Un grand merci pour vos mails, MERCI :) J'espère vraiment que vous allez aimer cette suite !
Un merci tout particulier à Alex qui est toujours là pour moi et ma ff... avec ses idées et ses corrections, je n'aurai jamais écrit cette partie sans toi ;)
Bonne lecture tout le monde !
Pour un petit mot d'encouragement ou me dire que cette histoire est nulle à pleurer, c'est par là : caracsi@hotmail.fr
Le secret de Sara…
Troisième partie
Par Cara
Après le déjeuner, lorsque la question de comment passer la journée s’était posée, Catherine s’était contentée de sourire à Sara, et de prendre les clefs de la voiture.
« Suis-moi… » avait-elle murmuré à une Sara sous le charme.
Elles avaient roulé pendant plus de deux heures avant que Sara ne reconnaisse la baie de San Francisco.
« Mais qu’est ce qu’on fait ici ? » demanda nerveusement la grande brune.
« Jullian m’a appelée, il semblerait que tu ‘oublies’ de le rappeler depuis plusieurs jours, alors je lui ai promis de t’amener avec moi ici ! »
« Jullian a ton numéro de portable ? » demanda Sara étonnée.
« Maintenant oui… »
« Comment ça, maintenant oui ? Tu viens de dire qu’il avait appelé ! »
« Et bien en fait, vu que tu ne répondais pas à ton portable, il a téléphoné dans plusieurs hôtels du coin, jusqu'à ce qu’on lui dise qu’une Sara Sidle était descendue ici, ensuite il à téléphoné dans la chambre et il est tombé sur moi ! » expliqua Catherine.
« Sacré Rio, toujours aussi débrouillard celui là » marmonna Sara en secouant la tête.
« Pourquoi l’appelles-tu Rio ? »
« Oh, juste comme ça, c’est un surnom rien de plus, il vient du Mexique alors… »
« Alors Rio, c’est logique ! » gloussa la petite blonde.
« Ouais… » dit Sara en rougissant légèrement.
« Où l’as tu rencontré ? Harvard ? » hasarda Catherine
« Non, non pas vraiment ! Je l’ai rencontré à San Francisco »
« Où ça ? »
Dieu, mais pourquoi tant de questions, pourquoi Catherine s’intéressait tout à coup à Jullian à ce point là.
« On s’est rencontrés dans un parc ! Il a voulu me voler mon déjeuner et je lui ai donné la raclée du siècle ! Après ça on est devenu les meilleurs amis du monde ! C’était l’été 93… » expliqua Sara perdue dans ses souvenirs.
« Rencontre explosive ! Tiens c’est drôle, j’étais à San Francisco le même été que vous, on aurait pu se croiser à ce moment là »
« Je ne pense pas non… »
« Pourquoi pas ? »
« Pour commencer San Francisco est une ville immense, et ensuite je ne pense pas que nous fréquentions les mêmes endroits… »
« Oui c’est sûr, j’imagine qu’à…. » Catherine se livra à un petit calcul mental. « Qu’à seize ans tu n’allais pas dans des boites de striptease ! »
« Quoi ? » demanda Sara étonnée.
« Ne fais pas cette tête, tu ne vas pas me faire croire que tu n’étais pas au courant que j’avais été danseuse exotique ! »
« Non, enfin si, pour Vegas, mais pas ici à San Francisco ! »
« Ca n’a pas duré bien longtemps, deux mois en tout et pour tout, Eddy avait un cousin dans le coin avec qui il voulait monter une boîte, on lui avait parlé d’un investisseur ici. Mais Eddy et Louis n’avaient pas de mise de départ, alors il m’ont fait venir et il ont passé le marcher suivant : Je dansais dans le club de ce type pendant trois mois, ensuite il nous prêtait l’argent pour monter notre boite… »
« Et ça ne s’est pas passé comme ça… » demanda Sara qui avait déjà la réponse.
« Non loin de là, l’argent sortait plus vite qu’il ne rentrait, et un soir ce sale type m’a proposé 500 dollars pour coucher avec moi… » dit Catherine en resserrant ses mains sur le volant.
« Que s’est il passé ? »
« Rien ! J’ai refusé, j’étais une danseuse pas une prostituée ! J’ai plié mes affaires et je suis rentrée à Vegas, fin de ma brillante carrière ici, une vraie étoile filante ! » murmura t’elle.
Le silence s’installa entre elles…
Sara avait toujours admiré Catherine pour son courage et son honnêteté ! Elle n’avait jamais renié sont passé, même si elle se soumettait au jugement des gens, elle avait toujours gardé la tête haute et assuré son choix de vie ! La grande brune était incapable de faire ça, incapable !
