma bouche et je pense que mes problèmes avec Sara ne concernent qu’elle et moi. »
« Ça me va. »
Il lève la tête et regarde le plafond. « J’ai merdé sévère Cath. »
« On merde tous un jour Greg. »
« Ouais, sûr, » il renifle.
« Hey, n’oublie pas que tu t’adresse à la femme qui a failli te tuer en faisant exploser le labo, qui t’as fait faire des tests sur son propre ADN de façon officieuse et qui a compromis plus d’une affaire à cause de son tempérament. Alors oui, je pense que j’en connais un rayon pour ce qui est de merdé, » je lui dis sur un ton léger bien que mes erreurs m’affectent encore à ce jour.
« Je suppose que t’as raison, » il hausse les épaule avec un léger sourire.
« Ne t’attarde pas dessus Greg. Peu importe ce que tu a fait de mal , c’est fait alors inutile de gamberger maintenant sur ce que tu aurais dû faire. Contente toi d’accepter ce qu’il s’est passé et de sauver les pots cassés. Ensuite apprends de tes erreurs et va de l’avant, je lui conseille.» Il absorbe mes mots et me regarde intensément. « Ne jamais regretter, ne jamais regarder en arrière. »
« Je prends note. »
Bien, il est déjà un peu plus bavard et moins énervé ce qui me fait me sentir mieux. « Tu veux un peu d’aide sur ton affaire, » je demande, un sourire au lèvre mais son regard se charge de colère en une seconde.
« Pourquoi, tu penses que je ne suis pas assez doué pour ce job ? » il rétorque venimeux.
Je lève les mains en signe de reddition. « Hey ne me tire pas dessus je ne suis pas armée, » je plaisante mais sa colère reste intact alors je continue. « Je n’ai jamais dit ou même pensé une telle chose, bon sang, détend toi Greggo. Je t’offre simplement un coup de main, pas parce que je pense que tu n’est pas compétent, mais parce que à l’instant présent j’ai une distance par rapport à cette affaire que tu n’as pas. »
« Désolé de t’avoir attaqué. »
« Ne t’en fait pas pour ça. »
Il tourne sa tête face à l’écran et appuie sur quelques touches du clavier. Cinq photos apparaissent. « Joan Cavanaugh, Connie Philips, Jessie Williams, Tawny Woodworth, et Rebecca Spencer,” il commence en me montrant chacune des photos. « On commence par les scènes. Une pièce vide ou presque, les filles sont allongées au milieu. Pas de signe d’entrée par effraction, donc à chaque fois le tueur a été autorisé à entrer ce qui suggère que les victimes le connaissaient. Des ailes sont dessinées au sol avec leur propre sang. Sur le mur, en lettres sanglantes sont inscrits les mots ‘fallen angel’, traduction ange déchu. Il y a les mots ‘forgive me’ gravés sur presque tout leur corps. On ne sais pas si c’est le tueur qui s’excuse pour ce qu’il fait ou s’il fait parler ses victimes. Enfin il y a le mot ‘sinner’ qui a été poignardé dans leur estomac, c’est ce qui les a tuées – hémorragie interne. La seule chose immaculée et intouchée c’est leur visage.
Je l’écoute me faire un résumé méthodique et méticuleux de l’affaire.
« Puis vient les corps. Elles montrent toutes des signe de mutilations, Doc dit qu’elles se sont infligés ça elles même. Elles portent toues des signes d’abus sexuels précédents. Pas de blessure défensive, elles on été droguées et poignardées. Et maintenant le détail qui tue, elles ont trois tatouages en commun exactement aux mêmes endroits. De plus le tatoueur…hmmm… Dan Haspel…a confirmé qu’elles se sont faites tatouées en même temps à chaque fois. »
« Bien si un doute persistait sur leur connexion, il est maintenant bel et bien dissipé, » je constate alors que Greg me montre les tatouages.
« Bien, parmi ces filles deux sortent du lot. Tawny et Rebecca. Tawny avait un rôle important, c’est la seule personne dont chaque famille se souvienne. Puis Rebecca , les drogues dans son système n’étaient pas les mêmes que les autres, c’était… » il s’arrête pour trouver un papier. «… de l’halothane, alors que les autres ont eu de la novocaïne. Ensuite il y avait des traces de récente activités sexuelles, ont a un échantillon de sperme…mais pas encore de résultats cela dit. Ça pourrait être complètement étranger à notre affaire ou ça signifie que le tueur passe à la vitesse supérieure, » il s’arrête pour réfléchir. « Oh et de toutes les victimes c’était le seul à être enceinte, cinq mois selon Doc. »
Wow, c’est moche.
J’acquiesce de la tête et commence à retourner le problème dans tous les sens dans ma tête, jouant sur chaque détail. « A part l’échantillon de sperme qu’est ce que vous avez ? » je demande après un moment.
« Que dalle. »
« Ok, alors revoyons tout ça une fois de plus, » je soupire en regardant les notes des différents dossiers. « Le tueur les connaît toutes, ce qui explique le mot ‘sinner’, et aussi l’absence de blessures défensives et d’effraction. Il les connaît très bien car il sait quand et où les attaquer. La plupart de ces filles vivent chez leurs parents, donc il a dû tout planifier. Il les a peut être suivi et observer pendant un certain temps. Ça ou c’est un ami proche et dans ce cas tous ce qu’il avait à faire était de demander un moment en privé. » je théorise à haute voix.
« C’est ce qu’on a pensé, mais personne n’a rien vu d’anormal. Alors s’il les suivait il était très consciencieux. »
« Ok, bon et pour les victimes ? Elles sont connectées les unes aux autres, aucun doute possible. La question est de savoir comment ? Je veux dire, comment elles se sont connues, où et quand ? »
« C’est la le cœur du problème, » Greg répond blasé. « A l’exception de leur passé et de leur tatouages, elles n’ont rien en commun. Elles étaient dans des établissements différents pour ceux qui allaient encore en cours, elles avaient des jobs différents, elles vivaient à différents endroits de la ville. C’est presque impossible qu’elles se soient rencontrées dans des circonstances normales. »
« Pourquoi pas une fêtes ? C’est plausible. »
« J’y ai pensé déjà. Mais imagines un peu la scène ‘Hey moi c’est Joan est ce que tu peux servir un coca ? Oh et pour info j’ai été violée’ ‘Non, sans déc, moi aussi’ ‘Cool on devrait traîner ensembles un de ces quatre’. » Greg imite différente voix. Il soupire et secoue la tête. « Ça ne colle pas. Je veux dire, je suis sûr que leur passé est ce qui les a rapproché en premier lieu, parce que chacune d’entre elles avaient besoin de quelqu’un qui les comprendrait vraiment, » il discourt absentement, mais je le laisse, je l’ai mis sur la voie maintenant c’est à lui de suivre son intuition.
Il se cache la tête dans les mains. « Elles ont été violées. Ce n’est pas quelque chose que tu amènes dans une conversation. Elles ne se connaissaient pas…je veux dire, où est ce que sur Terre est il possible que tu ailles dire ce genre de choses à un parfait inco… » il s’interrompt en pleine phrase, et je peux littéralement voir la proverbiale ampoule s’illuminée.
« Greg ? »
« Shhh… » il me fait taire avec un doigt en l’air. Je sais à quoi il pense, je le sais précisément parce que je pense à la même chose : thérapie de groupe. « Eurêka, » il s’exclame.
J’aime c’est instant. L’instant où la lumière revient dans l’obscurité où on s’était perdus, nous montrant ainsi les réponses tant recherchées. C’est un tel frisson. L’adrénaline prend effet, tout comme l’excitation. Et à voir Greg c’est comme si la vie revenait en lui. Il se tourne soudain vers moi et il y a une étincelle dans ses yeux et un sourire sur ses lèvres.
