Chapitre : 9
Sara avait peu a peu trouvé ses marques dans cette grande maison même si quelques fois il lui arrivait encore de s’égarer au détour d’un couloir.
"On devrait vous remettre un plan à l’arrivée ! Voilà ce qu’on devrait faire ! Ou alors Catherine aurait du m’allouer un guide !"
La cohabitation des deux femmes se passait bien. Et Sara était ravie de passer sa convalescence auprès de sa compagne.
Et madame Warren, la gouvernante de Catherine, était une femme charmante, qui s’occupait d’elle à merveille!
La simple évocation de la gouvernante fit sourire Sara. Il était vrai que leur première rencontre avait été pour le moins mouvementée…
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Le jour de l’arrivée de Sara, Mme Warren était en congé. Catherine et elle avaient donc pu profiter de la maison à loisir…
Le lendemain matin, Catherine s’était levée de bonne heure, jetant un coup d’œil sur sa compagne encore endormie. Sara avait besoin de repos, l’intervention qu’elle avait subit l’avait épuisée. La petite blonde se glissa alors hors du lit et enfila son peignoir. Une douce lumière se reflétait sur les longs cheveux de Sara, Dieu qu’elle était belle…
Catherine se pencha délicatement sur elle et lui déposa un baiser sur le front. Dans un geste d’une infinie tendresse elle remonta le drap sur le corps entièrement nu de sa compagne. Avant de quitter la chambre Catherine ne pu s’empêcher de jeter un dernier regard sur la belle brune endormie, mais cette dernière avait entièrement disparu sous les couvertures. Catherine ne pu réprimer un sourire… Pour la première fois de sa vie elle était vraiment heureuse ! Et elle ne laisserai rien ni personne lui voler son bonheur !
Elle descendit l’escalier et se dirigea droit vers la cuisine… Quelques minutes plus tard, munie d’une tasse de café et d’un délicieux biscuit au chocolat, Catherine sortit prendre l’air dans le patio. Le jour se levait à peine… Et une brise délicate flottait dans l’air. L’automne avait toujours été la saison préférée de Catherine. Les couleurs pourpres qui embrasaient entièrement la forêt, tel un incendie, l’avaient toujours émerveillée. Tout était si calme ce matin… Pas un bruit à des lieux à la ronde. Catherine, s’assit alors dans le vieux rocking-chair de sa mère et laissa son esprit vagabonder sans retenue. La petite blonde était tellement absorbée par ses pensées, qu’elle ne vit pas sa gouvernante arriver !
Comme tous les jours Mme Warren posa son manteau dans l’entrée, et d’un pas assuré se dirigea dans la cuisine.
Hier, Catherine avait eu la gentillesse de lui accorder un jour de congé supplémentaire, c’était un réel plaisir pour Mme Warren de travailler pour une femme si charmante.
La vieille dame travaillait pour la famille Braun depuis trois générations. Le grand père de Catherine, Hugh Braun l’avait embauchée alors qu’elle avait tout juste 15 ans et pas de références. Pourtant, il l’avait tout de suite prise sous son aile et Alice était devenue un membre de la famille. Elle avait vu grandir, Sam, le père de Catherine.
Lorsque la petite blonde avait hérité de la maison de « famille » Mme Warren était comprise dans l’héritage… Plus d’une fois Catherine lui avait proposé de prendre sa retraite mais la vieille dame avait toujours refusé, prétendant qu’elle ne pourrait jamais laisser la jeune femme se débrouiller seule ! La famille Braun avait toujours était là pour elle, et elle n’avait nullement l’intention d’abandonner la petite fille de Hugh Braun qui avait été son bienfaiteur pendant de si longues années !
Catherine avait beau eu expliqué à Mme Warren qu’elle était une Willows et non une Braun rien n’y avait fait ! Alice avait décidé de rester à son service… malgré ça !
Et le fait que Catherine menait actuellement une vie si dissolue la confortait dans cette décision ! Tant que Catherine n’aurait pas trouvé quelqu’un pour bâtir un avenir solide, elle resterait à ses côtés. Lindsay ne rentrait pas très souvent à la maison et voir la petite blonde errer dans cette demeure comme une âme en peine lui brisait le cœur ! Catherine était si gentille, si charmante… elle méritait de trouver quelqu’un pour partager sa vie !
