Et du Chaos Naîtra la Création…

 

                                                                                                                                         Treizième Partie

 

                                                                                                                                       Par SoFrost

 

 

 

 

 

Chapitre 72 : Catherine

 

J’ai peur d’être allée trop loin. J’ai posé mes conditions si on devait se remettre ensembles. Sara vient de me rendre le jeu de clefs, clefs de ma maison que je lui ai donné. Je suis en train de paniquer, peut être que je suis en train de dramatiser mais je panique.

 

« Je ne sais pas par où commencer, alors si tu as des questions, poses les. Et ensuite je remplirais les blancs, je suppose, » elle commence. « Demande ce que tu veux et je répondrais. »

 

Je réfléchis, il y a tellement de choses que j’aimerais demandé. J’opte pour les questions simples. « C’est quoi l’histoire du tatouage sur ta cheville ? »

 

« J’ai perdu un jeu stupide avec Travis et c’était mon défi. C’est aussi la raison pour laquelle il a commencé à m’appeler Sunshine, » elle répond.

 

« Ok. Question numéro deux : quelle est l’histoire de l’anneau autour de ton cou ? »

 

A la simple mention  elle commence à jouer avec l’anneau, le faisant glisser doucement sur sa chaîne. « C’est mon alliance » elle déclare.

 

Je savais que des surprises m’attendaient, mais ça ? Ça  ne figurait même pas sur la liste des choses les plus improbables que je pourrais entendre. Si elle m’avait dit qu’elle venait d’une autre planète je ne pense pas que j’aurais été plus surprise. « Travis et moi nous sommes mariés il y a 12 ans. »

 

Ok, cette dernière info est peut être encore pire que la précédente. Je cligne doucement des yeux, priant pour que ma tête cesse de tourner. Ça  fait beaucoup à digérer. « Alors, vous êtes divorcés ? »

 

« Non, pas vraiment. Mais je suppose que quelque part tu peux dire ça, » elle dit en riant doucement.

 

Je peux sentir la rage et la jalousie m’embraser les veines. Est-ce qu’elle est en train de me dire que pendant tout le temps qu’on a passé ensembles elle était mariée à un autre ? Que j’étais sa maîtresse ? Je suis sur le point de lui dire ce que je pense, quand elle reprend la parole.

 

« Ce n’était pas un mariage comme le tien avec Eddie. C’était juste nous deux en train d’échanger des vœux à la lueur de quelques bougies. Mais pour nous c’était un mariage. Alors cette union s’est terminée le jour où Travis et moi avons rompu, » elle marque une pause. « Il a perdu sa signification d’un point de vue romantique, mais nos vœux sont toujours d’actualité. C’est la base de notre amitié, » elle me regarde et comprend ce que j’étais en train de penser, son expression se durcit et devient froide comme de la pierre comme si je l’avais insultée.

 

« Je vais le répéter autant de fois que tu auras besoin de l’entendre : je suis fidèle. Et si je n’avais ne serait-ce qu’un infime sentiment de ce genre entre Travis et moi, crois moi je n’aurais jamais posé un regard sur toi » son ton est ferme et ne laisse pas de place au doute.

 

Le silence s’installe entre nous. Maintenant, les questions que j’ai à poser sont plus personnelles. Mais avant toute chose, il faut que je confesse quelque chose, je ne veux pas qu’elle croit que je joue ou quelque chose du genre.

 

« J’ai vu ton interrogatoire avec Adam, » lui dis je.

 

« Je sais. Tu a procédé à la scène alors je savais que tu verrais la bande. »

 

« J’ai vu la bande, mais ce n’est pas ce que je voulais dire, » je prends une grande inspiration. « J’étais dans la salle d’observation pendant une grande partie de l’interrogatoire » je confesse. Ses yeux s’agrandissent en surprise. « J’étais en chemin pour te donner les résultat de Mia et je devais parler à Grissom. Quand je suis entrée  Greg était en train de mener l’interrogatoire. Quand Ecklie m’a chassé de de la salle, Adam était au dessus de toi, il te menaçait avec son arme, » je soupire. « Grissom a essayé de me faire partir plusieurs fois avant que ça ne dégénère, mais tu me connais. Je ne l’ai pas écouté. »

 

Je la regarde et elle se contente d’hocher la tête. « J’apprécie ton honnêteté, » elle répond après un moment.

 

« Ces choses qu’il a dites à propos de toi et de ta famille…est ce que c’était… »

 

« Vrai ? » elle finit ma question. J’acquiesce. « C’était vrai, ça l’est toujours, » elle répond sans émotions.

 

Elle se tourne vers la fenêtre et pendant un moment je me mets à penser qu’elle ne parlera plus. Elle passe une main dans ses cheveux et me regarde à nouveau. « Je n’ai pas de souvenir linéaires de mon enfance, » dit elle. « Je ne pense pas que ça ait toujours été horrible. Je ne peux pas définir le moment exact où tout a changé mais d’une manière ou d’une autre elles ont changées. Mon père était le plus abusif. Ma mère…elle était abusée par mon père, elle aussi, alors je crois que toute son agressivité venait de là. Bref, ce n’était pas la maison du bonheur. Il y avait toujours des disputes, il y avait des coups. Et si ce n’était pas suffisant avec ma mère, mon père tournait sa colère vers mes frères et moi. On a essayé de se serrer les coudes, mais quoiqu’on fasse on n’échappait jamais à la fureur de mon père. »

 

Respire Catherine, respire.

 

La voix de Sara est dénuée de toute émotion, comme si ce n’était pas elle qui prononçait ces mots.

 

« Howard était le plus âgé, alors quand il a eu 16 ans, il s’est engagé dans l’armée en promettant de revenir nous chercher quand il aurait assez d’argent. C’est un général maintenant, » elle arbore un sourire admiratif puis son sourire s’estompe. « Il n’est jamais revenu cela dit, il n’a pas eu cette chance. »

 

« Devon et moi ne lui avons jamais reproché quoique ce soit.  La vérité, c’est que si on en avait eu l’occasion on serait partis avec lui. Les choses se sont empirées quand il est parti. Mon père devenait plus dure et plus haineux, » elle s’arrête et me regarde comme si elle venait de se souvenir que j’étais là. « J’avais neuf ans quand mon père m’a violé pour la première fois, » dit elle sans même tressaillir. Moi, en revanche j’ai l’impression de me prendre un poing violent dans les tripes. « Il en a vite fait une habitude, » ses yeux ont une expression vacante « Et toutes les choses horrible ont continuée. On s’y habitue, et c’est plus facile quand on n’est pas seul, » elle hausse les épaules.

 

C’est drôle comme on n’imagine jamais les pires choses arrivées aux personnes à qui on tient.

 

« Quand ma mère a découvert pour les viols, j’avais 13 ans à ce moment. Un jour elle lui a dit qu’elle savait, ce jour Devon était chez un ami. Elle ne lui avait jamais parlé comme ça auparavant. Je pense que c’est la première fois qu’elle se défendait et qu’elle me défendait réellement. Inutile de dire qu’il n’a pas apprécié. Il l’a battu si fort que j’ai crû qu’il l’avait tué. Puis il a tourné son attention vers moi. Ma mère est revenue de nulle part, et lui a demandé d’arrêter de me frapper. Il s’est retourné et a élevé son poing pour la faire taire. Son poing était à encore en plein mouvement quand elle l’a poignardé. Il a été si surpris qu’il n’a pas réagit, il est juste tombé par terre. Elle l’a enfourchée et l’a poignardé encore et encore. Le sang giclait de partout, la lame sifflait dans l’air avant de faire un son étrange lorsqu’elle plongeait dans la chair. Puis d’un seul coup elle a arrêté, elle est descendu de sur lui et s’est tournée vers moi. J’ai crû qu’elle allait me faire subir la même chose mais elle m’a juste caressé la joue. Elle avait une expression douce et un sourire délicat, mais elle était couverte de sang alors c’était plus effrayant qu’autre chose. Elle m’a dit de ne pas m’inquiéter, qu’il l’avait bien cherché, qu’il le méritait, qu’il aurait dû arrêter quand elle lui avait dit que c’était assez, que j’étais en sécurité maintenant et que tout irait bien. »

 

Elle me raconte cette histoire sans la moindre trace de colère ou de peur. Son expression est neutre, sa voix plate. Je suis abasourdie pour ne dire que ça. Je ne sais pas quoi penser et j’ai des difficultés à respirer.