« T’es un génie, » dit il avant de me déstabilisé en me prenant le visage et m’embrassant la joue avec énergie. Il se recule et son sourire est encore plus grand qu’il y a deux secondes. « Je t’aime vraiment, vraiment beaucoup, » dit il avec bonheur. Puis il semble réaliser ce qu’il vient de faire, et je le sens sur le point de s’excuser pour son excès d’enthousiasme.
« Ne t’en fait pas pour ça, » je lui dis avec un sourire en coin.
« Je t’aime, » il répète et se lève pour partir. « Je te suis redevable et pas qu’un peu, » il marche jusqu’à la porte et sort presque en sautant d’excitation. Je ricane et secoue la tête en me tournant à nouveau vers l’écran pour récupérer nos tasses vides. Puis à ma surprise il revient. « Oh et Cath, » il attend que je le regarde pour continuer. « Merci, » dit il sobrement et je sais qu’il ne parle pas seulement de l’affaire.
« Je suis là pour ça, » je réponds honnêtement. On ne se quitte pas des yeux pendant un moment et se sourit affectueusement.
« Il faut que j’y aille. »
« A plus tard, » je lui fais un clin d’œil. Je ne peux m’empêcher de me sentir toute chose maintenant que l’orage semble être passé.
Mon garçon est de retour dans l’arène, yeah !
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Quelqu’un déboule dans mon bureau et me fait sursauter. C’est quoi ce bordel ? Je lève la tête et trouve un Nick très agité devant moi. Je n’ai pas le temps de lui poser de question car il me coupe. « Est-ce que tu as éteints ton portable ? » il me demande avec urgence.
« Non, pourquoi ? » je vérifie mon portable et découvre qu’il ne fonctionne pas. « Merde ! Ma batterie est morte. »
« Ça fait déjà une heure qu’ils essayent de te joindre, » dit il en me tendant son téléphone. « Je t’attends dehors, » dit il avant de repartir.
« Hein ? » je m’exclame mais il est déjà loin. Qu’est ce qu’il se passe ? Et qui ça ‘ils’ ? Je regarde son téléphone et réalise qu’une communication est engagée. « Willows ? » dis je.
« Cath…hum…Catherine ; »
Je fais tomber mon stylo au son de la voix à l’autre bout du fil. « Sara ? » je murmure.
« Oui, c’est moi, elle marque une courte pause « Ecoute, j’ai besoin que tu restes calme. »
« Quoi ? » ça fait des semaines que je ne lui ai pas parlé et son premier coup de fil n’a ni queue ni tête ce qui m’irrite immédiatement.
« J’ai besoin que tu restes calme et que tu m’écoutes, » elle répète.
« C’est quoi ce bor… » je commence mais elle ne me laisse pas finir.
« c’est Lindsey » dit elle calmement. Et la réaction est immédiate elle a mon attention la plus exacerbée. Ça déclenche aussi une vague de panique au creux de mon estomac. « Elle a eu un léger accident, » j’ai le souffle coupé et la nausée monte instantanément. Oh mon dieu oh mon dieu oh mon dieu…
« Quoi ? Oh mon dieu, ma chérie ! Que s’est il passé ? Où est elle ? Qu’est.. » je m’affole.
« Elle va bien. Cath calme toi, elle va bien. Je suis avec elle en ce moment même. Elle va bien je te le jure. Maintenant, calme toi et va retrouver Nick, il t’attend. Je lui ai demandé de te conduire au Desert Palm rapidement…je pensais pas qu’il serait bon pour toi de conduire…bref, Lindsey va bien et on t’attend à l’hôpital, » elle continue calmement.
« Ok, ok. Dis lui que je l’aime et que maman arrive tout de suite, » je réponds au bord des larmes. Je suis déjà en train de courir vers le parking, j’y arrive en un temps record. Nick est déjà dans sa voiture près à partir, dès que je suis assise il démarre.
Il ne dit rien et se contente de conduire aussi vite que possible sans violer les limitations de vitesse. S’il ne dit rien, il me regarde toutes les deux secondes. Quand on s’arrête à un feu il me prend la main mais ne dit toujours rien, il me sourit tendrement et me serre la main pour me réconforter. J’accueille son geste et lui serre la main brièvement en retour avant qui ne la laisse pour conduire. Je suis contente qu’il ne dise rien, car je ne suis pas en état de répondre à quoi que ce soit.
Ma tête tourne avec toutes les questions qui l’assaillent. Pourquoi Sara a-t-elle été prévenue ? Sara a dit que Lindsey allait bien mais elle a aussi laissé entendre qu’elle était blessée et je me demande si c’est grave. Je me demande si mon bébé était apeuré, je déteste l’idée qu’elle puisse traverser quelque chose sans que je sois à ses côtés.
Je peux sentir tout mon corps en train de trembler et je sais que je ne me sentirai pas mieux avant d’avoir vu que mon bébé est sain et sauf. Nick s’arrête devant l’entrée du Desert Palm, je n’attends pas qu’il coupe le moteur pour sortir. Je me retourne au dernier moment mais il m’empêche de parler. « Vas y ne t’en fait pas pour ça ok ? Je te vois plus tard, » je lui fait oui de la tête et entre dans le bâtiment.
J’atteins la réception et parle de manière frénétique à l’infirmier légèrement secoué. « Bonjour, ma fille est ici, Lindsey Willows, où est ce que je… »
« Madame Willows ! » je me tourne et reconnais un des profs de Lindsey Monsieur Finley. Je m’approche de lui, en jetant un rapide ‘merci’ à l’infirmier. « Je suis ravi que vous soyez là. On a essayé de vous joindre mais ça ne répondait pas. Alors Lindsey a appelé votre amie et collègue Mademoiselle Sidle, » je me contente d’acquiescer silencieusement pendant qu’il m’accompagne jusqu’à ma fille. Maintenant tout prend un sens. Bien sûr qu’ils connaissent Sara, elle a du se présenter pour pouvoir la récupérer après les cours lorsqu’on fonctionnait selon notre planning.
« Que s’est il passé ? Est-ce qu’elle va bien ? » je demande dans un souffle. Mon cœur bât si fort que j’ai l’impression d’avoir couru un marathon.
« On était en train de répéter un exercice d’incendie quand elle est tombée dans les escaliers et a percuté la rampe dans sa chute, » oh mon dieu. On tourne à l’angle d’un couloir et s’arrête devant une porte. « Bon, je vous préviens, ça n’est pas joli, mais ce n’est pas aussi grave que ça en à l’air. »
Je regarde à travers la vitre de la porte et je suis face à une vision d’horreur. Ma fille est couverte de sang, son arcade gauche est ouverte et saigne abondamment, il y un bleu énorme sur sa tempe, sa lèvre supérieure est enflée et elle semble être fendue aussi. Oh mon dieu. Ok, respire à fond et calme toi. Elle a besoin d’être rassurée et je ne peux pas faire ça si je panique.
Elle semble calme cela dit. Sara est assise près d’elle et lui tient la main, elles semblent être prises dans une grande conversation. Je prends une grande inspiration et ouvre la porte doucement.
« …et la façon dont il décrit les odeurs est tellement complète… » dit Sara.
« Oui, exactement, tu peux presque les sentir, c’est incroyable, je suis juste… » Lindsey reprend avec enthousiasme. Elle s’arrête au milieu de sa phrase quand elle me voit. « Maman ! »
« Hey ma chérie, je suis désolée, je n’étais pas là plus tôt mais ma batterie m’a lâchée, je suis tellement désolée, » je dis en m’avançant vers elle. Je jette un rapide coup d’œil a Sara avant de concentrer mon attention sur Lindsey. Sara laisse la main de Linds et se lève, me laissant ainsi plus d’espace pour faire un câlin à ma fille.
« Maman, j’ai toujours besoin d’oxygène pour survivre, » Linds dit quand elle voit que je refuse de la laisser partir.
Une fois mes peurs apaisées, je me recule un peu mais ne la laisse pas complètement. « Est-ce que ça va ? »
« Oui, je vais bien. J’ai ruiné ta chemise ce la dit, » elle réponds timidement.
