Avertissement : Les personnages de Catherine et Sara sont à CBS, et nous ne tirons aucun profit de ces ff, c’est simplement pour le plaisir des fans ! Dans cette FF Catherine et Sara sont folles amoureuses, donc si l’amour entre deux femmes vous choque passez votre chemin, pour les autres j’espère que vous aimerez cette histoire ! Cette ff appartient à Elizabeth Carter qui m’a gentiment permis de la traduire pour mon site merci Liz ;o) Tous vos commentaires sont les bienvenus sur : alexielle7@hotmail.com   (adresse de l'auteur : eecarter333@yahoo.com )

(Cette histoire je le rappelle est la propriété d'Elizabeth  ! Vous ne pouvez pas utiliser cette FF sans sont accord ni le mien pour la version française !)

 

Je promets…

(Ombre du passée) 

Par Elizabeth Carter

 

Grissom poussa un profond soupir, la journée avait été longue et pénible pour tout le monde, il n’avait plus qu’une envie, rentrer chez lui pour se plonger dans un bon bouquin relatant la vie des insectes d’Amazonie, mais avant ça il lui restait une petite chose à faire !

Il resta quelques minutes immobile au milieu du couloir, avant de se diriger vers un endroit où il n’avait aucune envie d'aller… Le bureau de Conrad Ecklie. Une fois sur sa lancée Gil ne stoppa qu'à l'intérieur du bureau et quelle ne fut pas sa surprise de découvrir Catherine assise aux côtés du codirecteur du laboratoire. Le bras d'Ecklie se reposait même confortablement sur le dos de la chaise de la petite rousse, qui n'était visiblement pas gênée par cette familiarité.

« Voilà le dossier que vous vouliez voir, pour ma part je suis d'avis de classer l’affaire » dit Catherine en examinant de plus près les documents qu'elle tenait à la main.

« Vous vouliez me parler au sujet de Sara ? » intervint soudain Grissom d'une voix forte, qui fit légèrement sursauter Catherine.

La petite rousse lança alors à Gil un regard confus, comme si elle avait été prise en faute, la main dans le pot à biscuits, pour avoir permis à Conrad de s'asseoir tellement près d’elle…

Ecklie pour sa part eut une réaction tout à fait différente… Il  tarda quelque peu a enlever son bras du dossier de la chaise de Catherine et effleura légèrement la veste de la CSI lorsqu'il lâcha finalement sa prise. Il était clair que par ce simple geste il voulait signifier à Grissom  que son ancienne CSI était de son côté à lui à présent…

« Je n'ai pas reçu son action disciplinaire. Est-ce que vous l’avez virée? » demanda Ecklie en essayant de contenir sa jubilation, il aimait les nouveaux pouvoirs liés au poste qu'il venait de décrocher, et il aimait plus que tout exercer sa nouvelle puissance juste au-dessus de la tête de Gil et de son équipe.

« J'ai déjà pris les mesures qui s'imposaient » affirma Grissom. Est-ce que Eckile était sérieux ? S’attendait-il vraiment à ce que Gil vire Sara ? Oui bien sûr qu’il était sérieux ! Sara avait été suspendue pendant une semaine sans salaire pour insubordination. C'était bien assez pour Grissom.

« Quelle mesure avez-vous pris ? » questionna Catherine un ton de défi dans la voix. La petite rousse avait été fort contrariée par ce que Sara avait osé lui dire dans le hall.  Il était vrai que les deux femmes se querellaient souvent, mais là Sara avait dépassé les bornes !

« Elle a été suspendue ! Point final, elle reste! » Répondit Grissom en fronçant les sourcils. Il ne comprenait pas pourquoi Catherine et Conrad étaient soudain si proches... Bien sûr il savait que Catherine et Sara avaient toujours eu quelques problèmes pour s'entendre mais toutes leurs querelles avaient toujours fini par se régler ! Certes, cette fois la grande brune s'était montrée très insolente envers sa supérieur hiérarchique, mais Gil savait qu'elle regrettait très sincèrement tout ce qu'elle avait pu dire à Catherine. Cette simple dispute, aussi violente qu’elle avait été, ne justifiait pas le comportement de la petite rousse !  Grissom s'était senti trahi, il avait du mal à croire que Catherine puisse rentrer dans le jeu d'Ecklie avec une telle facilité.

« Ben voyons... » Marmonna Conrad d'un air entendu.

« Je vais être clair, le comportement de Sara est le résultat de « ma » façon d'agir! »

« C'est donc vous que je devrais virer ?! » Répliqua Ecklie en sourirent d'un air affecté. Il s'autorisa alors quelques secondes de rêve... il pourrait non seulement se débarrasser de Grissom mais aussi de Sara Sidle, le laboratoire retrouverait enfin son calme !..

« Vous ne le ferez pas ! » Assura Grissom. Tous les deux  savaient très bien que le directeur Cavallo ne laisserait jamais partir Grissom de cette manière. Heureusement pour le laboratoire Ecklie n’était  que le sous-directeur, il n'avait donc pas encore les pleins pouvoirs ! Gil savait que le grand chauve était au pied du mur… Il pourrait peut-être expliquer le renvoi de Sara mais pas celui de Grissom… Et la condition pour que Gil reste était de garder Sara dans son équipe.

« Je comprends Gil… Nous sommes humains. Nous nous attachons aux gens,  nous essayons de régler leurs problèmes mais les choses ne fonctionnent pas ainsi ! »

« Sara est une grande criminaliste, Conrad. Et j'ai besoin d’elle. »

Gil avait soigneusement choisi ses mots lorsqu'il avait dit ça, il savait que ni Catherine ni Ecklie ne pouvaient contester ça. Sara était l’une des meilleures criminalistes du pays.

