Chapitre Vingt Sept

 

 

Tout autre homme aurait été frustré ou en colère que son rendez vous se termine de cette façon. Mais pas Grissom, pour lui son travail était sa vie. Il n’avait pas hésité une seconde et avait immédiatement appelé son équipe et leur avait ordonné de les retrouver au laboratoire DÈS QUE POSSIBLE. 

 

Sara frissonnait dans sa robe de velours rouge… Grissom l'avait alors couverte avec son manteau et ils avaient pris la voiture de Gil pour se rendre au laboratoire dans le plus grand silence. Il y avait des tonnes de questions qui avaient germé dans l’esprit de Sara, des questions qui avaient besoin de réponses…

 

Grissom fut heureux de trouver Nick, Warrick et Greg dans son bureau dès son arrivée.

 

“ C’était quoi cette urgence Gil ?” demanda Warrick tout en observant la grande brune arriver derrière leur superviseur “Sara ?” 

 

“Nous avons attrapé le type qui a attaqué Sara.” Expliqua Grissom “ Et elle l'a reconnu…” 

 

“Qui est ce ?” demandèrent Nick et Warrick en dévisageant Sara d’étonnement

 

“C'est… c'est…” Sara était perdue, elle n’arrivait plus à articuler, tous ses souvenirs étaient remontés si violemment à la surface qu’elle avait du mal à tout gérer 

 

“Comment est-ce que ça s'est passé ?” demanda Warrick. 

  

Grissom se tourna alors vers Sara. “Est-ce que vous êtes prête à tout nous dire ?” 

 

“J'aimerais d’abord un café”  dit Sara en souriant faiblement. “Mais pas un de la réserve privée de Greg, je ne voudrais pas le mettre de nouveau en colère” 

 

“Hé, hé, c’est vrai que la dernière fois j’étais un peu en colère contre toi… et mais attends un peu… tu t’en souviens ?” demanda Greg en se passant une main dans les cheveux. 

 

Sara lui fit un signe de la tête.

 

Les mâchoires de Greg étaient prêtes à s’écrouler sur le sol  “Est-ce que je rêve? Oui, je dois rêver ! Tu te souviens enfin ! ” 

   

“J’espère pour vous que cette fois vous avez une bonne raison pour me traîner hors de mon rendez vous, Gil, parce que sinon…” grogna Catherine. Mais le reste de sa phrase fut oublié dès qu’elle vit Sara. 

 

Grissom mit alors tout le monde au courant de la situation. Entre-temps le capitaine Brass les avait rejoints au labo. 

 

“Le nom du type est Dreyfus Lascif. Il a déjà été arrêté auparavant pour vol avec agression.”  les informa Brass  

 

“Greg et Sara, vous restez dans mon bureau. Nick et Warrick, vous vous occupez de sa maison. Catherine et moi allons voir ce que Mr Dreyfus a à nous dire ” 

 

 

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“Vous plaisantez ? Vous ne pouvez pas garder mon client sous prétexte qu’une amnésique vient de se souvenir de lui en le croisant dans un restaurent.” Répliqua sèchement l’avocat de Dreyfus.

 

“En tout cas c’est suffisant pour obtenir un échantillon d’ADN de Mr. Dreyfus .”  Assura Brass

 

“J'ai ne vous donnerais rien ! ” cracha Lascif. 

 

“Les choses peuvent se passer de deux façons monsieur Dreyfus… soit vous coopérez et on utilisera la manière douce, soit nous aurons recours à la manière forte !” dit Grissom tranquillement. 

 

“ Allez vous faire foutre ! ” 

 

Catherine n'avait pas dit un mot depuis son entrée dans la pièce. Elle faisait de son mieux pour garder son calme. Chaque fois qu’elle imaginait Dreyfus Lascif qui portait la  main sur Sara, ses veines se mettaient à bouillir de colère. 

 

“Écoutez moi bien espèce de paumé ” dit elle en s’avançant jusqu'à lui “Vous avez physiquement agressé un membre du laboratoire de la police scientifique de Las Vegas, et je ne parle même pas des homicides. Vous êtes bon pour que l’état vous plante une longue aiguille dans le bras, vous êtes un homme mort si vous refusez de parler ” 

 

“Homicide ? Je n'ai commis aucun meurtre.” Répondit Lascif en sueur. 

 

“Mlle Sidle a une version différente de l’histoire !” dit Brass d’un ton menaçant

 

“Hé, attendez, attendez… je vais parler.”

 

“Lascif, je vous recommande de ne  pas…” commença son avocat. 

 

“Taisez-vous.” Aboya Lascif  “J’ai rencontré un mec qui m’a payé, moi et mon pote pour tuer la personne qui fouinerait dans cette chambre de motel. Il a dit que je devrais la tuer mais je ne voulais pas le faire ! Je l'ai simplement amochée un peu pour être sûr qu’elle comprenne le message. Je n'ai  tué personne.” 

 

“Qui était l’homme qui vous a payé ?” demanda Grissom

 

“Je… je ne sais pas c’est Max qui a négocié avec lui.”

 

“Max ? Est-ce que c’est l’autre type qui s’en est pris à Melle Sidle ?” questionna Brass  

 

“Ouais.” 

 

“Où est-ce que nous pouvons trouver ce Max ?” 

  

“Il passe ses journées au casino Le Palms ! Vous le trouverez facilement il zone toujours avec une bande de motards…Tout ça c’était l’idée de Max, je n’ai fait que le suivre sur ce coup là ! C'était son idée !” 

 

“Bien sûr ! Et je suppose que c’est lui qui a violemment déplacé vos poings sur le visage de ma collègue ! Vous n’y êtes pour rien non plus !” cracha Catherine avec colère. 

 

 

 

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Greg fixait nerveusement l'« animal de compagnie» de Grissom. Le jeune homme n’avait jamais compris pourquoi son responsable avait une telle fascination pour les tarentules.  

 

“Décontracte toi Greg, elle ne va pas te mordre ” grimaça Sara. 

 

“Ouais, mais tout de même c’est étrange de garder des insectes comme ceux-là dans son bureau ”

 

“Ce n’est pas plus étrange que le jour où tu as mis un pantalon jaune fluo pour venir bosser !”  Gloussa Sara 

 

“ Ok, point pour toi ! Mais j’aurai préféré que tu ne te souviennes pas de ça ! Maintenant que tes souvenirs sont revenus tu n’as pas fini de me chercher des poux ! ” Soupira le jeune homme 

 

“ Tu étais si mignon avec ton pantalon, un vrai bourreau des cœurs !” se moqua gentiment la CSI 

   

“Mais ma parole tu flirtes avec moi ? Vite quelqu’un, donnez moi un appareil photo. J'ai besoin de capturer ce moment Kodak ! ” 

 

“Tu sais que je pourrai facilement te pousser pour que tu sois tout près de l' amie de Grissom.” 