« Je me fiche de ma chemise. »
« Vous êtes la mère de Lindsey je suppose, » une voix masculine nous interrompt doucement. Je me tourne et me trouve nez à nez avec un jeune homme habillé en médecin dont le visage m’est familier, et Sara n’est plus en vue. « Je suis docteur Donovan, » ah ça y est je me souviens, je l’ai rencontré quand Sara a été blessée.
« Je me rappelle de vous, » je lui souris.
« Lindsey, on va devoir te faire des points de suture sur ton arcade sourcilière , » il s’adresse directement à ma fille.
« Est-ce que ça veut dire que j’aurais une cicatrice ? » elle demande avec une drôle d’expression.
Dr. Donovan grimace légèrement. « J’en ai bien peur, » il la regarde dans les yeux. « Mais ne t’en fais pas, tu seras toujours aussi magnifique, » il lui sourit doucement.
Lindsey rougit avec un sourire timide. Je me joins à eux et souris à mon tour, je suis heureuse qu’il sache s’y prendre avec les enfants. Je m’assois où se trouvait Sara il y a encore quelques minutes et prends la main de Lindsey dans les miennes. Une infirmière apporte un plateau avec divers produits et outils dessus. Le doc la remercie avant qu’elle ne quitte la pièce. Il met des gants et commence à parler à nouveau.
« Ok, donc voilà l’aiguille et voilà le fil. Je vais être aussi délicat que possible mais si ça fait mal tu peux me donner un coup dans les tibias, » Lindsey glousse et acquiesce. « Maintenant, je veux que tu ferme ton œil gauche que je puisse nettoyer ta plaie d’abord, » il prend une boule de coton et met de l’alcool dessus. « Ça risque de piquer un peu, » Lindsey serre ma main et je peux voir sa mâchoire se tendre lorsque le coton touche sa peau.
« Alors comme ça, il parait que tu es une fana de lecture, » il déclare tout en prenant soin de la plaie de ma chérie.
« Ouais, » Linds répond un peu tendue.
« Qu’est ce que tu lis en ce moment ? » Donovan continue à parler pour distraire Lindsey de la douleur. Il est doué je dois dire. Ses mains son délicates et précises à la fois.
« ‘Le Parfum’ de Süskind. »
« J’ai bien aimé celui là même si le début de la seconde partie était un peu ennuyeux à mon goût. »
« Je suis d’accord, ça ralentit les choses mais bon d’un autre côté cette une partie importante. »
« Je sais, ça ne l’empêche pas d’être ennuyeuse, » il répète faisant Lindsey glousser à son attitude puérile. Elle se détend et ne pense même plus à la douleur, il est vraiment doué. « Quel est ton livre préféré ?»
« Frankenstein, » Linds répond joyeusement.
« Ouais, celui là est cool. Tu savais que Mary Shelley n’avais que 17 ans quand elle l’a écrit ? »
« Vraiment ? »
« Oui, vraiment. »
« Wow, elle était jeune. »
« Ça c’est sûr, » dit il alors qu’il finit de nettoyer la plaie et se met à stériliser l’aiguille. « Tu peux ouvrir ton œil si tu veux, » Lindsey s’exécute et le regarde préparer le fil.
« Quel est votre livre préféré ? » elle demande curieuse.
« Ça c’est facile, c’est ‘Lettres à jeune poète’ de Rainer Maria Rilke. »
« Je n’ai jamais entendu parler de celui-ci. »
« Je pense que tu es un jeune pour le connaître, » il ricane. « Mais tu aimerai probablement ce livre, » il ajoute. « Ok, on a fini. » il annonce avec un sourire.
« Sérieusement ? »
« Yep. »
« Mais je n’ai rien senti du tout ! »
« Content de l’entendre. Bon, je vais laisser l'infirmière Wright te bander le poignet et je reviens dans quelques instants, ok ? » il dit en se levant alors que l’infirmière en question revient.
Le poignet gauche de Lindsey est enroulé de façon serré dans des bandages et comme promis le docteur Donovan revient une fois que c’est fait. « Bon, voici la prescription pour les anti-douleurs et le baume pour son poignet, » me dit il avant de regarder Lindsey. « Lindsey, je veux que tu fasse attention avec ton poignet, ne t’en sert pas trop et s’il te fait encore souffrir après une semaine revient me voir. Quand a tes points de suture, nettoies la plaie le matin et avant d’aller te coucher. »
« Oki doki. »
Il met sa main dans sa poche et en ressort un livre. « Et ça…c’est pour toi. »
Lindsey lit le titre avant de regarder le livre avec incertitude. « Je ne peux pas le prendre…c’est votre bouquin préféré. »
« Ne t’en fais pas, j’en ai d’autres exemplaire chez moi. J’ai mis mon adresse mail à l’intérieur comme ça tu pourra me donner ton opinion dessus une fois que tu l’auras fini. »
« Je le ferai, » elle sourit jusqu’aux oreilles avant de prendre le livre.
« Bien, je te revois dans à peu près trois semaines pour retirer les sutures, » il lui tend la main et lui fait un clin d’œil. « J’ai été ravi de faire ta connaissance, » Lindsey serre sa main, puis Donovan me regarde. « Madame Willows. »
« Merci Doc, » je réponds en lui serrant la main à mon tour.
« Je n’ai fait que mon boulot, » il hoche la tête. « Prends soin de toi jeune fille, » et sur ces mots il quitte la pièce.
On sort à notre tour et je remarque Sara assise sur une chaise. Elle se lève dès qu’elle nous voit. « Euh…vu que tu n’as pas de voiture, je me suis dite que je te ramènerai chez toi, » elle offre avec hésitation. Je me contente de faire oui de la tête.
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On rentre à la maison et Linds va directement se coucher. J’ai offert à Sara de rester pour un café, là on est dans la cuisine pas un mot n’est échangé en attendant que je fasse le café. Le moment est maladroit pour ne dire que ça, comment pourrait il en être autrement ? Comment est ce qu’on efface des semaines entière à ignorer l’autre et à garder le silence ?
« Merci d’avoir été là, » je dis finalement. Je repense à mon stupide téléphone et je ne peut m’empêcher de me demander qu’est ce qu’il en aurait été si ça avait été pire. Ces pensées renouvellent une vague d’angoisse et je peux me sentir sur le point de pleurer. Sara vient à mes côtés en quelques secondes.
« Hey, » elle pose une main hésitante sur mon épaule. Le contact me donne des frissons et mon cœur s’emballe, ce qui ne fait qu’empirer mon tremblement. Je la regarde et vois bien qu’elle ne sait pas si elle devrait franchir cette ligne invisible entre nous ou pas. Au final, elle décide de la franchir et me prend dans ses bras, m’étreignant fort contre elle. Je me laisse aller et craque un peu, laissant mes larmes couler. « Elle va bien Cath, elle va bien. »
Après un moment, une fois que je suis calmée, elle se recule un peu mais ne rompt pas totalement notre étreinte. Elle caresse une de mes joues doucement et me regarde droit dans les yeux. Comme ses yeux m’ont manqué, rien que de la regarder j’en ai le souffle coupé.
« Tu devrait essayer de te reposer un peu. La journée a été longue, » sa voix est douce et son regard rassurant.
« Reste avec moi, » je demande soudain. Elle prend une grande respiration, sur le point de protester sans aucun doute mais je ne lui en donne pas l’occasion. « S’il te plait, » je n’ai vraiment pas envie qu’elle s’en aille.
« Ok, » dit elle finalement. Je prends sa main dans la mienne et entremêle nos doigts avant de l’emmener dans la chambre.
