Bon eh bien voilà, c'est la dernière partie de Chaos... je vous remercie particulièrement pour tout le support et les mails d'encouragement, ça m'a fait énormément plaisir...

Si jamais le p'tit diable se décide, je reviendrais avec une nouvelle aventure dans peu de temps. En attendant je m'attelle à la mise à jour de 'Prisonnière de toi' avec Alex et mon p'tit diablotin(oui, oui t'as bien lu :P)

Merci encore et bonne lecture.

So ;)  bloodydarko@gmail.com

 

Et du Chaos Naîtra la Création…

 

                                                                                                                                  Quinzième Partie

 

                                                                                                                                       Par SoFrost

 

 

Chapitre 81 : Sara

 

Alors ça y est, je suis rentrée, je suis à la maison.

Maison…

C’est drôle comme un simple mot peut avoir une signification si importante. Hier soir, ou plutôt, tôt ce matin j’ai eu une épiphanie. Il y a des choses plus importantes que ma peur, et j’ai compris que mon besoin d’être avec Cath était plus important que mes doutes et mes craintes de tout gâcher. Bien entendu j’ai encore beaucoup de choses a gérées, mais une chose est sure, je ne peux pas être loin de Cath et Babycake.

Alors je suis revenu à la maison et j’ai attendu que Cath rentre du boulot. Elle a eu du mal à croire que tout était réel mais une fois son choc passé elle était heureuse je pense. Je dirais que ça s’est plutôt bien passé pour un retour. Je lui ai expliqué mes craintes et mes doutes, et bien que je l’ai peut être blessée un peu elle a été compréhensive.

Alors me voilà, de retour à la maison.

Cath est au travail, Cake dort chez Nancy et je viens juste de revenir de ma sortie avec Robin.

Je me retrouve à errer dans la maison. Je me sens bizarre, mais de manière positive. Vous savez c’est le sentiment qu’on a quand on quitte un endroit pendant une décennie et revient, pour découvrir que tout est exactement comme dans nos souvenir.  C’est exactement ce que je ressens, bien sûr ça ne fait pas dix ans que je suis partie, mais ça me semble des années. Et tout est comme dans mes souvenirs, c’est un sentiment étrange et à la fois réconfortant.

Des souvenirs refont surface.  Cake et moi en train de nous battre quand au film qu’on devrait regarder;  moi lui courant après pour la chatouiller jusqu’à ce qu’elle pleure de rire ; Cath et moi ayant de longues discussions sur le canapé ou tout simplement en train de se lover l’une contre l’autre appréciant la promiscuité ;  nous trois en train de cuisiner ; Cath et moi en pleine dispute ;  ou faisant l’amour passionnément à même le sol, essayant désespérément d’être sous la peau de l’autre… tous les rires, les larmes – de joie et de douleur, les moindres détails de vie me reviennent en mémoire. Ça fait du bien, et c’est exactement là qu’est ma place.

Je suis à la maison.

 

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Je suis revenu il y a une semaine et j’ai repris une routine normale avec Cath et Cake.  Je prépare le petit déjeuner, emmène Cake à l’école avec Catherine ou toute seule. Je nettoie la maison et m’occupe des courses, puis quand c’est l’heure je vais récupérer Cake, on passe un peu de temps ensemble, puis Cath part pour le boulot et je dépose Cake chez Nancy.

Si vous vous demandez pourquoi Cake ne reste pas en permanence ici, je pense que c’est parce qu’elle n’est pas vraiment heureuse que je sois de retour. Elle m’en veut toujours pour avoir fait souffrir Catherine, et je ne peux pas vraiment lui en vouloir pour ça. J’ai décidé de ne pas forcer la situation, on parlera quand elle sera prête, d’ici là je ne peux rien faire.

Quand je suis seule à la maison, je m’occupe de tout ce qu’il y a à faire. Je répare, je lave, j’essaie de toujours trouver de quoi m’occuper comme ça je n’ai pas de temps pour penser à toutes mes craintes. Une fois que Cath est à la maison je fais la sieste – parce que je suis toujours en période d’insomnie, et que dormir quand je suis seule est une chose que je ne peux pas faire, alors j’attends toujours que Cath soit là.

Les choses rentrent dans l’ordre doucement, mais sûrement.

Etre aux côtés de Cath m’aide à surmonter ma gêne quant aux contacts physiques. Qu’il n’y ait pas de mésentente, je ne suis pas en train de dire que je suis tactile et que je prends des initiatives avec Cath, mais je commence à être un peu plus chaleureuse. Mais le peu que je donne signifie beaucoup, alors ça peu paraître ridicule mais  ça transmet mon amour et mon affection. Il s’agit de faire des pas de bébé, alors je prends un jour après l’autre.

Cath est dans la cuisine en train de cuisiner, Cake est dans sa chambre en train de faire ses devoirs pendant que je lis, assise sur le bar.  Je me lève, me mets derrière Cath et la regarde couper les légumes. Elle arrête de bouger, surprise par ma proximité je suppose, mais elle ne dit rien.

« Tu m’as manquée, aujourd’hui, » je lui dis. Une de mes mains voyage le long de son bras jusqu’à son épaule puis je délivre un tendre baiser sur son cou.  Je peux sentir qu’elle essaie de contrôler sa respiration. Je laisse mes lèvres s’attarder sur sa peau et m’enivre de son parfum. « Je me disais qu’on pourrait sortir demain, puisque tu est de repos. »

Elle tourne sa tête vers moi, si bien que nos bouches ne sont séparées que de quelques centimètres, puis elle sourit doucement : « Ça  me ferait plaisir. »

Je ne peux m’empêcher de fixer ses lèvres pendant qu’elle parle. « Cool, » je réponds, les yeux toujours glués sur sa chair. J’aimerai l’embrasser mais c’est comme si j’étais pétrifiée. Je sais qu’elle ne fera pas le premier pas, ça doit venir de moi, mais ça ne sera pas pour aujourd’hui cela dit. J’inspire profondément et cligne des yeux avant de tourner ma tête. « Je ferai mieux d’aller voir si Lindsey a besoin d’aide pour ses devoir, » je la regarde et lui souris timidement. Elle ricane nerveusement et hoche la tête en retour.

 

xxxxx

 

 

J’entre dans la chambre d’ami – ma chambre pour le moment, et prends le paquet que j’ai récupéré de mon appartement plus tôt. C’est le cadeau d’anniversaire de Cake, j’ai raté l’évènement, je ne lui ai pas donné plus tôt parce qu’on n’a pas eu de vrais moments seule à seule et je voulais que l’instant soit spécial. Je me prépare avant de frapper à sa porte et d’attendre qu’elle m’autorise à entrer.

« Salut, » dis je nerveusement.

« Hey, » elle répond avec un léger sourire.

« Je suis venue voir si tu avais besoin d’aide pour tes devoirs. »

« Non, c’est bon, j’ai déjà fini, » elle réplique sans même détourner son regard du livre qu’elle est en train de lire. Bon, au moins j’ai essayé, elle m’a constamment envoyé balader depuis que je suis rentrée alors je ne suis pas vraiment surprise. Je suppose que ce n’est pas aujourd’hui qu’elle me donnera une autre chance, je suis blessée et déçue mais ça ne m’empêchera pas de retenter ma chance demain. Je commence à battre en retraite, quand elle parle à nouveau. « Attends… » je me retourne et pour la première fois elle me regarde, elle me scrute longuement en silence. Sans un mot, elle se lève et me tend deux feuilles de papier. « Ça  ne me dérange pas que tu vérifies si je n’ai pas fait de bêtises. »

Wow, je pense qu’on peut considérer ça comme un premier pas vers la trêve. Un sourire se peint sur mes lèvres alors que je saisis les feuilles.

« Est-ce que je peux m’asseoir ? »

« Bien sûr, » elle hausse les épaules avant de se rasseoir sur son lit et de reprendre sa lecture.

Je m’installe à son bureau et vérifie ses devoirs méticuleusement. Le silence est roi, mais soudain elle reprend la parole. « Alors, t’es de retour, » elle déclare l’évidence avec un ton moins que joyeux. Je la regarde silencieusement, elle m’observe avec un regard grave et sévère, me faisant comprendre que j’ai intérêt à ne pas plaisanter avec elle et que je n’ai pas le droit de merder sur ce coup là. « Alors, toi et maman vous êtes à nouveau ensembles ? »

« On y arrive, » je réponds après un long silence.

« Qu’est ce que ça veut dire ? » elle demande un peu brutalement.

« Ça  veut, dire que ta mère et moi prenons les choses doucement »

« Mais t’es à nouveau avec elle, n’est ce pas ? Je veux dire, tu n’es pas simplement en train de jouer les colocataires, hein ? Parce que si c’est le cas, je te ferai remarquer que ce n’est pas un hôtel ici. »

« Ta mère et moi sommes à nouveau ensembles, »  je réponds fermement. Je sais que ça n’en a pas l’air pour le moment, mais je ne serai pas là si ce n’était pas pour me remettre avec Cath. Cake me fixe toujours durement, je peux voir la colère faire rage dans ses yeux, et je sais que j’ai mérité son affront et son manque de confiance en moi.

« Est-ce que tu l’aimes ? »

« Oui. »

« La dernière fois, t’as dit que tu l’aimais et tu lui a fait du mal. Je ne laisserai pas ça se reproduire. Alors si tu n’es pas sure de tes sentiments, laisses la tranquille, parce qu’elle mérite d’être heureuse. »

« Je l’aime, » je répète avec plus de conviction. « Je ferai tout pour ne pas lui faire de mal et… »

« A nouveau, » elle me coupe. Je fronce les sourcils ne comprenant pas son point. « Tu feras tout pour ne pas à nouveau lui faire de mal, » elle me corrige en accentuant le ‘à nouveau’.

Je déglutis avec peine, elle est sans pitié, mais d’un autre côté je n’en attendais pas moins de sa part. j’ai merder, tout est de ma faute et bien que je n’ai pas besoin qu’on me rappelle ma stupidité, je ne vais pas me plaindre. Cake ne va pas me laisser m’en tirer facilement, et elle veut mettre les points sur les ‘i’ et je peux le comprendre. Après tout, il faut défendre ceux qu’on aime, elle le fait pour sa mère et je l’accepte.

Elle me scrute intensément alors je prends une grande inspiration et reprends le cours de mes pensées. « Je ferai tout pour ne pas à nouveau lui faire de mal et la rendre heureuse. »

« Tout ? »

« Oui, tout et bien plus encore. »

Elle ne dit rien pendant un moment, elle ne sourit pas et ne montre aucun signe de pitié. Je vous le dis, elle sait comment s’imposer avec un simple regard, et son silence m’affecte plus que je ne le laisse paraître, elle le sait et c’est pour ça qu’elle ne flanche pas. Elle est plutôt du genre intimidante, un regard de glace et du charisme, je ne vais pas mentir, elle a de qui tenir. « Bien. Je t’accorde cette dernière et unique chance, mais si elle souffre encore à cause de toi, je ne sais pas ce que je ferai mais ça sera douloureux et ce sera aussi la fin de notre amitié. Je ne plaisante pas, fais moi confiance, alors ne déconnes pas parce que je t’ai à l’œil, » elle dit sérieusement.

« Je ne te décevrai pas, ni elle, » je jure solennellement.

« Ne fais pas de promesses que tu ne tiendras pas. »

« Je tiens toujours parole. »

Elle hoche la tête  et regard à côté. Ses traits se radoucissent et elle me regarde à nouveau « Dans ce cas, bienvenue à la maison. »

« Merci, » je souris légèrement. Bien entendue, je ne suis pas naïve, je sais bien que tout n’est pas rentré dans l’ordre et qu’elle ne me refera pas confiance avant que je ne lui prouve que j’en suis digne, et j’ai l’intention de le lui prouver tous les jours, je ne la décevrai pas. « J’ai quelque chose pour toi, » j’annonce en changeant de sujet.

« Vraiment ? »

Je lui tends le paquet que j’ai apporté avec moi. « Je sais que je suis en retard mais c’est ton cadeau d’anniversaire. Joyeux anniversaire. »

« Merci, » elle sourit en coin, puis ouvre le paquet « Wow, c’est trop cool, merci beaucoup, » elle ne montre pas beaucoup d’émotion, pas d’effusion de joie, pas de câlin ou de sons suraiguës comme lorsqu’elle est vraiment excitée, ou heureuse, comme elle l’aurait fait si les choses avaient été différentes. Je ne reçoit aucuns de ces remerciements, à la place j’ai un timide sourire, mais je m’en contente. Au cas où vous vous interrogez, je lui ai acheté un appareil photo, un argentique, pas de daube numérique.  Une fois je l’ai emmené à une exposition de photo noir et blanc et elle a dit qu’elle aimerai savoir faire ça un jour. Alors je me suis dis que je pourrais lui enseigner la photographie, mais que pour ça elle devait déjà avoir son propre appareil. « Tu me montrera comment faire, n’est ce pas ? »

« Bien sûr. »

Elle semble hésiter puis soupire et me tend son petit doigt. « Promis ? » elle me demande avec un sourire en coin.

Je ne peux pas décrire la vague d’affection chaleureuse qui m’envahit à ce geste pourtant minuscule. J’accroche mon petit doigt au sien en souriant comme une idiote. « Promis, » je réponds fébrilement.

« Cool, » elle sourit franchement pour la première fois.

Je finis de corriger ses devoirs pendant qu’elle me raconte son saut à l’élastique, on papote un peu puis je la laisse lire son livre en paix. Une fois sa porte refermée derrière moi je laisse s’échapper un souffle de soulagement, un poids vient de m’être retiré des épaules. Bien sûr il reste encore beaucoup à faire, mais au moins maintenant on peut aller de l’avant.

 

xxxxx

 

 J’ai emmené Cath au musée aujourd’hui. Je pense qu’elle a vraiment apprécié, il fallait voir s’illuminer ses yeux, je pense qu’une œuvre l’a même faite pleurer. Elle souriait jusqu’aux oreilles et…je ne sais pas comment vous la décrire, mais elle était ébahie. Ensuite on a déjeuné au restaurant, on a été marcher dans un parc avant de rentrer à la maison. Je nous ai préparé du chocolat chaud et on est en train de le boire sur le perron du jardin.

« J’ai honte de l’admettre, mais c’était la première fois que je mettais les pieds dans un musée, » elle dit en rougissant légèrement. Je la regarde avec surprise.

« Vraiment ? » je demande gentiment. 

« Oui. Les personnes que je fréquente en général ne sont pas intéressées par l’art et pour eux je ne suis qu’une bimbo bonne à sourire. Et puis je ne pouvais pas y aller toute seule parce que… » elle laisse sa phrase en suspens. « Laisse tomber, je voulais juste te remercier pour aujourd’hui, c’était vraiment formidable. »

« Je t’en prie, » je ne la force pas à me parler mais je me sens un peu blessée qu’elle ne se confie pas à moi. Cruelle ironie, nos rôles sont inversés. Maintenant je sais ce qu’elle ressentait quand je la rejetais, sans lui dire ce qui me tracassait ou mes craintes.

J’avale une gorgée de mon chocolat et me perds dans mes pensées. « Je me sens stupide, » dit elle soudain sans préambule. Je la regarde avec confusion. « C’est la raison pour laquelle je ne voulais pas aller dans un musée toute seule, » elle murmure puis me regard d’un regard blessé.

« Je ne comprends pas, » je lui confesse.

« Dans un musée, tu es entourée de gens qui ont de la culture et moi, je n’ai pas ma place parmi elles, » elle ajoutes.

Elle soupire et regarde au loin. « J’ai quitté les études après avoir eu mon bac. Je suis partie de la maison familiale avec Chad Tackers, il était sensé devenir une rock star. Grandir dans le Montana était vraiment cool mais j’avais l’impression d’y étouffer, tout me paraissait petit, et j’avais besoin de quelque chose de plus grand, de l’aventure et je ne sais pas…j’avais juste besoin de plus. J’ai atterrit à Vegas. C’était tout ce dont je rêvais, plein de vie, de paillettes et ici tu pouvais être tout ce que tu rêvais d’être. »

Je réalise à cet instant que c’est la première fois qu’elle me parle de son passé. Bon, bien entendu si on lui pose des questions elle répond sans problème, mais elle ne donne pas l’information d’elle-même.

« Chad et moi avons rompu cinq semaines après être arrivés ici. Il a continué son chemin avec son groupe et m’a laissé derrière. J’aurais pu rentrer chez moi, et faire les études que mes parents voulaient que je fasse, leur donnant ainsi raison sur moi et sur le fait que je faisais une erreur. Mais je ne pouvais pas faire ça, j’étais trop fière  et je ne voulais pas entendre leurs sermons qui me rappelaient que j’étais le vilain petit canard ‘regarde Nancy, elle fait quelque chose de sa vie’, ‘essaie d’être un peu plus comme ton grand frère Jude, il est brillant dans tout ce qu’il entreprend’. Alors je suis restée à Vegas. Mais la réalité est une sacrée garce, la question était : qu’est ce que je vais faire de ma vie ? Qu’est ce que j’étais sensé faire sans aucunes qualifications, aucun diplôme en poche ? A part aimer les puzzles, monter à cheval et avoir un joli minois, j’avais que dalle. J’ai essayé d’être une serveuse mais ça ne payait pas des masses, j’ai rencontré Stephany dans le petit restau où je travaillais, elle m’a prise sous son aile pour ainsi dire. Elle était stripteaseuse et elle m’a introduite au manager de son club, et peu de temps après je suis devenu stripteaseuse à mon tour, » elle raconte avant de me regarder.

Je fronce les sourcils alors que ma mémoire est en pleine action. « Stephany ? Elle a été… »

« Tuée, oui. »

« Désolée. »

« Merci, » elle répond avec un sourire triste. Elle ferme les yeux et prend une grande inspiration. « J’étais chanceuse parce que je dansais dans un lieu plutôt classe et non pas dans un club glauque. Bref, je suis passée de l’autre côté du miroir, je n’étais plus aveuglée par les lumières étincelantes de la ville, j’étais la poudre que tu jettes aux yeux des gens pour leur faire croire à la magie de Vegas. De mon côté cela dit tout était creux, fini les couleurs vibrantes, fini les paillettes, fini les visages heureux. Le rêve s’était écroulé. Mais j’avais une bonne amie qui illuminait tout à nouveau. Tu la connais peut être en fait, » elle dit.

Je me tourne vers elle, attendant que l’identité de sa mystérieuse amie soit révélée. « Cocaïne ? » elle sourit avec mépris.

« Oh elle, ouais on s’est rencontré une fois ou deux mais on n’a jamais gardé le contact, » je déclare avec légèreté. Ce n’est pas drôle je sais, mais je suppose qu’il vaut mieux en rire qu’en pleurer.