Bien sûr Mme Warren avait renoncé à voir un jour les enfants de Catherine courir partout dans la demeure familiale. Elle aurait aimé voir la quatrième génération de cette famille, bien sûr il y avait Lindsay, mais c’était déjà une jeune fille de 16 ans ! Mme Warren aurait adoré entendre résonner le rire de jeunes enfants entre ces murs ! Catherine était encore jeune, elle pourrait facilement avoir un autre enfant… mais il y avait bien longtemps qu’Alice avait compris que sa patronne aimait les hommes, les femmes et sa liberté…
Catherine ne s’en était jamais cachée et l’assumait pleinement ! Et Mme Warren n’avait jamais rien trouvé à redire à ça. D’autant que par respect pour sa famille la petite blonde n’avait jamais affiché ses conquêtes aux yeux et la vue de tous. Même si les rumeurs allaient bon train !
Tout ce que souhaitait à présent Mme Warren pour "sa " petite Catherine, c’était qu’elle trouve quelqu’un de bien, qui la rendrait enfin heureuse… homme ou femme cela lui était bien égal ! Du moment que ce n’était pas un coureur de jupon comme Eddy, l’ex mari de Catherine ou une croqueuse de diamants comme cette Lara, qui de surcroît avait brisé le cœur de la CSI.
Tout en se démenant dans la cuisine pour préparer le petit-déjeuner, Mme Warren se promit de veiller sur les fréquentations de sa petite protégée.
Quinze minutes plus tard, munie d’un plateau garni d’œufs brouillés, de bacon et de jus d’orange, Mme Warren gravit les marches de l’escalier central et se dirigea dans la chambre de Catherine. Comme à son habitude, elle entra sans frapper et déposa le plateau du petit déjeuner sur la table basse. La chambre baignait dans un faisceau de lumière tout juste naissant, Mme Warren ouvrit légèrement le rideau pour distinguer Catherine complètement recroquevillée sous les couvertures. D’un geste lent mais assuré la vielle gouvernante se saisit de nouveau du plateau et se planta droit comme un piquet devant le lit de Catherine.
"Cathy, c’est l’heure…" Murmura doucement Alice.
Aucune réaction…
"Catherine le petit déjeuner est prêt !" Toujours rien…
"Aller petite, debout ne m’oblige pas à venir te chercher au fond des draps !"
Joignant le geste à la parole, elle souleva le drap…
"Ahhhhhh !!!" Son hurlement retentit dans toute la maison
Sara se leva d’un bon, complètement nue et affolée. Dans son sursaut, elle bouscula la vieille gouvernante qui échappa le plateau du petit-déjeuner. Les œufs et le jus d’orange se répandirent alors sur le parquet de la chambre.
Alertée par tant de bruit Catherine se précipita dans la maison.
"Mais qu’est ce que… mais qu’est ce que…" n’arrêtait pas de répéter Mme Warren sous le choc de cette rencontre peut ordinaire.
Sara, complètement abasourdie appelait Catherine de tout son souffle : "Catherine, Catherine, où es-tu ?!"
Entendant sa compagne hurler son nom, la petite blonde se rua dans la chambre. Une fois sur le pas de la porte elle stoppa net devant la scène qui se jouait sous ses yeux...
Sara, complètement nue essayait tant bien que mal de recouvrir son corps avec le rideau de la fenêtre. Pendant que Mme Warren arpentait la pièce de long en large visiblement à la recherche d’une explication plausible. Catherine ne l’avait pas habituée à ramener ses conquêtes d’une nuit à la maison, homme comme femme ! Alors qui était cette grande brune qui se trouvait dans le lit de la CSI ? Et de surcroît pourquoi était-elle dépourvue du moindre pyjama ? Catherine… Où pouvait bien être passée Catherine ?
La petite blonde qui se tenait toujours sur le pas de la porte ne pu retenir son fou rire plus longtemps. Ce qui lui attira bien entendu les foudres de Sara, qui avait finalement réussi à s’enrouler dans le rideau.