 

« La police est arrivée peut de temps après. Apparemment quelqu’un à hurler, elle ou moi mais je ne saurais dire qui, même si ma vie en dépendait, » elle continue. « Je suis aller en foyer d’accueil alors qu’ils ont placé ma mère dans un hôpital psychiatrique. Après un certain temps ils l’ont mis en prison. Devon était déjà trop âgé pour le foyer d’accueil, mais pas assez pour obtenir ma garde, donc on a été séparés. Il a été vivre chez son meilleur ami pendant que j’étais dans le système. Il a essayé d’être aussi présent qu’il le pouvait cela dit.»

 

Elle s’arrête et regarde par la fenêtre. Après un moment elle me jette un œil dans ma direction mais ne soutient pas mon regard. Elle se lève. « Est ce que tu veux quelque chose à boire ? » elle me demande incertaine. Je secoue la tête parce que ma voix me fait défaut et je suis sure que si j’essayais de parler je me mettrais à pleurer ; et je ne veux pas faire ça parce qu’elle n’a pas besoin de ça et quelque part j’ai la sensation qu’on ne fait que commencer.

 

Elle disparaît de mon champ de vision et je profite de cette opportunité pour fermer les yeux et me concentrer sur ma respiration.

 

Respire Catherine, respire.

 

 

Chapitre 73 : Sara

 

Je vais dans la cuisine et prend une bouteille d’eau dans le frigo. Je la pose sur le comptoir et vais jusqu’à l’évier. Je me jette un peu d’eau froide sur la figure pour vaincre mon envie de vomir. J’ai juste à tenir un peu plus longtemps et ensuite j’en aurais fini. Je prends une grande inspiration et reprends ma position sur le rebord de la fenêtre de mon salon.

 

Je lui ai dit la partie simple jusqu’ici, là on va s’engager vers un terrain vraiment moche.

 

« Après ça je suis aller en foyer d’accueil. J’ai rencontré ce garçon Keenan, il était probablement le seul à ne pas me traiter comme une bête curieuse. Je ne parlais à personne, je ne laissais personne m’approcher à moins d’un mètre. Mais il était toujours là à veiller sur moi. Il me faisait beaucoup penser à mes frères. On nous a envoyé dans la même maison d’accueil. Une semaine après notre arrivée le couple chez qui on logeait se disputait. Chez moi une dispute signifiait beaucoup de choses et aucunes d’entre elles n’étaient bonnes, alors j’ai pris mes affaires et suis partie. Keenan m’a suivi, » je m’arrête là et prend une gorgée d’eau pour essayer de faire passer la boule que j’ai dans la gorge. « Pendant les quatre mois et demie qui ont suivis on a vécu dans la rue. Keenan était très débrouillard donc arrivait toujours à avoir un toit au dessus de nos têtes. »

 

Si je devais évaluer ma vie, je dirais que ces jours là étaient les pires. Pas vraiment pour le fait d’avoir vécu dehors. Mais pendant ces jours j’ai fais beaucoup de mauvaises choses. Des choses dont j’ai honte, je sais que je serais toujours incapable de me pardonner pour ce que j’ai fait pendant cette période.

 

« On survivait comme on le pouvait. Je dois dire que les drogues et l’alcool aidaient beaucoup. On s’accrochait à la moindre parcelle d’oubli qu’on pouvait trouver. Peut importe ce que c’était du moment que ça anesthésiait toutes nos émotions. Mais c’est un fait, tout a un prix. Il fallait qu’on mange et qu’on prenne soin de nous, et on a fait beaucoup de mauvaises choses pour avoir la chance de voir un autre jour, » je sens la nausée m’envahir rien qu’en y pensant. Je serre mes lèvres et prends une grande inspiration.

 

Je regarde Catherine et elle est un peu pâle, mais son expression est neutre. Elle penche sa tête légèrement sur le côté et m’envois l’ombre d’un sourire. C’est un geste qui se veut rassurant comme si elle me disait que peut importe ce qui va suivre, c’est ok si je le dis. Si elle savait à quel point elle a tort.

 

« On se vendait, » je dis d’une voix à peine audible. Je supplie silencieusement qu’elle ne me demande pas d’élaborer mes mots. Mais je sais qu’elle m’as entendu aussi clairement que si j’avais crier. Ses yeux ne peuvent pas le cacher. « On se vendait aux gens, » je répète d’une voix ferme. Puis je détourne mon regard parce que je ne survivrais pas au dégoût qui se trouve sûrement dans ses yeux.

 

Mon cœur est en train de battre à tout rompre dans ma poitrine, mon regard se pose sur mes mains et elles tremblent un peu.

 

« A un moment j’ai essayé de me tuer. Alors Keenan a décidé qu’il était temps pour nous de retourner au foyer. On l’a fait et on a eu de la chance qu’ils nous reprennent. On a commencé à bouger d’une maison d’accueil à l’autre, parfois on était ensembles et d’autres pas. Après presque un  an on a enfin rencontré ceux qui seraient notre famille : les Bailey. Ils avaient trois enfants et sept enfants adoptifs – Keenan et moi inclus. C’étaient des gens généreux et formidables. J’ai toujours cru que la vie que j’avais chez moi avec mes parents était la même partout, ben les Bailey m’ont appris que ce n’était pas le cas. Keenan et moi avons eu des temps difficiles à cause de notre dépendance aux drogues, mais ils nous ont aidé avec ça, ils ne nous ont jamais jugés ou rejetés. »

 

Je ne peux empêcher le sourire qui se forme sur mes lèvres quand je pense à ma famille adoptive. « Etudié est devenu comme une drogue pour moi. Ça m’occupait l’esprit et m’empêchait de penser à toutes ces choses que j’avais faites, et tout mes souvenirs. J’ai obtenu une bourse pour Harvard. Puis j’ai rencontré Travis. Contre toutes attentes on est devenu amis. Mais je me sentais morte, vide de l’intérieur et un jour je n’en pouvais plus et… » je ne peux pas forcer les mots hors de ma bouche alors je lève mes poignets et montre mes cicatrice. « Et je me suis infligée ça. Si Travis n’avait pas eu l’instinct de revenir chez moi ce jour là…disons seulement que toi et moi ne nous serions peut être jamais rencontrées »

 

Je reprends un souffle fébrile. « Il m’a appris comment vivre, on est devenu amants, on s’est ‘mariés' , on a presque fondé une famille et après six ans ensembles on a rompus. Deux ans après ça Grissom m’a appelé pour une faveur, et je suis venue à Vegas. Ensuite on s’est rencontrées et tu connais le reste de l’histoire. »

 

Je déglutis péniblement et la regarde. « Voilà, c’est moi. Mon nom est Sara Sidle, mon père était un homme abusif et un violeur ; ma mère est une meurtrière ; j’étais une prostituée et une droguée ; j’avais des tendances suicidaires ; j’ai des problèmes avec les relations humaines ; je suis une CSI de niveau 3 et c’était mon histoire. »

 

Je me tourne vers la fenêtre et regarde la vie défiler devant mes yeux. La vie des étrangers, des voisins. Je me perds dans cette vision plate et sans intérêt.