 

“Je suis effrayé ! ” dit Greg en feignant la terreur “Mais au fait ! Pourquoi es tu habillée de façon si sexy, cette robe est waouhhhh !!!! ” 

 

“J'avais un rendez vous…” 

 

“ Sara ! Étant donné que le célibataire qui te conviendrait le mieux, et j’entend par là moi, n’était pas avec toi ce soir, je dois donc accepter douloureusement que tu étais sortie avec quelqu'un d’autre ! Qui ?”  Demanda Greg en lui faisant un clin d'oeil. 

 

“Grissom.”  Répondit Sara impassible. 

 

Greg recula sous le choc. “ Grissom ? Notre Grissom ? Notre insecte–aimant-CSI, Grissom ?”  

 

“Le même.” 

 

“Et bien…” Greg ne savait plus quoi dire. Il ne savait plus quoi penser non plus. Il s'était rendu compte que les relations entre Sara et Grissom étaient tendues depuis déjà longtemps ! Mais apparemment les deux CSI avaient décidé de régler le problème. Beaucoup de choses changeaient ici au labo. 

 

Grissom ouvrit alors la porte… et Greg sursauta comme pris en faute 

 

“Sara, vous êtes prête ? Je crois que c’est le moment de tirer les choses au clair ”

 

Sara pâlit avant de faire un signe de la tête et de marcher vers la porte, suivie de Greg qui ressassait encore ce qu'elle venait de lui dire. 

 

Ils avaient choisi la salle de pause pour se réunir, cela donnait une tournure moins officielle, moins intimidante à cette discussion. Une table ronde et des chaises avaient était disposées.

 

Sara s'était assise entre Greg et Warrick. Nick avait pris la chaise près de Greg et Brass occupait la chaise de l’autre côté du grand brun. Grissom faisait directement face à Sara. Catherine quant à elle, s’était assise de façon à rester hors de la ligne de vue de Sara. 

 

Avant d'aller dans la salle de pause, Greg avait discrètement attrapé Catherine. 

 

“Catherine, en toute sincérité,  je ne pense pas que vous devriez venir avec nous !” 

 

Catherine était prête à lui hurler dessus quand elle se rendit compte de combien de courage il avait fallut au jeune CSI pour lui dire ceci. 

 

“Je sais ce qu'elle va dire et je suis prête à l’entendre ! Je suis prête à lui faire face.” Répondit Catherine dans un sourire blessé 

 

“Il y aura de l’hostilité et de la colère entre vous deux. Vous n’avez pas besoin de ça, et elle non plus, ne vous infligez pas ça ! ” Implora presque Greg. 

 

“Et quelle raison est-ce que je pourrais donner aux autres pour justifier mon absence alors que vous serez tous là ? Si Sara doit me montrer du doigt, alors je suis prête pour ça. Je pense que je le mérite de toute façon.” Murmura  tristement  Catherine. 

 

Une fois qu’ils furent tous installés et que chacun eu sa tasse de café Grissom prit la parole : “Sara, vous pouvez commencer.” 

 

“D’abord je veux que les choses soient claires je… je n’ai pas retrouvé cent pour cent de ma mémoire, beaucoup de choses sont encore floues.” 

 

“C'est ok. Parlez-nous de ce que vous vous souvenez” dit Brass calmement

 

“Je me souviens clairement de mon agression et des événements qui y ont mené” 

 

Greg jeta un bref coup d’œil  sur Catherine qui avait gardé son regard fixé sur le sol. 

 

“Je me souviens que le type que je cherchais est le même que celui qui m'a attaquée.”

 

“ D’accord mais commencez pas le début Sara. Pourquoi est-ce que vous étiez là bas?” demanda Grissom

 

Les sourcils de Sara se froncèrent légèrement le temps qu’elle mette sa réponse en forme “Nick et moi travaillions sur le cas d'Aliyah Badem.” Dit elle lentement. “ Ensuite vous m'avez enlevé le cas.” Elle jeta un coup d'oeil à Grissom. “ Pour le donner à… à…” Sa gorge se serra “ Catherine…  ”

 

“Oui c’est vrai” le visage de Grissom était fermé

 

“J’avais pris des notes… et les indices m’avaient conduite à un certain Jordanie Burke, le frère de Joseph.” Elle se pinça les lèvres. “Il avait une chambre dans ce motel.” 

 

“ Le motel où Lascif et Max t’ont agressée?” demanda Warrick.

 

Sara fit un signe de la tête. 

 

“Je ne connais pas leurs noms mais je reconnaîtrait leurs visages sans peine. Je suis allée voir si je trouvais Jordanie Burke mais j'ai trouvé la chambre vide. J'ai dit au directeur du motel que j'étais une CSI et que j'avais besoin de fouiller cette pièce. Il s'est conformé et n'a pas demandé de mandat. J'ai commencé à chercher des indices… euh… quand ce type m'est tombé dessus. Il était petit et robuste avec une tête rasée. Je lui ai montré mon badge et je lui ai demandé s'il était Jordanie Burke. Il a pris son pistolet et m'a dit de partir. Je ne sais pas exactement comment c’est arrivé, mais je me suis retrouvée en train de me battre avec lui. Nous luttions au sol quand son partenaire, le type à la queue de cheval, est arrivé. Le petit m'a frappée dans l’estomac pendant que le type à la queue de cheval me tenait les mains dans le dos. C'est quand la porte s’est ouverte une nouvelle fois que j'ai vu Greg.” Elle se tourna vers le jeune CSI

 

“ Il a essayé de te sauver, il a voulu te venir en aide, mais ces types l’ont frappé lui aussi.” Marmonna Nick les mâchoires serrées. 

 

Sara reprit : “ Je sais oui… puis ils m'ont mise dans une voiture, m’ont attachée les mains et ont conduit pendant plusieurs kilomètres. Pendant tout le temps où j’étais avec eux, le type à la queue de cheval me frappait, il n’a pas arrêté une seule seconde ! Et puis il a fini par utiliser la crosse de son pistolet pour frapper mon visage.” Sara grimaça.

 

Plus personne ne parlait 

 

“Qu’est qui s'est passé ensuite? ” fini par demander Brass. 

 

“Ils se sont arrêtés quelque part. Ils m'ont frappée de nouveau et… ils sont partis. Ils m’ont laissée là ! Je pense que j'ai entendue le bruit d’un second moteur avant de perdre connaissance quelques secondes. Après ça, vous connaissez la suite…” Sara poussa un  profond soupir, avant d’examiner la mine sombre de ses collègues. 

 

“Quel fils de pute ! Je jure que j’aurai leur peau…” cria Nick qui s’était  levé. 

 

“Nick, asseyez-vous. Nous les bouclerons mais calmez vous !” Grissom était lui-même furieux mais il contrôlait sa rage.

 

“Sara, ce que je ne comprends pas, c’est  pourquoi vous étiez là bas ? Ce n'était plus votre affaire et en plus vous êtes partie seule, sans personne pour vous couvrir.” 

