Chapitre : 5
"Tu sais Sara, tu as besoin de te reposer, je ferais mieux de m’en aller " Dit Catherine d’une voix douce. Elle avait glissé ses mains dans ses poches et paraissait au moins aussi nerveuse que la grande brune.
Mal à l’aise, Sara tourna autour du comptoir de sa cuisine américaine et posa son sac.
"Je ne suis pas fatiguée…"
Ce n’était qu’un demi mensonge. Elle était lasse mais pas au point de vouloir que Catherine parte et la laisse seule avec ses angoisses. Machinalement, elle ferma les yeux et étira son cou pour tenter de dénouer ses muscles crispés. Elle sentit alors Catherine s’approcher…
Quand la petite blonde commença à lui masser les épaules, elle se raidit pour ne pas s’abandonner au trouble délicieux qui l’envahissait, à l’envie dévorante de s’appuyer contre cette femme, de s’imprégner de sa force pour soulager son corps et son âme meurtris.
Puis Catherine lui souleva les cheveux et elle sentit son souffle lui caresser la nuque. Elle devait lui ordonner d’arrêter, lui rappeler qu’il ne servirait à rien de nouer une relation amoureuse, qu’elles n’y gagneraient que de la souffrance puisqu’elle allait mourir !
Mais quand les lèvres de Catherine effleurèrent sa peau, elle inclina la tête sans protester. Il y avait si longtemps qu’on ne l’avait pas caressée, embrassée… Elle mesurait combien elle avait besoin d’être touchée, rassurée… Aimée !
L’amour ! Il aboutissait fatalement à l’abandon. Elle voulut s’écarter mais Catherine lui fit faire un demi tour et la prit par la taille, la pressant fortement contre elle.
"Cath… " Murmura t’elle
"Ne me repousse pas Sara, je t’en prie ! "
"Catherine, non… Pourquoi maintenant Cath… On a eu tellement de temps avant… Aujourd’hui on ne peut pas… Je ne peux pas ! Pense à…"
"Chut… je sais à quoi tu penses, ne dis rien ! Quoi qu’il puisse arriver, je suis prête à courir le risque. Depuis ce fameux jour, voilà six mois, où je t’ai apporté un café pour la première fois, pour dieu c’est quelle raison… je ne pense plus qu’à toi ! J’ai envie d’être près de toi Sara…"
"Je refuse de m’attacher à toi ! Bientôt je serai gravement malade, je ne serai plus que l’ombre de la femme que tu tiens dans tes bras. Et cette femme-là tu ne pourras pas l’aimer ni la désirer !... "
Mais Catherine ne semblait pas du tout se préoccuper de ça et pourtant elle ne savait que trop bien ce qui allait arriver. La petite blonde se hissa alors sur la pointe des pieds et écrasa sa bouche contre celle de Sara…
Elle avait les lèvres si douces, son baiser était tellement passionné que Sara en oublia pour un instant ses craintes. A quoi bon lutter ? Elle se rendit alors compte qu’elle avait désiré ce baiser depuis le premier jour où elle avait rencontré Catherine…
Pour Catherine peu importait qu’elles se soient rencontrées dans des circonstances peu ordinaires. Peu lui importait les disputes du passé ! Elle avait enfin comprit pourquoi Sara Sidle lui tapait tant sur les nerfs… c’était simplement parce qu’elle s’était toujours sentit attirée par la grande brune et qu’il lui avait fallut tout ce temps pour l’accepter ! Elles s’étaient enfin trouvées… et c’était la seule chose qui comptait ! Catherine ne voulait plus attendre, voilà déjà six mois que cette belle brune hantait ses jours… ses nuits ! Pourquoi avancer pas à pas prudemment ? Elles étaient adultes, libres de saisir la chance que le destin leur offrait…
Quelques minutes plus tard, elle s’écarta et contempla le visage enflammé de Sara.
"Je t’interdis de dire une chose pareille ! Je te désire, tu me rends folle, j’ai envie d’être près de toi…"
"Tu ne diras pas la même chose après que…"
"Arrête ! Me crois-tu assez garce pour profiter de toi ?" dit Catherine avec colère
"Je n’ai jamais prétendu une telle chose !"
"Non, mais tu le penses, n’est-ce pas ? Qu’est ce que tu crois, que je vais te sauter et que le jour où tu seras trop malade je te laisserai tomber pour aller voir ailleurs !"
"Je pense surtout que nous nous sommes laissées emporter…"
"Vraiment… Aucune autre femme ne m’a jamais bouleversée comme tu le fais ! Tu as réveillé en moi des sentiments qui n’existaient plus depuis longtemps. J’étais même persuadée que je ne connaîtrais plus jamais ça… Sara, j’ai l’impression de te connaître depuis toujours !"
"C’est vrai ?"
"Oui… Je ne sais pas plus que toi ce qui nous attend mais je mettrais tout en œuvre pour te garder près de moi le plus longtemps possible ! Je ne crois pas au destin, ni au coup de foudre… et pourtant… tu es là ! Un jour j’ai tourné la tête et tu étais là… je me suis alors rendue compte à quel point tu étais importante pour moi… "
"Je ne sais plus où j’en suis Cath…"
La petite blonde l’attira contre elle et la serra très fort. Sara était merveilleusement bien dans ses bras… Elle avait envie de rester là pour toujours !
"Je crois qu’il faut simplement vivre le moment présent sans se poser de questions…"murmura Catherine au creux de son oreille
Sara acquiesça, soudain elle semblait mieux comprendre la notion du temps… Elle n’aurait pas l’éternité, ni même une vie, mais peut-être pouvait-elle avoir un instant… une nuit… La tentation était grande… Catherine était si belle… si désirable…
Pour s’en protéger Sara s’écarta soudain de Catherine.
"Il vaudrait mieux en rester là !"
"Sara… Tu ne peux pas souhaiter que notre relation s’arrête là. Ce n’est pas possible ! J’en envie d’être avec toi, nous avons appris à nous connaître, nous avons passé de merveilleux moments ensemble et nous pouvons …"
"Je t’en prie Cath…"
"Tu es une femme intelligente, cultivée ! Tu es belle comme un rêve… Si tu n’étais pas malade tu ne réagirais pas de cette manière ! Ne sois pas aveugle, tu vois bien ce qui se passe entre nous depuis tout ce temps… Laisse moi une chance… "
"Non… Il se trouve que justement, je suis malade !"
L’humeur de Catherine changea si brusquement que d’abord Sara ne comprit pas ce qui se passait. Pestant entre ses dents ; les sourcils froncés, Catherine la prit par la taille et l’entraîna vers le divan…
"Cath, mais qu’est ce que…"
"S’il te plait, cesse de me combattre !..."
Poussée par une mystérieuse raison, Sara obéit et s’assit docilement. Catherine lui entoura les épaules de son bras.
"Si tu penses que ta maladie change quoi que ce soit pour moi, tu te trompes" Déclara t’elle d’une voix vibrante avant de l’embrasser.
D’abord, Sara tenta de se débattre, puis, un faible gémissement s’échappa de ses lèvres et dans un élan désespéré elle se blottit contre la petite blonde.
"Sara… J’ai tellement envie de toi…"
Cette fois la grande brune ne résista pas… elle s’abandonna aux caresses fiévreuses des mains douces de Catherine. Sa passion, son désir anéantissaient l’odieuse réalité pour quelques instants… Même si Catherine ne voulait plus d’elle après lui avoir fait l’amour ce soir, Sara s’en moquait ! Pendant un bref instant elle ne serait plus seule !...
Sara se pencha vers Catherine et ses longs cheveux bruns lui effleurèrent le visage. La petite blonde les repoussa et ses doigts restèrent crispés dans la masse d’ébène somptueuse, tandis qu’elle prenait sa bouche avec ardeur. Leur désir se mêlait, se confondait… Il n’y avait plus ni cancer ni doute, mais simplement deux femmes prêtes à s’aimer…
Soudain, le portable de Catherine se mit à vibrer… et toutes deux sursautèrent violemment.
Le temps que Catherine comprenne de quoi il s’agissait, Sara s’était déjà redressée du canapé. Elle se tenait debout, devant elle, les joues rouges, essoufflée… A son tour Catherine se rassit et, furieuse, déchiffra le numéro inscrit sur le cadran de son portable.
"Voilà qui est abominablement frustrant…"
Sara lui sourit : "Cela aurait pu m’arriver aussi… et quand le labo appelle, les professionnels comme nous accourent !"
"Je sais que tu comprends ! Il n’empêche… Grrr. Puis-je utiliser ton téléphone ? Mon portable n’a plus de batterie ! "
"Bien sûr. Il est là-bas sur le guéridon"
Catherine se tourna vers sa compagne et lui embrassa tendrement les lèvres.