"Je vois que vous avez fait connaissance toutes les deux !"
Catherine s’approcha de sa gouvernante :"Mme Warren je vous présente Sara Sidle, une très bonne amie à moi ! Sara voici Mme Warren, la meilleure cuisinière de tout l’état !"
La vieille gouvernante regarda tour à tour les deux femmes :"Une bonne amie hein ?!"
Catherine acquiesça de la tête : "Oui, une excellente amie… Sara est également l’une de mes collègues, nous travaillons souvent ensemble… D’ailleurs elle va rester ici quelques temps… pour sa convalescence ! Elle a subit une très lourde intervention et elle a besoin qu’on s’occupe d’elle ! "
Mme Warren se tourna alors vers Sara :"Ravie d’avoir fait votre connaissance Mademoiselle !"
"Je… Enfin… C'est-à-dire… Ravie de vous rencontrer aussi Mme Warren" Marmonna Sara morte de honte
"Je retourne en cuisine pour vous préparer un autre petit-déjeuner… pour deux !"
Catherine sourit gentiment à sa gouvernante :"Ce serait parfait oui, merci"
La cuisinière lui rendit son sourire : "Bien, je reviendrai plus tard pour nettoyer ce désastre" Avant de quitter la pièce, elle lança un regard désapprobateur à l’attention de Sara, puis referma la porte derrière elle.
"Je crois qu’elle ne m’aime pas beaucoup " Assura Sara en sortant de derrière son rideau.
Catherine s’avança vers elle et la prit dans ses bras : "Laisse lui un peu de temps, c’est une femme bien tu sais ! Et pour sa défense, je ne l’ai pas habituée à ce qu’elle trouve de splendides créatures nues dans mon lit tous les matins!"
La grande brune la toisa de toute sa hauteur : "Splendide créature hein ?"
"Splendide, magnifique, divine…" Assura Catherine en lui caressant la joue
"Alors comme ça je suis officiellement la première belle fille nue à avoir été présentée à ta gouvernante ?! "
"La première et la dernière !" Catherine se hissa sur la pointe des pieds et déposa un petit baiser sur les lèvres de sa compagne.
Sara lui rendit son baiser… prête à se laisser dévorer par sa passion, quand son estomac la rappela à l’ordre.
Sa compagne lui sourit alors tendrement : "Aller, enfile quelque chose, qu’on puisse descendre prendre le petit déj"
"Tu n’aimes pas me voir dans cette tenue ?!" Lui avait alors rétorqué Sara
"Hum… J’adore ! Mais je ne suis pas sûre que Mme Warren apprécie vraiment ton… style"
"Tu peux me croire chérie, je n’ai plus aucun secret pour ta gouvernante. Elle m’a vue dans le plus simple appareil !"
Leurs regards se croisèrent et un éclat de rire retentit dans la chambre…
Le temps avait passé depuis cette "rencontre" et aujourd’hui Sara et Mme Warren étaient devenues de bonnes amies. La vieille gouvernante s’était prise d’une réelle amitié pour la belle brune, surtout depuis qu’elle connaissait les sentiments que Catherine portait à "son amie"…
Et à présent toute la petite maisonnée s’était habituée à vivre au rythme de la convalescente.
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Trois semaines plus tard, un lundi, après une matinée au coin du feu, alors que dehors il pleuvait des cordes, Catherine et Sara se rendirent ensemble au Memorial Hospital.
Elles avaient rendez vous pour la première séance d’irradiation de Sara.
Il était presque midi lorsque la malade s’étendit sur la table, Catherine se tenant à ses côtés. Elles n’échangèrent pas une parole. Cela dura moins longtemps que Sara ne l’avait prévu, après quoi Catherine attendit qu’elle se soit rhabillée pour discuter avec le radiothérapeute et le Dr Alistair.
"Je suis d’accord avec vous Dr Alistair, déclara ce dernier. Il semblerait que nous soyons en phase de rémission" Ajouta t’il.
"Pour combien de temps ? " S’enquit Sara.