On ne se change pas, on se contente juste de s’allonger sur le lit en silence. Je me blottis dans ses bras et elle me retient fermement. Bon sang ce que ça m’a manqué. Ça m’a manqué d’être là dans ses bras, d’être proche d’elle, l’odeur de sa peau m’a manquée, le fait de pouvoir perdre ma main dans ses cheveux m’a manqué. Elle m’a manqué. Je me sens revivre. Je me sens enfin à la maison.
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Je me réveille, toujours dans les bras de Sara et presque par son propre accord mon corps se positionne au plus près d’elle si c’est encore possible. Je commence à lui embrasser le cou par habitude et trace me route sur sa mâchoire. Quand je la regarde elle est éveillée et ses mains s’enfoncent dans la jungle de mes cheveux. On se regarde intensément et on sait tout de suite ce qu’il va se passer. La seconde suivante nos lèvres sont connectées et on s’embrasse doucement et langoureusement. Nos mains semblent se souvenir de cette danse si familière qu’elles exécutaient il y a longtemps.
Je suis en train de me laisser aller à notre baiser quand elle rompt le contact. Elle me repousse gentiment et s’assoit sur le bord du lit. « C’est mal, on ne devrait pas, » dit elle, haletante. Je sais qu’elle a raison mais quelque part, son rejet me fait mal. Je m’assois à ses côtés et elle me fait face. « Je suis désolée. J’en ai envie moi aussi. J’ai envie que tout redevienne aussi bon qu’avant, mais je c’est que ce n’est pas la solution, » elle fait référence à notre baiser et ce qui allait suivre inexorablement. « Je veux dire, rien n’a changé et les problèmes sont toujours là. Et je ne suis toujours pas prête à arranger les chose, mais je suis en chemin dans cette direction. »
Je sais que c’est la bonne chose à faire. Je sais qu’elle a raison, mais ça fait tellement mal. « Je sais. C’est juste que…tu me manque tellement, » je lui confesse à travers mes larmes. Elle rit doucement.
« Tu me manque aussi. Crois moi tu me manque beaucoup. Je me sens comme une coquille vide sans toi, je suis aussi bonne que si j’étais morte, mais on sait toutes les deux que ce n’est pas la chose à faire, » dit elle en pleurant elle aussi.
« Je sais, » j’acquiesce.
« Je ferai mieux d’y aller, » ajoute-t-elle en se levant. Je l’imite et la raccompagne jusqu’à la porte. Elle passe une main sur son visage pour effacer ses larmes, puis se tourne vers moi, elle veut dire quelque chose mais les mots semblent lui échapper.
« Merci, » lui dis-je.
« Aucun problème. »
Elle s’apprête à partir et ouvre la porte, mais au dernier moment elle se retourne et m’embrasse passionnément, puis elle se retire et me regarde une dernière fois avant de partir.
J’appuie ma tête contre la porte. Je me meurs encore une fois.
J’ai besoin qu’elle revienne, il n’y a plus aucun doute dans mon esprit et mon cœur à ce sujet.
Chapitre 61 : Sara
Alors que je conduis pour me rendre au boulot, mon esprit est toujours avec Catherine et ça fait déjà deux heures que je l’ai quitté. Je retourner dans mon appart pour me changer et suis repartie immédiatement au boulot. Mes lèvres sont encore brûlantes de notre baiser. Bon sang ce qu’elle me manque. Je pense que c’est encore plus dur maintenant. D’avoir goûter à ce que je désire et ce dont j’ai le plus besoin pour tout laisser derrière une fois encore est tout simplement insupportable. Je sais bien que j’ai fait le bon choix, tout comme je sais que mon cœur s’est brisé à nouveau.
Il faut vraiment qu’on règle tout ça parce que je ne survivrai pas sans elle.
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Quand j’arrive, la première personne que je croise est Grissom, comme j’ai de la chance. Ce service promet d’être intéressant.
« Grissom, bonjour, » je dis d’un air naturel.
« Bonjour, Sara, » il répond et me dépasse sans rien ajouté. Peut être que j’ai eu un jugement prématuré concernant ma chance. « Oh Sara, » il me rappelle. Je me tourne pour lui faire face
« Je te garde à l’œil, » il me prévient. C’était trop beau pour être vrai. Je pense que j’ai confondu prophétique et prématuré.
Je ne lui réponds pas, et me contente d’un signe de tête pour lui faire savoir que je me tiendrais à carreau.
Je vais dans les vestiaires pour me préparer. Premièrement je dois des excuses à Greg, ensuite il faut que j’essaye de sauver ce qu’il reste de notre amitié. Je le chasse à travers le labo et le trouve dans une des pièces les plus recluse en train de lire des papiers. Je toussote pour avoir son attention. Il me regarde et sa colère se fait sentir immédiatement. Soit courageuse Sara, il n’y a rien que tu ne mérites ici.
« Hey, » dis-je. Il faut bien commencer quelque part non ? Il ne me répond pas et se contente de recentrer son attention sur les papiers devant lui. Je respire un grand coup et décide de m’asseoir près de lui, il continue de m’ignorer. Je le regarde et pour la première fois je réalise à quel point il a l’air exténué. « Est-ce que tu t’es reposé un peu ? »
« Pourquoi ? Tu t’en souci maintenant ? » il renifle amèrement. « Je croyais qu’il ne s’agissait pas de ma fatigue ? Ben tu vois j’ai suivi ton conseil, je me suis décidée à travailler sur cette affaire et à me tuer à la tâche, » dit il en me regardant avec colère.
« J’ai dépassé les bornes, » je respire un grand coup. « Je suis désolée, je suis vraiment désolée. S’il y avait un moyen de retirer ce que j’ai dit je le ferai mais je ne le peux pas. Je m’excuse Greg., » je soupire essayant de calmer mes nerfs. Il refuse toujours de me regarder pour le moment et ça fait me mal de savoir que je ne mérite pas mieux que son ignorance. « Est ce que tu pourrais, s’il te plait, me regarde au moins, » il ne bouge pas et je sens une boule se former dans ma gorge. « Je t’en supplie. »
Il reste immobile pendant un moment puis se résout à me faire face. La peine est visible dans ses yeux. Je digère ma honte avant de parler à nouveau. « Je sais que tu te donnes corps et âme à cette affaire, tout autant que moi, je sais que j’ai merdé en manquant cette preuve et ça me frustrait à un point inimaginable, mais je ne voulais pas admettre que j’avais tort. »
« Et donc j’étais le punching bag idéal. Putain, je me sens mieux là, » il s’ébroue.
« J’ai était une garce de première classe doublée d’une abrutie et j’en suis désolée,» j’ajoute. « Tu es très important pour moi Greg, notre amitié est importante pour moi. Je tiens à toi, » je pose ma main sur la sienne. « Je t’aime Greg et je sais que je t’ai fait du mal. Je te supplie de me pardonner. Je me mettrai à genoux s’il le faut, » parfois il faut savoir ravaler sa fierté et se résigner à être humble et faire tout ce qu’il faut pour sauver ce qui nous importe.
Il me regarde intensément, puis son regard se pose sur nos mains. Il se décide finalement à serre ma main en retour et je laisse finalement s’échapper le souffle que je retenais. « Moi aussi j’ai dépassé les bornes, » il marque une pause. « Je n’aurais pas dû te dire toutes ces choses non plus, même si tu méritais un bon coup de pied au cul. Je suis désolé, » il me sourit faiblement. « Je vais te dire, puisqu’on est à égalité, je te pardonne si tu me pardonnes en retour. »
Je le prends instinctivement dans me bras et le tiens fort. « Tu es pardonné, » je murmure. Il retourne mon étreinte et je sens comme si un poids était soulevé de ma poitrine.
« Je t’aime moi aussi, » dit il après un moment. Je ferme les yeux à ses mots. Il m’embrasse la joue et rompt notre étreinte. Il me regarde d’un air très sérieux. « Ne nous disputons plus comme ça, ça m’affecte vraiment beaucoup, » il me demande.