 

Je l’ai fait, je lui ai dit tout ce qu’il y a à savoir sur moi. Félicitation à moi-même. Peu importe ce qu’il se passera  maintenant, je suis un peu fière de moi parce que j’ai cessé de me cacher, j’ai fait face à mon passé sans flancher. J’ai fait la bonne chose à faire, je le sais. Je sais aussi que faire ce qu’il y a de mieux ne mène pas toujours à un Happy end.

 

J’entends du mouvement près de moi. Je n’ai pas besoin de me tourner pour savoir ce qu’il se passe. J’entends des pas, j’entends la porte être ouverte puis refermée.

 

Je rassemble mes genoux sur ma poitrine et enfouis ma tête dans mes bras croisés. Après un moment la porte s’ouvre à nouveau et cette fois j’entends le son métallique distinct de clefs se cognant les unes contre les autres. Je ne peux empêcher les larmes chaudes qui humidifient mon visage, mais je ne prends pas la peine de relever la tête.

 

C’était un risque à prendre. C’est fini.

 

Soudain je sans qu’on tire ma main gentiment et qu’on y place quelque chose de froid dedans. Je relève la tête et vois un jeu de clefs dans ma main. « Elles sont à toi, » dit la voix de Catherine. Je relève un peut plus la tête et elle est bien là en train de me regarder. Non pas avec dégoût ou colère ou aucune des émotions que j’ai cru qu’elle éprouverait envers moi après l’histoire sordide de ma vie. Non pas avec aucune des émotions que je ressens pour moi-même à cet instant. Au contraire elle me regarde avec tendresse, affection et possiblement plus.

 

« Elles sont à toi, » elle répète en me regardant intensément. « Et quant tu sera prête, je veux que tu reviennes à la maison ! » je la regarde avec les yeux pleins de larmes et me demande si elle est réellement là en train de me parler ou si je suis en train d’imaginer tout ça. Elle s’élance pour remettre une de mes mèches derrière mes cheveux. Le contact est délicat mais je tressaille car je me sens vraiment sale. Elle ne dit rien et ne s’énerve pas.

 

« Je t’attendrai à la maison, » dit elle avant de se lever et de partir.

 

Je regarde les clefs dans ma main et referme mon poing dessus. Puis tout commence à prendre un sens dans mon esprit et je me mets à pleurer comme un bébé.

 

 

Chapitre 74 : Catherine

 

Je suis assise sur les marches à l’entrée du bâtiment de Sara. C’est comme si mon corps s’était transformé en plomb. Je n’arrive pas à penser à quoi que ce soit. Je ne peux pas bouger. Je ne suis même pas sure si c’est un rêve ou un cauchemar.

 

Un temps indéterminé après ma sortie de l’appartement de Sara la silhouette en mouvement de Travis apparaît devant moi et se rapproche en courant. Il est en sueur et à bout de souffle. Je pense qu’il ne lui a fallu que 10 minutes pour être ici. C’est drôle mais je pense qu’il aurait pris autant de  temps même s’il y avait eu un océan entre Sara et lui.

 

Je l’ai appelé une fois que Sara a  eu fini de me raconter son histoire. Au début je ne savais pas quoi faire. Je voulais la prendre dans mes bras et la réconforter, et lui dire tellement de chose. Cependant, quelque part je savais que ce n’était pas de moi dont elle avait besoin. Alors j’ai fait ce qu’il fallait je pense, j’ai appelé Travis. Et le voilà, essoufflé devant moi. Il me regarde avec inquiétude.

 

« Je l’ai laissé à l’intérieur, » je déclare après un moment et il se contente d’acquiescer. « Je ne pense pas qu’elle devrait être seule maintenant. En fait, je sais qu’elle a besoin de toi tout de suite. »

 

« Comment tu te sens ? » il me demande simplement.

 

« Je… » je commence mais je secoue ma tête parce que je ne connais pas la réponse à cette question. Il m’enveloppe dans un câlin chaleureux et réconfortant sans dire un mot de plus. Je  me laisse allez sans même me poser de question.

 

« Fais quelque chose pour moi. Prends une profonde inspiration, » dit il et j’obéis. « Retient là, et vide toi l’esprit de tout, » je ferme les yeux et fais ce qu’il me dit. « Maintenant, laisse tout partir. »

 

Effectivement ça me calme. Il m’étreint un peu plus et ensuite me relâche. « Ça  va aller pour rentrer chez toi ? »

 

« Je pense oui, » je réponds.

 

« Repose toi, » il me conseille et j’acquiesce.

 

« Rejoins la, elle a besoin de toi. »

 

A ma grande surprise il se penche et m’embrasse le front, avant de me dépasser pour aller chez Sara.

 

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Je suis revenu chez moi il y a quatre heures de cela. J’ai pris une douche pour me détendre mais ça n’a pas marché. J’ai essayé de dormir mais Morphée m’a refusé ses bras alors je me suis résigner à regarder un film – un mauvais de préférence, comme ça je peux m’occuper avec toutes les parties absurdes ou leur dialogue minable.

 

Ma sonnerie retentis et je me demande bien qui ça peut être. Je me lève du canapé et vais répondre. Je suis choquée pendant cinq secondes de trouver Travis sur mon palier mais je m’en remets vite et l’invite à l’intérieur.

 

« J’ai eu ton adresse dans les pages jaunes. J’espère que ça ne te dérange pas que je sois là, » il explique doucement.

 

« Non, pas de problème, » je le rassure. « Comment va-t-elle ? »

 

« Elle dort. »

 

« Et si elle se réveille ? Je veux dire si tu n’es pas à ses côtés… » je laisse ma phrase en suspend sachant qu’il m’a très bien comprise.

 

« Elle ne se réveillera pas. Je lui ai donné des somnifère sinon elle n’aurait pas pu fermer l’œil, » il déclare. « Les cauchemars, » il ajoute et j’hoche la tête voyant bien de quoi il veut parler.

 

« Est-ce que tu veux un peu de café ? » je lui demande.

 

« J’aimerai bien, oui. »

 

On s’installe dans la cuisine. Il me regarde silencieusement alors que je prépare du café. Je trouve sa présence placide étrangement réconfortante. Il est debout près du comptoir, et je peux sentir son regard sur moi. Je me retourne pour lui faire face pendant que le café se filtre.

 

Une fois encore je me retrouve à penser à Sara et son passé. Je me sens perdue, comme jamais auparavant. Il y a  ce poids sur ma poitrine qui m’empêche de respirer. Les mots de Sara font encore écho dans ma tête, et j’ai envie de crier de rage pour ce qu’elle a subi, de frustration pour ne pas être en mesure de l’atteindre, de colère contre toutes ces personnes qui lui ont fait du mal.

 

Je sens la douleur me rouler sous la peau. C’est étrange vraiment, parce que ce n’est pas moi qui ais eut à subir tout ça, à traverser ces épreuves, et cependant j’en souffre.

 

Le son de pas me tire de ma rêverie. Sans dire un mot Travis s’approche de moi et s’arrête à quelques centimètres. Je suis confuse par son geste mais je n’ai pas le temps de m’attarder dessus parce qu’il m’attire à lui et me prend dans ses bras. Il me tient fort et il y a ce sentiment de sécurité qui se dégage de qui et qui m’envahi immédiatement. Je ne sais pas pourquoi mais mon esprit vagabonde à la première fois que Sara m’a fait un câlin dans les vestiaires après une dispute que j’avais eu avec Lindsey.