Le radiothérapeute lança un bref coup d’œil à Catherine et au Dr Alistair, comme pour leur demander l’autorisation de parler.
Tout à coup, de façon irrationnelle, Sara fut prise de panique. Elle avait le sentiment d’être en plein cauchemar, enfermée dans un réduit obscur aux murs nus et aveugles. Le souvenir des atroces journées passées au chevet de sa grand- mère, à la regarder agoniser, l’assaillit. Elle s’en voulut de réagir ainsi, de se laisser envahir par des pensées négatives, des terreurs absurdes. Les choses avaient beaucoup évolué depuis l’époque où sa grand-mère souffrait du cancer. Si elle avait été seule, elle se serait donnée une gifle. Au lieu de quoi, elle s’obligea à plaquer un sourire sur son visage.
A en juger par l’expression de Catherine, elle n’était malheureusement pas dupe de ce beau sourire.
"Répondez à sa question" Dit doucement le Dr Alistair.
"Franchement, je ne sais pas ! Cela peut durer des mois, peut être même des années…"
"Toujours ?" Hasarda Sara
Le médecin esquissa un sourire indulgent :"Pourquoi pas… Mais avec ce type de cancer c’est peu probable. Je préfère ne pas vous donner de faux espoirs !"
Sara regarda sa compagne qui se taisait, la mine grave.
"Dans ce cas, reprit la malade d’un ton qui se voulait léger, il faudra nous contenter du temps que nous avons, n’est ce pas ?"
Catherine lui entoura les épaules de son bras et opina, incapable d’articuler un mot, au bord des larmes. Elle n’était pas prête à se contenter de ce qu’elles avaient. Elle voulait plus… Infiniment plus ! Elle rêvait d’une vie entière à offrir à Sara.
Après avoir remercié le thérapeute, et le Dr Alistair, les deux jeunes femmes se dirigèrent vers la sortie.
Comme elle n’ignorait pas que Sara, au bout de quelques séances de radiothérapie, se sentirait exténuée, Catherine déclara en sortant de l’hôpital :
"Ça te plairait de partir quelques jours avec moi pour te changer les idées avant ta prochaine séance ?"
Sara se tourna vers elle, une lueur brillant dans ses yeux, pareille à une étoile dans un ciel noir. Elle prit la petite blonde par le cou et l’embrassa tendrement.
"Quelle question ! Je n’ai jamais eu de vraies vacances, alors tu imagines bien que je ne suis pas assez idiote pour refuser des vacances avec toi !"
Malgré tous leurs soucis, Sara avait toujours le don de la faire rire.
"Hey, du calme, ce ne sont que quelques jours de repos ! Pas une année sabbatique ! dit Catherine en riant. Où désirerais tu aller chérie ?"
"Je ne sais pas ! Je ne suis pas vraiment un globe trotter"
"Bon ! Je m’occupe de tout alors"
Sara lui sourit :"Je paries qu’au lycée tu étais déléguée des élèves"
"Ce n’est pas vrai ! Protesta t’elle avec indignation. Tu dis ça parce que je suis organisée ?"
Sara eut une moue songeuse et tapota son menton d’un air pénétré.
"Eh bien… effectivement, je n’ai jamais connu aucun délégué qui ne soit pas autoritaire, ordonné et légèrement perfectionniste sur les bords ! Tu es sûre de n’avoir jamais été déléguée des élèves ?"
"J’en suis certaine ! Je m’en souviendrais quand même ! Et puis je tiens à dire que je ne suis pas une perfectionniste, j’aime juste que les choses soient bien faites ! Ça n’a rien à voir !"
Sara éclata de rire :"Mais oui chérie, ça n’a rien à voir !..."
La petite blonde lui tira la langue : "Fiche moi la paix et laisse moi réfléchir tranquillement"
"Sinon, tu m’expédies en conseil de discipline ?" Demanda la grande brune d’un air moqueur.
"Non, mais je t’expédie au lit !"
"Chiche !" Murmura Sara d’une voix de velours
"Ne me provoques pas veux-tu ?" Rétorqua t’elle sévère
Sur quoi, elle s’abîma dans ses réflexions, se gratta la tête et décréta :"Dès que j’ai trouvé quelqu’un pour me remplacer, je t’emmène à Hawaii"
"Pour de vrai ?"
