Si quelqu'un d'autre veux archiver cette histoire sur son site l'auteur est d'accord à condition qu'on lui demande d'abord la permission : bloodydarko@gmail.com (les commentaires sur la ff sont également les bienvenues :o)
Et du Chaos Naîtra la Création…
Par SoFrost
Il y a des jours où je déteste mon boulot. De voir ce que les êtres humains sont capable de faire me dégoûte. A tel point que parfois j’ai honte d’appartenir à cette espèce.
Aujourd’hui j’ai coincé un type qui prenait son pied en humiliant des gens avant de les tuer. Il les faisait se déshabiller, leur attachait les mains derrière le dos et les forçait à agir comme s’ils étaient de vulgaires chiens. Ensuite quand il se lassait d’eux, il les tuait sans ménagement. Mais il les tuait de manière lente et douloureuse comme ça il pouvait lire la peur et la souffrance dans leurs yeux. Quand je l’ai interrogé pour savoir pourquoi il avait fait tout ça, sa réponse fut « Parce que je le pouvais. »
Parce qu’il le pouvait. C’est tout. Il a ruiné douze vies de gens qu’il ne connaissait même pas, douze personnes qu’il avait choisi au hasard juste pour passer le temps ! C’est pas magnifique ça ? Je vais vous dire, je m’ennuie aujourd’hui, allez, tuons quelques personnes pour le plaisir ! Où est l’Humanité dans tout ça ? Comment est ce que de telles choses peuvent se produire dans des pays civilisés ? Comment ?! Je ne comprends pas…
J’étais tellement hors de moi que j’ai été au gymnase pour mettre sa raclée au sac de sable. C’était la seule façon pour moi de ne pas garder toute cette colère et ce dégoût pour l’espèce humain à l’intérieur.
Ensuite j’ai pensé à toutes ces choses qui en valent la peine. Mes amis, mon boulot – peu importe ce que je dis, ça en vaut la peine parce ce qu’on offre aux victimes et à leur famille la paix qu’elles méritent.
Et puis, j’ai pensé à elle... J’ai pensé à combien elle me faisait me sentir vivante, au fait qu’elle me motive et me stimule ; au fait qu’elle m’impressionne avec sa personnalité ; parfois elle m’agace – bon, la plupart du temps mais… enfin bref ; j’ai pensé au fait qu’elle est tellement belle qu’elle me laisse sans voix, et au fait que ces sentiments qui font rage à l’intérieur de moi à cause d’elle me rappellent à quel point je suis en vie. L’amour est un bien piètre mot pour décrire ce que je ressens pour elle.
Dommage qu’elle me déteste, je suppose.
J’ai aussi pensé à cette amitié perdue depuis longtemps avec lui, cette amitié qui aurait pût me faire garder la tête sur les épaules un peu plus. Mais j’ai arrêté d’y penser parce que ça ne m’a fait ressentir que de la peine et ça m’a déprimé.
Il y a bien longtemps que j’ai décidé qu’il était temps pour moi d’aller de l’avant et de laissé le passé où il est, dans le passé.
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« Sara »
J’essaie de me concentrer de toutes mes forces sur le magazine de sciences légales que je suis en train de lire, et de faire comme si je n’avais pas entendu mon nom.
« Sara »
Bon, ben apparemment j’ai n’ai pas d’autre choix que de faire face. Je me retourne et fait face à cet homme. Celui qui avait l’habitude de me briser le cœur avec seulement quelques mots. Celui que j’ai un jour aimé, ou du moins que je pensais aimer. Là, il me regarde comme s’il attendait quelque chose de moi, si seulement je savais quoi…
« Tu voulais quelque chose ? » je lui demande.
« Je voulais juste savoir si tu allais bien » me répond il .
Il fut un temps où j’aurais été touché par le fait qu’il se souci de moi. Mais cette époque est bel et bien révolue et maintenant à chaque fois qu’il se souci de moi, j’ai l’impression qu’il ne le fait que parce qu’il s’en sent obligé. Depuis le jour où je me suis faite chopée ‘en état d’ivresse’ et que je lui est raconté mon passé, il se sent investit d’une mission de protection à mon égard. Ça me rend dingue parce que je ne suis pas une pauvre petite fille en détresse qui a besoin d’un chevalier en armure dorée. Je lui ai donné maintes chances d’être celui qui apaiserait mes peurs ou qui serait juste à mes côté pour affronter chaque journée. Il a refusé le poste, pour beaucoup de raisons que je peux tout à fait comprendre d’un certain point de vue. Mais le fait est qu’il a refusé. Il a même sabordé notre amitié pour préserver sa petite personne en dépit du prix à payer pour ça – qui consistait à ce que je souffre pour sa sécurité. Maintenant je suis allée de l’avant, et je ne peux tout simplement pas supporter quand il franchit les limites de la relation patron /employée pour essayer d’avoir une place dans ma vie.
« Ben, je vais bien merci » je lui souris, pensant qu’il me lâchera la grappe assez vite.
« Tu es sûre ? Je sais que l’affaire qu’on vient de bouclée t’a secoué…enfin tu sais que je suis là pour toi si tu as besoin de parler ou autre. »
« Je sais Griss et j’apprécie vraiment, mais comme je te l’ai dis je vais bien » et ce n’est pas un mensonge, je vais bien.
Maintenant il a l’air nerveux, comme s’il avait une mauvaise nouvelle à annoncer ou comme s’il savait que ce qu’il s’apprête à dire ne va pas me plaire.
« Le service se termine dans dix minutes et… »
« Je sais et je ne ferais pas d’heures sup’, pas d’inquiétude » je lui coupe l’herbe sous le pied.
« A vrai dire j’étais sur le point de dire quelque chose d’autre… je me demandais si tu voulais qu’on petit- déjeune ensemble » il me lâche ça si rapidement que j’ai l’impression que mes oreilles m’ont joué un tour. Mais son expression me dit que j’ai effectivement bien entendu. Non mais je rêve, ce type est incroyable ! Et il avait raison en plus je n’apprécie pas du tout ce que j’entends, qui plus est je suis en rogne contre lui, mais j’ai la bonté de ne pas le montrer.
« Oh » j’essaie de gagner du temps avant de l’envoyer bouler en toute diplomatie. « C’est gentil, mais je ne pense pas que ce soit une bonne idée donc… non »
« Je sais que j’ai commis des erreurs par le passé et même si j’aimerai les réparer, je ne le peux pas. Pour être honnête notre amitié me manque… » Et dire que je pensais qu’il ne pouvait plus m’atteindre, j’avais tort de toute évidence.
« Grissom… » Je commence
« Sara, je reconnais mes erreurs et ma responsabilité pour notre relation on ne peut plus tendue pendant ces dernières années, et je suis sincère quand je dis que notre amitié me manque. Je te demande une dernière chance d’être l’ami que j’ai été autrefois. Et tu as ma parole que je ne te laisserais plus jamais tomber et si c’est le cas, je te garantis que je n’offrirai aucune résistance quand tu me tueras. »
Je ne peux pas m’empêcher de sourire à ça, c’est comme si mon meilleur ami revenait à la maison après un long voyage. Je le regarde dans les yeux et je sais qu’en dépit de la peine qu’il éprouve à ne pouvoir être que mon ami et rien de plus, il y a un désir sincère de remettre les choses en place à nouveau. Le désire d’aller de l’avant, et même si j’hésite à lui donner cette chance, je dois être honnête avec moi même : mon ami me manque.
« Tu te rends compte que ta mort sera très douloureuse et que personne ne pourra résoudre l’affaire, n’est ce pas ? » je lui demande avec sérieux.
« Je sais » me répond il avec un ton faussement terrifié.
« Avant tout : soi honnête avec toi-même, et aussi infailliblement que la nuit suit le jour, il s’en suivra que tu ne pourra être malhonnête envers personne, » je cite Shakespeare, et je peux voir dans ses yeux qu’il est surpris mais aussi qu’il appréhende ma réponse à savoir ce que sera la vérité. Parce que c’est maintenant que je lui accorde une seconde chance ou que je le rejette pour de bon, c’est un fait dont nous sommes tous les deux conscients.
« Notre amitié me manque aussi » je réponds enfin. Je peux voir le soulagement dans ses yeux. Et pour la première fois depuis je ne sais combien de temps il me sourit sincèrement. Je lui souris en réponse parce que ça fait du bien de remettre les choses à plat à nouveau.
« En avant pour le p’tit-déj alors » dit il, il a l’air aussi heureux que s’il avait reçu une nouvelle tarentule.
« Yep » même si je suis heureuse que tout revienne à la normale pour ainsi dire, j’ai envie d’y aller doucement avec cette nouvelle amitié alors j’ajoute « on devrait proposer à Greg et Sofia de se joindre à nous, la nuit a été longue. »
Je vois bien qu’il comprend la raison de ma demande, et c’est pour ça qu’il l’accepte sans se plaindre « Tu l’as dit »
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Donc on est là dans ce resto, en train de s’amuser – oui j’ai dis s’amuser, parlant des affaires drôles, de films et de tout ce qui nous passe par la tête. Je crois qu’on rigole tellement quand Greg nous parle de sa vision de notre job que pendant un moment j’ai peur qu’on mouille nos pantalons. Je me sens vraiment bien, c’est comme si j’était en train de partager un p’tit-dèj en famille. Et là quelque chose m’interpelle. Trois membres de cette famille manquent à l’appel. Si complète et pourtant si vide, c’est ce à quoi ressemble ce portrait de famille.
On est sur le point de partir quand mon téléphone sonne.
« Sidle »
« Hey Sara, c’est Cake » me répond la voix de mon interlocuteur .
Je souris immédiatement dès que je reconnais cette voix. Ça fait tellement de bien d’entendre cette voix qui a pris tellement d’importance dans ma vie.
« Hey, comment ça va ? Attends, ne quitte pas. »
Je mets quelques billets sur la table et on se décide à quitter le resto. Je dis au revoir à mes amis et collègues et me dirige vers ma voiture.
« Toujours là ? » je demande.
« Bien sûr » me répond elle .
« Désolé pour ça… alors comment tu vas ? » je repose ma question. Maintenant que je suis assise dans ma voiture je peux me concentrer entièrement sur notre conversation.
« Ben pas très bien mais ça va je suppose » je peux sentir d’ici qu’elle ne me dit pas tout mais je ne la force jamais à me parler, comme ça elle vient toujours à moi quand elle est prête. « Et toi ?» me demande elle laissant le reste de côté pour le moment.
« Je vais plutôt bien. Hey Cake, tu veux qu’on aille à la bibliothèque, comme ça on pourra se voir, parler, et s’amuser ? » Je lui propose avec enthousiasme.
« J’adorerai ça mais ma mère ne me laissera pas quitter mon donjon. Elle est vraiment soûlante ces derniers temps. »
« Cake on en a déjà parlé n’est ce pas ? » je la préviens.
« Ouai je sais, je sais désolé, c’est juste que dernièrement tout va de travers. » J’ai l’impression qu’elle est sur le point de pleurer et quelque part ça m’inquiète. C’est signe qu’il est temps pour moi de lui fournir une échappatoire et vite avant qu’elle n’est une idée qui lui attirera encore des ennuis. Avant qu’on ait la possibilité de chatter sur le net, elle a eu un jour comme ça, un jour ‘pas vraiment bon mais ok’. Et comme on n’avait pas le temps de se parler elle a fait du stop par pure frustration. Depuis je trouve toujours un moyen pour qu’elle me parle.
« Écoute je m’apprête à rentrer à la maison, je pense que j’y serai dans une quinzaine de minute, pourquoi tu te connecterais pas histoire qu’on chat un peu ? »
« Ça serait cool, mais je sais que tu viens juste de finir le boulot donc si t’es fatiguée je comprend, et si t’as besoin de dor... » Elle est déjà un peu plus enthousiaste.
« Hey qu’est ce que je t’ai dit, peu importe quand t’as besoin de moi, je suis là pour toi quoiqu’il arrive. » je la coupe dans son élan. Et jusqu’ici j’ai tenu ma parole.
« Ouai je sais, merci » me répond elle .
« Je t’en prie. Ok, donne moi vingt minutes et je suis à nouveau à toi. By Linds.»
« Ok, bye Sara » et avec ça je raccroche et démarre pour rentré à mon appart.
C’est drôle comme les choses évoluent. Lindsey et moi on est devenu des amies proches. En fait, je pense que c’est une de mes plus proches amies malgré son âge. Mais elle est très mature pour une fille de douze ans – presque treize. Et en plus on s’éclate ensemble, on a vraiment de bonne conversation. Dommage qu’on ne puisse pas se voir plus souvent, principalement parce que Catherine n’est pas au courant. Pour ma défense je dirais qu’elle me déteste et que je suis sûre qu’elle me veut loin d’elle alors ne parlons pas de sa fille, et vu nos rapports à l’heure actuelle, je suis presque sûre que si elle savait pour moi et Linds elle m’écorcherait vive.
Linds m’a donc toujours appelé dans le dos de sa mère pour ainsi dire. Au début elle ne lui disait rien parce que c’était toujours pour parler de la mort de son père et elle était persuadée que ça allait mettre Catherine dans tous ses états. Je me souviens de son premier coup de fil, c’était pendant l’enquête sur la mort de son père, je lui avais filé mes numéros et dit qu’elle pouvait m’appeler n’importe quand pour quoi que ce soit.
Après quelques mois elle a commencé à m’appeler de temps en temps. Ensuite elle m’appelait dès qu’elle avait une dispute avec Catherine et après dès qu’elle avait besoin de réconfort quand ça mère n’était pas dans les parages. Maintenant, je pense que ça fait huit mois qu’elle m’appelle de manière régulière, et qu’on a commencé à se fréquenter régulièrement.
Elle terminait toujours nos conversations en me demandant de ne rien dire à sa mère, après quelque temps c’est allé sans dire donc j’ai respecté son choix vu qu’on ne faisait rien de mal. Et au fur et à mesure que le temps passait elle ne l’a jamais dit à sa mère, on en a parler et quelque part je pense qu’elle a envie de préserver notre amitié de sa mère parce que c’est quelque chose de spécial pour elle, une sorte d’échappatoire par rapport à sa famille, et je respect ça. Je lui ai dit que si elle voulait le dire à sa mère ça ne me posait aucun problème, mais je pense qu’elle est dans cette période de la vie où elle à besoin de quelque chose de complètement détaché de sa famille, comme un jardin secret.
Et vue que m’appeler est devenu quelque chose d’assez difficile quand elle était punie, je lui ai donné mon e-mail, comme ça on peut chatter et elle a même mon adresse pour les fois où elle part en vacances ou qu’elle préfère me parler par lettre.
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Quinze minutes après son coup de fil j’arrive à la maison. J’ai pris le temps de me changer et d’enfiler quelque chose de plus confortable. J’ai allumer mon ordi et maintenant je chat avec Linds à propos de tout et de rien, principalement de comment se passe les choses à l’école. Là elle est en train de me parler des mecs dans sa classe, quant à moi je prépare le terrain pour un sujet plus délicat : les maths.
Babycake : J’arrive pas à croire que les mecs soit si stupides !!
Blackprint : lol… m’en parle pas
Babycake, je ne sais pas d’où vient ce surnom. Je l’ai appelé comme ça la toute première fois qu’elle m’a appelé, et avec le temps c’est resté. La plupart du temps je l’appelle Cake cela dit. C’est notre truc ; je sais que je suis la seule à l’appeler comme ça. C’est une de ces choses précieuses qui compose notre amitié.
Babycake : ben je suis fière d’être une fille !!
Blackprint : ouai les filles ça déchire !!
Ok, il est temps de passer aux choses sérieuses. En avant pour le désastre.
Blackprint : au fait comment est ce que ça s’est passé ton contrôle de maths ?
Je viens de plomber l’ambiance je peux le sentir, tout comme je sens que la réponse ne va pas me plaire.
Babycake : …
Blackprint : Cake, dit moi que t’as planché dessus…
Babycake : ben je pourrai, mais… je ne le ferais pas parce que le mot clef de notre amitié est ‘honnêteté’…
Blackprint : Tu te rends compte que je suis aussi loin d’être heureuse qu’on puisse l’être tout de suite…
Babycake : ouai je sais mais c’était trop dur et j’en comprenais pas les trois quarts… je crois que j’arrête pas de décevoir dernièrement
Je m’en veux de la faire se sentir coupable. Parfois c’est dur d’être son amie, parce que parfois je me sens presque comme sa mère. Par exemple, j’essaie toujours de ne pas trop lui rabâcher les oreilles avec le discours ‘l’école c’est important’, parce qu’elle le sait très bien. Mais le fait est que même si on est amies je suis adulte et en tant que tel je dois agir comme il se doit. Je veux dire, je sais que je peux l’influencer et qu’elle pourrait me prendre comme modèle, alors je dois lui montrer le droit chemin, je pense.
Blackprint : je ne suis pas déçue, juste pas contente…on en a déjà parlé, t’aurais dû me demander de l’aide pour tes maths au lieu de laisser tomber. Je te l’ai dit et je te le répète je suis là.
Babycake : je sais, désolé
Blackprint : il n’y a pas de raison de s’excuser…mais tu sais qu’en tant qu’amie je dois te dire ce qui va et ce qui ne va pas. Sans rancune ?
Babycake : ouai t’inquiète.
Blackprint : cool J …mais juste pour info on va retravailler tout le programme de maths ensemble cette semaine. JE prendrais ma journée pour ça !
Babycake : super, j’en saute de joie L
Blackprint : ouai j’en doute pas une seconde J
Ok, premier problème résolu. C’est ce que j’aime dans notre amitié, elle est basée sur l’honnêteté, la confiance, elle est saine et amusante. Une de nos habitudes est de se retrouver à la bibliothèque, là je prend le temps de l’aider avec ses devoirs, et je lui ouvre l’esprit sur la littérature. Ensuite on parle toujours plus jusqu’à ce que sa tante vienne la récupérer pour la ramener à la maison. Pour ma part je reste toujours un peu plus à la bibliothèque pour trouver un bon livre à lui faire découvrir. Je chéris ces moments parce qu’ils sont très relaxant et divertissant.
Maintenant passons au second sujet épineux, là c’est coton.
Blackprint : ok, maintenant que ça c’est réglé, dis moi comment tu vas
Babycake : j’en sais trop rien… pas très bien. Ma mère me déteste, mon père me manque et l’école m’ennuie
Blackprint : j’admet que les cours ça craint parfois mais ça peut aussi être marrant. Regarde nous quand on travaille ensemble on s’amuse bien non ?
Babycake : tu marques un point
Elle reste silencieuse pendant un long moment, à tel point que je me demande si elle est toujours là.
Blackprint : tu veux parler de ton père ?
Je ne vais pas mentir, ce n’est pas mon sujet préféré, mais il ne s’agit pas de moi et si elle veut en parler, en tant qu’amie je lui dois une oreille attentive.
Babycake : pas vraiment... en plus y’a pas vraiment grand-chose à dire…il me manque beaucoup c’est tout
Blackprint : je sais que c’est dur, crois moi. Si t’as besoin de quoique ce soit dis le moi
Babycake : je sais… le plus dur c’est avec ma mère, j’ai l’impression qu’elle me déteste !
Blackprint : mais nan, ta mère ne te déteste pas et tu le sais. Elle peut être difficile à vivre parfois mais il ne te déteste pas.