« On a gardé le contact, on était plutôt très proche l’une de l’autre. Et elle m’emmenait au pays des merveilles. Tous les jours avant et après mon service, les filles et moi on mangeait un bout dans un café plein d’étudiants. Ils parlaient pendant des heures de leur journée, et de ce qu’ils avaient appris. Je les regardais avec envie. Je voulais être comme eux, avoir un but, me lever chaque matin et apprendre quelque chose de nouveau, avoir un rêve et le poursuivre. J’agissais comme si j’avais un excès d’assurance en moi comme ça ils ne me riraient pas au nez, la vérité c’est que je me sentais ridicule et stupide à côté d’eux, ils avaient de tellement de connaissances alors que ma tête était pleine d’eau. Chaque jour je me jurais que demain je serais comme eux, que je lirais tous les livres dont ils parlaient, que j’arrêterais de danser et retournerais à l’école, pour devenir quelqu’un, » elle renifle. « Puis j’allais me cou cher et la première chose que je faisais c’était de prendre mon ticket pour le pays des merveilles. »

Elle marque une pause puis boit un peu. Elle se perd dans ses pensées, son regard bien loin d’ici.

« Puis j’ai rencontré Eddie. Pour lui la vie c’était trois choses : sexe, drogues et fun, » elle secoue la tête. « Je me suis contenté de ça pendant un moment mais chaque jour, quand j’étais clean  je souhaitais que ça change. Mais bon, pour être honnête c’était des paroles en l’air, » elle soupire et regarde le ciel. « La grossesse a été mon signal d’alarme. Je me suis désintoxiquée et une fois encore il y avait cette question : Que faire de ma vie ? Je n’avais aucunes connaissances, aucunes qualifications, j’aimais les puzzles, je savais danser autour d’une barre fixe et faire des ‘lap dance’, et je savais monter à cheval, où est ce que je pouvais aller avec ça ? Pas vraiment loin. Et puis, le jour le plus chanceux de ma vie est arrivé, j’ai rencontré Gil Grissom. On a parlé et il m’a offert de me former pour devenir CSI. Moi, j’étais à peine plus futée qu’un élève d’école élémentaire, et il voulait que je devienne CSI, » elle rit. « J’ai crû qu’il était fou, mais il m’a dit être sérieux, qu’il avait foi en moi, au moins un d’entre nous avait foi en moi. Les gens peuvent dire ce qu’ils veulent à son propos mais quand tu l’as à tes côtés et qu’il croit en toi et qu’il t’aide, quand tu as son amitié et son support alors il n’y a rien au monde que tu ne puisses faire. Sans lui je ne serai pas qui je suis aujourd’hui. »

Elle a un sourire affectueux aux lèvres en parlant de Grissom. Je sais ce qu’elle veut dire. Bien que Grissom et moi ayons eu des différents, c’est vraiment un type bien, quelqu’un qui a toujours mes arrières quoiqu’il arrive.

« J’ai appris beaucoup, j’ai dû travailler plus dur et plus longtemps que tous les autres, mais j’y suis arrivé. Et malgré tout je me sentais toujours débile comparé aux autres. Et ce sentiment s’est amplifié quand tu as débarqué. »

Je ne peux empêcher le choc de naître sur mes traits à sa révélation.

« N’ai pas l’air si surprise. Tu étais tout ce que je ne suis pas, maligne, bien éduquée, tu as été à Harvard. Tu as presque autant si ce n’est plus de référence que Gil. Alors penses-tu, évidemment que tu me faisais me sentir inférieur. »

Ça peut expliquer l’hostilité qu’il y avait entre nous les premières années que j’ai passé ici. C’est drôle quand on y pense parce que j’ai toujours été intimidée par Cath, en ce qui me concernais elle était tout ce que je n’étais pas, belle, intelligente, habile avec les gens. Est-ce que quelqu’un a dit, ironie ?

« Tu sais je suis tellement fière que Lindsey soit si intelligente. Je ne veux pas qu’elle fasse les mêmes erreurs que moi, je veux qu’elle apprenne afin de pouvoir être ce qu’elle veut. J’ai appris tardivement alors je n’ai pas vraiment eu de choix. Et puis j’ai eu beaucoup de culture à rattraper. J’ai lu les livres, ça c’était simple parce que je peux lire dans mon coin. En revanche, aller dans un musée et dévoiler au monde mon ignorance, c’est quelque chose que je ne voulais pas faire. Mais avec toi à mes côtés qui me parlais comme si je savais toutes ces choses, ça m’a empêché de me sentir stupide, je me suis sentie heureuse de pouvoir enfin découvrir l’art. J’avais l’impression d’avoir ma place dans le musée.» 

« Je t’emmènerai à New York pour qu’on visite le Metropolitan Museum, je t’emmènerai à Paris pour découvrir le Louvre, je t’emmènerai en Italie pour que tu vois la Chapelle Sixtine. Parce que je veux que tes yeux soient remplis d’étincelles quand tu regarde différentes œuvres d’art, je veux que tu connaissent toutes ces choses, je veux que tu connaissent un tourment d’émotion rien qu’en regardant une peinture. Coirs moi, te voir admirer ces œuvres d’art avec tout ton être est la plus belle chose qu’il soit d’être témoin, » je dis soudain. Je prends sa main dans la mienne et emmêle nos doigts. « Mais tous les chef d’œuvres du monde resteront pales comparé à toi quand tes yeux brilles de joie, » je lui embrasse la main.

Elle me regarde avec des yeux emplis de larmes. « Je t’aime. »

Je veux lui répondre que je l’aime moi aussi, mais ma gorge est si serrée que je peux à peine respirer. Ses yeux me montrent tellement d’amour que s’en est effrayants. Elle se contente de sourire à mon absence de réponse et m’embrasse le front. Sur ce elle retourne à l’intérieur sans un mot de plus.

« Je t’aime aussi, » je dis finalement à personne.

Quand le moment sera bon, je pense que je serai en mesure de le lui dire.

 

 

Chapitre 82 : Catherine

 

J’ai le dos appuyé contre le comptoir, je pleure – de joie ou de peine, je ne sais pas vraiment. Je viens d’avoir une longue discussion avec Sara sur le perron du jardin – bon c’était plus un monologue, mais ce n’est pas la question.

C’est officiel, Sara sait maintenant des choses sur moi que personne d’autre ne sais, même pas Warrick ou Grissom, ni même Nancy. Sara m’a emmené au musée aujourd’hui, je pense que j’en surprendrais plus d’un si je dis que c’était la meilleure sortie de ma vie. J’ai toujours rêvé d’aller dans un musée, mais vu que je n’y connais rien en art, j’ai toujours refusé d’y aller seule, enfin bref, aller au musée avec Sara c’était génial.

On est rentré à la maison et on a parlé sur le perron du jardin. Là je lui ai dit ma plus grande insécurité.  J’ai essayé de garder ça pour moi au début mais ensuite j’ai eu l’impression de la trahir. Elle m’a tout dit à propos de son passé, de ses craintes et insécurités sans rien retenir – bien sûr le prix pour ces informations a été lourd de conséquences, mais le fait est qu’elle m’a tout dit. Et c’est la plus grande preuve de confiance qu’il soit, la plus grande preuve que j’ai reçue de qui que ce soit. Alors je lui ai rendu la pareille et je lui ai fait confiance avec mes secrets les plus sombres.

 Elle ne m’a pas rit au nez, elle ne m’a pas donné des mots préconçus pour me rassurer. Non, à la place elle m’a coupé le souffle avec ses mots comme elle seule sait le faire. Ses mots ont fait gonfler mes sentiments pour elle, si bien que je n’aie pas pu m’empêcher de les libérer, ils ont jaillis tout droit hors de mon cœur dans un ‘je t’aime’ brûlant.

C’était il y a quelque minute. Maintenant j’ai le visage dans mes mains, des larmes plein les yeux, pleurant doucement contre le comptoir.

Pourquoi, vous demandez vous ?

Après tout, jusqu’ici je n’ai rien dit qui puisse expliquer mes larmes, et ben comme je l’ai dit je ne sais pas si je pleure de joie ou de peine, peut être que c’est un peu des deux.

D’un côté je suis heureuse. J’ai ce sentiment puissant d’amour ardent, qui m’embrase la poitrine. Mais je pense que mes craintes m’accablent pour le moment, parce que j’ai dit à Sara que l’aime et une fois encore c’était un de ces moments où ma déclaration s’est heurté à un mur de silence. En fait, je lui dis constamment que je l’aime et à chaque fois ça ne manque pas elle reste muette en réponse. Je peux la voir essayer de se faire violence pour me parler, mais au final tout ce que je récolte c’est un regard désolé et du silence.

Les choses ont changé, c’est comme si on était dans une nouvelle ère. Il y avait la vie avant et il y a la vie maintenant. Tout a changé le jour où Sara m’a raconté son passé, c’était notre catalyseur, notre ‘big bang’ pour ainsi dire. Et maintenant il faut que je fasse connaissance de la Sara avec qui je vis maintenant, il faut que j’apprenne à être patiente, tout en espérant qu’elle ressente la même chose que moi à son égard.

Je l’aime et j’aimerai être sure qu’elle m’aime en retour. Je ne lui demande pas de le crier sur tous les toits à pleins poumons, mais j’aimerai bien qu’elle me dise ce qu’elle ressent. Parce que depuis le big bang et depuis qu’on a commencer à interagir l’une avec l’autre je suis la seule à être ouverte avec mes sentiments et j’ai ce sentiment dérangeant qui me dit que peut être qu’elle ne ressent plus la même chose pour moi et… 

« Cath, je…Cath ? » la voix de Sara interrompt mes pensées. J’essaie d’essuyer mes larmes rapidement mais en vain. Elle est devant moi en une seconde. Elle est sur le point de me demander ce qui ne va pas mais se ravise. Au lieu de ça elle me fixe du regard, je ne pourrais pas l’expliquer mais je pense qu’à cet instant précis elle sait exactement ce que je pense.

Il y a de la détermination dans ses yeux, son regard est si intense qu’il m’effraie. Elle s’approche de moi jusqu’à ce que nos corps soient presque l’un contre l’autre. Puis elle me prend doucement dans ses bras. Elle m’étreint fort, je suis surprise et bouleversée par tellement d’émotions à la fois que je ne bouge pas au début. C’est en fait la première fois qu’elle me prend dans ses bras depuis le big bang. Mon cœur bat si fort que je suis sure qu’elle peut le sentir contre sa propre poitrine. Mes bras se faufilent dans son dos et je retourne son étreinte avec autant de ferveur. Je sens son souffle chaud sur mon épaule nue alors qu’elle soupire et se recule légèrement.

« Je… » elle commence mais s’interrompt. Je la sens trembler tellement elle se fait violence pour faire sortir les mots de sa bouche. « Je… je fais plus que t’apprécier, » elle dit finalement.

Je m'immobilise, pétrifiée, aussitôt que ses mots pénètrent mon cerveau. Une nouvelle vague de larmes commence à couler alors que je m’étrangle avec un sanglot, mais cette fois c’est de pure joie et de soulagement, sans l’ombre d’un doute. Je me souviens de la première fois que j’ai entendu ces mots et je sais exactement ce qu’ils veulent dire.

Elle m’aime.

Je sais que ces six mots son sa façon personnelle de me dire ‘je t’aime’, quand elle n’est pas prête à dire ces mots exactes. Ce ne sont peut être pas les mots magiques mais pour moi ces six mots expriment bien plus qu’aucuns mots ne le fera jamais.

« Je fais plus que t’apprécier, » elle répète fermement et je resserre mon étreinte sur elle. Si je le pouvais je m’infiltrerai sous sa peau parce que j’ai besoin d’être proche d’elle, et malgré mes larmes, je ne peux empêcher le rire qui s’échappe de mes lèvres. Elle m’aime.

De leur propre accord mes lèvres embrassent son cou, une fois, deux fois, puis, vu qu’elle ne s’est pas encore désengagée de notre étreinte, mes lèvres se posent sur sa mâchoire puis sa joue. Je me recule légèrement et on se regarde, le prochain geste doit émaner d’elle. Elle me regarde avec intensité puis ses yeux tombent sur mes lèvres. Elle pose une de ses mains sur mon visage et caresse ma lèvre inférieure de son pouce. Je ferme les yeux au contact et respire profondément avant de la regarder à nouveau. Elle est fascinée par ma bouche. Elle lèche ses lèvres sans s’en rendre compte. Mon cœur bat à plein régime et je peux me sentir trembler légèrement avec anticipation. Elle commence à se pencher vers moi dans un mouvement extrêmement long, et…

« Maman, Sara, je suis rentrée, » une voix annonce en hurlant presque, rompant ainsi le charme. Sara détourne le regard et ferme les yeux pendant une seconde ou deux en respirant profondément, puis elle me regarde à nouveau avec un léger sourire. On était tellement concentrée l’une sur l’autre qu’on n’a même pas entendu la porte être déverrouillée et ouverte. Sara efface mes larmes délicatement et m’embrasse le front avant de rompre notre étreinte. Puis elle se tourne vers ma fille qui est en train de nous regarder d’une drôle de façon.

J’aime ma fille plus que tout au monde, mais là pour le coup je maudis son timing.

« Hey Linds, » Sara l’accueille. Lindsey ne répond pas et me fixe du regard. Une fois qu’elle vois mes larmes elle lance à Sara un regarde froid. « J’ai oublié nos mugs sur le perron, » dit Sara avant de sortir dans le jardin.

Lindsey ne cligne pas des yeux et continue à scruter Sara, elle ressemble à un taureau enragé prêt à charger. Une fois que Sara quitte son champ de vision elle se tourne vers moi, l’inquiétude peinte sur son visage. « Est ce que tout va bien ? » elle demande.

« Oui, ma chérie, ne t’en fait pas, » je lui réponds avec un sourie en passant mes mains sur mon visage pour sécher mes dernière larmes.

« Alors pourquoi est ce que tu pleure ? Est-ce que Sara t’a encore fait du mal ? » je peux entendre une colère latente dans sa voix.

« Oh non, chérie, elle m’a dit quelque chose qui m’a rendu si heureuse que je n’ai pu retenir mes larmes, » je la rassure. Elle me scrute encore un peu puis son expression se radoucit. « Est-ce que je peux avoir mon bisous maintenant ? » je ricane.

« Bien sûr, tu peux même avoir un câlin pour le léger retard, » souris-t-elle avant de s’engouffrer dans mes bras et de m’embrasser la joue. « Bonjour maman. »

« Bonjour ma puce. »

Lindsey et moi allons dans la cuisine pour que je lui prépare un goûter pendant qu’elle me raconte sa journée. Sara nous rejoins et je souris de plus belle car je réalise que ma famille est à nouveau au complet. Après ce petit interlude ensembles, Lindsey va dans sa chambre pour faire ses devoirs, Sara et moi continuons à discuter dans la cuisine.

Pendant le dîner Lindsey nous annonce qu’après débat c’est la pièce qu’elle a choisi qui sera joué au spectacle de fin d’année et qu’en plus elle a pu choisir le rôle qui lui plaisait le plus, et je ne saurais être plus fière d’elle. On passe un moment agréable toutes les trois, et encore une fois, j’apprécie le fait que ma famille soit au complet.

« Ok, je vais bientôt aller au boulot, chérie commence à te préparer, Nancy sera là d’une minute à l’autre, » je demande à Lindsey.

« En fait…si c’est possible, j’aimerai rester ici, » elle répond timidement.

« Ça  ne me dérange pas, » je lui souris, je sais qu’elle a évité de rester à la maison depuis que Sara est rentrée, et je sais aussi que si elle est prête à rester ça veut dire beaucoup pour elle et Sara.

« Qu’est ce que tu en dit ? » Lindsey interroge Sara.

« C’est parfait, » Sara à un sourire timide mais je sais que ça la touche beaucoup.

Les choses s’améliorent, si j’étais un peu perdue au début de la journée, je peux dire que je suis aux anges maintenant.

 

xxxxx

 

Je viens d’avoir l’affaire la plus horrible depuis je ne sais quand. Des images atroces sont gravées dans ma mémoires et je semble incapable de les bloquées. Je suis rentrée à la maison il y a trente minutes, j’ai pris une longue douche comme pour me laver des horreurs dont j’ai été témoin, et malgré tous mes efforts je ne me sens pas mieux.

Je suis allongée sur mon lit, les yeux rivés sur le plafond. L’odeur de Sara flotte encore dans l’air. Je ne pense pas l’avoir dit avant mais depuis qu’elle m’a prise dans ses bras la semaine dernière, elle est un peu plus tactile, et j’en suis ravie. Elle semble capable de passé outre sa gêne. Bon, on ne s’est pas encore embrassées, c’est comme si quelque chose la retenait, il y a toujours quelque chose pour l’arrêter. Je n’y prête pas trop attention parce que maintenant je peux initier les contacts physiques, ce qui en soit est un grand progrès. Elle a arrêté de me rejeté, alors je peux patienté encore un peu pour ce baiser.

Donc comme je le disais, son odeur flotte encore dans l’air. Je sais qu’elle vient dans ma chambre pour lire quand je suis au boulot, ou tout simplement pour s’y reposer un peu. Plus récemment – probablement depuis deux ou trois jours, elle a commencé à venir dans je suis là. Elle viens quand elle pense que je dors – mais en fait je suis éveillée – elle s’allonge derrière moi et moule son corps au mien puis elle reste là en silence. Je ne pense pas qu’elle dorme mais elle reste là pendant un moment et s’en van avant que je ne me réveille. Moi, pour ma part, j’attends qu’elle vienne avant de ma laisser aller au pays des rêves.

J’aimerai qu’elle dorme avec moi toute la nuit et qu’elle soit là à mon réveil, mais elle ne semble pas prête pour ça, alors elle continue à dormir dans la chambre d’amis. Cela dit, je donnerai n’importe quoi pour qu’elle me prenne dans ses bras tout de suite et me serre fort. J’ai besoin qu’elle efface toutes les mauvaises choses qui se sont passées aujourd’hui, je veux qu’elle me réconforte. Je ferme les yeux et pense à la sensation que j’ai quand je suis dans ses bras, c’est un faible ersatz mais je devrais m’en contentée.

Ma porte s’ouvre et je n’ai pas besoin de regarder pour savoir que c’est Sara – Lindsey est en cours. Je suis allongée sur le dos et j’essaie de ne pas bouger, et de garder mes yeux fermés, je ne veux pas qu’elle s’en aille.  Elle s’assoit sur le bord du lit et attend un peu avant de s’allonger à mes côtés, elle ne me prend pas dans ses bras cela dit.

« A quoi tu pense ? » elle demande simplement. Comme ça, elle sait que je ne dors pas, autant arrêter de faire semblant, j’ouvre les yeux et recommence à contempler le plafond.

« Barney, » je réponds.