« Je suis sûr que vous avez besoin d’elle…» Répliqua Ecklie sous-entendant ainsi que quelque chose se tramait entre Grissom et Sara.

« Vous savez quoi, Sidle est une bombe à retardement, et puisque vous la voulez, elle est à vous ! Elle est sous votre responsabilité !» Lança Conrad avant de quitter la pièce.

Une fois qu’Ecklie eut complètement quitté la pièce, Grissom fixa son regard sur Catherine. Les deux agents du CSI  s'observèrent alors en silence… Catherine ne fit même pas l'effort de masquer son incrédulité, Sara, une fois encore avait évité le pire ! Et la petite rousse était certaine qu'elle ne recevrait pas la moindre excuse de la part de sa collègue !

« Et elle ose dit que j'emploie ma sexualité pour manoeuvrer les hommes et obtenir ce que je veux ! Mais elle fait la même chose avec vous ?  Comment est-ce qu’elle fait hein ? Comment s'y prend-elle pour être votre CSI préférée ! Que peut-elle bien vous faire ? » Demanda Catherine  à présent qu'elle était seule dans le bureau avec Grissom, sous-entendant ainsi que la grande brune offrait ses faveurs sexuelles à Gil.

Grissom posa alors un regard un peu plus sévères sur la petite rousse avant de lui répondre : « Il me semble me rappeler Catherine, que vous aussi vous avez failli avoir quelques ennuis… Vous avez utilisé le laboratoire pour faire des tests ADN et découvrir ainsi qui était votre père !... Qui a menacé de tuer un suspect ?! Qui s’est occupé du cas de Eddie quand il était accusé de viol, alors que je vous avait dit de ne pas vous en mêler !  Et qui a fait exploser le laboratoire par accident ?! Il me semble que ce n'est pas Sara… »

« Très bien vous avez marqué un point…» Admit la petite rousse

« Marqué un point ? Catherine vous avez commis des erreurs, bien plus importantes que celle de Sara ! Et j'étais là pour vous ! J'ai toujours été là pour tous les membres de mon équipe ! Vous et moi sommes dévoués à ce métier et aux gens qui travaillent avec nous ! Quand j'ai demandé à Sara de venir m'aider sur l'affaire de Holly, c'était pour sortir Warwick du pétrin dans lequel il s'était mis, si nous n'avions pas tous travaillé ensemble il se serait fait renvoyer. Grâce à Sara il fait toujours partie de l'équipe ! Vous êtes comme elle…vous faites votre travail avec passion… Vous étiez là pour Greg après l’explosion du labo… Vous m’avez soutenu lorsque j’ai re-ouvert l’affaire de Paul Millander, tout ça à cause d’une empreinte  sur une pochette d’allumette! Et quand  Nick a été mêlé à cette affaire de meurtre, vous avez demandé au shérif de vous laisser travailler sur l'affaire pendant douze heures avant qu'Ecklie ne prenne la suite. Nick aurait été immédiatement suspendu et suspecté pour le meurtre de cette prostituée si vous n'étiez pas intervenue en sa faveur, vous avez tenu tête à Ecklie et au shérif pour le sortir de ce mauvais pas. Mais, si Sara s’était retrouvée dans la même situation  je me demande si vous auriez fait la même chose pour elle ou si vous auriez permis à Ecklie de l’arrêter ? »

Catherine garda le silence  

« Je ne vous comprends pas Catherine…Dans le passé vous vous êtes assurée que je fasse la paix avec Sara, que nous gardions de bonnes relations. Vous m’avez poussé à la retenir avant qu’elle parte, et à présent vous supportez à peine sa présence ! Pourtant, lorsque vous travaillez ensemble, vous êtes la meilleure équipe de CSI du labo, vous êtes imparables… »

«Je ne veux pas entendre ça Gil ! Je n’ai aucune envie de vous entendre chanter les louanges de Sara ! »

« Catherine, si vous êtes encore en colère pour le meurtre d’Eddie, ce n’est pas juste ! Sara a fait du bon boulot, vous n’allez pas l’accabler jusqu'à la fin de sa vie ! Ça fait déjà deux ans Cath ! Je sais que ce n’est pas facile pour vous, surtout depuis que Lindsey a quelques problèmes à l’école, mais Sara n’est pas responsable de tout ça ! Et comme si tout ça ne suffisait pas, vous vous alliez avec Ecklie, qui n’a qu’une envie, mettre le feu aux poudres entre nos deux équipes !  Sara n’est pas toujours facile à vivre et elle s’emporte vite mais elle n’a dit qu’une partie de la vérité Catherine et vous le savez très bien!» Dit Grissom l’œil brillant.

« Vous voulez que je passe l’éponge, que je ferme les yeux ? »  Répondit Catherine indignée.

« Je ne demande rien, Catherine. Du moins rien de plus que ce que j’ai déjà fait pour vous à de nombreuses reprises !... Faite un geste pour elle, comme ceux que vous faites pour les gars de l’équipe ! Vous complimentez les garçons quand ils font du bon travail, vous allez prendre une bière avec eux, dîner, déjeuner…. mais Sara n’est jamais inclue dans vos projet ! Vous l'excluez presque toujours ! Pourquoi vous sentez vous si menacée par elle ? »  Demanda Grissom en inclinant la tête.

Catherine ne pouvait pas quitter Gil des yeux …milles questions se bousculaient alors dans sa tête… Pourquoi avait elle peur de Sara Sidle ? Peut être parce que la grande brune était une CSI brillante ? Peut être parce que Sara avait fait une grande école et qu’elle s’était montrée une élève appliquée et studieuse !