« Ça m’affecte aussi beaucoup. »
Il prend une grande inspiration et rompt le contact de nos yeux. « Bon, j’ai travaillé pendant que tu n’étais pas là et grâce à Catherine j’ai peut être trouvé quelque chose. »
« Catherine ? » c’est quoi ce micmac ?
« Ouais, elle m’a forcé à adopter un nouveau point de vu et à revoir l’affaire méticuleusement, » dit il avec un léger sourire. « Bref, raisonnons ensemble. Supposes que tu as un ami alcoolique, tu as tout fait pour l’aidé mais ça ne marche pas alors qu’est ce que tu lui conseilles ? »
Facile. J’avais un ami – un certain Jim Brass, qui m’a donné ce dit conseil. Je me demande si Greg sait à quel point il vient de toucher une corde sensible. « Je lui conseillerais d’aller à une réunion. »
« Bien, maintenant suppose que tu sois Joan ou une des autres filles. »
Je commence à secouer la tête ne comprenant pas le rapport. « Je ne… » deux secondes, c’est tout ce qu’il a fallu à mon cerveau pour faire la connexion. « Bon sang de bon soir ! »
« Ouais, » Greg hoche la tête avec enthousiasme.
« Une thérapie de groupe ! Pourquoi est ce qu’on n’a pas pensé à ça plus tôt ? »
« Je sais, c’était juste devant nous et on l’a loupé ! Et je sais aussi pourquoi. Joan et Jessie avaient un psy personnel, donc on a écarté ce détail comme étant une différence et un détail sans important parce hors du commun par rapport au groupe. »
« Exactement. Ok, maintenant on n’a plus de temps à perdre. Il faut qu’on trouve combien de groupes il y a en ville , quand et où. »
« Vingt deux, » Greg dit avec un sourire radieux en levant la feuille de papier qu’il étudiait tout à l’heure. « Et j’ai croisé toutes les info qu’on avait concernant les emplois du temps des victimes. Et devines quoi ? J’ai réduit la liste à seulement cinq groupes. »
Un rictus carnassier se peint sur mes lèvres. « On t’a déjà dit que tu étais brillant ? »
« Je ne m’en lasse pas, » il plaisante en retour. « Prête pour un petit voyage ? »
« Et comment, » et sur ce on quitte le labo.
Je me sens comme un prédateur. Je peux sentir le rush d’adrénaline se propager dans mes veines, mon corps entier est électrifié par l’excitation.
Que la chasse commence.
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On a réussi a trouvé le thérapeute de chaque groupe et heureusement pour nous la chance est enfin de notre côté car on a trouvé le bon groupe. On a parlé à un certain Mlle Flemming – thérapeute, elle nous a expliqué que Joan et les autres étaient très proches les uns des autres, que si ça n’avait pas été pour leur différents corps on aurait dit qu’ils n’étaient qu’une seule et même personne.
Avec nos nouvelles infos on part à la recherche d’Adam Levingston. Le dernier membre du groupe qui soit encore vivant. Question : est ce qu’on chercher une victime ou un meurtrier ?
On a réussi à obtenir une adresse ce qui est peut être la meilleure chose qu’on n’ai jamais eu dans cette affaire. Mais il semble que ce soit une voie sans issue car c’est la maison de ses frères. Ils avaient l’air d’être des gens de confiance, et ils ont juré qu’ils ne l’avaient pas vu depuis des semaines.
Quand on revient au labo, les résultats de nos derniers tests ne sont pas encore revenus, et bien sûr c’est quand on en a le plus besoin que le labo est surbooké.
Bon regardons le verre à moitié plein on a bien avancé pour changer.
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« Sidle, » je réponds à mon téléphone « D’accord, j’arrive, » dis-je avant de raccrocher.
« Qu’est ce qu’il se passe ? » me demande Greg.
« Quelqu’un m’attend à la réception. Je reviens tout de suite, » je lui réponds avant de quitter la pièce.
Quand j’arrive à destination, je suis surprise par l’identité de mon visiteur. « Dan ? »
« Hey, Melle Sidle, » dit il timidement.
Je serre la main qui m’est tendue. « Est ce que je peux vous aidez ? »
« En fait, je pensais pouvoir vous aider, » il répond en passant une main dans ses cheveux. « Vous savez le gars du groupe sur lequel vous m’avez interrogés ?...Adam ? Il est revenu hier pour se faire tatouer à nouveau. Il était seul cette fois. »
Dame Chance est revenue à nos côtés après tout.
« Bref, c’est là que je me suis souvenu qu’il n’avait pas tout à fait le mêmes tatouage que les filles sur son dos. Enfin, il a les ailes mais son ange pleureur est un peu différent. Attendez…voilà… j’ai pris quelques photos, je fais toujours ça avec mon travail. Je vous en ai fais des copies, » dit il en me tendant les documents. « Ça c’est son ‘ange’ et celui-ci c’est celui que j’ai fait pour lui hier. »
Que je sois damnée.
« Merci beaucoup Dan. »
« Je vous en prie. J’espère que je vous ai été utile. »
« Oh, vous nous êtes d’une grande aide, croyez moi, » je réponds avec les yeux toujours rivés sur les photos. Je le regarde et lui sourit. « Merci beaucoup, vous venez de nous être d’une aide précieuse, » je lui serre à nouveau la main.
« Content de l’entendre, » dit il en rougissant légèrement. « Bon, je vais vous laissez bosser. »
« D’accord, merci encore. »
« No problemo. »
Je me tourne et commence à repartir quand je m’arrête et rappelle Dan. « Dan ! » il se retourne. J’hésite un moment et puis finalement me décide d’aller avec mon instinct. « Dites bonjour à Robin de ma part. »
Dan ricane amusé « Je n’y manquerai pas, » il me fait un clin d’œil et s’en va.
Je cours presque pour rejoindre Greg. Quand j’entre en trombe dans le labo il me regarde avec confusion mais je ne lui laisse pas le temps de parler et lui tends les photos. « Je pense que j’ai la réponse qu’on cherchait. »
La première photo est de ‘l’ange’ sur le dos d’Adam – si on peut appeler ça un ange. Il pleure mais contrairement à tous les autre il tient une faux – je ne pense pas devoir expliquer la symbolique ici. Le second tatouage, celui qui a été fait hier est le mot ‘sinner’, la police donne l’impression que les lettres sont en train de saigner et qu’elles ont été poignardées dans le creux de ses reins – emplacement logique puisqu’il s’agit d’un garçon.
« On cherche un meurtrier, » Greg déclare simplement une fois revenu de son choc.
Chapitre 62 : Catherine
Je n’arrive pas à me sortir Sara de la tête. Ce n’est pas une nouvelle, mais maintenant je n’arrive pas à penser à autre chose. Mes lèvres brûlent encore après notre baiser. Je n’ai pas arrêté d’y penser de toute la soirée. Peut être que je devrais l’appeler ?
La vérité c’est que j’ai envie de la voir, j’en ai vraiment envie. Seulement je ne sais pas comment les choses pourraient se passer si on restait en présence l’une de l’autre, en tout cas pas après notre baiser. Il y a beaucoup à penser. Je sais que je veux me remettre avec elle, mais comme elle l’a dit les problèmes ne sont pas encore réglés, alors se remettre ensemble est peut être une mauvaise idée.
D’un autre côté pour régler les problème il faut qu’on se parle alors peut être qu’il est temps qu’on recommence à s’apprivoiser l’une l’autre.
Je pourrais l’inviter à prendre le petit déjeuner. Ouais, ce sera un déjeuner pour la remercier d’avoir été là pour Lindsey hier. Ça peut être un bon début. Avant de me dégonfler je compose son numéro.
« Sidle »
Il me faut une seconde ou deux pour réaliser qu’elle a répondu. « Sara ? » je demande, ce qui est stupide puisque c’est moi qui l’appelle et que je l’appelle sur son portable cependant c’est comme si je m’attendais à quelqu’un d’autre. Je me sens maligne maintenant.