Je n’ai peut être pas la meilleure des relations avec Catherine, mais s’il y a une chose dont je suis sure c’est qu’elle aime sa fille plus que sa vie ou son job d’ailleurs. C’est vrai, elle a presque étranglé cette midinette aux cheveux rose qui avait abandonné Lindsey dans une voiture qui était en train de couler !
Je peux comprendre la colère adolescente de Lindsey et ses difficultés à communiquer avec sa mère. Mais je me dois de lui rappeler que ce qu’elle a est un cadeau et que sa mère l’aime.
Babycake : parfois j’en doute et j’ai de bonnes raisons pour ça. D’abord elle n’est jamais là et quand elle est là c’est seulement pour me dire à quel point mon comportement la déçoit ou seulement pour m’enguirlander à propos de choses stupides. Elle est toujours en colère pour une raison ou pour une autre. Je sais bien que parfois je n’agis pas bien, mais c’est juste parce que je me suis rendue compte que c’était la seule façon d’attirer son attention. La plupart du temps c’est comme si j’étais invisible…
Blackprint : est ce que t’as essayé de lui dire tout ça ?
Babycake : Mais bien sûr ! Elle fait à peine attention à moi alors m’écouter... Elle n’a de temps que pour son précieux job.
Ouch. Ça fait mal. Rage adolescente en effet. Bon, essayons de passer la tempête.
Blackprint : Je pense que vous avez un gros problème niveau communication, mais ça ne veut pas dire qu’elle ne se soucie pas de toi. Je sais que parfois c’est difficile d’exprimer ce que tu ressens mais au moins tu dois essayer. Et surtout essayes de garder ton calme. Et peut être que si vous ne vous crié pas dessus vous arriverez à parler et à vous entendre. Ça prendra du temps mais ça vaut le coup.
Babycake : T’as peut être raison
Blackprint : elle t’aime peut importe ce qui arrive, peu importe ce qu’elle dit ou fait, elle t’aimera toujours. Et c’est ce que tu dois garder en tête. Alors essayes de lui dire ce que tu ressens, ça aide.
Babycake : Très bien, j’essayerai
Blackprint : Promis ?
Une chose dont je suis fière est que Lindsey tient toujours parole, et donc quand elle dit qu’elle fera un effort, je n’en doute pas. On ne se ment jamais peu importe la vérité à dire, c’est la règle numéro une de notre relation. Maintenant si j’arrive à lui faire accepter cette promesse alors on commencera à aller de l’avant à nouveau.
Babycake : tu m’as piégé !
Blackprint : moi ? jamais ;-)… alors, qu’est ce que t’en dit ?
C’est vrai je l’ai piégé, en ce sens que j’ai présenté la chose comme une question ouverte et non pas un constat. Je sais que ce n’était pas fair play. Elle ne peut rien me refuser, tout comme je ne peux rien lui refuser.
Babycake : ouai promis
Blackprint : bien
Babycake : tu me le paieras cela dit…
Blackprint : oooooh j’ai peur… :oD
Bon on n’est pas encore tiré d’affaire sur ce sujet mais au moins on avance. J’ai rempli mon rôle, tout ce qui me reste à faire c’est espérer que les choses se passent pour le mieux et non pas le pire.
Babycake : désolé mais je dois filer, le déjeuner est prêt.
Blackprint : ok, je te tiens au courant pour la bibliothèque
Babycake : j’avais presque oublié… presque !
Blackprint : heureusement que j’ai une bonne mémoire
Babycake : L
Blackprint : mdr
Babycake : merci pour tout
Blackprint :pas de problème, tiens moi au courant
Babycake : bien sûr. Salut et prend soin de toi
Blackprint : toi aussi Cake
Et avec ça on se quitte. Quant à moi je suis tellement crevée que je vais me prendre un long bain et ensuite j’irai dormir. Ce que j’aime dans mon amitié avec Lindsey, c’est le fait que ça me rappelle toujours qu’il y a des choses qui en valent la peine malgré tout.
XXXXX
La voilà. Ma fille de douze ans. Elle grandit si vite, et je ne suis pas assez présente pour le voir. Elle me rejette de sa vie, je le sens. On ne se parle plus comme avant. Depuis la mort d’Eddie on dérive l’une de l’autre, un petit peu plus tous les jours. Avec la division de l’équipe et ma promotion j’ai encore moins de temps pour la voir. Parfois je déteste vraiment mon job. Et je déteste le fait qu’elle me mette sur le banc de touche de sa vie.
Je souhaiterai tellement être en mesure de communiquer avec elle. Ça serait déjà un bon début. En fait, c’est comme si on ne parlait pas la même langue, et en fin de compte tout ce qui ressort de nos ‘discussions’ sont des cris, des remords et encore plus de cris. A la fin j’ai l’impression d’être une mauvaise mère. Et je me déteste pour ça. Quand on ne se cri pas dessus, on ne se parle pas du tout ce qui à mon sens, est encore pire. Et je me déteste un petit peu plus pour être incapable de l’atteindre.
Ma fille me manque. Nos discussions faciles à propos de tout et de rien, les potins de son école me manquent. Les contacts physiques qui transmettent de l’amour en silence. Notre relation me manque. Maintenant, elle se précipite dans sa chambre quand j’arrive à la maison, elle me parle à peine ou me dit simplement ‘quelle importance’, la plupart du temps elle m’ignore, elle rejette mon affection et elle se tend dès que je suis à moins d’un mètre d’elle. Comment est ce que les choses en sont arrivées là ? Qu’est-ce que j’ai fait de mal ? Comment est-ce que je peux la récupérer ?
Je n’en ai aucune idée.
Comme tous les jours où on arrive à passer du temps ensemble, on mange silencieusement chacune dans son coin. Comme à chaque fois je vais essayer de lui parler, de l’inciter à me parler et comme à chaque fois elle va juste m’envoyer sur les roses. Mais je continue d’essayer, espérant que cette fois sera différente des autres.
Je la regarde m’ignorer et prend une grande inspiration avant de faire face à sa rage d’ado. Bon, c’est parti.
« Alors, comment ça a été à l’école cette semaine ? » je lui demande aussi naturellement que possible.
« Pas trop mal je suppose » ses yeux sont fixés sur son assiette. Je pense que je devrai être heureuse, elle est réceptive.
« T’as eu de nouvelles notes ? » elle réfléchit pendant un moment avant de soupirer péniblement. Quelque part je sens que je ne vais pas apprécier sa réponse.
« Écoute, j’ai loupé mon contrôle de maths, mais le reste est bon. »
Je devrai m’énerver en entendant ça. Elle est intelligente, et brillante quand elle le veut. Mais je ne vais pas l’engueuler maintenant parce qu’il a une vrai conversation et que jusqu’ici ça fait trois minutes et on ne s’est toujours pas crier dessus, donc on va garder la chance de notre côté.
« Les maths n’ont jamais été mon fort mais je peux te prendre un prof particulier si tu pense que c’est nécessaire. »
« Non c’est bon j’ai déjà réglé le problème. Je vais aller à la bibliothèque cette semaine pour travailler dessus avec une amie » elle me sourit. On avance enfin.
« Comment vont tes amis ? » elle gigote un peu à la mention de ses amis comme si elle cachait quelque chose.
« Ils vont bien » elle répond rapidement. Trop rapidement.
« Tout va bien ? » je pousse un peu je sais mais je suis sa mère et j’ai besoin de savoir si quelque chose ne va pas bien.
« Oui » elle ne me dit pas quelque chose.
« Papa me manque » elle a dit ça avec une voix douce.
A chaque fois qu’elle parle de lui je sens comme si on me plongeait un couteau dans le cœur. A une période de ma vie il était la meilleure chose qui me soit arrivée. Mais ensuite le temps m’a montré qu’il était la plus grosse erreur de ma vie, la seule bonne chose qu’il ait jamais faite a été de me donner ma fille. Quand elle parle de lui, c’est comme si elle me disait à quel point je ne suis pas une assez bonne mère, parce qu’il lui donnait tout ce qu’elle voulait contrairement à moi. Je sais bien que ce n’est pas ce qu’elle essaye de me dire, seulement c’est comme ça que je le ressens.
« Je sais » je répond la voix pleine d’émotions.
Je n’ai jamais été une grande fan d’Eddie, mais c’était son père et si elle veut parler de ses sentiments par rapport à sa mort, alors je vais serrer les dents et l’écouter.
« Parfois je continue à… » oh mon Dieu non ! Satanée technologie ! Elle s’ouvrait enfin à moi quand ce stupide téléphone c'est mit à sonner.
« Willows » elle est énervée, je peux le voir « Je serai là dans 20 minutes.» Elle se lève et quitte la table sans un mot, mais pas sans me lancer un regard noir.
Je raccroche et la rejoins.
« Linds… » je commence.
« Ouais tu dois partir je sais, ton précieux job t’attend. » elle me coupe avec une voix acerbe. On vient juste de faire un nouveau pas en arrière.
« C’est vraiment important sinon je resterai… »
« Quelle importance. » Elle me coupe à nouveau et recommence à m’ignorer, préparant ses affaires pour aller chez sa tante.
J’attends plusieurs minutes, essayant de trouver un moyen de la faire me parler à nouveau, mais je vois bien que ça n’arrivera pas alors je commence à sortir de sa chambre. C’est le moment qu’elle choisit pour lâcher une bombe.
« Je voudrai tellement que papa soit encore en vie » nous y voilà ! Elle l’a dit. Je ne supporte pas quand elle déploie les grands moyens et qu’elle utilise son père pour me titiller mes boutons. Dieu sait qu’elle est douée pour ça.
« Oh oui, parce que ton père était un homme si parfait ! » Je ne devrais pas parler d’Eddie comme ça mais je ne peux pas m’en empêcher. Même mort c’est lui qui a le bon rôle. Je regarde Lindsey et je sais qu’avec ce commentaire je viens de déclencher une sacrée tempête. Plus moyen de reculer, la seule option est de faire face et de compter les points. Ça va faire très mal, je le sens.
« Peut être, mais au moins lui il était la pour moi. » elle crache. Ouch, balle dans mon camp, essayons de rester cool et d’étouffer le monstre tant que c’est encore possible.
« Je suis là pour toi aussi et tu le sais » je garde une voix aussi calme que possible, je ne veux pas qu’elle sache que ça remarque a atteint son objectif.
« Ouais bien sûr…30 minutes par jour quelle mère tu fais ! » Celle-ci était en dessous de la ceinture, c'était un coup bas.
« Attention à ce que tu dis jeune fille ! » je cri. Oh je suis en pétard. En pétard et blessée. Je sais que je n’arriverai pas à garder le contrôle de la situation encore bien longtemps.
« Sinon quoi ? Tu vas actuellement prendre le temps de t’énerver contre moi ? Oh non, j’oubliais, tu ne peux pas parce que tu dois être au travail dans 15 minutes ! » réplique elle avec défi et sarcasme.
Voilà, elle vient de me mettre à genoux. Je peux sentir les larmes me brûler les yeux et menacer de tomber. Je met toute mon énergie restante à faire en sorte de ne pas pleure devant elle. Ma voix me joue des tours, je veux lui répondre mais je ne peux pas. Je la regarde et je vois de la colère dans ses yeux, de la colère contre moi.
« Lindsey… » je commence mais échoue. Elle a l’air un peu coupable. Elle s’arrête pendant un quart de second comme si elle hésitait à me donner le coup de grâce. Puis son regarde rageur revient en criant ‘pas de pitié’ alors elle m’achève...
« Quelle importance. Faut y aller, faudrait tout de même pas que tu sois en retard en plus, n’est ce pas ? » et avec ça elle quitte la maison pour m’attendre dans la voiture.
J’ai envie de crier, j’ai envie de frapper contre un mur très fort, j’ai envie de pleurer. Je n’en peux plus, j’ai l’impression de me noyer lentement.
Le trajet jusque à chez ma sœur est court dieu merci. La tension est insoutenable, et chaque nouvelle minute de silence est une torture parce que je suis en train de craquer et que je vais bientôt m’effondrer.
Elle regarde ses pieds pendant un temps péniblement long et ensuite elle commence à sortir de la voiture sans me regarder. Elle s’arrête et dit « Bonne journée » à travers ses dents. Ses mots sont pleins de venins et de colère. La porte de la voiture se referme avant que je ne puisse dire quoique ce soit ; je la regarde entrer dans la maison de ma sœur et je démarre. Quelques mètres plus loin je me mets sur le bas côté et commence à pleurer toutes les larmes de mon corps. Elle me déteste et pense que je suis une mère indigne.
Je me déteste...
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J’arrive sur le parking du labo et essaye de regagner mes esprits avant de sortir de la voiture. Ça promet d’être une longue journée et dieu ait pitié de ceux qui croise ma route. Je suis d’une humeur massacrante !
Je fais un détour par les toilettes histoire de me rafraîchir en mettant un peu d’eau sur mon visage. Ensuite je vais dans les vestiaire pour me changer. C’est vide et j’en suis contente parce que je ne peux pas faire face à qui que ce soit pour le moment. Je m’assois sur le banc et me perds dans mes pensées, à tel point que je ne me rend pas compte que Sara est entrée. Je lève la tête et la vois, elle me regarde avec je ne sais pas, inquiétude ?
On ne s’est jamais entendus et on est toutes les deux fautives de ça , bon d’accord je suis fautive, mais j’assume. Elle m’a toujours fais perdre l’équilibre, à chaque fois que je suis près d’elle mes émotions deviennent incontrôlables, le chaos s’installe et je ne le supporte pas, donc je fais en sorte de garder mes distances avec des commentaires désobligeants.
Elle ne dit rien tandis que j’ignore son regard fixe.
J’ouvre mon casier et trouve une photo de Lindsey et moi dans les bras l’une de l’autres, souriantes, heureuses. Et mes larmes commencent à couler à nouveau, je ne peux pas retenir mes sanglots.
Je sens deux bras forts m’enlacer et pendant un moment je me laisse aller, ne me souciant pas du fait que ce soit Sara. Je passe mes bras autour de sa taille et resserre notre étreinte comme si ma vie en dépendait, parce que pour le moment c’est la seule chose qui me fasse garder pieds. Elle ne dit rien, elle se contente juste de m’étreindre aussi fort qu'elle le peut . Pendant un moment je me sens en sécurité, rien ne peut plus m’atteindre, tout va bien. C’est comme si le temps s’était arrêté et pour une seconde je souhaite pouvoir rester là indéfiniment, mais je dois laisser tout ça partir et faire face au monde.
Je relâche ma prise sur elle et elle tourne le tête, elle me regarde droit dans les yeux. Je me sens vulnérable et nue mais en même temps je me sens comme entourer d’une vague de tendresse et plus encore . Et là le monde disparaît à mesure que je me perds dans ses yeux. C’est comme si elle essayait de me transmettre toute sa force et un puissant sentiment que je n’arrive pas à saisir, mais qui me fait me sentir invincible. Elle me sourit et me caresse la joue avec sa main pour chasser mes larme, puis elle me laisse aller, maintenant qu’elle sait que je vais mieux. Elle laisse un tendre baiser sur mon front, prend ses affaires et sort du vestiaire.
J’affronte ma journée avec une toute nouvelle sérénité et le sentiment que je peux défier le monde entier. Et le tout grâce à Sara, rien que ça.
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Les semaines s’écoulent sans nouvelle dispute avec Lindsey, mais elle m’ignore à nouveau et ça me fait mal un peu plus chaque jour. Je passe tout mon temps à me demander comment est ce que je pourrai arranger les choses entre nous. Plus le temps passe et plus cela devient difficile, je le sais.
Je suis en train de lire le détail de ma facture de téléphone, quand un numéro attire mon attention, je ne sais pas trop pourquoi. Je sais que ce n’est pas moi qui l’appelle, alors c’est forcément Lindsey. Et aussi loin que je m’en souvienne ce n’est pas le numéro d’une de ses amis, ça m’intrigue. Apparemment elle appelle ce numéro de manière fréquente. Je ne sais vraiment pas pourquoi mais ce numéro me dis quelque chose et ma curiosité l’emporte. Je prend mon téléphone et compose les chiffres, après deux sonneries quelqu’un répond...
« Sidle »
C’est quoi ce délire ? Je suis pétrifiée, pourquoi est ce que Lindsey irait appeler Sara ? Qu’est ce que Sara peut bien lui raconter ?
« Sidle » elle répète « Allô ? » je lui raccroche au nez. Ma tête tourne. Je commence à réfléchir à ce que tout ça peut vouloir dire. Tellement de ‘pourquoi’ sont en train de se battre dans ma tête, tellement de question. J’ai besoin de réponses, je pourrai demander une explication à Lindsey mais pour ça il faudrait que j’arrive à la faire me parler ce qui n’arrivera pas de si tôt. Non, je décide d’aller à la source.
Je pense à toute vitesse et quelque pensées se traînent dans mon crâne. Elle a monté Lindsey contre moi. Elle me déteste, donc elle se sert de ma fille pour m’atteindre. Ça va de soit. Tout s’explique, pas étonnant que Lindsey m’évite, Sara l’a monté contre moi ! Mais quelle garce pathétique ! Quand je pense au moment qu’on a partagé dans les vestiaire j’ai envie de vomir. Quelle hypocrite ! Comment ai-je pu être aussi naïve ?!
Mon adrénaline est à son paroxysme alors que je me dirige vers le labo. Je vais la réduire en miettes ! Ça va faire mal.
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Chapitre 3 : Sara
Ça a été une nuit d’enfer. Ou plus précisément deux nuits d’enfer. Je viens juste d’enchaîner trois services. Au moins notre travail a porté ses fruits, on a chopé le méchant. Mais quand même, je suis exténuée et tout ce que je veux c’est rentrer, prendre un bon bain chaud et me coucher.
Ces dernières semaines, j’ai pensé à elle presque tout le temps. Purée je l’ai vraiment dans la peau. On a eu un drôle de moment dans le vestiaire. Je ne sais pas pourquoi – enfin sur le moment je ne savais pas, par la suite Cake m’a expliqué ce qu’il s’était passé – mais elle s’est mise à pleurer. Je n’ai pas hésité une seconde et l’ai prise dans mes bras, quel sensation, pendant un moment il n’y avait que nous. On allait si bien ensemble et je ne voulait rien d’autre que rester là pendant longtemps. J’ai essayer de lui transmettre mon amour pour elle sans un mot et je suis persuadée que pendant une second elle le savait. Je l’ai laissé avant de me trahir en me laissant aller à la tentation de l’embrasser. Bon techniquement je n’ai pas résisté parce que je l’ai embrassé sur le front, mais quand même j’ai évité de me ridiculiser.
Je me dirige vers le vestiaire et là je la voit dans le couloir. Quand on parle du loup…
Elle se dirige vers moi et me regarde avec colère pour ne pas dire de la haine. Pas vraiment ce à quoi je m’attendais. Et pour être honnête je commence à m’inquiéter. Elle m’agrippe le bras avec force en enfonçant ses ongles dans ma chair, je peu sentir ma peau protester à cette agression. Je retiens un juron contre cette sensation et avant que je puisse dire quoi que ce soit elle s’adresse à moi avec un ton menaçant : « Il faut qu’on parle »
Elle me traîne pratiquement dans son bureau. Elle me jette à l’intérieur, et ferme la porte à clef derrière elle.