Catherine soupira bruyamment…Peut être qu’elle avait peur de sa collègue, parce qu’elle était plus jeune, plus belle, plus désirable et que Catherine était terrifiée à l’idée de ne plus attirer les regards…Peut être que c’était un peu toute ces raisons qui faisaient que Catherine avait du mal à accepter Sara ! Oui, peut être qu’elle était un peu jalouse de la grande brune…

Catherine avait du prendre des courts de nuit, et bosser la journée  pour passer son diplôme… tandis que Sara avait eu une bourse pour Harvard… Naturellement  Sara avait du travailler pour obtenir sa bourse, mais néanmoins « Mlle je suis allé à Harvard », n'avait pas eu la vie de Catherine… Non Sara n’avait pas eu une vie aussi dure que la sienne ! La grande brune n’avait pas vu ses parents se déchirer en permanence, elle n’avait pas vu Sam Braun toujours tapi dans l’ombre, attendant le divorce de Lili…. Sara était une enfant de hippies, et Catherine ne voyait pas vraiment ce qu’il y avait de difficile là dedans ? A part peut être les pantalons pattes d’éph…

La petite rousse sursauta tout à coup… Elle venait de se rendre compte qu’elle ne connaissait rien de la vie de Sara Sidle, elle devait remédier à ça au plus tôt…


Avec son nouveau rang de chef d’équipe Catherine s’était vu offrir de nouveaux passes droit… Elle avait par exemple accès au fichier de la police… aux dossiers des employés du labo… Et il ne lui fallut que quelques minutes pour trouver celui de Sara… Elle allait enfin tous savoir sur Sara Sidle.

Fonction : CSI de Niveau trois

Taille : 1m 75

Poids:65Kg

Date de naissance : 16 septembre 1971

Diplôme: Licence de physique, Harvard

Qualifications spéciales : Matériaux et analyse d'élément

État civil : célibataire

Le reste du dossier personnel de Sara étonna la petite rousse. Apparemment Grissom n'était pas le seul responsable d’équipe qui avait voulu recruter Sara. La grande brune s’était vu offrir des places un peu partout dans tout le pays, dans des laboratoires à la réputation internationale !  Le dossier de Sara regorgeait de recommandations en tout genre, professeurs de Harvard, doyen de l’université, lettre de son ancien labo à San Fransico …

 « Comment  est ce que Nick  a pu avoir une promotion ? Le dossier de Sara est cent fois meilleur que le sien !... Il a même plus d’avertissements et de sanctions disciplinaires qu’elle !  C’est Sara qui aurai du être promue ! Grissom avait bu ou quoi ce jour là, pourquoi n’a-t-il pas choisi Sara ?...»  la réponse s’imposa d’elle-même à Catherine. « Mais bien sûr… s'il lui avait donné cette promotion, tout le monde aurait dit que Sara avait couché avec lui et qu’elle s’était servie de leur amitié pour avoir la place…»

Catherine soupira, pourquoi tout le monde était obligé de croire que chaque fois qu'une femme recevait une promotion la raison en était forcément sexuelle… Une femme ne pouvait-elle pas recevoir une promotion simplement parce qu’elle travaillait mieux qu'un homme, ou du moins tout aussi bien ! La petite rousse repéra alors une section confidentielle, elle retourna la feuille et lu rapidement ce qui était griffonné au dos…

« Sara Sidle a un problème avec l'autorité. Elle a une forte tendance à l'autodestruction,  toutefois elle ne souffre pas de dépendance à d'alcool (comme son supérieur l'avait soupçonné) ni à aucune autre drogue. Mlle Sidle  est une excellente enquêtrice, cependant elle s'implique un peu trop émotionnellement dans son travail. Il est  donc recommandé de lui imposer un jour de congé toutes les soixante-dix heures pour la ménager et éviter ainsi une quelconque crise de nerfs »

Catherine se sourit à elle-même... « Finalement,  j'avais vu juste Sara avait besoin d'une petite coupure pour se calmer !  Grissom, Greg, David, et même Archie étaient sur mon  dos à me reprocher le fait que je n'avais pas soutenu Sara contre Ecklie. Mais je n'avais pas tort, elle a besoin de passer un peu de temps loin du labo. »  La petite rousse se demanda soudain si elle avait bien agi… Oui bien sûr qu'elle avait bien agi, Sara avait besoin de faire une pause. Après tout elle avait traité un témoin avec mépris, n'avait pas eu plus d'égards envers elle en la traitant presque de garce et s'était montrée plus qu'insolente avec Ecklie. De plus la grande brune avait refusé de lui faire des excuses !

Pourtant une petite voix disait à Catherine qu'elle aurait pu être plus compréhensive, après tout elle aussi avait menacé de tuer un témoin… Sara avait juste explosé, d'autres l'avaient fait avant elle ! Mais Ecklie lui avait si souvent dit que le dossier de la grande brune regorgeait de plaintes et d'avertissement qu'elle avait fini par le croire.

Mais aujourd'hui avec le dossier de Sara sous les yeux, elle pouvait voir qu’Ecklie lui avait menti, Sara n'avait rien d'une bombe à retardement, elle n'était pas plus dangereuse que n'importe quel autre membre du laboratoire ! Peut-être un peu plus caractérielle et fougueuse mais les choses s'en arrêtaient là… Catherine ne pouvait pas dire si elle était déçue ou soulagée d'avoir enfin découvert la vérité… Mais la petite rousse n’eut pas le temps de s'attarder là-dessus un autre détail du dossier venait de lui sauter aux yeux.