"Je reviens tout de suite !"
La CSI se dirigea vers la petite table et décrocha le combiné :"Willows, vous m’avez appelée ? Oui… oui… d’accord, j’arrive dès que possible"
Sara, qui l’observait discrètement, prit conscience tout à coup que Catherine était une femme digne d’admiration et de confiance. Chaque jour elle luttait pour rendre ce monde meilleur… la petite blonde était vraiment quelqu’un sur qui on pouvait compter…
"Sara ?"
La douceur de la voix de Catherine la fit frissonner.
"Si tu savais comme je regrette amèrement d’être CSI ce soir… J’ai une urgence au labo ! "
"La science n’a pas que de bons côtés !"
"Je reviendrai dès que je le pourrai" Elle l’étreignit et l’embrassa de nouveau… Quand elles s’écartèrent l’une de l’autre, leurs yeux reflétaient la même émotion d’incertitude.
"Il sera sans doute très tard quand tu auras fini, murmura Sara entre dépit et soulagement. Nous nous reverrons une autre fois…"
"Dès que je sortirai du labo nous reprendrons notre discussion là où nous l’avons laissée" Lui assura Catherine dans un sourire.
***************************************************************************
Dès qu’elle eut raccompagné Catherine à la porte, la fatigue s’abattit d’un coup sur les épaules de Sara. D’un pas traînant, elle se dirigea vers sa chambre pour se reposer un peu. Certaine que Catherine en aurait pour plusieurs heures au labo, elle ôta son tailleur pour enfiler un T-shirt et s’allongea sur le lit. Pour la première fois depuis un mois, Sara n’était pas déprimée, pourtant, elle se sentait vulnérable… et cela la laissait songeuse.
Dans la fièvre du moment partagé avec Catherine, elle s’était permise d’oublier sa maladie. Mais même si une idylle naissait entre elles, même si cette relation s’annonçait merveilleuse, elle changerait fatalement de nature à cause de la maladie.
Car telle était la triste réalité. Elle avait beau le souhaiter de toutes ses forces, elle n’était pas Cendrillon et ne vivrait pas un conte de fées… Elle n’avait pas de bonne marraine qui lui ferait disparaître ses tumeurs d’un coup de baguette magique… Quand elle était dans les bras de Catherine tout à l’heure, le malheur avait reculé… peut-être n’avait-elle pas de bonne fée munie d’une baguette magique mais… elle avait un excellent chirurgien et son scalpel…Le Dr Alistair était la meilleure de Vegas !
Non ! Ce n’était qu’une illusion… aussi douée que pouvait l’être le docteur Mégan Alistair, rien ne la sauverait de son cancer. Elle ne pouvait plus tricher, elle devait entendre la voix de la raison… cette petite voix qui commandait de ne pas s’attacher à Catherine…
Elle avait perdu sa jeunesse, sa santé, son avenir… Il ne lui restait rien à offrir à Catherine ! Rien… sauf son cancer… et elle avait peu de chances de le vaincre ! Son histoire familiale jouait contre elle, inutile de se leurrer. Catherine avait le droit d’être heureuse et elle ne pourrait jamais l’être avec Sara ! Jamais la petite blonde ne trouverait sa place entre Sara et son cancer… Le cancer avait prit toute la place disponible dans la vie de la grande brune… elle n’avait plus de place pour Catherine…
Pourquoi avait-elle laissé les choses aller aussi loin entre elles ?... Parce qu’elle avait besoin de rêver, d’espérer encore… Parce qu’elle s’était voulue insouciante. Alors, dans le feu de la passion, elle avait oublié… tout oublié… Rien ne comptait plus que les bras de Catherine autour d’elle, aimants et rassurants, ses baisers qui l’enivraient. L’espace d’un instant, ses caresses avaient guéri son corps meurtri et elle s’était sentie plus vivante que jamais !
Elle du fournir un effort surhumain pour repousser le souvenir de leur étreinte, du souffle brûlant de Catherine sur sa nuque, de la douceur de ses mains sur son visage. Malgré tous ses efforts, le désir continuait à brûler au plus profond de son être.
D’un œil morne, elle contempla le plafond jusqu’à ce que, épuisée émotionnellement, l’image de Catherine finisse par s’estomper. Alors, seulement, elle sombra dans un sommeil de plomb.
***************************************************************************
Quelques heures plus tard, Sara fut réveillée par un bruit strident. Elle était tellement fatiguée qu’elle ne reconnu pas tout de suite la sonnerie qui lui bourdonnait dans les oreilles. Le téléphone songea t’elle en se tournant sur le côté pour regarder son portable avec mépris. Elle tendit la main et décrocha le combiné, se demandant qui pouvait bien appeler à cette heure-ci.
"Sara…"
La voix douce et mélodieuse qui lui parvint dissipa quelque peu le brouillard qui lui emplissait la tête.
"Catherine…"
"Je t’ai réveillée…"
Ce murmure à son oreille était aussi envoûtant que l’avaient été ses baisers. Elle se raidit, luttant contre le trouble délicieux qui l’envahissait. Catherine devait encore se trouver au labo.
"Oui je dormais, ce qui me parait normal à 3 heures du matin !"
"C’est vrai tu as raison, je suis désolée de t’avoir réveillée, mais je voulais te prévenir… Je crains d’être coincée ici jusqu'à l’aube."
"C’est sans doute mieux ainsi… oui, c’est sans doute préférable."Murmura Sara
Était-ce bien elle qui parlait ainsi, de cette voix brusque, mal assurée, où vibrait une émotion qu’elle s’efforçait de refouler. Elle désirait éperdument Catherine mais elle n’avait pas le droit d’aller plus loin… Il valait mieux arrêter les frais, elle en avait la certitude. Elle devait mettre un terme à leur relation tout de suite… avant même qu’elle ne commence vraiment ! Elle ne voulait pas infliger ce fardeau à Catherine… elle n’en avait pas le droit !
Et puis une histoire d’amour ne servirait qu’à l’anéantir davantage !
"Ne dis pas ça Sara ! Je… il faut que je te dise autre chose, depuis six mois je pense à toi du matin au soir ! Je crois que… je crois que suis entrain de tomber amoureuse de toi…"
Sara se redressa d’un bond dans son lit : "Non ! Tu m’entends, je refuse… Je ne veux pas t’inspirer ce genre de sentiments ! Je t’interdis de m’aimer Catherine, je vais mourir ! Tu ne peux pas tomber amoureuse de moi, pas comme ça, pas maintenant !"
"Sara… je ne te permettrais pas de mourir, nous nous battrons ensemble ! Et puis tu n’as pas le droit de m’interdire de t’aimer… Si tu réagis ainsi c’est parce que tu te crois condamnée… Sara donne moi une chance de te montrer qu’il y a une vie possible après le cancer ! Et je peux te jurer que si tu acceptes de subir une ablation du sein, cette… cette… infime flétrissure sur ton corps, ne changera rien ! Tu seras toujours la plus belle pour moi… " Il avait fallut un courage immense à Catherine pour dire tout ses choses à la grande brune.
Sara ferma les yeux, la petite blonde était trop perspicace, elle devinait d’instinct ses états d’âme. Ses paroles la touchaient toujours en plein cœur. Malgré elle, elle sentit un sourire naître sur ses lèvres, mais essaya vainement de le réprimer. Infime flétrissure… Quelle belle manière de définir une atroce mutilation.
Depuis qu’elle avait quitté Sara quelques heures plus tôt, la petite blonde n’avait cessé de ressasser tout ce qui venait de se passer et elle en était arrivée à la conclusion suivante… elle était en train de tomber amoureuse de Sara Sidle… toute cette histoire n’était pas seulement physique et elle avait eu l’urgent besoin de le dire à Sara…
"Catherine, au stade où j’en suis une femme ne peut pas vaincre le cancer et je ne veux laisser rien... ni personne derrière moi !..."
Catherine tressaillit. Ne comprenait-elle pas que désormais, elle partageait son angoisse ? Elle lui avait promis qu’elle ne mourrait pas et elle s’efforçait de l’en convaincre. Catherine était persuadée que Sara présentait déjà des métastases, comme le craignais le docteur Alistair. La grande brune le soupçonnait aussi, sinon elle ne lui aurait pas tenu un tel discours.
Catherine avait peur pour la grande brune, peur pour leur avenir…
Les cas de guérison n’étaient pas si fréquents, Catherine en avait conscience. La plupart du temps, le traitement ne réussissait qu’à prolonger la vie du malade de cinq ans parfois plus lui avait expliqué le Dr Alistair. Si Sara vivait encore cinq ans… Catherine remercierait le ciel pour chaque jour, chaque heure de ce sursis… En cinq ans la médecine aurait sûrement fait quelques progrès… On en apprenait chaque jour un peu plus sur cette maladie. Alors peut-être que…
"L’espérance fait tourner le monde Sara"
"Les miracles n’existent pas Cath !"