J’aime sa voix, bon, j’aime tout chez elle – défaut y compris, mais sa voix entre dans la catégorie des choses que j’aime le plus. Elle est dans mon top 5 entre ses yeux et ses mains. Les deux autres son trop personnelles pour être mentionnées.
Mon dieu, que cette voix m’a manquée.
« Cath…erine, Catherine, salut, » elle bégaie.
“Salut,” il y a une longue pause lorsque aucune d’entre nous ne parle, ou ne sais de quoi parler. « Cath, c’est très bien. »
« Quoi ? »
« Tu peux m’appeler Cath, c’est très bien.
« Merci, » pause « J’ai un peu de mal à t’appeler Catherine. »
« Je m’en suis aperçu. »
Pause.
« Est ce que tout va bien ? » elle demande abolissant ainsi le silence inconfortable.
« Ouais. »
Pause.
« Est que Lindsey va bien ? »
« Ouais. »
Pause.
« Est-ce que tu vas bien ? »
« Ouais, » bon sang ce que je peux être éloquente aujourd’hui. Il y a une autre pause. « T’es toujours au boulot ? »
« Je suis sur le point de quitter. »
« Ok » pause. Longue pause. « Je…euh…voulais savoir si ça te dirait de venir prendre le petit déjeuner avec Lindsey et moi. »
« Ben…est ce que ça ne te dérange pas ? »
« Non, c’est…cool, » très convaincante.
Pause.
« Ok, je te vois à la mais…je veux dire, chez toi. »
« Ok. »
Pause.
« Je pense que c’est à ce moment qu’on est sensées raccrocher. »
« Ouais. »
Pause.
« Tu ne raccroche pas, » elle déclare.
« Toi non plus. »
« Vrai. »
Pause.
« Raccroche le téléphone. »
« Ne me dis pas ce que j’ai à faire ! »
« D’accord. »
Pause.
« Je peux t’entendre respirer. »
« Je sais, je peux t’entendre aussi, » à malin, malin et demi.
Pause.
« Pourquoi est ce que tu ne raccroche pas ? »
« Est-ce que tu veux que je raccroche ? »
« J’en sais rien, » pause. « Mais ce n’est pas la question. »
« Pourquoi est ce que tu ne raccroche pas ? »
« Ben…c’est toi qui a appelé. »
« Et alors ? »
« Alors…je ne voudrais pas passer pour une malpolie. »
Pause.
« C’est une raison minable. »
« Peut être mais au moins j’ai répondu. »
« Un point pour toi dans ce cas. »
Pause.
« Pourquoi est ce que tu ne raccroche pas ? »
« Peut être que j’ai autre chose à dire ? »
« Oh… » soupire. « Ok. »
Pause.
« Eh bien ? »
« Et bien quoi ? »
« Tu n’est pas sensée dire autre chose ? »
« Peut être. »
Pause.
« Cath ? »
« Oui ? »
« T’as dit que tu dirais autre chose. »
« Ah oui, » grande inspiration. « Autre chose, » sourire en coin. « Heureuse ? »
« C’est fin, très fin. » doux rire.
Pause.
« Alors tu viens pour le petit déjeuner ? »
« Ouais. »
« T’en as envie, genre très envie ? Parce que tu n’as pas à en avoir envie, je veux dire je ne veux pas que tu sentes obligée de venir si tu n’en n’as pas envie j’aimerai que tu viennes mais si t’en as pas envie alors tu n’es pas forcé de venir du moins si c’est seulement parce que j’ai envie que tu vienne ce que je veux dire c’est que j’ai envie que tu aies envie de venir, » pause. « Est ce que ça a un sens pour toi ? »
Rien.
« Sara ? »
« Attends je suis encore dix mots derrière. »
« Ok. »
Toujours rien.
« Sara. »
« Oui j’en ai vraiment très envie. »
« Quoi ? »
« Comment ça, quoi ? »
« T’as dit que tu en avais très envie, je me demandais de quoi tu parlais. »
« Oh. Ben…il me semble qu’il y avait une question quelque part. »
« Ah, » pause, confusion, consultation du cerveau, reconnaissance. « Ah oui. Alors tu as vraiment venir pour le petit déjeuner. »
« Ouais, c’est exactement ça, c’est ce que je voulais dire. »
Pause.
« Je pense qu’on est sensées raccrocher maintenant. »
« Je sais. »
Pause.
« Cath ? »
« Je sais, je sais, raccrocher. »
Pause.
« Tu veux que je compte à rebours depuis 3 ? »
« Non, si tu le fais je ne raccrocherai pas. »
« Pourquoi ? »
« Trop de pression. »
« Ah oui, je n’avais pas penser à ça, » ton sérieux.
Pause.
« Bon, tu le fais. »
« Fais quoi ? »
« Raccrocher. »
« Pourquoi moi ? »
« Pourquoi pas ? »
« C’est toi qui as appelé, alors c’est à toi de le faire. »
« Je sais, » profonde inspiration. Pause. « Ok, je vais le faire. »
« Bien. »
Pause.
« D’accord, je raccroche. »
« Ok. »
« Je te vois bientôt…pour le petit déjeuner. »
« Ouais. »
« Ok, » pause « A toute à l’heure. »
Pause.
« Ok bye. »
« Cath attend ! Ne raccroches pas ! »
« Pourquoi ? »
« Euh…tu veux que je rapporte quelque chose ? »
« Rapporter quelque chose ? »
« Pour le petit déjeuner. »
« Ah oui le petit déjeuner, » pause. « Non c’est bon j’ai tout ce qu’il faut. »
« D’accord. »
Pause.
« Tu peux raccrocher maintenant »
« Je sais. »
Pause.
« J’ai dit, tu peux raccrocher maintenant. »
« Je ne suis pas sourde. »
« Désolée. »
Pause.
« Cath ? »
« Ne me mets pas la pression. J’y arrive. »
« Je ne te mets pas la pression. »
« Si, c’est ce que tu fais. Tu sais j’étais sur le point de raccrocher quand tu m’as dit ne pas le faire, peut être que d’abord tu devrais te décider. »
« J’avais quelque chose à demander. »
Pause.
« Qu’est ce que c’est sensé dire ? »
« Je ne suis pas sure de comprendre. »
« T’as dit ça sur un ton qui suggérait que moi je n’avais rien à demander. »
« Je n’ai pas insinué ça. »
« J’espère, » pause. « Parce que tu sais j’avais quelque chose à demander. Je devais savoir si tu venais parce que tu le voulais et non pas … »
« Cath, je pense que j’ai pigé cette partie. »
« Bref, j’avais quelque chose à demander. »
« Désolée, si je t’ai offensé. »
« J’accepte tes excuses, » pause. « Ne t’en fais pas. »
Pause.
« Je suis sensée raccrocher maintenant, hein ? »
« Ouais. »
Grande inspiration. « Bon, je suis prête. »
« Ok. »
« Je raccroche maintenant. »
« Ok »
« Bye. »
« Bye. »
« Je te vois bientôt »
« Je sais, à tout à l’heure. »
« Arrêtes de parler tu me perturbe. »
« Désolée »
« Ok, bye, à tout à l’heure. »
Rien.
« J’ai dit, bye. »
« Je sais mais tu m’a demandé de ne rien dire. »
« Ah c’est vrai. »
Pause.
« Bye Cath »
« Bye Sara, à tout à l’heure, » je réponds avant de raccrocher.
Bon, ben ce n’était pas si dur que ça après tout.
Chapitre 63 : Sara
Après avoir eu la plus étrange des conversations téléphoniques de l’histoire avec Catherine, on a petit déjeuné ensemble. C’était sympa. Vraiment, c’était aussi étrange, mais sympa. C’était notre premier pas dans la bonne direction.
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« ‘J’vous jure je ne savais pas que ça pouvait être dangereux !’ Bon sang…est ce que tu crois ce type ? » dit Greg en imitant le coupable qu’on vient d’interroger alors qu’on se dirige vers la réception où on nous a appelé.