 « Père Matthew Sidle : décédé en 1984 … » Catherine fronça légèrement les sourcils et se livra à un petit calcul mental « Sara avait tout juste treize ans… Deux ans de plus que Lindsey quand Eddie est mort »

La petite rousse reprit sa lecture «  Mère : Laura Sidle – données indisponibles ? Comment ça indisponibles ? »

Naturellement, la façon la plus simple d'avoir une réponse à sa question aurait été de demander directement à Sara… Mais cette option n'était malheureusement pas envisageable ! Catherine savait que la grande brune serait folle de rage si elle apprenait qu'elle avait consulté son dossier.

« Je fais pourtant ceci avec les meilleures intentions du monde... » Se dit Catherine pour se donner bonne conscience. Son cœur battait soudain plus fort, comme prise en faute lorsque son regard bleu azur tomba sur la photo de Sara qui esquissait un pâle sourire. Un sourire qui aurait pu rivaliser avec celui de Mona Lisa …

Catherine était allée trop loin à présent pour reculer,  elle voulait en savoir plus sur Sara Sidle. Elle se connecta donc au système de recherche LexisNexis et lança une recherche par mots clés : Matthew, Laura, Sara Sidle, Californie 1984

Cela ne prit que quelques secondes à l'ordinateur pour trouver le fichier concerné : 

L’ETAT CONTRE LAURA SIDLE, CALIFORNIE 1984.

Catherine se redressa sur sa chaise et parcourue l'écran…

Laura Sidle avait assassiné son mari de plusieurs coups de couteau… Le seul témoin du crime était leur fille Sara Sidle : âgée de treize ans.

« Les examens médicaux rapportent l'abus physique et psychologique du père sur son enfant. L'adolescente présente de nombreux os mal ressoudés, visiblement du à la malnutrition. Le kit de SRAS est revenu positif pour le viol chronique. Les os suivants ont été broyés ou cassés : cubitus, humérus gauche, tibia, les deux clavicules, le sternum et les côtes du côté droit. Chaque doigt de la fillette a été cassé entre la première et la deuxième phalange. Les traumas indiquent que ces blessures lui ont été infligées très jeune, la fillette était alors visiblement âgée de cinq ans »

Catherine pouvait presque voir le père de Sara, la saisir violemment par le bras et le tordre jusqu'à ce que les deux os de son avant-bras se cassent, elle pouvait presque imaginer avec quelle violence il avait dû la jeter contre le mur pour lui broyer le sternum. Elle imaginait sans peine les cris, les hurlements, le sang qui s'écoulait des plaies de Sara…

La petite rousse eut un haut le cœur, elle se demanda comment Sara avait pu survivre à un tel enfer ! Catherine poursuivit sa lecture et découvrit que Laura avait été victime des mêmes maltraitances que sa fille. La CSI comprenait enfin pourquoi la mère de Sara avait tué son mari. Elle voulait les protéger de cette menace permanente…

Mais quelques lignes plus bas Catherine s'aperçut avec horreur, que Laura Silde battait également sa fille et que pour cette raison elle ne pouvait pas bénéficier d'une remise de peine. Elle serait jugée à la fois pour le meurtre de son mari, mais également pour maltraitance sur mineur.

Catherine s'aperçut alors qu'il y avait des pièces jointes au dossier… des photos… Des photos de la scène de crime, des photos de Laura… des photos de Sara… Le coeur de Catherine se brisa lorsqu'elle vit le corps décharné de la préadolescente couverte d’ecchymoses.

«Mon  Dieu, ce regard… elle a le même regard hanté que quand nous travaillons sur un cas d'abus domestique ! Voilà donc d'où lui vient ce regard… » Murmura Catherine

La petite rousse allait refermer l’écran de l'ordinateur quand elle vit les dernières lignes du rapport … Catherine se força alors à lire la déposition de Sara… Sara âgée de 13 ans…

« C’est vrai qu'ils se disputaient souvent... Il y avait des cris, des hurlements, les voyages à l'hôpital. Mais qu'est-ce que ça peut faire ? C'est la manière dont tout le monde vit. »

«  Sara… Personne ne devrait vivre comme ça et surtout pas toi ! Tu n'aurais pas dû souffrir de cette manière… Ce n'est pas juste » Chuchota Catherine en s'essuyant les yeux du revers de la main


 La dispute qui avait eu  lieu la semaine dernière entre les deux femmes, résonna soudain dans la tête de Catherine…

« Tout ce que je demande c'est le passage d'une assistante sociale » avait dit Sara en se dirigeant vers le vestibule.

« Est-ce que l'épouse a demandé de l'aide ? » avait répliqué Catherine.

« Et bien , c'est plutôt dur à faire lorsque vous ne parlez pas un mot d’anglais et  que vous êtes une esclave sexuelle. Je suis sûre qu'elle ne connaît même pas ses droits. » Avait rétorqué Sara d'une voix insistante

Catherine avait soupiré : « On n'arrête pas les gens à cause d'un mauvais mariage !»

« Oui, et tu en sais quelque chose… »

Catherine n'avait pas pris la peine de relever ce que venait de dire la grande brune… Après tout Eddie n'avait pas été un très bon mari. « Sara,  si ce type est coupable et qu'il a vraiment tué sa première femme nous l’arrêterons ! »

« Et en attendant il peut continuer à l'employer comme punching ball »  lança Sara d'un ton acerbe.