« Qui est ce ? »

« Pas ‘qui’, ‘quoi’, » je la corrige. « C’est une ours en peluche géant que Nancy et moi avons gagné à une fête foraine quand on était ados. On le câlinait quand on n’allait pas bien. Je pense que j’aimerai l’avoir à cet instant présent, » je raconte avec un doux sourire.

« Bon, je pense que ça va être dur de faire mieux que lui, parce qu’il a l’air d’être un pro du câlin et du réconfort, mais je n’ai pas peur. Je suis un pauvre substitut à Barney, mais je peux être ton ours en peluche, » elle plaisante.

Je me tourne vers elle, et je vois bien qu’elle est un peu nerveuse mais elle me sourit quand même. Je lui tâte l’épaule d’un doigt « Tu as l’air confortable, douce et chaleureuse, ça devrait aller, » je déclare sérieusement.

« Essaie moi, » dit elle en ouvrant ses bras. Je n’hésite pas une seconde et réduis la distance entre nous. Bon sang, ce que ça m’a manqué d’être là, c’est là que je devrais toujours être. Etre dans ses bras avec ma tête assez proche de sa poitrine pour que je puisse entendre son cœur, voilà mon endroit préféré.

« Est-ce que je suis aussi bonne que Barney ? » elle demande après un moment.

« Tu es bien mieux, et de loin, » je réponds immédiatement. Je m’abandonne au réconfort qu’elle m’offre, puis soudain toutes les émotions que j’avais retenues au boulot reviennent en force et je commence à sangloter de manière incontrôlable.

« Je te tiens, laisse aller, » elle resserre son, étreinte

« Est-ce que tu seras là quand je me réveillerai ? »

« Oui, » elle dit fermement.

Je continue à pleurer mais dans ses bras je me sens en sécurité et beaucoup mieux. Je lui raconte mon affaire et elle m’écoute tout en me donnant du réconfort et de l’affection.

J’espérai qu’elle serait là, et elle est là. Peut être que je devrais souhaiter des choses plus souvent, parce que dernièrement il y a quelqu’un qui m’écoute.

 

 

Chapitre 83 : Sara

 

Je tiens Cath dans mes bras. Je sais que ça n’a rien d’impressionnant en soi mais pour moi c’est un évènement colossal, un grand pas en avant. Quand elle est rentrée du boulot elle était visiblement perturbée par quelque chose. J’ai tourné en rond pendant de longs moments, mais je savais qu’elle avait besoin de moi. Je sais aussi qu’elle me laisse faire le premier pas à chaque fois parce qu’elle ne veux pas me forcer alors elle ne m’a rien demandé, mais je pouvais voir qu’elle voulais que je sois là pour elle, et de mon côté je voulais être là.

Alors je suis allée dans sa chambre et il m’a fallu un peu de temps mais, au final elle est dans mes bras, et elle dort paisiblement. Ça fait trois jours que je l’étreins pendant qu’elle dort, seulement elle était toujours endormie quand je venais et je partais toujours avant qu’elle ne s’éveille. Aujourd’hui était donc différent puisqu’elle était éveillé quand je suis arrivée, on a parlé un moment puis elle s’est assoupit, pour ma part je profite tout simplement de la nouvelle sensation.

Je lui embrasse le front et resserre mon étreinte, un jour de plus, un nouveau pas en avant.


J’ai continué à dormir dans la chambre d’ami à cause de mes cauchemars. Ils sont toujours fréquents et intense. J’ai tendance à me réveillée avec des sueur froide, dans un état de panique avancée car je suis désorientée et au bord de l’hystérie, alors dormir avec quelqu’un est plutôt compliqué. Bref, maintenant que je suis là, je ne me sens ni paniquée, ni mal à l’aise alors je pense que c’est bon signe.

 

xxxxx

 

Aujourd’hui  Cath est de congé, on a dormit ensembles deux jours de suite et je suis fière de dire que je n’ai eu aucuns cauchemars pendant ce temps. Cath est comme un attrape rêves. Je sais que ça ne durera probablement pas mais pour le moment je suis contente de ne pas m’être réveillé avec d’horribles visions.

Je disais donc qu’aujourd’hui était le jour de congé de Cath et on n’a rien prévu de particulier, on est en train de lire chacune de notre côté sur le canapé. Enfin, moi je lis, elle je croit qu’elle est en train de flirter avec moi. Il y a vingt minutes on était chacune à une extrémité du canapé, mais elle s’est progressivement rapprochée de moi, si bien qu’elle n’est qu’à quelques centimètres de moi, pendant ce temps là, je fais semblant de ne pas voir ce qu’il se passe.

Elle tourne la page du livre qu’elle ne lit pas vraiment de sa main gauche et la pause sur ma cuisse. Une vague d’électricité se propage dans tout mon corps au simple contact. « Miss Willows, êtes vous en train de flirter avec moi ? » je dis d’une voix tremblante.

« Non, pas du tout, je suis en train de te séduire, » elle répond d’une voix roque. Elle pose son livre sur la table basse et se tourne vers moi, sa main toujours sur ma cuisse. Je la regarde et il y a une feu vif dans ses yeux, un feu nommé : désire. Je déglutis et tente de contrôler ma respiration. « Maintenant, j’aimerai vraiment… » elle commence et se penche vers moi. Je ne bouge pas, mon corps ne me répond plus. Je retiens mon souffle alors que ses lèvres s’arrêtent à un centimètre des miennes « …qu’on se câline un peu, » elle murmure.

Je peux sentir son souffle chaud contre mes lèvres, mon cerveau hurle à mon corps de me pencher légèrement afin de goûter à ces lèvres si tentantes, mais une connexion doit manquer quelque part parce que je ne bouge pas. «Ok, » ma voix résonne enfin. ‘Ok’ ? C’est tout ce que tu peut dire espèce de godiche ? ‘Ok ?’, Putain Sidle t’es vraiment désespérante !

Je laisse mon livre tomber et change de position afin que mon dos soit contre l’accoudoir, Catherine se positionne entre mes jambes dans une position confortable. Mon cœur bât irrégulièrement et il est impossible qu’elle ne l’entende pas, vu que sa tête est appuyée sur ma poitrine, il me faut quelques minutes mais éventuellement mon pouls retrouve son rythme normal. Une fois que je m’accommode à notre nouvelle intimité, je me détends et entour Cath de mes bras, j’ose même laisser une de mes mains caresser ses cheveux.

Je sais que ça va paraître stupide, mais depuis mon retour, Cath et moi ne nous sommes pas encore embrassées – sur les lèvres j’entends. Ce n’est pas que je n’en ai pas envie, mais bon, tout semble arriver pour la première fois, alors j’attends le moment propice. Ok, il y a deux minutes le moment était propice, mais comme pour toutes les opportunités que j’ai eu jusqu’ici, j’ai buggé. Ben oui, c’est comme si je ne savais plus comment faire.

« Cath ? »

« Hmm ? »

« Il y a quelque chose qu’il faut que je te dise, » je déclare. « Ça  me pèse sur la poitrine depuis un certain temps et je ne peux vraiment plus garder ça pour moi. Je ne veux pas pour autant que tu le prennes mal. »

« Tu as l’air sérieuse, » dit elle avec un sourire nerveux elle redresse sa tête et me regarde. « Ok, je t’écoute, » ajoute-t-elle avec appréhension.

« Bon, c’est partie… » j’inspire un grand coup. « Je déteste la couleur de tes murs, » je dis dans un souffle.

Elle ricane. « Toi aussi, hein ? » elle repose sa tête sur ma poitrine.

« Ces murs son hideux, » je renifle, « Est-ce que tu étais atteinte de cécité temporaire quand tu as choisi la couleur ? » je plaisante.

« Pour ma défense, je n’ai pas choisi la couleur, c’est Eddie. En fait il a peint toute cette pièce tout seul, c’était une surprise pour moi parce que je n’avais pas encore vu la maison. Je ne lui ai jamais dit que je n’aimais pas la couleur parce qu’il avait fait un sacré effort et je pensais que c’était mignon de sa part. Après ça cela dit, j’ai subtilement pris en main la décoration, » elle me confesse.

« Et c’est une bonne chose, » je réponds. Je remets un peu d’ordre dans mes pensées avant de continuer. « Je comprends que ça ait une valeur sentimentale pour toi, et je ne veux pas paraître insensible ou quoi mais tu n’as jamais songé à refaire la peinture ? »

« Après le divorce j’ai cessé de voir la côté mignon, et pour être honnête, j’ai envie de repeindre à chaque fois que je passe plus de deux minutes dans la pièce, soit tout le temps, » elle répond avec un léger reniflement.

« Pourquoi est ce que tu ne le fais pas ? »

« Mes deux boulots me prennent tout mon temps, » elle soupire.

« Deux ? »

« Maman et CSI, » elle répond malicieusement.

« Je peux le faire, » je dis soudain.

« Tu veux repeindre la maison ? » elle me demande avec surprise.

« Pas la maison entière, seulement cette pièce. Maintenant si tu veux refaire toute la peinture ok… pourquoi pas. »

« Tu n'es pas obligé de faire ça. »

« Je sais mais j’ai le temps de le faire. En plus, je passe mais journée à essayer de trouver quelque chose à faire, alors avoir un objectif ne va pas me tuer. »

« Tu es sérieuse ? »

« Oui,  on pourrait choisir les couleur ensembles, on peut même re-décorer toute la maison si tu veux. »

« Ce serait génial, » dit elle, elle embrasse ma joue avant de repositionner sa tête sur ma poitrine. « Je ne veux pas que tu te sentes obligée. »

« Ce n’est pas le cas, je te le jure, » je ricane.  « C’est juste que…j’ai envie que ce soit à nous, que ça devienne notre chez nous, » je dis avant de consulter mon cerveau. Cath me regarde immédiatement. Je détourne les yeux, me sentant rougir. Elle me scrute en silence longuement. J’ai peur d’avoir dépassé une limite alors je refuse de rencontrer son regard. Elle me saisi délicatement le menton et me force à la regarder.

« Est-ce que tu le penses vraiment ? Faire de cette maison notre chez nous ? » elle murmure mais je ne réponds pas. « Sara ? »

J’acquiesce d’un signe de tête. « Est-ce que ça te dérange ? »

« Est-ce que tu plaisante ? Il n’y a rien que je désire plus, » elle répond avec un sourire radieux. Je soupire de soulagement, pendant un instant j’ai eu peur d’avoir tout gâché.

Je la regarde et il n’y aucun doute, il y a un amour vibrant dans ses yeux. C’est le moment, j’ai envie de l’embrasser, et c’est l’instant parfait. Je caresse sa lèvre inférieure et commence à me rapprocher…

« M’man ! » on tourne nos tête vers Cake. « Oops, désolée, est ce que j’interromps quelque chose ? »

Si proche et pourtant si loin. Je pense qu’une petite discussion sur le ‘timing’ ne sera pas perdu avec Cake.

« Non, mon cœur. Qu’est ce qu’il y a ? » Cath se désengage de notre position et invite Cake à nous rejoindre sur le canapé.

 

xxxxx

 

Après deux jours de réflexion, Cath, Cake et moi avons choisi la nouvelle couleur pour le salon, puis Cake a décidé qu’elle voulait repeindre les murs de sa chambre, puis Cath s’est dit que la chambre d’ami avait aussi besoin d’un lifting. Donc maintenant mes journées sont faites de peinture, Cake me donne un coup de main quand elle revient des cours. Ce petit moment nous permet, à Cake et à moi de reconstruire notre relation, bien sûr elle ne me fait pas encore totalement confiance, aussi elle ne me parle pas autant qu’avant, mais on  progresse doucement.

Je suis  en train de peindre la chambre de Cake en bleu lagon, fredonnant un air à tue tête. Ça fait deux minutes que Cath est derrière moi mais elle n’a encore rien dit. Ça ne me dérange pas, ce qui veux dire que je m’améliore. D’habitude je déteste qu’on me regarde, Cath peut passer des heures à me regarder, au début ça me mettais mal à l’aise, mais j’apprends doucement à me laisser aller à sa petite habitude.

« Hey Michel Ange, » j’entends derrière moi.

 Je souris mais ne me retourne pas. « Je me demandais quand tu allais t’annoncer, » je lui dis doucement. Je me tourne finalement après quelque secondes et la trouve appuyé contre la chambranle de la porte.

« Tu savais que j’étais là ? » elle fronce les sourcils.

« Mon sixième sens fonctionne toujours, » je lui fais un clin d’œil. Je pose mon rouleau dans le seau de peinture et m’approche d’elle, je lui fais un câlin et lui embrasse la joue. « Bonjour. »

Elle hoche la tête en direction de la pièce, « C’est jolie, j’aime la couleur. Tu veux faire une pause ? » elle demande avec un sourire.

« Avec plaisir, » on va dans la cuisine et j’attrape une bouteille d’eau pour elle et me sers un verre de lait. « Tu vois quelque chose qui t’intéresse ? » je demande malicieusement quand je sens son regarde  s’attarder sur tous mes mouvements.

Elle s’adosse eu plan de travail à côté de moi. Elle lève une main et caresse mon épaule « Il est nouveau, » dit elle en faisant référence à mon tatouage.

« Tu es très observatrice, dis moi, » je la taquine et elle me pince légèrement en retour en me tirant la langue. Puis elle prend sa bouteille d’eau et s’assoit sur une chaise.

« Tu sais, j’ai déjà vu ça quelque part, » elle déclare d’un air songeur.

« J’en doute, à moins que tu n’aies vu Greg tout  nu, j’entends, » je dis avec nonchalance en portant mon verre de lait à mes lèvres. C’était une blague mais soudain Cath devient plus rouge qu’une tomate, elle a l’expression de quelqu’un pris en flagrant délit – et bien, vous parlez d’une surprise. « Cath ? »

Elle serre ses lèvres et ferme les yeux avant de me regarder à nouveau. « C’était un accident, » elle dit rapidement.

« Un accident ? J’aimerai vraiment savoir comment tu as accidentellement vu Greg tout nu, » je demande intriguée. Je garde un visage neutre, essayant de ne pas pouffer de rire.

« Ben…il sortait de la douche et je suis tombé sur lui pendant qu’il s’habillait, je suis sortie aussi vite que possible sans me faire remarquer et, enfin bref …je l’ai vu » elle commence à discourir. « Son dos me faisait face ! » elle ajoute rapidement.

« Je vois que tu t’amuses beaucoup au boulot, » je dis en mordant l’intérieur de ma joue. « Tu as apprécié le spectacle ? »

« Je ne me suis pas attardé dessus Sara ! » elle proteste.

« Aller, ne me dis pas que tu n’as pas remarqué son joli petit cul, » je la taquine alors qu’elle enfouit son visage dans ses mains. Elle murmure quelque chose d’inintelligible. « Qu’est ce que tu viens de dire ? »

« Ok, ok, d’accord. Oui, j’ai regardé et oui, il a un joli petit cul…heureuse ?! »

« Coquine, » je ricane. Je lui accorde encore dix secondes pour réaliser qu’elle s’est faite avoir.

« Oh, ça va, la ferme… » elle secoue la tête. D’un coup elle s’arrête, et nous y voici, elle me regarde en fronçant les sourcils. « Attends un peu…son tatouage est sur son bras gauche… » elle ouvre sa bouche, outrée. « Tu m’as piégée…tu… » elle me balance une serviette à la figure, et j’explose de rire. « Vilaine Sara, vilaine, » elle me réprimande.

« Avoue que tu avais envie de te confesser, » je réplique toujours en riant. Elle commence à bouder en croisant ses bras sur sa poitrine. « Oh, aller, je ne faisais que plaisanter, arrête de bouder, » elle se contente de me tirer la langue en retour ce qui me fait glousser. Je fais un effort pour regagner mon sérieux et lui lance mon meilleur regard de chiot battu. « Je suis désolée, » je sors légèrement la lèvre inférieure pour un meilleur effet et elle éclate de rire à son tour.

Une fois calmées, je m’assois à ses côtés. « Alors, vous vous êtes fait tatoués ensemble ? » elle me demande.

« Ouaip, quand on est revenu de Californie c’est la toute première chose qu’on ait faite. C’était pour graver ce voyage dans nos mémoires, pour l’immortaliser, » je lui explique en souriant. Je bois une nouvelle gorgée de mon lait avant de réaliser que Cath a un regard triste et semble perdue. « Hey, qu’est ce qu’il y a ? » je pose ma main au dessus de la sienne sur la table.

Je ne comprends pas son changement d’humeur soudain, je ne crois pas avoir dit quelque chose de mal, je suis confuse. « On en a jamais parlé, » dit elle.

« Parler de quoi ? »

« Tu sais, de tout ce qu’il s’est passé avec Adam, de ton voyage en Californie. Pourquoi est ce que tu es partie là bas ? Qu’est ce que tu y as fait ? » elle renifle. « C’est drôle parce que cette affaire nous a séparée. Je peux comprendre pourquoi maintenant mais…on n’en a jamais parlé. »

Je retire ma main de la sienne et soupire. Elle a raison on n’en a jamais parlé et pour être franche, je n’en avais pas plus envie que ça. Je veux dire, cette affaire a fait mouche sur un plan émotionnel. Je réalise que Cath doit penser que je ne veux  toujours pas en parler aujourd’hui, elle s’agite légèrement, elle se prépare pour un rejet je suppose.

« Parlons en, » je dis simplement en reprenant sa main. Elle se détend visiblement, je pense qu’elle s’attendait vraiment à un rejet. Elle serre ma main assez fort, comme pour reprendre des forces après un léger choc émotionnel.

« Tu sais, j’ai du te voir presque te faire tuer, » elle commence. « Je voulais être là pour toi, à d’un coup j’apprends que tu es en Californie sans même prévoir de revenir. J’ai passé trois jours à me torturer à savoir si oui ou non tu reviendrais, si tu laisserais tout en plan, moi incluse, comme ça » elle dit en claquant des doigts.

« Cette affaire m’a vraiment affectée comme aucune autre auparavant, parce que je connaissais ces filles et Adam, dans le sens où j’étais comme eux. Ça a déclencher toutes ces choses contre lesquelles je me bâts constamment et désespérément. Tu sais, tout ce qu’Adam a dit était vrai et j’ai réellement considéré sa proposition » je confesse. « C’est un peu triste quand tu penses que si tout ça était arrivé il y a deux ans mon choix aurait été différent. Mais quand j’avais le flingue d’Adam dans la bouche j’ai pensé à toi, aux gars mais surtout à toi... »

Je marque une courte pause « Bref, après qu’Adam se sois suicidé je ne savais plus ce que je ressentais ou si même je ressentais quelque chose tout simplement. Tout ce que je savais c’était que tout était trop, c’était comme si toutes les horreurs que j’avais vu pendant ces cinq dernières années et demi me frappaient en pleines figure, j’avais besoin de m’éloigner de tout ça, de trouver de l’oxygène, » j’hausse les épaules.