"Moi j’y crois !" dit la CSI plus âgée des sanglots dans la voix
"Tes paroles me touchent profondément, cependant tout cela est trop lourd pour moi. Je n’aurais jamais du laisser les choses aller aussi loin entre nous"
Une part d’elle brûlait de prendre ce que Catherine lui offrait. Ses promesses, son soutient, son amour… Mais comment réagirait la petite blonde face à ce qui ne manquerait pas d’arriver ?
La femme que Catherine pensait aimer était encore intacte, saine de corps et d’esprit. Aimerait elle la malade pitoyable que Sara deviendrait bientôt… Celle dont les gens diraient :"La pauvre… quelle tragédie… elle n’est plus elle-même depuis son cancer…"
Elle ne pouvait pas prendre le risque d’être rejetée… si elle se donnait à Catherine et que la petite blonde se rendait compte qu’elle ne voulait plus d’elle, qu’elle ne pouvait plus supporter tout ça et qu’elle la quitte un beau matin, Sara ne s’en remettrait jamais !
Catherine s’éclaircit la gorge :"Dois-je en conclure que tu regrettes ce qui s’est passé entre nous ce soir ?"
Sara devina qu’elle était blessée !
"Tu ne comprends donc pas ? Je suis incapable de te donner ce que tu demandes. Je suis navrée ! Si les choses avaient été différentes…"
Un silence plana…
"Insister ne servirait à rien, n’est ce pas ?!" demanda Catherine d’une voix étrangement calme
"Non, à rien…" Répondit Sara maudissant cette maladie qui lui volait ses rêves, ses espoirs et son unique chance de vrai bonheur… Catherine.
Nick et Warrick apparurent alors dans le coin de la porte de son bureau et firent signe à Catherine qu’ils l’attendaient. En elle, la femme amoureuse s’insurgea mais la CSI s’inclina devant l’urgence.
"Sara… tu vas toujours à l’hôpital demain pour les examens préliminaires ?"
"Oui… j’y vais toujours, je te l’ai promis !"
Catherine s’obligea à respirer calmement pour se ressaisir. Sara était une femme mystérieuse et complexe, qui préservait jalousement ses secrets. Même si elle avait l’impression de se noyer, elle triompherait de l’adversité… elle en était certaine !
"Je ne renoncerai pas Sara… je finirai par conquérir ton cœur !" Et elle mettrait tout en œuvre pour lui réinventer une vie… un lendemain.
"Bonne nuit Cath…"
Et sans plus de cérémonie la grande brune raccrocha.
L’aube pointait déjà lorsque Sara se rendormit. Sa dernière pensée fut pour Catherine…
Au matin, quand elle se réveilla, un pâle soleil lui effleurait le visage. Elle ne bougea pas, songeant à l’opération qu’elle subirait dans un peu plus de 24h, et à Catherine…
Le souvenir de leur étreinte, de leurs baisers, la hantait. Avait-elle eu tort de repousser Catherine ? Non… bien sûr que non ! Agir autrement eut été déloyal et injuste pour la petite blonde. Catherine avait dit qu’elle l’aimait… Mais comment pouvait-elle être sûre de ses sentiments ? La petite blonde s’était laissée emporter par l’ivresse du moment, tout comme elle. Il était vrai qu’à cause de sa maladie le temps lui était compté… et Catherine le savait. C’était vrai qu’elle n’avait pas de temps à perdre…
Mais peu importait ! Elle avait pris sa décision, la bonne décision, la seule possible… elle refusait de laisser parler ses sentiments pour Catherine !
Chapitre : 6
La journée promettait d’être agréable, en tout cas, plus belle que les précédentes. Les nuages menaçants qui encombraient le ciel s’étaient dissipés, il ne pleuvait plus et une douce lumière automnale baignait les rues.
Sara n’y prêta cependant aucune attention. Elle monta les marches menant au hall du Memorial Hospital, en proie à une nervosité et une angoisse irrépressibles, puis elle suivit les flèches indiquant la direction du laboratoire.
Demain, elle serait sur la table d’opération. Ensuite, il n’y aurait plus de doutes, d’incertitudes. Elle saurait précisément quelles étaient ses chances de survie…
A la réception, elle inscrivit son nom sur une fiche et s’assit pour attendre. Au bout de quelques minutes, on l’accompagna dans une salle de prélèvement sanguin. Un infirmier l’invita à s’installer dans le fauteuil, lui retroussa la manche et lui posa un garrot au dessus du coude.
"Ce ne sera pas long. Fermez le poing et détendez vous"
Sara opina et l’aiguille perça la veine du premier coup.
"Rouvrez lentement la main s’il vous plait."
L’infirmier préleva quatre tubes de sang avant d’enlever le garrot. Puis il appliqua un coton imbibé d’alcool sur le creux du coude et retira l’aiguille. Puis il lui dit gentiment :"Tenez le coton, je vais vous mettre un petit pansement, voilà c’est fini !"
Elle se leva et baissa sa manche. Elle n’avait pas encore prononcé un seul mot depuis son entrée dans cette salle.
"Pouvez vous m’indiquer le service de radiologie ?" Demanda t’elle d’une voix rauque
"A droite en sortant. Vous n’avez qu’à suivre les panneaux. Ce n’est pas compliqué, vous verrez"
"Merci"
***************************************************************************
Les traits tirés, vêtue comme la veille, Catherine attendait à la réception du service de radiologie lorsque Sara en sorti. La grande brune fut tellement surprise de la découvrir là qu’elle ne pu le dissimuler. Comme Catherine était séduisante, avec ses cheveux blonds ébouriffés ! Son cœur manqua un battement.
"Que… Que fais-tu ici ?"
Catherine lui sourit : "Figure toi que j’étais dans le coin et que passe ici très souvent !"
Sara sentit un étau lui comprimer les tempes, comme toujours quand elle était nerveuse.
"Aurais-tu le toupet de prétendre qu’il s’agit d’une simple coïncidence ?"
La petite blonde haussa les sourcils :"Je n’ai jamais dit ça !"
"Retourne donc travailler au lieu de m’espionner !"
Une étincelle malicieuse s’alluma dans les yeux de Catherine et elle lui répondit sans réfléchir :"Et toi, tu ferai bien de te préparer à m’affronter …"
Sara darda sur elle un regard noir :"Très amusant ! Faut il te rappeler que pour l’instant je me prépare à subir une intervention pour me retirer mes tumeurs et peut-être l’un de mes seins !
"Sara je suis désolée ! Je… il ne sera peut-être pas nécessaire de t’enlever ton sein !"
"Il n’est peut-être pas nécessaire non plus que ce soit toi qui soit près de moi après mon opération !" Riposta Sara avec véhémence.
Catherine pâlit et une expression peinée se dessina sur ses traits. Elle cligna des yeux pour retenir les larmes qui naissaient. Elle était blessée…
"Je suis désolée ! " Marmonna Sara
La petite blonde la dévisagea longuement. Puis d’une voix sourde, ferme où vibrait une note de colère, elle déclara :"Si tu veux je peux demander à Grissom ou à Greg de venir, je peux trouver quelqu’un d’autre sans problème ! Mais tu ne restera pas seule !"
Sara ouvrit la bouche pour répliquer, mais aucun son ne franchit ses lèvres. Avant qu’elle ait eu le réflexe de reculer, Catherine fut tout près d’elle et l’agrippa par le bras.
Ce contact lui arracha un gémissement, ses sens la trahissaient une fois de plus…
"C’est ce que tu veux ? Que je te fiche la paix pour de bon?!"
La souffrance qu’elle lisait sur le visage de Catherine la bouleversa. Mon Dieu, pourquoi avait-elle dit ça ? Au prix d’un effort inouï, elle leva les yeux vers elle.
"Non, je ne veux personne d’autre à mes côtés ! C’est toi que je veux…"
Catherine soupira, soulagée au-delà de toute expression. Sara avait elle réellement assez confiance en elle pour mettre son secret entre ses mains ? Elle n’en était pas certaine, mais son intuition lui soufflait que Sara avait foi en elle.
"Tu en es sûre ?"
La grande brune acquiesça, heureuse qu’elle ne l’ait pas plantée là.
Tout à coup, Catherine l’attira contre elle et l’étreignit sans prononcer un mot, puis, se rappelant qu’elles étaient à l’hôpital, la relâcha.
"Ne t’inquiète pas, tout ira bien, le Dr Alistair sait ce qu’elle fait ! " Murmura t’elle autant pour réconforter Sara que pour se rassurer elle-même.
