Chapitre Trente Un  

 

 

Grissom fronça les sourcils et se racla la gorge pour obtenir l’attention de Sara. Il l’avait enfin invitée pour leur déjeuner « exubérant ou non »    

 

“Quoi ? Pardon ?” 

 

“Vous n'avez pas entendu ce que j'ai dit ?”

 

“Je suis désolée.” Elle soupira “Qu'est-ce que vous disiez ?” 

 

“Sara, est-ce que quelque chose vous trouble ?”

 

“Non” 

 

“Est-ce que vous avez parlé au Dr. Rothman ?” 

 

“Oui.” 

 

“Et qu'est-ce qu'il a dit?” 

 

“Il a dit que je faisait un petit blocage… mais que ça passerait avec le temps” 

 

“Vraiment ?” 

 

Elle se pinça les lèvres. “Il n'y a rien de médical là dedans, si c'est ce que vous vous demandez.” 

 

“Vous êtes plus distante avec moi depuis quelques temps.” 

 

“Définissez distante” 

 

“Sara ! ” Grissom soupira

 

“Définissez distante”  répéta t’elle très sérieuse. 

 

“Quand vous êtes avec moi, vous n'êtes pas vraiment avec moi ! C'est comme si vos pensées étaient ailleurs…” 

 

“Je suppose que je suis encore un peu accablée.” Essaya d'expliquer Sara 

 

“Et est-ce que c’est moi qui vous accable ?” 

 

“Je… je ne suis pas sûre ” admit elle “Toutes ces années où j’avais des sentiments pour vous et ou vous ne m'avez jamais regardée, c’est étrange voilà tout ! ” 

 

“Ce n’est pas juste Sara, j’ai toujours eu des sentiments pour vous, c’est juste que je ne savais pas quoi en faire !” protesta t’il

 

“Et maintenant c'est moi qui ne sais pas quoi faire.” 

 

“Est-ce que vous êtes fâchée avec moi ? Vous êtes en colère ? ” 

 

Sara réfléchit. “J’ai toujours cru que oui ! Je n’ai jamais su comment vous marchiez et je n’ai jamais vraiment bien compris ce qu’il y avait entre nous. Je me suis toujours demandée si ce n’était pas une simple fascination de ma part ou s’il y a vraiment plus… mais vous avez tellement tardé à vous décider que je ne sais plus moi-même…” 

 

“J'étais en conflit avec moi-même.” essaya de se justifier Grissom 

 

“Je sais et je le comprends maintenant… vraiment ! Je comprends comme c’est difficile de définir la ligne entre professionnel et personnel.” 

 

Grissom essaya d'attraper son regard mais elle ne le regardait pas. Il attrapa sa main mais le contact de Sara fut froid, presque sans réaction. La grande brune dégagea alors sa main pour commencer à jouer avec la salière posée sur la table. Ce qu'il avait suspecté était donc confirmé. 

 

“Est-ce que vous aimez quelqu'un d’autre ?” 

 

Sara ne répondit pas. Mais la salière glissa de ses doigts et se renversa sur la table. 

 

Grissom sentit sa gorge se serrer, pas parce qu’il était possible que Sara aime quelqu'un d’autre mais parce qu'elle ne pouvait pas lui dire en face de qui il s’agissait

 

“Sara ?” 

 

“Grissom, je… Je suis désolée. Je ne sais pas ce qui ne va pas chez moi! ”Dit elle les yeux brillants de larmes

 

“Ce n’est rien Sara… L’amour ça n’est jamais simple ! ” 

 

“Et comment est-ce que vous savez qu'il s’agit bien d’amour ?” questionna elle  

 

“Je n'ai pas de réponse à ça. C’est juste que quelque fois… vous savez ! Voilà tout ” murmura t’il sagement. 

 

“L'amour n'est rien sauf une condition biologique humaine.” Dit Sara amèrement. “ Si c’était vraiment autre chose les gens seraient plus heureux, pourquoi est-ce que c'est si souvent unilatéral ?” 

 

Grissom lui sourit : “C’est un peu comme l'histoire de la Veuve Noire. Une fois, une seule fois le mâle s'accouple avec la femelle, il tente sa chance et elle le tue. Mais imaginez, si les mâles avaient dit, ‘ Avoir du le sexe, veut dire que je vais mourir et je ne veux pas mourir '. Cela aurait des conséquences désastreuses pour l'espèce de la Veuve Noire.” Grissom sourit sagement. “C’est pareil pour vous, vous ne savez pas si votre amour est réciproque ou pas et s'il ne l’est pas, c'est vraiment triste. Mais si il l’est, imaginez un peu les choses merveilleuses qui s’ouvriront à vous, mais pour ça il faut prendre un risque ! Je vous rassure, toutes les histoires ne finissent pas comme celle de la veuve noire !” 

 

Sara écouta sagement son monologue. Elle lui sourit à son tour… c’était plutôt drôle que Grissom ait choisi de lui parler de veuve noire, par certains côtés Catherine lui faisait un peu penser à cet étrange insecte : “Donc, vous pensez qu’aimer n'est pas inutile ?” 

 

“Les êtres humains consacrent tant de temps et d’énergie à glorifier ce sentiment, qu’il serait dommage d’en douter. J'aime à penser que nous sommes assez intelligents pour ne pas aller nous mettre dans les problème et souffrir pour quelque chose d'inutile...” 

 

Il regarda dehors un peu morose. Sara s'en rendit compte : “ C’est ce que vous avez ressentit pour Lady Heather ?” Ses mots sortirent avec soin. 

 

Presque à l'instant, il plongea son regard dans le sien. La confusion et alors la douleur jaillirent dans ses yeux. 

 

“Je crois que nous faisons fausse route tous les deux ! Je pense que je n’ai jamais été réellement amoureuse de vous, enfin pas comme une femme peut aimer un homme ! Je vous voyais plutôt comme un mentor, une figure paternelle. Un complexe d’Œdipe tardif en somme  ” 

 

“Oui sûrement  ” admit il honnêtement. 

 

“Peut-être que… l'exemple de la Veuve Noir peut être utilisé pour vous aussi, hmm?” 

 

“Peut-être.” 

 

Les choses étaient mises au clair à présent, et chacun d’eux savait exactement à quoi s’en tenir. Grissom jeta un coup d'oeil à sa montre : “C'est presque l’heure du changement d’équipe nous devrions y aller ! Est-ce que vous vous sentez prête pour sortir sur le terrain ce soir ?” 

 

“Oui prête ! ”  Répondit elle. 

 

“Parfait, j’aurai peut être besoin d’aide ce soir ! Catherine a pris un jour de congé et Greg a la grippe.” 

 

“Pourquoi est-ce que Catherine a pris un jour de congé ?” 

 

“Quelque chose au sujet de Lindsay… une inscription dans un cours de danse demain matin tôt.” 

 

Cours de danse ? – Pour quelle raison ce renseignement la troublait ? Elle ne pouvait pas vraiment le dire. Sara secoua la tête, et essaya de se calmer. 

 

J'ai vraiment besoin de cesser de toujours penser aux femmes Willows – se dit Sara – Bon, disons que je peux penser à la plus jeune Willows ! Mais continuer de penser à sa mère est une vraie torture il faut vraiment que j’arrête ça, absolument ! Pour la paix de mon esprit. 

 

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Sara se sentait revivre, elle aimait se trouver sur les lieux d’un crime. Elle était à peine arrivée qu'elle sentait déjà le frisson et l'excitation qui l'envahissaient toujours lorsqu’elle cherchait des indices. Elle pouvait entendre Warrick se déplacer autour d'elle et prendre des photos du mort. 

 

“Pauvre type, il a dû être frappé par la malédiction du million de dollars.” Dit-elle à haute voix

 

Warrick secoua la tête avec tristesse lorsque Sara brandit un ticket gagnant devant ses yeux

 

“Les gens ordinaires viennent à Vegas pour devenir riches mais la plupart d’entre eux finit ruiné ou pire… mort ! ” Marmonna-t-il. 