« Sara, j'étais là  il n'y avait pas une seule marque sur elle. »

« Il y en a certaines qu’on ne peut pas voir, Catherine. »

La petite rousse avait soudain cessé de marché, pour faire face à Sara : « Chaque fois que nous devons nous occuper d'un cas de violence domestique, tu pètes les plombs ! C'est quoi ton problème ? » 

 « Ouais,  j'ai peut-être un problème, mais toi tu laisses ta sexualité obscurcir ton jugement au sujet des hommes…. »

Tous ces mots résonnaient encore et encore dans l'esprit de Catherine et se mélangeaient…

« … Et en attendant, il peut continuer à l'employer comme punching ball ? Il y a certaines marques qu’on ne peut pas voir… pas voir, Catherine… des hurlements, des voyages à l'hôpital. Mais qu'est-ce que ça peut faire? C'est la manière dont tout le monde vit. »

La CSI ne pouvait pas en supporter davantage,  elle referma le dossier de Sara et le jeta dans l'un des tiroirs de son bureau. Comme si les voix qui la hantaient provenaient de ce simple bout de papier. Mais Catherine s'aperçut bien vite que le fait d'avoir rangé le dossier ne changeait pas les choses, cela ne l'aidait pas. Elle devait sortir de son bureau… Elle passa voir Nick, puis Warrick, elle fit un arrêt en salle de pause pour prendre un café, elle avait même rendu une petite visite à Greg et Mia…Mais rien n'y faisait !

La voix de Sara résonnait toujours dans sa tête comme un battement de cœur…« … Et en attendant, il peut continuer à l'employer comme punching ball ? Il y a certaines marques qu’on ne peut pas voir… pas voir, Catherine… des hurlements, des voyages à l'hôpital. Mais qu'est-ce que ça peut faire? C'est la manière dont tout le monde vit. »

Catherine ne pouvait s'empêcher de ressasser dans sa tête toutes les horreurs qu'elle avait vues dans le dossier de la grande brune… Elle ne pouvait pas s'empêcher de penser à tout ce que Sara avait dû endurer étant enfant… Violée par son propre père ! Battue par ses deux parents qui étaient censés l’aimer et la protéger !

« … des hurlements, des voyages à l'hôpital. Mais qu'est-ce que ça peut faire? C'est la manière dont tout le monde vit. »

Catherine devait quitter le laboratoire…

Elle alla chercher refuge dans sa voiture, là elle laissa enfin ses larmes inonder son visage…

« Je devine que personne n'a jamais fait de contrôle d'assistance sociale sur ta famille… Tu as sûrement vu quelqu'un qui n'a pas vu la moindre marque sur toi... Tu étais une enfant et bien sûr tu ne connaissais pas tes droits ! Tu as même cru que toutes les familles vivaient comme la tienne… Mon Dieu, ce n'est pas étonnant que tu te braques autant lorsqu'on travaille sur ce genre de cas ! À l'époque où tu traversais toutes ces horreurs, personne n'était ta voix… C'est pour ça qu'aujourd'hui tu hurles pour qu’on t’entende… Et certains, comme moi, n'écoutent toujours pas. Les gens qui devraient écouter, détournent leur attention simplement parce que c'est toi qui parle…» sanglota t’elle

Cette fois Catherine n'avait même pas pris la peine d'essuyer les larmes qui tombaient sur son visage. À cette minute précise elle se détestait… Elle devait admettre que si Nick ou Warrick avaient exigé un contrôle des services sociaux, elle les aurait écoutés ! Elle aurait sûrement fait une demande pour qu'une assistante sociale passe rendre une petite visite à Jun Melton.

Le pire dans toute cette histoire était que Sara avait eu raison du début à la fin…

Lorsque Catherine était arrivée chez Andrew Melton, elle avait été horrifiée de découvrir que le réfrigérateur avait été cadenassé, les placards verrouillés et le téléphone coupé. Jun ne pouvait ni commander une pizza ni demander de l'aide…

Oui, Sara avait eu raison dès le début. Catherine l'avait écartée, juste parce que c'était Sara…

« Je te dois des excuses, Sara. Et beaucoup plus que cela… » Catherine se remémorera alors les cinq dernières années passées avec Sara… Chaque mot, chaque remarque, chaque sourire glacial qu'elle avait adressé à la grande brune lui revint en mémoire…

« J'aurais mieux fait de la jeter directement du haut des escaliers, je lui aurais fait beaucoup moins de mal ! » Observa Catherine amère.

La petite rousse avait prit sans vraiment s'en rendre compte le chemin de l'appartement de Sara… Elle était à présent garée devant l'immeuble… Catherine n'avait encore jamais mis les pieds chez la grande brune, elle ne savait même pas dans quel appartement elle logeait. Elle avait simplement lu l'adresse de sa collègue sur son dossier… Et l'avait trouvée sans difficulté… La vraie difficulté serait de rassembler assez de courage pour aller frapper à la porte de Sara…

Combien de temps est-ce qu’elle était restée là à fixer le bâtiment, elle n'en avait pas la moindre idée. Mais elle fut soudain arrachée de ses pensées par le grondement d'une Harley…

Elle ne put masquer sa surprise lorsqu'elle découvrit que c'était Sara qui se cachait sous cet énorme casque noir.

Sara avait aperçu Catherine presque immédiatement en descendant de sa moto. Elle traversa alors la rue pour rejoindre la petite rousse…

« Si tu es venue ici pour m'entendre te présenter des excuses, tu as perdu ton temps ! Alors tu peux retourner voir ton nouveau meilleur ami et lui raconter que je n'ai pas été gentille avec toi,  ça m'est complètement égal, nous sommes dans la rue, un lieu public, je peux donc te dire ce que bon me semble ! Ici je ne te dois rien… Ailleurs non plus d'ailleurs ! »

« Sara… je… Je ne suis pas venue ici pour que tu t'excuses ! Je suis venu pour que tu acceptes les miennes » murmura Catherine en s'avançant vers la grande brune.

