Le secret de Sara…
Septième partie
Par Cara
Harley fixait la fenêtre de sa chambre avec doute…
Que vais-je devenir ? Assommante, la question revenait, jusqu’à dix fois, vingt fois dans la même heure, lui torturant l’âme et l’esprit. Harley n’avait pas réussi à trouver une réponse satisfaisante jusqu'à présent.
Et comme pour se moquer d’elle, ce soir à la télé, était justement passé un reportage sur les adolescents fugueurs qui se retrouvaient dans la rue. Depuis qu’elle avait vu cette émission, quelques heures plus tôt, la perspective de se retrouver livrée à la rue, lui donnait un peu la chair de poule…
Harley n’était plus vraiment très sûre d’avoir le courage de couper tous les ponts pour se lancer à l’aventure toute seule.
Mais alors quel recours lui restait-il ?
Elle devait partir ; elle n’avait plus sa place ici…
Et puis si Sara avait eu le courage de partir, pourquoi pas elle ?!
Elle n’était ni moins bête, ni moins débrouillarde qu’elle !
Remplie d’un nouveau courage, et d’une folle envie de montrer qu’elle pouvait faire aussi bien que Sara, voire mieux… Harley ramassa son sac, le jeta sur son épaule et se glissa doucement par la fenêtre pour ne pas réveiller Jenny qui dormait dans le lit d’à côté. Elle glissa le long de la gouttière, et se lâcha pour enfin toucher le sol.
« Belle descente, j’admire ton style… » murmura une voix derrière elle.
Harley sursauta, avant de se tourner pour faire face à la grande silhouette. Elle plissa les yeux pour bien la distinguer.
Le sourire aux lèvres, adossée sur un arbre, Sara lui faisait face.
« Qu’est ce que tu fais ici ? » demanda Harley
« La même chose que toi… » répondit Sara en avançant d’un pas.
« Je vais simplement faire un tour, rien de plus ! » affirma l’ado avec tout l’aplomb dont elle pouvait faire preuve.
« Oui un tour jusqu'à San Francisco, moi aussi j’ai souvent envie d’aller faire un tour la nuit en passant par la fenêtre de ma chambre ! C’est tellement banal de passer par la porte d’entrée… Je vois que quand les choses ne tournent pas à ton avantage, tu deviens exactement comme moi… »
« Et qu’est ce que ça veut dire au juste ? » l’interrogea Harley en croisant les bras.
« Ca veut dire que tu fais preuve du même courage que moi… Allez, suis moi, n’aie pas peur je ne te ferai pas de mal, je veux te montrer quelque chose ! » dit Sara en se mettant en marche.
« Ca c’est certain, tu ne me feras pas plus de mal, tu l’as déjà fait… » marmonna la jeune fille.
Sara choisit de ne pas relever la remarque de sa fille : « Allez viens ! »
Sans un mot Harley marcha sur les traces de sa mère.
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Elles marchaient déjà dans les sous bois depuis quinze minutes quand Sara se retourna pour lancer un encouragement à sa fille qui progressait dans les sous bois comme si elle risquait de poser le pied sur un nid de serpent ou sur un cadavre.
« Tu ne risques rien, je connais ce coin comme ma poche ! » lui lança Sara.
« Je suis sûre qu’Alice ne serait pas ravie de savoir que je suis ici en pleine nuit ! »
« Alice préfèrera sûrement te savoir ici avec moi en pleine nuit, que dieu sait où en train de faire du stop pour aller faire un tour ! Au moins avec moi tu es en sécurité. »
« Tu crois vraiment que j’aurais fait du stop ? Quelle fille seule avec deux brins de bon sens ferait du stop ? J’aurais marché jusqu'à la ville voisine et pris le bus ! » expliqua Harley
Sara sourit mentalement, Lindsay avait fait du stop à une époque, elle revoyait encore l’état de nerfs dans lequel Catherine s’était mise, et elle était heureuse qu’Harley n’ai pas eu le temps de faire du stop pour lui faire connaître le même sort.
La jeune fille poussa alors un cri qui fit sursauter Sara.
« Quoi ? » demanda-t-elle en courant près de sa fille.