« Je te jure, il y en a qui sont graves. »
Je m’arrête net. Bon sang.
Un jeune homme se lève de sa chaise et nous regarde avec une expression neutre. Il a des cheveux couleur geai et court, des yeux gris bleu. Il fait à peu près 1 mètre 80, svelte, mais on peut voir ses muscles à travers sa chemise.
Greg est aussi surpris que moi et aucun d’entre nous ne parle lorsqu’on atteint notre visiteur. « Mon frère m’a dit que vous me cherchiez. Je suis là, » dit il d’une voix assurée. « Excusez mon manque de manière, » il ajoute après une courte pause et l’esquisse d’un sourire aux lèvres. « Je suis Adam Levingston. »
Adam. L’Adam que nous recherchons, celui que nous suspectons d’avoir tuer cinq personnes. Le dernier ‘ange déchu’.
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Je suis dans la salle d’observation avec Grissom, en train d’étudier Adam à travers la vitre sans teint. J’attends que Brass et Greg me rejoignent afin qu’on puisse commencer l’interrogatoire.
« Comme ça vous l’avez trouvé, » dit il.
« En fait, il est venu à nous. »
« Intéressant. »
« C’est mon avis. »
« Bon travail Sara. »
« Ce n’est pas encore fini, alors on va garder les compliments pour plus tard. »
« Sara, » Greg m’appelle depuis la tête. « On est prêt. »
« Ok, c’est parti. »
« Est-ce que ça te dérange si je regarde ? » Grissom me demande.
« C’est toi le boss, » je réponds platement.
« Sara, » il m’appelle alors je le regarde. « Est-ce que ça te dérange. »
« Non, » et sur ce je le quitte.
Greg, Brass et moi entrons dans la salle d’interrogatoire et prenons place. Adam nous regarde, calme, serein, pas le moins du monde nerveux. Je prends le temps de bien l’observer et pour la première fois et je me rends compte que son visage ne m’est pas inconnu. Au début je me suis dite que j’imaginais tout ça mais maintenant j’en suis sure. Il me regarde intensément, et c’est comme s’il pouvait lire dans mes pensées car un sourire subtil se peint sur ses lèvres. « Ne t’en fais pas, ça te reviendras, » me dit il.
« Déclarez votre identité, » Brass demande.
« Adam Rory Levingston. »
« Avant que nous ne commencions je vais vous lire vos droits, » dit Brass avant de s’exécuter. Adam ne me quitte pas des yeux pendant tout le temps que Brass s’exprime. « Avez-vous compris. »
« Oui monsieur, » Adam répond.
« Voulez vous un avocat ? » Brass continue avec les formalités.
« Non merci, il ne sera pas utile, pas à moins qu’il ne puisse effacer ce que j’ai fait, » déclare Adam.
« Et qu’est que vous avez fait Adam, » Greg demande d’une voix grave.
« Voyons, voyons, ne sois pas si pressé, on a tout notre temps, » dit Adam avant de replonger son regard dans le bien.
« Est-ce que vous connaissez ces filles ? » Greg continue.
Adam effleure à peine les photos du regard. « Je pourrais mentir et dire non, mais vous savez déjà que la réponse est oui. »
« Quand les avez-vous vu pour la dernière fois ? »
« Avant qu’elles ne meurent. »
« Soyez plus spécifique. »
« Le jour de leur mort, » Adam n’a pas l’air de se préoccuper de quoique ce soit. « Vous connaissez aussi la réponse à cette question. »
« Pourquoi les avez-vous tués ? » Greg décide d’aller droit au but.
« Je n’ai tué personne. »
« Vraiment ? »
« Oui, vraiment. »
« Vous les avez vu et quelque part pendant ce lapse de temps elles se sont retrouvées mortes. »
« Je n’ai tué personne, » Adam répète froidement.
« Qu’est ce que vous avez fait dans ce cas ? » Greg demande exaspéré.
« Je les ai aidées. »
« Laissez moi deviner, vous les avez aidées à mourir, » dit Brass avec sarcasme. Adam ne répond pas pour la première fois. Il me regarde droit dans les yeux et je sais que Brass à frapper là où ça fait mal.
Le silence s’installe dans la salle pendant une minute ou deux. « Sara, est ce que ça te dérange si je fume ? » Adam demande nonchalant.
Quelque chose cloche…je me rends compte que je ne me suis pas présentée à lui et je n’ai pas donné mon prénom à son frère l’autre jour.
« Vous ne pouvez pas fumer ici, » Brass, dit depuis son poste dans le coin de la pièce.
« Dommage, » Adam soupire.
« Tu es un cadet, » je dis soudain.
Adam ricane « Je te l’avais dit que ça te reviendrait, bien joué, » il me fait un clin d’œil.
« C’est pour ça que tu savais ce qu’on chercherait, et comment couvrir tes traces, » je décide d’abandonner les formalité puisqu’il désire tellement être familier avec moi.
« Si tu veux détruire un système, connais le d’abord, » il sourit d’un air suffisant.
Je regarde Greg et lui fait comprendre silencieusement que je prends l’interrogatoire en place à partir de maintenant.
« Pourquoi les avoir tuées Adam ? » je demande. Il me regarde intensément avant de répondre.
« Je n’ai tué personne. »
Je suis déjà fatiguée par ses réponses. Je n’avais pas beaucoup de patience en entrant mais maintenant c’est officielle, le peu que j’avais s’est envolé par la fenêtre. Je décide de jouer avec ses boutons, puisque c’est ce qu’il semble attendre de moi.
« Tu donnes l’impression d’être un disque rayé, » je dis avec dédain. « Adam, je vais te dire comment je vois les choses. Tu as poignardé tes amis à mort. C’est peut être la définition du verbe ‘aider’ chez toi mais pour moi c’est celle du mot ‘meurtrier’, » mon ton est acerbe et plein de venin.
Adam montre des émotions pour la première fois : colère, pure colère. Mais ensuite tout est immédiatement remplacé par quelque chose de froid et contrôlé. J’ai l’impression que le diable en lui vient de sortir pour jouer. « N’utilise pas ce ton condescendant quand tu t’adresses à moi, » dit il entre ses dents. « Juste parce que t’es de l’autre côté de cette table ne veux pas dire que tu es mieux que moi. »
« Je suis loin d’être parfaite mais je n’ai pas tué cinq personnes ce qui en soi me rend meilleur que toi. »
Il rit. « Je vais te dire un secret, » il se penche un peu vers moi. « T’es comme moi, comme nous. »
« Je n’ai rien à voir avec toi. »
« C’est un mensonge et tu le sais. »
« Tu es un meurtrier, moi pas. »
Il se redresse sur sa chaise et ne dit plus rien pendant un moment, et se contente de me regarder. « J’étais toujours à l’intérieur de la maison, » il marque un temps et continue quand il n’a pour seule réponse que du silence. « Quand toi et tes potes êtes venus pour Joan, j’étais encore dans la maison, » il ricane. « Quel coup du sort en fin de compte, sur tous les investigateur, il a fallu que ça tombe sur toi. »
« Et qu’est ce que c’est sensé vouloir dire ? » je demande curieuse.
« Tu connais la réponse, » il me sourit. « Tu nous connais, tu nous comprends, tu es comme nous, » il me fixe pendant un long moment. « Elles ne se sont pas débattues parce qu’elles le voulaient. »
« Qu’est ce qu’elles voulaient ? »
« Un peu de paix d’esprit, » il ferme les yeux et prend un grande inspiration. « On a essayé de dépasser tout ça et parfois ça marchait. Honnêtement, je suis surpris que tu sois arrivée si loin dans la vie avec ça toujours dans ton système. »
Je n’aime pas du tout ce que j’entends. « Je ne vois pas de quoi tu parles, » j’essaie de nier.