« C’est quoi ton problème » je lui demande avec une voix tout sauf douce.
« Je pense que c’est à moi de te demander ça. » ces yeux me balancent des flammes. Je pensais avoir vu le pire de sa personnalité, assurément je me suis trompée. Je peux dire qu’à la façon qu’elle a de me regarder que toutes nos disputes précédentes n’étaient qu’un jeu d’enfant comparé à ce qui se prépare. Qu’il en soit ainsi, mais si elle croit que je vais la laisser faire elle rêve.
« De quoi est-ce que tu parles ? » je suis énervée et je ne sais même pas pourquoi.
« Arrêtes ton baratin ok, je sais ce que tu fais à ma fille ! » je la regarde en état de choque, je n'arrive pas à croire l’implication silencieuse de son assertion. Choquée et blessée. Elle se rapproche de moi, dangereusement près de moi. Je sens mon corps se raidir, comme lorsque j’étais gosse et que mes parents envahissaient mon espace personnel. Inconsciemment je relève mes épaules, mon corps se préparant pour toute forme d’agression.
Elle continue : « Tu vas me dire pourquoi tu l’appelles sans cesse et tu vas me le dire tout de suite ! » sa voix est sombre, remplie de haine, de colère et de menace. Une part de moi n’a qu’une envie c’est de se mettre en boule dans un coin de la pièce et de faire semblant d’être invisible.
« Je ne l’appelle pas » ma réponse ne lui plaît pas. En une seconde je sans mon dos entrer violemment en collision avec la bibliothèque derrière moi. C’est pas que je laisse tomber Lindsey, mais je ne veux pas mentir. Premièrement c’est elle qui m’appelle quand elle a besoin de parler, ensuite dire que je l’appelle – ce qui n’est pas le cas, implique quelque chose de mal. Je m’écarte de la bibliothèque et essaye d’échapper à son emprise mais elle me pousse à nouveau mais plus violemment que la première fois c’est fois ci le choc fait un gros bruit sourd. Le choc est assez violent pour me couper le souffle légèrement.
« Ne t’avise pas de jouer avec moi ! » J’ai cinq ans et j’attends que les coups se mettent à pleuvoir. « Tu pensais pouvoir la pourrir sans que je m’en aperçoive ? T’es tellement pathétique que tu te sers de ma fille pour m’atteindre ? Et dire que je pensais que tu valais mieux que ça, je t’ai accorder beaucoup trop de crédit. »
« Non mais tu délires ! »
« Qu’est ce que tu lui a raconté ? Réponds moi ! » elle me pousse un peu plus contre les étagères, la pression est en train de me faire très mal. J’essaye de lui échapper à nouveau mais j'échoue. Je n’ai vraiment pas envie de jouer à ça. Bien que je n’aie rien à cacher, je ne vais pas trahir la confiance de Cake. Mais ça veut dire faire face à une furie. Je ferme les yeux car je sens une crise arriver. Je sais ce qu’il va se passer, bientôt je vais pleurer et me mettre dans un coin où je m’enfermerai dans mes souvenirs – pas un endroit agréable, croyez moi. J’ai besoin de reprendre le contrôle. Mon corps commence à trembler légèrement. Je ne pense pas qu’elle s’en rend compte, elle carbure à l’adrénaline et sa colère la rend aveugle.
Mes yeux sont clos très fort, ma respiration est irrégulière et rapide. Je m’étouffe dans ma faiblesse, mes peurs et ma panique.
« Catherine, lâche moi...laisse moi partir s’il te plaît. » j’ouvre les yeux et la regarde « Je t’en prie... » et maintenant je supplie. Je me dégoûte tellement là tout de suite.
Quelque chose dans son regard change. Elle sort de sa transe. Elle me relâche et fait deux pas en arrière comme si elle venait de se brûler. J’ai vraiment essayé de garder ma peur à distance, mais je pense qu’elle l’a vue dans mes yeux. Culpabilité, honte et une vague d’émotions se lisent dans ses yeux.
J’essaye d’éviter son regard et de me calmer autant que faire se peut. Pendant une minute j’ai l’impression qu’elle va s’excuser, pendant une minute elle oublie l’objet de notre dispute.
Le silence commence à me mettre mal à l’aise, je ne me sens pas en sécurité, je me sens prise au piège et j’ai besoin d’air parce que j’étouffe. Je respire profondément et essaye de la raisonner.
« Parle à Lindsey… » je commence calmement.
« Je t’interdit de me dire ce que j’ai à faire ! » elle me coupe « Et puis de toute façon depuis que tu l’as monté contre moi, elle refuse de me parler. Je ne sais pas ce que tu lui a raconté mais je peux te jurer que si tu essaye d’entrer en contact avec elle ne serait ce qu’une fois et par quelque moyen que ce soit, je te tuerai de mes mains nues. » Elle me menace encore.
J’abandonne. Je n’ai pas la force de l’affronter aujourd’hui ou n’importe quel autre jour d’ailleurs. Et pour le moment sa menace m’effraie réellement. Je commence à bouger mais elle me pousse à nouveau contre cette foutue bibliothèque avec force, une fois de plus elle enfonce ses ongles dans mon bras « On ne va pas en rester là espèce de garce pathétique. »
« Ouais t’as raison, tout est de ma faute. Comme tu l’as dit je suis la personne la plus insignifiante et pathétique que tu as eu la malchance de rencontrer. Franchement j’en suis désolée. En ce qui me concerne on a fini ! » ma voix est vide de toute émotion. J’extirpe mon bras de sa prise mais comme elle ne veux pas me lâcher ses ongles m’écorchent la peau, mais je m’en fout parce que ma seule préoccupation est de sortir de là. Je quitte la pièce et marche aussi vite que je le peux sans pour autant courir. Dieu bénisse mes longues jambes.
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Je ne sais pas comment j’ai fait, mais je me retrouve dans le vestiaire, en train de fixer le mur tout en essayant de comprendre ce qu’il vient de se passer. Ensuite sans m’en rendre compte je frappe le mur de toutes mes forces. Je suis énervée contre moi-même, j’ai encore laissé quelqu’un me traiter comme une moins que rien. J’ai encore laissé quelqu’un me faire physiquement mal et j’ai supplié qu’on me fasse grâce. Je suis faible et impuissante.
Je déteste ça, je me hais pour ça.
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Je sors du vestiaire après quelques minutes. Je rentre chez moi.
« Sara »
Oh pitié pas maintenant. Je me retourne espérant pouvoir écourter cet échange au maximum.
« Grissom, je peux t’aider ? » je demande l’air de rien.
« Je pensais que t’étais partie il y a une heure »
« Oui, ben je m’en vais »
« Est-ce que ça va ? » son regard est insistent, oh je suis dans le pétrin.
« Oui, pourquoi tu me demande ça ? » peut être que si je joue les écervelées il laissera tomber.
« Je viens de voir Catherine sortir du vestiaire et elle avait l’air contrariée. Vous vous êtes encore disputées, n’est ce pas ? » Bon ben faut croire que j’ai pas de bol aujourd’hui. Attendez une minute. Catherine était dans le vestiaire ?
« Nan » je dis, pas vraiment convaincante.
« Sara »
« Quoi ? » je soupir. Ok essayons une autre approche « Écoute, on a discuté un peu, c’est tout. »
« T’en es sûre ? » Argh ! Mais lâche le morceau !
« Oui, bon j’admet que c’était un petit peu houleux mais ce n’était rien de plus qu’une gentille discussion entre deux personnes civilisées. Et en plus pas dans les couloirs, je tiens à préciser, ce qui prouve que nos rapports s’améliorent » mais quelle blague !
« Tu veux en parler ? » il me demande. Je dois avouer qu’il prend son rôle d’ami très à cœur, il essaye d’être là pour moi tout le temps. Mais là tout de suite ça m’ennuie.
« Pas la peine » je lui réponds en passant ma main dans mes cheveux « Tout va bien et… »
« Qu’est ce qui est arrivé à ta main ? » sa voix est soucieuse.
« Je te demande pardon ? » j’ai définitivement perdu le fil. Mais de quoi est-ce qu’il parle?
« Ta main Sara, elle saigne ! » il constate.
Je regarde ma main et effectivement elle est en train de saigner. J’étais tellement énervée que je ne me suis pas rendu compte que je m’étais fait mal. Maintenant cela dit je peut sentir une douleur vive me traverser tout le corps. Ce n’est pas du tout plaisant niveau sensation. Grissom me regarde bizarrement. Je crois qu’il veut une explication.
« Oh, ben l’affaire qu’on vient de traiter m’a tapé sur les nerfs et…je me suis emportée…je crois » son regard me dit ‘mais bien sûr et moi je suis le plus grand fan d’Ecklie’, mais il décide raisonnablement de laisser tomber.
« Ok, on va nettoyer tout ça. Mais je veux que tu saches que si tu as besoin de parler tu sais où me trouver. »
Une heure plus tard je suis chez moi, enfin. Je prends une douche et vais me coucher.
Malheureusement pour mois Morphée refuse de me prendre dans ses bras alors je suis là éveillée, condamnée à gamberger sans relâche sur ce qui s’est passé avec Catherine. J’espère juste que Cake n’a pas d’ennuis.
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Chapitre 4 : Catherine
Oh mon dieu. Qu’est ce que j’ai fait ? Je ne réfléchis plus là. Je pense que je perds la tête.
J’admets que Sara et moi on se bat tout le temps. Nos engueulades sont cultes. Je veux dire, quand on travaille en coopération on forme un duo monstrueux, on est l’équipe à abattre. Mais la bouche de l’Enfer s’ouvre, menaçant de détruire le monde que nous connaissons à chaque fois qu’on s’oppose l’une à l’autre. Et vu que notre relation est plus qu’instable, c’est comme se balader dans un terrain miné, on ne sait jamais quand ça va exploser. Mais aujourd’hui j’ai franchit une limite que je n’aurai jamais dû franchir. Aujourd’hui j’ai levé la main sur elle.
Qu’est ce qui m’a pris ?
J’étais tellement aveuglée par la rage et le désir d’obtenir des réponses que j’ai perdu le contrôle de moi-même. Je pense que je lui aurais fait beaucoup de mal si je n’avais pas vue l’émotion dans ses yeux. De la peur... De la peur à l’état brut ! Et puis soudain la réalité m’est tombée dessus comme une tonne de briques. J’étais confuse et effrayée par mon comportement. Les seules fois où j’ai agit comme ça c’est lorsque je me battais avec Eddie. Je me suis toujours jurée de ne plus être cette personne, ce monstre.
Et puis Sara m’a dit de parler à Lindsey. Elle essayait d’être mature et adulte face à la situation. Moi, par contre, j’avais besoin de me décharger de ma frustration et de ma colère donc je lui ai menaçai. J’ai essayer de pousser ses boutons un peu plus histoire d’obtenir une réaction, de prolonger la dispute. Mais elle n’a pas répondu. Elle a abandonné, me laissant mariner dans la fureur de ces émotions qui faisaient rage en moi. C’est seulement là que je me suis rendue compte à quel point j’étais pathétique et ridicule. Je ne faisais pas face au problème. Non en fait je m’étais contenté de trouver une cible facile à blâmer.
La vérité est que ce n’est pas elle qui appelle Lindsey. C’est Lindsey qui l’appelle et c’est ce qui me dérange le plus. Parce que je n’arrive pas à atteindre ma fille, mais Sara ,elle, le peut apparemment. De toutes les personnes possibles il a fallut que ce soit elle !
J’ai essayé de trouver Sara pour m’excuser et d’avoir une vraie conversation. Elle était dans le vestiaire, en train de mettre une sévère raclée au mur. J’étais comme paralysée. Une partie de moi voulait l’arrêter et la prendre dans mes bras. Une partie de moi voulait lui donner le même réconfort qu’elle m’avait offert quelques semaines plus tôt. Mais j’ai fuit, sachant que j’étais la raison pour laquelle elle se faisait du mal. J’ai laissé le monstre qui sommeille en moi sortir et faire du mal à quelqu’un. Bien joué Willows.
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Je suis rentrée à la maison. Je me sens comme un lion en cage, je tourne et tourne sans repos dans la cuisine. Je dois affronter Lindsey.
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Je suis assise en face de ma fille. Elle est assise dans le canapé et moi sur la table basse. Elle m’ignore, comme toujours. Bon sang, ça promet.
« J’ai parlé à Sara aujourd’hui. » je commence. La mention de Sara la fait réagir et me regarder instantanément. Un flash de panique passe dans ses yeux avant d’être remplacé par de la colère. « Tu veux peut être m’expliquer ce que signifient tous ces coups de fils ? » je continue.
« C’est mon amie, on parle c’est tout. Quant à savoir de quoi, ce sont pas tes oignons. » elle me répond les dents serrées. Elle ne me regarde même pas. Je n’ai pas de patience dans l’immédiat.
« Gare à ton attitude, je suis toujours ta mère au dernière nouvelles ! » je la préviens.
« Si tu le dis… » elle réplique.
« Et un peu que je le dit ! Je ne sais pas ce qu’elle t’a raconté mais je peux t’assurer que rien n’est vrai ! » Colère et peine…entre les deux mon cœur balance.
Elle ne répond rien pendant de longues minutes. Elle se contente de me regarder. Puis elle sourit d’un air narquois : « Je le savais déjà ! »
Maintenant je suis perdue, mais quelque part rassurée parce que si Sara a bavé sur mon dos, ma fille ne l’a pas crût. Mais son regard me dit que quelque chose cloche avec ce décor.
« Elle me répète toujours à quel point tu m’aime peu importe la situation. Elle me dit toujours que je suis ce que tu as de plus précieux dans la vie quand je lui dis que j’ai l’impression que ton job est plus important que moi. Elle me pousse toujours à aller vers toi et à te dire ce que je ressens. » sa voix est lassée de peine, de colère et de dépit. Je ne sais pas quoi dire tellement je suis abasourdie par ce que j’entends.
« Mais t’as raison, elle se plante complètement ! Tu n’aimes rien ni personne d’autre que ta petite personne et ton stupide job. A chaque fois que j’essaye de te parler, ton job passe avant tout. Au moins Sara m’écoute peu importe quand je l’appelle… »
« Tu es dure avec moi Lindsey » je répond avec une voix noyée par mes larmes.
« Quelle importance, » dit elle sèchement. Puis elle se lève et s’en va.
« Reviens ici je n’en ai pas fini avec toi ! » je cri.
« Ouais, ben je n’ai rien de plus à te dire ! » elle cri en réponse.
« Très bien, dans ce cas sache que désormais, plus de téléphone, d’Internet… »
« Je le crois pas ! T’as pas le droit de me faire ça ! » elle est plus remontée que jamais.
« Oh mais crois le, j’en ai le droit. La vie est injuste mais elle est ainsi faite ! »
Son regard est intense et noir.
« Tu veux savoir ce qui est injuste? C’est injuste que tu te considères comme une mère alors que tu n’es pas fichue de me remarquer. C’est injuste que tu ais toujours du temps pour ton job mais jamais pour moi. Et quand tu as du temps tu préfère te tirer et t’envoyer en l’air avec tout les losers qui remplissent les conditions pour être ton petit ami du mois … »
SLAP...
Elle me regarde incrédule. L’ombre rouge de ma main commence à apparaître sur sa joue brûlante. Il n’y a pas une larme dans ses yeux, mais son regard change de surprise, à colère et ensuite…elle me fusille du regard.
Qu’est ce que j’ai fait ? Je viens de lever la main sur mon bébé…sa dernière remarque m’a achevée. J’ai ressentis tellement de douleur parce que quelque part c’est vrai. C’est comme si je n’étais plus maître de moi-même. Je l’ai giflée de toute ma force. Je regarde ma main et sens des picotements. Je place mon autre main sur ma bouche parce que je n’arrive pas à croire ce que je viens de faire.
« Ma chérie je… » J’essaie de la toucher mais elle recule. Je commence à pleurer.
« Je t’interdis de me toucher ! » elle me regarde avec mépris.
« Excuse moi… » ma voix se perd.
« Je. Te. Hais. » me dis elle les mâchoires serré et ses yeux me reflète à quel point c’est le cas. Elle se tourne et va dans sa chambre claquant la porte derrière elle.
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Ma tête tourne, je suffoque. C’est comme si une main géante était en train de m’écrabouiller le cœur. Je me laisse tomber par terre avec mon dos contre le canapé et puis tout devient flou. Tout ce don j’ai conscience c’est de mon corps tremblant comme une feuille et de mes sanglots.
Je ne sais pas combien de temps s’écoule, mais à un moment ma sœur est accroupie devant moi avec inquiétude et la peur dans les yeux. Elle me parle, je vois ses lèvres bouger mais aucun son ne semble en sortir. Je me contente de la regarder essayant désespérément de comprendre ce quelle me dit. Elle se lève et sort de mon champ de vision.
Quelques instants plus tard elle est de retour, suintant la panique. Elle me secoue violemment dans tous les sens. Le son de sa voix commence à pénétrer mon cerveau, et lentement je commence à analyser les mots qu’elle cri.
« ….Cath, qu’est ce qu’il s’est passée ? Où est Lindsey ? Qu’est ce qu’il se passé?! »
« On s’est disputé…elle est dans sa chambre… » je suis un peu hébétée, je ne comprend pas tout.
« Non elle n’y est pas ! Catherine je t’en prie concentre toi ! »
Quoi ???
« Elle a été dans sa chambre…qu’est ce que tu veux dire par ‘elle n’y est pas’?! » je commence à reprendre mes esprits.
Je me précipite vers la chambre de Lindsey, ouvre la porte et découvre une pièce vide, avec une fenêtre ouverte. Lindsey n’est pas là et son sac à dos manque à l’appel. Oh mon dieu, c’est un cauchemar. Je cours frénétiquement dans toutes les pièces de la maison, l’appelant désespérément.
« Elle n’est pas à l’intérieur Cath, j’ai vérifié. » m’informe Nancy.
« Non non non non….ce n’est pas possible. Oh mon dieu… je vous en prie tout mais pas ça…pas ça ! » je suis en train d’hyperventiler.
« Catherine calme toi et dis moi ce qu’il c’est passé ! »
« Je te l’ai dit on s’est battus…oh mon dieu tout est de ma faute, mon dieu… »
« Essayes de te calmer, ce n’est pas de ta faute… » réplique Nancy .
« Non tu ne comprends pas. C’est de ma faute, je l’ai giflé, et ensuite elle a dit qu’elle me haïssait et maintenant….elle s’est enfuie…oh mon dieu s’il lui arrive malheur… » je pleure. J’ai l’impression de me noyer doucement, toute ma vie vient de s’arrêter.
« Ok calmes toi, on va la retrouver. »
« Que je me calme ?! Tu ceux que je me calme ?! Ma fille est introuvable et tu veux que je me calme ?!! » je deviens hystérique.
« Oui j’ai besoin que tu te calmes et que tu réfléchisses aux endroits où elle pourrait être allée »
C’est un cauchemar. Si quoique ce soit lui arrive je n’y survivrai pas.
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Le temps passe au ralentit. On a appelé tous les amis de Lindsey pendant une demi heure – mais on aurait dit une éternité, et personne ne l’a vue. J’ai appelé Warrick pour lui expliquer la situation. Il est en chemin pour chez moi. J’ai appelé la police, et ils ne peuvent rien faire avant 24h. Je sais que c’est la procédure mais ça me frustre. N’importe quoi peut arriver en 24h.