 

Je me retrouve à pleurer avec des sanglots qui m’embrasent les tripes, laissant toute cette souffrance sortir. Mes bras se faufilent jusqu’au dos de Travis et je m’accroche à lui comme si ma vie en dépendait juste pour ne pas me noyer dans mes émotions. Il ne dit rien et se contente de me serrer fort contre lui. Je prends tout le réconfort et l’affection que je peux dans cette étreinte, jusqu’à ce que mes pleurs se dissipent. Il ne me relâche pas immédiatement cela dit. Il attend pour que la prise que j’ai sur sa chemise se détende, signe que je suis prête à faire face au monde à nouveau.

 

Quand je suis prête il se recule légèrement pour me regarder sans pour autant rompre le contact physique. Il me demande silencieusement si je suis ok avec ses yeux, j’acquiesce doucement. Il replace une mèche de cheveux derrière mon oreille d’un geste délicat avant d’embrasser mon front affectueusement, je ne peux m’empêcher de fermer mes yeux au contact.  Puis il rompt notre étreinte et va s’asseoir sur une des chaises.

 

Je renifle et passe mes mains sur mes joues pour effacer mes larmes. Je prends quelques grandes respirations pour me calmer et une fois que le café est prêt je nous sers 2 mugs.

 

« Merci ; » dit il poliment quand je lui offre son mug.

 

« Bon…tu es là pour savoir comment ça s’est passé ? » je demande avec hésitation.

 

« Non. En fait je suis venu pour voir si tu allait bien » il me répond honnêtement avec un doux sourire. Il prend un moment pour réfléchir puis me regarde à nouveau. « je sais que c’est une expérience éreintante pour celui qui la raconte et celui qui l’écoute. Je connais Sunshine, et je n’ai pas besoin de lui parler pour savoir comment elle va. Je ne te connais pas, mais je sais que ça n’était pas facile pour toi non plus, » sa voix est calme et posée.

 

Il a raison et la vérité c’est que je suis heureuse qu’il soit venu. Les choses qui ont été dites faisaient pression sur ma poitrine. J’ai besoin d’en parler mais je ne peux ni ne veux briser la confiance de Sara donc à l’exception de Travis, je n’ai personne vers qui me tourner.

 

Je ne sais pas vraiment par où commencer. Et je ne sais pas pourquoi mais sa métaphore me revient en tête alors je décide de suivre cette pensée. « Je suis dans la forteresse, je suppose » je lève les yeux vers lui et il me regarde patiemment, attendant que je continue à mon rythme. Il y a l’ombre d’un sourire sur ses lèvres donc je sais qu’il comprend ma référence.

 

« C’était dur. J’avais l’impression de me prendre des poings dans l’estomac. Et pendant tout le temps que ça durait il fallait que je me rappelle de respirer. Je savais qu’elle n’avais pas un passé brillant mais ça…je n’ai pas de mot pour qualifier ça, » j’essaie d’ordonner mes pensées. « Je vais être honnête, c’étaient des mots difficiles à digérer. Mais c’est seulement parce que ça m’a fait mal de la voir souffrir, de savoir qu’elle avait souffert à ce point. Ça explique aussi beaucoup de choses. »

 

« On déteste voir les gens à qui on tient, les gens qu’on aime souffrir, » dit il.

 

« Elle pensais que j’allais lui tourner le dos et ne jamais revenir, » rien que d’y penser me fait suffoquer avec mes larmes. « Comment pourrais je faire une chose pareille ? Comment pourrais je ne serait-ce que penser à lui tourner le dos ? » je m’exclame. « Elle a traversé l’enfer et malgré ça c’est une personne fondamentalement bien. Bien sûr elle a des défauts mais c’est quelqu’un de bien. »

 

On voit tellement de gens blâmer et utiliser leur passé comme une excuse pour les avoir transformés en monstres. Mais Sara est l’exemple même qu’on peut traverser l’enfer et être une bonne personne après s’en être sorti.

 

« Qui suis-je pour la juger ? Personne. Elle a fait des choix pour survivre, comment pourrais je lui en vouloir de survivre ? » Je continue ma harangue et Travis me laisse finir sans jamais intervenir car il sait que je dois faire sortir tout ça de mon système de par moi-même. « J’ai fait des choix moi aussi. Je ne suis pas fière de tout ceux que j’ai fait dans mon passé mais au final c’est tout ce que c’est, mon passé. Je ne regrette pas les choix que j’ai fait, ils font qui je suis aujourd’hui. Tout comme le passé de Sara fait d’elle qui elle est aujourd’hui. Elle est la personne dont je suis amoureuse, follement amoureuse. Je suis amoureuse d’elle et je ne suis pas idiote, alors il n’y a aucune chance pour que je me sépare d’elle. »

 

« Il y a une longue route pleines d’obstacles qui t’attend maintenant » dit Travis.

 

Je prends quelques secondes pour penser. « Je lui ai dit que j’attendrai qu’elle revienne ici, à la maison. Et si je dois attendre trois ans avant qu’elle ne passe le pas de la porte, alors j’attendrai. Et si je dois passer ma vie à lui courir après pour lui montrer à quel point je l’aime, je le ferai.  Il n’y a absolument rien qui m’empêchera de faire tout ce que je peux pour l’avoir dans ma vie, pour construire une famille avec elle et de l’aimer, et de vieillir à ses côtés. »

 

Je vous parais peut être extrême, n’est ce pas ? Ben, le jour où vous trouverez la personne que vous aimez réellement, ce jour là croyez moi, déplacer une montagne vous semblera être la chose la plus facile du monde.

 

« Je suis content de l’entendre, » dit Travis, mais son expression est neutre. « Sunshine te fais confiance et moi aussi. Je te donne assez de crédit pour être une bonne personne. Je ne pense pas que tu te sois donné autant de mal juste pour connaître ses secrets les plus sombres, » il s’arrête et me scrute quelques instants. « Maintenant, tu as tous les moyens pour la briser juste en un claquement de doigts et je pense que tu en es consciente. Mais si jamais tu te sers de ça comme d’un levier sur elle, si jamais tu te sers de ça pour lui faire du mal, » il attend et s’assure qu’il a toute mon attention, son expression et dure, rendant sa menace encore plus imposante. « Si jamais tu fais ça, tu auras à faire à moi. Et crois moi ce ne sera pas plaisant, » il y a une rage silencieuse qui brûle dans ses yeux comme pour dire ‘essaie un peu pour voir’, son sérieux et son expression froide sont effrayantes.

 

« Je ne lui ferai jamais aucun mal intentionnellement. Je ne peux pas prédire l’avenir mais si les choses tournaient mal entre nous, je n’utiliserai pas son passé contre elle. Crois moi je peux être une garce de catégorie mondiale quand je veux faire du mal au gens mais je n’ai pas besoin de creuser dans la boue pour y arriver. Je ne trahirais jamais sa confiance. La seule façon dont je vais me servir de ces informations sera pour l’aimer plus et mieux, » je lui répond en le regardant droit dans les yeux, je veux qu’il sache que je pense tout ce que je dis.

 

« Comme je l’ai dit, je te fais confiance, jusqu’à ce que tu me prouve le contraire. Maintenant, tu as été prévenue, » dit il alors que son expression s’adoucie légèrement.

 

J’acquiesce tout simplement. Dans d’autres circonstances je me serais énervée, et je l’aurais réduit en miettes. Mais c’est de Sara dont il s’agit et je peux comprendre son instinct protecteur et je n’en attendais pas moins de lui.