Sara la regardait fixement, cette femme l’étonnait ! Elle avait dans ses yeux bleus une lumière extraordinaire, une lumière qui lui inspirait la douceur, la bonté et l’amour…
Catherine s’approcha alors encore un peu de la grande brune, doucement elle lui prit le menton et la regarda droit dans les yeux : "Je t’aime…."
Sara soupira tristement…
"C’est le moment où tu es censée dire : je t’aime aussi " Plaisanta Catherine.
La grande brune détourna le regard : "Cath… je… je dois rentrer me reposer. Je n’ai pas beaucoup dormi cette nuit"
"Moi non plus, j’ai passé la nuit au labo !"
"Il faut vraiment que je m’en aille…"
"J’ai terminé pour aujourd’hui. Je peux te ramener chez toi ? Nous pourrions dormir ensemble…"
A ces mots, Sara sentit tout son être frémir d’impatience et de désir… C’était incroyable, Catherine avait le don de lui mettre le cœur à l’envers.
"Arrête Cath, tu sais qu’au réveil, nous n’aurions que des regrets…"
"Premièrement, jamais je ne pourrais regretter d’être avec toi, et deuxièmement, je ne te propose que de dormir ensemble !"
Le portable de Catherine vibra alors dans sa poche…
"Je crois qu’on a besoin de toi" Dit Sara
"Oui, le devoir m’appelle semble t’il. Je ferais mieux d’y aller..."
Mais avant de partir Catherine lui prit la main et la serra entre les siennes.
"L’amour est une chose simple Sara ! Ce sont les acteurs de ce sentiment qui le compliquent. Ne me ferme pas ton cœur et peut-être que tu y verras plus clair."
A la douceur de sa voix, à la façon dont elle prononçait les mots, Sara aurait pu dire que Catherine n’était pas en colère, elle paraissait pleine d’espoir et de foi en l’avenir.
La petite blonde se hissa alors sur la pointe des pieds et se contenta de l’embrasser tendrement sur la joue.
"Au revoir, à demain matin… enfin si tu veux toujours de moi à tes côtés ?"
"Bien sur que je veux que tu sois là…"
"Alors à demain…"
Catherine se dirigea vers l’ascenseur. Avant de pénétrer dans la cabine, elle se retourna pour regarder Sara et lui adressa un magnifique sourire… puis elle disparut.
L’ascenseur entreprenait déjà son périple vers le rez-de-chaussée lorsque Sara lui rendit son sourire. Elle demeura un long moment immobile en fixant le vide. Il n’y avait plus aucune échappatoire possible pour elle…
Quelques minutes plus tard, assise au volant de sa voiture, Sara griffonna quelques mots sur un bout de papier. Quand elle eut terminé, elle démarra sa voiture est conduit jusqu’au labo, arrivée sur le parking, elle sortit de son véhicule et courut droit vers la Denali de Catherine. Sans hésitation, elle glissa le billet sous l’essuie glace, puis, rentra chez elle.
***************************************************************************
Une heure après avoir été rappelée au labo, Catherine traversa le parking pour enfin rentrer chez elle. Elle se sentait misérable. Elle était tellement obsédée par Sara qu’elle en avait mal dans tout le corps. Elle s’approcha de sa Denali d’un pas traînant.
"Qu’est ce que tu espérais ?" Marmonna t’elle à voix haute.
Elle ouvrait la portière quand elle aperçut le bout de papier sous l’essuie glace. Elle le prit et monta dans sa voiture. D’une main elle déplia le billet.
"Cath, si tu as encore envie de dormir avec moi, viens dès que tu auras terminé au labo. A n’importe quelle heure… Je serai chez moi toute la journée ! S "
Comme si elle avait reçu l’ordre de sauver le monde de Dieu en personne, elle démarra en trombe. Elle arborait un sourire béat, elle devait avoir l’air d’une imbécile à foncer ainsi à cause d’une femme. Elle qui pourtant avait toujours été adulte et raisonnable, voilà qu’elle se comportait comme une gamine.
Il ne lui fallut que cinq minutes pour faire le trajet jusqu’à chez elle. Elle se gara devant le perron, se rua dans la maison, se doucha, se changea… et composa le numéro de Sara qu’elle connaissait par cœur.
Sara sortait de sa baignoire quand le téléphone sonna. Saisissant une serviette au passage, elle se précipita et décrocha le combiné.
"Allo ?"
"C’est Catherine…"
Elle sentit son cœur bondir, comme chaque fois qu’elle entendait la voix de la petite blonde.
"J’ai trouvé ton message sous mon essuie glace… Je… je suis libre pour la journée et… j’accepte ton invitation. Je peux venir tout de suite si tu es d’accord…"
Oh oui, Sara craignait même de n’avoir pas la force d’attendre une seconde de plus. Elle s’obligea cependant à répondre calmement.
"Oui… Je suis d’accord"
"J’arrive…"
Sara raccrocha et envoya un baiser au combiné du téléphone. Catherine était en route pour la retrouver…
Chapitre : 7
Quinze minutes plus tard, Catherine se garait dans le parking de Sara. Le cœur battant à tout rompre, elle monta les marches trois par trois jusqu'à l’appartement, elle respira à fond et frappa à la porte.
Sara vint lui ouvrir… La grande brune était pieds nus, vêtue d’un jean moulant et d’une fine chemise rouge dont elle avait retroussé les manches. Le col ouvert laissait deviner la naissance de sa gorge. Elle portait également des boucles d’oreille en or blanc qui se balançaient doucement.
Sara devait aimer l’or blanc, songea Catherine. Son visage aux pommettes saillantes était aussi frais et pur qu’une fleur dans la rosé du matin, il n’y avait pas la moindre trace de fard sur se magnifique visage, hormis une légère touche de rouge à lèvres. Sara était éblouissante…
Catherine la contempla en silence. Dieu que cette grande brune était belle… Dans l’air flottaient deux fragrances mêlées : l’odeur de pétales de roses séchées provenant du pot pourri posé sur la table et le parfum suave et léger qui émanait de Sara. Elle sentait le printemps...
"Elle est parfaite !.. Et je suis amoureuse de cette femme j’en suis certaine à présent… plus de doutes possibles… Je l’aime… Je la veux… Là, tout de suite, je veux lui faire l’amour lentement, tendrement, passionnément… Je la veux pour la vie… " ne cessait de hurler une petite voix dans la tête de Catherine
Sara lui sourit et le monde s’éclaira. Catherine était sûre de ses sentiments envers cette radieuse créature, jamais elle ne la laisserait s’éloigner d’elle, cancer ou pas !
"Bonjour…" Murmura la belle brune.
Catherine franchit le seuil de l’appartement et aussitôt Sara recula d’un pas. Sans la quitter du regard, la petite blonde referma la porte derrière elle.
"Tu m’as manquée…" Murmura t’elle
Il y eut un grand silence… Sara hésitait… Elle se demandait ce que cette petite femme blonde avait de si particulier pour qu’elle perde ainsi tout contrôle. Jamais elle n’aurait du l’inviter à venir ici ! Pourtant elle l’avait fait… Pourquoi ?... Parce qu’elle la désirait bien sur. Ses yeux bleu… ses cheveux blonds aux doux reflets roux… sa voix si douce, exerçaient sur elle une attraction irrésistible. Elle avait beau lutter, elle n’était pas de taille à combattre le pouvoir que Catherine avait sur elle…
Alors… Sara cessa de résister et livra son cœur et son âme à Catherine… Catherine la femme qui allait l’accompagner pour son opération le lendemain…
Sara s’avança vers elle et la prit dans ses bras :"Je t’ai vraiment manquée ?"
"Oh oui…"
"Toi aussi tu m’as manquée, répondit elle en silence. Tu m’as manquée plus que tu ne l’imagines !"
Catherine lui prit doucement le menton et plongea son regard dans le sien…
"Je commençais à craindre que tu ne voies jamais clair en toi…"
Sara ferma les yeux, lui offrant son visage… ses lèvres… Catherine s’empara alors de cette bouche si généreusement offerte.
Un frisson délicieux, affolant, parcourut le corps de Sara. Elle lui rendit son baiser, se pressant contre Catherine… nouant ses bras autour de la taille de la petite blonde.
Elles s’écartèrent finalement l’une de l’autre, le souffle court…
"J’attendais ce baiser depuis que je t’ai quittée hier soir" avoua la CSI plus âgée
Sara s’aperçut alors que Catherine avait troqué ses habiles de la veille contre un jean noir et un T-shirt assorti. La petite blonde avait le visage cramoisi par leur baiser…
Pour la première fois de son existence, le simple fait de regarder une femme la bouleversa. Elle désirait cette femme plus que tout… Bientôt elles seraient nues… et une onde brûlante se propagea dans son estomac.