Warrick est à mes côtés à présent et il essaye de me convaincre que je ne suis pas une mauvaise mère. Mais je rejette son réconfort, je n’ai besoins de rien sauf de ma fille.
Je pense à tous les endroits qu’elle aime et où elle pourrait être. La seule chose pour le moment qui m’empêche de craquer c’est qu’il fait encore jour. Las Vegas est beaucoup plus dangereuse la nuit et il nous reste encore 4h avant le coucher du Soleil.
On s’accorde pour se séparer dans nos recherches. Chacun prend une voiture et se dirige dans une zone précise. On décide de s’appeler toute les 15 minutes pour faire le point.
La seule raison pour laquelle je ne suis pas encore morte est que je m’accroche à l’idée qu’on va la retrouver sine et sauve.
Et puis une idée me vient à l’esprit : Sara.
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Chapitre 5 : Sara
Quelqu’un est en train d’essayer de défoncer ma porte en tambourinant dessus frénétiquement. Ok deux questions. Qui ça pourrait être ? Où est le feu ?
Je regarde à travers le judas et vois une Catherine plutôt contrariée de l’autre côté. Je ne suis vraiment pas chaude pour un second round avec elle. Mais son comportement est des plus suspicieux.
J’ouvre la porte et elle me pousse en s’invitant à l’intérieur.
« Mais je t’en prie fais comme chez toi ! » je lui dit d’un ton sarcastique. Non mais pour qui elle se prend ?
« Est-ce que Lindsey est ici ? Elle t’a appelé ? » elle parle si vite que j’ai du mal à la comprendre.
« Quoi ? Non. Qu’est ce qu’il se passe ? » Il y a quelque chose qui cloche vraiment. On dirait qu’elle est sur le point de s’effondrer, elle est pâle et fébrile. Il y a une telle panique et peur dans ces yeux, que je commence à m’angoisser.
« Elle s’est enfuie. On s’est disputé…je l’ai giflé et maintenant…maintenant…je… » elle commence à pleure et à trembler de manière incontrôlée. Je réagis en faisant la seule chose qui me vient à l’esprit. Je la prends dans mes bras la serre fort contre moi. Elle tremble plus violemment mais je ne la lâche pas.
« T’en fais pas, je te tiens » je lui murmure à l’oreille. Sa prise sur moi est tellement ferme que je peux à peine respirer, mais je ne fais rien pour améliorer ma position.
Il y a à peine quelques heures on se battait, et j’étais en pétard contre elle, et là je suis en train de la tenir pour lui éviter de perdre pied. La vie est tellement compliquée.
Ses tremblements se calment un peu alors je prend délicatement son visage dans entre mes mains et la force à me regarder.
« On va la retrouver je te le promets ! » elle à l’air complètement perdue. Et je ne vais pas m’aventurer à penser qu’on ne retrouvera peut être pas Linds, et encore moins au fait que Vegas est une ville dangereuse. J’ai besoin de croire que tout ira bien et je peux dire à la façon qu’elle a de me regarder qu’elle en a besoin aussi. « Voilà ce qu’on va faire, on va prendre ta voiture et on va la retrouver d’accord? »
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Voilà maintenant près de cinq heures qu’on roule. Warrick et Nancy l’appellent fréquemment. A chaque fois que son téléphone sonne il y a une lueur d’espoir dans ses yeux, mais cette lueur s’éteint aussitôt. J’essaye de garder mon calme mais je panique. Les pires scénarios s’enchaînent dans ma tête et le suivant est toujours pire que le précédent. Je ne suis pas croyante mais pour le coup je suis en train de prier n’importe quel dieu pour que Cake aille bien et qu’on la retrouve vite.
Il est 22h, la nuit est tombée et on n’a toujours rien. Catherine est tellement perdue qu’elle ne parle plus, elle ne fait que pleurer en silence. Elle a l’air d’avoir vieillit de 10 ans d’un seul coup, c’est comme si plus rien ne pouvais l’atteindre maintenant, comme si son cœur avait cessé de battre. Nous sommes chez elle et essayons de dresser un bilan des lieux où on est allé. Nancy a ramené son fils. Et après quelques instants Warrick et moi décidons de continuer nos recherches pendant que Catherine et Nancy restent ici au cas où Lindsey reviendrait.
JE conduis toute la nuit et reviens les mains vides.
Je retourne chez Catherine où Warrick m’a devancé. On ne l’a pas trouvé. Catherine est en état de choc et ne répond plus à personne. Elle n’est plus que l’ombre d’elle-même.
Peu importe ce qu’on vient à côtoyer dans notre métier, ce n’est pas la même chose quand ça frappe dans notre vie privée. Quelque part ça rend tout plus réaliste, plus horrible. Je veux dire, je n’ai jamais doutée de la réalité de toutes ces choses horrible auxquelles on fait face chaque jour. Mais si je peux être écoeurée et révoltée sur un affaire, là je suis complètement pétrifiée comme si le monde tournait à l’envers.
C’est comme se noyer. Tout va au ralentit, au super ralentit. On peut sentir nos poumons nous brûler par manque d’oxygène. On veut remonter à la surface mais notre cœur est si lourd qu’il nous entraîne dans les profondeurs. C’est une torture. Et c’est seulement ce que je ressens, je ne peux même pas imaginer ce que Catherine est en train de subir. C’est la seconde fois qu’elle perd sa fille à un détail près, cette fois ci Lindsey ne l’appellera pas à l’aide...
Je prend un café et repars. Je suis déjà repassé par chez moi cinq fois au cas où Cake serait sur mon pallier ou qu’elle aurait appelé. J’ai vérifié répondeur, e-mail. Rien. Chaque minute est insupportable.
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Ça fait 24h et on a toujours rien. Maintenant on a un peu d’aide de la police cela dit. On a cherché partout, dans tous les endroits auxquels on pouvait penser, interroger tous ses amis. Rien. Bon sang ce que c’est frustrant!!
J’ai envie de crier. J’ai envie de tout dévaster. Je suis tellement en colère après moi, je me sens responsable de ce qui arrive. Mais ce n’est pas le moment de m’apitoyer ou de me sentir coupable, Cake passe avant tout.
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Je gare ma voiture dans l’allée de Catherine. Nancy est assise sur le perron, un mug qui doit être plein de café dans les mains. Je m’assoie à ses côtés. Elle à l’air aussi perdue que Catherine. Je pense qu’elle à le rôle le plus dur. Elle doit veiller sur sa sœur qui est en train de mourir à petit feu, de se faire ronger par sa culpabilité et ses inquiétudes. Et peu importe à quel point elle le souhaite, il n’y a strictement rien qu’elle puisse faire pour alléger le poids que sa sœur porte. C’est ce qu’il y a de pire, d’être incapable d’apporter de l’aide. Ajoutez à ça le fait que l’atmosphère et le silence lourd de douleur sont insupportables, je l’admire pour ne pas avoir sombré dans la folie à l’heure qu’il est.
« Ça va ? » je lui demande en posant une main sur son dos.
« Non » c’était une question stupide je sais. D’un autre côté je ne sais pas quoi dire. ON se sent toutes les deux inutiles. Mais j’ai besoin d’un contact humain tout de suite, juste pour m’aider à ne pas penser au cauchemar que nous sommes en train de vivre.
Ses yeux sont fixés droit devant, mais son regard est vague.
« C’est donc toi son amie de la bibliothèque » dit elle « Elle t’aime beaucoup, elle a confiance en toi. » Je ne réponds rien alors elle poursuit « Tu as l’air surprise ? »
« Je pensais qu’elle ne l’avait dit à personne. » je lui réponds.
« A vrai dire ton nom lui a échappé un jour alors je lui ai demandé qui tu étais. Pour être tout à fait honnête j’étais prête à appeler les flics au début. Tu sais comment c’est. Un adulte qui fait ami ami avec une gamine de douze ans, c’est plutôt perturbant comme idée. »
« Ouai je sais. »
« Mais ensuite elle m’a dit que tu étais la ‘Sara’ qui travaillait avec Cath et…je ne sais pas trop, je pense que la manière dont elle parlait de toi à apaiser mes craintes. Tu semblais être celle dont elle avait besoin. »
« Pourquoi est ce que tu n’as rien dit à Catherine à ce propos ? » cette question m’intrique vraiment.
« Elle m’a demandé de ne rien dire. Et va savoir pourquoi mais mes tripes m’ont dit que je pouvais te faire confiance, Catherine te fait confiance…et puis tu ne faisais qu’aider Linds alors je n’ai pas vu de raison de trahir sa confiance. »
Je suis restée coincée dans la partie où elle dit que Catherine me fait confiance. Wow, tu parles d’une nouvelle ! Le silence retombe pendant un moment.
« Catherine ? » je lui demande. Parler de Cake nous demande beaucoup d’effort à toutes les deux. Alors il vaut mieux changer de sujet.
« Elle est assise sur son lit, les genoux remontés au niveau de sa poitrine, et elle fixe le mur. »
« Comment elle va ? »
« Elle… elle respire dirons nous. Mais elle est dans son monde. » elle me répond avec une pointe de tristesse.
« Elle doit être en train de traverser l’Enfer. Je sais que c’est ce que je fais, mais elle est dans le plus mauvais côté. »
Nancy me regarde en silence.
« Elle n’avait jamais giflé Lindsey avant. Elle n’a jamais été violente depuis ses disputes avec Eddie. Mais elle n’avait jamais touché Lindsey par une main violente avant. » sa voix est à peine un murmure.
« Je sais. »
« C’est un grand pas sur des terres interdites. Elle a franchit une limite et je suis sûre qu’en ce moment elle doit penser qu’elle est la pire forme de vie sur cette planète. C’est compréhensible. Quand tu vois ce que les gens sont capables de faire… je pense que ça l’affecte encore plus à cause de ce à quoi vous avez à faire tous les jours. »
« Ce n’est pas une mauvaise mère pour autant. Elle a commis une erreur, ça veut tout simplement dire qu’elle n’est pas infaillible. Et le prix qu’elle est en train de payer est largement suffisant pour empêcher ce genre d’incident de se reproduire. Elle préfèrera mourir que de commettre la même erreur et on le sait parce qu’elle n’est pas comme ça. »
C’est vrai, Catherine n’est pas comme mes parents. Ils trouvaient la violence divertissante, ils en avaient besoin pour se sentir entiers. Il n’y a pas eu une seule fois, pas un seul moment, ni même une minute où ils se sont dits que ce qu’ils faisaient était mal. Ils ont toujours considéré que la manière dont ils nous traitaient mes frères et moi était un droit des plus légitimes. Et c’est ce qui les différencie de Catherine. Elle sait qu’on n’a pas le droit de traiter les gens comme ça, encore moins des enfants.
« Tu devrais essayer de dormir un peu. Mourir de fatigue ne rendra service à personne. » me dit Nancy, coupant court à mes réflexions.
« Je ne sais pas si j’en suis capable. J’ai dû dormir cinq heures en presque quatre jours, mais pour être honnête, je ne pense pas que je pourrais fermer l’œil avant qu’on ait retrouvé Cake.
« Je comprend ce que tu veux dire » elle se lève et me regarde. « J’ai besoin de prendre l’air. Est-ce que tu peux rester avec Catherine un moment s’il te plait ? »
« Bien sûr. »
On s’engouffre dans la maison. Nancy nettoie son mug pendant que je me sers mon énième fix de caféine. Je pense que si je ne meurs pas de fatigue ce sera d’une overdose de caféine. Nancy soupire lourdement et se tourne vers moi avec ses yeux fatigués. « Tu sais je peux attendre le retour de Warrick si tu n’as pas envie de… »
« Hey, je t’ai dit qu’il n’y avait aucun problème. » je la coupe.
« C’est juste que…j’ai juste… vraiment besoin de prendre l’air pendant un petit moment. » sa voix se brise et elle tremble un peu. J’ai l’impression qu’elle s’apprête à pleurer. Je ne sais pas pourquoi mais je lui fis un câlin et elle me le rend. On resserre notre étreinte, je pense que nous en avons toutes les deux besoin pour rester encrées dans la réalité. Elle prend une grande inspiration et puis se désengage.
« Merci » elle me murmure en me regardant dans les yeux. Une once de chaleur est de retour dans son regard. « Je reviens dans une dizaine de minutes »
« Prends ton temps. Ne t’inquiètes pas, je suis là » elle me sourit faiblement puis me tourne le dos pour s’en aller.
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Je suis assise dans la cuisine. Je suis tellement perdue dans mes pensées que je n’entends pas Catherine arriver.
« Le café est bon ? » sa voix me fait sursauter.
« Pardon ? » je la regarde. On dirait un zombie, elle donne l’impression d’être sans vie.
« Je t’ai demandé si le café était à ton goût » Sa voix est froide et vide d’émotion. J’ai la sensation qu’elle essaye de percer des trous dans mon corps avec son regard. Son agressivité me prend par surprise, à tel point que je ne trouve pas d’autre chose à faire que de la regarder. Grossière erreur.
« Tu sais quoi ? On devrait prendre le thé pendant que ma fille est dieu sait où avec dieu sait qui. Je suis sûre qu’il me reste des petits biscuits quelque part ! » elle me crache ses mots avec amertume et un faux sourire.
« Catherine… » je commence.
« Ma fille est quelque part dans cette ville, on ne sait pas si elle est toujours vivante, ni même dans quel état. Et toi, tu sirotes ton café tranquillement ? Dis moi, avec tes supers talents d’investigatrice, tu n’as pas l’impression qu’il y a quelque chose qui cloche dans cette image? »
J’ouvre la bouche pour lui réponde mais elle continue « Elle te prétend son amie. Elle est perdue et toi qu’est ce que tu fais ? Tu prends un café. C’est génial, vraiment génial ! » elle m’applaudit « Bravo. Je t’admire. Non, sérieusement je donnerai tout pour avoir des amis comme toi. »
C’est injuste. Je sais qu’elle n’agit comme ça que parce qu’elle souffre profondément, parce que sa peine est tellement vive qu’elle a mal à chaque fois qu’elle respire. Quand bien même, ça fait mal. Et le fait que je l’aime ne fait qu’amplifier la douleur. Elle agit comme ça parce qu’elle veut que je lui réponde et qu’on se dispute.
C’est comme ça qu’elle gère ses émotions fortes. Elle décharge sa colère, sa peine ou ce qu’elle ressent, sur quelqu'un. Et c’est encore mieux si cette personne réplique, ça doit être pour ça que je suis sa cible préférée. Certaine personnes ont des ébats sexuelles sauvages, brutes, nous on se dispute avec la même passion. Je peux lui tenir tête n’importe quel autre jour, mais pas aujourd’hui. Je me lève et la fixe. Je serre les dents pour ne pas lui répondre, pour ne pas entrer dans son jeu.
« Quoi ? Tu n’as rien à dire ? C’est de ta faute si tout va de travers et tu ne trouves rien à dire. Tu ne bouges même pas le petit doigt. De tout le monde, t’es la dernière à te sentir concernée. Laisse moi rire. Ça, ça me laisse sans voix. » sa voix est pleine de mépris, de colère et de haine.
« Je ne vais pas jouer à ce petit jeu là avec toi aujourd’hui Catherine. » je dis à travers mes dents. La colère me brûle les veines, ne demandant qu’à sortir.
Elle rit sèchement. Son rit est creux et sans humour. « Tu crois qu’on joue ? Tu penses que c’est un jeu ? J’ai une info en exclusivité pour toi : ce n’est pas le cas. Parfois je me demande comment tu arrives à faire croire aux gens que tu es intelligente. T’es pathétique. »
C’en est assez, je n’ai pas à supporter ça. Je n’ai pas à l’écouter débiter des insultes et me réduire à une moins que rien. Il n’y a rien qui puisse justifier son attitude même pas la peine qu’elle éprouve, parce que c’est trop facile. J’ai déjà vécu ça avec mes parents et il est hors de question que je revive ça à nouveau. Je peux être son amie, je peux être l’oreille attentive à qui elle peut se confier, l’épaule solide sur laquelle elle peut pleurer, mais je refuse d’être le récepteur de son amertume. Je refuse de me battre avec elle aujourd’hui, c’est assez épuisant en temps normal, et là j’ai déjà assez de mal à tenir le coup pour en plus faire face à ça.
« C’est ça, sort d’ici. Fuit, après tout c’est encore ce que tu fais de mieux. »
Je peux sentir les larmes me brûler les yeux, je peux entendre la frustration dans sa voix. Elle veut que je réplique peut importe ce qu’il faudra pour ça. Alors elle pousse tous mes boutons, en attendant de trouver le plus sensible.
« Quelle ironie. L’histoire se répète. Tu n’a même pas été fichue de trouver un responsable pour la mort d’Eddie – et pourtant dieu sait que ce n’était pas une affaire d’une difficulté extrême, et maintenant tu ne vas même pas retrouver ma fille » elle marque une pause. Sa voix est meurtrière. Je continue ma progression vers la porte, mon corps est instable car mes jambes menacent de me laisser tomber.
« Au moins pour Eddie, tu avais la décence de faire semblant d’agir ! »
Voilà. Elle vient de trouver le bon bouton.
Je me retourne et me dirige vers elle d’un pas décidé. Je m’arrête à quelque centimètre d’elle. Je regarde droit dans ces yeux d’un bleu glacial et défiant. Les larmes coulent librement sur mes joues. J’ouvre la bouche une première fois mais la boule dans ma gorge retient ma voix prisonnière. Je tremble violemment. Pendant une demi seconde je peux voir la peine dans ses yeux. Elle ne m’a jamais fais si mal par le passé mais là elle m’a rabaissé plus bas que jamais sans la moindre pitié. Un rire amer m’échappe faisant écho au sien un peu plus tôt. Je m’approche de son visage qu’elle contemple ce à quoi elle m’a réduit.
« Va te faire foutre Catherine. Va. Te. Faire. Foutre. » ma voix est grave et pleine d’émotions. C’est comme si une immense tornade avait tout dévasté en moi, ne laissant rien que du vide. On se regarde silencieusement puis je fais demi tour pour m’en aller. Je suis presque à la porte quand sa voix résonne encore.
« Je te hais. » sa voix est serrée. Je fléchis un peu à ses mots. Elle ne fait jamais rien à moitié, elle a toujours besoin d’avoir le dernier mot. Ma main est sur la poignée, je ne daigne même pas me retourner. A quoi bon ? En ce qui me concerne il n’y a plus rien à dire. Il ne reste plus rien puisqu’elle vient de tout saccager – non pas qu’il n’ y ait jamais eu beaucoup, à par un plaisir malsain. La douleur que je ressens est aussi physique qu’émotionnelle. Je ne suis plus qu’un amas douloureux de chaire et d’os.
« Ce sont les derniers mots qu’elle m’a adressé... » je m’arrête en plein mouvement. Cette femme a le don de jouer avec moi. « Je te hais. Je revois encore son regard et j’entends sa voix. Elle ne les a pas crié. Sa voix était nouée de colère et ensuite elle m’a juste craché ces mots à la figure. Je te hais. »
Je ne me retourne toujours pas. Pour être honnête je ne sais pas quoi faire. C’est comme si j’étais paralysée.