 

« Je veux être comme toi, » dis je. La confusion se peint sur son visage. « Je veux effacer sa peine, je veux être son chevalier en armure brillante, » il ricane doucement et ses yeux s’illuminent légèrement.

 

On partage un silence confortable, sirotant notre café. Je prends cette opportunité pour l’étudier, quelque part il est comme Sara.

 

« Ça te dérange si je te pose une question ? » je demande et il secoue la tête. « Ça ne t’as jamais dérangé qu’elle aime les femmes ? »

 

Il fronce les sourcils. « Pourquoi ça devrait ? »

 

« Ça ne devrait pas. C’est juste que la plupart des hommes se sentent blessés dans leur masculinité quand une de leur conquête tombe pour le sexe opposé. »

 

« La plupart des femmes se sentent blessées dans leur féminité quand un de leur amants tombe pour le sexe opposé, » il contre.

 

« Touché, » je réponds avec un sourire en coin.

 

« Le genre est un concept futile, sauf pour la médecine, » il dit avec un sourire. Puis il se perd dans ses pensées, quelque chose attire alors mon attention.

 

« Tu l’as gardé toi aussi, » je déclare. Il est secoue la tête et me regarde avec confusion. « Ton anneau, » je mentionne de la tête l’anneau en argent qui est attaché à sa chaîne.

 

« Ouais, de cette façon on est toujours connectés, » il répond avec un doux sourire. Il se perd à nouveau dans ses pensées avant de se recentrer sur moi. « Je ferai mieux d’y aller ? »

 

« Ok. »

 

On se lève et je l’accompagne jusqu’à la porte. « Merci, d’être passé. J’en avais vraiment besoin, » je lui dis.

 

« Je t’en prie, » il m’embrasse le front pour la seconde fois et me prend dans ses bras, et je ne résiste pas, bien au contraire. Maintenant je sais d’où vient l’habitude de Sara. Il recule et me sourit, puis il part sans prononcer un mot de plus.

 

J’ai l’impression qu’un poids a été levé de ma poitrine. Je me sens vidée, alors je décide d’aller me coucher, en espérant m’endormir cette fois.

 

 

Chapitre 75 : Sara

 

J’ouvre les yeux et vois ma chambre baigner dans les rayons de soleil qui filtrent à travers mes stores. J’ai eu un sommeil très lourd et sans rêves. J’ai une énorme migraine après avoir tant pleuré. Une main douce commence à me caresser le front.

 

« Tiens, bois, » je ferme les yeux à la voix tendre de Travis. Je prends le mug qu’il me tend et m’en sert pour faire passer l’aspirine. Miam, du lait froid. Parfois je suis toujours impressionnée pas le fait qu’il me connaisse si bien. Il s’accroupie pour me regarder dans les yeux, je souris dès que je vois son doux visage. Il se contente de me caresser le visage et de m’embrasser le front. Puis il prend le mug vide et sors de ma chambre. Je prends quelques instants pour bien me réveiller avant de le rejoindre dans le salon.

 

Il y a une assiette pleine qui m’attend, je n’ai pas vraiment faim mais je m’assois devant quand même. Travis et moi partageons un silence confortable. Je sais qu’il ne parlera pas avant moi, et comme il me connaît bien il sait que maintenant c’est mon temps de réflexion.

 

J’ai tout dit  à Catherine à mon propos. Il n’y a que deux personnes au monde qui en sachent autant qu’elle : Travis et Keenan, pour des raisons évidentes. Et maintenant, elle est un membre officiel de ce club très privé. Une fois que j’étais lancée ça allait, tout ce que j’avais à faire c’était d’éviter de trop penser et d’être honnête avec elle et moi-même.

 

Je suis contente d’avoir été complètement honnête avec elle. Elle est mon second réelle amour. Bien sûr je me suis amusée, je suis sorti avec pas mal de personnes, mais je ne les ai jamais vraiment aimées. Travis et Catherine sont les exceptions. J’ai été amoureuse de Travis il y a longtemps, maintenant j’aime Catherine. Je sais que peu importe ce qui arrive je ne cesserai jamais de les aimer.

 

Je lève ma tête et rencontre le regard intense de Travis. « Je n’ai pas faim, » je réponds à son ordre silencieux.

 

« Sunshine tu connais les règles. »

 

« Je sais, mais je n’ai vraiment pas faim. »

 

« Sara, fais moi plaisir, » dit Travis, exaspéré.

 

Je ricane. « C’est drôle, je peux compter sur les doigts de ma main les fois où tu m’as appelé par mon prénom. »

 

« Ouais, je ne le fais lorsque tu es… »

 

« Trop têtu pour mon propre bien, » je finis sa phrase avant de glousser. Il secoue la tête et fait semblant de me jeter un regard noir. Je soupire. « Ok, c’est bon, » je commence à manger un peu et il arbore un immense sourire.

 

Après un petit déjeuner rapide je prends une douche et une fois rafraîchie, je rejoins Travis dans le salon.

 

« Tu t’en vas bientôt, » je déclare après un moment.

 

« Oui, mon boulot ici est fini. »

 

« Tout s’est bien passé ? »

 

« Oh oui, peut être que je reviendrais l’an prochain pour un nouveau contrat avec l’entreprise. »

 

« Contente que ça ait marché, » je me lève du canapé et lui tend la main.  « Viens, c’est l’heure de partager un oreiller, » il me sourit et prend ma main pendant que je nous guide jusque dans ma chambre. On s’allonge sur nos côtés tout en se faisant face. On commence par se remémorer de bons souvenirs puis on parle de tout et de rien. C’est une habitude qu’on a d’avoir de longues conversations en partageant un oreiller. D’habitude on le fait plus d’une fois cette fois les circonstances nous en ont empêcher, mais le principale c’est qu’on le fasse.

 

« Je lui ai tout dit, » je dis finalement. On partage un long silence, juste le temps pour moi d’être à nouveau prête à parler de ma conversation avec Catherine. « Absolument tout » je répète. « Je suis contente de l’avoir fait, même si ça a été vraiment difficile, »  je suis actuellement fière de moi. « Tu sais c’est drôle parce qu’elle ne s’est pas enfui ou quelque chose du genre. Elle est juste restée là, à m’écouter. Et quand j’ai cru qu’elle s’en allait pour de bon, elle est revenu et m’a rendu mon jeu de clefs de sa maison, en disant qu’elle m’attendrait à la maison. Je me hais pour ce que j’ai fait, mais ni toi, ni elle ne me détesté. Je ne comprendrais jamais ça. »

 

« Il n’y a rien à comprendre, tu dois juste l’accepter. »

 

« Je sais. Elle est prête à essayer de construire quelque chose avec moi. Je suis extatique mais en même temps je suis pétrifiée. Et si je ne réussissais pas à la rendre heureuse ? Et si ça ne marchait pas entre nous ? »

 

« Tu te souviens du jour où j’avais cet examen très important où je devais faire un rapport public devant un jury ? » Travis demande sans transition.