 

Sara fixa son regard sur Grissom : “Je me suis replongée dans mes notes pendant ma pause et j’ai trouvée quelque chose ! J’ai cherché Catherine et Greg pour les prévenir mais je n’ai pas réussi a les trouver ! Alors j’ai pris la décision d’y aller seule ! J'avais peur que Jordanie Burke ne prenne la poudre d’escampette, il fallait faire vite alors je me suis rendue là bas ! ” 

 

Grissom n’en croyait pas ses oreilles, il restait bouche bée devant l’aveu de Sara. Quand il retrouva enfin sa voix, elle n’était plus qu’un mélange de colère et d’incrédulité.“Est-ce que vous avez perdu la tête ? Vous vous êtes mise en danger pour ça. Un CSI n'est jamais supposé se rendre sur le lieu d’un crime sans un agent de police avec lui. En plus ce n’était même pas votre affaire Sara. Vous n'aviez rien à faire là bas ! Toutes les preuves qu’on aurait pu trouver pour les meurtres en série sont irrecevables à cause de vous !  Et pour couronner le tout vous avez été gravement blessée ” 

 

“Je sais.” Marmonna Sara  

 

“Vous savez ! Alors à quoi pensiez vous Sara en allant là bas ?” hurla presque Grissom

 

“Grissom, je pense que vous devriez vous calmer ! On devrait en rester là pour cette fois  ” dit Brass en posant sa main sur l’épaule de son ami.

 

“Je ne veux pas me calmer, Jim ! Sara, vous auriez du attendre que Catherine soit revenue. Vous auriez du lui dire où vous alliez ! C’est elle qui était en charge de l’affaire, de plus elle est votre supérieur ! Si Greg ne vous avait pas poursuivie nous n'aurions jamais su où vous étiez passée !” 

 

“Je suis désolée, Grissom.” Murmura la grande brune

 

“Rentrez chez vous Sara ! ” dit il avant de quitter rapidement la pièce 

 

“Je t’accompagne”  Lui dit doucement Nick.

 

Sara lui fit un simple signe de la tête. 

 

Greg et Catherine restèrent assis là, muets, bien trop bouleversés par ce qui venait de se passer pour pouvoir encore réagir. 

 

 

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Nick et Sara étaient arrivés au parking quand Catherine courut jusqu’à eux. 

 

“Nick, est-ce que tu peux me laisser seule une minute avec Sara, je voudrais lui parler ?” 

 

Le grand brun jeta un rapide coup d’œil vers Sara, avant de lui dire : “ Je t’attends dans ma voiture ! Tu te souviens laquelle c’est maintenant !” 

 

Sara lui sourit et lui fit un signe de la tête. 

 

Quand Nick eu disparu de leur vue, Sara regarda Catherine. Elles ne s’étaient pas parlées depuis le jour où Sara avait déménagé. Ces quelques semaines à vivre ensemble leur semblaient désormais très loin, c’était un peu comme une autre vie. 

 

“Qu'est-ce que tu veux ?” demanda la jeune CSI d’un ton froid. 

 

“Pourquoi est-ce que tu n’as pas dit la vérité à Grissom ?”

 

Catherine voulait savoir. 

 

“Aussi loin que va ma mémoire, je lui ai dit la vérité.” 

 

“Sara, regarde moi ! Ce n'était pas ta faute si tu es allée là bas toute seule. C'était…” 

 

“Je ne veux pas parler de ça avec toi !” affirma fermement Sara.

 

“Sara…”

 

Mais la grande brune s’était déjà mise en route pour aller rejoindre la Tahoe de Nick, laissant une Catherine désarmée derrière elle.  

 

 

 

 

Chapitre Vingt Huit

 

 

Les décisions que vous prenez dans la vie ne sont jamais ni blanches ni noires, il y a toujours un revers à une médaille ! Certaine fois vous prenez une décision en pensant que c’est la meilleure, qu’il n’y a pas d’autre solution et que dans le fond ce n’est pas grave si vous avez été blessé puisque c’était la bonne décision… la seule !

 

Après que Catherine ait vu Sara partir avec Nick, elle rentra chez elle. Elle savait que Sara était têtue, combinez cela avec sa fureur et vous obtenez un mélange d'irrationalité et d’instabilité. Catherine ne comprenait toujours pas pourquoi Sara avait menti à Grissom. La décision de la grande brune de ne pas dire la vérité à Grissom avait sauvé Catherine de terribles représailles.  À part Greg, personne ne saurait jamais pourquoi Sara était partie toute seule à ce motel. Elle devrait être soulagée. Mais au lieu de ça son esprit l’accablait encore et encore ! Elle ne pouvait penser à rien d’autre qu’à Sara. 

 

Elle avait besoin de se changer les idées, de clarifier un peu tout ça dans son esprit, Catherine enfila sa veste et se dirigea droit sur sa voiture. Elle conduisit longtemps… pour finalement se garer sur un parking qui lui était vaguement familier. Elle était tout près de l'appartement de Sara. 

 

Catherine prit un moment pour rassembler ses esprits, lissa ses cheveux avec ses doigts et alla frapper sur la porte qui lui faisait face depuis déjà quelques minutes. 

 

La porte s’ouvrit après le deuxième coup…

 

Les cheveux de Sara étaient ébouriffés et ses yeux étaient presque injectés de sang. Catherine entendit alors une douce musique… du jazz. 

 

“Quelle partie de Je ne veux pas parler de ça avec toi  tu n’as pas compris ?” marmonna Sara une fois le choc passé d’avoir trouvé Catherine à sa porte. 

 

“Est-ce que je peux entrer ?” demanda Catherine qui refusait d’abandonner la partie si facilement. 

 

“ Je t’en prie, fais comme chez toi ! Tu m’as accueillie pendant presque un mois, je peux bien te faire entrer quelques minutes ! Tu connais le chemin ” dit Sara en s’écartant.

 

Catherine se glissa rapidement à l’intérieur et referma la porte. 

 

“Sara, je suis désolée.”  Commença par dire Catherine. 

 

“Je n'ai pas besoin de tes excuses. Si tu es venue pour ça tu peux repartir chez toi ! ” Répliqua Sara en croisant les bras sur son torse. 

 

“ Est-ce que tu veux bien écouter ce que j’ai à te dire ?! ” 

 

“Je sais déjà ce que tu vas me dire ! Donc je vais nous faire gagner du temps à toutes les deux, je n’éprouve aucune rancune envers toi pour ce que tu as fait !” dit Sara d’un ton glacial

 

Catherine avala difficilement : “Je sais que j’ai eu tord… ce que j’ai fait était mal ” 

 

“C'était plutôt ce que tu n'as pas fait qui était mal ! ” 

 

“Oui, je sais… j'aurais dû écouter Greg ! J'aurais dû donner suite à tes notes et ne pas te les renvoyer si facilement.” Admit Catherine “Mais tu m’avais tellement poussée à bout Sara que…” 

 

“Oh, donc maintenant c’est ma faute ?!” 