« Pourquoi la Californie ? »

« Parce qu’en dépit de tout je me retrouve toujours là-bas. Je m’y sens en sécurité et libre. Je t’ai parlé de ma famille d’accueil ? »

« Oui, les Bailey »

« Ouais, ben j’ai été voir mes frères adoptifs pour ainsi dire. Ils ont toujours été là pour moi, n’importe où et n’importe quand. C’était bon de les voir. Greg et moi sommes restés les trois jours avec eux, on a surfé, on s’est relaxé, on s’est amusé, on a profité de la vie. C’est ce dont on avait vraiment besoin, » je soupire. « Etre là bas m’a aussi donné du temps pour réfléchir. J’ai réalisé que je ne pouvais pas retourner au boulot, jouer au femmes fortes et aller de l’avant. »

« C’est pour ça que tu a pris un congé ? »

J’acquiesce. « Puis, j’avais atteins le point où soit je faisais un break, soit je quittais tout pour de bon. Si j’étais restée, je me donnais une semaine avant de démissionner.  J’aime mon boulot alors j’ai choisi la voie de la sagesse, » je soupire. « Sans parler du fait que j’avais beaucoup de choses à régler dans ma vie, » je la regarde droit dans les yeux. Elle me serre la main avant de l’embrasser. « Mais regarde le bon côté des chose, maintenant ta maison semble neuve » j’essaie de repartir dans une bonne humeur.

« C'est vrai » elle ricane.

« Tu sais, j’aimerai que tu rencontre mes frères un jour, mes frères de sang et les adoptifs. »

« Avec plaisir. »

« Cool, » je réponds en finissant mon lait. Je me lève et nettoie mon verre.

« Il y a une chose que je me demande, » elle commence.

Je me tourne à nouveau vers elle. « Bien sûr, je t’écoute, » je l’encourage.

« Comment est ce que tu savais que Greg avait un joli petit cul ? » elle a un sourire moqueur qui lui monte jusqu’aux oreilles. Et moi qui pensais l’avoir échapper belle. Je ne réponds pas et secoue la tête en espérant qu’elle laissera le sujet tomber – ouais bien sûr, de qui je me moque ? « Alors ? »

« Je le savais c’est tout,» je reste évasive pour ne pas l’inciter à continuer cette ligne de questions.

Il y a une étincelle de malice dans ses yeux et je sais que dans quelques secondes on va parler de cette stupide douche de décontamination. « Alors c’est donc vrai, vous vous êtes douchés ensembles ! » elle dit avec excitation.  « Ooh, je veux les détails, » elle bouge ses sourcils rapidement de haut en bas.

« A t’entendre c’était quelque chose de sexy, » je continue à secouer la tête.

« Oh je t’en pris ça a dû être chaud, » elle ajoute avec un sourire coquin.

« Et comment, surtout avec les quatre types en tenu de cosmonaute bleue qui nous nettoyaient. »

« Eww…pas si chaud que ça, » elle grimace.

« Pas chaud du tout, » je frissonne rien que d’y repenser.

« Bref retour dans le vif du sujet. Comment il était ? » son sourire revient. Je n’arrive pas à croire cette femme !

« Qui ? » je feins l’ignorance.

« Te la joue pas sainte ni touche, » elle me réprimande. « Greg, comment était Greg, » elle élabore.

« Oh mon dieu, mais tu es une perverse. »

« Peut être mais moi au moins je ne l’ai pas regardé. »

« Wow, qui a dit que je l’avais fait ? »

« Je ne t’ai pas entendu le démentir. »

« Tu marque un point. »

« Alors ? »

« Alors quoi ? »

« Dis moi, banane ! » elle s’impatiente.

« T’es pas croyable, » je secoue à nouveau la tête.

« Sara ! »

« D’accord, j’ai regardé, vite fait, » je n’arrive pas à croire que je suis en train de faire ça.

« Et ? »

Je soupire, autant essayer d’en finir  vite. « Et…mettons les choses comme ça : le monde est plein de surprise, » je dis cryptique.

« Des surprises, hein ? »

Je sens mes joues me brûler avec embarras. «  Oui, surtout si tu considère que c’était une douche plutôt très froide, » j’ajoute.

« Nan…Greg?...wow… » glousse Cath.

« Bon sang, je n’arrive pas à croire qu’on est en train de parlé de la …virilité de Greg, » je frissonne. « J’ai besoin d’une douche, » je dis avant d’embrasser le front d’une Catherine toujours en train de rire doucement.

« Ok, je vais préparer le dîner en attendant. »

 

 

Chapitre 84 : Catherine

 

Je suis en train de préparer le dîner pendant que Sara se douche. Les choses sont vraiment bien entre nous. Vraiment, on se rapproche, mais ce n’est pas suffisant. On ne s’est pas encore embrassé une seule fois depuis son retour. Bien sûr, on se câline très fréquemment, mais je commence à vouloir plus que ça. D’un autre côté je sais que ça doit venir d’elle. Donc je me dois d’être patiente, mais si c’est de plus en plus dur chaque jour.

Je sais qu’elle a envie de m’embrasser, je peux le voir dans ses yeux, mais à chaque fois il y a quelque chose qui la retient, c’est comme si elle se changeait en pierre. Et quand enfin elle se décide, Lindsey débarque, à croire qu’on conspire contre ce fichu baiser. Je me rassure en me dis que ça arrivera au moment propice.

Sara a mis de la musique dans la salle de bain et je ne peux m’empêcher de danser dessus.

« One way or another I’m gonna find you, I’m gonna get you, get you, get you, get you…»  

J’aime danser, et quand je commence je me perds dans un autre monde, c’est tout simplement le bonheur. Je me sens libre quand je danse, je pense que seules les personnes qui danse sauront de quoi je parle. Je ferme les yeux et c’est comme si je m’envolais.

Quand j’ouvre les yeux Sara me regarde depuis le comptoir avec un léger sourire aux lèvres et un regard admirateur. C’est là que je réalise l’absence de musique. Il semblerait que je me sois laissé aller un peu loin. Je peux sentir le feu envahir légèrement mes joues.

« Tu es magnifique quand tu danses » dit elle ce qui ne fait qu’aggraver le rouge sur me joues.

« Merci... »

« Je viens juste de me rendre compte qu’on n’a jamais dansé ensembles, » dit elle pensive. Elle me tend la main. « M’accorderais tu cette danse ? »

« Avec plaisir, laisse moi mettre une peu de musique, » je commence à marcher vers le salon mais elle m’arrête.

« On a déjà tout ce dont on a besoin, » elle répond avec un sourire alors que je fronce les sourcils. « Fermes les yeux et suis moi, » elle murmure.

Elle m’attire contre elle, elle prend l’une de mes mains et la pose contre son cœur pendant que de l’autre bras elle m’entoure la taille.  Elle commence ensuite à nous balancer gentiment. Je suis sur le point de lui faire remarquer que c’est encore plus drôle avec de la musique quand elle commence à humer doucement. Je ferme les yeux, comme elle me l’a demandé et laisse sa voix nous transporter, après un moment elle commence à chanter.

« I’ll be loving you eternally…. with a love that’s true eternally…from the start within my heart it seems I’ve always known…the sun would shine when you were mine and mine alone »

Je ne peux m’empêcher de resserrer notre étreinte alors que ses mots m’émeuvent profondément. Je peux sentir mon cœur battre plus fort et plus vite, c’est comme si je marchais sur un nuage.

« I’ll be loving you eternally…there’ll be no-one new…my dear, for me…though the sky should fall remember I shall always be…forever true and loving you…eternally »

Elle commence à humer doucement à nouveau, puis elle répète le second couplet. Quand elle atteint la dernière note elle me penche révérencieusement en arrière puis me ramène à elle. Elle prend mon visage dans ses mains et y efface quelques larmes que j’ignore avoir versées. Elle sourit et je retiens mon souffle lorsqu’elle commence à se pencher. Pitié, faite que rien ni personne ne brise cet instant. Puis nos lèvres se rencontrent…enfin. Mon cœur explose littéralement de bonheur.

Wow.

Elle intensifie son baiser et je m’accroche plus fermement à elle. Bon sang ce que ça m’avait manqué. C’est comme si c’était notre tout premier baiser. L’embrasser est comme dans mes souvenirs mais à la fois c’est tout nouveau. On rompt notre baiser quand notre besoin de respire surpasse notre besoin de nous embrasser. On repose nos fronts l’un contre l’autre.

« Merci » elle murmure.

« Pour quoi ? » je demande, un peu confuse. Je pense que c’est à moi de la remercier.

« Pour la danse et ça, » dit elle en m’embrassant à nouveau.

« Je t’en prie, » je réponds avec le plus grand sourire que je n’aie jamais porté.

 

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Comment ma vie peut elle s’améliorer ? Honnêtement je l’ignore, tout est au beau fixe.

Après tout ce qu’il s’est passé, je peux maintenant voir un point positif à tout ça, aujourd’hui ma relation avec Sara est plus forte et plus intense. Pour la première fois je suis vraiment connectée à quelqu’un et c’est tout simplement génial. Tout de nos mots, à nos marques d’affections en passant par nos baisers, est parfait. Oui parce que depuis qu’elle m’a embrassée, quelque chose en moi s’est libéré et dès que je le peux mes lèvres sont contre les siennes. Je pense que s’il n’y avait pas Lindsey ou le boulot, mes lèvres ne quitteraient jamais les siennes.

L’embrasser est devenu mon activité préférée. On a beaucoup flirté par le passé, mais maintenant dès qu’on s’embrasse c’est plus intense, plus…juste plus. C’est une sensation qui me prend au corps. Je ne peux pas la décrire mais c’est intense et profond. J’adore ce sentiment.

« Maman, on peut y aller, » je secoue la tête pour me sortir de mes rêverie et me tourne pour voir Lindsey assise à côté de moi.

« Je ne t’ai pas vu arriver, » je déclare.

« Ouais, je pense que j’avais remarqué vu que je t’appelle depuis cinq minutes, » elle roule ses yeux, et je ricane en démarrant la voiture.

Elle commence à me raconter sa journée pendant le trajet à la maison. Une foi arrivée elle, saute hors de la voiture et court jusqu’à la porte. Depuis qu’elle a son propre jeu de clefs elle veut toujours l’ouvrir, je le lui ai donné il y a deux mois comme une marque de confiance et son premier pas dans le monde des responsabilités.

Je la joins rapidement une fois que j’ai verrouillé la voiture. Je la regarde dire bonjour à Sara avec un câlin et attends impatiemment qu’elle cède la place. Il y a un picotement d’excitation qui me traverse le corps en anticipation du baiser que je vais échanger avec Sara. Une nanoseconde après que Lindsey se soit écartée je suis en train de d’embrasser Sara comme s’il n’y avait pas de lendemain. Quand l’oxygène vient à me manquer je me recule légèrement – mais pas trop. « Salut toi, tu m’as manquée, » je dis d’une voix rauque.

« Moi aussi, » elle a à peine le temps de dire avant que je l’embrasse à nouveau. Je suis tellement accro à ses lèvres.

« Oh pitié mesdames, tachez d’avoir fini de vous embrasser dans une heure, on va au ciné ce soir, vous vous souvenez ? » Lindsey dit derrière nous.

Je détache mes lèvres de Sara pour une seconde. « Oui m’man », je réponds à ma fille avant de me reconcentré sur les lèvres de ma belle.

« Psss….les ados j’vous jure, » Linds nous taquinent en retour. Sara et moi gloussons sans jamais cesser de s’embrasser alors que Lindsey se retire dans sa chambre.

Sara et moi nous embrassons passionnément, laissant nos langues s’ébattrent dans une danse sensuelles. Soudain Sara se retire, je me penche pour initier à nouveau le baiser mais elle m’évite, je la regarde confuse. « Cake…devoirs, » dit elle entre deux souffles.

« Ouais…ne sois pas trop longue, » je lui réponds en me reculant d’un pas par mesure de sécurité. Sara s’en va et se tourne vers la porte d’entrée. « Chérie…c’est dans l’autre sens, » je la préviens en gloussant légèrement. Je reconnais que l’orientation est une chose difficile quand on a le cerveau pris dans une brume hormonale.

« Oh ok, » elle secoue la tête et se dirige vers la chambre de Lindsey.

 

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Ce soir je ne travaille pas donc on avait décidé de se faire une sortie en famille, et comme Lindsey n’a pas arrêter de parler d’un film qu’elle devait ‘absolument voir’, on a opté pour un ciné puis un restau, ensuite Linds va dormir chez une amie. C’est une bonne soirée en perspective.

Quatre heures plus tard on est de retour à la maison, le film n’était pas aussi mauvais que je l’avais anticipé et on a dîner dans un restau très sympa, où Sara ne nous avait jamais emmené auparavant, c’était tout simplement génial.

« M’man, est ce que t’as vu mon top bleu ? » Lindsey demande en entrant dans le salon.

« Il est sur le haut de ta commode, » je réponds depuis le canapé.

« Ok, merci. »

« Hey mon cœur, je fais du café, tu en veux ? » Sara me demande de la cuisine. Je me lève du canapé et m’avance silencieusement vers elle. Je l’étreins, son dos contre ma poitrine et mordille gentiment le lobe de son oreille, elle gémit doucement en réponse.

« Je veux bien un peu de café s’il te plait, » je lui réponds enfin avant d’embrasser son cou.

« J’ai parlé à Travis aujourd’hui, » dit elle en exposant sa chaire à mes baisers.

« C’est vrai ? Comment va-t-il ? »

« Il est sur le point d’être à nouveau papa, deux fois, » elle me souris, j’arrête d’embrasser son cou et la regarde avec confusion.

« Deux fois ? »

« Oui, Karen attend des jumeaux, » elle m’annonce.

« C’est super ! » je ris un peu. « Il doit être heureux. »

« Oh oui comme un gosse en super, méga hyperglycémie » dit elle avant de m’embrasser. J’adore embrasser cette femme !

« M’man ! Je ne trouve pas mon top ! » Linds hurle depuis sa chambre. Si je n’aimais pas cette gosse je lui scotcherai la bouche parce qu’elle a toujours le pire timing possible.

Je soupire et embrasse le cou de Sara une dernière fois avant de rejoindre ma fille. « Je reviens. »

Quinze minutes plus tard, Linds nous embrasse avant d’accourir vers ses amis qui l’attendent dehors. Aussitôt que la porte se referme mes lèvres s’attachent à celle de Sara comme si elles  avaient été attirées par un aimant. Bientôt on titubent jusqu’à s’affaler sur le canapé sans pour autant rompre notre baiser.

On flirte de manière plutôt intense  et mon désire ne fait que grandir. Une de mes mains se faufile en dessous de son t-shirt et commence à caresser sa douce peau. Soudain Sara se retire et attrape ma main fermement « Stop, stop, » elle dit avec urgence avant de s’asseoir rapidement, elle manque de me faire tomber par terre par la même occasion. Je me dégage de ma position sur ses genoux et essaie de reprendre le contrôle de ma respiration. Elle s’éloigne aussi loin de moi que le canapé lui permet, elle a ce regard paniqué, comme si elle craignait que je lui fasse du mal.

Elle détourne son, regard et commence à se balancer légèrement, sa respiration est irrégulière et lourde. Ses mains tremblent violemment, elle ferme les yeux et tente de se calmer mais ça ne semble pas marcher. Je tend une main et effleure son épaule dans une timide tentative pour la rassurer mais elle se dégage brusquement au contact superficiel. « Non, ne me touche pas ! » elle m’ordonne. Je me sans blessée, mais je ne peux pas la blâmer pour avoir une crise d’angoisse. Elle couvre ses yeux avec le talon de ses paumes pour essayer de contenir ses larmes et se balance plus vivement. « Je suis désolée, je suis désolée, » elle murmure.

Maintenant que je sais de quoi son fait ses flash-back je comprends pourquoi elle rejette mon contact. Je ne peux même pas commencer à imaginer où son esprit l’a emporté, mais je dois la ramener à moi, là où elle est en sécurité.

« Mon cœur, tout va bien, » je la rassure, mais elle secoue la tête avec véhémence pour protester. Je suis perdue, je ne sais pas quoi faire ou quoi dire. Mais là encore, je ne peux rien faire si elle ne me le permets pas. « Est-ce que tu veux que je te laisse seule ? » je demande doucement. Encore une fois elle secoue la tête. Je prends une décision et pose à nouveau ma main sur son épaule, elle se tend à nouveau signe qu’il faut que je me retire mais je décide de rester. Je la prend dans mes bras, et la tient jusqu’à ce qu’elle se détende.

Elle m’étreint en retour et commence à pleurer. Je la berce gentiment, une fois calmer je l’emmène dans notre chambre, pendant un instant j’ai peur qu’elle aille s’isoler dans la chambre d’ami mais elle reste avec moi et j’en suis ravie. Elle s’endort rapidement, quant à moi je me contente de l’étreindre, je doute fort que je réussirais à dormir.

A chaque fois que je prends l’initiative d’aller un peu plus loin dans notre relation, il y a des signaux qui m’indiquent ‘trop tôt, trop rapide,’ la crise de Sara ne fait pas exception. J’espère que ça ne va pas aller en s’empirant et que c’était un évènement isolé.

Je me réveille au son de pleurs, je me tourne et constate qu’effectivement Sara est en train de pleurer. « Chérie, chérie, qu’est qui ne va pas ? » je lui demande, mais elle ne répond pas. Je l’appelle à nouveau deux fois avant de comprendre qu’elle est en train de dormir, je resserre mon étreinte et lui murmure des mots rassurants, espérant que ça la calmera.

Pitié, faites que ça ne recommence pas...

 

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Juste quand je commençais à me dire que tout allait pour le mieux, ça recommence. Les cauchemars de Sara sont revenus en force. Bien sûr elle m’en parle maintenant, mais ça ne l’empêche pas d’être distante, d’être tendue quant je suis proche et sur la défensive. Je me sens perdue parce qu’elle souffre, ça je peux le voir, mais je ne sais pas comment l’atteindre et la réconforter.

Elle pleure dans son sommeil, parfois elle a des sauts d’humeurs, d’autre fois elle pleure sans raison. Elle se réveille au beau milieu de la nuit et va pleurer silencieusement dans le salon, puis elle revient se coucher. C’est dur parce que je ne sais pas sur quel pied danser. Maintenant je comprends ce que voulait dire Travis quand il disait qu’elle aurait des phases bizarres.

« Je suis rentrée, » j’annonce en rentrant du boulot. J’ai trois heures de pause puis il faudra que j’aille chercher Lindsey et que je l’emmène à l’école. Je dépose mes affaires dans l’entrée « Chérie ? » j’appelle Sara et n’obtiens que du silence pour seule réponse. Je vérifie le courrier et me dirige vers le couloir pour me rendre dans ma chambre, je fronce les sourcils quand j’entends des bruits étranges.