« Quoi ? Ah oui, je vois d'ici le genre d'excuses que tu vas me faire, désolée Sara mais Ecklie a décidé de te vire ! Pratique le nouveau système, il m'envoie son laquais au lieu de m'envoyer une lettre recommandée ! C'est comme ça qu'il compte faire faire des économies au labo ?! »

« Non bien sûr que non, tu n'es pas renvoyée… Et je ne suis pas non plus son laquais » protesta Catherine.

Sara posa sur elle un regard accusateur : « Ouais, bien sûr c’est ça..... Qu'est-ce que tu veux alors ?! »

« Je t'ai déjà dit pourquoi j'étais là, je suis venue m'excuser, j'ai été injuste avec toi ! »

« Nos petites querelles te manquent tellement, que tu es venue jusqu' à chez moi pour jouer avec mes nerfs et te payer ma tête ?! On sait tous que Catherine Willows  ne s'excuse jamais »

« Je ne joue pas Sara ! Et contrairement à ce que tu penses, je ne suis pas un monstre sans cœur, je sais aussi reconnaître mes tors !  J'ai eu du temps pour penser à… ce qui est arrivé dans ce couloir. Je suis une bonne CSI et je me dois d'être honnête… Tout ça a dérapé juste parce que c'était toi Sara… Les choses ne seraient jamais allées aussi loin avec Nick, Warrick ou Grissom, j'aurais calmé le jeu bien avant ! Mais parce que c'était toi je t'ai poussée à bout et je m'en excuse... »

« Tu es comme tu es Catherine… Je sais très bien que tu adores Warrick et tous les autres… tous les autres sauf moi mais je l'accepte… Les premiers temps où je suis arrivée, j'ai eu le fol espoir que toi et moi pourrions peut-être devenir des amies ! Mais tu m'as bien vite fait  comprendre que tu ne voulais rien avoir à faire avec moi et ça aussi je l'ai accepté… Après tout ce n'est pas parce que nous sommes les deux seules femmes de l'équipe que nous sommes obligées d'être les meilleures amies de la Terre mais j'aimerais que tu m'accordes un peu plus de crédit professionnel !» Les yeux de Sara s'étaient remplis de colère

Catherine avait le coeur lourd. Rien n’avait jamais été aussi facile pour elle que de blesser Sara, de la tenir à distance… La jeune CSI avait toujours éveillé d’étranges sentiments chez Catherine. Et puis ce silence, tous ces secrets que gardait Sara, comme si Catherine n’était pas assez bien pour elle, comme si elle ne pouvait pas comprendre ce qui tourmentait la grande brune… Mais aujourd’hui qu’elle connaissait le secret de Sara, elle avait revu son jugement… Ce n’était ni du mépris, ni de l’arrogance… Loin de là, c’était simplement de la pudeur, de la honte…  et à présent Catherine respectait ça !

« Je sais que nous avons toujours eu des rapports difficile, Sara, et personne se souhaite plus que moi voir changer les choses… Pouvons nous aller à l'intérieur pour parler de tout ça? »

« Et si je dis non ?! » demanda Sara en croisant les bras sur sa poitrine. « C'est ma maison, et tu n’as pas Ecklie pour te soutenir. Tu es impuissante face à la situation, quel effet cela te fait-il ?!»

« Tu veux te disputer avec moi, c’est ça que tu veux ?» demanda Catherine sur un ton de défi  

« C’est comme ça que nous communiquons toi et moi… c’est comme ça que nous avons toujours fait…»

« Et bien ce n’est pas la bonne façon de faire ! Nous pouvons communiquer autrement… Sara, je suis ici avec le drapeau blanc, je suis venue parler avec toi…»

« Pourquoi est ce que j’accepterai de faire la paix avec toi ? Hein, pourquoi ?! Tu veux devenir mon amie c’est ça ? Comme ça au moment où je te ferai confiance tu me trahiras ! Tu veux que je te laisse m’approcher pour pouvoir me faire plus de mal, pour me détruire ?!  Il y a une semaine on ne pouvait même pas avoir une conversation civilisée et aujourd’hui tu viens me voir, pour la première fois en cinq ans en me proposant de faire la paix… Ne le prends pas mal Catherine mais j’aurai tendance à me méfier de toi ! Je suis désolée mais je n’ai aucune envie de faire la paix avec toi, je n’ai aucune envie que tu entres dans ma vie ou dans ma maison !»

Catherine essaya alors une autre tactique, car elle voyait bien que Sara s’éloignait d’elle...

« Pourquoi ne me fais tu pas confiance ? C’est vrai que je t’ai blessée, mais tu m’as fait du mal aussi ! Je te demande simplement une seconde chance ce n’est pas la mer à boire Sara ! Pourquoi tu ne veux pas m’offrir cette seconde chance ?! Laisse moi deviner, tu as fait confiance à ton père le jour où il t’a dit qu’il ne te toucherait plus… Tu l’as cru, tu as baissé ta garde et il a recommencé ! Et cette trahison ta fait encore plus mal que les coups !  »

Sara se congela sur place.

« Je sais que tu as été blessée… Je sais que tu as souffert davantage que n'importe quel enfant. Je sais ce que ton père t’a fait… Je sais pour Laura… Je sais ce qu’elle a fait à ton père, ce qu’elle t’a fait !»

Sara se tourna lentement pour faire face à Catherine. La petite rousse vit immédiatement se refléter dans les yeux de Sara la trahison et la crainte : « Grissom t’a parlé de ça ?!» demanda t’elle les yeux brillants de larmes.