« Là, une chauve souris, elle a voulu me mordre ! »
Sara s’avança pour examiner ce que lui indiquait l’adolescente : « C’est une branche, Harley, une simple branche, tu n’as rien à craindre, je ne te fais pas traverser la forêt des horreurs ! »
La jeune CSI soupira et prit la main de sa fille, qui se raidit à son contact. Sara s’immobilisa et ferma les yeux : « Fais comme moi et écoute… »
Harley grimaça avant d’obéir : « Tu trouves ça rassurant toi ? C’est quoi tout ce raffut que j’entends ? »
« Des grenouilles, elles vivent sur le bord de la rivière et sortent la nuit »
« C’est ça oui, a mon avis ça grouille de chauves souris ! J’en ai déjà senti passer plusieurs »
« C’était juste des branches, rien d’autre ! Je venais souvent ici la nuit, et je me sentais en sécurité comme nulle part ailleurs. »
« Tu es folle ! » chuchota Harley en frissonnant.
« Peut être, mais quelle importance ?! »
« Je ne suis pas sûre que suivre une folle dans les bois, soit sans risque pour moi ! »
Sara lui sourit : « Folle ou pas en tout cas moi je ne te ferai pas mal physiquement, ce qui n’est pas le cas des gens que tu aurais pu croiser en allant faire un tour… Allez viens je t’emmène dans le lieu que j’aimais le plus lorsque j’avais ton âge. »
Sans rien dire Harley se remit à marcher… regrettant d’avoir relâché la main de sa mère.
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« C’est quoi cet endroit ? » demanda Harley lorsqu’elles atteignirent la lisière des bois à une dizaine de mètres de la palissade.
« Grimpe tu verras… » lui dit Sara dans un clin d’œil.
Harley ne bougea pas d’un centimètre. Sara ouvrit alors la marche et lui montra quelles étaient les meilleures prises pour passer de l’autre côté.
« Tu es sûre que c’est légal, au moins ? » demanda Harley à mi chemin sur la palissade.
« Pas vraiment non… » Admit Sara.
Harley s’immobilisa net.
« Alors là non ! Je ne marche pas ! Alice va me tuer si elle apprend que je fais des trucs interdits, et j’ai besoin d’un casier vierge pour intégrer la fac de mon choix ! »
« Ne t’angoisse pas ! Je ne te compromets pas dans une histoire de grand banditisme. Et il se trouve que le shérif du conté est un ami ! »
« Si ça tourne mal… »
« Harley tout ira bien je te le promets, rien ne tournera mal ce soir ! »
La jeune Sidle fixa sa mère comme pour savoir si elle pouvait vraiment lui faire confiance…
« Il faut que tu apprennes à t’amuser… à prendre des risques quelques fois ! » prononcer ces mots lui semblait si étrange, elle qui n’avait jamais pris le risque de s’amuser ou de s’ouvrir aux autres, mais depuis qu’elle avait ouvert son cœur à Catherine, les choses changeaient dans sa vie, et elle voulait qu’il en soit de même pour Harley !
« Si je me fais arrêter… je dirai que c’est ta faute… que…» commença Harley.
« Si tu te fais arrêter à cause de moi, j’hypothéquerai ma maison pour payer ta caution, verser un pot de vin au juge pour que ton casier reste vierge et faire un don à l’université de ton choix ! »
Harley ne pu retenir un petit rire : « Je vois que tu as pensé à tout, et toi qui me disais que tu ne faisais pas dans le grand banditisme… »
« Hein, je vis tout de même à Vegas, j’ai appris quelques trucs avec le temps ! » dit Sara avant de glisser de l’autre côté de la palissade. Harley la suivit…
Elles se retrouvèrent accroupies dans l’herbe, côte à côte.
« Génial ! C’est la vieille bibliothèque abandonnée ! Mais pourquoi on est venues ici en pleine nuit ? »
« Parce que c’est bien plus passionnant comme ça ! » répondit Sara.
« Ouais tu as raison c’est plutôt cool… »
« Attends ce n’est pas tout… »
Sara la prit par la main et la conduisit jusqu'à la vieille porte du bâtiment, laissée sans surveillance depuis longtemps maintenant. Après tout, qui serait assez stupide pour pénétrer ici, il n’y avait absolument rien à voler. En moins de deux minutes elles se retrouvèrent à l’intérieur, ni vu, ni connu.
Harley resta bouche-bée, des centaines et des centaines de livres avaient été oubliés ici.
« C’est ici que j’ai en partie appris à lire, que je venais faire mes devoirs le soir, ou simplement rêver ! J’ai rencontré mes meilleurs amis ici… »
« Tes meilleurs amis ? » demanda Harley perplexe.
« La reine Titania, Hamlet, le Comte de Monte Cristo et bien d’autres… » répondit Sara en laissant courir ses doigts sur les étagères.