Les sons deviennent plus clairs à mesure que je m’approche de ma chambre. Des sanglots…

J’entre dans la chambre et trouve Sara recroqueviller contre un mur, tremblante comme une feuille et pleurant à chaudes larmes. Je me précipite à ses côtés « Mon cœur ? Hey, qu’est ce qu’il se passe ? »

« Je…ne sais pas…tout… » elle tente entre deux sanglots. « Tout…allait bien…et ensuite…je ne sais pas… » ses sanglots s’amplifient tout comme ses tremblements. Je la prend dans mes bras et la berce gentiment.

« Je suis là. Essaies de te calmer. Respire mon cœur. »

Ok, je pense qu’il est temps de paniquer. Ce n’est pas bon, pas bon du tout et je refuse de retomber dans nos erreurs du passé, ça fait trop mal.

 

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« Allô ? »

« Travis ? Hey, c’est Catherine. »

« Hey, quoi de neuf ? C’est bon de t’entendre, » il répond sincèrement heureux.

« C’est bon de t’entendre aussi. Félicitations au fait, j’ai entendu la grande nouvelle. »

« Merci, je suis super heureux et tout excité ! »

« Ça  ne fait pas de doute. C’est vraiment génial, » dis je. Il me demande de mes nouvelles et des nouvelles de Lindsey, puis je m’enquiers de m’état de sa famille. On parle facilement et bien que je n’y aie jamais pensé, je dois dire que je suis vraiment heureuse de l’entendre.

« Comment va Sunshine ? » il change de sujet.

« Je ne sais pas vraiment. Pas très bien je dirai, » je réponds avec un soupir.

« Comment ça ? »

« Je me sens perdue et confuse. Je n’arrive pas à l’atteindre et… »

« Est-ce que t’abandonnes ? » il me coupe de façon rude. Son ton est froid, glacial même, comparé au ton chaleureux qu’il avait il y a encore deux minutes.

« Non, c’est juste que je ne sais pas où j’en suis et je ne sais pas quoi faire. Elle souffre et je ne sais pas quoi faire. »

Il soupire « Je ne peux pas te donner ce que tu attends de moi. Il n’y a pas un manuel d’instruction ou une liste d’attitude à adopter selon son humeur et tout le reste. J’aimerai que ce soit le cas, mais ça n’existe pas. »

« Je sais, c’est juste que je ne sais pas quoi faire. Et je sais que je ne supporterai pas cette situation longtemps parce qu’elle me fait mal. »

« C’est ce que je disais, tu laisses tomber » il déclare fermement.

« Ce n’est pas du tout ça. Je me sens juste perdue ok, » je réplique entre mes dents. Je suis frustrée par son attitude, je pensais que lui, mieux que quiconque aurait compris ce que je ressens, il faut croire que je me suis plantée.

« Je t’ai prévenue. Je t’ai dit que ça ne serait pas facile, et maintenant tu agis comme si tu n’en avais aucune idée. »

« Ce n’est pas ce que je suis en train de dire ! »

« Tu m’as dit que tu étais prête à tout affronter, et là, première complication et tu baisses les bras. »

« Ce n’est pas facile et ça me fais souffrir et je ne pense pas pouvoir affronter ça de nouveau. »

« Depuis quand est ce que les relations sont sensées être simple ? Donc si je te comprends bien, tu es seulement là pour les bons moments. Ben putain c’est du joli. »

« Tu es en train de déformer mes mots, je n’ai pas… » je commence à protester.

« Mais écoute toi un peu ! Tu geins parce que ce n’est pas simple. Un petit obstacle sur la route et tu abandonne, » il prends une voix nasillarde.

« Ce n’est pas un petit obstacle, c’est un satané mur ! » je m’écrie.

« Et alors ? » il crache en retour.

« Et alors ? » je répète abasourdie.

« Oui, et alors, Catherine ? Il y a un mur, oh la belle affaire. S’il y a un mur tout construis une échelle pour passer par-dessus, tu creuses un trou pour passer en dessous, merde,  tu le frappes de tes poings jusqu’à ce que le sang vienne si c’est ce qu’il faut pour le briser ! » dit il avec véhémence. « Pour le meilleur et pour le pire, est ce que ça signifie quelque chose pour toi ? C’est comme ça que ça doit se passer. Mais tu sais quoi. Tu as raison de laisser tomber, au moins tu te préserves et c’est le plus important, n’est ce pas ? Tous tes mots n’étaient au final que ça, des mots. Au moins, maintenant on sait que tu n’as pas la carrure pour ça. Alors tu as raison de laisser tomber c’est pour le mieux. Tu sais… »

Mais pour qui est ce que ce connard se prend  pour me parler comme ça ?! Comme si j’étais une lâche ? J’étais énervée mais là, il m’a donnée la rage ce con. « La ferme ! Ça  suffit d’accord ! Tu ne me connais pas ! Je suis déterminée, têtue comme un mule, je suis une battante et s’il y a bien des mots dont je ne connais pas la signification c’est ‘laisser tomber’ ! » je réplique férocement, je peux sentir la rage me brûler les veines.

« Tu es sure de ça ? Parce que tu  me donnes l’impression d’être une dégonflée, » il dit sur un ton arrogant.

« Je suis une battante, pire, une furie, » je dis les dents serrées.

« Alors tu vas te battre ? »

« Et comment ! »

« Tu sais tu n’as qu’à dire trois mots et je suis dans le prochain avion. Trois petits mots ‘je laisse tomber’, aller, trois mots et je viens. Trois heures et l’équipe de secours sera là » il rétorque et je peux entendre le rire narquois dans sa voix. Il m’agace au plus haut point.

« J’emmerde l’équipe de secours, je n’ai pas besoin d’elle. »

« Tu es sure que tu vas te battre pour ça ? »

« Oui », je dis fermement.

« Dans ce cas, montres moi ce dont tu es capable, » il me met au défi d’un voix méprisante.

« Regarde et prend note petit, parce que tu ignore encore qui est Catherine Willows ! » et sur ce je raccroche.

 

Enfoiré.

 

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Sara est assise dans la cuisine avec un verre de lait devant elle, je m’assois à côté d’elle sans un mot. Je suis sur le point de dire quelque chose quand elle me prend de court. « Est-ce que tu veux que je retourne dans mon appartement ? »

« D’où tiens tu cette idée ? » je lui demande confuse par sa question.

« Je sais que cette situation t’affecte. J’aimerai pouvoir t’expliquer ce qu’il se passe mais je ne le peux pas, parce que pour être franche, je l’ignore moi-même. Si tu penses qu’il vaut mieux que je gère ça avant… »

« Est-ce que tu veux retourner dans ton appartement ? » je la coupe. Elle me regarde avec incertitude. Elle hausse les épaules mais ne répond pas. « Tu as raison, cette situation m’affecte. Je n’aime pas te voir souffrir et ne pas être en mesure de t’aider. Mais ça ne veut pas dire que je vais laisser tomber aussi facilement. Maintenant si tu pense que tu as besoin d’espace et que de retourner dans ton appartement t’aideras, je ne vais pas dire que ça me ravie mais je suis prête à faire un compromis, parce que ce qui m’importe c’est que tu sois ok. Mais je ne vais pas t’offrir une issue de secours, » je m’arrête et lui laisse le temps de procéder mes mots avant de continuer. « Je t’aime, pour le meilleur et pour le pire. Je veux que tu garde ça en tête. »

« Je veux être avec toi. Je veux aller bien, » elle répond après un long silence.

« Dans ce cas, on va s’en sortir, en travaillant toutes les deux sur le problème, » je lui dis en la prenant dans mes bras.

Plus tard quand Sara est endormie je passe un coup de fil. Plus tôt je croyais avoir besoin qu’on me tienne la main et me guide. Mais au final ce n’est pas du tout ce dont j’avais besoin, et il y a une personne qui le savait.

« Allô ? »

« Merci de m’avoir mis un coup de pied au cul tout à l’heure, » je dis tout simplement.

Même si je ne le vois pas je sais que Travis arbore un sourire en coin. « Pas de problème. »

« Ouais, enfin n'en prends pas l’habitude non plus sinon je devrais te mettre mon pied au derrière à mon tour. »

« J’essaierai de m’en souvenir, » il ricane doucement.

J’ai l’impression qu’il est sur le point de raccrocher alors je l’appelle à nouveau  « Travis ? »

« Oui ? »

« J’ai brisé le mur au fait. »

« Un de briser, bien joué, mais il y en a encore plein qui t’attendent. »

« Un jeu d’enfant !» cette fois c’est moi qui ricane et sur ce je raccroche.

Je sais que ce ne sera pas facile, je sais que je risque de souffrir dans la foulée, mais je ne vais certainement pas laissé tomber Sara, nous laisser tomber.

 

 

Chapitre 85 : Sara

 

Je vais mieux à mesure que les jours passent. Je n’ai plus autant de crise sans raison. Je dois dire que le fait de parler avec Cath – quand bien même c’est extrêmement difficile – m’aide beaucoup. Maintenant on partage un lien plus fort et plus intense qu’auparavant, ce n’est tout simplement pas comparable à ce qu’on avait avant, c’est bien mieux à tous les niveaux.

Etre en mesure de parler librement sans avoir peur de perdre la personne qu’on aime est un vrai don.

 

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Je suis chez Nancy, sa voiture est en panne alors elle m’a demandé d’y jeter un coup d’œil. On passe notre temps à rire plus qu’autre chose.

« Je suis contente que les choses aillent mieux entre Cath et toi, » elle dit soudain sans introduction.

« Ouais, on prend les choses doucement. »

« Doucement, c’est bien, » elle me sourit. Elle m’étudie pendant un long moment avant de reprendre la parole. « Qu’est ce qui ne va pas ? »

« Je pense que c’est ton moteur, je crois que c’est à cause de… »

« Je ne suis pas en train de parler de la voiture, » elle me corrige, je la regarde en fronçant les sourcils, elle se contente de pencher légèrement la tête comme pour me dire ‘tu sais ce que je veux dire.’

Je soupire. « Je ne sais pas. J’ai l’impression de ne plus savoir comment faire, » j’essaie d’expliquer.

« Faire quoi ? »

« L’aimer, je suppose. »

« Mais tu l’aime n’est ce pas ? Pitié dis moi que tu n’es pas en train de jouer avec ses sentiments parce que si c’est le cas… » elle dit avec véhémence.

« Hey, je l’aime, je l’aime vraiment, » je la coupe.

« Alors quoi ? Je ne comprends pas. »

« J’ai l’impression de ne pas l’aimer de la bonne manière. Tu vois, avant je savais quoi faire et tout semblait bien. Maintenant tout est confus, je ne me comprends pas et je ne sais pas quoi faire. Il y a constamment des questions qui tourbillonnent dans ma tête et mes sentiments sont maladroits, presque…incomplets. Je ne sais pas comment te l’expliquer. C’est comme si mes sentiments étaient enfermés dans une cage, et j’ignore comment ouvrir ce satané truc alors j’ai l’a sensation de me retenir et quelque part c’est le cas, » je lui dis franchement.

Bien sûr, Cath et moi allons de l’avant, mais cela n’empêche que je me sente perdue. Quelque chose est différent, mais je ne sais pas quoi. Peut être que je suis parano, mais je ne pense pas que ce soit le cas. Je sais que je ne suis pas en osmose avec moi-même, c’est comme si je m’étais réveillée dans le corps de quelqu’un d’autre. Et vu que je n’ai pas le mode d’emploi, tout va de travers la plupart du temps et c’est très frustrant.

« Ben, tu devrais te demander pourquoi est ce que tu n’es pas complètement investie dans cette relation. Trouve ce qui te retiens, et procède doucement en partant de là. Ce que je veux dire c’est que tu es une scientifique, alors en étudiant les preuves tu devrais pouvoir trouver le problème. »

Je crois qu’il ne me reste plus qu’à analyser les preuves...

 

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Je suis sortie avec Robin aujourd’hui, on s’est beaucoup rapprochés depuis qu’il m’a tatouée, c’est vraiment un type sympa. J’ai beaucoup réfléchie depuis ma conversation avec Nancy et j’ai trouvé au moins une chose qui me retenait. Alors j’ai passé la semaine à tout régler ou en tout cas à prendre les dispositions qui s’imposent.

Quand je reviens à la maison Cath est en train de faire les cent pas dans le salon. Elle ne remarque pas ma présence alors je décide de m’asseoir sur le canapé.

Cinq minutes s’écoulent sans qu’elle ne dise rien, puis soudain elle cesse de tourner en rond et me regarde. « Appelle moi parano, mais j’ai le sentiment que tu me cache quelque chose et je ne le supporte pas. Je pensais qu’on avait fait des progrès dans le département de la communication, mais je ne supporterai pas que tu recommence à me repousser comme avant. »

Je prends une grande inspiration. J’espérais avoir plus de temps pour me préparer à cette conversation, mais je n’aurai pas ce luxe apparemment. « J’ai décidé de vendre mon appartement. Robin en cherchait un alors j’ai décidé de le lui vendre. »

« Quoi ? » Catherine s’exclame avec une expression choquée, apparemment elle s’attendait à autre chose.

« Je sais que c’est le genre de décision dont on aurait dû discuter ensembles auparavant mais quelque part je ne le voulais pas. J’avais peur que tu me persuades de ne pas le faire, que tu me dises que c’est trop tôt ou je ne sais quoi. J’avais peur d’avoir cette conversation pour beaucoup de raisons stupides. Je suis désolée d’avoir gardé ça pour moi, » je me lève pour la rejoindre. Je la regarde et pour une fois j’aimerai être douée avec les mots.

Elle est assurément confuse par ma décision. Je profite du fait qu’elle soit encore sous le choc pour essayer de m’expliquer.

« Il y a une chose que notre rupture m’a faite comprendre, ‘chez moi’ c’est là où Lindsey et toi vous trouvez. Les choses sont lentement en train de revenir à la normales et je ne veux pas les précipitées. Mais j’ai juste pensé que je ne pouvais pas vraiment aller de l’avant parce que mon appartement me retenait, c’était une issue de secours, un filet de sécurité au cas où. J’ai compris que si je voulais que ça marche entre nous, il fallait que je me débarrasse de mon harnais de sécurité et que je prenne des risques. Je suis prête à prendre des risques, risquer tout pour être avec toi et faire en sorte que ça fonctionne et… »

« Tu emménage définitivement ? » elle me demande soudain.

« Si c’est d’accord avec toi, oui. Si tu penses que je devrais attendre je peux encore faire patienter Robin parce que… »

Je n’ai pas la chance de finir ma phrase car elle est en train de m’embrasser si fiévreusement que j’en ai la tête qui tourne. « Alors…je suppose que ça veux dire que c’est une bonne chose, » j’ajoute toute essoufflée.

« Il n’y a aucun doute à avoir  » elle sourit avant de m’embrasser à nouveau.

 

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« Tu n'es pas sensée être au lit ? » je demande, bien que je ne la vois pas je sais que Cake est proche.

« Comment est ce que tu sais que je suis là ? Je n’ai pas fait un seul bruit, » dit elle en sortant de sa cachette.

« Supervision, » je réponds simplement et elle roule ses yeux en réponse. « T’en veux un peu ? » je lui demande en faisant référence au pot de crème glacée dans mes mains.

« Il est presque 1h du mat’, » déclare-t-elle.

« Je sais, mais ce n’est pas la question, » je peux la voir hésiter et je ricane doucement. « Ecoute, si ta mère demande, je t’ai forcé la main. »

Elle glousse et attrape une cuillère avant de s’asseoir à mes côtés. Elle commence à manger en silence, elle semble préoccupée et regarde régulièrement par la fenêtre.  Il y a un violent orage, la pluie tombe en abondance et des éclairs fendillent les airs à intervalles irréguliers, comme je l’ai dit, un violent orage. « Bon, pourquoi est ce que tu ne dors pas ? » je lui demande après un long silence.

Elle me regarde brièvement puis tourne son attention sur sa cuillère comme si elle n’avait jamais rien vu d’aussi intéressant. « Je… » quels que soient les mots qui sont sortis de sa bouche, ils étaient inaudibles.

« Quoi ? »

« Ecoute, c’est embarrassant, » elle soupire. « J’ai peur de orages, ok ?!  Je me sens comme un bébé ! Je sais que je ne devrais pas avoir peur à mon âge, mais c’est le cas, » elle confesse rapidement.

« J’ai peur de l’orage, » je déclare avec un haussement d’épaules.

« Ouais, bien sûr. »

« C’est vrai, je n’aime pas vraiment l’obscurité non plus, et parfois je fais des cauchemars. »

« T’es sérieuse ? » elle me demande avec surprise.

« Oui, évidemment. »

« Mais t’es une adulte. »

« Ouais, ben, être adulte, ça ne t’empêche pas d’être humain, » je ricane. « Bon c’est sûr que ça aide pour gérer tout ça, et tu peux manger de la glace à n’importe quelle heure sans craindre des réprimandes. »

Elle rit doucement. « Ouais, c’est cool, » dit elle avant de reprendre une cuillère de glace. « Pourquoi est ce que tu ne dors pas ? »

« Il y a beaucoup de choses qui me pèsent. »

« Comme quoi ? »

« Ben… »

Je ne sais pas comment m’exprimer. Et je suis sur le point de parler de mes problèmes relationnels avec une ado de treize ans. Bon d’accord il s’agit de Cake, mais quand même. Bon essayons, de parler par images.

« Disons que tu as une amie, une comédienne. Elle a joué le même rôle pendant trois mois et c’était brillant, vraiment brillant. »

« Comme toi et Travis sur la vidéo ? » elle me coupe.

« Je suppose oui, » je souris en coin. « Bref, ton amie vient de faire une longue pose et maintenant elle doit à nouveau rejouer ce rôle, seulement, cette fois quelque chose cloche. Ce n’est pas comme avant, et elle n’arrive pas à trouver l’émotion qu’elle avait auparavant. Alors elle vient te voir et te dit ‘j’ai l’impression d’être différente, je ne comprends pas ce qui cloche, et c’est la confusion’. Qu’est ce que tu lui répondrais ? » je dis, en espérant qu’elle ait compris mon point.

Cake fronce les sourcils et réfléchit à ce que je viens de dire. « Tu es stupide, » elle déclare. Ok, pas vraiment la réponse que j’attendais. « Je veux dire, maman m’a dit qu’on était quelqu’un de différent chaque jour parce qu’on apprenait quelque chose de nouveau chaque jour ou parce qu’on fait des erreurs. C’est le principe de ‘grandir’. Regarde moi, je n’avais pas peur de l’orage avant mais maintenant ça me terrifie parce que ça me rappelle l’accident. Tu sais quand papa est mort, » elle murmure. « Je ne l’ai jamais dit à maman, mais quand il pleut comme ça et qu’on est en voiture, j’ai peur que ça recommence. »

Elle reste silencieuse pendant un moment. « Bref, le fait est que tu changes tous les jours. Si elle ne se sent pas aussi bien qu’avant c’est parce qu’elle s’y prend mal. Elle devrait essayer de jouer son rôle avec ses émotions d’aujourd’hui et non pas celles d’hier. Je suis sure que tout ira mieux après, » elle dit avant d’hausser les épaules et d’avaler une nouvelle cuillère de glace.