"J’ai une telle envie de te faire l’amour…" Murmura Catherine comme si elle avait lu dans son esprit.
"Cath…"
"Je suis là, avec toi… je serai toujours là pour toi. Je veillerai sur toi… J’ai besoin de toi Sara !"
"Moi aussi Cath… j’ai… j’ai besoin de toi !"
Le souffle de la petite blonde la caressait comme une plume. Catherine embrassa ses paupières, son nez, le creux de sa gorge. Quand un gémissement lui échappa et que Catherine l’étreignit plus fort, elle partit à la dérive. Il lui sembla redevenir une petite fille, quand elle croyait encore aux contes de fées, à la magie du monde et en l’amour…
En cet instant, plus rien n’existait que leur désir l’une pour l’autre. Le temps suspendait enfin son vol…
Catherine la prit par la main pour l’entraîner vers le divan. Doucement, elle repoussa Sara contre les coussins, puis elle s’allongea près d’elle, lui déboutonna son corsage et dégrafa son soutien gorge… Quand ses doigts se refermèrent sur ses seins, Sara frémit tout entière et s’abandonna aux mains expertes de sa compagne. La souffrance et la peur du lendemain s’effacèrent de son esprit comme des empreintes dans le sable balayées par les vagues…
Catherine se redressa soudain… Sara se raidit, redoutant que ce merveilleux moment ne s’achève là… et que Catherine ne l’abandonne ici sans la moindre explication…
"Sara… S’il te plait, allons dans ta chambre"
Elle acquiesça en silence. Catherine lui effleura la joue et plongea son regard dans le sien.
"Sara, pour moi il n’y aura pas de retour en arrière possible. Je t’aime, et après avoir fait l’amour avec toi je ne pourrai plus te quitter ! Si tu me laisses te faire l’amour cela voudra dire que tu acceptes mes sentiments pour toi… "
"Je sais…" Répondit simplement Sara dans un sourire.
" Dans ce cas… Où est ta chambre ?"
"Au bout du couloir à gauche"
Quand elles furent dans la chambre, Catherine repoussa la porte avec le pied. Le ciel au dehors était presque doré et emplissait la pièce d’une lumière étrange…
Catherine lui ôta son chemisier, puis son jean et elle les repoussa d’un geste vif délivrant ses hanches étroites… ses longues jambes. A son tour Sara déshabilla la petite blonde.
Elles se laissèrent tomber sur le lit, enlacées, bouche contre bouche. Catherine la caressait, la modelait de ses mains… Sara s’émerveillait de la sentir si douce, si féminine. Elle enfonça ses doigts dans sa chevelure blonde.
"Catherine… fais moi l’amour…"
Elle était prête à l’accueillir et quand Catherine vint en elle, elle noua ses jambes autour de ses hanches de peur que sa partenaire ne se retire trop tôt. Elle se plaqua plus fort contre elle, suivant le rythme qu’elle lui imposait dans cette danse de l’amour… et quand le plaisir l’inonda, elle crut que plus jamais elle ne redescendrait sur terre. Puis elle sentit des spasmes musculaires secouer Catherine qui retomba sur elle, épuisée… Elle l’entoura alors de ses bras comme si elle était un trésor que personne ne pourrait lui voler.
"Je veux rester pour toujours dans tes bras… Je t’aime Sara"
Comme elle se taisait toujours, Catherine se redressa sur un coude et lui embrassa le front.
"Je me demande quand est-ce que je réussirai à gagner ton cœur ?!"
"Tu l’as déjà gagné…"
Catherine écarquilla les yeux. Avait elle bien entendue ?
"Je te soignerai quand tu seras malade, je prendrai soin de toi. Tu verras... Je t’aimerai de toute mon âme jusqu'à la fin des temps…"dit la petite blonde d’une voix grave
Sara la dévisagea en silence, incapable d’articuler un mot, tout bonnement parce qu’elle pleurait. Elle réussit simplement à hocher la tête pour montrer à Catherine qu’elle la croyait…
"Dès que ton hospitalisation sera terminée, tu viens t’installer chez moi pour ta convalescence ! Je pourrai m’occuper de toi comme ça…"
Sara la regarda, surprise de son offre et Catherine comprit ce que cachait ce silence.
"Ne t’en fais pas je ne te demandes pas de vivre avec moi ! C’est juste que tu auras besoin de quelqu’un auprès de toi pour ta convalescence et ce sera plus simple pour moi, si tu viens vire à la maison, comme ça je ne serai pas morte d’inquiétude toute la journée ! Et puis depuis que Lindsay est partie pour Boston je trouve la maison bien grande pour moi toute seule…"
Sara l’observa en silence quelques secondes prenant la mesure de chaque mot qu’elle venait de prononcer…
"Tu proposes à toutes tes conquêtes de venir vivre chez toi, ou j’ai droit à un bonus ?! " demanda elle finalement pour la taquiner
"A ton avis ?" demanda Catherine le sourire aux lèvres
Blotties l’une contre l’autre, heureuses, elles éclatèrent de rire avant de sombrer lentement dans le sommeil…
***************************************************************************
Le lendemain matin, quand le réveil sonna, Sara ouvrit les yeux, bailla, s’étira voluptueusement, puis tourna la tête… Catherine n’était plus là !
Son cœur se mit à cogner dans sa poitrine. Avait elle rêvé ? Les rideaux étaient ouverts et elle vit qu’il pleuvait à verse. Une lumière grise entrait dans la chambre. Des éclairs zébraient le ciel, le tonnerre grondait…
Elle tendit la main pour allumer la lampe de chevet. Elle était nue dans le lit dévasté… Les vêtements de Catherine et les siens gisaient en tas sur la moquette. Sara se détendit et le calme revint en elle. Percevant alors le ruissellement de la douche dans la salle de bains, elle sentit un sourire paresseux de femme comblée retrousser le coin de ses lèvres. Elle enfouit son visage dans l’oreiller encore imprégné de l’odeur de la petite blonde.
Cinq minutes plus tard Catherine la rejoignait, une serviette nouée autour des seins. Elle avait les cheveux humides, soigneusement peignés et une odeur de savon au lilas flottait autour d’elle. Catherine ressemblait à une déesse grecque…
La petite blonde lui sourit… Son visage était si doux, si radieux que Sara sentit aussitôt son désir renaître…
"Nous n’avons pas beaucoup de temps" Dit Catherine qui avait comprit l’intention de sa compagne.
Sara se résigna, on les attendait toutes les deux dans 45 minutes au Memorial Hospital. Du bout des doigts la grande brune dessina les contours du visage de Catherine. Elle était là, bien réelle, infiniment plus réelle que le cancer qui menaçait sa vie. Ce cancer qui les avait réunies, ce cancer qui allait les séparer… Une larme roula le long de son nez. Catherine l’essuya doucement avec son pouce.
"Non, ne pleure pas Sara, murmura t’elle. Nous allons vaincre ce cancer ensemble je te le promet. "
Sur ces quelques paroles qui se voulaient rassurantes, elles se mirent en route pour l’hôpital.
***************************************************************************
Une demi-heure plus tard, elles se trouvaient dans le service de chirurgie de l’hôpital.
Jamais Catherine n’avait aimé une femme comme elle aimait Sara et aujourd’hui qu’elle l’avait trouvée, elle n’était pas prête à la perdre.
Alors que l’anesthésiste s’apprêtait à lui faire une injection intraveineuse, Sara l’arrêta. Engourdie par le sédatif qu’on lui avait déjà administré, elle souleva la tête et adressa un petit sourire malicieux à Catherine. Elle paraissait tout à fait lucide et étonnamment calme.
"Je croix qu’il est temps pour le Dr Alistair de nous prouver qu’elle peut faire des miracle… et qu’elle est vraiment une Super Girl…"
Comme l’anesthésiste lui lançait un coup d’œil sceptique, Catherine éclata de rire. Il n’y avait que Sara pour plaisanter avant de sombrer dans l’inconscience. Elle était unique et tellement courageuse. Catherine lui prit la main et la pressa doucement, Sara lui sourit de nouveau.
Mon Dieu, elle aurait donné n’importe quoi pour être sur ce brancard à la place de Sara, elle aurait donné n’importe quoi pour que le Dr Alistair soit vraiment une super héroïne de série à la force herculéenne, qui d’un bond grimpe en haut d’une montagne, arrête d’un geste un boulet de canon… et se déguise en médecin capable de guérir le cancer. Malheureusement elle n’était qu’une femme de chair et de sang, pas un super héros… et Catherine le savait très bien !
"Très drôle Sara… vraiment très drôle" Dit elle le cœur serré.
"Tu préférerais que je pleure ? Tu n’as qu’à demander" Taquina la grande brune.