 

Après avoir relevé les échantillons nécessaires et avoir pris de nouveau quelques photos, les deux CSI s'étaient mis en route pour retourner au labo. Sur le chemin, Warrick avait demandé à la grande brune si elle avait progressé sur l'affaire du tueur de l’éclipse. 

 

“Malheureusement je n'arrive plus à avancer ! Et je sais que d'ici quelques jours on va m'ordonner de refermer cette affaire ! Et en mon âme et conscience je ne peux pas faire ça ! Je sais qu'à la prochaine éclipse solaire, il recommencera. C'est tellement frustrant… À présent je comprends ce que Catherine a dû ressentir la première fois ! ” Gémit elle. 

 

“Ce n'est pas facile pour toi, Sara…  Peut-être que tu as plus de mal à cause de ton accident, la perte de mémoire joue peut-être un rôle dans tout ça ! Il faut que tu reprennes les indices calmement : Les signes, la signature, n'importe quoi qui pourrait mettre un lien entre les victimes…” 

 

“Attends une seconde !” dit Sara en mâchonnant son ongle de pouce comme chaque fois qu'une pensée ou une idée commençaient à émerger dans son esprit. “Quelque chose concernant  les victimes… quelque chose…” 

 

“Sara ?” Warrick était confondu.  

 

“Warrick, est-ce que tu pourrais rouler un petit peu plus vite ?” 

 

“ Bien sûr que je pourrais ” lui dit-il dans un sourire “Mais je doute que cela plaise à Ecklie. Qu'est-ce qui ne va pas ?” 

 

“J'ai besoin de vérifier un truc dans mes dossiers ! J'ai cette sensation d'avoir manqué quelque chose”

 

“D'accord, alors accroche toi !” Dit le CSI  en donnant une pointe d'accélération soudaine en faisant un demi-tour sur la droite

 

Sara s’accrocha à sa ceinture de sécurité comme si sa vie en dépendait. 

 

“Où est-ce qu’on va ?” Demanda-t-elle en constatant que ce n'était pas le chemin pour le laboratoire. 

 

“On va prendre un raccourci” lui dit-il en lui offrant un clin d'œil

 

“Pas vers ma tombe, j'espère ! ”

 

Le véhicule allait de plus en plus vite, il s'engouffra soudain sur une piste sablonneuse.  Sara ferma les yeux, essayant de ne pas penser aux pauvres animaux qui risquaient de passer sous leurs roues.

 

En moins de deux minutes Warrick avait réussi à rejoindre l'autoroute principale. 

 

Sara respira de nouveau et se tourna vers son collègue : “Bon travail.” 

 

“Oui m’dame ! Merci m’dme” Il grimaça. 

 

 

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Plusieurs dossiers recouvraient le bureau de Sara, elle les avait tous ouverts pour pouvoir les comparer les uns avec les autres.

 

“ Merde !” Elle le dit si fort que les techniciens qui marchaient dans les couloirs marquèrent un arrêt pour la dévisager. 

 

“ Tout va bien Sara ?” Demanda alors Warrick. 

 

“Je ne peux pas croire que j'ai manqué ça ! Je suis si stupide.” 

 

“Tu es loin d'être stupide ! Qu'est-ce que tu as manqué ?” 

 

“La danse ” cria-t-elle.

 

Le sourcil du CSI  se dressa, il ne comprenait pas ce que voulait lui dire sa collègue. 

 

“Toutes les victimes avaient pris des cours de danse avant d'être assassinées. Ce salaud à du les repérer lors du premier cours, pendant qu’elles passaient l’évaluation de niveau pour savoir quelle classe intégrer et…” Sara s’arrêta. La peur venait de l'envahir, tout son corps venait de s’engourdir, elle venait de penser à quelque chose…

 

“Warrick, est-ce que Catherine a des origines européennes ? ” 

 

Warrick fut déconcerté par ce changement si soudain dans la discussion. Il ne voyait franchement pas pourquoi Sara s'intéressait soudainement aux origines de sa collègue. Mais il avait appris à ne plus poser de questions lorsqu'il s'agissait de ses deux collègues féminines… Il réfléchit un instant et secoua la tête.

 

“Non, pas que je sache ! Mais si je me souviens bien Eddy avait des origines irlandaises, par sa mère je crois ! ” 

 

“ Merde !” Cria-t-elle en laissant tomber le dossier qu'elle tenait entre ses mains.

 

 

 

Chapitre Trente Deux

 

 

“Bordel Catherine, réponds à ce fichu téléphone ! ” Marmonna Sara qui ne recevait aucune réponse à son appel, sauf celle de la sonnerie continue du téléphone.

 

“Est-ce que quelqu'un sait où est cette classe de danse ?” Demanda soudain Nick très inquiet 

 

“Elle ne me l’a pas dit.” Répondit Grissom. 

 

“Je vais chez Catherine avec un peu de chance elles seront encore là-bas”  dit Warrick en se précipitant hors du labo. 

 

“Allo, Catherine ? ”

 

Tout le monde se figea dans le laboratoire n'écoutant plus que la voix de Sara.

 

“Mon Dieu, Catherine où es tu ?”  

 

Catherine ne répondit pas tout de suite, il lui fallut quelques secondes pour se remettre du choc d'avoir entendu la voix de Sara

 

“Sara ?” 

 

“Dis-moi seulement où tu es ! ” 

 

“Je suis… je suis au Dîner de Joe, je prends un café. Pourquoi ?” 

 

“Où est Lindsay ?” 

 

“Elle passe son évaluation pour des cours de danse” 

 

“Est-ce qu'elle est seule ?” 

 

“Oui.” Catherine devenait nerveuse “Sara, tu m'effraies. Que ce que tu as ?” 

 

“Catherine, où se déroule cette évaluation ?” demanda Sara en essayant de rester calme

 

“C'est au 21-340 Weston Rue Est. Sara, est-ce que tu peux me dire ce qui se passe ?” hurla-t-elle. 

 

“Catherine, vas-y tout de suite ! Et attends nous, nous arrivons avec les voitures de police.” 

 

“ La police ?” dit-elle alarmée “ Mais pourquoi faire ?” 

 

“Écoute-moi…” Sara se mouilla les lèvres. “Toutes les victimes du meurtrier de l’éclipse faisaient partie d'un cours de danse. La classe était au… 340 Rue Weston Est.”

 

Elle entendit soudain Catherine suffoquer

 

“Cath…” Elle ne l’avait pas appelée comme ça depuis bien longtemps…

 

“ Cath… nous arriverons bientôt, nous serons bientôt là !  Attends nous, n’y va pas seule…” 

 

“ Putain ! Merde ! ” Sara n'avait pas pu s'empêcher de jurer quand elle avait entendu que la petite blonde avait raccroché. Elle n'avait aucun doute sur les intentions de Catherine, elle était sûre que la petite blonde s'était déjà précipitée là-bas et qu’elle ne les attendrait pas bien sagement au pied de l’immeuble.  Si Catherine ne se montrait pas prudente, pour la première fois le tueur de l'éclipse risquait de faire deux victimes…

 

Les cinq CSI s'étaient précipité hors du laboratoire… 

 

 

 

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Le ciel était chargé de gros nuages lourds qui menaçaient de céder, le temps était gris à cette heure matinale. La Rue Weston était strictement déserte,  il était encore bien trop tôt pour que les habitants de Vegas aient pris possession de cette rue. 

 

Brass et deux de ses hommes avaient ouvert la marche et étaient montés dans le bâtiment. Derrière lui, Sara et Warrick. La grande brune avait ses doigts solidement refermés sur son pistolet. Dès leur arrivée, ils avaient tout de suite repéré la Denali de Catherine garée devant le bâtiment.  

 

' Le numéro de la salle est bien 21 ?” chuchota Brass dans l’oreille de Sara.