C’est drôle comme un nouveau point de vu peut tout changer. Quand on est adulte on tend à créer des complications alors que quand on est gamin on tend à les éviter, étrange comme va la logique.

Je me sens différente dernièrement et je ne pouvais pas mettre mon doigt sur la raison pour laquelle je me sentais comme ça. Maintenant je le sais. J’essayais d’être comme avant  au lieu d’être moi tout simplement. Tout est différent maintenant, je suis différente, ma relation avec Catherine est différente et cependant je ne l’avais pas accepté. Au lieu de ça je regardais derrière. C’est comme si j’avais vu flou pendant des mois et que maintenant quelqu’un levait le voile qui me bloquait la vu.

Je me lève légèrement et embrasse le front de Cake. « T’es une génie, » je lui dis avec un sourire stupide. Elle me regarde comme si j’étais dingue.

« Ok, si tu le dis, » elle murmure.

On continue à discuter un peu, elle me parle de ses nouveaux amis Eric et Eleanor – qui préfère qu’on l’appelle Elie, ils sont jumeaux, ils viennent juste d’emménager et elle s’entend bien avec eux. Je suspecte qu’elle a le béguin pour Eric si  le rose sur ses joues est une indication. Bientôt  Cake baille. « Ok, il est temps d’aller au lit babycake, » je dis en me levant pour nettoyer la cuisine. « Oh et n’oublie pas de te brosser les dents. »

« Oui m’man. »

« Morveuse, » je ricane.

Après une minute ou deux Cake revient dans la cuisine et me prend silencieusement dans ses bras. « Je ne te l’ai pas dit avant mais je suis vraiment heureuse que tu sois revenu à la maison, » je la serre légèrement. « Bonne nuit. »

Je lui embrasse le crâne avant de lui ébouriffer les cheveux. « Fais de beaux rêves babycake. »

Une fois la cuisine propre, je croise Cake dans la salle de bain quand on se lave les dents puis on va dans nos chambres respectives. Aussitôt que je suis dans le lit Cath se love contre moi et je lui embrasse gentiment le front.

« Si elle est fatiguée parce qu’elle était en hyperglycémie toute la nuit je serais en colère, » dit elle avec une voix lourde de sommeil et nonchalante. « J’espère que tu lui as fait se laver les dents avant de retourner au lit. »

« C’est le cas. »

« Bien, » dit elle en arrangeant sa position dans mes bras. « Et t’as intérêt à me racheter un pot de glace. »

« Je sais. Tu devient grincheuse quand tu n’as pas ta dose de sucre. »

« Et comment. »

Elle resserre son étreinte, et comme elle ne dit plus rien je suppose qu’elle s’est rendormie. Je me contente d’apprécier notre proximité. Je suis sur le point de m’endormir quand sa voix résonne. « Sara ? »

« Oui ? »

Elle m’embrasse le cou. « Je t’aime, » et sur ce elle se rendort.

Je ne peux empêcher le sourire stupide sur mes lèvres avant de rejoindre Morphée.

 

 

Chapitre 86 : Catherine

 

Je suis sur le perron du jardin avec un mug de café dans le main, je regarde Linds jouer avec ses nouveaux amis et Jeremy dans le jardin. On a un après midi ensoleillé, ce qui est plutôt surprenant vu l’orage qu’il y a eu hier soir.  Deux bras affectueux viennent m’entourer la taille, je sursaute légèrement mais me détends aussitôt. Instinctivement je m’appuie contre le corps derrière le mien et je suis récompensée par un tendre baiser sur mon cou.

« Salut toi, » dit Sara. On observe les enfants ensembles sans dire un mot, écoutant leur rire et leur voix vibrantes. On est revenues de chez Nancy il y a une heure, là bas on a partager un bon déjeuner, et à ma grande surprise Warrick était là lui aussi, apparemment c’était pour le remercier pour quelque chose –  mes sens de CSI me disent qu’il y a quelque chose de plus qui se cache.

« Je pense qu’il y a quelque chose entre Warrick et Nancy, » je déclare.

« Toi aussi, hein ? »

« Ben au déjeuner j’ai trouvé qu’ils étaient…proche, je dirais. Je ne pense pas qu’ils soient ensembles, ou du moins pas encore, mais ma sœur était comme une écolière, » je ricane.

« Ouais, l’autre jour quand je réparais la voiture de Nancy, il est passé. Il lui enseigne les échecs apparemment. J’ai trouvé qu’il y avait une alchimie entre ces deux là, et j’ai au la suspicion qu’ils étaient ensembles ou en tout cas qu’ils étaient en passe d’être ensembles. Et si ça peut te rassurer, Nancy n’est pas la seule à avoir le béguin. »

Ah oui, les échecs, je me souviens que Nancy  m’a demandé si je connaissais des joueurs il y a quelque temps. Warrick et Sara étaient les seuls joueurs sûrs que je connaissais. Ça explique comment ils se sont rapprochés, non pas qu’ils n’étaient pas proche avant, après tout Warrick est un des piliers de la famille Willows depuis des années.

« Tu es d’accord avec ça ? » Sara me demande après un moment en me tirant de ma rêverie.

« Hmm ? »

« Je t’ai demandé si tu étais d’accord avec l’idée que Nancy et Warrick soient ensembles, » elle répète avec un léger rire.

J’hausse les épaules. « Rick est quelqu’un de bien, je lui fais confiance avec ma vie. Il est mon meilleur ami et je sais qu’il pourrait la rendre heureuse. Donc…je pense que c’est une bonne chose. Et puis Nancy a généralement bon goût en ce qui concerne les hommes, elle n’est pas du genre à se faire marcher dessus, je pense qu’ils sont fait l’un pour l’autre. S’ils se mettent ensembles je mettrais un point d’honneur à ce que Warrick sache que s’il déconne avec elle je le réduirai en bouilli, mais à part ça je serais heureuse pour eux, » une fois de plus Sara ricane et je peux sentir  son rire se réverbérer contre mon dos.

Je me tourne vers elle et l’embrasse, elle me sourit en réponse, puis on continue à parler tout en regardant les enfants dans le jardin.

 

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J’ai été très absente de la maison dernièrement, et quand j’étais là je ne restais que quatre heures max, juste le temps de récupérer un peu, de prendre une douche et de me changer avant de repartir au boulot. Je suis tellement fatiguée que je me demande comment j’arrive à supporter mon propre poids et rester debout, je me traîne jusqu’à ma chambre, prend une douche et m’engouffre dans le lit pour dormir proprement depuis je ne sais quand. J’ai quand même eu le temps de passer deux heures en compagnie de Linds avant que Sara ne l’emmène chez ses amis pour le week-end.  Je n’ai pas eu de temps avec Sara mais je me rassure avec le fait qu’on sera seules pour le week-end et que je suis de congé.

Elle s’est un peu repliée sur elle-même dernièrement, mais je l’ai laissé gérer ce qui la dérangeait toute seule comme une grande vu qu’elle ne voulait pas partager ça avec moi. Puis la semaine dernière, la nuit de l’orage je l’ai surprise en train de parler – et de manger de la glace de surcroît, avec Linds dans la cuisine. Pour être franche je n’était pas trop contente au début, mais ensuite je n’ai pas eu le cœur à briser par leur moment. Bref, depuis ce jour elle semble avoir trouver une solution à son problème. Elle est toujours un peu maladroite à mes côtés mais ce n’est pas grave, je lui laisse du temps et de l’espace, parce que j’ai appris que parfois c’est tout ce dont elle a besoin.

Oui, j’apprends à être patiente, c’est dur vu que ça n’a jamais été mon point fort, mais je fais de mon  mieux, et je dois dire que je suis fière de moi jusque là. 

 

xxxxx

 

Je me tourne sur les côtés et cligne des yeux, c’est là que je vois Sara en train de m’observer silencieusement. Après plusieurs essais j’arrive enfin à ouvrir les yeux complètement. Je me sens beaucoup mieux maintenant que j’ai dorme.

« Hey, » dit Sara.

« Hey. Ça fait combien de temps que tu me regardes ? »

« Je ne sais pas, un moment, une heure ou deux, peut être plus. Tu es vraiment magnifique quand tu dors, » déclare-t-elle et je ne peux m’empêcher de sourire. Je suis sur le point de me redresser et de m’approcher d’elle quand elle m’arrête.

« Non. Ne bouge pas s’il te plait, » je suis un peu surprise par sa requête mais j’obéis quand même. Elle a un sourire subtil qui joue sur ses lèvres. « Est ce que tu t’es bien reposée ? »

« Oh oui, » je soupire avec satisfaction avant de m’étirer un peu. « Ça  m’a fait du bien, le boulot m’a complètement épuisé ces derniers jours. Tu n’as pas idée à quel point je suis contente d’avoir les trois prochains jours de congé »

« Si, si je peux imaginer, je sais que je suis heureuse que tu ais tes trois prochains jours de congé parce que tu m’as beaucoup manquée, » elle dit avec franchise, et je sourit à la chaleur de ses mots.

Elle me raconte ce qu’il s’est passé ces derniers temps, on parle de Linds, de tout, de rien, de notre vie domestique. C’est bon d’avoir de la stabilité dans sa vie, ça me donne l’impression d’être normal et c’est bon de rentrer chez moi et de retrouver ma famille.

J’aime parler avec Sara. Elle a toujours les mots justes, elle ne me dit pas ce que j’ai envie ou veux entendre, mais elle dit toujours quelque chose qui me fait savoir que je suis comprise. Je pense qu’avant on n’avait pas ça, bien sûr on parlait mais c’était différent. Maintenant je me confie à elle sans avoir peur de me sentir à nue. On est ouverte l’une avec l’autre et on parle de tout. Je parle de mon passé et lui dit des choses que je n’ai jamais dites à personne, et même si elle n’est toujours pas complètement à l’aise, elle me parle de son passé et réponds à toutes les questions que je lui pose à ce propos. Ça m’aide à comprendre ses tourments, ses cauchemars et ses crises – bien qu’elle n’en ait plus autant qu’auparavant. Je suppose qu’on apprend à redevenir intimes.

Je me sens privilégiée de connaître Sara, de vraiment la connaître. Et je ne peux pas mettre des mots sur ce sentiment. J’ai l’impression d’être sur le toit du monde, de connaître Sara, de l’aimer et d’être aimée par elle en retour, ce sont les meilleures choses de ma vie.

« …bref, il nous reste à signer les papiers, faire le changement d’adresse à la poste et ensuite cette maison sera officiellement ‘chez moi’, » dit Sara avec un sourire.

« C’est génial. On devrait faire de la place pour tes meubles. »

« Ben, j’en laisse à Robin, j’en envoie à mon frère en Californie, donc on ne devrait pas avoir besoin de trop de place. Je pensais à donner un des lits à Lindsey, vu que le sien devient presque trop petit pour elle, et que de toute façon, elle voudra mieux bientôt. »

« Je suis sure qu’elle sera contente, » je lui prend une main et l’embrasse. « Je ne peux pas te dire à quel point je suis heureuse que tu emménage définitivement. »

Je suis bien réveillée maintenant, mais je passe un trop bon moment pour bouger. Je pourrais parler pendant de longues heures avec Sara sans avoir besoin de plus.

Je sens le regard insistent de Sara sur moi. Il y a quelque chose de nouveau chez elle. Il y a une étincelle dans ses yeux, une étincelle de malice, comme pour dire qu’elle a un secret. Elle semble être en accord avec elle-même, je ne l’avais pas vu aussi détendue et à l’aise depuis longtemps. « Quoi ? » je lui demande gentiment. Elle devient sérieuse à cet instant et j’ai l’impression qu’elle peut voir mon âme avec son regard tellement intense.

« J’ai eu un comportement bizarre dernièrement. Je sais que mon attitude prêtait à confusion et pour être honnête j’étais confuse moi-même. J’étais confuse par mes sentiments. Je ne savais pas trop ce que je ressentais et ça m’affectait beaucoup. Je me sens…non je sais que je suis différente depuis que je t’ai tout dit et c’est comme si tout était nouveau pour moi. Et la semaine dernière j’ai eu une épiphanie. J’ai réalisé que j’étais amoureuse de toi. »

Je crois que mon cœur vient d’arrêter de battre. C’est la première fois qu’elle me fait part de ses sentiments aussi clairement depuis qu’on s’est remises ensembles. Elle m’aime. Bon je le savais, mais l’entendre le dire c’est tellement différent.

« Ça  peut sembler absurde mais cette réalisation m’est tombée dessus comme une tonne de briques. Cet amour, était confus parce que je n’avais jamais ressentit quelque chose de pareille avant. Mes sentiments sont si forts et puissant qu’ils me coupent le souffle…quand je te vois chaque respiration que je prends est pleine de ce sentiment vibrant et il me parcourt le corps en me secouant avec toute cette… passion, tout cet amour pour toi. C’est comme si mon cœur était prêt à exploser tellement il déborde d’amour et ce sentiment ne fait que grandir tous les jours et m’engouffre complètement, mais ça ne me dérange pas parce que je me sens bien, extrêmement bien. »

Respire Cath, respire. C’est simple, vraiment, inspire et expire – comment est ce que je faisais avant ?

« Je n’ai jamais aimé personne comme je t’aime. Je crois même que ‘amour’ est un bien piètre mot pour décrire ce que je ressens pour toi, pour décrire ce sentiment ardent qui me consume. L’amour est petit comparé à ce que tu me fais ressentir. Je t’aime de tout mon être, avec toutes les fibres de mon corps, mon âme, tout ce qui fait que je suis moi. Je t’aime de tout mon être, et je veux passer le reste de ma vie à te montrer ce que tu me fais ressentir, parce que je veux que tu le ressente toi aussi, » elle confesse avec un immense sourire. « Je suis amoureuse de toi Catherine. »

Wow, j’attendais ce moment et il est encore mieux que ce que j’avais imaginé. J’avais peur que les choses aient changées pour le pire. J’étais ouverte avec mes sentiments alors que ce n’était pas son cas et ça m’inquiétait. Mais maintenant…maintenant…je ne pense pas qu’il y ait des mots pour décrire ce que je ressens. Je suis contente d’être allongée parce que si j’avais été debout je me serais littéralement retrouvée sur le cul.

« Est-ce que je peux t’embrasser ? » Sara demande. Je suis surprise par sa question, il y a quelque chose de si fiévreux dans son regard que s’en ait effrayant, quelque chose qui me dit que ça sera différent de tous les baisers qu’on a pu échanger jusqu’ici. Je me contente d’hocher la tête car je pense que ma voix m’a désertée. Sara s’approche et embrasse mon front, mes paupières, mon nez, mes joues, mon cou et enfin mes lèvres. Ses baisers sont légers et pourtant électriques, à tel point qu’ils brûlent ma peau au passage. J’ai peur des réactions de mon corps, parce que si de si petits contacts ont un tel effet sur moi je ne sais pas si je pourrais survivre à plus.

« Est-ce que je peux te toucher ? » elle me demande sans me quitter des yeux. Ok, ses mots viennent juste de faire mon cœur faire un 360° à grande vitesse. Une fois encore j’hoche la tête, trop concentrée sur ma respiration pour parler. Une de ses mains se perd dans mes cheveux, puis elle descend sur mon visage et me caresse délicatement comme si j’étais une œuvre d’art. je ferme les yeux au contact. Elle laisse sa main voyager le long de mon bras puis revient à mon visage.

Ca m’a manqué. Ses mains sur moi ont toujours été les plus tendres et chaleureuses des caresses. C’est comme si je sentais ses mains pour la première fois sur moi, je crois que je pourrais pleurer de pur plaisir.

Elle se penche et m’embrasse à nouveau mais avec plus d’intensité cette fois. Oh mon dieu. La combinaison de son baiser avec ses caresses est tout simplement…wow. Elle vient d’allumer un feu en moi. Je ressens tout au centuple, comme jamais auparavant. Je pense que le fait que je n’ai pas eu de contacts de ce genre avec elle depuis longtemps ne fait qu’amplifier toutes ces sensations.  Ses mains dessinent mes courbes méticuleusement et doucement, sa langue danse sensuellement avec la mienne. Dieu que c’est bon.

Elle se recule légèrement pour me regarder à nouveau avec un regard que je ne lui ai jamais vu. « Est-ce que je peux te faire l’amour ? »

Mon souffle m’échappe à ses mots. Je chavire. Je vole, je nage dans le plaisir le plus pur rien que d’y penser. Est-ce qu’elle peut me faire l’amour ? Est-ce que c’est une question ?

Une fois encore j’hoche la tête avec éloquence. Je n’ai pas bougé d’un pouce depuis qu’elle a commencé à me toucher. Mon cerveau semble être parti en vacances, mon corps ne me répond plus, non a cet instant présent, il ne répond qu’à Sara.

Elle se positionne au dessus de moi tout en m’embrassant, quand elle me regarde à nouveau je me demande si je serai en mesure de supporter toute la passion qui se lit dans ses yeux. Je sens sa main s’introduire sous mon t-shirt et mon souffle se coupe à la chaleur de son contact. Je crois que je suis sur le point d’avoir un orgasme juste par ce simple contact. Ma respiration est laborieuse alors que ses mains continuent leur exploration.

Elle m’embrasse avec intensité, je la tiens fort souhaitant pouvoir la toucher un peu plus. Mes mains se faufilent sous sa chemise, elle prend une inspiration puis rompt notre baiser, pendant une seconde j’ai peur d’être aller trop loin, trop vite mais la façon dont elle me regarde, avec un désir ardent au fond des yeux, me dit que je ne suis pas la seule à vouloir plus.

Elle se redresse et s’agenouille au dessus de mes jambes. Je la suis et me retrouve face à elle en position assise.  J’attrape les pans de sa chemise et commence à la déboutonner mais mes mains tremblent trop et j’échoue dans ma quête. Je la regarde presque avec détresse face à mon incapacité à la déshabiller. Elle rit doucement. Je la désire tellement que j’en tremble. Elle arrête mes mains d’un geste doux, puis elle saisit les côtés de sa chemise et la passe au-dessus de sa tête – c’est une autre solution.  Elle ne porte pas de soutien gorge, et ses seins sont exposés à mes yeux avides. Une fois encore j’oublie comment respirer à la vision de sa peau. J’ai l’impression de la voir pour la première fois.

Elle concentre toute son attention sur moi. Ses mains s’agrippent à mon t-shirt, puis elle les traîne sur ma peau lorsqu’elle m’ôte  mon t-shirt. Une de ses mains se pose sur mon visage et trace mes lignes délicatement. Sa main descend sur ma gorge, sur ma poitrine et mon estomac dans un mouvement lent. Je ferme les yeux et me concentre sur les sensations que fait naître sa main. La chaleur de sa palme se rapproche de mon sein avant qu’elle ne la pose complètement dessus. J’étouffe un gémissement alors qu’elle pose son autre main sur ma hanche pour me rapprocher d’elle.