"Non, je ne veux pas que tu pleures et tu le sais très bien. Maintenant, il faut dormir petite Sara et être bien sage" dit elle en lui passent la main dans les cheveux
Catherine adressa un petit signe à l’anesthésiste qui de toute évidence semblait trouver la situation passablement bizarre.
"A vos ordres chef !"Murmura Sara.
Ce furent ses derniers mots… Lorsque Sara fut profondément endormie, Catherine lui embrassa tendrement le front et une infirmière la conduisit au bloc… Murmurant sans même s’en rendre compte des paroles apaisantes à une Sara qui ne l’entendait plus, Catherine sentie une soudaine angoisse l’envahir…
La vie de Sara dépendait désormais du Dr Mégan Alistair…
************************************************************************
L’une des infirmières du bloc découvrit la poitrine de Sara et la badigeonna de bétadine. Mégan Alistair inspira et expira à plusieurs reprises. Tandis qu’elle se préparait à pratiquer une ponction, elle jeta un coût d’œil sur sa patiente endormit.
La grande rousse incisa alors le sein et préleva des fragments de nodules suspects et des ganglions de l’aisselle.
Elle les remit ensuite à une infirmière qui les emporta aussitôt afin qu’ils soient examinés au microscope. Il faudrait patienter 24 à 48 heures avant d’avoir les résultats.
Ceci fait, après avoir adressé secrètement une prière à Dieu ou à qui se trouvait là haut, Mégan entreprit de retirer les tumeurs. Il n’y en avait que deux, ainsi que l’avait révélé la mammographie. Mégan poussa un soupir de soulagement, il n’était pas rare quand on ouvrait, de trouver d’autres tumeurs. Sara était chanceuse.
Le reste de l’opération se déroula sans encombre.
***************************************************************************
Catherine s’était débrouillée pour prendre sa journée. Elle était au chevet de Sara dans la salle de réveil quand la brune revint à elle.
Pendant de longues minutes Catherine la regarda émerger lentement de l’inconscience. Sa joue appuyée contre sa main, elle avait l’air d’une enfant terrifiée. Sara était d’une pâleur qui lui noua la gorge. Mais cela n’avait rien d’anormal, se répétait elle pour se rassurer.
Sara soupira et d’un geste machinal, se gratta le nez. Elle ouvrit ses grands yeux noirs et les referma aussitôt car la lumière blanche les blessait.
"Catherine, c’est toi ?" Balbutia t’elle d’une voix pâteuse.
"Qui veux tu que ce soit ?" Rétorqua t’elle doucement
"Je ne sais pas… Une belle inconnue ou alors le prince charmant en personne"
Elles pouffèrent de rire et Sara tressaillit quand elle bougea par inadvertance son épaule gauche, le côté que le Dr Alistair avait opéré. Il faudrait quelques jours avant qu’elle puisse bouger son bras sans difficulté.
"Tu as mal ?"
"Pour être franche, ça fait un mal de chien !"
"Une injection de Demerol® te soulagera, le Dr Alistair a dit qu’elle passerait te voir plus tard mais elle a laissé des indication pour les infirmières au cas ou tu ne te sentirai pas bien ! "
Sara acquiesça et se prépara à endurer la sensation de brûlure que causerait l’antalgique quand il se répandrait dans ses tissus musculaires.
Lorsque la douleur se fut un peu calmée, elle murmura : "Dis moi ce que le Dr Alistair as découvert avant que je me rendorme"
Catherine l’embrassa sur le bout du nez.
"Tout bien considéré, les nouvelles sont plutôt bonnes. Il y avait seulement deux tumeurs. Néanmoins, le Dr Alistair craint qu’elles ne soient toutes deux malignes. Voilà le point négatif. Le point positif, c’est que selon elle, les ganglions lymphatiques ne sont pas atteints. Nous aurons les résultats de la biopsie demain ou après demain. D’ici-là son diagnostic est sujet à caution"
"Tu vois, ce n’était pas la peine que le Dr Alistair m’enlève le sein"
"Ce n’est pas vrai Sara, dit elle d’une voix vibrante. Je me sentirais beaucoup plus rassurée si le Dr Alistair avait pratiqué une mastectomie ! "
Sara grimaça :"Eh bien sûr, après ça j’aurais été très sexy, je t’aurais plu et tu aurais toujours eu très envie de me faire l’amour !"
Catherine était tellement furieuse qu’elle n’y voyait plus clair ; des points noirs dansaient devant ses yeux.
"NOM DE DIEU SARA ! Je me fiche de tes seins ! C’est toi que j’aime !
Tous le personnel soignant présents dans la salle, interloqués, se tournèrent vers elle.
"Parles moins fort Cath, tu es en train de te rendre ridicule ! "
Non, elle ne se tairait pas ! La situation était trop grave et elle se moquait éperdument qu’on les entende.
"C’est toi qui est ridicule Sara !"
"D’accord, je suis désolée, je n’aurais pas du dire que…"
"Non, tu n’aurais pas du !"
"S’il te plait, tu veux bien arrêter de me crier dessus ?"
"Et toi, tu veux bien me laisser terminer mon explication sans m’interrompre ?"
Sara crut que dans sa rage, la petite blonde allait taper du pied comme une enfant de cinq ans. Dieu merci, elle lui épargna ça !
"D’accord mais si tu ne te dépêches pas, je serai endormie avant que tu aies fini"
Catherine devait se calmer, elle avait des choses importantes à lui expliquer, des choses que Sara devait absolument comprendre.
"Dans la mesure ou tu refuses la mastectomie, tu devras subir des examens approfondis ainsi qu’une mammographie tous les trois mois. Le Dr Alistair va également te prescrire un médicament anticancéreux. Il a des effets secondaires et son efficacité n’est pas garantie à cent pour cent… cependant il a pour effet d’empêcher la division cellulaire. Tu le prendras tout les jours jusqu'à… jusqu'à la fin de ta vie"
Catherine s’interrompit et soupira :"Ton médecin tiens aussi à commencer une radiothérapie, brève et intensive dès que possible, et moi aussi j’y tiens…"
Sara était manifestement sur le point de s’assoupir.
"Je… je croyais t’avoir dit…"
"Je me moque de ce que tu m’as dit. Puisque tu t’opposes à la chimio, tu suivras un traitement radiothérapique pendant six semaines. Je ne tolérerai aucune discussion sur ce sujet, de tout façon j’ai déjà dit au Dr Alistair que tu étais d’accord ! "
Sara garda le silence.
"Les effets secondaires de ce traitement sont généralement minimes. Tu te sentiras peut-être fatiguée, apathique mais cela n’ira pas plus loin. Il faut impérativement détruire toute cellule cancéreuse qui pourrait avoir échappé au scalpel du Dr Alistair. Les zones où se trouvaient les tumeurs demeurent suspectes d’après elle, or elle n’a aucune envie de prendre des risques inutiles. "
"Et les effets secondaires du médicament ?"
"Ils varient selon les malades… Certains se plaignent de bouffées de chaleur, d’autres de nausées"
"Je suppose que j’arriverai à le supporter…" Murmura t’elle avant de se rendormir.
Catherine poussa un petit soupir de soulagement. Dans un jour ou deux, Sara sortirait de l’hôpital et elle viendrait passer sa convalescence chez elle !
Dans l’immédiat, Sara avait besoin de beaucoup de repos.
Dès qu’on eut emmené la grande brune dans sa chambre, située au premier étage, Mégan passa dans la chambre de sa patiente.
"Comment va-t-elle ?"
"Pas trop mal… Mais ça n’a pas été facile pour moi de la convaincre de venir se faire opérer. Elle a presque pleuré en venant ici. Je lui ai même donné 50 $ pour qu’elle ne vienne pas en jogging ou en pyjama !"
"Je vois… Je peux vous aider ?"
"Oui…"
" Que puis-je faire pour vous ?"
"Du baby-sitting !"
"Pardon ?"
" Du baby-sitting !"
Mégan désigna Sara couchée, encore endormie dans le lit blanc.
"J’aimerais que vous veilliez sur elle pendant une heure ou deux. Cela m’étonnerait qu’elle reprenne ses esprits avant mon retour. Vous n’aurez aucun problème…" Conclut elle avec un sourire.
Mégan pencha la tête sur le côté, ses sourcils roux formaient deux accents circonflexes :"Vous vous moquez de moi ?!"
"Non, pas du tout !"
"Attendez, juste une minute, le temps que je saisisse bien ce dont il est question. Nous avons une équipe d’infirmières extrêmement compétentes, sans parler des aides soignantes et vous me demandez à MOI, le médecin, de servir de baby-sitter à Sara"
"Vous avez parfaitement résumé la situation !"
"Vous êtes complètement folle! J’ai autre chose à faire que de veiller sur elle ! Et en plus elle dort comme une bienheureuse ! Elle n’a pas besoin de moi !"