 

Elle fit un simple signe de la tête. 

 

Brass repéra alors rapidement la pièce concernée. À mesure qu’ils s’approchaient, Sara pouvait sentir la tension dans ses muscles. Elle n'avait jamais tiré sur personne et elle espérait qu’elle n'aurait jamais à le faire. Mais si elle devait en arriver là elle n’hésiterait pas une seule seconde. 

 

Brass allait donner ses ordres quand il entendit des voix s'élever derrière la porte. Il échangea un rapide regard avec Warrick et Sara. Warrick plaça alors un doigt sur ses lèvres et  s'approcha furtivement de la porte en plaçant une oreille sur celle-ci.  Brass fit de même. Sara était suffisamment près pour pouvoir entendre elle aussi, les nerfs de son cou se tendaient les uns après les autres. 

 

“ Laissez-la partir et nous pourrons passer un accord !  ”

 

C'était la voix de Catherine...

 

“Un accord ? Vous pensez vraiment que je vais vous croire.” Lui répondit une voix virile “J'ai commis de nombreux meurtres, si ils m'attrapent rien ne me sauvera de la mort ! L’état me plantera une aiguille dans le bras tout simplement ! ” 

 

“ C'est tout ce qu'il mérite !” Marmonna Brass. 

 

“Elle ne vous a rien fait,  elle est innocente, laissez-la s'en aller et prenez-moi à sa place ” 

 

“C’est pour ça que j'ai besoin d'elle… Parce qu'elle est innocente ! Votre sang est bien trop souillé pour plaire à notre Seigneur. Grâce à elle, les maux du monde seront moins lourds à porter.” 

 

Sara resserra ses doigts autour de son arme. Elle sentait les officiers s'agiter derrière elle. 

 

“Vous pensez vraiment que vous vous sortirez de cette histoire sans problèmes ?” lui demanda Catherine en faisant un pas dans sa direction

 

“Ne bougez plus ou je la tue, et si je la tue maintenant, je serai obligé de sacrifier une autre jeune fille le moment venu ! Et je préférerais éviter ça !” 

 

“Prenez-moi à sa place” lui dit Catherine d'une voix implorante

 

Il  rit. “Vous n'avez pas écouté un mot de ce que je vous ai dit tout à l'heure ! Mais puisque vous avez tellement envie de mourir… ne vous inquiétez pas, vous allez mourir. Votre fille sera mon sacrifice à Dieu… mais vous… Je vais aimer vous tuer... Je serais fier de vous tuer car lorsque j'en aurai fini avec vous j’aurai purifié le monde de l'âme du Diable.” 

 

Derrière la porte, Brass devait faire un choix, il savait que ce fou furieux n'hésiterait pas à tuer Catherine et sa fille… Et il le ferait très bientôt. C'était un grand risque à prendre mais il devait le faire,  ils ne pouvaient plus attendre. Il prit Sara par le coude et la tira sur le côté, loin de la porte. Une fois satisfait de la distance, et étant sûr que personne ne les entendrait Brass lui chuchota quelque chose à l'oreille. Sara fronça les sourcils et alors fit un signe de la tête. Elle serra les mâchoires et rangea son pistolet…

 

Brass fit alors signe à Warrick et à ses  hommes de reculer pour rester hors de vue.

 

Warrick jeta un regard inquiet sur Sara mais obéit à Brass sans rien dire. 

 

Sara s'avança vers la porte et frappa de toutes ses forces, en hurlant d'une voix perçante: “Yo Freddie ! Ouvre espèce de gros tas de merde, je sais que tu es là ! Est-ce que tu pensais vraiment que tu allais pouvoir te tirer en me laissant seule avec les gosses ?! Ouvre cette putain de porte, il faut qu'on parle tous les deux !” 

 

Il y eut d'abord un long silence puis la porte s'ouvrit enfin…

 

“Qui êtes vous ?” demanda l'homme en dévisageant Sara.

 

“Vous n’êtes pas Freddie ?! ” Ses yeux brûlaient de colère. 

 

“Non je ne suis pas la personne que vous cherchez ! ” Dit-il en commençant à refermer la porte, Sara glissa alors son pied pour l'empêcher de se refermer. 

 

C’est alors que Brass et ses hommes surgirent. 

 

“Police de Las Vegas, ne bougez plus !” 

 

Tout se passa très vite, l'homme pointe alors son pistolet sur l'un des officiers et lui tira dessus. 

 

“ Faites monter les ambulanciers ! Nous avons un blessé” hurla Warrick.

 

Brass se jeta alors sur l'homme et le plaqua au sol avec l'aide de ses hommes. 

 

Sara s'était alors précipitée dans la pièce... La première chose qu'elle avait vue était Catherine couchée sur le sol. Ses cheveux blonds collés ensemble par du sang. Alarmée, Sara s'était précipitée vers elle. Elle écarta délicatement les cheveux de Catherine pour pourvoir mieux voir cette vilaine blessure qui la préoccupait. Un rapide coup d'oeil lui indiqua que la blessure n'était pas fatale. L'entaille était suffisamment profonde pour avoir fait perdre connaissance à la petite blonde mais pas assez pour la tuer.

 

Sara vit alors Lindsay dans un coin. La fillette était inconsciente et ligotée. 

 

“Tu t’occupes de sortir Lindsay d’ici. Je m'occuperai de Catherine.” Lui dit Warrick en s’agenouillant à côté d'elle. 

 

Sara courut alors libérer la fillette. Lindsay tomba dans ses bras aussi molle et flasque qu'une poupée de chiffon. Il était clair qu'elle avait sûrement été droguée lourdement. Mais Sara ne put s'empêcher de souffler, elle n'avait détecté aucune trace de coup sur l’enfant.

 

Les minutes qui s'écoulèrent leur parurent longues et rapides à la fois… Les ambulanciers étaient montés chercher les blessés. Et Catherine et Lindsay étaient à présent dans une ambulance, Grissom qui était resté au pied de l’immeuble les accompagna jusqu'à l'hôpital .

 

Brass quant à lui, passa les menottes à l'homme qui venait d'être interpellé 

 

 

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Catherine avait vite repris connaissance, et avait exigé qu'on lui fasse le moins de points de suture possible, elle avait également demandé qu'on lui prescrive le strict minimum pour les anti-douleurs.

 

Après quelques examens, les docteurs avaient conclu qu'aucun produit mortel n’était passé dans le système de Lindsay et comme pour leur donner raison, une heure plus tard, la fillette avait ouvert les yeux.

 

Rassuré, sachant que Catherine et Lindsay n'étaient plus en danger, Grissom avait retrouvé son équipe au labo. Le type qu'ils avaient arrêté, d'après le bureau des identifications, était un certain Willis Rookman, aucune adresse personnelle n'était enregistrée à ce nom. Grissom envoya donc Warrick et Nick là où ils l'avaient arrêté, les deux CSI retournèrent donc dans la salle de danse. C'était pour l'instant la seule chose dont ils disposaient. 

 

Sara quant à elle accompagna Brass  en salle d'interrogatoire.

 

Willis Rookman les dévisagea… Ses yeux étaient d’un azur tranchant et n'avaient pas quitté Sara une seule seconde, depuis le moment où elle était entrée dans la salle. Son expression était calme. 

 

“M. Rookman, comment allez vous ? ” Demanda Brass, mais le ton qu'il avait employé laissait bien entendre qu'il ne se souciait pas le moins du monde de son bien-être, sa question était une simple entrée en matière. 

 

“Je vais bien officier.” Murmura Rookman avec mépris. 

 

“Capitaine ! Capitaine Brass.” 

 

Mais Rookman ne l'écoutait déjà plus, il avait tourné son attention vers Sara : “Vous êtes vraiment très belle ” murmura-t-il d'une voix rauque

 

Sara n'ouvrit pas la bouche… Elle n'essaya même pas de le contrarier. Elle n'avait aucune envie de parler à cet homme. La seule chose qu'elle désirait c'était qu'on lui injecte du poison dans les veines, elle était même prête à se porter volontaire pour le faire.