Catherine tourna dans la rue et Sara reconnu le bâtiment où travaillait Jullian.
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« Ton portable n’a plus de batterie Sidle ? » lui lança une voix dans le hall d’entrée.
« Non, je n’accepte juste pas les appels en PCV des pauvres mexicains immigrés ! » lança t’elle en se retournant.
« Viens là… » dit Jullian en l’attirant dans une douce embrassade. « Merci de me l’avoir amenée Catherine ! »
« Pas de problème ! »
« Si on montait dans mon bureau, nous avons à parler »
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« Tu as vu Harley ? » demanda Jullian en refermant la porte derrière eux.
Sara hocha la tête
« Et ? »
« Ca ne s’est pas très bien passé » répondit Catherine voyant que sa collègue gardait le silence.
« Pas très bien comment ? »
« Harley a était un peu dure avec Sara… »
« Dur, c’est l’euphémisme du jour ! Elle m’a menacée de me faire arrêter ! » hurla Sara encore blessée par les mots de sa fille.
« Donc ? Après ça quelles sont tes intentions ? » demanda l’avocat pour être sûr que tout le monde était bien sur la même longueur d’onde.
« Je veux obtenir la garde de cette petite peste, et lui apprendre la politesse ! » lança la grande brune en croisant les bras « Non, mais c’est vrai quoi, quel enfant bien élevé menace de faire arrêter sa mère, je vous le demande ! »
« Visiblement, ta fille ! » lui répliqua Catherine avant de poser sa main sur le genou de Sara.
« Tu es bien consciente que c’est une lourde responsabilité, tu es sûre de vouloir l’assumer ? Je ne lance pas une telle procédure si c’est pour te voire reculer au dernier moment ! » S’inquiéta Jullian.
« Je suis sûre de moi Rio ! » murmura Sara.
« Bon très bien, mais que les choses soient claires, je n’ai pas le pouvoir d’aller chercher Harley et de te la ramener dans la seconde ! Tout ce qui touche à ta fille relève du tribunal, pas de moi ! »
« Oui je le sais très bien… »
« Est-ce que Sara a des chances d’avoir la garde d' Harley ? » l’interrogea Catherine.
« Ca dépend du juge, certains sont pour le rapprochement familial et les secondes chances, d’autres pas ! C’est un quitte ou double ! »
« Mais c’est ma fille ! Je pensais que j’aurai de vraies chances de l’avoir ! » protesta Sara.
« Ce n’est pas le cas ! Et le juge commencera par essayer de déterminer si tu es oui ou non compétente pour prendre soin d’une enfant. »
« Personne ne s’est inquiété de savoir si ma mère et mon père étaient compétents pour s’occuper de moi ! » cracha la grande brune amère.
Catherine tourna un visage inquiet vers Sara. Elle avait très bien compris que sa collègue n’avait pas été l’enfant la plus heureuse du monde, mais chaque information quelle récupérait ici et là, la faisait craindre le pire.
« Je sais ! Mais je me contente simplement de te mettre en garde ! Je préfère que tu sois informée à l’avance des obstacles qui se dresseront sur ta route. Pour commencer, le juge voudra connaître la vie que tu as menée et il prendra les mesures qui s’imposent pour obtenir les renseignements nécessaires… »
Les mâchoires crispées Sara hocha la tête. C’était très précisément ce qu’elle avait toujours redouté…
« Donc cela veux dire qu’il y a de fortes chances que… » Jullian jeta un coup d’œil sur Catherine attendant un signe de Sara, signe qui ne venait pas. « Catherine, je suis désolé mais j’aurai besoin de parler à Sara seul à seul »
La petite blonde retira sa main du genou de Sara, elle était blessée, c’était évident. Elle s’apprêtait à quitter son siège quand Sara la rattrapa par la main.
« Non, elle reste ! » dit la jeune femme en fixant Jullian.
« Très bien , c'est toi qui décides ! » approuva l’avocat en souriant.
Sara était en train de prendre le plus grand risque de sa vie, comment allait réagir Catherine en apprenant qu’elle avait vécu dans la rue ? Qu’elle avait fait des choses dignes d’animaux pour pouvoir survivre. Elle passerait le pas de cette porte avec hâte pour ne plus revenir, voilà comment elle allait réagir.