Puis sa bouche se pose sur mon cou, là elle y embrasse, mordille et taquine ma peau de ses lèvres avant d’embrasser ma mâchoire et mes lèvres à nouveau. Je suis envahie par des milliers de sensations en même temps. Je ne sais où concentrer mon attention, sur ses mains, sa bouche ou sur ma respiration. Tout ce que je sais c’est que je veux plus, j’ai besoin de plus.

Mes mains, s’attaquent aveuglément aux boutons de son jean. Une fois de plus elle rompt notre étreinte, me laissant brûlante de désire. Elle se lève du lit et se débarrasse de ses pantalon et sous vêtements. Aussi difficile à croire que cela soit j’avais oublié à quel point elle était belle, la vision de son corps nu me coupe le souffle.

Puis elle revient sur le lit, cette fois elle tire sur mon bas de pyjama et embrasse chaque nouveau centimètre de peau qui s’offre à elle.  je suis à moitié allonger, soutenu par mes coudes, je la regarde me déshabiller. Une fois délestées de nos vêtement elle se repositionne au dessus de moi, et bien que nos peaux ne se touchent pas encore je peut sentir la chaleur qui émane de son corps. Elle s’abaisse et je gémis alors que j’ai l’impression de fondre lorsque sa peau touche enfin la mienne. Ses yeux sont fixés sur les miens alors que sa main gauche recommence l’exploration de mon corps.

Mon cœur bât si fort que je suis sure qu’elle peut le sentir contre sa propre poitrine. Ma peau me brûle avec un désir fiévreux, je n’ai jamais rien ressentis de tel. Mes mains sont sur son dis et se serrent et desserrent comme par réflexe, mes ongles s’enfonçant plus ou moins profondément dans sa peau.

Sara me regarde, attentive à la moindre de mes réaction. J’halète et gémis à ses caresses. Puis elle suce la chair de mon cou au niveau de ma jugulaire. Quand sa bouche trouve un point sensible derrière mon oreille et qu’elle commence à le mordiller tendrement un orgasme puissant et inattendu me secoue violemment.  Je ferme les yeux à la sensation et m’agrippe à son dos comme si ma vie en dépendait.

Wow, c’est une première.

Quand je rouvre mes yeux Sara me regarde. Je pense qu’elle est aussi surprise que moi. Ok c’est un peu perturbant, elle m’a à peine touché. Ça ne nous est jamais arrivé auparavant quand on faisait l’amour, ça ne m’est jamais arrivé tout court. Je suis sur le point de dire quelque chose mais elle pose un doigt sur mes lèvres et secoue doucement la tête. Elle se contente de m’embrasser à nouveau.

Après un moment elle recommence à détailler mon corps de ses mains. Elle se fraie un chemin  avec sa langue jusqu’à mon nombril en passant par mes seins. Elle me couvre de baisers jusqu’aux pieds, puis de nouveau jusqu’à ma bouche, il n’y pas un millimètre de ma peau que ses lèvres ne touchent pas. C’est comme si elle sculptait mon corps avec sa langue, ses mains, ses baisers, ses caresses.

Je brûle de l’intérieur, elle me fait ressentir quelque chose de si violent et puissant que j’en ai mal. Je suis tellement abandonnée à mes sensations que je perds mon souffle dans un cri lorsque je sens sa langue en moi. J’agrippe les draps fermement et lutte pour respirer mais sans succès. Je ferme les yeux et prie pour ne pas m’évanouir. Je me mors la lèvre inférieur alors que sa langue me transporte vers des sphères de plaisir jusqu’alors inconnues. Une vague de plaisir me traverse tout le corps, me donnant l’impression de voler. Juste quand je suis sur le point d’atteindre mon apogée elle ralentit ses mouvement. Je profite de ce court instant pour stocker autant d’oxygène que possible dans mes poumons.

Mon sang bât contre ma peau, je tremble comme une feuille, attendant le simple contact qui me fera basculer. A ma grande surprise. Elle commence remonter le long de mon corps – extrêmement sensible –  avec ses baisers. Je frissonne et trésaille à chaque contact de sa bouche. Quand elle arrive au niveau de mon visage elle m’embrasse à nouveau et j’en ai la tête qui tourne.

Elle cesse de m’embrasser et  me caresse délicatement le visage, me demandant silencieusement de la regarder. Puis sans prévenir je la sens en moi, je m’accroche à son dos tellement j’ai la sensation de tomber.

Je plonge mes yeux dans les siens et me perds dans le regard empli d’amour qu’elle m’offre. Ses mouvements son lents, très lent. J’ai l’impression qu’une boule de feu est en train de se former en moi, prête à exploser et à m’engloutir complètement. On ne détachent pas nos yeux l’une de l’autre puis soudain c’est comme si tout s’arrêtait, comme si le monde s’arrêtait de tourner, le temps de passer. Pendant un parfait instant il n’y a rien d’autre que ça, rien que nous et cette intense connexion.

Je lui saisis le visage d’un mouvement désespéré. Elle a un léger mouvement de ses doigts et je bascule. La boule de feu semble lâcher et une vague d’électricité et de plaisir se propage dans mon corps.

Sara me tient fermement alors que je tremble avec violence. Lorsque j’ouvre à nouveau les yeux les larmes coulent le long de mes joues. Je la regarde avec émotion. Je sens qu’elle retire sa main mais j’interromps son mouvement en posant une de mes mains par-dessus la sienne. Elle est un peu confuse par mon geste, je me contente de secouer la tête, je ne suis pas encore prête à redescendre sur Terre tout de suite. J’ai besoin de partager ce que je ressens avec elle.

Avec mon autre main sur son cou je l’attire à moi pour l’embrasser passionnément, de l’autre main je la touche et elle gémit à la sensation.

Ça m’a toujours émerveillé à quel point elle pouvait être généreuse quand il s’agit d’affection physique. Elle est toujours tellement concentrer sur le fait de me donner du plaisir qu’elle en oubli son propre désir.  La première fois qu’on a fait l’amour c’était comme ça, elle s’est donnée à moi. Mais je veux que ce soit différent aujourd’hui, je veux qu’elle ressente ce que je ressens, qu’elle soit là avec moi dans cette bulle d’amour et de passion.

Elle geint et commence à respirer avec difficulté alors que je bouge doucement en elle. bientôt elle imite le mouvement de ma main avec la sienne. Une fois de plus on se fixe du regard, la connexion est encore plus intense qu’il y a un instant – si cela est possible. J’ai cette envie ardent d’être sous sa peau et qu’elle soit sous la mienne. Je peux voir ses traits changer alors qu’elle est de plus en plus proche de son zénith, mais je suis là avec elle et ses yeux ne quittent jamais les miens.

On ne fait qu’une, et s’il y a une chose telle qu’une connexion entre deux âmes alors on est en train d’en faire l’expérience. Nos deux corps sont dans l’osmose la plus pure et je sais que je ne me suis jamais sentie aussi proche d’un autre être humain comme je me sens proche de Sara maintenant. Nos corps se tendent pendant une seconde avant qu’un orgasme puissant nous frappe toutes les deux et qu’on chavire ensemble dans un même soupir. Nos corps tremblent, convulsent violemment à cette sensation extraordinaire. Quand la vague brûlante de passion s’estompe enfin que nos corps sont complètement détendus l’un contre l’autre je peux sentir son cœur faire un parfait écho au mien dans un battement erratique. On échange un baiser fiévreux.

Elle retire sa main, du chaud cocon de ma matrice et me regard avec amour. « Hey, » dit elle gentiment en effaçant mes larmes de son pouce. Je ris doucement malgré mes larmes, je pense à la première fois qu’on a fait l’amour et tout comme cette fois je me sens comme un nouveau né. Elle m’embrasse à nouveau. Je l’empêcher de se décaler sur le côté, je veux la tenir là, tout contre mon cœur.

« Reste, » je murmure, elle hoche la tête en réponse avec un sourire, je la tiens fort contre moi et souris avec satisfaction.

Je ne pense pas que le mot ‘heureuse’ fasse justice à ce que je ressens. Maintenant je sais ce qu’elle voulait dire tout à l’heure, quand elle disait que l’amour était un bien maigre mot pour décrire ses émotions. Je sais que ce qu’on vient d’expérimenter est bien au-delà d’une simple étreinte passionnée, mieux qu’une connexion c’était une vrai communion entre nos âmes, et notre amour l’une pour l’autre. L’amour est un bien maigre mot pour décrire ce qu’on partage, il n’y a pas de mot pour définir ce lien entre nous. On, dit que les gestes parlent plus que les mots et Sara et moi venons juste de prouver cette théorie.

 

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Je me sens comme un nouveau né. Impressionnant ce que l’amour peut vous faire. Je marche sur un petit nuage, et surfe sur la vague du bonheur. Si c’est possible je tombe amoureuse de Sara chaque jour que je passe à ses côtés. J’ai passé cette dernière semaine à la redécouvrir physiquement, et à profiter de notre intimité retrouvée. Elle est maintenant très tactile et affectueuse, et je ne saurai en être plus heureuse.

Deux bras câlins m’entourent la taille et une paire de lèvres délivre un tendre baiser sur mon cou. Je souris et penche ma tête légèrement afin d’offrir plus d’espace aux lèvres de Sara. « Quelle pensée a mis ce sourire sur tes lèvres ? » elle me demande en regardant notre reflet dans le miroir de la salle de bain.

« Pour tout te dire, c’est toi. »

« Vraiment ? » dit elle et j’hoche la tête en confirmation, ce qui me vaut un autre baiser dans le cou. « Quoi à propos de moi ? »

« Je suis heureuse, tu me rend heureuse, » je m’appuie contre elle et pose mes mains sur les siennes.

« C’est ma réplique mon cœur, » elle répond sur un ton plaisantin mais je sais qu’elle est sérieuse. « J’aime cette image, » dit elle avec un grand sourire, en faisant un signe de tête en direction de notre reflet. « Tu sais ce que je veux ? » je secoue la tête en réponse. On se regarde l’une l’autre à travers le miroir. «  Je veux me réveiller dans dix ans et être en mesure d’avoir cette image à nouveau. Te tenir comme ça, te dire à quel point tu es belle, te dire à quel point je t’aime, à quel point tu me combles de bonheur. Je veux essayer de résister à la tentation de t’embrasser, sans succès, te faire sourire, te rendre heureuse. Et ensuite, je veux me réveiller encore dix ans plus tard et retrouver cette même image. »

Ses mots m’époustouflent, jamais une déclaration n’avait eu un tel effet sur moi. Le sens de ses mots me bouleverse. Elle veut passer sa vie à mes côtés. Je ne suis ni effrayée, ni paniquée, je me sens détendue et vraiment extatique rien qu’à cette pensée. « Je veux ça aussi, » je murmure en la regardant dans les yeux à travers le miroir.  Elle me sourit à pleine dent et mon cœur s’affole légèrement et je suis contente qu’elle me tienne parce que mes genoux se sont changés en guimauve.

Elle met une main dans sa poche et en extrait une petite boite qu’elle met devant moi. « Tient, c’est pour toi. »

Je prends la boite avec des mains tremblantes, alors qu’elle repose ses mains sur mon estomac. « Qu’est ce que c’est ? »

« Il n’y a qu’une façon de le savoir, » elle répond simplement en m’embrassant l’épaule.

J’ouvre le couvercle avec un cœur battant, l’oxygène quitte mes poumons quand je découvre un pendentif attaché à une chaîne en or blanc. C’est une gemme bleue taillée en forme de cœur et entourée d’un épais anneau plat. 

« Il est gravé des deux côtés, » elle murmure.

Je prends le pendentif avec des doigts fébriles. Gravé dans la pierre, les lettres ‘S’ et ‘C’ entremêlées. D’un côté de l’anneau se trouve les mots ‘je fais plus que t’apprécier. Amour, toujours tienne, Sara’, je souris en me rappelant de la première fois que j’ai entendu ces mots. Je retourne le pendentif et  les lettres sont encore gravées sur la pierre, mais les mots son différents, ‘je t’aime de tout mon être, toujours tienne, Sara’.

Wow.

« On a traversé pas mal de choses pour en arriver où on est aujourd’hui. Ces mots symbolisent les moments où tout a commencé les deux fois. L’anneau représente l’infini parce que je ne cesserai jamais de t’aimer, jamais, » dit elle en m’embrassant à nouveau l’épaule.

Je sens des larmes chaudes me mouiller les joues. « C’est…magnifique, » ma voix tremble, j’essaie d’ouvrir la chaîne pour la mettre autour de mon cou mais mes doigts sont trop incertains. Sara me prend le pendentif et le place sur moi.

« Maintenant, il est magnifique, » déclare-t-elle.  Je me retourne dans ses bras et l’embrasse fiévreusement.

« Tu as oublié de mentionner quelque chose à propos de notre image tout à l’heure, » je dis avec un sourire.

« Et qu’est ce que c’est ? » elle fronce les sourcils.

« Moi, te ramenant au lit pour te faire l’amour jusqu’à ce que tu ne puisses plus bouger, » je réponds en tirant sur son col de chemise et l’attirant vers notre chambre.

 

 

Chapitre 87 : Sara

 

Je suis amoureuse.

C’est étrange vraiment parce que ça semble comme une chose simple quand on y pense mais je suis amoureuse. Je ne veux pas être trop cliché mais je crois que j’ai trouvé mon âme sœur, j’ai trouvé la personne avec laquelle je peux être moi-même. Le lien entre Cath et moi est tellement fort que rien ne peut le détruire, et je sais qu’il n’y aura personne après elle – je vais m’en assurer.

Je suis amoureuse, et le mieux dans tout ça c’est que je suis aimée.

Quand je pense à cette année, ma vie à fait un 360°. C’était vraiment dingue, de vraies montagnes russes. Et si j’avais fait des choix différents je ne serais pas là où je suis aujourd’hui.

Etre avec Cath n’est pas une promenade de santé, j’ai appris assez tôt que rien entre nous n’est jamais simple. J’ai failli la perdre plusieurs fois, et la vie nous a réservé pas mal d’épreuves difficiles.

Et de tout ce chaos est née la création, oui de tout ce chaos est né l’amour de ma vie, ma famille et mon chez moi. Cette année j’ai appris à me laisser aller et a suivre mon instinct même si parfois ça va contre les probabilités et la logique.

La vie est imprévisible alors il est inutile d’essayer de l’organiser, parce qu’à chaque fois qu’on croit avoir tout compris tout par dans un grand bordel monstrueux, mais là encore c’est le fun de la vie, les surprises, les retournements de situation…je ne voudrais pas qu’il en soit autrement.

Si on me donnait le pouvoir de changer quelque chose de cette année, je ne changerai rien du tout, parce que pour toute la peine, les larmes qui ont coulé, mon cœur pompait de l’amour et du bonheur dans mes veines en retour. Et tout ce qu’on a traversé, absolument tout m’a amené où je suis, alors non, je ne changerai rien pour tout l’or du monde.

Je suis amoureuse.

L’amour craint, l’amour fait mal, et l’amour est une maladie mortelle mais pour tout les mauvais côtés c’est un des sentiments les plus précieux et ça en vaut toujours la peine croyez moi.

 

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« Cath ? » je l’appelle. Ça fait un moment que je suis éveillée mais vu que je me sentais bien avec Cath lovée à mes côtés je n’ai même pas essayé de bouger. Sa main qui est posée sur mon estomac semble avoir pris vie depuis cinq minutes parce qu’elle caresse doucement ma peau. Je ne me plains pas, c’est une exquise sensation qui éveille un certain désir en moi, mais vu que je n’ai obtenu aucune réponse, j’en ai déduit que Cath dort toujours – à mon grand désarroi.

Sa main cesse de bouger, mais c’est un break de courte durée, cette vicieuse recommence son exploration et sa caresse se fait plus insistante. A l’aide ! « Cath, » je l’appelle à nouveau, ma voix est légèrement étranglée.

« Hmm ? » elle respire innocemment.

« Tu es donc éveillée, » je déclare sur un ton faussement réprobateur. Elle se contente de m’embrasser le cou en réponse, puis elle change nos position afin d’avoir plus d’accès à mon cou et de permettre à sa main de se poser sur mon sein.

« Tu n’aime pas mon contact bébé ? » elle demande en me taquinant, et je peux la sentir sourire contre ma peau, elle sait très bien l’effet qu’elle a sur moi.

« Je…je…je ne veux pas que tu commence quelque chose…que tu n’as pas l’intention de finir, » j’arrive à dire. Ma faculté d’avoir des pensées cohérentes est en train de disparaître rapidement, c’est toujours le cas quand elle me caresse. En règle générale j’ai entre deux et trois minutes avant que mon cerveau cesse toutes activités intellectuelles.

« D’accord, » dit elle en cessant d’embrasser mon cou. A ma grande surprise cependant, elle soulève mon t-shirt un peu plus haut et capture un de mes tétons dans sa bouche sans crier gare. Bonté divine…

« Cath…Cake est…proche, » j’essaie de la raisonner dans un dernier effort héroïque, oui héroïque, parce que vous ne pouvez pas imaginer toute la résistance et la force qu’il faut pour construire une phrase aussi complexe quand Cath me touche comme elle le fait en ce moment.

« C’est exact, alors t’as intérêt à être silencieuse, » dit elle avec un sourire machiavélique avant de retourner son attention sur mon sein.

« Je… » j’essaie à nouveau mais la limite des trois minutes vient d’être franchie et donc mon cerveau n’est plus disponible pour le moment. Toute résistance est futile. Je me laisse aller et me concentre sur la bouche habile qui parcourt mon corps, je mords ma lèvre inférieure pour assourdir les gémissements, tressaillements et autres sons traîtres qui semblent s’être logés au creux de ma gorge. La dernière chose que je veux c’est que Babycake débarque dans notre chambre parce qu’elle a entendu des cris.

On a une règle, quand Cake est dans les parages on se contente de flirter parce qu’on peut être assez…vocales quand on fait l’amour. Ou du moins c’était notre règle mais apparemment Cath est d’humeur à jeter les règles par la fenêtre.

J’attrape le visage de Cath et l’embrasse avec fougue. Elle se met à califourchon sur mon estomac et me dépouille de mon t-shirt. Instinctivement mes mains se posent sur ses hanches, et il ne faut pas longtemps pour que je les glisse sous son t-shirt, ayant besoin de sentir sa peau contre la mienne. Mais elle saisi mes mains baladeuses et stoppe leur progression, elle les retire de sous son vêtement. « Désolée mon cœur, mais aujourd’hui, je suis en charge, » elle ronronne à mon oreille avant de s’attaquer à mon cou avec ferveur.