 

“Est-ce que vous alliez tuer Lindsay Willows ?” demanda alors Brass. 

 

“Oui.” Répondit tranquillement Rookman. 

 

“Vous avez quelque chose contre Catherine Willows ?” 

 

“La mère ? Non. Elle n'était même pas supposée être là… Lindsay n'était pas non plus supposée mourir aujourd'hui. Mais sa mère a surgi de nulle part alors j'ai dû accélérer mes plans.” 

 

“Vraiment vous n'alliez pas la tuer ? Et vous ne vous êtes jamais intéressé à Catherine ?  ” dit Sara en  lui jetant un regard dur. 

 

L'homme soupira : “ Je ne m'intéresse pas au diable… Mon plan était déjà prêt de longue date. Le seigneur m’en soit témoin cette petite ne doit pas mourir aujourd'hui ! ” 

 

“Pourquoi voulez vous la tuer?” 

 

“Tuer ? C’est un terme bien sévère. Vous dites tuer et nous pensons immédiatement… oooh c'est à une infraction odieuse. La vérité c’est que nous tuons tout le temps ! Les arbres et les animaux pour la nourriture, pour le plaisir, pour le luxe.” 

 

“Vous avez juste franchi une ligne… Vous avez tué des êtres humains.” 

 

“ J'appellerais plutôt ça : faire le travail de Dieu ” Un premier signe d’émotion traversa alors le visage de Rookman. Le premier depuis que Brass et Sara étaient entrés dans la pièce.

 

“Dieu vous a demandé de tuer des fillettes et des adolescentes innocentes ?” répliqua Sara en fronçant les sourcils. 

 

“Le Seigneur m'a demandé de les sauver, de les sauver de cette existence misérable qui les attendait. Il  a demandé que je les secoure de l'influence satanique de cette génération ! Je les ai simplement aidées à trouver Dieu. A présent elles sont en paix ! ” 

 

“Et vous avez fait ça parce qu'une petite voix dans votre tête vous l’a ordonné ?” demanda Brass  en essayant d'éliminer toute trace de sarcasme dans sa voix. 

 

“Capitaine Brass, vous êtes un incrédule. Je ne vous blâme pas ! La plupart des gens dans votre profession le sont. Vous êtes censés faire régner l'ordre et la justice. Mais ce sont les vrais partisans comme moi qui font le travail de Dieu” 

 

Sara roula ses yeux au ciel : “Vous étiez un brillant étudiant dans les Sciences Astronomiques. Et vous essayez de nous faire croire que d'un seul coup vous êtes devenu un fanatique de Dieu ? Allez, essayez encore je suis sûre que vous pouvez faire mieux ! ” 

 

“Les Sciences sont devenues hérétiques ! Elles défient Dieu à chaque instant ! La science ne comprend pas que notre seigneur n'a pas besoin de prouver son existence !  Il est là voilà tout ! ” 

 

“Pourquoi choisir l'éclipse solaire ? Cela sonne plus comme une influence du culte satanique ! Rien à voir avec la messe habituelle du dimanche ” répliqua Sara 

 

“Est-ce que vous saviez qu'à l'heure où notre Seigneur Jésus-Christ a été crucifié, il y avait une éclipse solaire ?” Il sourit d'un air victorieux devant l’expression du visage de Sara et Brass “Mais bien sûr, je ne m'attends pas à ce que vous le sachiez.” 

 

“ Et c'est pour ça que vous vous êtes mis à faire n'importe quoi ?” demanda Sara. 

 

“Jésus s'est sacrifié pour purifier le monde de ses péchés. Mais ça n'a servi à rien ! Les gens l'ont oublié, déçu, trahi. C'est alors qu'il s'est adressé à moi et qu'il m'a demandé de sauver le plus de jeunes âmes possible.” 

 

“Vous pensez qu'il cherche à nous faire croire qu'il est complètement fou, et qu'il n'est pas responsable de ses actes. Que c’est Dieu le fautif ?” demanda Sara à Brass une fois à l'extérieur de la salle. 

 

Il jeta un dernier regard de dégoût sur la salle derrière lui : “C'est possible. L'influence des médias instruit nos criminels ! Grâce à ça ils savent comment éviter la prison, ou diminuer leur peine” 

 

“Qu'est-ce que nous allons faire? ” soupira-t-elle

 

“ Nous plus rien… C'est à la cour d'en décider à présent !” Dit-il en secouant la tête

 

“J'espère juste que Nick et Warrick auront trouvé quelque chose,  pour que ce sale type pourrisse en prison” 

 

 

 

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“Comment est-ce que vous sentez ?” demanda Grissom assis sur une chaise en métal juste à côté du lit de Catherine.  

 

“Ma tête résonne comme si j'avais un boy’s band qui jouait en continu dans mon crâne et je ne parle même pas de la centaine de fans qui hurle derrière.” Gémit elle “Mais à part ça, je pense que je vais bien.” 

 

“Et Lindsay ?” 

 

“Elle va bien, elle était là il y a quelques minutes encore. Les docteurs sont venus la chercher pour lui faire un contrôle sanguin. ” Le visage de Catherine s’assombrit alors  “Où est il ?” 

 

“En salle d’interrogatoire ! Jim et Sara sont avec lui.” 

 

“Sara a finalement résolu l’affaire n’est ce pas ? Elle l’a fait ?” 

 

Grissom lui fit un signe de la tête. 

 

“Je ne pense pas que je vous ai déjà dit ceci mais…” Catherine sourit. “Vous avez fait preuve d’un sacré jugement…Vous saviez que Sara serait un membre indispensable pour le laboratoire… Et pour notre équipe !” 

 

“ C'est une bonne CSI Catherine, elle est intelligente et dévouée c’est ce qui la rend si précieuse” 

 

“Ouais.” 

 

“Je suis heureux que pour une fois vous soyez d'accord.” 

  

Elle soupira : “Gil... pourquoi est-ce que vous ne m'avez pas suspendue pour avoir mis la vie de Sara en danger ?” 

 

Il se pinça les lèvres : “J'allais le faire... Mais je me suis dit que cela ne résoudrait pas les choses. La vraie offense était envers Sara. C'est elle qui avait besoin de vos excuses.” 

 

“ Elle n'en veut pas… J'ai essayé de lui parler, mais elle ne veut rien entendre ! ” Dit Catherine en baissant la tête. 

 

“Est-ce que vous savez pourquoi elle a menti l'autre jour ? Vous savez pourquoi elle ne vous a pas impliquée dans son accident ?” demanda Grissom

 

Catherine secoua la tête dans une réponse négative. 

 

“Est-ce que vous lui avez demandé ?” 

 

“ Elle m’évite… Elle me parle à peine, Gil.” 

 

“Pourquoi est ce qu’elle vous évite ? Que s’est il passé ?” 

 

“C’est quoi ça, le jeu des 1000 questions ?”  Répondit Catherine frustrée. 

 

“ Non c'est juste que je voulais savoir”

 

” Eh bien je ne peux pas vous répondre… Parce que je ne sais pas”

 

Il secoua la tête. Il lui sourit et caressa doucement sa main avant de se lever de son siège. Grissom s'apprêtait à partir, mais lorsque qu'il arriva à mi-chemin de la porte il s'arrêta : “Catherine ?” 

 

Elle leva la tête et croisa son regard, il la fixa avec douceur : “ Avez-vous déjà pensé que ce n’était pas d’excuses qu’avait besoin Sara… mais qu’elle avait simplement besoin de vous ?” 

 

 

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Chapitre Trente Trois

 

 

 

“Sara, je crois que tu vas adorer ça !” Annonça Nick en entrant dans le laboratoire. 

 

“Dis-moi que tu as quelque chose pour que Rookman croupisse en prison jusqu'à la fin de sa vie.”  Dit-elle en levant les yeux de son microscope. 