« Je pense qu’ils vont faire une enquête sur toi, ils vont ratisser large, et même si ton casier est vierge, ils auront accès aux vieilles affaires de quand tu étais mineure, vol à l’étalage, recel et vagabondage. D’une façon ou d’une autre ils découvriront que tu as passé deux ans dans les rues de San Francisco, livrée à toi-même. Le fait que tu aies laissé Harley ne joue pas non plus en t’a faveur ! Heureusement, il y a Harvard et ton job de CSI ! Mais si il y a un procès tout le monde sera au courant de ça… »
« Je sais…j’espère juste que j’aurai pu parler à Harley avant »
Catherine n’avait pas bougé, bouleversée par ce qu’elle venait d’apprendre sur Sara.
« D’autre part… » marmonna Jullian avant de marquer une hésitation.
« Vas-y continue, j’aimerais autant savoir à quoi m’en tenir ! »
« Vu l’âge d’Harley, le juge tiendra compte de la volonté de ta fille »
« Autrement dit, si elle ne désire pas vivre avec moi, le juge refusera de la contraindre ? »
« Il y a des chances oui… »
Sara eut un petit rire amer : « Là encore, personne ne m’a demandé à moi, si je désirais habiter avec mon beau père, lorsque ma mère a atterri en prison ! »
Beau père, prison, recel, vagabondage… tous ses mots se heurtaient dans la tête de Catherine, elle venait de se rendre compte à quel point elle connaissait peu le passé de Sara. Elle comprenait mieux pourquoi la jeune femme avait toujours été si secrète, sa vie n’avait pas été facile… Catherine suffoquait, elle avait besoin d’air, ses poumons la brûlaient, elle devait quitter cette pièce.
« Je voudrais vraiment avoir Harley avec moi ! Je ne veux pas lui nuire, loin de là ! Je comprends son hostilité à mon égard, après tout je l’ai laissé tombée ! Mais j’ai été obligée de la quitter, je n’avais pas le choix ! »
« Je le sais oui… ils vont sûrement parler de ça aussi ! Il faut t’y préparer ! »
« Ce salopard est mort et même comme ça, il trouve le moyen de me pourrir la vie ! » dit Sara en repliant ses poings.
« Ecoute, je te conseille de réfléchir à tout ça encore quelques jours et ensuite on prendra les décisions qui s’imposent, je te promets que le moment venu tu pourras compter sur mon aide ! En attendant rentre »
Catherine se leva les jambes tremblantes, Sara juste derrière elle, la petite blonde ne salua même pas Jullian et marcha jusqu'à la porte sans se retourner.
« Je pense qu’il faut que tu lui parles, que tu lui parles vraiment ! » glissa Jullian à l’oreille de son amie en l’embrassant sur la joue.
« Si je lui parle je vais la perdre Rio… »
« Si tu ne lui parles pas tu l’a perdra aussi, et plus vite que tu ne le penses, tu ne vas pas laisser fuir ta princesse une seconde fois… »
« Quoi ? »
« C’est elle Sara, je l’ai reconnue tout de suite, la fille que tu as observé tout cet été là, dans le parc, c’est elle… »
« Tu délires ?! »
« Oh non crois moi, je n’oublierai jamais les yeux bleu glace de la fille à qui j’ai volé le petit médaillon en forme de cœur… »
« Tu lui as volé ? Rio !!! » hurla Sara.
« Quoi ? Tu ne m’as jamais posé la question de savoir comment je l’avais eu ! »
« Je t’ai demandé… »
« Tu a demandé où, pas comment ! » la coupa Jullian.
« Pourquoi ça ne m’étonne même pas que tu sois devenu avocat… » soupira t’elle.
« Va la rejoindre et parle lui ! »
Sara suivit la petite blonde des yeux…
« Je lui parlerai… oui je le ferai bientôt ! »
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Le chemin du retour s’était fait dans le plus grand silence, Catherine et Sara étaient arrivées juste à temps pour la projection du film en plein air.
« Je suis sûre que ça va mal se passer » avait murmuré Sara en sortant de la voiture.
« Ca va aller… » lui dit doucement Catherine en faisant le tour de la voiture pour la prendre par la main.
Les deux CSI se dirigèrent dans le parc, où pour l’occasion on avait disposé des bancs, ici et là. Catherine s’engagea dans une allée où elle avait repéré deux places côte à côte. Elle se rendit compte trop tard que Harley se trouvait deux rangs devant.
Sara la repéra de suite, et passa les deux heures de film, les yeux rivés sur la nuque de sa fille. Son regard ne quitta pas une seule fois Harley.
Catherine était songeuse, fixant tour à tour Sara, puis Harley. Elle se demandait ce qu’il faudrait à ces deux- là pour les aider à dépasser leurs souffrances. Deux choses étaient certaines en tout cas, elles étaient bien de la même famille, drapées dans leur silence et leur secret ! Et Sara, comme Harley avaient besoin de se réconcilier avec la vie !