Elles regardèrent un moment en silence tous les livres qui leur faisaient face. Harley était sous le charme, et se baladait d’une allée à l’autre.
La voix hésitante de la jeune fille brisa le silence.
« Tu le ferais vraiment… je veux dire pour de vrai sans rire… »
« Quoi donc ? » demanda Sara surprise en s’approchant de sa fille.
« Hypothéquer ta maison pour couvrir mes frais de justice et verser un pot de vin au juge ? » l’interrogea Harley en passant à son tour ses doigts sur les livres.
« Bien sûr que le ferais sans hésiter ! Surtout si tu te fais arrêter à cause de moi ! »
« Et si un jour j’ai des problèmes… je veux dire si je m’attire des ennuis, de vrais ennuis… »
« Je serai là aussi Harley… je serai toujours là, c’est promis ! Je n’ai pas toujours été à la hauteur mais je ferai de mon mieux ! Je peux te le jurer, c’est une promesse du petit doigt »
« Je suis trop vieille pour les promesses du petit doigt… »
« Toi peut-être mais pas moi ! Et puis je n’ai jamais rien trouvé de mieux ! » dit Sara en lui tendant son petit doigt.
Après une légère hésitation, Harley plaça le sien autour du celui de sa mère.
« Promesse du petit doigt… » murmurèrent- elles en même temps.
Sara sourit dans la pénombre : « Tu as un livre préféré ? »
« Euh oui… et toi ? »
« Oui j’adore Citron vert »
« Quoi ? »
« Tu ne connais pas ce livre, c’est un livre pour enfant, c’était mon histoire favorite petite, et en grandissant elle l’est restée, c’est de là que vient ton prénom, l’héroïne du livre s’appelle Harley ! »
« Tu es sérieuse ? »
« Bien sûr ! »
« J’ai toujours cru que mon prénom était lié à la moto Harley Davidson, tu vois… »
Sara éclata de rire : « Tu as vraiment cru que je t’aurais appelée comme une moto ? Mon Dieu, bien sûr que non, jamais de la vie ! Harley était l’héroïne d’une folle aventure, elle voulait voir la ville, connaître le monde et trouver le grand amour…elle a fait le tour de la terre, découvert que la vie est parfois amère comme un citron et finalement elle s’est rendue compte que le grand amour habitait la rue en face de chez elle… »
« C’est un peu fleur bleu… » marmonna Harley dans une grimace
« Ce n’est pas faux, oui. A l’occasion je te prêterai ce livre si tu veux ! Tu verras par toi-même comme ça ! »
« Peut être que tu pourrais me le lire, enfin je veux dire on pourrait le lire ensemble quoi… » dit Harley en rougissant avant de fixer ses pieds.
« Oui c’est une bonne idée… »
Les deux Sidle observèrent un moment de silence.
« Je pense qu’il est temps que je te ramène chez les White »
« Ouais sûrement…. »
Elles sortirent de la bibliothèque et sur le chemin du retour Harley glissa son petit doigt autour de celui de sa mère, et elles marchèrent ainsi jusqu'à la maison des White.
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Lorsque Sara et Harley arrivèrent devant la maison, Alice était la sous la véranda et son visage s’illumina lorsqu’elle aperçu les deux Sidle.
« Je suis désolée… » murmura Harley en approchant d’Alice.
« On parlera de tout ça demain, monte te coucher » dit elle d’une voix ferme.
« Bonne nuit Sara… à bientôt… »
« A très bientôt » répondit la grande brune dans un signe de la main avant de voir disparaître sa fille dans le hall d’entrée.
« Ne soyez pas trop dure avec elle, c’est ma faute… »
« Je n’en doute pas Sara, je connais Harley et je sais que ce n’est pas son genre de faire le mur, mais si vous avez réussit à parler c’est bien ! » dit Alice dans un franc sourire en se radoucissant.
Alice se montrait si ouverte avec elle que Sara avait décidé de se jeter à l’eau : « J’ai une question… Avez-vous l’intention de l’adopter, Tom et vous ? Comme vous l’avez fait pour Jenny et Thomas ? Catherine m’a dit que vous aviez adopté tous les enfants sauf Harley… enfin pour le moment… »
Alice la regarda droit dans les yeux.