"Pour de vrai !"
Chapitre : 10
Trois jours plus tard, elles étaient sur l’île de Maui, à l’hôtel Halekulani. Après une phase de profonde fatigue qui avait suivie la première séance d’irradiation, Sara se sentait de nouveau en forme. Et elles avaient cinq longues journées de liberté avant la prochaine séance d’irradiation et le retour de Catherine au labo.
Le soleil était en train de se coucher derrière les cocotiers, et tout en faisant coulisser la baie vitrée de leur suite, Sara se disait qu’elle devait être en train de rêver. Les couleurs étaient si éclatantes, la brise si fraîche, le murmure des vagues si harmonieux… Elle n’aurait imaginé que tant de beauté pu exister sur cette terre.
"Oh, Catherine c’est merveilleux…"
Elle se tourna vers sa compagne qui était vêtue d’un pantalon kaki et d’une chemise de coton blanc, les pieds chaussés de sandales.
"Ça te plait ?"
"Tu demandes si ça me plait ? Mais je n’ai jamais rien vu d’aussi beau !"
"Moi si, quand je te regarde ma Sara Belle, dit-elle d’une voix rauque. Viens là…"
Sara se nicha dans ses bras et lui tendit ses lèvres. Catherine étreignit fiévreusement ce corps parfait, svelte, souple et musclé. Elle avait tellement envie de lui faire l’amour que c’en était presque un péché. N’y tenant plus, elle entraîna Sara sur le lit, la déshabilla, couvrant de baisers ardents chaque parcelle de sa peau veloutée. Elle la prit avec passion et tendresse, se donnant toute entière. Sara s’abandonna à cet amour immense qui l’inondait, qui imprégnait chaque fibre de son être. Elle songea que si elle devait mourir demain, elle partirait heureuse, comblée… Elle aurait connu le bonheur absolu.
Mais pour le moment, elle savourait avec délice le confort de sa chambre ornée de guirlandes de fleurs et de corbeilles de fruits.
Catherine n’avait pas fait les choses a moitié… Elle avait réservé la plus belle des suites de cet hôtel et avait demandé que la chambre soit prête pour leur arrivée, elle ne voulait pas faire attendre sa compagne dans le hall. Sara méritait ce qu’il y avait de mieux.
L’île de Maui offrait de multiples opportunités, Catherine avait pensé à tout ! Magasins, visites guidés, bronzage sur une plage de sable blanc… Sara n’avait qu’à demander ce qu’elle voulait, elle serait exaucée sans peine !
Le soir venu, elles prirent un dernier verre au bar de l’hôtel. Sara fut éblouie par le luxe du décor. Elle avait l’impression d’être une princesse dans le fourreau de lamé argent que Catherine lui avait offert.
Après avoir fait l’amour, Sara s’était rendue sous la douche, laissant sur le lit sa compagne endormie…
L’eau qui coulait sur sa peau lui fit du bien, elle était heureuse… Elle n’aurait pas pu l’être d’avantage ! Ces quelques jours de "Vacances" lui feraient le plus grand bien. Quand elle rentrerait elle serait prête pour affronter les séances de radiothérapie qui lui restait. Elle allait se battre pour Catherine ! Elle ne pouvait pas mourir, elle n’en avait plus le droit ! D’un geste vigoureux elle secoua la tête… Oui !... Elle allait battre son cancer mais en attendant son retour à Vegas, elle ne voulait plus penser à ça ! "Je veux profiter de ces moments merveilleux avec Catherine, et rien ne gâchera notre séjour ici !"
Quelques minutes plus tard Sara se glissa hors de la douche, elle s’enroula dans une serviette et se dirigea vers la chambre.
En arrivant au pied du lit la grande brune se figea… Catherine… Catherine n’était plus là ! C’était déjà la deuxième fois que sa compagne disparaissait sans rien dire et Sara n’aimait vraiment pas ça ! Où avait bien pu passer la petite blonde… Elle l’avait laissée là… sur le lit… dormant à poings fermés ! Alors pourquoi Catherine avait prit la poudre d’escampette ?!