Une fois le film terminé, Catherine vit arriver droit vers elle, Hank.
« Hey bonsoir, Sara n’est pas avec vous ? »
« Si elle… » dit Catherine en se retournant, mais la grande brune n’était plus là.
Elle chercha Sara du regard et finit par la découvrir un peu plus loin. Son cœur se serra lorsqu’elle vit Sara se diriger vers Harley d’une démarche hésitante. L’adolescente était adossée contre un mur et regardait devant elle d’un œil sombre.
« Excusez moi Hank » murmura-t-elle poliment.
Sur une impulsion elle décida de retenir Sara pour lui épargner une confrontation douloureuse. Harley ne paraissait pas d’humeur très réceptive et Catherine doutait qu’un dialogue instauré dans de telles conditions puisse aboutir à autre chose qu’à une dispute.
Catherine hâta le pas, elle avança même en petite foulée, mais elle arriva trop tard ! Sara venait d’adresser la parole à Harley. La petite blonde retient son souffle…
« Je voulais que tu saches que je n’ai jamais eu l’intention de te faire du mal » commença t’elle d’une voix mal assurée.
« Vous ne pouvez pas me faire du mal, pour la bonne raison que vous m’êtes indifférente, et qu’à mes yeux vous n’existez pas ! » riposta Harley en insistant, venimeuse, sur le vouvoiement.
La souffrance qu’Harley niait si farouchement, transparaissait dans sa voix très clairement, mais Catherine doutait que Sara soit à même de l’entendre.
« J’ai eu tort de partir ! Je le sais bien et je le regrette amèrement, mais… » enchaîna courageusement la grande brune.
« Moi je ne regrette rien ! A part le fait que vous soyez revenue ! Car votre retour a achevé de me gâcher l’existence. A cause de vous je n’ai plus rien ! » lui assena Harley en se redressant.
« Tu m’as moi… » lança Sara.
« Je ne veux pas de toi ! Il me semblait avoir été claire à ce sujet ! »
Sur cette déclaration incendiaire, la jeune fille tourna les talons et s’éloigna. Sara demeura clouée sur place, son regard fixe, vide, rivé sur le sol.
Catherine s’avança encore un peu et lui passa le bras autour des épaules. Après un instant d’hésitation, Sara posa sa joue contre sa main.
« Emmène-moi loin d’ici… » chuchota t’elle, les larmes aux yeux.
La petite blonde la prit plus fort contre elle, avant de la conduire hors du parc.
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De retour à l’hôtel Catherine avait conduit Sara jusqu'à sur son lit.
« Pourquoi es-tu si gentille avec moi ? » demanda la CSI un peu perdue.
Catherine lui posa les mains sur les épaules et la regarda droit dans les yeux : « Parce que tu es importante pour moi Sara ! »
Une telle déclaration demandait à être précisée, songea Sara, tandis que la petite blonde retirait sa veste. Personne ne s’était jamais attaché à elle, personne ne lui avait jamais dit qu’elle était ‘importante’ ! Même ses parents avaient fini par lui témoigner de l’indifférence et de l’agressivité !
Alors qu’était-elle en droit d’espérer de Catherine ?
« Mais pourquoi, Cath ? » demanda t’elle.
« Pourquoi j’ai de l’affection pour toi ? »
« Oui… »
« Parce que tu es intelligente, pleine d’esprit et de malice ! Que tu es la seule capable de me tenir tête, et que tu n’as pas peur de le faire quand il le faut ! »
« Tu crois vraiment que ça compte tant que ça ? » Alors même qu’elle exprimait son scepticisme, Catherine lui sourit.
« Oh oui, crois moi ça compte ! » dit elle en effleurant son front de ses lèvres. « Nous avons des désaccords c’est certain mais dans le fond, nous sommes semblables, la vie ne nous a pas épargnées. »
« Harley et moi, aussi, nous sommes semblables ! Et cela ne l’empêche pas de me haïr. »
Catherine s’agenouilla devant elle : « Harley est encore une enfant, même si elle se sent obligée de se comporter comme une adulte. Elle ne sait pas que la meilleure façon de cesser de souffrir consiste à faire confiance aux autres, mais elle le comprendra un jour… et peut-être que toi aussi ! »
La petite blonde sourit à sa collègue, elle pouvait voir tous les tourments de l’âme de Sara briller dans sont regard, peut-être qu’un jour elle lui ferait assez confiance pour lui parler et se confier à elle. Catherine déposa un léger baiser sur les lèvres de Sara, et bascula presque de surprise, lorsque la grande brune le lui rendit avec fouge. La petite blonde se hissa sur le lit près de Sara, et sa main traça la courbe du corps de la jeune CSI.