 

J’essaie de me souvenir du moment en question. « Oui, tu étais tellement nerveux que ça te rendait malade, on a dû s’arrêter trois fois en chemin et une fois arrivés, tu as encore été malade. »

 

« Tu l’as dit. J’avais peur, comme jamais auparavant. Et quelque chose comme dix minutes avant que je passe tu m’as rassuré. Tu as cité un type dont le nom m’échappe et t’as dit ‘le courage n’est pas l’absence de peur, mais la réalisation qu’il y a des choses plus importantes que la peur’. Je dois t’avouer que ça ne m’a pas du tout apaisé sur le moment mais ensuite je suis entrée dans la pièce et le jury m’attendait, et c’est là que tout est devenu limpide. Bien sûr j’avais peur de me planter, mais ensuite j’ai pensé à toi. Toi qui m’attendais dans le couloir, qui étais fière de moi, que je réussis ou pas, toi dont j’étais amoureux, et qui me supportait.  Puis j’ai regardé mon alliance et je me suis accroché à ces pensées et j’ai passé cet examen. Ce jour tu étais plus importante que ma peur, mon succès ou mon échec. »

 

Il me sourit et me caresse la joue. « Je te rends ce conseil aujourd’hui. Bien sûr l’amour est effrayant, et je ne vais pas mentir c’est douloureux et effrayant et c’est un long et éreintant travail en constante progression. Mais pense à tout ce que ça t’apporte à la fin de la journée, à tout l’amour que tu reçois en retour, à la famille que tu construis et bien plus encore. C’est là que tu te rendras compte que c’est ok d’avoir peur et ça vaut  tout ce que t’as et bien plus encore. »

 

« Qu’est ce que je ferais sans toi ? » je demande avec les yeux emplis de larmes. Il sourit mais ne me répond pas. Je me love dans ses bras et pose ma tête sur son épaule. « Tu ne t’es jamais demandé ce que serait nos vies si les choses avaient été différentes ? »

 

« Tu veux dire si… »

 

« Oui, » je réponds avant qu’il ne finisse sa phrase.  Comme je l’ai dit à Catherine, Travis et moi avons essayé de construire une famille. Enfin, ce n’était pas prévu mais je suis tombée enceinte. C’était effrayant au début et si Travis n’avait pas été à mes côtés pour apaiser mes peurs et mes insécurités j’aurais sûrement avorté parce que je ne me croyais pas capable d’être une mère décente. Bref, on a essayé et malheureusement j’ai perdu notre enfant peu de temps avant l’accouchement. Parfois je pense à ce que ma vie aurait été si les choses avaient été différentes.

 

« Oui. Et je suis sûr qu’on aurait été une famille heureuse. Après tout regarde nous aujourd’hui. On est heureux, alors je suis sûr qu’on aurait été heureux avec nos enfants. »

 

« ‘Nos’ enfants ? » je demande surprise.

 

« Oui, quand on était ensemble mon rêve était de former une grande famille avec toi, » dit il et même si je ne le vois pas je sais qu’il sourit radieusement. Je sens ses lèvres sur mon front. « Dame Chance ne joue pas toujours dans notre équipe je suppose. Bref, comme je l’ai dit, je ne regrette rien. »

 

« Tu sais, si j’ai un enfant et si c’est un garçon, je l’appellerai Callum, » je lui annonce après un long silence. Je sens son étreinte se resserrer dans un geste de gratitude. Callum était le nom du grand-père de Travis. C’était un homme exceptionnel, j’avais de longues discussions avec lui et on jouait aux échecs ensembles. Il nous a beaucoup aidé Travis et moi. Il est décédé il y a deux ans, mais je serais toujours reconnaissante pour avoir eu la chance de rencontrer un homme de son envergure.

 

« J’ai nommé ma fille après toi, tu sais, » dit Travis avec une voix tremblante.

 

« Travis, ta fille s’appelle Jane, » je réponds avec confusion.

 

« Tu es en train de me dire que ce n’est pas ton prénom ? Mince alors ! » il me taquine. On rit avant qu’il ne reprenne la parole. « Je ne suis pas stupide grande maligne, et son prénom est Sara Jane en réalité. »

 

Il me faut quelques instants pour me remettre de mon léger choc, je suis profondément touchée par sa révélation. « Je suis émue et honorée, » je lève la tête et l’embrasse sur la joue. « Je t’aime. »

 

« Je t’aime Sunshine. »

 

On laisse le silence nous envelopper et profite de ces instants de quiétude.

 

« Merci d’avoir été là, plus tôt, » quelque chose me frappe. « Tu n’es pas allé chez Jaimie ? »

 

« Bien sûr que j’y suis allé. »

 

« Alors comment tu as su à quel moment revenir ? Comment ça se fait que t’étais là exactement au moment où j’avais besoin ? »

 

« J’ai des super pouvoirs, » il répond sérieusement ce qui lui vaut un léger coup dans l’estomac. « Catherine m’a appelé, » il confesse.

 

« Ah bon ? » maintenant que j’y pense c’est vrai qu’elle est sortie une première fois.

 

« Je suis allé chez elle pendant que tu dormais  » dit il. « Je suis allé voir si elle allait bien. »

 

Je lève la tête et le regarde. « Merci, » je réponds simplement. Ça me perturbe un peu mais en fait je suis contente qu’il ait pris soin d’elle.

 

On reste comme ça et parle un peu plus avant de faire la sieste l’un dans les bras de l’autres.

 

 

Chapitre 76 : Catherine

 

Le téléphone sonne et me tire de mon somme avec Lindsey. Je décroche rapidement pour ne pas qu’elle se réveille, bien que je doute qu’un tremblement de terre y parvienne.

 

« Hello ? »

 

« Cath ? » il y a de l’hésitation dans sa voix mais il n’y a aucun doute que c’est Sara. « Hey, c’est Sara »

 

« Hey, » je réponds simplement d’une voix chaleureuse.

 

« J’appelais pour savoir si tu avais des plans pour demain. Travis s’en va et j’organise un petit rassemblement avec les garçons et tu es la bienvenue avec Lindsey bien entendu, alors… »

 

« Bien sûr, ça me ferait très plaisir, » je réponds sans attendre. Ok, ce n’est pas vraiment ce que j’attendais mais je suis quand même contente. Ça fait deux jours depuis qu’on a parlé et je savais que le prochain  geste devait venir d’elle.

 

« Super, on commence par un petit déjeuner chez moi et ensuite un pique nique au park. »

 

« On va s’amuser, à quelle heure tu veux qu’on soit là ? »

 

« 10h sera parfait. Je te vois demain. »

 

« Ok, bye »

 

Je raccroche et reprends ma sieste avec Lindsey – qui n’a pas bougé d’un iota.

 

xxxxx

 

Lindsey et moi sommes arrivées dix minutes après 10h. Personnellement j’étais si nerveuse et excitées d’être ici que j’avais hâte d’être là et si ça n’avait pas été pour Lindsey je serais arrivée il y a longtemps. Je frappe à la porte et à ma grande surprise c’est Greg qui nous ouvre.

 

« Hey Cath! Hey Linds! Entrez! »

 

On entre dans l’appartement de Sara, qui est rempli pas Warrick, Brass, Grissom et Doc Robbins. Sara et Travis ne sons pas en vu cela dit. On dit bonjour à tout le monde, puis Linds me laisse pour aller jouer à un jeu vidéo avec Greg. Nick arrive dix minutes plus tard et se joint à nouveau autour de la table basse. Je découvre que j’étais la seule à ne pas connaître Travis avant. Tout le monde l’avait rencontré à diverses occasions quand il rendait visite à Sara. Quand j’y pense à ces moments soit je n’étais pas en bons termes avec Sara, soit j’avais des plans avec Linds ou mon compagnon du moment.

 

« Où sont ils ? » j’interroge les gars.

 

« Dans la salle de bain, » répond Warrick.

 

« Qu’est ce qu’ils font ? » je continue.

 

« Sara lui teint les cheveux, » Grissom reprend avec un sourire moqueur. Ok, je suis de plus en plus confuse aux réponses que j’obtiens. Je suis sur le point de demander pourquoi Sara ferait une telle chose quand Nick me coiffe au poteau.

 

« Oh non, il a encore perdu n’est-ce pas ? »

 

« Elle lui a fait mordre la poussière, » Doc glousse.