« Non… Il n’a rien dit ! » Catherine se déplaça vers Sara et tendit sa main pour la poser sur son épaule, mais la grande brune eu un vif mouvement de recul, Catherine laissa donc retomber sa main dans le vite, légèrement déçue que Sara ne se soit pas laissée approcher…

« Gil ne m’a rien dit Sara… Je ne vais pas te mentir, j’ai consulté ton dossier ! J’avais besoin de comprendre pourquoi les cas de violence domestique te touchent d’aussi près… Je voulais comprendre Sara… J’avais vraiment besoin de comprendre ! Peut être que nous pourrions parler de tout ça au calme…» proposa Catherine

Sara inclina lentement la tête…


 

Elles n’étaient pas allées à l’appartement de Sara... La grande brune ne se sentait pas prête pour ça, c’était une chose que d’avoir reçu Grissom chez elle, c’en était une tout autre d’ouvrir la porte à Catherine… elles s’étaient donc rendues dans un café-restaurant… Un endroit neutre.

« Alors comme ça maintenant que tu sais pour moi, tu veux être gentille avec moi et devenir mon amie ?…» questionna Sara avec ironie.

« Je veux juste te dire que je suis désolée... » Répondit Catherine. « Je suis désolée pour la petite fille qui a pensé qu'il était normal d'être battue et violée. Je suis désolée pour l'adulte qui a perdu tellement… Je suis désolée d’avoir été froide avec toi ! Je suis désolée de n’avoir pas compris plus tôt pourquoi tu étais en colère contre le monde entier ! Je suis désolée de t’avoir mal jugée ! Je suis désolée de t’avoir reproché la mort d’Eddie. Je suis désolée pour tout ça... Mais je  suis encore plus désolée de ne pas avoir été  l'amie que tu méritais …»

Sara était restée silencieuse, en vérité elle ne savait plus trop quoi penser… Une partie de son être était en colère après Catherine, pas parce qu’elle avait été suspendue à cause d’elle, mais parce que Catherine était simplement ici parce qu’elle avait découvert son terrible passé et Sara ne voulait pas de sa pitié… non, elle aimait beaucoup trop Catherine pour tolérer ça !

 

Oui elle aimait cette femme plus que tout, même si elle l’avait blessée plusieurs fois ! Dans le fond ce qui était le plus douloureux pour Sara était de savoir que Catherine ne l’aimerait jamais… Pourtant Sara était habituée à être rejetée par les gens qu’elle aimait : son père… sa mère…Gil… et à présent Catherine…

 

" Si j’ai pu faire la paix avec ma mère, je suppose que je peux faire la paix avec toi... " Murmura alors la grande brune.

 

Catherine ne lui répondit pas, et se contenta de lui sourire… Que pouvait elle répondre à ça ?! Que pouvait elle répondre à toutes les questions qui s’élevaient à présent dans sa tête…

 

Mais qu’est ce que qui m’a pris de venir ici ? Pourquoi je me sens si bien tout à coup ? Pourquoi je me sens si coupable ? Pourquoi j’ai soudain envie de la prendre dans mes bras et de ne plus jamais la laisser s’échapper ?!... Catherine n’avait pas d’autre réponse à toutes ces questions que parce que… C’ÉTAIT Sara. Elle ressentait tout ça parce que c’était Sara !    

 

" Je regrette de ne pas être intervenue en ta faveur auprès d’Ecklie, je sais que je l’aurai fait pour Warrick ou Nick… ". Murmura Catherine en regardant au loin.

 

" Je n’en attends pas moins de ta part ! J’aurais été étonnée si tu étais intervenue en ma faveur, mais tu as été fidèle à notre relation et tu m’as ignorée…" répliqua sèchement Sara.

 

"Tu es convaincue que je te déteste n’est ce pas ?! ".  

 

Sara gloussa…" J'ai des années d'entraînement face à la haine, Catherine. Tu es comme mon père… seulement tu utilises des mots pour me blesser, pas tes poings ! Mais rassure toi c’est tout aussi efficace, peut être même plus... "

 

Les yeux de Catherine étincelèrent alors de larmes, elle savait que Sara avait dit la vérité, elle savait à quel point elle avait pu blesser la grande brune… Mais être comparée au père de cette dernière était très douloureux à entendre !...  

 

" Je dois être un peu maso… parce que quand tu n’es pas là, je crois que tu me manques…Je me suis tellement habituée à nos disputes que le silence et le calme m’effrayent quand je suis dans la même pièce que toi ! C’est sûrement pour ça que je te harcèle, jusqu'à ce que tu me cries dessus. J'attends tes mots cruels, parce que la douleur est familière. Je le sais et d’une certaine façon ça me rassure… Comme ça je ne suis pas obligée de te parler, parce que je ne sais pas te parler Catherine… Tu as le pouvoir Cath et tu le sais, et tu sais parfaitement bien l'utiliser. Tu pourrais même donner des cours à Lady Heather !".  

 

Sara posa alors son regard sur la petite rousse et la déshabilla presque des yeux: " Tu veux que je te pardonne pour tout ça ? C’est ce que tu veux ?... Être pardonnée ?! Alors, d’accord… Je te pardonne ! Tu vois c’est facile… Je l’ai fait cent fois avec mon père, cent fois avec ma mère… alors je peux bien le faire avec toi ! Et puis comme eux tu recommenceras à me blesser… encore… "   

 

" NON ! Ce ne sera pas comme ça… Je ne serais pas comme eux ! ".  Dit Catherine en sautant presque de son siège tendant la main vers Sara.

 

La grande brune s’était raidie quand elle avait senti la main de Catherine se poser sur la sienne, mais elle fit cette fois l’effort de ne pas la repousser.

 

" Je sais que j’ai sale caractère et que je m’emporte vite ! Mais je tiens mes promesses, je ferais tout ce que je peux pour ne plus te blesser… ".  