 

“Non! Ce n’est pas ce que je veux dire !” dit Catherine en baissant la voix. “Je disais juste que parce que nous nous étions disputées un peu plus tôt… je, j’ai pensé que tu essayais de te venger de moi et que c’est pour ça que tu étais partie seule.” 

 

“ Tu ne manques pas d’imagination et je me courbe devant ton humilité” répliqua Sara dans un sourire d’acier.  

 

“Sara, j'essaie de m'excuser !” Catherine faisait un effort surhumain pour maîtriser sa colère. 

 

“Et je t’ai déjà dit que je n'ai pas besoin d'excuses. Par conséquent, je ne vois pas ce que tu fais encore là ! ” 

 

“ Tu as raison, je ne devrais pas être ici ! C'était une énorme erreur. Je pensais que nous étions des amies…” murmura Catherine aigrement. 

 

“Des amies ?” Sara laissa sortir un rire amer. “Nous n'avons jamais été amies, Catherine ! La raison pour laquelle tu m’as ouvert la porte de ta maison, pour t’occuper de moi, c’était ta culpabilité. Cela t’aidait à te sentir mieux ! Tout ça n’avait rien à voir avec moi, tu as fait tout ça pour toi et toi seule ! Ça n’a rien à voir avec l'amitié ! Tu as eu pitié de moi Catherine voilà tout, rien de ce qui s’est passé n’a vraiment de valeur ! ” 

 

“ Pitié ? Pas de valeur ?! Tu crois vraiment que tout ce que nous avons partagé, c’était par pitié ?! ” Catherine n'aurait pas été plus choquée et meurtrie si Sara avait craché sur elle. “ Tu penses que ma fille a commencé à t’aimer par pitié ? Tu penses que l’affection de Lindsay pour toi n’a aucune valeur ?! Est-ce que tu crois que toutes les confidences que je t’ai faites sur mon passé c’était par pitié ? Est-ce que tu crois vraiment que je suis restée à t’écouter me parler de ta famille par pitié ? Et tous ces moments de rire, de joie que nous avons partagé ça n’a aucune valeur ? ” 

 

“Une illusion, un sous-produit de ta pitié pour moi sans aucun doute.”

 

“Comment est-ce que tu peux dire une chose pareille ?” dit la petite blonde l’œil brillant de rage

 

“Catherine, tu devrais t’en aller. Nous n'avons plus rien à nous dire. J’aimerais pouvoir dormir à présent, j’ai vraiment besoin de dormir ! ” 

 

“Mais…” 

 

“Si tu veux m’expliquer tous les problèmes, tout le dérangement que je t’ai causé pendant le temps où j’étais chez toi, je le comprendrai ! J’ai mangé tous les jours, tu m’as fournie de l’eau et de l’électricité, tu n’as qu’à me faire une facture et je t’enverrai un chèque !” 

 

Catherine ne s'était pas rendue compte de ce qu'elle faisait jusqu'à ce qu'elle voie la trace rouge de sa main sur la joue de Sara.

 

 Le temps venait de se suspendre… Elle essaya de dire quelque chose, n'importe quoi, mais son cerveau et le reste de son corps ne lui obéissait plus. 

 

Les yeux de Sara étaient enragés, brûlants de colère. “Sors de ma maison.” Hurla t’elle 

 

“Sara, je n'ai pas fait…” 

 

“Dehors !!! Maintenant !!! Autrement, je jure devant Dieu, que je ne serai pas responsable de ce qui risque d’arriver !” la prévint Sara. 

 

Catherine avait disparue de la vue de la grande brune en une seconde. Sara était si pleine de colère, qu’il était impossible de la calmer, la petite blonde n’arriverait pas à lui parler. Alors quoi qu'elle ait à lui dire, cela devrait attendre. 

 

 

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Max n’avait pas été bien difficile à trouver… et il avait admit sans peine qu’il s’en était pris à Sara. Mais malheureusement il n’avait été d’aucune aide à Brass concernant les homicides. Max affirmait n’avoir jamais rencontré le type qui l’avait payé pour le job et que l’argent promis était arrivé un beau matin sur son compte. Brass avait donc mis ses hommes sur le coup, il n’avait pas d’autre choix que de pister le transfert de fonds.  

 

La nuit suivante, Catherine s’était rendue dans le bureau de Grissom. Il regardait les murs quand elle entra 

 

“ Des paperasseries ? Si vous voulez, je pourrais vous en envoyer quelques-unes des miennes” Plaisanta t’elle

 

Gil sourit faiblement : “Est-ce que je peux vous aider ? Vous vouliez quelque chose, Cath ?” 

 

Elle joua alors nerveusement avec l'ourlet de sa manche : “C'est au sujet de ce que Sara nous a dit hier.” 

 

“Oui et alors qu’est qui ne va pas ?” 

 

“Elle a menti ! ” 

 

Grissom cligna des yeux : “ A quel moment a t’elle menti ?” 

 

“Quand elle a dit qu’elle… qu’elle ne m’avait pas trouvée ! Et que par conséquent c’était pour ça qu’elle était partie seule au motel.” 

 

Gil ne dit rien, attendant simplement que Catherine lui raconte la suite. La petite blonde lui raconta alors toute l’histoire, sa dispute avec Sara, ses notes… Le regard de Grissom était impassible. Quand elle eu finalement terminé de dire la vérité, Catherine n’eu pas la force de croiser le regard de son ami. 

 

“Je suis si fatigué, Catherine ! Je suis fatigué de toujours jouer le juge entre vous deux. Je suis fatigué de vos querelles ! Et maintenant, vous laissez les choses monter tellement haut entre vous deux, que vous mettez sa vie en danger ?”

 

“Je ne pensais pas qu'elle était en danger.” Catherine ravala ses larmes. “Je… je n’étais pas rationnelle à ce moment là, j’étais en colère.” 

 

“Et Sara a presque été tuée, elle a été violemment battue, elle a perdu la mémoire, tout ça parce que vous étiez en colère et que vous avez été incapable de réfléchir aux conséquences ”

 

“Je suis désolée ! Si j’avais su j’aurai fait les choses autrement ! Si j’avais su je serai allée avec Sara, je ne l’aurai pas laissée seule ! Je n’aurai pas abandonné Sara, je serai allée avec elle ! Oh Grissom, je n'ai jamais eu l'intention de la blesser.” Dit elle en pleurant

 

“Malheureusement vous l’avez fait…” 

 

 

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Cette nuit là, Sara ne trouva pas le sommeil… Elle était bien trop contrariée pour ça !

 

Elle n'était pas capable de fermer les yeux sans que ses pensées ne la ramènent vers Catherine et leur violente bagarre. Elle pouvait encore sentir la finesse de la paume de Catherine contre sa joue…

 

Pendant de longues heures, Sara avait bouilli de colère. L'image de Catherine faisait bouillonner son sang. Et puis les souvenirs de jours plus heureux passés auprès de la petite blonde avaient pris le pas sur sa colère. A présent Sara était remplie de honte…. et de colère à son égard face à sa propre bêtise. Le corps tout entier de Sara était en feu, et sa tension montait dangereusement, elle devait se lever pour occuper son esprit ! 