 

« Ils ont un jeu entre eux et le perdant a un gage. Ils y jouent à chaque fois qu’ils se voient, » Warrick explique. Maintenant ça me revient, je me souviens que le premier point était pendant notre premier petit déjeuner ensembles.

 

« Hey, c’est pas trop tôt, » on entend Greg s’exclamer, on se tourne pour trouver Sara et Travis entrer dans le salon, Travis porte une serviette sur la tête.

 

« Bonjour tout le monde, » dit Sara en souriant à pleine dents. « Désolé pour l’attente. »

 

« Aller, montre nous ton chef d’œuvre, » Grissom s’enthousiasme. Il est comme un petit garçon, heureux d’avoir fait une bêtise sans se faire prendre.

 

Sara retire la serviette et révèle les couleurs flashy sur le crâne de Travis. On fait tous un effort monumental pour ne pas exploser de rire, mais bon sang ce que c’est difficile. Travis nous regarde tour à tour avec appréhension « C’est si affreux ?» il demande incertain. Quand il ne reçoit aucune réponse il se tourne vers Sara. « Qu’est ce que tu m’as fait Sunshine ? »

 

« Oh rien de spécial. Non, vraiment ce n’est pas mauvais du tout, »Sara répond avec sérieux.

 

« Les gars ? » Travis tente à nouveau d’avoir notre opinion.

 

« Oh, c’est vraiment…bien, » je dis en arrivant à peine à masquer mon gloussement.

 

« Ouais, ça te vas bien, » Warrick renchérit et tout le monde  acquiesce dans une choral de ‘absolument’ et ‘sûr’ et de réponses tout aussi éloquente. Soudain Lindsey explose de rire, jusqu’ici elle s’était contenue contre un oreiller mais je pense qu’elle a atteint sa limite.

 

« Sunshine, quelle couleur as-tu mis sur ma tête ? » Travis demande avant d’aller dans la salle de bain. Un long silence s’ensuit et tout le monde attend sa réaction.

 

« BORDE…ELLE N’A PAS OSE !!! SUNSHINE !! » Travis hurle.

 

On se regarde tous. « Je pense qu’il apprécie, » dit Brass avant que tout ne le monde ne s’esclaffe. Travis revient à grand pas dans le salon.

 

« Rose et violet !!! » il pointe sa tête.

 

« Oh, ça va, c’est sympa sur toi, » Sara répond avec un rictus.

 

« Sympa ?! Tu penses que c’est sympa ?!! Rose et violet Sunshine !! Rose et violet !! » il proteste ce qui ne fait qu’amplifier nos éclats de rire « Tu vas me le payer, » il menace Sara et s’avance vers elle avec détermination.

 

« Travis ne fait pas ça, » elle tente de le dissuader mais il continue sa route. « Travis, » elle se déplace jusqu’à ce que la table basse soit entre eux.

 

« Deux mots : rose et violet, » il répète.

 

« Oh tu veux jouer à ça, très bien. Un mot : temporaire » Sara réplique, je souris sachant qu’elle fait référence au tatouage qu’elle a sur sa cheville.

 

« J’y crois pas il faut toujours que tu remettes ça sur le tapis ! »

 

« Ouais, ben t’as perdu donc estime toi heureux parce qu’au moins tu ne restera pas comme ça pour le restant de tes jours, » Sara glousse et tout le monde rit de plus belle à leur échange.

 

« Ok, d’accord, t’as raison, » Travis abandonne. « Mais d’un autre côté… » il commence avant de s’élancer vers Sara. Ils se battent et il la chatouille tellement qu’en quelque seconde elle est rouge comme une tomate, elle rit presque à s’en étouffer.

 

Après ce petit interlude on partage un petit déjeuner ensembles. Tout le monde parle et passe un bon moment, tout se passe tellement bien qu’on se croirait à une réunion de famille. Brass, Grissom et Doc nous quitte après le petit déjeuner, Doc devant retourner voir sa femme et ses enfants, Brass et Griss voulaient se reposer.

 

On reste encore un peu chez Sara, je les regarde jouer à Mario kart, ils sont comme de vrais enfants et je ne suis pas peu fière du fait que Linds soit la seule à rester sans défaites.

 

Vers midi on se dirige vers le parc pas loin de chez Sara et on improvise une partie de football. C’est Sara, Travis, Lindsey et moi contre les autres. On gagne presque mais Greg fait une remontée fantastique jusqu’à la ligne de démarcation et marque les points de la victoire par la même occasion. Après ça on s’installe sur l’herbe pour déjeuner.

 

« Non pas que je veuille briser l’instant mais j’aimerais rentrer chez moi pour me reposer un peu, je suis d’astreinte ce soir, » dit Nick.

 

« Oui, moi aussi, » ajoute Warrick.

 

On  décide de retourner chez Sara, Sara regarde Travis avec un sourire et il lui offre son dos. « Je suppose qu’il y a des choses qui ne changent pas, » dit il alors qu’elle saute sur son dos. « Ouf…je retire ce que j’ai dis, il y a des chose qui change. »

 

Sara fait semblant d’être offensée. « Est-ce que tu insinue que je suis grosse ? »

 

« Non, pas du tout, en fait j’insinue que je suis moins athlétique, » il réplique, ce qui lui vaut une tape derrière la tête – qui nous fait bien rire.

 

« Ouais, ben en avant grand malin. »

 

xxxxx

 

On est chez Sara 20 minutes plus tard, bien content de pouvoir se poser après tous nos efforts.

 

« Hey les gars, pourquoi ne resteriez vous pas ici pour vous reposer ? » Sara propose.

 

« Ça ne te dérange pas ? » Warrick demande.

 

« Bien sûr que non, il y a ma chambre, la chambre d’ami et le canapé. On va devoir ressortir alors mettez vous à l’aise. Greg t’as ton double des clefs avec toi ? » Greg acquiesce. « Bon, ben tout est parfait dans ce cas »

 

Les gars se préparent pour dormir et nous disent au revoir, alors Travis, Lindsey, Sara et moi-même ressortons. Cette fois on prend la voiture de Sara, et Travis demande à faire un tour dans Vegas. L’après midi, se passe merveilleusement bien, et le moment de se rendre à l’aéroport vient bien trop tôt. Lindsey et Sara marchent devant nous, prises dans une grande discussion, Travis et moi sommes derrière elles et profitons de la vue de Vegas au crépuscule.

 

« J’étais sérieux l’autre jours,  il y a une longue route pleines d’obstacles qui t’attend maintenant, » dit il soudain. « Elle va sûrement passer par des…phases, et tu ne la reconnaîtras peut être pas pendant un certain temps. »

 

J’hoche la tête. « Je te l’ai dit, je ne vais nulle part et je ferai tout ce qu’il faut, je suis là pour de bon. »

 

« Contente de l’entendre, » dit il avec un sourire soulagé.

 

On arrive à sa porte d’embarquement, et on commence à se préparer pour les au revoir. Sara semble extrêmement triste mais essaie de le cacher.

 

Travis, s’agenouille devant Lindsey « J’ai été ravi de faire ta connaissance Lindsey. Tu es une fille génial, pleine d’esprit et vraiment drôle, » il sort un petit paquet de son sac. « Sunshine, m’a dit que tu aimais lire, j’espère que tu apprécieras, » dit il avec un sourire, le visage de Lindsey s’illumine lorsqu’elle prend le cadeau.

 

« Merci monsieur…je veux dire, Travis. »

 

« Je t’en prie, » il la prend dans ses bras avant de lui embrasser le front. Puis il se lève et se tourne vers moi. « J’étais content de faire enfin ta connaissance. »

 

« Oui, moi aussi. J’aurais voulu avoir le temps de te connaître un peu mieux, » je réponds, un peu honteuse de ne pas lui avoir laisser de chance jusqu’à récemment.