Sara frissonna…
Catherine laissa ses mains glisser plus profondément sur le corps de la grande brune.
« Je ne sais pas si je pourrai aller jusqu’au bout… » murmura alors Sara d’une voix rauque.
La CSI plus âgée stoppa ses mains et fixa Sara l’air grave : « Tu n’auras qu’à dire stop et je m’arrêterai tout de suite ! »
Sara sentit comme une souffrance là où sa chair délaissée aspirait à être remplie, comblée, possédée par Catherine.
« Très bien, alors ce serait possible de se toucher seulement ? De ne pas aller plus loin ? » lui demanda la jeune femme en rougissant.
Quelque chose vacilla dans le regard de Catherine, et elle mesura l’effort de volonté qu’elle exigeait d’elle.
« Possible oui, facile… non ! Mais explorer ton corps peut être amusant et ce sera suffisant, jusqu'à ce que tu me demandes plus… » lui dit-elle en souriant.
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Sara dans ses bras, Catherine repoussa une mèche qui lui tombait sur la joue et la glissa derrière son oreille.
« Tu as l’air bien sombre ma Sara ? »
Elle songeait à Harley, Catherine l’aurait parié.
« Ce n’est rien… »
« Tu sais bien que tu peux tout me dire »
« J’ai peur Cath…Peur de faire tout cela pour rien ! Peur que Harley ne change jamais d’avis et qu’elle continue à ne pas vouloir entendre parler de moi. J’ai pourtant tant de choses à lui dire… »
Catherine resserra ses bras sur Sara, et la grande brune s’y blottit spontanément.
« Tu te souviens comment nous étions à couteaux tirés à ton arrivée à Vegas ? Il ne se passait pas une journée sans que nos disputes fassent trembler tout le labo ! »
Sara eut un petit rire : « Je me rappelle oui »
« Mais dans le fond on luttait contre nous même, nous étions attirées l’une par l’autre et toute cette chimie nous effrayait… On ne voulait pas s’avouer qu’on avait besoin l’une de l’autre, rien d’autre… »
« Ouais… »
« C’est pareil pour Harley, je suis prête à en mettre ma main au feu ! Elle lutte contre elle-même, pour se prouver qu’elle n’a pas besoin de toi ! Elle lutte pour refouler l’amour qu’elle ressent pour toi, c’est évident ! » lui dit Catherine en l’embrassant dans le cou. « Continue à lui faire signe quand tu la croise, pour qu’elle sache que tu es toujours là, que tu gardes la main tendue vers elle. Et quand elle commencera à se sentir rassurée, son attitude changera, regarde, nous en sommes la preuve vivante ! »
Catherine aussi avait gardé la main tendue vers elle, songea Sara. Et grâce à elle, la grande brune se sentait mieux.
« Dis-moi Cath… »
« Mmm ? »
« Et si elle décidait de venir avec moi à Vegas, et que je ne me montre pas à la hauteur ? Si ma maison reste un lieu sans âme, où elle n’a aucune envie de vivre ? »
« Ta maison sera une vraie maison, Sara ! Tu trouveras un moyen pour la rendre vivante. »
« Mais comment ? Je n’ai jamais connue de vraie vie de famille ! Comment reproduire ce que l’on n’a jamais eu ? »
Catherine effleura ses lèvres d’un baiser : « Ton cœur te le dira Sara ! Il sait beaucoup de choses, il suffit d’écouter ce qu’il te raconte ! »
A entendre Catherine tout ça paraissait simple ! Mais tant de choses, qui paraissaient simples et évidentes pour le commun des mortels, restaient compliquées et insurmontables pour Sara Sidle…
« Ne t’en fais pas, je serai là, et puis Lindsay a sensiblement le même âge qu’Harley, elle l’aidera à trouver ses marques à Vegas ! »
Sara éclata de rire…
« Quoi ? » lui demanda Catherine en fronçant les sourcils.
« Pour commencer ce n’est pas sûr qu’Harley vienne avec moi, et ensuite, je ne suis pas sûre qu’une Willows bis et une Sidle bis fassent bon ménage… si tu vois ce que je veux dire… »
Catherine gloussa : « Il faut espérer qu’elles seront moins stupides que nous… » dit elle en l’embrassant sur la tête.