 

“Oh oui.... J'ai même mieux”

 

Sara releva ses sourcils, son collègue avait piqué sa curiosité. 

 

“J'ai fait une comparaison de l'échantillon d’ADN de Rookman dans le CODIS ” dit Nick en faisant une pause, pour ménager quelque peu ses effets. “ Et devine quoi ?  Il était dans la base de données.” 

 

“Il a déjà un dossier criminel ?” Sara fronça les sourcils, l'enthousiasme de Nick était compréhensif. 

 

“Il est dans le fichier… inscrit sous le nom de Joseph Burke.” 

 

Sara cligna plusieurs fois des yeux, comme pour être sûre qu’elle avait bien entendu “Joseph Burke? Le Joseph Burke ? Mais il est mort?” 

 

“Il est aussi vivant que toi et moi ! ”

 

“Tu es en train de me dire qu'il n'est pas mort ? Comment est-ce possible ?” 

 

“Grâce à ça.” Lui dit-il en lui montrant la photo d'un homme qui ressemblait à Joseph Burke, sauf que ses cheveux étaient blonds. “C'est Jordanie, son frère ! Teins lui les cheveux,  rase lui cette barbe de quelques jours et tu ne verras pas la différence ! Sa petite amie de l'époque Abigail n'a pas vu la différence non plus, c'est pour ça qu'elle a dit que le corps retrouvé était celui de Joseph.” 

 

“Tu es en train de me dire que dans la voiture c'était Jordanie et pas son frère ! Étant donné que c'était la voiture de Joseph, personne n'a cherché à en savoir plus. Tu penses que Joseph Burke aurait assassiné son frère ? ” Sara fut quelque peu impressionnée par l'ingéniosité de Burke. 

 

“Yep. Et pas de chance pour Joseph, mais lorsqu'il était plus jeune il a commis quelques vols à la tire, son empreinte génétique était donc enregistrée dans le CODIS. Et ça c'est plutôt bon pour nous ! ” 

 

“Donc… qui est Rookman ?” demanda Sara en parcourant le dossier que son collègue venait de lui tendre

 

“Un type qui est mort en 1989. Notre tueur a utilisé son identité depuis, il lui a même volé son numéro de sécurité sociale. Pour ça, son avocat ne pourra pas plaider la folie, il passera forcément par la case prison ! Ça nous laisse largement le temps de préparer un dossier pour le procureur pour qu'il soit également inculpé pour meurtre ”

 

Sara lui sourit en hochant la tête, elle s'apprêtait à quitter le labo lorsque le grand brun l'interpella : “ Et Sara, je voulais te dire que je suis heureux pour toi ...” 

 

Sara stoppa sa marche et dévisagea le texan : “ Pourquoi ?” 

 

“Toi et Grissom.” Répondit-il

 

Elle leva les yeux au ciel avant de le fixer à nouveau : “ Vous vous êtes adressés une note de service ou quoi ? ” 

 

“Oh, non ! Et puis tu sais je pense que personne d'autre n'est au courant ! J’ai compris ce qui se passait entre vous après ma discussion avec Catherine” avoua Nick. 

 

Sara redressa la tête pour fixer le grand brun : “ Qu'est-ce que Catherine vient faire là dedans? Pourquoi est-ce que tu me parles de Catherine” 

 

Nick lui sourit d'un air entendu: “Hé, je suis au courant du rôle de Cupidon qu’elle a joué pour vous réunir toi et Grissom.” 

 

“Mais de quoi est-ce que tu parles ?” 

 

L’étincelle de complicité qui s'était allumée dans le regard du grand brun mourut aussitôt “Oh… Tu n'es pas au courant de ça ? Ce n'est pas grave,  oublie ce que je viens de dire ” 

 

“Nick.” Dit-elle en posant un regard furieux sur lui “ Tu vas me dire tout de suite ce que tu sais, et je ne plaisante pas !” 

 

Il se clarifia nerveusement la gorge : “Ce n'est rien Sara, vraiment ! Juste une conversation idiote que j'ai eu avec Catherine.” 

 

“Et je veux savoir ce que vous vous êtes dit !” 

 

Nick souhaita soudain avoir le pouvoir de disparaître. Il n'avait jamais aimé voir Sara en colère, surtout contre lui. Il soupira, et décida d'être honnête avec la CSI :

 

“ Je… J'ai dit à Catherine ce que tu éprouvais pour Grissom avant ton accident ! Combien tu avais été blessée lorsqu’il t’avait repoussé ! Je ne voulais pas trahir ta confiance c'est juste que Catherine… elle… elle venait juste d'avoir une conversation avec Grissom, elle semblait si sérieuse, si préoccupée… Et puis tout d'un coup elle m'a parlé de toi et Grissom… Elle voulait savoir ce qui se passait entre vous ! Je ne lui ai pas répondu tout de suite… Et puis là elle m'a dit qu’elle voulait vous aider tous les deux”

 

“Quand est-ce que ça s'est passé ?”  Questionna Sara d’une mine renfrognée, sans pourtant la moindre trace de colère . 

 

“Euh, je ne me souviens pas exactement. Mais je crois que c'était la nuit de congé de Catherine, pas celle là l’autre ! Oui c'est ça je me souviens maintenant, elle était au labo parce que Grissom voulait lui parler et c’était sa nuit de congé.” 

   

Les mains de Sara se mirent à trembler violemment. Un million de pensées lui traversèrent l'esprit, mais aucune d'entre elles n'était assez cohérente pour lui permettre de faire quelque chose. 

 

“Sara, tu vas bien ?” 

 

“Je… je pensais qu'elle me repoussait !” Murmura Sara, oubliant jusqu'à la présence de Nick

 

“ Je pensais qu'elle me repoussait … Mais elle me poussait vers Grissom ! Je pensais qu'elle ne voulait pas de moi. Et elle pensait que je ne voulais pas d’elle…” 

 

Nick sentait peu à peu ses yeux s'agrandir, il avait peur de comprendre de quoi était en train de parler sa collègue : “Sara, est-ce que tu veux dire que …” Sous le choc il n'arrivait plus à parler “Catherine?” fut tout ce qu'il réussit à articuler.

 

“Elle avait peur… Elle croyait que je la détestais. Elle m'a blessée parce qu'elle pensait que je la blesserai ! Et puis il y a eu le rendez-vous avec Grissom… les fleurs ! Les fleurs… elle les avait choisies pour moi ! ” Sara ne pouvait plus s'arrêter de penser,  tout devenait clair à présent. Elle comprenait tout et en même temps elle ne comprenait plus rien, c'était un sentiment étrange.

 

“Sara !” le coeur de Nick battait si fort qu'il ne s'entendait même plus penser. Sara n'arrivait plus à s'arrêter, elle était au bord de la panique, elle était prête à suffoquer. Le grand brun l'attrapa alors par les épaules et la secoua doucement. Cela la calma quelques secondes, et recentra son attention, elle tourna alors ses yeux sombres vers Nick. 

 

“Nick…” Chuchota elle 

 

Le Texan ne savait plus trop quoi penser. Grissom lui avait toujours appris à ne pas sauter aux conclusions, mais après avoir écouté les mots complètement affolés de Sara, le doute n'était plus permis…. 

 

“ Tu dois aller lui parler...” 

 

Il n'avait pas su quoi dire d'autre

 

 

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Sara était devant la chambre d'hôpital de Catherine depuis déjà de longues minutes. Elle ignorait les regards en coin des infirmières qui l'observaient à chacun de leur passage dans le couloir. La grande brune s'agitait, ne pouvant plus tenir en place, elle se répétait silencieusement ce qu'elle allait dire à Catherine. Mais, malheureusement, tout s'embrouillait dans sa tête. Finalement, elle rassembla son courage et entra dans la chambre de la petite blonde. 