"Vous avez une dette envers moi !"
La grande rousse éclata de rire :"A bon ? Et laquelle ?"
"Je ne sais pas encore, répondit Catherine avec malice, mais je vais trouver ! Et puis c’est tout de même grâce à moi que Sara vous a autorisée à l’opérer ! "
Devant une Mégan médusée, Catherine se pencha sur Sara et lui déposa un baiser sur les lèvres.
" Et… et puis d’abord où courez vous comme ça ?"
" J’ai une course importante à faire et vous n’avez pas besoin de connaître les détails ! Bon alors ?! Vous vous asseyez et vous veillez sur elle ? S’il vous plait…"
"Bien ! D’accord ! Il semblerait que je n’ai pas vraiment le choix de toute façon ! Cette fois c’est officiel, je ne peux rien refuser aux jolies femmes… surtout quand elles sont amoureuses !
Catherine éclata de rire et franchit le seuil de la porte alors que le Dr Alistair s’écroulait sur une chaise près du lit de Sara.
Chapitre : 8
Quand Catherine entra dans la chambre, Mégan se leva de sa chaise.
"Merci d’avoir veillé sur elle !"
"De rien ! Heureusement que vous êtes revenue, même endormie sa beauté est hypnotisante ! Je comprends que vous soyez raide dingue de cette fille…"
Mégan se dirigea vers la porte et sorti. Alors, Catherine s’installa au chevet de Sara et attendit son réveil.
Lorsqu’elle ouvrit les yeux deux heures plus tard, Catherine était là ! Elle se pencha pour l’embrasser.
"Comment vas-tu ?"
"Endolorie et brumeuse. Ma cicatrice me brûle… Je crois que si je me sentais plus mal je serai sûrement morte !"
Catherine bondit sur ses pieds :"Je vais appeler le Dr Alistair pour qu’elle te donne quelque chose contre la douleur"
"Non, Cath… Pas tout de suite"
"Tu es sûre ?"
Sara lui sourit, elle l’aimait tellement, Catherine était si gentille avec elle.
"Oui, sûre ! J’aimerais rester lucide un petit moment"
"Tu veux un peu d’eau ?"
"Oui merci. Ensuite je m’aventurerai jusqu'à la salle de bain"
Elle lui remplit un verre d’eau et l’aida à boire :"Je vais demander à une infirmière de t’apporter le bassin"
"Oh non pas question ! Jamais de la vie ! C’est très inconfortable et 9 fois sur 10 on rate notre coup et y’a plus qu’à changer les draps ! Alors tu m’escortes jusqu’à la porte des toilettes !"
"Je ne sais pas si c’est bien raisonnable de….."
"Pas de discussion Cath ! Si tu ne m’offres pas ton bras pour m’aider, je me débrouillerai toute seule ! Je te jure que je suis capable d’y aller en rampant s’il le faut!"
"Sara Mary Sidle, tu es plus têtue qu’une mule !"
"Oui… et tu ferais bien de ne pas l’oublier"
Traverser la chambre fut long et laborieux. Quand Sara obligea la petite blonde à attendre derrière la porte de la salle de bain, Catherine s’inclina sans protester, malade d’inquiétude à l’idée que Sara puisse faire un malaise ou une chute.
Quand la grande brune se recoucha enfin, elle était blême et exténuée. Debout à son chevet Catherine la contempla en silence. Elle était si belle, si jeune… La petite blonde lui saisit la main.
"Je t’aime…"
"Je t’aime aussi Cath…"
La CSI cru que son cœur allait exploser de joie dans sa poitrine. C’était la première fois que Sara prononçait ces mots.
"Ne bouge pas" Murmura Catherine.
La grande brune se mit rire :"Je ne pense pas être en état de m’enfuir !"
Catherine parut ne pas l’avoir entendue, elle jetait des regards nerveux autour d’elle.
"Qu’est ce que tu as ?" S’alarme Sara
Sans répondre, Catherine se pencha en avant pour saisir un objet posé sur la chaise, un joli petit paquet enveloppé de papier de soie doré et entouré d’un ruban argenté en dentelle.
Elle le lui tendit… Sara écarquilla ses grands yeux noirs, pareil à une enfant devant un sapin de noël.
"Tu… tu m’as acheté un cadeau ?" Elle ne se rappelait pas qu’on lui eut déjà offert un véritable cadeau. A la maison, comme il n’y avait jamais un sou, il n’était pas question de se payer des fantaisies. Et lorsqu’elle était à l’orphelinat, le budget des cadeaux de noël et d’anniversaire était réservé pour les petits… Elle faisait partie des grands, elle avait seize ans… Du coup elle ne savait pas trop comment réagir face à ce présent.
"Oui… C’est un cadeau…" Répondit Catherine, l’invitant d’un signe de tête à prendre le paquet.
La petite blonde su alors que même si elle vivait mille ans, elle n’oublierait pas l’expression qu’avait eu Sara en entendant sa réponse. Son sourire tremblant, ses yeux embués de larmes… Jamais elle n’oublierait ! La réaction de Sara l’avait bouleversée…
La malade se saisit alors du paquet et essaya de dénouer le ruban en vain. Son bras lui faisait trop mal.
"Je n’y arrive pas" Murmura t’elle tristement.
Bon sang ! Elle n’avait pas pensé à ça, quelle idiote ! Bien sûr que Sara ne pouvait pas ouvrir le paquet, elle n’avait pas assez de force dans le bras pour dénouer le ruban. Non mais qu’elle idiote !...
Catherine lui embrassa le front :"Désolée, je n’avais pas pensé à… Attends je vais t’aider !"
Sous le regard illuminé de Sara, la petite blonde déchira le papier et avec précaution ouvrit l’écrin de velours bleu cobalt.
"Oh mon Dieu… Ce… ce n’est pas un vrai, hein ?"
Catherine se mit à rire :"Bien sûr que c’est un vrai ! Tu crois que je t’offrirais du toc ?!"
Sara ne répondit pas. Alors, Catherine sortit le joyau de l’écrin et murmura d’une voix vibrante :"J’ai choisi le plus beau diamant pour la plus belle des femmes"
Jamais Sara n’avait vu un aussi somptueux bijou. Et il était pour elle… Le diamant taillé en forme de larme était monté en pendentif et était retenu par une belle chaîne en or blanc. Elle n’avait plus rien à envier à Cendrillon.
Catherine s’assit sur le bord du lit et l’enlaça avec douceur. De son bras valide Sara se cramponna à elle.
La petite blonde lui caressa les cheveux et l’embrassa, puis elle lui attachât le pendentif autour du cou.
"Je t’aime Catherine…"
Comblée, la petite blonde s’étendit à côté de Sara. Il n’était pas question de passer la nuit loin d’elle.
Sara appuya sa tête contre la sienne et elles s’endormirent ensemble, dans le petit lit d’hôpital…
***************************************************************************
Deux jours plus tard, elles eurent les résultats de la biopsie. Les nouvelles étaient aussi bonnes que possible vu les circonstances. Il ne semblait pas y avoir de métastases et les ganglions lymphatiques ne présentaient pas de cellules suspectes.
Catherine et le Dr Alistair se montrèrent raisonnablement optimistes, alors qu’en revanche Sara était aux anges.
Sara dû tout de même attendre le lundi pour être enfin autorisée à sortir de sa prison.
Elles rentrèrent alors ensemble chez Catherine pour la première fois… Quand la petite blonde s’engagea dans l’allée menant à sa demeure, Sara ouvrit la portière et bondit hors de la Denali avant même qu’elle ait coupé le moteur. Mais elle ne réprimanda pas sa compagne, elle comprenait qu’elle en avait assez d’être enfermée et qu’elle brûlait d’impatience de découvrir son nouveau chez elle…
Catherine descendit à son tour et rejoignit Sara. Elles s’arrêtèrent pour observer un couple d’écureuils qui traversait le chemin dallé comme deux petites flèches rousses avant de disparaître dans les azalées.
La grande brune songea vaguement que ce parc, avec ses grands pins et ses chênes, serait un paradis pour un enfant… Un enfant… quelle drôle d’idée ! Depuis qu’elle connaissait Catherine de drôles d’idées lui passaient parfois par la tête !
Une petite fille… aussi belle que sa maman. Sara ne pu s’empêcher de sourire en imaginant une Catherine en miniature… Une petite Cathy mini… Elle regarda alors sa compagne… elle serait restée là des heures à la contempler, cheveux au vent.
"Alors on entre ?" Demanda soudain Catherine
Sara sortit alors de sa rêverie. "Oui bien sûr qu’on entre !"