« Je me demande ce qui est le pire. Le fait qu’elle m’ait dit qu’elle me haïssait ou de savoir que le dernier souvenir de moi qu’elle ait c’est cette gifle que je lui ai donnée ? »
Je ferme les yeux. Je peux sentir la pièce tourner lentement. J’étouffe. L’air est lourd, plein de remords, de souffrance et de désespoir. C’est comme un champ de bataille constitué d’un chaos d’émotions.
Il n’y a rien. Plus un mot, plus un son, plus un battement. Rien sauf le silence assourdissant.
Puis j’entends un impact. Puis un autre, suivi d’un autre. Et il y a des cris de rage; je me retourne à temps pour voir Catherine en train de détruire tout ce qui lui tombe sous la main. Elle pleure, crie et détruit. J’ai l’impression de me voir quelques années plus tôt. Soudain elle s’arrête. Elle se tient la têtes entre les mains et elle commence à pleurer plus intensément, ses sanglots sont fait d’une telle violence et d'agonie. Puis elle me regarde.
« Retiens moi, je t’en prie…s’il te plait….je t’en prie » elle me supplie, sa voix est désespérée, étranglée par ses larmes, un murmure à peine audible.
Je me précipite vers elle alors qu’elle tombe lentement. Je l’intercepte et nous atterrissons gentiment au sol. « Là je te tiens…laisse toi aller…je te tiens… » je lui chuchote à l’oreiller sans interruption pendant qu’elle pleure toutes les larmes de son corps dans des sanglots à déchirer le cœur.
Les vieilles habitudes sont mon fléau. Cette femme vient de me traiter comme mes parents le faisaient, comme si je n’étais pas digne de respect deux fois en moins de 24h. Cependant elle n’a eu qu’à dire un mot et je me suis précipitée à ses côtés. Et pour couronner le tout, en dépit de tout ce qu’elle vient de me faire subir j’ai envie de la protéger et de lui apporter autant de réconfort que je peux.
L’Amour est un salaud fini.
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Chapitre 6 : Catherine
Ma sœur est restée avec moi pendant des heures. Elle a essayé de me réconforter, de m’assurer que tout irait bien à nouveau. Sara et Warrick ont cherché Lindsey. C’était comme une danse étrange, ils partaient pendants des heures, puis revenaient ici pour prendre un fix de café et ensuite ils repartaient. C’était la même scène sans fin comme si on était coincés dans une boucle temporelle.
Nancy voulait que je me repose et m’a mise au lit. Mais je ne pouvais pas dormir. Ai au lieu de ça je me suis assise, recroquevillée et j’ai fixé le mur. J’ai revécu ma dispute avec Lindsey encore et encore, et à chaque fois c’était une torture. Ensuite je me suis levée parce que je ne pouvais plus le supporter, sa voix et son regard me hantaient.
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J’avais besoin d’un café alors je suis allée dans la cuisine et elle était là... Sara.
Elle avait le regard fixé dans le vide et elle ne faisait rien. Je voulais qu’elle me prenne dans ses bras comme elle l’avait fait dans les vestiaires. J’avais besoin de me sentir en sécurité et qu’on me réconforte.
Mais ensuite je m’en voulais parce que je ne méritait ni sécurité, ni réconfort. J’en voulais à Sara parce que c'était à cause d’elle que Lindsey et moi nous étions disputés. Je lui en voulais parce qu’elle ne faisait rien sauf boire un café.
J’avais besoin d’un exutoire. En temps normal j’irai chez mon petit ami du moment et on s’enverrait en l’air de manière agressive ou alors j’irai à la recherche de quelqu'un avec qui me disputer. La plupart du temps, j’évacue ma colère sur Sara, parce qu’elle est simplement aussi opiniâtre que moi.
Elle avait l’air fatiguée. Je savais de par Greg qu’ils avaient dû enchaîner 3 services. Et vu les évènements, entre notre dispute et Lindsay, j’étais sûre qu’elle n’avait pratiquement pas dormi depuis. Elle avait des poches sous les yeux, ses traits étaient fatigués et empreints d’inquiétude. Elle paraissait avoir pris dix ans d’un coup.
La douleur était en train de me ronger de l’intérieur alors j’ai commencé à la lyncher avec mes mots. Elle ne m’a pas répondue au début, au lieu de ça elle m’a fixé du regard. Je lui ai pourtant facilité la tâche en lui tendant le bâton pour me battre, mais elle m’a ignoré.
Puis elle s’est levée, la mâchoire tellement serrée que j’ai cru qu’elle exploserait sous la pression. Elle s’est adressée à moi pour me donner une porte de sortie. Elle m’a offert une trêve tant qu’il en était encore temps , tant que c'était encore possible. Je ne voulais pas d’une issue. Je voulais que ‘Sara la forte tête’ sorte pour jouer, je voulais qu’elle réponde à mes attaques.
Et je lui ai fait savoir tout de suite. Elle a commencé à s’enfuir et moi, j’ai continué à presser ses boutons. Je n’en avais rien à faire si je devais m’abaisser plus bas que terre au point de me dégoûter moi-même, je voulais une dispute. Je n’avais plus rien à faire, à perdre, de toutes les façons. La seule raison pour laquelle je vis était partie alors quel intérêt ?
Alors j’ai frappé là où je savais que ça ferait tellement mal qu’elle s’étoufferait de douleur. Le fait est que nous avons toutes les deux le même talon d’Achille : Eddie. Je pense que tous les commentaires blessants que j’ai pût lui faire celui-ci était et restera le pire ‘Au moins pour Eddie tu avais la décence de faire semblant d’agir.’
Un quart de seconde plus tard elle me faisait face, une colère indescriptible dans les yeux, les larmes ruisselantes sur son visage. La résignation était peinte sur son visage et pour le dernière fois elle m’a rejetée. ‘Va te faire foutre Catherine. Va. Te. Faire. Foutre.’ Elle m’a regardée intensément pendant de longues minutes comme si elle voulait que je réalise ce que j’étais sur le point de perdre et puis elle s’est dirigée vers la porte.
Je brûlais de l’intérieur, mon sang était pareil à de l’acide. Et si c’était possible j’avais la sensation que quelqu'un m’arrachait le cœur de la poitrine pour la seconde fois. C’est à ce moment que j’ai compris que je ne voulais pas la perdre. Pourquoi ? Je ne saurais le dire, mais ce sentiment m’a prise aux tripes. Alors j’ai tombé l’armure et le masque de reine froide des garces avant qu’elle ne sorte de ma vie pour de bon.
Elle s’est arrêtée devant la porte pendant que j’essayais de suffoquer dans les derniers souvenirs de Lindsey. Mais elle ne bougeait pas, elle était immobile comme une statue de pierre, je ne savais pas si elle m’avait entendu ou pas. Alors j’ai commencé à tout envoyer en l’air. J’ai balancé son mug par terre, puis j’ai pris une chaise et l’ai balancée sur le comptoir détruisant tout ce qui s’y trouvait. Et ensuite j’ai envoyé valser la table. Je pleurais tellement que je n’arrivais plus à respirer.
Elle était toujours enracinée près de la porte mais cette fois elle me regardait. J’étais sur le point de littéralement m’effondrer quand je lui ai demandé ce que j’attendais désespérément. Je l’ai suppliée de me prendre dans ses bras. Quelques secondes plus tard elle m’enlaçait de ses bras forts.
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Dans les bras de Sara, c’est toujours là que je me trouve. Je sanglote et m’agrippe à elle aussi fort que je peux. Je suis sûre que c’est douloureux mais elle ne se plaint pas.
Je suis surprise qu’elle soit encore là, après tout ce que je lui ai fait subir. Et malgré tout elle n’a pas hésité à me prendre dans ses bras m’offrant le support dont j’avais besoin.
Tout se passe comme dans un rêve, tout est flou. Le monde a disparu dès le moment où Sara a passé ses bras autour de moi. Pleurer m’a étourdie, à tel point que j’ai l’impression de planer. Je ne sens rien d’autre que les bras de Sara et la chaleur de son étreinte. Soudain j’ai très froid et je ne peux pas m’empêcher de trembler.
Je sens Sara relâcher son étreinte. Mes tremblements redoublent, j’essaye désespérément de m’accrocher à elle. J’ai tellement peur qu’elle me planter là après tout. Je ne veux pas qu’elle m’abandonne. Elle essaye de bouger à nouveau. « Non ! » je m’exclame avec panique.
« Tout va bien, je suis là » me dit elle avec une voix douce. Mais ma peur prend le dessus et je ne peux arrêter mes tremblements.
« Ne me quitte pas s’il te plait... » je la supplie.
« Je n’en ai pas l’intention. Mais tu as besoin de te reposer. » Elle s’arrête en pensant que je vais protester. Mais je me contente de d’acquiescer. Elle se dresse sur ses genoux et me prend dans ses bras comme si j’étais une enfant. « Allez, je vais te mettre au lit. »
Elle me soulève avec tant d’aisance que j’ai l’impression d’être aussi légère qu’une plume. J’attache mes bras fermement autour de son coup et la laisse me porter jusqu’à ma chambre.
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Elle me pose délicatement sur mon lit et commence à partir mais je garde mes bras autour de son cou. Je ne suis pas prête à la laisser partir, je ne veux pas qu’elle s’en aille. Je ne veux pas qu’elle m’abandonne. J’ai besoin d’elle !
« Restes avec moi, je t’en prie » je murmure timidement.
« D’accord. »
Je me place au milieu du lit pour lui faire un peu de place. A peine est elle allongée que je reprends ma position dans ses bras. Elle place ses bras autour de moi et me rapproche d’elle. Je me sens en sécurité, mon corps tremble toujours un peu mais pas autant qu’avant. C’est tellement bon de se trouver là. Je me sens vulnérable mais forte, faible mais invincible. Je me sens aimée.
L’écho des battements de son cœur me berce. Je pense que je suis accro à cet endroit, dans ses bras et près de son cœur. « Sara je… » je veux lui dire que je suis désolée, que je ne pensais pas ces choses horribles ! Mais ma voix m’a abandonnée.
« Ce n’est rien, tout va bien » elle répond d’une voix calme. C’est un mensonge, ce n’est pas rien. Elle me regarde de ses grands yeux marrons, il y a de la peine dedans mais elle est vite couverte par de l’inquiétude. « Essaies de te reposer ok ? »
« Ok. » je me sens misérable. Mais je sens ses bras me serrer contre elle « Merci » je sens une nouvelle vague de larmes prête à couler.
« De rien » elle me baise le front.
« Ne me laisse pas, s’il te plaît, ne me laisse pas... » des larmes coulent silencieusement sur mon visage.
« Ne t’en fais pas, je ne vais nulle part. »
Je me laisse aller dans ses bras et écoute le rythme régulier de son cœur avant de sombrer dans un sommeil agité.
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Chapitre 7 : Sara
Elle s’est endormie dans mes bras. Quant à moi je n’y arrive pas. Je n’arrête pas de penser à notre dispute, à ce qu’elle m’a dit. Ses mots n’ont de cesse de me torturer. Je ne pense pas que je pourrais me remettre d’une autre dispute de ce genre. Mon esprit est un vrai champ de bataille, ses mots m’ont tellement fait mal que tout mon mécanisme de défense s’est enraillé. Ce commentaire sur l’affaire d’Eddie m’a touché droit au cœur, redonnant vie à mes démons et mes peurs. Je ne sais même pas si j’arriverai à me remettre de notre dispute et aller de l’avant. Le fais est que je sens encore ses mots me brûler la poitrine. C’est pour cela que je ne peux pas me détendre dans cette étreinte. Je ne me sens pas du tout en sécurité, bien au contraire j’ai l’impression d’être prise au piège.
Je pense qu’elle dort profondément, car elle semble avoir lâcher prise. Je quitte le lit en prenant soin de ne pas la réveiller, sortent de la chambre en fermant la porte derrière moi.
Je retourne dans la cuisine pour nettoyer le chantier. Je trouve Nancy plantée là, contemplant la pièce sans dessus dessous. Elle est revenue lorsque Catherine et moi étions par terre. Elle a simplement jeté un coup d’œil à la scène puis elle m’a regardée avant de repartir.
« Quelle sont les pertes ? » je demande gravement.
Elle se tourne vers moi puis soupire « Neufs morts : 2 mugs, 3 assiettes, 4 verres. Les chaises et la table sont en état de choc pour le moment mais je pense qu’elles s’en sortiront. » elle répond platement avec un petit sourire en coin.
C’est étrange. Je l’ai rencontrée il y a à peine 2 jours et on s’entend comme de vieilles amies. Quand je pense que ça fait 5 ans que je connais Catherine, et pourtant elle et moi on n’a jamais eu ce genre de connexion, facile, c’est étrange.
Nancy ressemble à Catherine, à quelques détaille près. Elle est un peu plus jeune et elle a les yeux verts. Mais il y a une certaine grâce dans chacun de ses mouvements tout comme Catherine, et elle est tout aussi belle.
Je ricane doucement : « Bon, nettoyons tout ça. »
Je me rapproche d’elle et on commence à ramasser les débris de verre.
« Je t’admire » sa voix résonne. Je me retourne et elle me regarde comme si de rien n’était.
« Pardon ? » bon sang je suis tellement épuisée que j’ai des hallucinations auditives.
« J’ai dit : je t’admire » elle se répète avec autant de sérieux que la première fois. Dire que je suis surprise serait un euphémisme. Je la regarde comme si elle avait une case en moins. « Ne me regarde pas comme ça, je ne suis pas folle ! » s’exclame elle « Tu n’es pas habituées aux compliments n’est ce pas ? » Je ne répond pas alors elle soupire. « Écoutes, je sais comment est ma sœur, comment elle peut être… pour évacuer ses émotions. »
Je ne sais pas quoi dire. Elle pose son regard sur ma main avant de me regarder dans les yeux à nouveau. « Elle m’a dit pour vos précédente dispute » elle marque un pause « Elle m’a raconté la dernière. » dit elle, les yeux rivés sur ma mains.
Je passe mon pouce sur mes articulations meurtries où il y a un peu de sang séché. « Ce n’était pas à cause de la dispute » je réponds.
« Vraiment ? » me demande elle de façon purement rhétorique. « Quoiqu’il en soit, je sais qu’elle n’arrive pas à gérer les émotions fortes. J’ai du mal à lui tenir tête quand elle est comme ça et pourtant je suis sa sœur. Un coup d’œil à cette cuisine et je savais que ça a dû être une sacrée dispute ! »
Elle est perspicace, je lui accorde ça. C’est bizarre, il y a un lien silencieux entre nous. Elle en dit peu et pourtant on sait toutes les deux qu’elle en sait et comprend beaucoup plus. On communique surtout à travers nos regards, c’est vraiment étrange d’avoir ce genre de connexion.
« Et pourtant, tu la tenais dans tes bras. Et tu es toujours là... » Sa voix met fin à mes réflexions. « Tu avais toutes les raisons de partir mais tu es là. Alors oui, je t’admire. Honnêtement tu dois être exceptionnelle pour qu’elle se laisse aller comme ça, et pour lui faire face quand elle est comme ça.»
« Je ne sais pas si je le suis vraiment, mais merci » je réponds timidement.
« Pas la peine de me remercier je ne fais qu’énoncer la vérité. » réplique elle , je rougis un peu et lui souris.
Un ange passe.
« Comment vas-tu ? » me demande elle
« En théorie je suis toujours en vie…en pratique c’est une autre histoire. Et toi ? »
Elle réfléchit pendant un moment « Même chose, à ce détail près que j’ai l’impression de devenir folle. »
La cuisine est en ordre. C’est comme si rien ne s’était passé, quelques articles de vaisselle en moins. Le silence retombe à nouveau.
« On a de la chance, elle a épargné la cafetière ! » déclare Nancy .
« Un peu de tendresse dans ce monde cruel » Je blague à mon tour. Ça fait du bien de ne pas penser au cauchemar que nous sommes en train de vivre pendant quelques instants. Je sens le regard persistant de Nancy sur moi.
« Je ne plaisantais pas quand je disais que tu as besoin de sommeil. T’as une mine atroce. »
« Je sais, t’as raison. » je me retourne et commence à partir.
« Où est ce que tu vas ? »
« Ben…chez moi, pour dormir un peu. » je répond incertaine.
« Je ne penses pas non ! » je la regarde avec confusion. Elle soupire lourdement « Il est hors de question que je te laisse conduire dans cet état. Tu es bien trop fatiguée pour ça. On ne peut pas se permettre de perdre quelqu'un d’autre. » Elle prend la mouche « Il y a assez de place ici et s’il faut que je t’enchaîne pour te garder en sécurité, je le ferai. » Elle ne plaisante pas, ça ce voit. De toute façon elle a raison, conduire maintenant serait un suicide.
« Ce ne sera pas nécessaire. Je vais me poser sur le canapé »
« Bonne décision. » elle répond soulagée.
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On décide de prendre un verre de lait avant de dormir. On est toutes les deux sur le canapé, assises côtes à côtes.
« Comment va ton fils ? » je demande rompant le silence.
« Il est chez un ami pour le moment. Il est inquiet mais je pense que ça va. » Encore une fois aucune d’entre nous ne parle. « Tu penses qu’on va la retrouver sains et sauve ? » me demande elle d’une voix fébrile.
« Non » je dis fermement. Elle se tourne vers moi soudainement, les larmes aux coins des yeux. « Je le sais ! » je lui dit. « et j’ai besoins de m’accrocher à ce sentiment sinon il n’y a plus d’intérêt à continuer de respirer » elle acquiesce d’un mouvement de tête et m’étreint, je la serre contre moi en retour.
Elle pleure un peu sur mon épaule, alors je la serre plus fort, pour lui faire savoir que tout va bien et qu’elle peut se laisser aller. Elle prend un peu de recul, me regarde. Je sens bien qu’elle veut me demander quelque chose mais elle hésite.
« Je ne voudrais pas abuser mais est ce que ce serait… » elle s’interrompt et secoue la tête « laisse tomber, je suis idiote. » elle rit nerveusement.
« Non, dis moi. » je l’encourage, elle peut me faire confiance « Je te l’ai dit. Je suis là. »
Elle me regarde intensément pour savoir si elle peut me faire confiance puis elle me sourit tendrement. « Maintenant je comprend Lindsey. T’es vraiment quelqu’un de bien. »
« Tu n’es pas à plaindre sur ce point. » je réplique. Elle soupire et se lance à nouveau.
« Comme je le disais, je ne voudrais pas dépasser les bornes mais…est ce que je peux rester ave toi cette nuit ? Sur le canapé, je veux dire…ce que je veux dire…et zut…je comprends si tu ne veux pas…c’est juste que…oublies, je te l’ai dit c’est débile. » elle finit par abandonnée, frustrée de sa bataille avec les mots.
« Bien sûr que tu peux. » je réponds simplement, elle me regarde avec surprise. J’admets que les premières secondes, sa requête m’a prise à contre-pied, mais je comprends tout à fait pourquoi elle l’a formulée. Quand tout va mal le besoin d'un contact humain devient plus fort. A l’heure actuelle la situation est chaotique, et je suis désespérément à la recherche d’un contact physique, plus que jamais. Parce que la chaleur d’un autre corps, le son des battements d’un autre cœur me rappelle que je suis en vie et que je suis toujours en mesure de ressentir quelque chose. Je suppose que Nancy ressent la même chose. C’est aussi simple que ça, c’est un besoin de rester ancrées dans la réalité, de se rassurer parce qu’il y a toujours de l’espoir.