Avec Catherine, plus qu’avec personne au monde, elle était heureuse, elle l’aimait… oui elle aimait cette femme, elle en était sûre à présent !
Cette pensée lui était venue cette nuit, alors qu’elle regardait la belle blonde dormir : elle aimait Catherine !
Oui le lien qui l’unissait à elle était plus profond, plus solide qu’elle ne l’avait d’abord soupçonné. Elle la voulait en permanence dans sa vie. Comme sa compagne, sa collègue, son amie, sa confidente…
Dans un premier temps, elle devait lui parler lui expliquer ce qui lui était arrivé, pourquoi elle avait laissé Harley, pourquoi elle avait vécu dans la rue…
Oui elle devait lui dire toutes ces choses…
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« Cath ? »
« Mmm ?... »
« Je… j’aurai voulu te parler tu peux venir une minute »
« Bien sûr » dit elle en s’asseyant sur le lit, regardant Sara faire les cent pas.
La grande brune y avait pensé toute la nuit, tournant et retournant le problème dans sa tête, elle avait décidé d’être honnête avec Catherine et pour ça il fallait qu’elle lui explique les choses… mais comment ?
Comme elle ne semblait pas savoir quoi faire de ses mains, Catherine se leva et les prit dans les siennes.
« Ca va aller, dis-moi ce qu’il y a… »
« Non ça ne va pas aller ! »
« Viens là… » dit Catherine en la prenant contre elle.
« Arrête de faire ça ! » marmonna Sara en la repoussant.
« Que j’arrête quoi ? »
« Que tu arrêtes de me traiter comme un objet fragile, je ne me briserai pas comme du cristal ! »
Catherine lui sourit : « Il n’y a pas que les objets fragiles que l’on ménage Sara ! »
« Ah non ? »
« Non ! Il en est certains que l’on manipule avec soin, et qu’on protège simplement parce qu’ils sont précieux, et tu es précieuse pour moi… » dit elle en passant sa main sur la joue de Sara.
« Je… je ne peux pas être si précieuse Cath, j’ai vécu dans la rue… » voilà elle l`avait dit ! Elle avait lâché ça comme une bombe, elle en était consciente.
« Pour moi ça ne change rien, tu es toujours aussi précieuse à mes yeux, peut-être même plus… »
Sara garda le silence…
« Dans la rue… comment ? » murmura Catherine d’une voix serrée par l’émotion.
« Où crois-tu qu’une gamine de seize ans trouve refuge lorsqu’elle n’a plus ni argent ni famille ? Dans un hôtel cinq étoiles ? »
« Non, non, ce que je voulais savoir c’est comment tu t’es retrouvée dans la rue ? »
« Oh… désolée… »
« Non, ne t’excuse pas, j’aurai due être plus claire ! »
« Et bien je me suis retrouvée dans la rue par choix pour ainsi dire… »
« Pardon ? »
Sara prit la main de Catherine et la tira jusqu’au lit : « Je suis née dans la petite maison que je t’ai montrée l’autre jour… je suis venue agrandir les rangs de la famille Sidle ! J’étais la petite dernière. Ma famille n’était pas très appréciée dans le coin, mes parents n’étaient pas vraiment des gens bien, mon père trompait ma mère à tout bout de champ, et ma mère passait ses journées au bar de la ville… quant à mon frère Jason, de la mauvaise graine à l’état pur, il est mort il y a longtemps dans une bagarre de rue, dans une ville voisine. »
« Je suis désolée… » dit sincèrement Catherine.
« Il ne faut pas, s`il n’était pas mort ce jour là, il aurait été tué en prison, c’est le chemin qu’il prenait en tout cas ! Il n’y avait jamais beaucoup d’argent à la maison, on ne mangeait pas tous les jours et encore moins à notre faim, Jason en avait assez de mourir de faim tous les jours, alors il s`est lancé dans 'le commerce' et ça a mal tourner pour lui… »
Catherine se rejoua alors la scène entre Sara et Hank, qui avait eu lieu quelques jours plutôt ‘Merci, mais tu sais j’ai de quoi payer mes repas à présent ’ Cette phrase prenait soudain tout son sens.
« Les gens de la ville savaient qu’on manquait de tout à la maison mais personne n’est jamais venu pour nous apporter de quoi nous nourrir, et personne n’a jamais appelé les services sociaux ! Pour ma part je n’avais pas trop à me plaindre, je mangeais de temps en temps, j’étais habillée et j’allais à l’école, je n’en demandais pas plus ! Mais parents se disputaient souvent à cause des aventures de mon père, quelque fois il battait ma mère pour la faire taire… mais ils ne nous ont jamais touchés, ni mon frère ni moi ! Et puis un jour Jason est mort, et ma mère a perdu pied, elle est devenu complètement folle… et un jour mon père a eu l’aventure de trop, ma mère l’a appris par quelqu’un en ville et… » elle marqua une pause.