 

Sara  sourit … 

 

" Je te promets d’apprendre la patience ! Et je te jure que la prochaine fois que tu auras besoin d’aide je serai là ! Et si Ecklie te cause encore des problèmes, je serais de ton côté… Je serais là pour botter ses fesses de sale menteur, il ne te menacera plus jamais Sara, tu as ma parole…"  

 

" Merci Cath... " Murmura la brune d’une voix pleine de reconnaissance, elle savait que Catherine était une femme de parole, la petite rousse avait de nombreux défauts, mais aussi de merveilleuses qualités, c’était d’ailleurs pour ça que Sara était tombée amoureuse de la CSI.

 

Une question lui traversa alors l’esprit : " Catherine… Qui est au courant pour mon passé ?" 

 

" Juste moi... " La rassura tout de suite la CSI  "Moi… et vu ta réaction de tout à l’heure quand tu as cru que Grissom avait trahi ta confiances… je devine qu'il sait lui aussi ?!".  

 

Sara fit un signe de la tête.  

 

" Alors nous sommes deux à savoir ! Et personne d’autre ne sera mis au courant… en tout cas  pas par  moi ".  

 

" Merci… Je détesterait être connue comme ' la fille dont le père a été poignardé '. Je ne veux pas que tout le monde au laboratoire me regarde avec pitié. Je veux juste être moi, le  moi avec qui ils travaillent tous les jours ! Je ne veux pas devenir une victime à leurs yeux, je ne veux pas redevenir cette enfant battue, humiliée, violée par son père ! Je ne supporterai pas les regards en coin et les murmures sur mon passage ! ".  

 

" Tu n’auras pas à faire face à ça, puisque personne ne saura jamais ! Je protègerai ton secret Sara tu peux me faire confiance, au moins pour ça !"

 

Catherine se rendit compte qu’elle était prête à déplacer des montagnes et à braver quiconque  voudrait faire du mal à Sara… Elle commençait à réaliser pas à pas que si elle s’en était toujours pris à Sara c’était simplement parce que la grande brune lui inspirait bien plus que de simples sentiments d’amitié… Et Catherine avait quelque peu paniqué lorsqu’elle avait découvert que Sara pouvait lui faire perdre le contrôle des choses… de sa vie… Alors elle était partie en guerre contre cet étrange envahisseur venu de nulle part…

 

Mais aujourd’hui Catherine était fatiguée de guerroyer, elle voulait faire la paix… Et pourquoi pas conquérir peu à peu la dame de ses pensées… Puisqu’il ne fallait plus se le cacher Sara avait su toucher son cœur dès le premier jour…

 

Catherine voulait déposer les armes aux pieds de la grande brune et apprendre à la connaître… Apprendre à l’aimer… 

 

Sara  regarda fixement la main qui couvrait la sienne et sa main libre alla se poser sur l’autre main de Catherine son pouce traçant de légers cercles sur la paume de la petite rousse. " Le meilleur moment que j’ai passé avec toi… Le meilleur moment que nous avons passé ensemble, c’est ce fameux jour où tu m’as invitée à prendre une bière avec toi… à cause de Hank ! Tu as été si douce, si gentille… si drôle… si merveilleuse avec moi ! La Catherine de ce jour là me manque… Je crois que je l’aimais bien… Je crois que j’aurai pu l’aimer… ".  

 

" Elle est ici… Je suis ICI !  " Dit Catherine en se mordant la lèvre pendant qu’elle se  déplaçait plus près de Sara.

 

" Tu sais pour être honnête… je crois que j’aime déjà la Catherine Willows que je connais…"

 

Le juke-box du restaurant se mit alors à jouer…et la salle s’emplie d’une douce musique…

 

Les blessures guérissent... 

Les coeurs peuvent être raccommodés… 

Un  nouvel espoir m’est donné... 

Les nouvelles histoires peuvent commencer…

Cette fois je sais que ça va marcher…

Car quelqu’un va enfin savoir m’aimer….  

 

Une nouvelle chance s’offrait à elles…Un nouveau départ pour leur relation…

 

Et cette fois Catherine n'allait pas prendre le risque de perdre ou de blesser Sara, elle voulait que la grande brune fasse partie de sa vie… et si elle avait bien compris ce que lui avait dit Sara, elle aussi voulait de Catherine dans sa vie !..

 

Catherine s’était promis de prendre soin de la jeune CSI… elle avait prit cette décision quand elle avait vu les photos de Sara… Une petite fille battue et violée  vivait désormais dans l’esprit de Catherine, elle ne pourrait jamais effacer l’horreur de ces clichés, elle ne pourrait jamais oublier que l’enfant sur ses photos était Sara… sa Sara !

 

Personne n’avait protégé la grande brune, personne n’avait jamais  pris soin d’elle lorsqu’elle était encore enfant ! Et à présent il était presque trop tard pour protéger la femme qu’elle était… Mais dorénavant Catherine serait là pour veiller sur elle, elle serait là pour veiller à ce que chaque jour un sourire illumine son doux visage, oui elle voulait revoir ce doux sourire, le sourire de Mona Lisa…

 

Et comme si elle avait lu dans ses pensées, Sara lui sourit…

 

La grande brune saisit de nouveau la main de Catherine, elle avait besoin de la sentir près d’elle, elle avait besoin de savoir que la femme qu’elle aimait en secret depuis si longtemps serait là pour elle aujourd’hui… serait là pour elle demain…

 

" Cath… promets moi que tu ne seras pas comme mes parents, promets moi que plus jamais tu ne me reposeras…

 

" Je promets … " murmura Catherine le cœur léger, sachant qu’elle tiendrait parole.  

 

 

Fin

 

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