« Nous en avions l’intention, Harley est vraiment une môme géniale »
« Mais vous avez changé d’avis ? »
« Lorsque vous êtes arrivée en ville, nous avons pris la décision de patienter encore un peu, pour vous laisser le temps de définir vos positions, et de voir comment se passaient les choses avec Harley ! »
« Et vous ne pensez pas qu’elle serait plus heureuse en restant au sein d’une grande famille chaleureuse comme la vôtre, plutôt que de se retrouver seule avec moi ? » demanda Sara le cœur battant.
Alice secoua la tête : « Non je ne le crois pas, d’après ce que j’ai pu voir vous l’aimez vraiment ! Et je sais que près de vous Harley aura le sentiment d’appartenir a un vrai clan, grâce à vous elle sera plus insouciante, plus libre et heureuse. A condition que vous vouliez la prendre avec vous, naturellement ! Dans le cas contraire, Tom et moi ferions de notre mieux pour la rendre heureuse et lui donner un vrai foyer, mais je crois que vous ferez ça bien mieux que nous ! Si elle est d’accord et que vous l’êtes aussi, quand vous serez prêtes toutes les deux nous la laisserons partir sans histoire… »
Ainsi Tom et Alice ne lui mettraient pas de bâtons dans les roues ?! Au contraire !
« Pas de procès ? » demanda Sara d’une voix hésitante.
« Pas de procès, ou rien de ce genre là, nous sommes prêts à plaider votre cause dans le bureau du juge pour enfant, à condition que vous vouliez vraiment d’Harley dans votre vie ! »
« Oui je veux que ma fille rentre avec moi… »
« Alors c’est entendu, bonne nuit Sara » dit Alice avant de disparaître à son tour dans la maison, laissant Sara seule sur le pas de la porte.
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Catherine n’avait pas quitté le réveil des yeux, regardant le temps s’écouler quelques fois à vitesse dans V et quelques fois être aussi lent qu’une tortue.
Mais qu’est ce qu’elle fiche ? Est ce que tout va bien ? Son esprit lui posait cent questions à la minute, questions sans réponses…
Plus d’une fois elle avait voulu appeler Sara, juste comme ça, pour savoir si tout allait bien.
Si elle avait besoin d’aide elle aurait appelé ? N’est ce pas ? Oui bien sûr ! Mais elle est parfois si entêtée !
Le cœur de Catherine fit un bond dans sa poitrine quand elle reconnu le moteur de la Denali.
Sara !!!
Sara était rentrée !
Catherine se précipita à la porte pour accueillir la grande brune.
La jeune CSI entra dans la chambre le sourire aux lèvres et Catherine fut immédiatement rassurée. Elle allait bien, tout allait bien…
Sara était si euphorique, qu’elle prit Catherine dans ses bras avant de l’embrasser fougueusement… La petite blonde on eut le souffle coupé et perdit l’équilibre.
Elles se retrouvèrent toutes les deux couchées sur l’un des lits, mais Sara ne rompit pas leur baiser, emportée par le feu de la passion et l’euphorie qui l’habitait, elle déshabilla rapidement Catherine et lui fit l’amour…
Sara était heureuse… et tout ce bonheur elle le devait à Catherine. Bien sûr tout n’était pas parfait mais la petite blonde lui avait offert le plus important… un espoir… un lendemain.
« Je t’aime Catherine… » murmura-t-elle gravement comme si sa vie en dépendait, avant de se laisser entièrement consumer par son amour pour la petite blonde, elle lui sourit avec tendresse, presque reconnaissante de l’amour que lui donnait Catherine en retour.
Leurs deux corps s’enflammèrent alors… et Sara se noya en Catherine…
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« Est-ce que tu vas chercher Harley aujourd’hui à la sortie des cours ? » demanda Catherine en passant sa main dans le dos de la grande brune.
« Je pense que oui… mais j’ai une course à faire avant » répondit elle en se redressant.
« Quel genre de course ? »
« J’ai fait une promesse à Harley et je voudrais la tenir, je dois passer chez le libraire pour lui acheter un livre… »
« Un livre ? Quel livre ? » lui demanda Catherine surprise.
« Citron vert c’est l’histoire de… »
« Je connais ce livre, ma sœur Nancy l’a offert à Lindsay il y a quelques années. »
« C’était mon livre favori lorsque j’étais enfant » avoua Sara.
« Ça explique le prénom d’Harley alors, pendant un moment je me suis demandée si tu n’étais pas une accro de moto… » gloussa la petite blonde en sautant sur Sara avant de l’emprisonner dans ses bras.
« Pas étonnant que ma fille et toi vous entendiez si bien, elle a pensé la même chose que toi. Non mais comme si j’étais le genre de personne à faire ça ! » protesta la CSI.