Il me regarde comme s’il pouvait voir à travers moi. Il plisse un peu les yeux. « Tu veux vraiment qu’on parle de ton père maintenant ? »
Dix mots. Dix mots à l’effet dévastateur. Comment il sait ? Mon souffle se coince dans ma gorge et peux sentir les couleurs quitter mon visage. Je ferme les yeux et respire en essayant de regagner ma contenance.
Il ricane. « Impressionnant les information que n’importe qui peut obtenir une fois qu’ils savent se servir d’un ordinateur. »
Ce fils de…
Je peux sentir la rage s’élevée en moi, une fois que je me remets de mon choc. Je peux sentir les regards de Greg et Brass essayer de percer des trous dans mon crâne. Se demandant ce qu’Adam sait qu’ils ignorent. Bien, si Adam veut jouer on va jouer.
« Alors il s’agit d’être une victime c’est ça ? ‘Pauvre de moi. Ne comprenez vous donc pas ce que j’ai traversé ?’ » je dis dans un faux gémissement. « Je suis désolé de te le dire mais des milliers de gens vivent pire que toi à chaque minutes, et ils ne tuent pas nécessairement d’autres gens. »
« Je n’ai pas… »
« Ouais, ouais, tu n’as tué personne, change de disque tu veux, » je le coupe avec véhémence. « Peut importe comment tu appelles ça le résultat reste le même, elles sont mortes ! Mortes ! Est-ce que tu les comprends ça ?! »
Son regard froid me donne des frissons dans le dos mais je ne fléchis pas. Il s’en fiche cela dit. « Ne sois pas condescendante, » il répète, mais cette fois c’est une menace.
« Adam, tu as décidé de jouer à Dieu, et tué celles que tu appelais tes amies. Prends tes responsabilités ! T’es un meurtrier ! »
Son regard est encore plus froid qu’avant. Je peux sentir sa furie suinter hors de lui. Mais il garde sa contenance, et se penche vers moi. « Est-ce que ça t’a plus de regarder ? » il demande soudain. « Est-ce que t’as souhaité le faire à sa place ? » mon pouls s’accélère quand je comprends à quoi il fait référence.
Je veux répondre et lui dire de la fermer, mais c’est comme si j’avais perdu ma voix.
« Allez, Sara, dis moi, » il attend une réponse mais je reste muette. « Elle avait des tripes, tu ne penses pas ? » il met ses coudes sur la table et repose son menton sur ses mains sans jamais me quitter des yeux. « Alors ? Dis moi Sara, aller, » il jette un coup d’œil à Greg et Brass. « Quoi ? Tu veux que j’élabore ? Très bien, » il hausse les épaules et attend une seconde avant de continuer. « Quand ta mère à poignarder ton père est ce que tu a apprécié le spectacle ? Est-ce que tu aurais voulu que ce soit toi qui le fasses au lieu d’elle ? »
Je peux sentir la nausée m’envahir alors que les souvenirs interdits remontent à la surface depuis leur cachette. Je serre les dents mais mes lèvres tremblent et je sais que je dois être en train de respirer bruyamment en ce moment. Je suis enragée et dieu seul sais ce dont je suis capable.
« Quoi ? T’as perdu ta langue ? T’étais en train d’aboyer il y a quelques minutes et maintenant t’as plus rien à dire ? » il devient condescendant. « Dis moi Sara, combien de sessions de coups de poings t’aurais pu encaisser avant de le tuer toi-même ? Hein ? Combien de fois t’as souhaité qu’il soit mort ? Combien de fois tu as rêvé de le tuer toi-même ? « il marque une pause. « Trop de fois pour t’en souvenir, n’est ce pas ? » ses yeux brûlent avec colère. « Maintenant, dis moi où tu te réfugiais quand il te cassait la gueule ? Où est ce que ton esprit allais pendant que ton corps supportait les abus ? Est ce que tu t’en souviens ? Cet endroit où tout allait bien, et où rien ne pouvait t’atteindre. »
Sa colère semble s’évaporer et maintenant c’est comme si je me regardais dans un miroir.
« C’est là que Joan voulait être. Elle a essayé de s’accrocher et d’aller de l’avant avec sa vie ; mais ça ne marchait pas. Elle a essayé de s’en aller par elle-même mais on l’a rattrapé. Seulement voilà, elle ne le supportait plus. Alors elle à décider ce qu’elle voulait. Et si elle s’en allait, alors on devait la suivre parce que nos cœurs battaient à l’unisson. Puis il y a eu la question de notre bébé à Becky et moi. L’épargner de la peine ou lui donner une chance de goûter aux joies de ce monde merdique. Ça n’a pas été le choix le plus difficile je dois dire, » il s’arrête et se perd dans ses pensées avant de continuer. « Joan et Connie étaient amantes, Jessi et Tawny étaient comme des sœurs, et Becky était mon amante. Mais le fait est qu’on était tous connectés comme une seule et même personne. On est tous morts en même temps que Joan, » il soupire. « Je suppose que de ton point de vu tu peux dire que je les ai tué. Mais crois moi il a fallu beaucoup d’amour pour faire ce que j’ai fait. »
« C’est comme ça que tu apaise ta conscience ? » je demande une fois ma voix revenue. « En te disant que ce que tu as fait était une preuve d’amour ? » je ricane amèrement. « C’était un beau discours, mais tout ce que je vois c’est qu’elles sont mortes et toi tu es toujours en vie. »
« C’est parce que j’ai toujours quelques choses à dire, » il attend un moment et commence à défaire les premiers boutons de sa chemise. « Peu importe à quel point tu le nie, t’es comme moi, comme nous. Tu es ‘f.u.n.’ » il trace le tatouage sur sa poitrine. « Tu es ‘fake’, fausse parce que tu prétends être ce que tu n’es pas, quelqu’un de brave, parfaite, et tellement clean. Tu es ‘ugly’ , ignoble, tout comme nous, mais c’est notre sale petit secret. Tu es ‘nothing or nobody’ rien ni personne » il me fixe et il sait qu’il a mis le doigt sur ma faiblesse. Il me connaît, comme il l’a dit je suis comme lui. « Est-ce que ça te semble familier ? »
Je ne réponds pas, il n’y a rien à dire. Il a raison. Il c’est exactement l’effet qu’ont eu ses mots sur moi et pendant un court instant ma souffrance se reflète dans ses yeux. J’ai envie de gerber. J’ai envie d’hurler ou de défoncer un mur. Mais je me contente de le regarder, complètement paralysée.
Il se redresse à nouveau, et met une main dans sa poche avant d’en sortir un jeu de clefs. « Capitaine, » il appelle Brass sans me quitter des yeux. Il lui balance ses clefs. « Ce sont les clefs de ma maison, là vous y trouverez tout ce que vous cherchez. Faites comme chez vous. »
Jim prend les clefs et sort de la pièce pour envoyer des hommes sur place je suppose.
Adam se penche à nouveau ver moi. « J’ai un petit secret pour toi, » il me sourit de manière douce, mais son regard me fait froid dans le dos. En une fraction de seconde je sais que quelque chose cloche. Je peux sentir un rush d’adrénaline être pomper dans mes veines à pleine puissance.
Je me sens piégée.
Quand je réalise ça cela dit, il est trop tard, son faux sourire disparaît instantanément.
« Ce n’est pas encore fini, » dit il avant de sauter vers Greg et moi. Des coups de poings volent dans tous les sens, les voix se mélangent dans l’air et la table est jeté à l’autre bout de la pièce tout comme les chaises, la seule chose que je sais, c’est que je me retrouve au sol, tandis que Greg est debout à quelques mètre en train de pointer son arme sur Adam.
Adam ? Et bien Adam est à califourchon sur moi en train de pointer son arme sur ma tête.
NDL / Ou là... je me sens faiblir... une petite dose d'adré histoire de repartir et de ne pas perdre le rythme...enfin moi je dis ça, je dis rien, hein mon p'tit diable ? ;)