« C’est vrai ? Je veux dire, t’en es sûre ? »
« Tout à fait » je me déchausse et lui ouvre mes bras « Viens là. » lui dis je avec un sourire rassurant.
On ajuste nos positions. Elle est allongée dans l’espace de mes bras. Il n’y a pas beaucoup de place alors elle est entièrement au dessus de moi. Habituellement je me sentirai gênée par cette promiscuité, sachant qu’on se connaît à peine. Mais là, je me sens à ma place, je me sens bien.
« Merci » elle chuchote.
« Pas de problème, pour être franche je suis contente que tu ais demandé parce que j’avais besoin de ça aussi. » je lui avoue.
« Merci quand même. » elle me serre un peu.
« Tout le plaisir est pour moi. » je l’embrasse sur le front et m’endors en quelques secondes.
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Je me réveil au son insupportable de mon pager. Ma tête me fait affreusement mal. J’ai du mal à resituer où je suis et avec qui, mais tout me revient assez vite. Nancy est toujours endormie dans mes bras. Nous n’avons pas bougés pendant notre sommeil. Mon portable sonne, fichue technologie !
J’ai peur que Nancy se réveille mais elle ne bouge pas un muscle. Je veux me lever pour la laisser dormir, mais tout comme sa sœur elle me retient fermement. Si je suis honnête avec moi-même, j’aime être là, c’est confortable.
« Sidle » Je chuchote.
« Sara c’est Grissom. »
« Hey. »
« Je…j’appelais juste pour savoir comment tu allais. »
« Bien je suppose. »
« Tu en es sûre ? »
« Je ne sais pas, laisse moi réfléchir, l’une de mes amies les plus proches est introuvable donc non je ne vais pas bien mais je suis en vie alors je suppose que je vais bien après tout. » je suis prête à parier que ce que je dis n’a aucun sens.
« Désolé, je ne voulais pas être pressant. » il a l’air coupable et blessé.
« Non, c’est moi qui suis désolée, je n’aurais pas dû m’emporter »
« Ce n’est rien. » me répond-t-il « Comment va Catherine ? »
« Mal » il n’y a rien d’autre à dire.
« Transmet lui mon affection et mon soutien. »
« Je n’y manquerais pas. »
« Écoutes, je voulais juste que tu saches que tu n’as pas à t’en faire pour le boulot, tu as beaucoup de jours de congés à prendre. Et surtout, si tu as besoin de quoique ce soit à n’importe quel moment, je suis là. »
« Merci beaucoup. » Je réponds. Pour moi Grissom est comme l’homme de fer dans le Magicien d’Oz, après tout ce temps il a trouvé un cœur.
« Je t’en prie. Prends soin de toi. » me dit il sincèrement.
« Toi aussi. Je t’appelle au besoin. » Même si je ne le vois pas je sais qu’il sourit à ses mots.
« Bien sûr. Pas de problème. Désolé mais je dois y aller, tiens moi au courant de l’évolution des choses. »
« Compte sur moi. » je lui dis avant de raccrocher.
Grissom et moi arborons une toute nouvelle relation. Plus intense que la précédente, plus détendue, plus…tout. Fini les situations tendues, les mots méchants ou les guerres de sentiments. Parfois il nous arrive même de flirter pour s’amuser. C’est un amour intellectuel partagé. Je suis heureuse comme ça, et je pense que Grissom aussi.
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Je retourne mon attention sur Nancy qui n’a toujours pas bougé d’un millimètre. J’essaye de me rendormir mais en vain. Si Nancy décide de me relâcher dans un futur proche je me prendrait bien un petit café.
« Quelle heure est il ? » sa voix est pleine de sommeil. Elle m’a surprise, je pensais qu’elle dormait profondément. Mon cœur bât la chamade, elle le remarque et rit doucement « je ne voulais pas t’effrayer, pardon. »
« Ce n’est rien. » J’ai juste failli avoir une attaque, j’ajoute mentalement. « Il est 3 heures du matin. » Wouaw, on a réussi à dormir quatre heures d’affilées.
« Tu dois aller bosser ? »
« Non, pourquoi cette question ? »
« A chaque fois que Catherine a reçu un coup de fil au milieu de la nuit, elle a dû se rendre au travail. »
« Je vois. » je souris. « Cette fois ci Grissom m’a appelé pour me dire que ce n’était pas grave si je ne venais pas. »
« Ça ne te pose pas de problème ? » je vois que ma réputation m’a précédée.
« Pas du tout. De toute façon, ce n’était pas une option. Je ne pourrais pas me concentrer sur quoique ce soit alors que Cake est dans la nature. » si elle a remarqué l’utilisation du surnom de Lindsey, elle ne le relève pas et j’en suis reconnaissante.
« Tu as bien dormi ? » je demande après un long silence.
« Oui merci et c’est grâce à toi. »
« Vraiment ? » Je ne peux m’empêcher de me sentir pleine d’orgueil.
« Vraiment. Ne vas pas prendre la grosse tête cela dit. » réplique elle, et je ne peux m’empêcher de rire.
« Moi aussi j’ai bien dormi si ça peut te rassurer. » je réalise à ce moment qu’aucune de nous n’a bougé. Mais cette étreinte est tellement bien que je ne suis pas pressée d’en sortir.
« Tu sais, tu mérites un 12. » dit elle de manière anodine. Cette femme a l’art de me rendre confuse.
« Quoi ? Mais de quoi est ce que tu parles ? » je lui demande.
« Oreiller humain. Sur une échelle de 1 à 10, je te donnerai un 12. » me répond elle comme si c’était la chose la plus logique qui sois .
Je ne sais pas trop si je dois être honorée ou juste confuse. Mais je décide de la suivre dans son jeu : « Comment ça se fait ? »
« Eh bien, tu es douce, tu ne ronfle pas – ou seulement un peu, tu ne baves pas, tu es confortable et tu ne t’agite pas quand tu dors » énumère elle
« Et j’ai obtenu 12 pour ça ? »
« Non, en fait ça t’a valu un 10, mais t’as eu droit à 2 points bonus » elle rit.
« Ah bon ? » je suis vraiment intriguée maintenant.
« Absolument. Il y a ce truc chez toi, ce truc que tu dégages, je ne sais pas….un sentiment de sécurité, de tendresse et confiance….et tellement d’énergie positive…c’est comme si toutes émanaient de toi…comme une aura…et ça me donne tellement de force que j’ai l’impression que je pourrais soutenir le monde à bout de bras. C’est comme tes câlins. Tu donnes de bons – qu’est ce qu je dis, les meilleurs câlins. » elle marque une pause. « J’envie ton amant, ouaip, ton amant à de la chance. »
Wouaw, je suis touchée, c’est le moins qu’on puisse dire. Personne ne m’a jamais dit ce genre de chose auparavant. C’est très rassurant de savoir que même moi, je peux donner de la chaleur humaine.
« Je n’en ai pas en ce moment » je lui avoue.
« Dommage. Tous ces câlins qui ne seront pas donnés, quel gâchis ! » je ris doucement à sa remarque. Elle soupire puis ajoute « Dommage que je préfère les hommes, sinon j’aurais posé ma candidature pour le poste. »
« T’as raison, c’est dommage. » on se met à rire toutes les deux.
C’est drôle parce qu’on pourrait croire qu’elle et moi sommes amantes. Notre étreinte est intime et il y a cette connexion entre nous, cette promiscuité qu’on ne peut avoir qu’avec son amant. Les mots ne sont pas nécessaires pour qu’on se comprenne.
« J’étais sérieuse tu sais. Tu donnes un sentiment de sécurité et c’est quelque chose, parce que tout le monde recherche ce sentiment. » dit elle tout en se lovant contre moi. Nous restons en silence pendant longtemps.
« Je suis honorée d’être un si bon oreiller humain et de donner d’excellents câlins. » je réponds en essayant d’être aussi sérieuse que possible. Elle rit doucement avant de prendre un grande inspiration pour se calmer.
« Tu sais, j’aurais bien besoin d’un câlin tout de suite, un câlin spécial pour affronter cette journée » dit elle sérieusement. Je ne lui répond pas et me contente seulement de la serrer fort contre moi. On reste dans cette position pendant un long moment pour cristalliser cet instant, preuve qu’on est toujours en vie.
« En tout cas je suis contente d’avoir partager le canapé avec toi, ce fut un plaisir. » elle rompt le silence.
« Tout le plaisir était pour moi. » je soupir. « Je ne serais pas contre un café. »
« Bonne idée »
On se désengage l’une de l’autre, direction : la cuisine.
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On est dans la cuisine attendant que le café se prépare. Je suis accoudée à la table de travail, elle est assise sur une chaise.
« Je pense que je suis accro » elle dit pensivement. J’ai cessé d’essayer de suivre ses raisonnements depuis un petit moment. Je me contente de la fixer, attendant qu’elle clarifie sa remarque. « Tes câlins, je suis accro à tes câlins. Je pense que j’ai un problème. » elle songe, je rougis en réponse et me concentre.
« Il y a une solution pour chaque problème. On peut trouver un compromis. » elle me regarde avec curiosité. Je continue « Mes câlins sont gratuits, tout ce que tu as à faire c’est d’en demander quand tu sens que tu en as besoin. » je lui dis avec un haussement d’épaules.
« Et qu’est ce que tu y gagnes en retour ? » me demande-t-elle suspicieuse.
« Un contact humain » je réponds simplement. « Et ton sourire » j’ajoute et elle rougit, pas trop tôt.
« Donc si je comprend bien., ce que tu es en train de ma dire, tout ce que j’ai à faire c’est de te dire que j’ai besoin d’un câlin pour que tu vienne m’en faire un ? Peu importe quand j’en ai envie ou besoin ? »
« En gros oui »
« Pourquoi ? »
« Je viens juste de te la dire. » je lui répond. Elle me scrute attentivement.
« Pourquoi ? » Elle répète. Elle a ce regard façon ‘Catherine’ qui dit ‘je sais qu’il y a plus’. Je soupir.
« Disons juste que j’ai passé une grande partie de ma vie avec très peu de marques d’affection. C’est ma façon de corriger cet oubli. » je marque une pause. « Je ne suis pas née dans un berceau d’amour, » je souris nerveusement. Elle me regarde silencieusement, je sais qu’elle essaye de saisir le sens de mes mots. Elle se lève et me fait face. Elle me tend son petit doigt.
« On a un deal dans ce cas. »
« Deal. » je réponds et on glousse un peu.
Une fois le café près on se sert chacune un mug que l’on boit dans un silence confortable. Ça m’épate à quel point je peux être proche d’une personne que je connais à peine. Ce qui me surprend le plus c’est que je lui fais totalement confiance, je ne ressens pas le besoin de me cacher. Et cette intimité avec elle ne me dérange pas. Pendant un moment je me demande si c’est ainsi que ma relation avec Catherine aurait été si on s’entendait bien.
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Il est 4h du matin passé. C’est le moment de faire face à la réalité.
« Je vais rentrer chez moi pour me changer puis j’irais revoir les amis de Lindsey à nouveau, ensuite je ferais le tour de la ville. » j’annonce à Nancy en nettoyant mon mug.
« Ok. » Elle répond. Je sais qu’elle est un peu réticente à l’idée de rester ici toute la journée. C’est n’est pas qu’elle ne veuille pas être avec Catherine, c’est juste que l’atmosphère est insupportable.
Je retourne dans le salon et remet mes chaussures, puis je retourne dans la cuisine. « Je vais jeter un œil sur Catherine ensuite j’y vais. » je dis à Nancy.
J’ouvre la porte de la chambre, Catherine semble toujours endormie. J’entre et m’approche d’elle, je lui caresse le visage puis lui baise le front. Je ne sais pas vraiment ce qui me pousse à faire ça. Non en fait je sais, mais je n’ai pas envie d’y penser pour le moment. Je lui jette un dernier regard et sort de la chambre silencieusement.
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Nancy est sur le canapé quand je reviens. Elle se lève et m’accompagne à la porte.
« A plus tard. » dit elle.
« Ok. » j’ouvre la porte et commence à partir.
« Sara, » elle m’appelle. Je me tourne pour le regarder. Elle me fixe puis me prend dans ses bras brièvement en murmurant « Je veux que tu saches que mes câlins aussi sont gratuits. » me dit elle en souriant.
Je suis touchée par sa gentillesse.
« Merci » je lui souris en retour puis j’y vais.
Je pense qu’on vient juste de créer un lien solide. Un lien qui survivra à la situation actuelle. Un lien qui sera la base d’une solide amitié. Je pense que je ne m’arrêterai pas de m’étonner de la facilité avec laquelle ce lien s’est créé.
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Chapitre 8 : Catherine
Je me suis réveillée avec la tête lourde et les yeux en feu. Il y avait un éléphant qui dansait la polka dans mon crâne. Je n’avais aucun souvenir d’avoir bu donc je ne comprenais pas la raison de mon état. Puis tous mes souvenirs sont revenus en masse. Je me suis souvenue m’être disputées avec Sara. Je me suis rappelé perdre mon sang froid et détruire la cuisine. Je me suis souvenus avoir pleurer dans les bras de Sara, quelle m’a portée jusqu’à mon lit, puis je me suis endormie sur ses épaules.
J’ai fait un tour d’horizon, mais il n’y avait que moi dans la chambre. On m’avait abandonnée. Sara m’avait abandonnée...
En repensant à toutes ces choses que je lui avais dites, ce n’était pas étonnant qu’elle m’ait laissé tomber. Ça m’a énervé, elle avait dit qu’elle ne me quitterait pas et pourtant elle l’avait fait. Pourtant elle a pour habitude de toujours tenir parole.
Je me suis levée, pour partir à sa recherche. Je n’ai pas eu à chercher bien loin cela dit, je l’ai trouvée sur le canapé avec ma sœur dans une position plutôt intime. Nancy à moitié sur Sara, avec sa tête au creux de son cou. Sara n’avait pas l’air mal à l’aise ni même tendue. Elle est toujours inconfortable pour ce qui est des contacts physiques lorsqu’ils émanent de moi – sauf ces derniers jours, je l’accorde. Elle semblait très protectrice de ma sœur. Elles avaient l’air de deux amantes paisible, et je me suis sentie comme une intruse. J’ai détesté ce sentiment.
C’est à ce moment que je l’ai ressentie pour la première fois : la jalousie...
De la jalousie bouillonnante me consumait. J’étais jalouse de ma sœur parce qu’elle était là où je devais être, dans les bras de Sara. Elle avait ce que je devais avoir, de l’intimité avec Sara.
Je suis retournée dans ma chambre pour faire cesser le train de mes pensées. De la jalousie ? De l’intimité avec Sara ? Mais d’où cette idée était elle venue ?
Je me suis assise sur le lit et j’ai commencé à me torturer. J’entendais sans cesse les derniers mots de Lindsey, seulement cette fois ils étaient mélangés à ceux de Sara. Ces mots se répétaient encor et encore comme une berceuses dégénérée.
Puis un portable a sonnée, je me suis levée mais je suis restée sur le pas de ma porte. Ce n’était pas des nouvelles de mon bébé puisque Sara n’a pas bougé d’un pouce une fois l’appel fini. J’étais prête à parier ma paie que c’était Grissom. Bref, Sara et Nancy sont restées sur le canapé sans jamais rompre leur étreinte, si c’est possible elles se sont rapprochées. Je ne pouvais pas comprendre ce qu’elles se disaient, mais de là où j’étais on aurait dit qu’elles flirtaient. J’avais l’impression d’être un voyeur ou une écolière en train de les espionner.
Je me suis allongée sur mon lit de nouveau, j’avais froid et je me suis sentie très seule. Ma tête me tournait tellement que j’ai fermé les yeux. Je ne pourrais pas dire précisément combien de temps s’est écoulé avant que je ne sente une main douce et chaleureuse me caresser la joue délicatement, c’était Sara. Puis j’ai senti ses lèvres sur mon front, ensuite plus rien. Sara partait, et m’abandonnait pour de bon. Mon cœur était si serré qu’il m’était difficile de respirer, plus difficile que ça ne l’était déjà.
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Cela fait plusieurs minutes que Sara est partie, je décide de me lever pour de bon et d’aller me prendre un café. La cuisine a été nettoyée, tout est en ordre, comme si rien ne s’était passé.
« Tu t’es reposée un peu ? » me demande la voix de Nancy . Je ne me retourne pas. Je suis en colère contre elle et je ne sais même pas pourquoi.
« Oui. » ma voix est froide.
« Sara vient de partir. Warrick vient d’appeler, il n’a toujours rien de son côté. Il va passer dans une heure à peu près. » m’annonce elle .
« Ok » je me retourne mais j’évite son regard. Je sais bien que mes réponses ne lui plaisent pas. Elle attend que je dise quelque chose mais je reste silencieuse. D’une part, je ne sais pas quoi dire et d’autre mes sentiments actuels me perturbent. Après un moment elle soupir.
« Cath, c’est moi, Nancy, ta sœur. Si quelque chose te dérange dis le. » elle dit d’un ton exaspéré.
« Je ne sais pas, laisse moi réfléchir. Ma fille me déteste et a fugué, loin de cette maison, mais surtout loin de moi. Je pense que ça pourrait me déranger à un certain niveau. » Mon ton est acerbe, mais ça ne l’impressionne pas.
« Foutaises ! » Je suis sur le point de lui répondre avec toute ma rage quand elle continue. « Ça c’est ce qui est en train de te tuer. Ce que je veux savoir c’est ce qui te dérange. » Elle éclaircit son point. J’ai toujours admiré son habilité à me lire comme un livre ouvert, mais là pour le coup ça m’énerve. Je soutiens son regard mais abandonne facilement.
« Je n’ai pas bien dormi. J’avais froid dans mon lit. » Je m’arrête et la regarde avec colère « Toi, en revanche tu as dormi en bonne compagnie si je ne m’abuse. » il y a plein d’amertume dans ma voix.
« C’est donc ça, tu nous as vues. » Elle me regarde avec son regard perçant. « Je ne vais pas te mentir, je n’ai pas dormi aussi bien depuis un bon moment. J’ai dormi sur le canapé avec Sara, et après ? » j’ai envies de pleurer, de crier, et la seule pensée de ces deux là dans les bras l’une de l’autre me met dans une rage folle.
« Pas avec elle, je dirais plutôt sur elle ! » je marmonne. J’ai l’impression d’être une enfant pourrie gâtée, jalouse.
« Pardon ? »
« Tu n’as pas dormi avec Sara, tu as dormi sur Sara. C’était confortable n’est ce pas ? Pas étonnant que tu ais dormis aussi bien. Tu sais, si je ne savais pas mieux, j’aurais juré que vous étiez amantes, » je lui dis avec véhémence. Catherine Willows n’est pas disponible pour le moment, Jalousie à l’appareil, puis je prendre un message ? Qu’est ce qui m’arrive ? Pourquoi est ce que ça me dérange tellement ? Nancy reste imperturbable.
« Il n’y a pas tellement de place pour deux adultes allongés sur le canapé alors on a pris la position la plus confortable » elle s’interrompt et me regarde intensément. « Tu sais, si je ne te connaissais pas mieux que ça, je jurerai que tu es jalouse ! »
Je ne réponds pas à son commentaire. Elle ne dit rien de plus. Elle me laisse batailler avec mes pensées. Je n’ai ni l’envie, ni la force de me demander pourquoi je ressens ce que je ressens. Ce n’est pas le moment. J’ai besoin de me calmer, et de dompter tous ces sentiments qui font rage en moi. Alors je m’en vais prendre une douche froide.