« Avec toi je m’attends à tout… »
« Pffff femme de peu de foi » grogna Sara avant de se dégager de l’étreinte de Catherine pour se diriger sous la douche. « Tu m’accompagnes ? » ricana t’elle en se retournant vers sa compagne. Pour toute réponse Catherine bondit du lit et l’entraîna avec elle dans la salle de bain.
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Après une bonne douche, un petit déjeuner en ville et un saut à la librairie du coin, où Sara avait réussi après des heures de recherche à mettre la main sur un exemplaire de Citron Vert, les deux CSI étaient rentrées à l’hôtel pour passer un peu de temps ensemble avant que Sara ne parte rejoindre Harley.
Après avoir fait l’amour avec Catherine, alors que la petite blonde était lovée tout contre elle, Sara s’empara de son téléphone portable pour appeler cher les White.
C’est Alice qui décrocha.
« Bonjour c’est Sara… Sara Sidle, je voulais savoir si vous seriez d’accord pour que je passe prendre Harley à la sortie de ses cours… Oh d’accord… » le visage de Sara se rembrunit et le cœur de Catherine manqua un battement.
« Vous été sûre ? Vraiment ? Merci Alice ! » Sara souriait, visiblement heureuse de la soudaine tournure que prenait la conversation. Catherine sourit à son tour et respira de nouveau.
« Harley est déjà rentrée mais Alice est d’accord pour que je passe la voir tout de suite » expliqua rapidement Sara en sautant du lit.
« Ne sois pas si nerveuse, tout ira bien » lui assura la petite blonde en hochant la tête sûre de son pronostic.
« Je ne peux pas y aller seule, tu ne voudrais pas venir avec moi Cath ? » lui demanda Sara l’air boudeur.
Catherine soupira…
« Très bien mais c’est la dernière fois, et je resterai dans la voiture ! C’est non négociable… Compris ? »
« Compris ! » lui répondit Sara avant de lui déposer un baiser sur le bout du nez. « Je ne te remercierai jamais assez d’être venue avec moi jusqu’ici, tu n’étais pas obligée de le faire mais tu es venue quand même, merci… »
« Ne me remercie pas, j’ai fais ça par pur égoïsme… » avoua la CSI plus âgée en rougissant.
« Qu’est ce que tu veux dire par là ? »
« Je veux dire que je suis venue ici avant tout pour moi… parce que j’avais envie de passer un peu de temps avec toi loin du labo, et qu’apprendre que tu avais une fille m’a fait réaliser à quel point je ne savais rien de toi… J’étais attirée par toi et pourtant tu étais une parfaite étrangère pour moi. Quand tu m’as demandé mon aide, j’ai sauté sur l’occasion, parce que je savais qui si Harley entrait dans ta vie et que je n’étais pas avec toi à ce moment là, tu n’aurais plus de place et plus de temps pour moi dans ta vie. On ne peut pas dire que j’avais une place de choix dans ta vie avant ça, alors je ne voulais pas perdre le peu que j’avais. Je me suis dit… je me suis dit que si tu te rendais compte que tu avais besoin de moi, peut être que je… »
« Peut être que tu aurais une place pour de bon dans ma vie c’est ça ? »
Catherine hocha la tête.
« Oh mon dieu Cath, chérie, je suis désolée. Je ne voulais pas te donner l’impression que tu n’avais pas de place dans ma vie. Je… je n’ai fait que me protéger rien de plus. »
« Te protéger de quoi ? »
« De toi ! Parce que chaque fois qu’on se parlait ou qu’on travaillait ensemble, ça finissait toujours immanquablement en combat de boxe, et après chacun de nos affrontements j’étais sonnée un peu plus d’avantage. Il ne m’a pas fallu longtemps pour tomber amoureuse de toi. Seulement tu étais Catherine Willows, la grande Catherine… et personne ne peut approcher la reine des glaces. »
« Je suis désolée, c’est vrai que les choses ont toujours était compliquées entre nous. »
« Oui mais ça en valait la peine ! »
« Vraiment ? » lui demanda Catherine hésitante.
« Bien sûr ! Cath je ne peux plus vivre sans toi, et même s’il est encore trop tôt pour en parler, ou que je risque de t’effrayer avec mes propos de folle dingue, je veux que Lindsay et toi deveniez ma famille. Je veux qu’Harley rentre avec nous à Vegas, qu’elle rencontre Lindsay, qu’elles fassent des soirées pyjamas ensemble, qu’elles se disputent comme le feraient de vrais sœurs. Je veux… je veux passer le reste de ma vie avec toi, et je veux qu’Harley et Lindsay deviennent nos filles ! »
Catherine resta sans voix pendant quelques instants.