« Et quand mon père est rentré, elle l’a tué… elle l’a poignardé, juste comme ça… »
Catherine glissa sa main dans celle de sa compagne.
« Ce sont les services sociaux qui sont venus me chercher ce jour là à l’école. Je n’avais plus de famille, mon père et mon frère étaient morts, ma mère allait être enfermée à vie, j’avais 13 ans et j’étais seule… »
Catherine resserra sa main sur celle de Sara.
« Après ça je n’ai pas eu à me plaindre, je suis tombée sur de pas trop mauvaises familles d’accueil ! Et puis un jour une assistante sociale est arrivée pour me dire que je pouvais rentrer chez moi… ma mère s’était remarié en prison et à présent j’avais un beau père qui avait accepté de prendre soin de moi, j’avais 14 ans… »
« Ta mère s’est remariée ? » demanda Catherine surprise.
« Oui, avec un type qui lui écrivait en prison, elle faisait partie d’un programme à la con du style `Aidons les prisonniers à aller mieux’ Il était plus jeune qu’elle de presque dix ans, il croyait en Dieu et aux secondes chances. »
« Il savait pourquoi ta mère était en prison ? »
« Oh, oui, mais il n’avait rien à craindre même s’il la trompait elle était déjà derrière les barreaux… »
« Je vois… »
« La première année ça ne s’est pas trop mal passé entre nous, il était dur, et il me traînait à l’église tous les dimanches. Mais il me nourrissait correctement. Et puis un jour comme ça sans prévenir il m’a frappée, pour je ne sais plus quelle bêtise que j’avais faite ! Mon père n’avait jamais levé la main sur moi et ce sale type me cognait comme si j’étais un sac de sable ! A plusieurs reprises il m’a faite valser d’un bout à l’autre de la pièce… J’étais souvent sonnée, au bord de l’évanouissement, mais je ne pleurais jamais devant cette brute ! Tout le monde en ville savait ce que ce type me faisait, tout le monde savait qu’il levait la main sur moi, tout le monde pouvait voir mes bleus, mais une fois encore personne n’a bougé… » dit Sara avec colère.
Catherine avait le cœur déchiré, elle avait envie de pleurer rien qu’en imaginant une Sara livrée à elle-même, une Sara seule contre tous…
« La situation à commencé à se dégrader, l’année suivante, il ne se privait pas de me faire remarquer qu’il ne se sentait aucune obligation envers moi, que c’était pas pure charité qu’il m’avait recueillie, et que ma mère lui devait une fière chandelle ! Et puis les choses sont allées plus loin… »
Sara s’était mise à trembler…
« Un soir il est entré dans ma chambre et… » la voix de Sara s’étrangla dans sa gorge.
Elle n’avait pas besoin de le dire, Catherine avait compris, ses veines bouillonnaient de rage.
« Le matin il a couru à l’église en disant que j’étais une sorcière, que je l’avais envoûté, qu’il n`était pas un violeur d’enfant… tu parles ! Il est revenu la nuit suivante, et encore celle d’après, ça a duré pendant trois mois, presque tous les soirs… et puis un jour je me suis rendue compte que je n’avais plus mes règles… »
Catherine posa ses mains sur son visage, mon dieu, Del, c’était CE Del qui était le père d’Harley… Le beau père de Sara, et le père de Harley étaient le même Del…
« Lorsque je me suis aperçue que j’étais enceinte il était trop tard ! Au fur et à mesure que mon ventre s’arrondissait, les murmures dans mon dos grandissaient avec lui… les gens de la ville me regardaient d’un drôle d’air, certains pensaient que j’étais une fille facile, d’autres que j’étais vraiment une Sidle, et d’autres encore que c’était ma faute que j’avais charmé le pauvre Del ! »
« Quels crétins… » marmonna Catherine entre ses dents.
« Oui c’est certain, tu comprends mieux pourquoi je hais cette ville et ses habitants, je ne veux pas que Harley grandisse ici ! Je veux qu’elle soit libre, que personne ne la juge ! »
« Je comprends oui… »
« Après la naissance de Harley, je ne me suis pas beaucoup occupée d’elle, c’était au dessus de mes forces, et puis une nuit elle hurlait tellement fort que je l’ai prise dans mes bras… et quelque chose s’est passé en moi, elle était si petite, si fragile, elle n’y était pour rien, elle n’avait pas demandé à venir au monde ! Alors je me suis dit qu’elle était de mon sang, que c’était mon rôle de prendre soin d’elle, et j’ai appris à l’aimer pour ce qu’elle était : ma fille ! Je l'ai aimer pour qui elle était, par pour ce qu'elle était...»