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L’eau froide me calme. Pendant un moment, je ne ressens ni culpabilité, ni tristesse, ni dégoût me brûler les veines. Le plus drôle c’est que ces sentiments sont les seuls choses qui me rappellent que je suis toujours en vie.
Je sors de la douche aussi tendue que lorsque j’y suis entrée. Mais au moins j’avais regagné mes esprits.
Je suis sur le point de quitter la salle de bains quand le reflet dans le miroir attire mon attention. C’est une femme avec des poches noires sous les yeux. Elle est pâle, ses joues sont creuses à tel point qu’elle à l’air vieille. Ses yeux sont ternes et leur couleur a presque viré au gris. Elle a l’air sans vie. C’est comme s’il n’y avait pas d’âme qui habitait ce corps. Maintenant que j’y pense elle ne m’est pas inconnue...
Je me pétrifie quand je réalise que c’est moi. C’est comme voir un fantôme. J’ai la tête qui tourne un peu. J’ai toujours pensé que je ne reverrais jamais cette femme, cette part de moi. J’étais cette femme, lorsque j’étais stripteaseuse. Quand j’étais accro à la drogue. Je commence à trembler, je sens le manque m’envahir, au fur et à mesure que mes plus noirs souvenir refont surface. Je me souviens de la première fois que j’ai vu cette femme.
La vie était aussi loin des arcs en ciel et des papillons qu’elle pouvait l'être. Mais cette femme était au Pays des Merveilles 24h/24h, du crépuscule à l’aube et de l’aube au crépuscule. Elle ne ressentait rien. Rien ne pouvait l’atteindre, ni les regard salaces sur elle, ni même les mains baladeuses qui la touchaient. Elle planait toujours si haut qu’elle nageait dans le bonheur, le bonheur absolu.
Et puis il y avait cet homme qui lui disait des mots doux. Il lui disait à quel point elle était belle, que les lignes de son visage étaient parfaite et tellement d’autre choses. Et son cœur appartenait à cet homme, son prince charmant. Ce pendant il y avait toujours un court instant où elle quittait le Pays des Merveilles pour revenir à la Réalité. Là, il n’y avait aucune couleurs, tout y était gris. Le miroir lui renvoyait sa véritable apparence. Celle d’une femme au visage mince et vide, une femme morte de l’intérieur. Là toute pensée était déprimante, alors elle se faisait un rail de coke, un autre ticket pour le Pays des Merveilles.
Cocaïne était une bonne amie. Cocaïne mettait des couleurs flamboyantes et flashies partout. Cocaïne était le plus grande des peintres et créait sans cesse de nouvelles couleurs. Quelle importance si ces couleurs étaient fausses ? Cocaïne l’emmenait loin de la Réalité et la rendait heureuses avec l’illusion qu’elle voyait. Cocaïne faisait disparaître les mots ‘pathétique’, ‘souffrance’ et ‘tristesse’ de son vocabulaire. Alors oui, Cocaïne était une bonne amie.
Tous les jours elle planait haut très haut. Assez haut pour ne pas sentir les mains hargneuses se son prince charmant, mais beaucoup trop haut pour se défendre correctement. Mais tout restait lumineux et plein de couleur et c’est tout ce qui lui importait.
Un jour tout cela à changer cela dit. Elle a appris qu’elle était enceinte. Ce jour là elle a regardé la femme sans vie dans le miroir et a décidé de la ramener à la vie. Elle a décidé de mettre des couleurs dans la Réalité, cela voulait dire ne plus retourner au Pays des Merveilles, mais ça n’avait pas d’importance parce que ce jour là elle avait promis à la femme dans le miroir qu’elle deviendrait quelqu’un.
Ce jour là je me suis jurée que je deviendrais quelqu'un. Et je l’ai fait.
Dire que c’était dur serait l’euphémisme du siècle. C’était atroce, insoutenable. Je me rappelle avoir trembler si fort que s’en était douloureux. Je me rappelle de l’agonie lorsque mon corps était en manque. Je me rappelle sentir mes entrailles me brûler de l’intérieur comme de la lave en fusion. Je me souviens de la fièvre et des délires. J’étais en enfer et la seule chose qui m’a fait tenir le coup, qui m’a donné la force de ne pas retomber dans la drogue c’était mon bébé. Quand je touchais le fond, je pensais à cette vie qui grandissait en moi et c’était suffisant pour me donner du courage et de la détermination.
Ça a toujours marché. Ça marche encore mieux depuis qu’elle est née. Je fais toujours ça quand j’ai eu une mauvaise journée, une affaire vraiment moche ou seulement des pensées déprimantes. Quand je ne peux plus supporter la réalité cruelle je pense à Lindsey, mon bébé et je me sens plus forte que jamais. Tous les jours, quand j’ai mal, quand je doute, quand je suis paniquée, quand je perd foi en ce que je fais, quand je veux retourner au Pays des Merveilles, je prend Lindsey dans mes bras et la serre fort contre moi pour sentir son cœur battre et je me laisse transporter par tout son amour, je lui dis juste que je l’aime et je ne me sens vivre à nouveau. Tout disparaît quand je suis dans ses bras.
Et maintenant je n’ai même plus ça. Je tremble, mon corps est en manque. La tentation est en train de me ronger de l’intérieur. Les murs semblent se resserrer sur moi comme pour m’étouffer, ma vue se trouble, je suffoque. Je ne veux pas redevenir cette femme.
Je me précipite hors de la salle de bain et accours dans la chambre de Lindsey, son odeur est restée, je la respire profondément. Je prend un de ses vêtements et inhale son odeur jusqu’à ce que je sois intoxiquée, jusqu’à ce que je ne sente rien d’autre.
Je prend son ours en peluche – Mr Brown – dans mes bras et le câline contre mon cœur. C’est le tout premier cadeau que je lui ai fait. Il l’a toujours calmée. Elle s’est débarrassée de tous ses jouets d’enfant et de toutes ses peluches, tout se trouve dans le grenier désormais. Mais Mr Brown est bien trop précieux pour terminer là. En dépit des années il est toujours en bon état, il a l’air presque neuf. Elle chérit vraiment cette peluche. J’ai envie de pleurer mais il ne me reste plus une seule larme, j’ai envie de crier à pleins poumons. Je veux que Lindsey revienne.
Je prie n’importe quelle divinité pour que mon bébé soit saine et sauve ! Je prie pour avoir une nouvelle chance. Si on me ramène mon bébé, je ne la laisserai plus jamais tomber. Je l’aimerais plus que n’importe qui jusqu’à mon dernier souffle. Je donnerai ma vie si ça pouvait la ramener à la maison. Elle est ce qui met des couleurs dans ma réalité, si on me l’enlève j’en mourrai. Sans elle je ne suis personne, je suis morte.
Je m’adosse à son lit, les genoux sur ma poitrine où je serre très fort Mr Brown. Je commence à me bercer gentiment pour me calmer. Si seulement je pouvait arrêter de trembler. Je voudrais que mon besoin de cocaïne ne m’engloutisse pas.
J’ai besoin que quelqu'un me prenne dans ses bras. J’ai besoins que Sara me fasse un câlin. J’essaye de me concentrer su la sensation que j’ai quand je suis dans ses bras, j’essaye de me souvenir des battements de son cœurs aux effets lénitifs. Si je me concentre sur l’effet qu’elle a sur moi peut être que je ne deviendrai pas folle.
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Quelqu'un sonne à la porte, ce qui me ramène dans le présent. Est-ce que c’est possible ? Quelqu'un m’a entendu et me ramène mon bébé à la maison ! Je me précipite vers la porte d’entrée seulement pour y trouver Warrick…seul. Mes espoirs volent en éclats à nouveau.
« Cath… » Il commence. Il me regarde avec ses profonds yeux vert. Il se ravise quant à me demander comment je vais et je lui en suis reconnaissante. Comment suis-je sensée répondre de toute façon ? Il se contente de me prendre dans ses bras en silence. Je ne peux m’empêcher de comparer son étreinte à celle de Sara. Ce n’est définitivement pas la même chose. L’étreinte de Warrick a quelque chose de familier. C’est un câlin fraternel, chaleureux et il m’offre support et affection. Les câlins de Sara on quelque chose de plus, quelque chose de profond.
« Merci pour tout ce que tu fais, » je murmure, toujours dans ses bras. « Comment ça va au labo ? » je lui demande. Ne vous faîtes pas de mauvaises idées. Je ne suis pas insensible au point d’oublier ma fille pour ne serait ce que deux secondes. Mais je viens juste de reprendre mes esprits et j’aimerai que ça dure un peu.
« On est tous dans l’équipe de nuit » m’annonce il , je le regarde avec étonnement. « Prérogatives d’Ecklie. C’est peut être un idiot mais il semble qu’il soit humain après tout. Il envoie son support et espère que tout reviendra dans l’ordre. »
« Je suppose que je devrait le remercier quand tout ça sera terminé » ‘si ça se termine un jour’ j’ajoute mentalement.
Rien de plus n’est dit. On se contente de s’étreindre. Puis il se recule un peu et me regarde dans les yeux. « Tout le monde est avec toi. On t’aime, » il marque une pause, prend une de mes mains et croise nos doigts, il pose son autre main sur ma joue. Son regard n’a jamais été aussi profond. « Je t’aime. » Il se penche un peu et m’embrasse sur les lèvres. C’est un baiser intense qui en dit plus que de simples mots. Il se retire et me sourit gentiment.
« Je t’aime aussi Rick, » je lui serre la main.
C’est vrai je l’aime de la même façon qu’il m’aime. Mais ne vous faîtes pas d’idée. C’est le genre d’amour puissant sur lequel on peut toujours compter quoiqu’il arrive. Mais ce n’est pas le genre d’amour qui éveille les passions. Nous sommes plus que de simples amis parce que je sais qu’il traversait l’enfer pour moi si je le lui demandais, et j’en ferais de même pour lui. Mais cet amour n’est pas celui que deux amants partageraient. C’est un amour inconditionnel qui est bien trop intense pour que nous ne soyons que des amis, mais bien trop calme et confortable pour que nous soyons amants. C’est dur à expliquer cette connexion entre nous mais nous ressentons la même chose lui et moi et au fond c’est la seule chose qui compte.
Il me prend à nouveau dans ses bras puis il s’en va, me faisant savoir qu’ils cherchent toujours Lindsey et qu’ils ne cesseront pas avant de l’avoir trouvée.
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Je n’ai pas arrêté de tourner comme une lionne en cage. Je pense que mes pas sont encastrés dans le sol.
Une voiture se gare dans l’allée. C’est Sara. Elle est pâle et bouleversée. Mon cœur commence à battre fort et devient presque fou dès que je la vois et je ne sais pas pourquoi.
Ma sœur est sur le porche comme si elle avait attendue le retour de Sara toute la journée. Elles ont un échange silencieux avec leurs yeux puis elles se parlent. Une fois de plus j’ai l’impression qu’il y a bien plus entre elles que de la simple amitié. Je n’arrive pas à entendre ce qu’elles se disent car mon cœur bât trop fort. Ma respiration est pénible, mais qu’est ce qui m’arrive ?
Puis tout s’arrête. Je n’arrive plus à respirer, je n’entends plus mon cœur. Elles sont dans les bras l’une de l’autre et s’étreignent fort. Ça a l’air tellement naturel pour elles, si facile et juste. Il n’y a pas de barrière entre elles. Sara a laissé tomber ses défenses dans les bras de ma soeur. Tout mon monde est en train de s’effondrer sous mes yeux. La seule personne à laquelle je m’accrochais vient de m’échapper. Je suis seule...
Il me faut un certain temps avant de me rendre compte que Sara est en train de me regarder. Je ne supporte pas son regard alors je sors de son champ de vision.
Je retourne dans la chambre de Lindsey et reprend ma position, encore une fois je me berce gentiment. Quelqu'un entre dans la chambre, je n’ai pas besoin de regarder pour savoir qu’il s’agit de Sara.
« Catherine ? » sa voix est douce, mais je refuse de la regarder.
« Laisse moi tranquille... » je la supplie dans un murmure.
« Je t’en supplie, ne me repousse pas une nouvelle fois. »
Je la regarde et vois sa peine se refléter dans ses yeux : « Tu m’as abandonnée... » je lui dis. «Tu avais dis que tu resterais mais tu m’as abandonnée ! »
« Je sais. Mais je suis revenue. Ne me repousse pas... » Elle me supplie encore. Elle s’agenouille devant moi de sorte que nos yeux soient au même niveau.
« Pourquoi ? » je lui demande. « Pourquoi es tu partie ? »
« J’en avais besoin. Vraiment, il le fallait. » Ses yeux essaye de m’expliquer ce que ses mots ne disent pas.
« Je comprend...» je ne sais pas si je comprends vraiment. Mais je sais que tout de suite je ne veux pas qu’elle soit près de moi. Paradoxalement tout mon être lui demande de rester. « J’ai besoin que tu me comprennes maintenant. J’ai besoin d’être seule. J’en ai vraiment besoin... » je fais écho à ses mots. A son expression j’ai l’impression que je l’ai poignardée. Je ne peux pas être proche d’elle maintenant, parce que j’ai peur de lui faire encore du mal. J’ai besoin de vaincre cet immense amas d’émotion qui fait rage en moi. Je ne peux pas me permettre de faire du mal ou de perdre qui que ce soit.
« Très bien. Si c’est ce dont tu as besoin... » sa voix est douce et pleine de compréhension, mais je vois bien qu’elle est blessée.
A ma grande surprise, elle me prend le visage au creux de ses mains et me force à le regarder dans les yeux. Elle me dit tellement de choses avec ses yeux marron, mais je ne pense pas pouvoir dire quoi. Cela m’a toujours impressionné la façon dont ses yeux pouvaient en dire long alors qu’elle ne dit rien. Elle se penche et m’embrasse le front. Ses lèvres restent un peu plus longtemps en contact avec ma peau. Mon cœur bât la chamade. Je ferme les yeux, puis le contact disparaît.
« Je suis là si tu as besoin de moi. Tout ce que tu as à faire c’est de demander » elle me caresse la joue une dernière fois puis s’en va. Je me demande ce qui s’est passé. Je suis seule, j’essaye de me concentrer sur la sensation de fièvre que ses lèvres ont laissé sur mon front de sorte que je puisse faire face à mes démons passés et présents.
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Chapitre 9 : Sara
Quand je suis rentrée chez moi aujourd’hui, il y avait un message sur mon répondeur, en fait ce n’était pas exactement un message. Il y avait du silence mais j’entendais la respiration de quelqu'un. C’était Cake, je le sentais au plus profond de moi. Je me suis maudite pour ne pas avoir été là lorsqu’elle a appelé.
Après une longue douche, j’ai appelé Brass et lui ai demandé de tracer l’appel. Ça nous a mené quelque part hors de la ville. Je me suis rendue sur place pour interroger les gens, mais le résultat était toujours le même, aucunes traces de Cake.
J’ai alors décidé de faire la tournée des hôpitaux. Au début je ne voulais pas le faire, parce que je voulais me persuader que Cake allait bien. Mais là, je devais éventuellement faire face à cette possibilité. Cela faisait presque 48h sans aucune nouvelle, et je savais à quel point cette ville peut être impitoyable.
J’ai été dans tous les hôpitaux à partir de l’endroit où elle avait appelé pour finir par ceux qui étaient le plus proche de chez Catherine. A la fin de la journée il ne m’en restait plus qu’un : le Desert Palm.
J’avais été soulagée quand tous les hôpitaux affirmaient ne pas se souvenir d’avoir admis Cake.
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J’étais à la réception pendant presque une demi-heure, j’espérais la même réponse que tous les hôpitaux. Mais quand l’infirmière est revenue, son expression m’a fait savoir qu’il y avait un problème.
« Nous avons quelqu'un qui pourrait correspondre à la description que vous m’avez donnée » commença elle. Mon cœur s’est mis à battre si fort qu’il était sur le point de défoncer ma cage thoracique. Je sentais que ce n’était pas la fin du cauchemar mais plutôt le début d’un autre.
« Comment va-t-elle ? Est-ce qu’elle va bien ? Qu’est ce qu’il s’est passé ? »
L’infirmière était sur le point de répondre quand un jeune homme pas plus vieux que Greg nous a rejoint. En y pensant bien il aurait pût être son frère. Il avait les cheveux bleus coiffés en pétard et un visage doux aux traits enfantins. Il était un peu plus grand que moi. Il avait des yeux d’un bleu profond, mais ils étaient bien pâles en comparaison avec ceux qui hantaient mes jours et mes nuits.
« Voici le Dr. Donovan, c’est lui qui s’est chargé de la patiente » dit l’infirmière avant de repartir derrière son bureau.
Je me suis tournée ver le jeune docteur. C’était comme si une balle de golfe s’était logée dans ma gorge, je craignais le pire. L’infirmière avait évité de répondre à mes questions alors j’avais de bonnes raisons d’avoir quelques craintes.
« Je suis Cameron Donovan. Je suis le médecin qui a pris en charge la jeune fille que vous recherchez apparemment » annonça il d’une voix douce.
« Sara Sidle, CSI. » Au point ou j’en étais, j’avais besoin d’un mécanisme de défense pour contenir mes émotion, pour garder mon sang froid. Le travail a toujours été mon dernier garde fou.
« Nous devrions peut être nous asseoir. »
« Laissez tomber les gants Doc. Je fais face à autant d’horreur, si ce n’est plus, que vous tous les jours, » je n’étais pas d’humeur à être baladée. Alors j’ai été droit au but. « Qu’est ce qui s’est passé ? Comment va-t- elle ? »
Il a eu l’air surpris par ma brusquerie. Mais je voyais à ses yeux qu’il comprenait : « Elle a été battue sévèrement, violée à plusieurs reprises et poignardée » sa voix était vide d’émotion alors que ses yeux étaient plein de tristesse, de dégoût et de colère.
« Vous n’avez toujours pas répondu à ma question ? » je ne savais pas comment je tenais encore debout à ce stade. Le monde tournait à l’envers et mon cœur était en train de me laisser doucement.
« Nous avons essayé de la sauvée, mais elle avait perdu beaucoup trop de sang et son corps était trop faible, » il s’est arrêté pour laisser ces mots prendre tous leur sens. « Elle est morte. Je suis désolé. »
Trois mots. Trois petits mots et cependant il étaient meurtriers. Je n’arrivais pas à croire ce que j’entendais. Ce n’était pas possible, je ne voulais pas y croire. Cake était morte et c’était de ma faute.
Comment vivre avec ça sur le cœur ?
« Ce n’est pas vrai, » j’ai murmuré. Je tremblais comme une feuille, je ne sentais plus mes jambes. « Ce n’est pas possible, je veux la voir. J’ai besoin de la voir. »
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J’ai passé des heures à la morgue. Des heures avec des corps, avec des restes humains. Mais là c’était différent. Je me sentais claustrophobe, comme si les murs se rapprochaient sur moi petit à petit. J’avais du mal à respirer, tout semblait irréel, mes jambes étaient en coton.