« J’étais sûre que tu me prendrais pour une folle dingue » murmura Sara en détournant la tête.
« Ça tombe bien je suis un peu folle moi aussi… » lui dit Catherine en passant sa main sous son menton pour forcer la grande brune à lui faire face. « Sara je t’aime… et je veux aussi que ma famille devienne ta famille, mais nous avons besoin d’encore un peu de temps pour ça. Je dois d’abord parler à Lindsay de ce qui se passe entre nous, lui dire que tu es l’amour de ma vie et que tu me rends heureuse. Ensuite tu dois ramener Harley à Vegas avec nous, lui donner un peu de temps pour qu’elle s’habitude à la ville, à toi, à nous… »
Catherine s’interrompit et fixa soudain Sara si intensément qu’un frisson parcourut la grande brune.
« J’ai besoin de te dire quelque chose Sara, mais pour ça tu dois me promettre de m’écouter jusqu’au bout et de ne pas paniquer ! Promets le moi… »
Une horrible angoisse étreignit alors le cœur de Sara, qui hocha péniblement la tête en guise de promesse.
« Je rentre à Vegas chérie. Le labo m’a appelé tout à l’heure pendant ton absence, ils ont besoin d’aide et… »
« J’ai besoin d’aide moi aussi ! Tu ne peux pas me laisser tomber maintenant Cath » la coupa violemment la grande burne.
« Sara calme toi. Je ne te laisse pas tomber, et tu n’as plus besoin de mon aide. Ce qu’il te faut maintenant c’est du temps, du temps avec ta fille, pas avec moi ! Et puis Lindsay a besoin de moi, ça fait presque 10 jours Sara, je dois rentrer. » lui dit elle doucement en passant sa main sur sa joue. « Et puis je ne voudrais pas représenter un obstacle entre Harley et toi… »
« Pourquoi dis tu ça ? C’est grâce à toi si j’ai pu l’approcher, tu n’es pas un obstacle Cath, tu es le pont qui m’a permis de la rejoindre… » protesta doucement Sara avant de l’embrasser.
Catherine s’efforça de reprendre son souffle lorsque la brune la relâcha enfin.
Elle avait pensé que le reste serait plus facile à dire, mais les mots restaient bloqués dans sa gorge tellement l’émotion était intense pour elle.
« Je vous aime toutes les deux, enfin je veux dire je commence à m’attacher à Harley et je t’aime Sara. Tu as ta place réservée dans mon cœur et dans ma famille, alors si tu veux la prendre elle est toi… Je t’attendrai à Vegas, j’attendrai que Harley et toi veniez prendre votre place dans ma vie… »
Elle s’était bien doutée que laisser Sara ici derrière elle ne serait pas facile, et voir pleurer la grande brune ne l’aidait en rien.
« Je ne sais pas quand je pourrai rentrer Cath et… »
« Je sais, ne t’en fais pas je t’attendrai et puis on pourra se téléphoner tous les jours »
« J’y compte bien… » murmura la jeune CSI d’une voix tremblante « Quand est ce que tu pars ? »
« Demain matin… »
« D’accord… Très bien » hoqueta la jeune femme entre deux montées de larmes.
« Arrête de pleurer mon ange, ce n’est pas un adieu, c’est juste un au revoir. Dans peu de temps nous seront de nouveau réunies. Nous avons attendu si longtemps pour être ensemble, nous pouvons attendre encore un peu… et puis Harley vaut bien ce sacrifice non ? »
« Oui tu as raison… » approuva Sara en essuyant son visage.
Sans rajouter le moindre mot Catherine glissa ses bras autour de sa compagne et la grande brune profita de cette étreinte apaisante.
Demain elle serait seule…
Mais aujourd’hui Catherine était encore là… demain était encore loin alors que la petite blonde était là, ici et maintenant.
Le cœur de Sara se gonfla d’amour.
Aujourd’hui, demain, le temps ne compte plus quand on a une famille. Et Sara avait une famille…
Catherine, Lindsay et Harley étaient sa famille…
Harley… elle devait aller voir sa fille, mais pelotonnée au chaud dans les bras de Catherine, Sara perdit la notion du temps. Et blotties l’une contre l’autre les deux femmes finirent par s’endormir paisiblement…
A suivre…