 

Il n'y avait rien à la TV,  sauf des comédies et des vieux films en noir et blanc que Sara avait déjà vu au moins cent fois chacun. 

 

Elle essaya alors de se concentrer en lisant un livre mais les mots ne semblaient pas vouloir pénétrer son esprit. Elle décida alors de travailler. Elle prit une feuille de papier et écrivit chaque détail qui lui revenait concernant le tueur de l'éclipse. Elle essaya d'exclure de son cerveau la petite voix ricanante qui lui disait que Grissom n'accepterai jamais ses notes. 

 

La plus grande partie de sa mémoire lui était revenue mais elle devait avouer qu’elle avait encore quelques souvenirs qui lui manquaient : par exemple, elle ne se souvenait pas du moment précis où elle était devenue CSI de Niveau 3, elle ne se souvenait pas non plus des indices exacts qui l'avaient menée au motel de Jordanie Burke.

 

Plus tard, entourée de ses livres, son cahier sur son genou Sara travaillai d’arrache pieds pour décoder les notes qui étaient inscrites sur ses feuilles. Elle y mit autant de ferveur que lorsqu’elle solutionnait peu à peu un problème de math. 

 

Elle n'avait pas entendu la sonnette la première fois, ce ne fut que la seconde fois qu’elle attira enfin son attention. Surprise, elle jeta un coup d'oeil à sa montre. Il était 3 heures du matin. Il n’y avait pas beaucoup de gens qui venaient chez elle à cette heure ci. Mais si elle voulait être honnête avec elle-même, en règle générale elle n’avait pas beaucoup de gens qui venaient la voir tout court, quelque soit l'heure, dans  son appartement. 

 

Elle se rendit dans sa chambre et en rapporta son Glock. Elle le glissa sous sa chemise, avec une main autour de la gâchette. Sara entrebâilla alors la porte avec la chaîne. Elle fut soulagée et surprise de trouver Grissom devant sa porte. 

 

“Est-ce que je peux entrer ?”  Demanda t’il

 

Sara ouvrit la porte : “Mais qu'est-ce que vous faites ici à cette heure ?” 

 

“Je suis désolé de venir si tard sans vous avoir appeler d’abord.” Il  paraissait énervé et un petit peu secoué.

 

Sara posa alors sa main sur son bras : “Venez à l’intérieur ! Est-ce que vous aimeriez boire quelque chose ?” 

 

“Non, je suis encore en service ! Mais ce que j’ai à vous dire ne prendra pas longtemps. ” 

 

Sara plia ses bras sur sa poitrine et attendit la suite.

 

“C'est au sujet de… votre accident.” 

 

Sara soupira. “ Ecoutez Grissom, je sais que j'ai eu tort et que j’aurais dû dire à Catherine que…!” 

 

“Oui… Mais je comprends aussi pourquoi vous ne l'avez pas fait.” Il se rapprocha d’elle “Catherine m'a dit la vérité.” 

 

Le silence tomba entre eux, chacun attendant que l'autre dise quelque chose.

 

Finalement, ce fut Sara qui parla la première : “Oh… Bien d'accord.” 

 

“Pourquoi est-ce que vous ne n’avez pas dit la vérité ? ” Il  chercha ses yeux. 

 

“Je ne voulais pas que vous soyez obligé de choisir entre elle ou moi ! Une petite semaine de suspension ne me fera pas de mal, j’aurai le temps de réfléchir comme ça ! Ça m’aidera sûrement à me calmer !” 

 

“Je sais ce qui vous aidera : le travail.” Dit Grissom en inclinant la tête. 

 

Sara fronça les sourcils : “Qu'est-ce que ça veut dire?” 

 

“Je vous veux dans le laboratoire, Sara ! J’ai  besoin de vous pour cette affaire ” Sa main hésita un instant avant de toucher doucement l’épaule de Sara : “J'ai besoin de vous…” 

 

“Comme une collègue ou comme une amie ?” 

 

“Ni l'un ni l'autre.” les yeux de Grissom s’assombrirent “J'ai besoin de vous comme… quelque chose de plus dans ma vie ! ” 

 

“Grissom ?” Elle le regarda incertaine 

 

“Sara, je sais que j'ai déjà mis le désordre dans nos rapports. Je pensais que je pourrais fuir loin de mes émotions, de mes sentiments pour vous et que notre relation resterait purement professionnelle. Mais contrairement à ce que tout le monde pense, je suis un être humain !” dit il dans un sourire sombre. “J'ai laissé passer ma chance avec vous et vous êtes libre de me dire que j’arrive trop tard. Je veux juste que vous sachiez que… vous avez beaucoup comptée pour moi… vous comptez pour moi Sara.” 

 

“J'admets que j'étais… attirée par vous.” Dit Sara avec soin. “Je… seulement voilà… maintenant…” Elle cherchait les mots justes pour lui expliquer. 

 

“Je comprends.” La coupa rapidement Grissom “Je n’exerce pas la moindre pression sur vous. J’avais juste besoin de vous le dire, je n’attends rien de votre part, mais peu être qu'avec le temps...” 

 

Elle couvrit la main de Gil avec la sienne : “Je n'ai même pas encore eu l’occasion de vous dire merci pour le dîner de l'autre soir. C’était merveilleux et je sais à quel point vous détestez tous ces rendez vous extravagants. Mais cela m’a fait très plaisir de manger hindou” 

 

“Je ne déteste pas, enfin pas avec vous Sara  ” Il sourit. 

 

“Encore merci ” 

 

“Cela sone comme si je vous avais fait la plus grande des faveurs.” 

 

Sara se murmura intérieurement–Vous n'avez pas idée.

 

“Je pense que toute femme serait flattée. Nous devrions le refaire un jour.” 

 

Gil fut étonné : “Vous voulez un autre rendez vous aussi extravagant ?” 

 

“Un rendez vous, oui mais je me soucie peu de savoir s’il sera extravagant ou non ” 

 

“Je… je…J'aimerai cela. Que diriez vous d’un déjeuner ?” 

 

Elle força son sourire. “ Cela me semble très bien ! ” 

 

“Parfait ! Allez dormir un peu ! Et souvenez vous, je vous attends demain soir au labo” 

 

 

 

Chapitre Vingt Neuf

 

 

Sara se sentait comme si elle marchait au ralenti dans les couloirs du laboratoire. Elle était terrifiée à l’idée de reprendre son poste. Bien sûr, elle savait qu'elle était idiote. C'étaient des gens avec qui elle avait travaillé pendant six ans qui arpentaient ces couloirs, ils n’avaient aucune raison de se montrer méchants ou agressifs avec elle. Tout allait bien se passer !