 

Catherine était endormie…

 

Sara repérât alors un vase sur la table à côté du lit. Elle le remplit d'eau et y plaça les fleurs qu'elle avait apportées pour Catherine… des tulipes 

 

Sara s’assit alors sur une chaise et observa dormir Catherine. Sa crinière d'or aux reflets de feu entourait délicatement son doux visage. Sa tête était légèrement inclinée sur la droite,  et son bras gauche était négligemment posé en travers de son torse. Sara était tellement absorbée par la femme magnifique qu'elle avait devant elle, qu'elle venait tout juste de se souvenir qu'elle devait respirer. Elle tendit soudain sa main vers la petite blonde… La peau de Catherine était fraîche... Sara laissa ses doigts se reposer sur son avant-bras. 

 

Catherine semblait si paisible dans son sommeil.

 

Seul le hideux pansement qu'elle avait sur le front, et les quelques égratignures sur son visage, témoignaient encore de la terrifiante tragédie qui avait failli se produire quelques heures plus tôt. 

 

Sara ne savait pas exactement depuis combien de temps elle était là à regarder Catherine. Elle se remémorait les jours heureux qu'elles avaient passés ensemble…

 

Elle ne remarqua même pas que deux yeux bleus brillants venaient de se poser sur elle.

 

“Pourquoi pleures tu ?” fut la première chose que dit Catherine en ouvrant les yeux

 

Sara n'avait même pas fait attention qu'elle s'était mise à pleurer. Elle essuya rapidement ses pleurs avec le dos de sa main et sourit à la petite blonde : “Ce n'est rien. Comment est-ce que tu te sens ?” 

 

“ Bien, ça va” 

 

“ Tu n'aurais pas perdu la mémoire par hasard ?”  Plaisanta Sara en grimaçant

 

Catherine rit : “Est-ce que tu prendrais soin de moi si je te dis oui ?” 

 

L'expression de Sara devint tout à coup très sérieuse : “Bien sûr ” 

 

Catherine baissa son regard. “Pourquoi est-ce que tu es là ?” 

 

“Je me fais du souci pour toi, voilà pourquoi je suis là ! Et j'ai aussi besoin de quelques réponses.”  Lui répondit Sara

 

La petite blonde ferma les yeux : “Sara, je ne pense vraiment pas être assez en forme pour avoir une discussion avec toi…  je n'ai pas assez de force pour me disputer avec toi !” 

 

Sara pressa légèrement la main de Catherine : “Aucune dispute ! Je le promets ” 

 

“D'accord… Vas-y je t’écoute ! ” Dit la CSI plus âgés en se redressant dans son lit  

 

“ Est-ce que tu avais vraiment un rendez-vous l'autre jour, ou est-ce que tu m'as menti ? ” 

 

Catherine comprit immédiatement de quoi voulait parler la grande brune… Elle voulait parler de ce fameux jour où elle avait quitté la maison. Ses grands yeux bleus cherchèrent alors immédiatement ceux de Sara, elle voulait comprendre pourquoi la jeune femme lui posait cette question. Mais elle ne vit rien dans les prunelles de Sara… La jeune CSI affichait une apparence neutre. 

 

“ Je t'ai menti….” Répondit enfin Catherine

 

“Pourquoi?” 

 

“Ça n'a pas d'importance !” 

 

“Ca en a… pour moi.” Dit-elle en touchant de nouveau la main de Catherine

 

“J’ai fait ça parce que je voulais que… Je voulais que tu penses que tu ne signifiais rien pour moi ” 

 

“ Et c’est vrai ? Je ne signifie rien pour toi ?” 

 

“Sara… Ne me fais pas ça…” La supplia Catherine d’une voix torturée. “Ne fais pas ça...” 

 

“Pourquoi tu ne m'as jamais parlé de cette conversation avec Grissom. Pourquoi tu ne m'as pas parlé de ce Nick  t’avait dit.” Continua Sara

 

Catherine ne put masquer sa surprise avant de soupirer : “ Ça n'aurait fait aucune différence ” 

 

“Ça aurait fait une différence énorme, Cath.” Chuchota lentement Sara. 

 

Elles se dévisagèrent alors l'une l'autre…

 

“Tu aimes Grissom ! ” Dit finalement Catherine pour briser le silence

 

“Toutes ces années, je pensais que j'aimais Grissom…” Elle regarda les fleurs dans le vase. “Mais c'était avant que je comprenne ce qu'était vraiment l'amour !” 

 

“Tu veux dire que toi et Grissom…” 

 

“Il a fallu que je perde la mémoire pour enfin savoir qui j'étais vraiment ” dit Sara

 

“Et qui es-tu ?” demanda Catherine en essayant d'ignorer la faible lueur d'espoir qui venait de briller en elle. 

 

“J'ai toujours été… différente !” Sara s'était levée, et avait commencé à arpenter la chambre. “Quand j'étais petite, j'étais le souffre-douleur des autres enfants ! Au lycée, j'étais la solitaire, la fille à qui jamais personne n'adressait la parole sauf si vous aviez un problème de science ou de math !” 

 

Catherine écoutait patiemment. Elle n'était pas entièrement sûre de comprendre où voulait en venir Sara mais elle était reconnaissante à la jeune femme, au moins elle lui parlait de nouveau. Il y avait bien longtemps qu'elles n'avaient pas eu une conversation qui n’avait tourné à l'affrontement. 

 

“ Lorsque j' ai étais placée dans des familles d'accueil, j'étais toujours la pauvre gosse dont la mère complètement folle avait assassiné son mari ! On s'occupait de moi au minimum, et on ne me laissait pas m'approcher des autres enfants. On les tenait toujours à distance de moi. Ils pensaient tous que la violence était héréditaire. A Harvard, les résidants de ma pension d'étudiants pensaient que j'étais trop étrange. Je me suis faite très peu d'amis là-bas. Et puis un jour j'ai senti quelque chose de peu ordinaire qui commençait à s'éveiller en moi, le jour où j'ai croisé le regard de mon professeur de littérature, une femme… Et ce jour là j’en ai eu assez, j'étais fatiguée d'être différente ! Je ne voulais plus que les gens me regardent bizarrement alors… J'ai commencé à sortir avec des garçons ! ” 

 

Le silence tomba, Catherine posa alors son regard sur elle : “Mais tu étais gay ?” 

 

“Oui.” 

 

“Cela ne t’aurait pas rendue plus bizarre ! Je suis sûre que tu aurais même eu ton petit succès.” Plaisanta Catherine

 

“Je sais… Mais ça je ne l’ai compris que bien plus tard ! ” Plaisanta Sara à son tour “Seulement… disons que je n'avais pas encore envie de me trimbaler une étiquette ! Pour une fois dans ma vie j'avais envie de faire partie du lot. Mais très vite je me suis rendue compte que ce n'était pas pour moi… Alors j'ai commencé à penser à ma carrière.” 

 

“Et alors ?” 

 

“Et alors Grissom est arrivé. Je me sentais bien avec lui, il ne me jugeait pas, il me comprenait et il me respectait. Il m'a donné confiance en moi, il m'accordait du crédit, j'avais de la valeur à ses yeux. Après toutes ces années j’avais enfin trouvé quelqu'un qui savait lire en moi.” 

 

“Gil a ce don, c’est vrai… Grâce à lui la plus misérable des personnes peut se sentir digne ” dit Catherine en souriant, se souvenant de ce qu’il avait fait pour elle. 