 

« Ne t’en fais pas, je suis sûr que ce n’est que le début pour nous. »

 

« J’espère que tu as raison, » je réplique avant de l’étreindre fort.

 

« Prends bien soin d’elle, » il murmure à mon oreille.

 

« Je te le  promets, » et sur ce on se sépare. On a parlé plus tôt et il m’a laissé ses coordonnées et ses numéros au cas où j’en aurais besoin.

 

Maintenant il se tourne vers Sara et j’ai hâte de voir leur ‘rituel’ pour se dire au revoir, connaissant leur ‘rituel’ d’introduction.

 

 

Chapitre 77 : Sara

 

Travis se tourne vers moi et on reste silencieux.  Il penche sa tête légèrement et me sourit doucement. « Tu sais que je ne partirais pas sans ça, » il déclare.

 

« Je sais » je réplique avec une expression neutre.

 

« Aller Sunshine, sois sympa. Tu sais que je déteste ce moment autant que toi » il me supplie.

 

J’ai toujours détesté lui dire au revoir, ça me donne toujours l’impression qu’on rompt. On a cette tradition de ne jamais se séparer sans un sourire. Parce que si c’était la dernière fois qu’on se voyait au moins on aurait ce souvenir. Travis me regarde avec intensité. « Sunshine, aller, » il me supplie à nouveau. « Tu sais que je resterais là jusqu’à ce que je l’ai, même si ça veux dire louper mon avion, » il dit avec un sourire mais je sais qu’il ne plaisante pas.

 

« C’est une bonne chose parce que je ne veux pas que tu t’en ailles, » je lui dis honnêtement.

 

« Ne me force pas à faire ça, » il geint, mais je ne bouge pas. « Sunshine, je pense que la couleur de mes cheveux me rend assez ridicule comme ça. Regarde moi, je suis rose et violet, » il dit en faisant une drôle de tête. Je glousse malgré moi mais je réussis à garder mon sérieux.

 

Je me reprends tout de suite. « Si proche et pourtant si loin. »

 

« Très bien, tu l’as cherché, » il répond avant de laisser tomber son sac par terre près de sa valise. « Smile… » il commence à chanter. Oh mon dieu, dites moi qu’il n’est pas en train de faire ça !  « When your heart is aching…smile… even though it’s breaking…»  il danse et saute partout. Alors qu’il continue, il attire l’attention des gens alentours, mais il n’y prête pas attention  et ne me quitte pas des yeux.

 

Je ne peux me retenir plus longtemps et quand il commence le second couplet j’éclate de rire alors qu’il imite Charlie Chaplin. «…although a tear will be ever so near…» il s’approche de moi et me fait tourbillonner gentiment avant de me pencher en arrière ce qui ne fait qu’amplifier mon rire. Il me ramène à lui et me caresse la joue  «…smile… what’s the use of crying ?… you’ll see your life is still worth while…»  il s’agenouille devant moi, pose une main sur son cœur et serre ma main de l’autre.  «…if you just smile. »

 

Je lui souris radieusement alors qu’il me baise la main, pendant que les curieux l’applaudissent. Il se lève. « Regarde ce que tu m’a fait faire, » je le réprimande mais ne peux effacer mon sourire béa.

 

« Voilà, mon rayon de soleil, » il répond, très fier de lui.

 

Je le prends dans mes bras et il me serre contre lui. « Souvient toi, peu importe ce qu’il y a entre nous, des montagnes, des océans, bon sang même des galaxies, je suis toujours à tes côtés, » il me murmure. J’acquiesce, je sais que si j’essaie de parler je vais pleurer. On resserre encore notre étreinte et il me soulève légèrement du sol.

 

Il me relâche  mais ne brise pas totalement le contact. Il m’embrasse le front puis nous sépare. Il prends ses affaires et commence à s’éloigner. Je ne me retourne pas et saisis immédiatement l’anneau que je porte autour du cou et respire profondément. Nos mains entremêlées se délient et il est parti.

 

xxxxx

 

La musique joue doucement à la radio alors que je reconduis Catherine chez elle. Je me nourris de ce sentiment lointain qui est d’être une famille. Cath et moi à l’avant écoutant Cake nous raconter sa journée. Cake semble heureuse de sa journée et je ne pourrais pas en être plus ravie.

 

« Je suis contente que vous soyez venues aujourd’hui. Ça  me tenait à cœur, » je dis chaleureusement à Catherine.

 

« Merci de nous avoir invitées, j’ai passé un bon moment. »

 

« Oui moi aussi, Travis est trop cool ! » Cake s’exclame.

 

Je fais taire le moteur une fois garé dans l’allée devant chez Catherine. « Merci de nous avoir raccompagné, » dit elle, il y a  un silence maladroit qui s’installe.

 

« Merci de nous avoir ramené Sara, » dit Cake et s’avançant pour m’embrasser la joue. « Maman, est ce que je peux ouvrir la porte ? » elle demande nonchalamment. Catherine et moi savons qu’elle nous offre l’opportunité d’avoir un peu d’intimité. Catherine lui tend les clefs sans un mot. « Merci m’man, bye Sara, » dit elle avant de sortir du véhicule.

 

Il y a une part de moi qui veut rester avec elles mais il y a cette autre partie qui sait que je ne suis pas encore prête pour ça. Catherine et moi nous scrutons, cherchant quelque chose à dire. Je prends une grande inspiration. « Est-ce que je peux t’appeler demain ou après demain ? » je demande, et je me sens ridicule quand mon cerveau enregistre ce que je viens de dire.

 

« Bien sûr, ça me ferait plaisir, » Catherine répond avec un doux sourire. Je laisse un soupir de soulagement m’échapper. « Merci encore pour aujourd’hui. Je vais aller me reposer en espérant pouvoir convaincre Linds d’en faire de même. »

 

« Bonne chance avec ça, je pense qu’elle est encore sous l’effet de l’hyperglycémie, » je plaisante.

 

« Ne m’en parle pas, » elle ricane. Elle défait sa ceinture et après une demi seconde d’hésitation elle se penche vers moi et m’embrasse la joue, laissant ses lèvres s’attarder légèrement sur ma peau. Je ferme les yeux au contact. Elle se recule et j’ouvre les yeux pour regarde son expression d’adoration. « A bientôt, » dit elle avant d’ouvrir la porte et de sortir, elle se retourne à nouveau « Prends soin de toi, » et sur ce elle est partie.

 

 

Partie XIV

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(cliquer sur l'image de 'Smile' pour avoir le sons)

Smile – Charlie Chaplin

 

Smile though your heart is aching,
Smile even though it's breaking,
When there are clouds in the sky- You'll get by,
If you Smile through your fear and sorrow,
Smile and maybe tomorrow
You'll see the
sun come shining through- For you.

 

Light up your face with gladness,
Hide every trace of sadness,
Although a tear may be ever so near,
That's the time you must keep on trying,
Smile- What's the use of crying?
You'll find that life is still worthwhile,
If you just smile.

 

Souris, même si ton cœur souffre

Souris, même s’il est brisé

Quand le ciel est nuageux, tu t’en remettras

Si tu souris, malgré tes larmes et ta tristesse

Souris, et peut être que demain

Tu verras le soleil viendra briller pour toi.

 

Illumine ton visage avec de la bonne humeur

Cache toute trace de tristesse

Bien que parfois une larme sera sur le point de couler

C’est là qu’il faut que tu ne laisse pas tomber

Souris, à quoi bon pleurer ?

Tu découvriras que la vie en vaut toujours la peine

Si seulement tu souris.