Le médecin légiste a tiré le corps de son compartiment. Le drap était couvert de sang. J’ai cru que j’allais vomir mes tripes. Puis il a soulevé le drap révélant ainsi le corps. Je ne pouvais plus respirer, ni même bouger. J’ai dû cligner des yeux plusieurs fois afin d’effacer cette vision, mais ça n’a pas marché. La dernière pensée cohérente dont je me souvienne était : mon Dieu.
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Je me suis rendue à ma voiture sans m’en rendre compte. J’étais en pilote automatique. Je suis retournée chez Catherine. Je devais dire à quelqu'un ce que j’avais vu. Une fois dans l’allée de Catherine, je suis sortie de la voiture. Mon corps semblait fonctionner de lui-même. Je me sentais fébrile et déroutée.
Nancy était sur le perron comme hier. J’avais le goût amer de déjà vu dans la bouche. Elle s’est levée dès qu’elle m’a vue. Pendant un moment on s’est regardée sans rien se dire. Elle a tout de suite compris que quelque chose n’allait pas. J’ai essayé de lui dire, je sentais mes lèvres bouger mais aucun son ne semblait vouloir sortir. Ses mains ont délicatement pris mon visage.
« Dis moi... » m’a elle demandé gentiment. Elle était un peu effrayée par mon comportement. « Sara, je suis là…dis moi. »
« J’ai fais le tour des hôpitaux, » me suis je entendue dire. « Au Desert Palm, il y avait une fille qui correspondait à la description de Lindsey, » elle a vite compris ce qui se passait. Même si elle ne disait rien, je pouvais voir que la question lui brûlait les lèvres, elle se demandait si c’était Lindsey ou non. « Ce n’était pas elle... » j’étais tellement détaché de la réalité que c’était comme si quelqu'un d’autre parlait « Ce n’était, pas elle, » j’ai répété. Le soulagement a envahi Nancy, mais elle n’a pas détourné son attention, elle était concernée par mon état.
« Quoi d’autre ? Dis moi tout, je sais qu’il y a plus. »
« Cette fille….elle a été battue, violée et poignardée. C’est ce que je crains le plus…. si quoique ce soit arrive à Cake je ne me le pardonnerai pas… » mes tremblements ont empirés « Ce n’était pas elle mais….je savais que ce n’était pas elle…mais mes yeux m’ont joué des tours et pendant un moment c’est Cake que je voyais pas l’autre fille…c’était….c’était… » je n’arrivais pas à respirer tellement je paniquais.
Elle m’a prise dans s’est bras et je l’ai serrée aussi fort que possible. Je pense que s’en était presque douloureux, mais elle n’a rien dit, si possible elle m’a serrée tout aussi fort. J’étais contente de l’avoir laissé être proche de moi. J’étais contente qu’elle puisse me voir à nue, pour ainsi dire, sans armure. Normalement je m’en serais voulu d’apparaître si faible, mais à ce moment je m’en fichais pas mal. J’avais besoins de quelqu'un sur qui compter et Nancy était là.
« Shhh… » elle me berça, « ce n’était pas elle. Cette fille ne méritait pas ce qui lui est arrivé…et ce n’était pas Lindsey. Tu m’entends ? Ce n’était pas elle ! »
« Je sais mais… »
« Pas de mais, ce n’était pas elle. Tu te souviens de ce que tu as dit ? On doit s’accrocher au sentiment qu’elle est saine et sauve, sinon on n’a plus de raison de continuer à respirer. Accroche toi à ça et à moi. Lindsey a besoin de toi, tout comme moi » elle m’a serrée fort contre elle « Je t’en prie, accroche toi ! » m’a elle suppliée.
« D’accord... » j’ai marmonné, la tête enfouie dans le creux de son cou de sorte que le monde extérieur avait disparu. Tout ce qui comptait c’était notre étreinte, elle me redonnait de la force.
J’ai relâché un peu la pression, mais quelque part Nancy savait que je n’étais pas prête à ce qu’elle me laisse partir. Je ne tremblais plus mais j’avais toujours besoin de reprendre mes esprits.
« Je suis désolée. » je lui ai dit.
« Ne le sois pas. C’est pour ça que je suis là. »
« Merci. »
« Ça va mieux ? »
« Oui, juste assez pour continuer, » je lui ai répondu honnêtement.
« Bien. »
« Comment te sens tu ? » je lui ai demandé, je savais qu’elle aussi venais d’avoir une grosse frayeur.
« Je vais bien, ne t’en fais pas. »
« Catherine ? »
« Elle a parlé un peu et puis elle est retournée dans son petit monde. Depuis que Warrick est parti elle fait les cent pas dans le salon. »
A ce moment j’ai tournée la tête vers la maison et j’ai vu que Catherine était en train de nous regarder. Elle était immobile et son expression était indéchiffrable, puis d’un seul coup elle est sortie de mon champ de vision.
J’ai pris une grande inspiration et me suis complètement extraite des bras de Nancy. Elle a pris mon visage à nouveau et m’a regardé dans les yeux. « Ce n’était pas elle. On va la retrouver ! » son ton ne laissait pas la place au doute et ça m’a galvanisé. J’ai embrassée son front, une manière silencieuse de lui exprimer toute ma gratitude.
« Merci d’être là, » ai je dit. Elle m’a souri et nous sommes entrées dans la maison.
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Une fois à l’intérieur il n’y avait pas de traces de Catherine dans le salon ni dans la cuisine. Nancy a commencé à faire du café. Je lui ai parlé du message étrange sur mon répondeur.
« Au moins on sait qu’il y a toujours de l’espoir. » C’est tout ce qu’elle a répondu mais je sais qu’elle pensait au ‘et si’. Et si j’avais été chez moi pour recevoir l’appel au lieu de dormir ? Et si quelque chose de mal était arrivé à Lindsey et qu’il n’y avait personne pour elle ? Et ainsi de suite. Mais elle a préféré ne mentionner que le fait qu’il y avait de l’espoir.
Je me suis levée pour aller voir Catherine. « Tu vas lui dire ? » m’a demandée Nancy.
« Non... Elle n’a pas besoin de ça maintenant ! »
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J’ai finalement trouvé Catherine dans la chambre de Lindsey. Elle était en boule au pied du lit avec une peluche dans les mains. J’avais envie de la prendre dans mes bras, et je l’aurais fait si elle ne m’avait pas rejetée. Elle m’en voulait de l’avoir laissée alors que je lui avais dit que je resterai. Je ne pouvais rien lui reprocher après tout j’avais faillit à ma parole. Elle était bouleversée et m’a demandé de partir. Je lui ai fait savoir que j’étais là si elle avait besoin de moi. J’étais tellement vidée émotionnellement que j’ai bien faillit lui dévoiler mes sentiments pour elle, alors je suis partie assez rapidement.
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Je viens juste de réaliser que je suis à nouveau dans les bras de Nancy. J’étais tellement accablée par mes émotions que je me suis mise à pleurer. Je ne sais pas quand mais Nancy m’a prise dans ses bras. Je ne sais vraiment pas ce que j’ai fais dans une vie antérieure pour mériter de connaître quelqu’un comme Nancy, mais je suis heureuse de l’avoir fait. Elle me tient silencieusement au fur et à mesure que je laisse le désespoir me tuer doucement.
« Ça fait plus de 48h et on n’a toujours rien ! » je dis finalement.
« Je sais » elle me presse un peu plus contre elle.
« Et si… »
« Arrête ! » sa voix est ferme et un rien agressive, l’esprit des Willows je suppose. « Ne fais pas ça. Ne t’impose pas cette torture, ne l’impose à personne…ne les laisse pas tomber. Cath a besoin de ton soutien, Lindsey a besoin que tu la retrouve et moi….j’ai besoin que tu tiennes le coup » Elle prend une grande inspiration. « T’as confiance en moi ? »
« Oui. »
« On va la retrouver » dit elle, je m’apprête à la contredire mais elle ne m’en laisse pas le temps. « On va la retrouver ! » elle répète fermement. « On doit la retrouver et je sais qu’on y arrivera. Alors j’ai besoin que tu ais confiance en moi » elle me force à la regarder dans les yeux. « Je t’interdis d’abandonner ! » sa voix est menaçante et ses yeux verts sont animés d’un feu ardent. « Tu m’as comprise ? Je t’interdis d’abandonner. Pigé ? »
« Oui » je lui dis légèrement effrayée.
« Bien » elle se radoucit un peu « N’abandonne pas s’il te plait... »
« Je ne le ferais pas. »
« Bien. »
Je la serre fort contre moi, puis retourne à ma voiture. Je m’apprête à mettre le contact quand mon téléphone sonne.
« Sidle... »
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Chapitre 10 : Catherine
Je suis allée à la porte de la chambre pour rattraper Sara, mais elle était à nouveau dans les bras de Nancy. Plus je les regardent plus je me sens jalouse. C’est facile pour elles. Elles n’ont pas besoin de parler pour se comprendre. Et elles ont cette connexion physique, qui semble être naturelle, dès qu’elles sont en présence l’une de l’autre elles recherche le contact. Elles se font des câlins sans arrêt pour se rassurer. Je n’arrive pas à comprendre comment elles arrivent à partager un lien si fort alors qu’elles se connaissent à peine.
Nancy est ma sœur et tout comme moi elle est très ‘tactile’. Mais Sara…c’est une autre histoire. Elle est connue pour être du genre ‘ne t’approches pas de moi’. Et vu notre passé commun, il est vrai que nous sommes rarement amenées à avoir des moments un tant soit peu intimes. Mais même lorsque nous sommes dans une phase amicale de notre relation, elle rejette tout contacts physiques dès qu’ils viennent de moi. Il fut un temps où j’essayais d’avoir un contact, une main sur son épaule, une caresse pour la réconforter, mais elle est toujours tendue et mal à l’aise dès que je m’approche d’elle, en fait à chaque tentative il y a tellement de tension que ça tue toute envie d’établir un contact. Et quand la chance me sourit et qu’elle baisse sa garde, dès que je la touche elle sursaute et me regarde l’air de dire ‘qu’est ce que tu fabriques ?’.
Je pense qu’elle n’a pas confiance en moi. Ce n’est pas comme si je lui avais donné ne serait-ce qu’une seule raison de me faire confiance. A chaque fois qu’elle est un peu chaleureuse avec moi je me sens…j’en sais rien. Il y a quelque chose chez elle qui me déroute. Elle semble être en mesure de me mettre à nue. Elle voit toutes mes faiblesses, mes peurs et mes insécurités. Peu importe tous les efforts que je fais, je n’arrive pas à me cacher d’elle et je déteste ça. Je déteste le fait qu’elle puisse avoir un tel effet sur moi alors, que je ne sais même pas ce qu’elle pense ou ce qui la fait réagir. Je n’ai aucun effet sur elle alors qu’elle en a sur moi, c’est injuste !
Maintenant j’ai besoin de son contact. Encore plus depuis que je sais quel effet ça fait d’être dans ses bras. Je ne veux plus me battre avec elle. J’ai envie de comprendre, de la comprendre. Parce que je sais que j’ai besoin d’elle dans ma vie, je ne sais pas pourquoi mais c’est un fait j’ai besoin d’elle dans ma vie. Ça me donne la chair de poule juste de penser que je pourrais la perdre pour de bon. On n’a peut être pas la meilleure relation qu’il soit, mais j’ai besoin de cette relation et je suis déterminée à changer les choses. Je veux avoir la même relation qu’elle a avec ma sœur, je veux connaître cette personne qui est si importante dans la vie de ma fille. Je ne supporte pas d’être mise à l’écart, je ne veux plus me sentir comme une intruse, parce que ça me fait mal de voir tout ce que j’ai rejet pendant des années.
« Cath ? » la voix de ma sœur interrompt mes pensées.
Je me suis mise à trembler et j’ai envie de pleurer, je suis désespérée. Je n’arrête pas de me rendre compte de ce que j’ai manqué. C’est comme un jeu cruel. Il parait qu’on ne réalise jamais ce qu’on a avant de l’avoir perdu, et bien maintenant je sais et ça laisse un goût amer.
Ma sœur m’entraîne sur le canapé où elle me force à m’asseoir. Elle me prend dans ses bras et me berce comme elle l’a toujours fait depuis que nous sommes petites. « Qu’est ce que je vais faire ? » je lui demande. « Je….je suis perdue…c’est pire que tout ce que j’ai vécu. Je donnerai ma vie pour que Lindsey revienne. »
« On va la retrouver Cath » me murmure elle sans cesse.
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Warrick vient juste de passé avec Nick et Greg. Ils n’ont pas dit grand-chose, juste qu’ils feraient tout leur possible pour me ramener mon bébé. Ça m’a aidé un peu.
Nancy est restée sur le perron durant toute leur visite. Je pense qu’elle attendait Sara. Je la rejoins dehors parce que je n’en peux plus de rester enfermée. Je m’assois à ses côtés. « Ça fait un petit moment que Lindsey et Sara se contactent » je commence. Elle ne dit rien mais je vois bien qu’elle est inconfortable. « Tu le savais ? » elle s’attendait à ma question, moi en revanche je ne m’attendais pas à sa réponse.
« Oui » dit elle calmement. Moi, par contre, je sens la colère montée.
« Tu le savais ? » ma voix est un peu tendue, Nancy reste calme.
« Oui »
« Comment ? Je veux dire…. Pourquoi tu ne m’as rien dit ?...Comment….Comment est ce que tu as pût me cacher quelque chose comme ça ? » je lui hurle. Nancy reste stoïque et ça m’énerve de plus belle. Maintenant je comprends la connexion entre Sara et Nancy. Une fois de plus je me sens comme une intruse dans ma propre famille, comme si Sara m’avait remplacée... « Réponds moi ! Comment est ce que tu as pût me cacher une chose pareille ? Depuis combien de temps ça dure ? Est-ce que tu comptais me le dire un jour ? » je suis en rogne.
« Non » Ses réponses monosyllabiques sont en train de me porter sur les nerfs et je ne suis vraiment pas d’humeur pour jouer.
« Nancy… » ma voix est menaçante, elle me regarde et soupire.
« Linds m’a demandée de ne rien dire » me dit elle de manière plate.
« Mais bien sûr, met lui ça sur le dos. C’est toi qui es sensée être l’adulte ici… »
« Quand je te vois réagir comme ça je comprend pourquoi elle m’a demandée de me taire, » elle m’interrompt. « Regardes toi Catherine. Tu croit vraiment que si je pensais que Sara était dangereuse pour ta fille, je les aurais laissé continuer à se voir ? Est-ce que… »
« Attends un peu, continuer à se voir ? De quoi est ce que tu parles ?» je tombe des nues. Elle ferme les yeux brièvement comme pour se reprocher d’en avoir trop dit. « Elles se voient dans mon dos, tu le savais et tu n’as rien dit ni fais quoique ce soit pour les en empêcher ? » je lui demande hystérique.
« Oui »
« Je n’arrive pas à le croire ! » j’explose. Je me lève et commence à retourner dans la maison.
« Elle l’aide avec ses devoirs, et elle lui ouvre l’esprit à la littérature. Elle est l’amie dont Lindsey a besoin.»
Je reviens sur mes pas et lui fait face « Elle lui a monté la tête… »
« Réveille toi Cath, tu sais que ce n’est pas vrai ! » me elle dit d’un ton exaspéré. « Tu connais Sara mieux que ça. Je sais que vous n’êtes pas vraiment amies, mais Sara n’est pas comme ça. »
Je rit jaune et regarde ailleurs. J’ai l’impression que le monde entier s’est retourné contre moi.
« Tu ne vas peut être pas aimer ce que tu vas entendre mais, Sara est bonne pour Lindsey. »
Ces mots me font énormément de mal : « T’as raison je n’aime pas ce que j’entend. Je n’arrive pas à croire que tu m’ais caché ça. Je te faisait confiance bon sang ! Comment est ce que tu as pût me faire une chose pareille ?! Comment as-tu osé ?!...tu… » je lui cris mais elle élève la voix et m’interrompt une nouvelle fois.
« Tu n’as pas souvent été là ces derniers temps à cause de ton job. Tout le monde comprend que ton boulot te prenne la plupart de ton temps alors que tu préfèrerais avoir plus de temps à consacrer à ta famille. Mais tu n’es pas la seule à traverser une période difficile. Lindsey aussi est dans une passe difficile depuis la mort d’Eddie. Elle a beaucoup de colère en elle et je sais que tu t’en rends compte. Je sais aussi que vous avez du mal à communiquer toutes les deux. Mais je sais autre chose, c’est que Sara a été bonne pour Lindsey ! » elle laisse ses mots prendre leur sens.
« Ne te méprends pas je ne suis pas en train de te dire que tu es une mauvaise mère. Mais Lindsey avait besoin de pouvoir se raccrocher à quelque chose et en l’occurrence ici, il s’agit de Sara. Pas parce qu’elle est mieux que toi, mais parce que ce n’est pas toi ni moi. » Nancy continue, je sens les larmes me brûler les yeux. « Avec Sara, elle n’était pas seule elle avait quelqu’un pour évacuer sa colère contre l’école, contre moi ou même contre toi. »
Je ne sais pas quoi dire. Je sais que quelque part elle a raison. Mais il y a une grande partie de l’histoire où je ne suis pas présente pour Lindsey, où je n’arrive pas à lui parler. Elle est en train d’énumérer tous mes défauts.
« Cath…si c’était mal tu peux être sûre que je serais intervenue. Ça ne l’était pas, pardonne moi. Je t’en pris essaye de comprendre qu’au fond il ne s’agit pas de toi ni même de tes problèmes avec Sara... »
Elle me laisse là à réfléchir à tout ce qu’elle a dit. Je me sens trahie, en colère, frustrée, et exclue.
Je me sens perdue. Ma tête me fait mal avec toutes ces nouvelles informations à procéder.
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« Je suis désolée pour tout à l’heure » dis je. Nancy est sur le canapé et elle fixe la télé qui est éteinte. Je m’assois à ses côtés mais ne la regarde pas.
« Je ne voulais pas trahir ta confiance. »
« Je….c’est juste que je me sens comme une intruse. »
« Ce n’est pas le cas. »
« C’est comme si Sara avait rempli les vides que j’avais laissés. »
« Ce n’est pas comme ça Cath... » elle se tourne vers moi et passe son bras autour de mes épaules. « Ce n’est pas ça... »
« Ah oui ? Toi et Sara…Sara et Lindsey…dis moi où est ma place dans tout ça ? » je me sens vulnérable « Elle réussit là où j’ai échoué ! »
« Qu’est ce que tu veux dire ? »
« Elle arrive à atteindre Lindsey. Elle est amie avec toi alors qu’elle et moi sommes à peine capables de discuter. »
« Tu es la mère de Lindsey et rien ne pourra jamais changer ça. Pour ce qui est du reste il ne tient qu’à toi de faire changer les choses. »
Je ris doucement « C’est facile à dire pour toi. Elle t’a laissé l’approcher. Elle me rejette depuis cinq ans, érigeant des murs entre nous à chaque fois. »
« D’après ce que tu m’as dit, vous êtes toutes les deux coupables. Maintenant si tu veux que ça change tu dois lui faire confiance et essayer de retenir ton coté belligérant, parce que tu n’obtiendras jamais rien d’elle comme ça. »
Je soupire et me laisse aller à son étreinte. Je ne peux pas penser à tout ça maintenant. Sara et moi avons un long chemin à parcourir mais pour le moment ça n’a pas d’importance.
Lindsey passe en premier...