Dans un soupir Sara se promis d’équiper sa compagne d’un bracelet électronique, comme ceux qu’on "donnait" aux prisonniers en liberté surveillée ! Voila une idée qui méritait d’être approfondie !...
Alors qu’elle réfléchissait au moyen d’attacher Catherine au pied du lit, Sara s’aperçu qu’un petit bout de papier et un paquet étaient posés sur sa table de nuit. Elle avança de quelques pas et se saisit de la petite note rédigée à son intention…
"Habille toi vite Sara Belle et rejoins moi sur la terrasse… Je t’aime Catherine"
Sara ne pu s’empêcher de sourire… Que pouvait bien mijoter la petite blonde ?!
Sans plus attendre, elle déchira le paquet cadeau…. Une robe d’un blanc argenté s’offrit à sa vue. La grande brune la sortie de sa boite.
"Oh Catherine ! Ce fourreau est magnifique"
Sans plus de cérémonie, elle laissa tomber sa serviette sur le sol et se glissa dans sa nouvelle robe. Parfait ! Puis elle se dirigea vers l’armoire et en sortit un string noir qu’elle enfila en hâte. Un passage éclair dans la salle de bains pour démêler ses longs cheveux d’ébène et Sara se rendit sur la terrasse d’un pas assuré...
Personne…
En s’avançant un peu Sara s’aperçu de la présence de quelques marches. La grande brune s’approcha de la rampe, et là… trônant fièrement… un autre bout de papier !
Sara fronça les paupières, détachât le mot et le lu
"Bravo chérie tu te rapproches ! Descends les escaliers et continue sur ta gauche, je te retrouve au bout du chemin. Catherine"
Plus décidée que jamais, Sara se rua dans l’escalier et tourna sur sa gauche. Elle se retrouva face à l’océan sur une plage quasi déserte.
Et maintenant ? Se demanda t’elle. La réponse ne se fit pas attendre ! Une petite boîte en plastique se trouvait là juste sous son nez. Sara se baissa pour la ramasser… A l’intérieur se trouvait une barrette d’orchidées mauves fraîchement coupées.
"Des fleurs pour la plus belle des fleur de cette île… C "
Sara sorti la barrette avec délicatesse de se boîte et la glissa dans ses cheveux. Puis elle regarda aux alentours, plus rien… Ni boîte, ni papier ! Elle n’avait plus qu’à s’armer de patience et attendre la suite. Elle n’eu pas à patienter longtemps, une charmante petite fille arriva à sa hauteur.
"Alloa, je m’appelle Herenui, dans votre langue cela veut dire Grand amour…"
(NDLA : Herenui est un vieux prénom polynésien de l’île de Maui et la signification est vraiment Grand Amour, vrai de vrai :o)
"Ravie de faire ta connaissance, moi c’est S…"
"Sara… la belle Sara oui je sais ! C’est toi que je suis venue chercher"
"Oh ! Et on peut savoir où tu m’emmènes jolie jeune fille ?!"
"Tu as l’air gentille mais je ne peux rien dire c’est une surprise alors…"
"Je comprends oui ! Alors je te suis !"
Herenui glissa sa petite main dans celle de Sara et elles se mirent en route. Après quelques minutes de marche elles arrivèrent devant un petit ponton en bois.
"Voilà tu es arrivée ! Catherine t’attend au bout de ce ponton"
"Merci…"
Herenui lui sourit et fit demi tour. Sara avança alors prudemment sur le petit pont de bois, elle n’avait pas fait la moitié du chemin qu’elle distingua une silhouette qui s’approchait…
Après une brève seconde d’hésitation Sara reconnu la taille si fine de sa compagne.
"Catherine… mais qu’est ce que…"
"Viens ! Suis moi"
Une fois arrivée à sa hauteur Catherine saisit la main de sa compagne et l’entraîna avec elle jusqu’au bout du pont.