 

“Je n'avais jamais rencontré quelqu'un comme lui. Je l’ai senti si digne de confiance.” Chuchota Sara. Elle avait cessé de marcher de long en large et paraissait perdue dans ses pensées. “Quand il m'a appelée à Vegas, pour faire partie de son équipe je n'ai pas hésité. Je voulais qu'il m'aime… parce que cela voulait finalement dire que quelqu'un m'aimait pour moi, pour ce que j'étais vraiment. Quand il m'a repoussée… Ce n'est pas mon coeur qu’il a blessé, mais mon orgueil. Il est alors devenu une obsession ” 

 

“Donc, si je comprends bien ce que tu me dis… Tu n'as jamais aimé Grissom ?” demanda Catherine un peu confuse

 

“Je l'ai aimé à ma façon… Mais je ne suis jamais tombée amoureuse de lui ! ” Affirma Sara “Après mon accident… Alors que j'avais perdu 15 années de ma vie… Je me suis souvenue de Grissom mais… seulement de notre amitié. Dans mon esprit, j'étais encore à l'université. J'avais retrouvé mes espoirs et mes rêves de jeunesse….” 

 

Sara se rapprocha alors un peu du lit de la petite blonde : “ Et tu as choisi ce moment précis pour entrer dans ma vie, pour vraiment rentrer dans ma vie ! J'étais encore la Sara Sidle d'autrefois, celle qui n'avait pas peur, celle qui n'avait pas encore fermé son cœur à clef…. Et tu as su me toucher… Me faire vibrer !” 

 

Catherine retenait son souffle. 

 

Sara se rapprocha encore un peu d’elle : “Je ne me souvenais pas d'être une CSI mais tu me l’a répété encore et encore, jusqu'à ce que j'ai confiance et que j’y crois enfin ! Tu n'as pas cessée de me dire à quel point j'étais appréciée et aimée au sein de notre équipe. Tu as pris soin de moi,  tu as veillé sur mon sommeil et tu as fait fuir mes cauchemars, personne n'avait jamais fait ça pour moi avant. Tu as apporté Lindsay dans ma vie et grâce à elle j'ai pu revivre les moments perdus de mon enfance. J'aime tellement cette enfant Cath… tellement !  Et toi… toi tu m'as donné ton amitié, pure et inconditionnelle. Pour la première fois dans ma vie, j'ai senti… Je me suis sentie comme si j’étais à la maison. Comme si j'avais enfin trouvé ma place ! Et puis mon coeur s'est emballé, tous les jours il me criait, il me répétait quelle chance j'avais de vivre avec une femme aussi belle et attirante que toi...” 

 

Catherine rougit, elle aurait voulu dire quelque chose, mais elle était incapable de trouver ses mots. 

 

“Il n'y avait rien pour m'arrêter ! Pour la première fois de ma vie j'allais enfin pouvoir être heureuse ! Je ne me souvenais pas de ce qui s'était passé ou non avec Grissom, je n'étais plus obsédée par mon travail, et je n'étais plus en colère contre le monde entier ! Mais avant que je comprenne ce qui m'arrive tu m'avais repoussée ! …” 

 

Sara tourna lentement la tête pour plonger ses yeux dans ceux de Catherine. La profondeur dans ces yeux sombres était presque hypnotique. 

 

“Est-ce que tu croyais que je t'en voudrais quand ma mémoire serait revenue ? Tu pensais que je te détesterais? Tu pensais que je croirai que tu avais profité de la situation ? ” Demanda Sara.

 

“Oui.” Répondit honnêtement Catherine 

 

“Tu as cru que je me souviendrai de mes sentiments pour Grissom ?” 

 

“Oui.” 

 

“Et tu m’as repoussée délibérément afin que je puisse être avec Grissom? ” 

 

“Oui c'est pour ça que j'ai l’ai fait.” 

 

“Est-ce que ça t’a fait du mal de faire ça ? Ça a été douloureux pour toi ?” 

 

Catherine se figea, elle eut du mal à avaler sa propre salive : “Oui ça a été très douloureux ” avoua-t-elle enfin 

   

La petite blonde était prête à hurler, elle voulait dire à Sara combien cela lui avait brisé le coeur de la laisser partir, mais qu'elle pensait avoir pris la bonne décision. Grâce à ça la grande brune serai heureuse. Elle voulait lui dire combien elle était malheureuse, elle voulait lui parler de toutes les larmes qu'elle avait versées seule dans sa chambre. Sa raison était en train de se battre avec ce cri qui lui venait du cœur… Elle ne pouvait plus se taire, elle n'avait plus qu'une envie hurler à Sara - Je suis amoureuse de toi ! - 

 

La voix de Sara la sortie alors de ses folles pensées : “Cela à été très douloureux pour moi aussi !”  Dit enfin la grande brune

 

À ce moment, Sara se rapprocha encore de Catherine, elle était proche… Toute proche ! La petite blonde fixa Sara comme si elle était une apparition sortie d'un rêve, elle avait peur d'ouvrir les yeux, pour se rendre compte que rien de tout ça n'était réel. Un bonheur intense, un bonheur sans pareil l'envahit alors que Sara déposait un tendre baiser sur sa joue. 

 

“Je ne sais pas si c'est raisonnable,  ni prudent de te dire ça mais… Je suis amoureuse de toi Cath ! ” Murmura Sara. 

 

“Amoureuse ?” répéta Catherine dans un sursaut. 

 

Sara baissa son visage et embrassa les lèvres de Catherine…

 

La petite blonde répondit aussitôt à son baiser. Catherine frissonna tendrement. Sara, se souvint tout à coup des égratignures que la CSI avait tout près de la bouche, ne voulant pas la blesser elle s'éloigna à contrecoeur. 

 

“Je ne sais pas si c'était raisonnable de te faire cet aveu mais en tous cas je me sens beaucoup mieux à présent ” chuchota-t-elle en passant délicatement sa main sur le visage de Catherine

 

Catherine vit alors les tulipes rouges qui étaient posées près de son lit : “Est-ce que ces fleurs sont pour moi ?” 

 

Sara sortit alors délicatement l'une des tulipes du vase : “ Il y a très longtemps un prince appelé Farhad, était profondément amoureux de la jeune et belle Sharin. Il était toujours si désespéré lorsqu'il était loin d'elle… Toujours si triste ! Mais lorsqu'ils étaient réunis rien d'autre ne comptait à ses yeux. Et puis un jour on fit courir le bruit de la mort de Sharin, le prince était si désespéré qu’il se donna la mort. Farhad avait toujours dit que dans son sang coulait tout son amour pour Sharin.” 

 

“Chacune de ses gouttes de sang devait être précieuse alors ” dit Catherine touchée par le romantisme de Sara. 

 

“Elles l’étaient… Son sang se mélanga à la terre. Et de cette union naquit cette fleur écarlate !” Sara sourit ardemment lorsqu'elle donna la fleur à Catherine. “Depuis ce jour, les Persans considèrent les tulipes rouges comme un symbole d'amour ” 

 

Catherine approcha la tulipe près de son cœur : “Je suis si désolée de t‘avoir blessée.” 

 

Sara essuya délicatement la larme qui perlait dans le coin de l'oeil de Catherine. “Tu as été blessée aussi…” 

 

“Oui je l’ai été…” 

 

“Cependant je ne te pardonnerai seulement qu’à une condition” dit Sara dans un sourire plein de ruse et de malice “Je veux que nous finissions cette danse… la danse de l'autre jour.” 

 

“Je promets.” Dit Catherine dans un sourire. “ Je te promets de la danse et de la magie…” 

 

 

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Nick marcha dans le bureau de Grissom. Il tenait un dossier devant lui grand ouvert : “Nous avons retrouvé l’ADN de Burke dans la poitrine mutilée de la dernière victime” Il serra les mâchoires. “Son avocat fera tout pour qu’il soit jugé comme inapte” 

 

“ Inaptitude, Santé mentale fragile, folie, les termes sont nombreux mais le résultat reste le même !”  Marmonna Grissom. 

 

Nick plaça alors son dossier sur le tas déjà haut qui se trouvait sur son bureau : “ Vous allez passer vos nerfs sur la paperasserie, Gris ?” rit il

 

“Zutttttt” dit il en faisant signe à Nick de baisser la voix. “Vous effrayez ma tarentule.” 

 

“Oh, je suis vraiment désolé ” répondit Nick d'un ton mi moqueur mi contrarié. 