 

Elle percuta alors Hodges qui sortait de son laboratoire à toute allure. Sara se crispa, attendant sagement que son collègue lui lance une de ses plaisanteries arrogantes dont il avait le secret, mais à sa grande surprise il n’en fit rien, il lui sourit et Sara trouva ça encore plus étrange que son sens de l’humour. Elle obtint exactement la même réaction de la part d'Ecklie. A la place de son “bonjour” froid habituel il lui sourit et la salua gaiement. 

 

Elle reconnut alors la musique rock qui ne pouvait venir que du laboratoire de Greg. 

 

“Tu sais Greg, ton choix de musique me dérange sérieusement ! Enfin si on peut appeller ça de la musique, je ne suis pas sûre que Marilyn Manson soit vraiment de la musique !  ” dit Sara en entrant dans le labo d'un air affecté.

 

“Finalement quelqu'un qui est d'accord avec moi.” Dit Nick en entrant juste derrière la grande brune “Hé Sara, bienvenue à la maison.” 

 

“ Et Nick surveille tes mains ! Pas question que tu l’embrasses avant moi ! ” dit Greg en sautant de son siège “Je suis le chevalier en armure d’argent qui a essayé de la sauver des griffes de ces sales types ” 

 

“Je me demande bien qui a vraiment eu besoin d’être sauvé.” Dit Nick en roulant des yeux. 

 

“Gamins ” soupira Warrick en arrivant, il sourit à Sara. “Heureux de te retrouver ” 

 

Sara lui donna sourire, un sourire très chaleureux : “C'est agréable d'être ici ! ” 

 

 

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Sara avait tout de suite repris ses points de repère et n’avait pas tardé à reprendre ses recherches sur Jordanie Burke, elle fouilla les moindres détails de sa vie. 

 

En apparence, Jordanie Burke avait été un étudiant moyen. Il avait reçu un diplôme de génie automobile et s’était fait embaucher par un garage local. Il était plutôt du genre discret, personne ne lui connaissait de vie amoureuse. Sara fut frappée par le fait que Jordanie n’avait plus émis de chèque et ne s’était pas présenté à son emploi depuis l’accident de son frère. C'était comme si, lorsque Joseph fut mort  Jordanie était mort à son tour. 

 

Pour permettre à Sara de bien reprendre ses marques et de ne pas être trop chamboulée le premier jour, Grissom ne lui avait pas assigné de nouveau cas. Elle travaillait uniquement sur l’affaire du tueur de l’éclipse.  Il passait la voir fréquemment pour être sûr qu’elle allait bien.

 

Si Sara avait été surprise par son comportement un peu étrange, elle ne l'avait pas montré. Fut un temps où elle aurait été flattée de toute l’attention qu’il lui portait mais cela remontait déjà à loin… à très loin, pensa t’elle dans un sourire.

 

Elle surprit alors quelque chose d’étrange dans le regard de Nick, Warrick et Greg. Grissom venait de s’asseoir tout près d’elle et les garçons avaient souri… Warrick lui avait souri comme l’aurait fait un grand frère, l’un de ces sourires qui voulait dire qu’il était heureux pour elle. 

 

Comme pour Catherine… Catherine lui avait déjà souri de cette façon… mais Sara n'avait aucune idée de ce que pouvait bien penser la petite blonde. Elle n'avait pas encore vu sa collègue depuis qu'elle était revenue. D'après Greg, Catherine avait été assignée à un double meurtre à Henderson. Sara fut quelque peu soulagée de ne pas être obligée d’affronter Catherine tout de suite. Bien qu’une infime partie d’elle était déçue, elle aurait aimé apercevoir la petite blonde quelques secondes. Avant de se laisser de nouveau submerger pas ses émotions, Sara se plongea de nouveau dans son travail. 

 

La jeune CSI savait déjà que toutes les victimes avaient le même point commun, chacune était originaire, ou avait des parents originaires du pays où avait eu l’éclipse. Mais Sara savait qu'il devait y avoir une façon plus directe de les relier les unes aux autres. Tous ses indices la ramenaient toujours aux frères Burke. Les hommes de Brass avaient découvert que le compte sur lequel on avait versé l’argent pour Max et Lascif avait été ouvert sous le nom de Joseph Burke. Le problème était que ce frère Burke était mort et l'autre manquait à l’appel. Ils étaient pourtant les deux principaux suspects dans cette affaire.

 

Sara essaya pendant de longues heures d’établir un lien entre toutes les victimes mais ce fut peine perdue ! Elle avait besoin de faire une pause, elle avait besoin d’un café.  Elle s’étira longuement une fois en salle de pause, elle prit une tasse de café et se dirigea de nouveau vers son labo…

 

Une fois dans le couloir, Sara aurait juré qu’on venait de l’appeler. Elle regarda les couloirs autour d’elle mais elle ne vit  personne. Fronçant les sourcils, elle continua sa marche quand le cri se fit de nouveau entendre. Sara remarqua alors qu’elle se trouvait devant le bureau de Catherine. Et le cri semblait provenir de l’intérieur,  Sara vit alors une fille blonde lui faire signe. 

 

“Lindsay !” un sourire enchanté se dessina alors sur ses lèvres. Sans penser, à ce qu’elle faisait, Sara ouvrit la porte. 

 

“Sara !” Lindsay jeta ses bras autour de la grande brune dans une étreinte pleine de tendresse.

 

Sara rendit l'étreinte à la fillette. La grande brune sentit alors des larmes se dessiner dans le coin de ses yeux, elle les essuya rapidement d’un revers de manche. 

 

“Comment est-ce que tu te sens Sara ?” demanda Lindsay “ Tu m’as tellement manquée ” 

 

“Je vais bien et tu m’as manquée aussi gamine ! Comment se passent les choses pour toi Linds ? Est-ce que ça va ? ” 

 

“La maison est si vide depuis que tu n’es plus là ! Il n’y a personne pour jouer avec moi, m'aider avec mes devoirs ou me parler.” Bouda Lindsay 

 

“Ta Maman est là.” 

 

“Maman est toujours de mauvaise humeur en ce moment.” 

 

“Oh...” 

 

“ Pourquoi tu ne m’as pas téléphonée ? Tu m’as déjà oubliée ? ” L’accusa Lindsay. 

 

“Bien sûr que non !” Sara se rapprocha de la fillette pour une autre étreinte. “Mais j'ai été un peu occupée dernièrement.” 

 

“Est-ce que tu viendras me voir quand tu seras moins occupée ?”  demanda t’elle. 

 

“Je… j'essaierai ” dit Sara dans un sourire  “Mais toi tu peux venir me voir quand tu veux !” 

 

“Vraiment ?” dit elle les yeux brillants

 

Lindsay avait les mêmes yeux bleus que ceux de sa mère, ils avaient le pouvoir de vous foudroyer sur place ou de vous réchauffer le cœur. 

 

“Vraiment ! Tu passes quand tu veux ! ” 

 

“Je pourrais venir chez toi demain ?” Lindsay sautait d’impatience. 

 

“Demain...?” 