Catherine sortit ses clefs de sa poche et déverrouilla la porte. Elles étaient seules à la maison… Catherine avait donné un jour de congé à Mme Warren, sa gouvernante.
Que demander de plus ?
"Catherine ! s’écria Sara le visage rosi par l’émotion. D’où sortent toutes ces fleurs ?"
"Ma grand-mère disait toujours qu’un vrai foyer ressemble au jardin d’Eden !"
"Oh chérie, c’est gentil de ta part ! Mais là je crois que…"
"C’est trop ?!"
"Oui un peu… Sara lui sourit et s’approcha d’elle pour l’embrasser. Merci quand même… c’est magnifique !"
"Non c’est toi qui est magnifique !"
Sara observa le décor qui l’entourait, la comtoise ancienne, le bureau à cylindre, les vieilles photographies encadrées posées sur le piano.
Une sérénité purifiante, comme une source vive, l’inonda. Elle eut l’impression que la vénérable demeure l’accueillait en son sein. Il y avait des fleurs partout…
Enfant, elle rêvait de passer son existence dans un endroit pareil à celui-ci, mais elle n’aurait pas imaginé que cela pu lui arriver un jour. Jamais elle n’avait eu une vraie maison ! Elle éprouvait un tel bonheur que c’en était presque insupportable.
Elle ferma les yeux humant le suave parfum des roses et des gardénias. Alors, sans savoir pourquoi, elle fit un vœu… sans doute impossible à réaliser mais tant pis… Elle fit le vœu de passer toute sa vie ici aux côtés de Catherine et que leur vie soit toujours aussi douce qu’en cet instant.
"C’est splendide !" S’exclama t’elle alors.
"Seulement parce que tu es là… Aller, viens je vais te monter notre chambre."
"Notre chambre ? Je ne dors pas dans la chambre d’amis ?"
"Je n’ai pas de chambre d’amis ! Et si tu envisages de dormir sur le canapé, tu as de grandes chances de te faire transpercer par un ressort fou. Je suis désolée mais il va falloir te contenter de mon lit… "
"Puisque je ne n’ai pas le choix !..." Sara se tourna vers sa compagne et lui adressa un clin d’œil complice.
La grande brune suivit alors Catherine jusqu'à leur chambre… Sara se prit alors à sourire… Elle était heureuse comme jamais elle ne l’avait été ! Même si elle était malade, elle avait comprit qu’à deux on pouvait surmonter tous les obstacles. Elle avait de la chance… Non seulement Catherine était une CSI remarquable, mais de surcroît elle était une femme merveilleuse. Elle lui avait promis que le Dr Alistair savait ce qu’elle faisait et que tout se passerait bien… Catherine avait tenu sa promesse ! Sara avait examiné sa cicatrice dans le miroir de la salle de bain de l’hôpital. Mégan Alistair avait accompli des prodiges dignes d’une dentellière. Sara n’était pas le moins du monde mutilée et les traces de l’opération seraient quasiment invisibles. Une infime flétrissure, comme l’avait promis Catherine !
Dans un élan de gratitude et d’amour, Sara l’étreignit et l’embrassa avec passion. Quand elle la relâcha, Catherine vacilla un peu… Ce qui amena sur les lèvres de la grande brune un sourire satisfait qui trahissait sa vanité.
Après avoir repris ses esprits, avec une infinie tendresse, Catherine repoussa une mèche rebelle qui balayait la joue de Sara.
"Sois la bienvenue chez toi chérie" Murmura Catherine
En entrant dans la chambre, Sara n’en cru pas ses yeux ! Cette chambre était tout simplement immense… Elle fit le tour du propriétaire, admirant l’imposante cheminée, la baignoire de marbre italien dans la salle de bains attenante.
"Ce n’est pas une maison, c’est un manoir ! Les superviseurs du laboratoire gagnent donc tellement d’argent ?"
Remarquant que Catherine rougissait et paraissait embarrassée, Sara se sentit honteuse d’avoir posé une question pareille. Après tout, le salaire de Catherine ne la concernait en rien !
"Je n’ai pas à me plaindre de mon salaire ! Mais pour être franche, je… je ne suis pas obligée de travailler"
"Ah oui ?" Rétorqua t’elle arquant un sourcil.
Catherine haussa les épaules :"Oui ! Si ça me chante, je peux me rouler les pouces. Je travaille parce que sinon je me sentirais inutile."
Elle hésita… comme si elle cherchait comment lui expliquer la situation.
"Sara… je… Oh zut ! Je suis riche voilà ! Lorsque Sam Braun est mort il m’a laissé une certaine somme d’argent, pour que Lindsay et moi soyons à l’abri du besoin ! "
"Tu me fais marcher là ?"
"Pas du tout ! En tant que dernière « héritière » de Sam Braun, j’ai reçu à sa mort des exploitations agricoles, des forêts, des chevaux, un ranch et tout le tralala ! "
Sara écarquillait des yeux ébahis :"Pourquoi ne m’as-tu rien dit ? "
"A la vérité, figure toi que ça ne m’a pas effleuré l’esprit. Et puis je ne voulais pas que tout le labo soit au courant ! "
"Tu ne te comportes pas comme une richissime snob pourtant ! Je connais des gens « riche » qui étalent davantage leur argent que toi. Quoique tu m’aies offert le plus beau et le plus cher diamant de Vegas !" gloussa Sara en plaisantant
"Comment sais tu que c’est le plus cher de Vegas ? Je ne t’ai pas parlé de ça !"
"Rassure moi là, tu me fais marcher ?"
"Oui bien sûr que oui ! C’est le diamant le plus cher de l’état du Nevada en fait !"
"Quoi ?! Cath tu es complètement folle !"
"Folle de toi oui ! Mon père me répétait toujours que l’argent sert à faire plaisir aux gens qu’on aime et à acheter ce dont on a besoin! Et que le reste du temps il n’est pas convenable de chercher à épater la galerie en dilapidant sa fortune ! J’essaie généralement de respecter les principes qu’il m’a inculqué ! "
"Si tu veux, nous pouvons habiter chez moi toutes les deux !" Dit Sara avec malice
"Habiter dans un deux pièces ? s’exclama la petite blonde feignant d’être horrifiée. Certainement pas !"
Sara lui asséna un coup de poing plutôt vigoureux.
"Aïe !!!"
"Bien fait ! Dites donc Miss Willows, quand vous êtes venue chez moi la dernière fois, le décor ne semblait pas vous déplaire !"
"Je n’ai jamais prétendu que ton appartement n’était pas agréable à visiter, mais de là à m’y installer…" Répliqua-t’elle avec un reniflement de mépris, qui fit rire Sara aux éclats.
"Et si moi, j’avais envie de rentrer chez moi ?"
"Alors je viendrais vivre avec toi dans ton deux pièces !" Répondit Catherine sans l’ombre d’une hésitation.
Sara la considéra un moment d’un œil sceptique :"Si je le voulais, tu accepterais vraiment de vivre avec moi dans mon trou à rats ?"
"Sara Belle, je te suivrais n’importe où… N’en doute jamais. Je crois que tu m’as ensorcelée belle brune… S’il le fallait j’irais jusqu’en Grèce à pied pour te retrouver ! "
"Pourquoi la Grèce ?"
"Pourquoi pas la Grèce ! Je ne sais pas moi… une idée comme ça !"
"Au lieu de dire des bêtises fais moi l’amour…" Murmura Sara.
"Tu es la femme la plus extraordinaire que j’ai jamais rencontré !"
"C’est tout ce que tu as à répondre ?" Dit-elle avec une petite moue
"Tu viens de subir une opération il y a seulement cinq jours, je suis bien placée pour le savoir, j’étais là !"
"Ah bon ? La taquina gentiment Sara. Tu ne crois pas qu’il est temps de passer à autre chose ?..."
Sara avait posé cette question d’un ton si provocant que Catherine sentit aussitôt tout son corps se gonfler de désir pour elle.
Une étincelle malicieuse s’alluma dans les yeux de Sara: "Regarde…"
Elle leva lentement le bras et avec précaution toucha le sein que Mégan avait opéré.
"Eh bien…. dit Catherine surprise. C’est formidable ma Sara Belle, la douleur a disparu ?"
"Presque… Il suffit que tu fasses attention…"
Riant comme deux enfants, elles s’étreignirent avec douceur et firent l’amour…
Elle l’avait appelé sa Sara Belle… personne ne lui avait jamais donné de petit nom aussi affectueux, et la grande brune adorait ça… désormais elle comptait pour quelqu’un, désormais elle vivait dans les yeux de quelqu’un d’autre ! Aujourd’hui une nouvelle vie commençait pour Sara…
Avant de s’endormir, la grande brune murmura à l’oreille de sa compagne que jamais elle n’avait été aussi heureuse… et que Catherine avait changé sa vie…