Elle plaque mes mains de chaque côtés de mon visage et m’ordonne silencieusement de les laisser là. Une fois qu’elle sent que je suis docile, elle laisse ses mains s’attarder délicatement sur ma peau tout le long de mon corps.

On a toutes les deux une forte personnalité, et s’il y a une chose que nous avons en commun c’est le fait qu’on veut toujours tout avoir sous contrôle. Et lors de nos ébats physiques ça s’en ressent, on se taquine l’une l’autre sans relâche jusqu’à ce que l’une d’entre nous prenne l’avantage. Parfois cela dit – comme aujourd’hui, l’une d’entre nous prend les devants et l’autre suit. Aujourd’hui elle a quelque chose en tête et elle ne veut pas que je la distraie. Je veux bien me prêter au jeu mais c’est difficile surtout quand j’ai tellement envie de la toucher. « Relax bébé, contente toi d’apprécier le voyage, » me dit elle en me regardant droit dans les yeux. Ses yeux me supplient de lui faire confiance et de me laisser aller, ils me disent aussi qu’elle m’aime et que tout ira bien.

Une fois qu’elle est sure que je suis sur la même longueur d’onde qu’elle, elle abaisse sa bouche sur mon estomac à nouveau. Je ferme les yeux très fort, respirer, il faut que je pense à respirer. Elle me taquine, et me rend dingue petit à petit, ajoutez à ça qu’il faut que je me concentre pour contrôler mon niveau sonore, je suis au bord du gouffre très rapidement.

Elle est allongée entre mes jambes et se débarrasse de mon short. Elle commence à embrasser mes jambes dans toute leur longueur, mordant et pinçant ma peau de ses lèvres ici et là, s’approchant toujours du graal mais se retirant toujours au dernier moment, me laissant donc mariner dans un bain de frustration. Je suis en train de me dandiner en agonisant, tenant le drap dans mes poings serrés, je ne peux même pas la supplier d’arrêter son supplice car que sais que ma voix sera trop forte et que je ne pourrai pousser qu’un cri. Je n’arrive pas à contrôler le couinement qui s’échappe de mes lèvres.

« Pas un bruit mon amour, » elle me rappelle à l’ordre avec un sourire diabolique. C’est facile à dire pour elle, et je suis sure qu’elle sait exactement l’effet qu’elle a sur moi. Oh elle me le paiera…

Je suis partagée, d’un côté je veux me laisser complètement aller et de l’autre je dois me contrôler pour ne pas faire de bruit, et cette contradiction d’émotions ne fait qu’intensifier tout ce que je ressens.

Elle décide enfin que j’ai assez attendu, sa langue habile et talentueuse me fait voir des étoiles, et insuffle en moi un sentiment indéfinissable qui me fait trembler. Je commence à sentir un puissant orgasme se former telle une boule de feu au creux de mon estomac et je sais que je ne vais pas pouvoir respecter mon vœu de silence. Je commence à trembler encore plus violemment, oh mon dieu, je vais crier à pleins poumons tellement la sensation est intense. J’arrive à peine à respirer....BON SANG !

Dans une seconde de clarté j’attrape l’oreiller à mes côtés et y enfouie mon visage avant de pousser un de son les plus gutturaux qu’il soit.

Wow.

L’oreiller est soulever de mon visage et une Catherine souriante me regarde. « Ça  va ? »

« Wow… » je murmure en essayant de regagner mon souffle. J’ai un sourire ahurie aux lèvres, mais je m’en fiche.

« Vraiment ? » elle ricane.

« Wow… »

« Si bien que ça hein ? » elle me taquine, elle est assurément contente d’elle même et je devrais peut être lui faire savoir que la vengeance est une garce cruelle, mais je suis trop occupée à apprécier l’incandescence résiduelle d’un des meilleurs orgasme de ma vie, si ce n’est le meilleur.

« Wow…c’était…wow… » je réplique avec un peu plus d’éloquence, elle se contente de rire doucement avant de m’embrasser.

 

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« M’man, Sara, est ce que vous êtes décentes ? » la voix de Cake résonne de l’autre côté de notre porte.

« Donne nous une minute, » je réponds rapidement et commence à m’agiter pour retrouver mon t-shirt et mon short. « Cath, mes fringues ? » elle glousse en réponse et se penche hors du lit pour attraper mes vêtement dont elle s’est débarrasser quelques minutes plus tôt. Je m’habille rapidement « Ok, tu peux entrer. »

La tête de Cake apparaît dans l’entrebâillement de la porte avant de disparaître à nouveau. Deux secondes plus tard elle entre avec un plateau dans les mains et le pose sur les genoux de Cath puis repart pour revenir avec un autre.

« Je vous ai préparé le petit déjeuner, » elle annonce avant de poser le second plateau sur le lit. « Vu que depuis hier tu vis maintenant officiellement ici et que c’est ton premier jour en tant que membre de cette famille, je voulais célébrer ça avec un petit déjeuner spécial, » me dit elle.

Je l’étreins avec enthousiasme en faisant attention de ne rien renverser. « Merci beaucoup, je suis très touchée, » je lui embrasse le front et elle sourit radieusement en réponse.

« Est-ce que je peux avoir un câlin moi aussi ? » Cath la taquine. Cake étreint sa mère affectueusement avant de se lover contre elle. On mange notre premier petit déjeuner en famille, et bien que les talents culinaires de Cake ne soient pas les meilleurs, je pense que c’est le meilleur petit déjeuner que j’ai jamais eu.

Une fois qu’on a fini, Cath passe dans la salle de bain pendant que j’aide Cake à tout ramener dans la cuisine. J’ai le souffle coupé quand je découvre l’état de la cuisine. « Babycake, ta mère va faire une attaque si elle voit ce chaos, » je ricane.

« Je sais, cuisiner n’était pas aussi simple que je l’ai crû. Est-ce que tu peux la distraire un moment, le temps que je nettoie tout ça ? » elle me supplie avec des yeux de chien battu.

« La distraire ? »

« Ouais, va flirter avec elle ou quelque chose du genre pour la garder hors de la cuisine, s’il te plait ? »

Je secoue ma tête en réponse. « De combien de temps as-tu besoin ? »

« Trente bonnes minutes  voire plus. »

« Reçu cinq sur cinq, » je réponds en lui faisant un clin d’œil avant de me diriger vers la salle de bain. Trente minutes sont plus qu’assez pour ce que j’ai en tête.

Une fois que je suis dans la salle de bain, je me déshabille et me place derrière Cath dans la baignoire.  Je m’attaque aussitôt à son cou avec ma bouche et ma main se pose sur un de ses seins. « Bon sang… » elle laisse s’échapper dans un souffle. Je peux la sentir faiblir dans mes bras à mesure que son corps réagit à mes caresses.

« Est-ce que tu connais la punition pour les vilaine, vilaine fille ?... » je demande entre deux baisers sur sa peau, elle secoue la tête et se mord les lèvres en réponse. « Vilaine, vilaine vengeance… » je réponds à ma propre question. Elle couine quand mes lèvres touchent un de ses points sensibles. « Silence ma chérie, Cake est proche et réveillée… » elle serre ses lèvres plus fort pour étouffer un gémissement.

Oh je vais bien m’amuser. Comme je l’ai dit : la vengeance est une garce cruelle.

 

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Je suis retournée au boulot il y a deux jours après cinq mois d’absence. Grissom était si excité de me revoir qu’il ma fait un câlin,  apparemment Greg l’a épuisé. C’était bon de revoir tout le monde et de me remettre au parfum de tout ce qui s’est passé pendant mon absence. C’est bon d’être de retour dans la course, j’ai l’impression que c’est mon tout premier jour de boulot, j’ai cette envie d’apprendre et découvrir.

« T’as l’air heureuse, » déclare Nancy. On a prévu d’aller au ciné avec Jeremy et Cake – qui sont chez un ami commun en ce moment. « Je peux le dire par le sourire niais que t’as sur le visage. Quand on y pense Cath porte le même, » elle glousse en regardant Cath puis moi. Oh c’est qu’elle se croit drôle.

« Tu parle de ce même sourire niais que tu as quand tu vois Warrick ? » je demande. Sa tête se tourne rapidement dans ma direction avec surprise et son visage commence à prendre une teinte rouge.

« Je ne sais pas de quoi tu parles, » elle répond rapidement.

« Oh aller, petite sœur, tu rougis à chaque fois qu’on prononce son nom, » dit Catherine depuis le comptoir.

« Warrick, » je dis et regarde Nancy rougir un peu plus.

« Warrick, » Cath ronronne et si c’est possible Nancy rougis encore plus ce qui a pour effet de nous faire glousser Cath et moi.

« Fais gaffe, tu vas rendre les tomates jalouses, » je déclare. « Warrick, » je répète et Nancy enfouit son visage dans ses mains.

« Arrêtez ! »

« Arrêtez, quoi ? » Cath demande innocemment.

« Ok, on est sortis ensemble ici et là depuis un mois, heureuses ? » Nancy confesse.

« Tu veux dire, des rendez vous galants ? » je la taquine et fait un mouvement rapide de mes sourcils.

« Oh, la ferme, » dit elle avant de me donner un gentil coup de poing dans l’épaule.

« Quelqu’un à le béguin, » Cath ajoute en riant.

« Tu me brise le cœur mon choux à la crème, » je pose une main sur ma poitrine et fines d’avoir le cœur brisé, Nancy me tire la langue en retour.

« Tu n'étais pas sensée me montrer quelque chose au lieu de te payer ma tête ? » Nancy demande à Cath pour changer de sujet.

« Ah oui, c’est dans la chambre d’ami, » et sur ce elles disparaissent dans le couloir.

Une minute plus tard on sonne à la porte, je vais ouvrir et trouve Warrick sur le pas. Ben dites moi, en parlant du loup…

« Hey Rick, comment ça va ? » je demande d’un air enjoué.

Il me regarde avec suspicions puis secoue la tête « Je conclue que ton sourire stupide signifie que t’es au courant, » dit il.

« Je ne suis pas CSI de niveau trois juste parce que j’ai un joli minois. »

« J’aurais dû me douter que c’est la raison pour laquelle Cath m’a demandé de venir, » il ricane nerveusement.

« Non en fait, c’est pour te rappeler trois choses. En gros, elle assure les arrières de Nancy, j’assure les arrières de Nancy, et on forme un duo redoutable en tant que CSI alors si tu lui fais du mal personne ne saura qu’on l’a fait ni où est ton cadavre, ça va de soit, » je lui dis sérieusement en comptant sur ma main.

« T’es sérieuse, n’est ce pas ?»

« Oh que oui, » je souris radieusement.

Il déglutit « Bien reçu, cinq sur cinq. »

« Parfait, » je lui souris en lui tapotant l’épaule. « Mon choux à la crème active toi ! On va être en retard ! » j’hurle. Cath et Nancy qui sont en train de pouffer de rire sortent de la chambre d’amis. Nancy s’arrête net quand elle voit Warrick dans le hall, et ses joues reprennent des couleurs.

« Rick, t’es pile à l’heure. Je vais nous faire du café, il faut qu’on parle, » annonce Cath avec un grand sourire.

Nancy grogne. « Je suis désolée, » elle murmure à Warrick.

Warrick ricane, « Ce n’est rien. »

« Aller chouchou, on ne veut pas être en retard, » je répète avant d’embrasser Cath.

« Ok, ok, Nancy se tourne vers Catherine. Pas d’histoires embarrassantes ! » elle la met en garde. Elle commence à se diriger vers la porte puis fais demi tour « J’allais oublier, » dit elle avant d’embrasser Warrick, bien qu’il soit surpris il lui rend son baiser. Cath et moi échangeons un regard complice, ils sont mignons tous les deux.

Quand Nancy décide enfin de rompre le baiser, elle rougis encore mais ils portent le même ‘sourire niais’. « Je t’appelle plus tard, dit Warrick.

Nancy et moi sortons enfin, et je glousse jusqu’à ce qu’on soit dans la voiture. Une fois à l’intérieur je regarde Nancy qui semble planer quelque part loin d’ici, ce qui me fait rire. « T’es raid de lui mon choux à la crème. »

« Oh, la ferme, » elle me frappe à nouveau le bras.

 

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Il y a presque quatre ans de ça j’ai eu la meilleure idée de ma vie. J’ai embrassé Catherine Willows. Je ne me suis jamais considérée comme un géni, mais c’était vraiment l’idée la plus brillante de ma vie.  J’ai embrassé Catherine Willows, créant un feu, vif, brut et passionné qui n’a pas cessé de grandir depuis.

Comment puis je vous décrire ma vie ? Il y a des disputes, des larmes et des crises, parce que la vie n’est pas faite d’arc en ciel, de papillons et de roses tous les jours. Mais il y a beaucoup de rire et de tendresse. Il y a beaucoup de danses dans la cuisine, beaucoup de surprise et d’étreintes passionnées, beaucoup de fantaisie et bien plus. Il y a beaucoup d’amour, vraiment beaucoup d’amour. En fait il y a un peu plus d’amour chaque jour.

Bref, comme Travis le disais, c’est un long, pénible et éternel travail en chantier. Mais, c’est une peine que je souhaite à tout le monde, et à mon humble avis c’est le meilleur job qu’il soit. Croyez moi aussi difficile que cela soit, je n’ai jamais été aussi heureuse de ma vie, j’ai quelqu’un que j’aime et qui m’aime en retour, j’ai une famille et il n’y a aucun sacrifices que je ne ferai pas pour préserver ce que j’ai.

Il y a deux ans Cath m’a demandé d’adopter Cake et  je n’ai jamais été aussi honorée, c’est une grande preuve de confiance et je me suis jurée de ne jamais trahir cette confiance.

Je n’ai jamais crû que je serais capable d’avoir tout ça à cause de mon passé et de mes insécurités, mais Catherine m’a prouvé le contraire et je lui en suis éternellement reconnaissante.

Cake grandit et se transforme en une magnifique jeune fille. Je suis fière d’elle, je suis fière d’être son amie et plus. Je lui ai faite découvrir Zweig cette semaine. On lit les livres ensembles comme ça après on en parle. Dans l’un d’entre eux – dont le titre m’échappe, Zweig écrit Vieillir n’est, au fond, pas autre chose que n’avoir plus peur de son  passé’. Ben, je vieillis avec et grâce à Cath. Et vous savez quoi ? J’adore ça.

« Chérie, on est rentrées, » Cath hurle depuis la porte d’entrée, je souris.

« Je suis dans la chambre, » je réplique, je peux entendre Cake parler à toute vitesse avec excitation et demander d’appeler une de ses amies. Une Catherine plutôt épuisée entre dans notre chambre et se laisse tomber à mes côtés.

« Elle m’a épuisée, » dit elle avec une soupir exagéré et je ricane doucement en réponse.

« Viens là, je vais te faire un câlin. »

Catherine s’exécute, se débarrasse de ses chaussures et s’aligne à mon niveau dans le lit. Elle s’engouffre dans mes bras. « Est-ce que je peux avoir un bisous aussi ? » elle boude.

« Bien sûr, » je réponds avant de me pencher et de l’embrasser. Mes mains se perdent dans ses cheveux, sa main gauche se faufile sous mon t-shirt et me caresse l’estomac. Je ne peux m’empêcher de rire doucement. Cath rompt notre baiser me regarde d’un air interrogateur. « Ton anneau est froid mon cœur, ça me chatouille, » je lui explique et elle secoue la tête, elle m’embrasse à nouveau puis pose sa tête sur mon épaule, sans pour autant retirer sa main de sous mon haut.

On partage un silence contenté, heureuses d’être ensemble après des heures de séparation. « Alors, vous l’avez trouvée ? » je demande.

« Ouaip. »

« Comment est elle ? »

« Magnifique, et elle ressemble à une princesse dedans. Mais tu pourras en juger par toi-même parce qu’elle veut que te la montrer plus tard, » dit elle en m’embrassant le cou.

« Espérons qu’Eric l’appréciera. »

« Il a intérêt parce que je me suis ruinée pour cette robe. »

« Cath, c’est sa robe de bal. »

« Je sais. T’aurais dû voire son regard quand elle l’a vue. Je savais que c’était la bonne. Je suis fauchée, mais heureuse. »

Je lui embrasse le front. « N’oublie pas que Warrick et Nancy viennent dîner ce soir, » je lui rappelle gentiment. 

« C’est vrai, il faut que je trouve quelque chose à préparer pour manger. »

« C’est déjà fait, je t’ai dit que je m’en occuperai. Alors tout ce que t’as à faire c’est de te reposer un peu avant qu’ils n’arrivent », je lui dis.

« Est-ce que je t’ai dit que je t’aimais récemment ? »

« Je crois me souvenir que tu l’as fait ce matin, mais c’était il y a longtemps, » je la taquine.

Elle lève sa tête pour me regarder dans les yeux. « Je t’aime. »

« Je t’aime aussi, » je lui fais écho avant de l’embrasser à nouveau. Cette fois c’est elle qui rit doucement dans notre baiser, mais je me joins rapidement à elle en posant ma main au dessus de celle qu’elle a sur mon estomac.

« Et je vous aime tous les deux, » dit elle avant d’embrasser mon estomac là où un des jumeaux vient de donner un coup.

Il y a une dernière chose formidable que je n’ai pas encore mentionnée. Callum et son frère jumeau Colin sont en route pour rejoindre et agrandir notre petite famille. Je suis toute excitée, Cath et babycake le sont aussi.

Qui aurait crû que je serais là, il y a quatre ans ? Honnêtement ? Pas moi. Le monde est vraiment plein de surprises.

Ma vie est tout simplement parfaite, avec toutes ses petites imperfections, elle est vraiment parfaite…

 

FIN

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 ( La chanson chanter par Sara quand elle danse avec Catherine)

 

BO du film ‘Lime Light’ (Les feux de la rampe) avec Charlie Chaplin

Eternally  version interpréter Par Jerry Vale

I’ll be loving you
Eternally
With a love that’s true
Eternally
From the start within my heart it seems I’ve always known
The sun would shine when you were mine and mine alone

I’ll be loving you
Eternally
There’ll be no-one new, my dear, for me
Though the sky should fall remember I shall always be
Forever true
and loving you
Eternally (bis)

 

Eternellement

Je t’aimerai

Eternellement

Avec un amour sincère

Eternellement

Depuis le début au fond de mon cœur c’est comme si j’avais toujours su

Que le soleil brillerait une fois que tu serais à moi et à moi seule

Je t’aimerai

Eternellement

Il n’y aura personne d’autre, mon amour, pour moi.

Si jamais le ciel s’écroule souviens toi que je serais toujours

A jamais sincère

Et t’aimerais

Eternellement (bis)

 

 

‘One way or another’ de Blondie

 

Citation : « Vieillir n’est, au fond, pas autre chose que n’avoir plus peur de son  passé »  – extrait des ‘Vingt quatre heures de la vie d’une femme’ de Stefan Zweig