 

“Ouais, après ma pièce de théâtre.” 

 

“Ta … oh mon Dieu, c'est ta pièce de théâtre demain.” Sara se frotta le front. “J'ai totalement oublié.” 

 

“Et je veux t’inviter.” Dit Lindsay en lui tendant un petit carton d’invitation. 

 

“Je…” Sara saisit la carte “Merci, Lindsay.” 

 

“ Tu viendras dis ?” 

 

“ Je ferais de mon mieux …” lui dit Sara dans un sourire

 

“Et alors après nous irons chez toi ?” 

 

“Bien sûr, si ça te fait plaisir ” 

 

“Alors c’est parfait ! ” répondit Lindsay un sourire rempli de satisfaction sur les lèvres

 

 

 

Chapitre Trente

 

 

Catherine salua quelques parents qu’elle avait reconnus et leur sourit. La plupart d’entre eux étaient des couples. Mais cela ne gêna pas la petite blonde.

 

Ce soir était un grand soir ! L'école Alexander Dawson avait toujours accordé beaucoup d’importance à son département d’art et ce soir c’est Lindsay qui avait le rôle principal ! Catherine avait de quoi être fière, et elle n’avait pas besoin d’un mari à ses côtés pour briller ce soir ! 

 

Elle entendit soudain Nancy prévenir Jeremy d’être sage, que c’était un soir important pour sa cousine. Ils se dirigèrent ensuite tous les trois dans les allées pour être placés. Un jeune garçon leur prit leur billet et leur indiqua leur place : “ Troisième ligne, 62, 63 et 64.” Dit-il en pointant du doigt. Catherine et Nancy lui sourirent poliment : “ Merci ”

 

Une demi-heure plus tard tout le monde était installé et les lumières se tamisèrent. Le professeur de théâtre, une femme entre deux âges, fut chaleureusement accueillie par les parents et les invités. Elle déclama alors un petit discours rapide et laissa la place à la première partie du spectacle. Laurel et Hardy entrèrent alors sur scène, le public rit de bon coeur des bouffonneries des comiques célèbres, qui pour l’occasion avaient retrouvé leurs 13 ans.

 

Le grand moment de la soirée était proche… Le marchand de Venise allait bientôt commencer. 

 

Catherine s’assura une dernière fois que Nancy avait bien de quoi filmer l’événement. Le rideau se leva et une ville italienne médiévale apparue. Au milieu de la scène, habillée en homme, un manteau à capuche et chapeau garni de plumes, une petite silhouette se déplaçait déjà   

 

“ Je ne sais pas pourquoi je suis si triste… une telle tristesse n’a pas lieu d’être ! Comment l’ais-je attrapée, comment ais-je pu l’obtenir”

 

“C'est Lindsay !” dit Catherine d’une manière enthousiaste. Nancy  fit un signe de la tête et lui sourit, en braquant toujours la caméra sur Lindsay. 

 

La pièce de théâtre allait doucement mais Catherine était captivée par les performances. Elle n'avait jamais assisté à une pièce de théâtre Shakespearienne ! Cependant même son oeil inexpérimenté pouvait voir combien les décors ne faisaient pas authentique. Mais ça lui était égal… Elle était captivée par Lindsay. Voir sa fille posséder une telle confiance en elle sur la scène, savoir qu’elle avait travaillé dur pour retenir ses dialogues par cœur la remplissait de fierté.  

 

La pièce se poursuivit et là… Lindsay  rencontra  un petit souci, elle buta légèrement sur sa réplique : “Par conséquent, ces chagrins et ces pertes m'ont rabattu ainsi…” Lindsay  jeta un coup d'oeil à ses camardes autour d’elle. “Trompez-vous… m'a rabattu… euhh…” 

 

C’était un vrai cauchemar pour Catherine, des murmures et des chuchotements commencèrent à s’élever dans la salle. Elle aurait voulu que sa fille regarde dans sa direction mais Lindsay cherchait désespérément sa réplique au fond de son esprit.  

 

“Ces chagrins et ces pertes m'ont rabattu ainsi…” Lindsay répéta encore une fois. 

 

“Lindsay, Chérie oublie la ligne et va à la suivante” se disait silencieusement Catherine, ses mains serrées l’une contre l’autre. 

 

“M'a rabattu... je…” Lindsay se mordit la lèvre et ses genoux commencèrent à trembler.

 

“ Mon dieu Cath, elle panique, fais quelque chose ! ” murmura Nancy

 

Mais Catherine ne pouvait rien faire.

 

Poussin, regarde Maman. Regarde-moi, chérie. Tout va bien se passer, respire – Catherine avait presque oublié qu’elle n’avait pas de pouvoirs télépathiques. 

 

C'est quand elle entendit un chuchotement à côté d'elle, qu’elle se tourna vers sa gauche, prête à défendre sa fille bec et ongle.

 

Son coeur s’arrêta une seconde quand elle reconnu la personne assise à côté d’elle. 

 

Sara… c’était Sara !

 

Elle murmura alors Livre et attrapa un bout de peau sur sa main. Le regard de Lindsay s’arrêta finalement sur elle. La fillette dévisagea d’abord Sara avec confusion, en essayant de comprendre ce que la brune lui disait. Et alors ce fut le flash... Lindsay  prit un souffle profond et se calma

 

“Ces chagrins et ces pertes m'ont rabattu ainsi j'épargnerai une livre de chair à peine sanglante pour mon créancier” 

 

La pièce reprit alors normalement.

 

Les battements de cœur de Sara revenaient enfin à la normale. Pendant un moment, elle avait  été presque prête à se lever  et à hurler les lignes qui manquaient à Lindsay.

 

“Merci.” Chuchota Catherine, vraiment touchée. 

 

Sara ne la regarda même pas : “ Pas de quoi ...” 

 

 

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C’est sous un tonnerre d’applaudissements que Lindsay quitta la scène. Les lumières se rallumèrent enfin. 

 

“Sara ? ” Nancy avait  été étonnée de découvrir la grande brune ici   

 

“Salut Nancy.” La salua maladroitement Sara

 

“C'est agréable de te voir.” Dit Nancy en lui souriant, tout un jetant un regard rempli d’interrogations sur Catherine. 

 

“Merci. Lindsay m’a donnée une invitation, donc, humm… ouais… je suis venue ! ” 

 

Un silence inconfortable tomba soudain sur elles. La salle commençait peu à peu à se vider, Jeremy commença à se faufiler, Nancy et Catherine furent donc obligées de le suivre. Sara les avait suivis en fermant la marche, ses mains à l'intérieur de sa veste. Après une heure de longue discussion avec elle-même, à savoir si elle devait venir ou non, Sara avait décidé qu’il était plus important pour elle de faire plaisir à la fillette, plutôt que de penser à ses problèmes avec Catherine. Elle avait ravalé sa fierté et était venue voir jouer Lindsay. 