Sara sentit des larmes lui bruler les yeux, elle poussa un profond soupir pour continuer son récit : « Harley a grandi vite, très vite ! C’était une gamine géniale ! Et étrangement cette brute de Del était capable d’amour et même de tendresse avec elle ! Il adorait Harley ! Pas une fois lorsque que j’étais encore à la maison, il ne s’est montré méchant ou violent avec elle ! Il lui parlait avec une patience et une gentillesse étonnantes. Mais Harley était la chair de sa chair alors il n’y avait rien de si étonnant à ça ! Alors que moi il me considérait comme une charge encombrante, qui voulait le charmer. Quelques temps après la naissance de la petite il s’est remit à me frapper… »
Catherine crispa les poings de rage.
« Et puis il y a eu la fameuse nuit où j ai quitté la ville… C’était la première fois en un an et demi que Del me rendait à nouveau visite la nuit… Ce soir là, il a été brutal, presque animal avec moi, je pouvais sentir son corps sur le mien, l’odeur de sa sueur… » rien que d’évoquer ce souvenir Sara avait de nouveau la nausée.
« Il m’a frappé en hurlant qu’une petite garce comme moi ne méritait pas de vivre que j’étais une traînée et que jamais personne ne pourrait aimer une fille perdue comme moi…»
« Il avait tort Sara, tu n’étais pas une fille perdue et plein de gens t’aiment… Je t’aime…» elle l’avait dit, il était enfin sorti ce je t’aime qui lui écrasait la poitrine depuis plusieurs mois déjà.
Sara la fixa comme si elle était un ange tombé du ciel… personne ne lui avait jamais dit ces mots, ni ses parents, ni Jullian, ni Harley… c’était la première fois qu’on lui adressait ces mots, et Catherine y avait mis tant de force et de conviction que la grande brune ne pouvait pas douter une seule seconde de la véracité de ses sentiments pour elle.
Catherine l’aimait…
Elle aurait voulu lui crier son amour, à son tour, mais elle en était incapable, noyée par un torrent de larmes.
Catherine la prit tout contre elle et la berça doucement sur son cœur.
« Je suis partie cette nuit là, j’ai vraiment eu peur pour la première fois de ma vie, quelque chose au fond de moi me criait qu’il finirait par me tuer bientôt… Je me suis dit que la rue ne pourrait pas être plus dangereuse pour moi que lui » chuchota Sara dans un hoquet nerveux. «J’ai fais mon sac et je me suis dirigée droit dans la chambre de Harley, je voulais la prendre avec moi, mais quand j’ai vu son petit visage endormi, je me suis dit que je ne pouvais pas lui faire ça, j`avais seize ans et rien à lui offrir, j’ai pensé qu’elle serait mieux avec Del, il l’avait toujours bien traitée… Je me suis penchée sur elle pour l’embrasser et elle a ouvert les yeux… elle m’a fixée et ma sourit en disant maman… j’ai alors changé d’avis, j’avais entendu parler de ces centres pour mères célibataires, je me suis dit que j’avais peut être une chance là-bas…» la voix de Sara mourut dans sa gorge pleine de sanglots.
« Que s’est il passé ensuite ? » l’encouragea tendrement Catherine.
« Del nous a surprises sur le pas de la porte, il m’a arraché la petite des bras, en hurlant que si je voulais quitter cette maison j’étais libre de le faire mais pas avec Harley. Elle s’est mise à pleurer et moi aussi… Il hurlait des monstruosités, il a jeté mes affaires dehors en me disant que si je remettais un jour les pieds ici, ou que si j’essayais d’entrer en contact avec Harley, il la tuerait et lui avec…» le corps de Sara fut secoué de violents spasmes, et Catherine dû la serrer plus fort contre elle, pour qu’elle ne glisse pas sur le sol.
« Calme toi Sara, calme toi ma belle, c’est fini, tu as fait le bon choix…Tu as fait ce qu’il fallait pour protéger Harley, j’aurais fait la même chose, c’était la seule chose à faire » la rassura Catherine en lui passant une main tendre dans les cheveux.
« Je l’ai abandonnée Cath, je l’ai abandonnée…»
« Non, tu l'as sauvée ! Tu m’entends Sara ? Tu as sauvé la vie d’Harley ! »