 

“Vous vouliez quelque chose ?” demanda Grissom en portant son attention sur l’araignée velue. 

 

“Ouais, je… je trouve… seulement…” Nick se gratta le menton, pas vraiment sûr de comment il souhaitait dire les choses.

 

Au lieu de ça il demanda : “Ayez-vous vu Sara ?” 

 

“Elle est allée voir Catherine.” 

 

“Ouais.” Nick toussa. “Il me semble qu’elles ont réussi à résoudre leur problème de communication, hein ?” 

 

“Les choses doivent être mises à plat et se régler au moment même où nous parlons.” 

 

“Ouais, c’est bien pour elles… et pour nous ! Comme ça elles seront plus… proches.” Nick  tressaillit aux mots évasifs qu'il utilisait. 

 

“Oui c’est très bien comme ça ! ” 

 

“Ouais, c’est vraiment agréable de savoir qu’elles vont se parler et qu’elles seront aussi… proches ! ”  Le jeune homme n’arrivait pas à dire autre chose.

 

Grissom lui jeta soudain un coup d'oeil par-dessus le bocal en verre de sa tarentule, ses sourcils voûtés. “Pourquoi est-ce que vous ne me dites pas franchement ce que vous êtes venu me demander ?” 

 

“Je sais que ce ne sont pas mes affaires mais… Mais Sara paraît s'occuper de Catherine un petit peu trop. Elle fait un peu trop attention à elle…” Les mots résonnèrent bizarrement en sortant de sa bouche, cela ne sonnait pas du tout de la même façon dans sa tête. 

 

“Si vous sous-entendez par là que Sara aime Catherine, alors oui... Sara est tombée amoureuse de Catherine ” dit Grissom en retournant son attention sur sa tarentule. 

 

“Et vous êtes d'accord avec ça ?” dit Nick la mâchoire presque pendante. 

 

“Oui. Pourquoi ? Est-ce que vous avez un problème avec ça ?” 

 

“Non aucun problème, bien sûr que non !” répondit rapidement Nick “Je n’imaginais pas que… vous savez ? Mais je pensais que vous et Sara…” 

 

“Sommes de très bons amis.” Conclut Grissom. “Et si mon amie est heureuse, je suis heureux !” 

 

“Tant mieux… parce que moi aussi je suis heureux pour elles ! ” soupira Nick de soulagement. 

 

 

 

Épilogue

 

Ses cheveux défaits dansant autour de son visage, elle essayait depuis déjà un moment d'obtenir une image de l'horizon. Elle avait fini par trouver ce qu’elle cherchait et avait alors donné l'appareil photo à Lindsay. Elle expliqua alors patiemment à Lindsay comment prendre doucement la photo. J'ai vu les mains de ma fille trembler légèrement mais Sara les attrapa délicatement pour les empêcher de bouger à nouveau. Et soudain j’entendit un clic… la photo était prise ! 

 

Pendant qu'elles bavardaient, j'ai pris le temps de les observer toutes les deux. Elles semblent si insouciantes, si joyeuses ! Je n’avais jamais vu ma fille si exubérante, si ouverte. Leurs regards se portaient alors sur moi. Je pouvais voir Lindsay chuchoter quelque chose dans l'oreille de Sara et alors toutes les deux partirent dans un grand éclat de rire nerveux, elles rirent comme deux adolescentes. Oh oui, Sara Sidle riait ! Il y a longtemps, je ne pensais pas que c'était possible... Étrangement, j’eu envie de rire bêtement moi aussi. 

 

Sara et Lindsey commencèrent alors à se jeter de l’eau après. Je roulais des yeux et m’éloignais un peu pour rester au sec. Mais ce n’était sans doute plus qu’une question de secondes avant que ces deux là ne s’en prennent à moi !

 

Mes doigts se glissèrent par hasard sur ma veste. Je les déplaçais alors jusqu'à dans ma poche, jusqu'à que je sente la protubérance d'une boîte minuscule. Un sourire traça son chemin jusqu’à mes lèvres. Un an… douze mois que je sortais avec Sara et aujourd'hui j’étais sûre... J’étais sûre que je voulais passer plus de douze mois avec elle, plus de douze années, et plus de douze vies avec elle… je la voulais pour toujours !  

 

Un dîner au bord du lac et une promenade sous un ciel clair orneraient ma proposition de ce soir… Je ne désirais rien de plus que d’épouser cette femme ! Dire qu’il y avait encore quelques temps j’étais sûre que j’avais passé l’âge, j’étais sûre d’avoir déjà eu ma chance ! J’étais persuadée que plus personne ne pourrait m’aimer, que j’étais trop usée par la vie, usée par le temps !

 

Et puis Sara était arrivée, et elle avait de nouveau fait battre mon cœur et par dieu sait quel miracle j’ai fait battre le sien…

 

Notre relation avait commencé par la peur, le mensonge, la culpabilité et les regrets. Nous étions en colère, et éprouvions de la rancoeur... Mais la ligne entre la haine et l’amour était  vraiment mince. Et avant même de nous en apercevoir, cette ligne avait été traversée. 

 

Sara avait fini par entièrement retrouver sa mémoire…et même si pendant quelques temps elle m’avait gardée dans l’ombre de sa mémoire je savais que j’avais toujours été dans son cœur…  

 

 

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Un chapeau négligemment posé sur la tête, un petit débardeur blanc et un short assorti, pour mettre ses jambes en avant, le teint bronzé… Catherine ressemblait à une Déesse… bon d’accord je n’avais pas beaucoup vu de  Déesses en short mais ce n’était pas une raison ! Elle était merveilleuse…

 

Cette journée en plein air c’était mon idée. Aujourd'hui était notre nuit de congé et après avoir durement travaillé, ce jour arrivait comme une promesse bénie. Ajouté à ça le fait que je passais la journée avec Catherine et Lindsay, mes deux femmes favorites, mes deux meilleures amies, ma famille... et cette journée était parfaite ! 

 

Bien sûr, nous n'étions pas officiellement ou légalement une “famille”. Bien que les gens qui nous entouraient nous voient comme telle, je pense à l’équipe… Warrick, Nick, Greg et… Grissom ! Les choses avaient été un peu étranges au début, et puis petit à petit tout s’était mis en place, et tout le monde avait fini par accepter ma relation avec Catherine. Même Brass m’avait félicitée d’avoir une si jolie femme à mon bras, et une petite fille si adorable. Mais je voulais plus, je veux plus!

 

Je veux pouvoir crier au monde que ces deux femmes m’appartiennent, qu’elles font partie de ma vie et que je fais partie de leur vie… que je leur appartiens. 

 

Mais je ne peux pas faire cela sans le consentement de Catherine…

 

Je glissais alors ma main dans ma poche pour y trouver une petite boîte lisse bien fermée. Ce soir nous avons prévu un petit dîner spécial auprès du lac. Et je voulais le rendre encore plus spécial... parce que ce soir je demanderais aux deux femmes Willows de faire partie de ma vie à jamais ! 

 

Lindsay m’éclaboussa soudain… sans réfléchir je pris une poignée d'eau pour riposter, et l’éclabousser à son tour. Voilà comment débuta notre bataille d'eau.  

 

Catherine leva les yeux, gémissant et marmonnant quelque chose : “Gamines !”  

 

Je glissais une fois encore ma main dans ma poche pour ce qui devait être la centième fois. Et je le ferais sûrement encore cent fois de plus avant ce soir. Mais je voulais être sûre d’être prête le moment venu. J’avais longtemps cru que plus personne ne viendrait me chercher dans ma tour d’ivoire mais Catherine l’avait fait ! Elle était venu me délivrer contre vents et marée…   

 

Depuis ce jour, je ne souhaitais rien d’autre que de faire de Catherine Willows ma femme !

 

Souhaitez-moi bonne chance…  

 

 

                                                                                                                                              Fin…

                                                                                                                            

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