 

Lindsay arriva enfin vers eux. Catherine la prit tendrement dans ses bras et ne tarit pas d’éloges. A son tour Nancy embrassa sa nièce pendant que Jeremy riait bêtement en disant à sa cousine qu’elle avait une drôle d’allure avec des habits de garçon.

 

Lindsay se tourna alors vers Sara qui attendait son tour silencieusement. 

 

“Sara, tu es venue et je t’ai déçue ! Je suis désolée… on avait pourtant bien répété, je suis désolée…” Catherine détecta une vraie souffrance dans la voix de sa fille et elle sentit son coeur gronder sourdement encore une fois. 

 

“Déçue ?! N'importe quoi gamine. Nous faisons tous des erreurs ! Est-ce que tu sais combien de prises doivent faire certains acteurs d’Hollywood pour aligner une phrase correctement ??” Sara avait pris une expression très sérieuse : “Le théâtre c’est du direct ! Le théâtre c’est pour les vrais artistes comme toi ! ” 

 

“Tu penses vraiment que j’ai bien joué ?” demanda Lindsay avec inquiétude. 

 

“Je penses que tu es la future étoile du théâtre. Tu étais absolument géniale ” lui répondit Sara 

 

“Merveilleux, je suis si contente ! Est-ce que nous pouvons aller chez toi maintenant ?” 

 

Catherine grimaça : “Pardon ?” 

 

“Sara a dit qu’on pourrait venir chez elle après la pièce de théâtre.” 

   

Nancy fut alors prise d’une toux nerveuse. “Je pense que je vais rentrer, je travaille demain ! On se voit plus tard . Sara, ça m’a fait plaisir de te voir ” 

 

Catherine attrapa alors sa sœur par le coude et l’emmena un peu à l’écart : “ Tu ne peux pas me lâcher comme ça !”

 

“Pourquoi ça ? Je n’ai aucune envie de jouer la troisième roue du carrosse !”

 

“Mais je ne peux pas aller à son appartement !” gémit Catherine. 

 

“Ma chère sœur tu es toute seule sur ce coup là ! Ne compte pas sur moi pour te sortir de là !” dit Nancy en lui faisant un clin d’œil avant de s’éloigner

 

“Merci et vive la solidarité entre sœurs ! ” grogna Catherine. 

 

Sara était déchirée, perturbée par cent désirs incompatibles à la fois !  Et elle ne savait pas quoi dire quand elle vit Catherine revenir vers elle. 

 

“Lindsay, nous ne devrions pas déranger Sara.” Marmonna Catherine à sa fille. “Elle doit être fatiguée.” 

 

“Mais elle a dit…” 

 

“Je sais ce qu'elle a dit ! Mais cela ne veut pas dire que tu puisses l'importuner. Un autre jour, chérie, ok ?” 

 

Lindsay gémit : “Mais… Depuis qu’elle est partie, je n'ai pas vu Sara. Et puis tu ne me parles jamais d'elle.” 

 

Catherine jeta un rapide coup d’œil à Sara qui s'était agenouillée près de Lindsay et l’avait prise brièvement dans ses bras : “Catherine, s’il te plaît…” avait dit Sara en tournant ses grands yeux noisette vers la petite blonde 

 

“Bien, je…” 

 

“Maman, s'il te plaît !” insista à son tour Lindsay 

 

“Je la dépose chez toi quand nous aurons fini, c’est promis” lui dit Sara 

 

Catherine se rendit alors compte, avec déception, que l'invitation de Sara ne l'avait jamais incluse. Elle rassembla un sourire courageux et donna son accord. Elle regarda sa fille prendre la main de Sara et s’éloigner avec elle. 

 

Catherine fit signe à sa fille et vit Sara ouvrir la porte du côté conducteur. La grande brune ne s’était même pas tournée vers elle pour lui offrir un au revoir. Le moteur gronda et la voiture partit au loin.

 

Catherine prit à son tour sa voiture et rentra chez elle, elle savait qu'elle était puérile mais c’était plus fort qu’elle, Sara avait seulement invité Lindsay, c’était stupide, elle n’avait pas à être jalouse d’une enfant de 12 ans… Et puis c’était normal que Sara lui préfère sa fille… Lindsay ne l’avait pas giflée elle !...

 

 

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Ce week-end avait été long pour Catherine vraiment très long… Lindsay n’avait pas cessé de lui demander de passer le week-end avec Sara. Depuis que la grande brune l’avait déposée devant la porte vendredi soir, Lindsay n’avait plus eu que deux mot à la bouche : Sara et l’appartement de Sara !

 

Ce n'était pas que Catherine n'avait pas confiance en Sara pour garder sa fille tout un week-end, elle savait que Sara adorait Lindsay et inversement. C’était juste qu’elle n’avait plus confiance en ses propres sensations, Catherine était perdue lorsqu’il s’agissait de Sara.

 

Les yeux de Lindsay étaient ronds comme des soucoupes pendant qu'elle racontait à sa mère comment Sara lui avait servi sont goûter sur son comptoir de cuisine, elle lui parla de son  ordinateur et des jeux de Sara, elle lui parla même des livres avec des ‘images‘ trop cool d'étoiles et de planètes. A en écouter sa fille, Catherine ne pouvait pas empêcher son estomac de se tordre de l’intérieur. 

 

Catherine avait pensé que laisser Lindsay passer du temps avec Sara n'était pas une mauvaise idée après tout. Sa fille pourrait être le lien entre elle et la grande brune. Et peut-être qu’avec un peu de chance elles réussiraient de nouveau à se parler. Mais plus Lindsay passait du temps avec Sara, plus elle en parlait à sa mère et plus Catherine se rendait compte qu’il était dur pour elle d’oublier la brune. 

 

Bien sûr, elle avait ses rendez vous, des tas de rendez vous. Mais chaque fois que quelqu'un la touchait, elle ne pouvait s’empêchait de penser à Sara… L’image de Sara habitait toujours son esprit dans ces moments là. Elle ne pouvait pas oublier l'étincelle qu’avait allumé la jeune femme en la touchant. 

 

Il lui restait son travail… Mais elle aurait été plus concentrée si elle ne cherchait pas toujours à croiser Sara dans les couloirs. 

 

Elle avait la TÉLÉ, le divertissement ultime ! Mais Catherine avait encore le réflexe de tourner la tête pour parler à Sara. Et son coeur se brisait chaque fois qu’elle découvrait qu'elle était toute seule sur le divan. 

 

Bien sûr, il y avait sa collection de CDs, il lui restait la musique. Mais est-ce qu'elle pourrait encore écouter ces airs de la même façon, en sachant qu'elle avait entendu Sara les fredonner ? 

 

Et toutes les fois que Catherine se rendait compte qu'elle n'avait pas pensé à Sara pendant quelques temps, elle commençait immédiatement à repenser à elle ! C’était un cercle sans fin…

 

Et laisser Lindsay passer du temps avec la jeune CSI n'aidait pas, sans aucun doute, non cela ne l’aidait absolument pas… 

 

 

Partie VIII

 

 

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