La petite blonde avait revêtu une robe rouge satin et une barrette de fleurs de couleur identique. Les derniers rayons de soleil se reflétaient dans l’or de sa chevelure et une légère brise jouait avec le tissu si léger de sa robe…
"Mais comment est ce que tu as pu te changer si vite ?"
"Pas de questions !"
"Mais tu…"
"Non ! J’ai dit pas de questions, c’est mon secret !"
Sara acquiesça d’un hochement de tête. Elles s’avancèrent encore un peu sur le pont avant que Catherine ne demande à la grande brune de fermer les yeux. Cette dernière s’exécuta sans la moindre résistance. Catherine la prit de nouveau par la main et la fit avancer de quelques pas…
"Tu peux ouvrir les yeux, vas-y !"
Lorsque Sara ouvrit les yeux elle eut le souffle coupé…
Devant elle se trouvait une table impeccablement dressée : nappe blanche, couverts en argent, chandelier et bouquet de roses.
"Oh Cath…"
"Ça te plait ?!"
"Oui… bien sûr que oui ! C’est merveilleux"
"Je voulais que notre première soirée ici soit inoubliable, je veux que tout notre séjour soit inoubliable ! "
"Merci chérie, je ne sais vraiment pas quoi dire"
"Quoi ??? Aurais-je réussi à avoir le dernier mot pour une fois "
Sara s’avança vers sa compagne et déposa un baiser sur ses lèvres : "Je t’aime… voilà mon dernier mot !"
"Je t’aime aussi… Catherine lui indiqua alors la table. J’ai commandé un véritable festin, si on passait à table ?"
"Oui bonne idée je meurs de fin !"
Elles prirent place à table et le défilé des plats commença…
En entrée Catherine avait demandé à ce qu’on leur serve un plateau de fruits de mer, et Sara en fut ravie, elle adorait les crustacés en tout genre ! Pour la suite du repas, Catherine avait souhaité un plat traditionnel de l’île. Et elle ne pu masquer sa surprise lorsque le serveur leur apporta un cochon entier…
"Porcelet rôti à la broche, fourré à l’ananas sur son lit de palmier" Annonça le serveur avant de déposer le plat sur la table.
"Je crois que tu as vu un peu grand là chérie, à moins que tu n’attendes du monde ?!"Gloussa Sara
Catherine s’empourpra : "Non personne, je n’attends personne"
Après plusieurs bouchées elles ne purent plus rien avaler :"C’était délicieux mais je n’en peux plus !" Assura Sara en se frottant le ventre
"Pareil pour moi !" Répliqua Catherine
"J’espère que tu n’as rien prévu d’autre ?"
"Juste le dessert…"
"Je suis navrée mais je ne peux vraiment plus rien mettre dans mon estomac"
"Ce n’est pas grave, on pourra le prendre plus tard, je vais leur demander qu’ils le déposent dans notre chambre. Tu veux aller prendre un verre au bar de l’hôtel ?"
"Oui pourquoi pas, ça nous fera du bien de marcher jusqu’à là-bas"
Sara était éblouie par tant de luxe, pourtant elle n’en laissait rien paraître ne voulant pas faire honte à sa compagne. Elles prirent place au bar et commandèrent deux cocktails maison. La grande brune regarda alors autour d’elle, la musique battait son plein, les gens dansaient, riaient, flirtaient…
"Tu veux danser ?" lui demanda alors Catherine
"Quoi ?"
"Je te demande si tu veux danser ?"
"Non merci sans façon !"
"S’il te plaît… j’en meurs d’envie Sara ! J’adore danser ! " Implorât la petite blonde.
"Non vraiment je suis désolée mais la danse c’est pas mon truc !"
Sara se trouvait ridicule lorsqu’elle dansait et on lui avait toujours dit qu’elle était trop grande pour être sexy en dansant. Elle avait fini par y croire et n’avait plus jamais dansé en public.
"Ne te gène pas pour moi, va t’amuser, danse si tu en as envie"
"Tu es sûre ? Ça ne te fait rien ?"
"Mais non vas-y, ce sont tes vacances aussi ! Alors amuse toi !"
"D’accord, juste une petite danse et je reviens"
Catherine sauta de son tabouret et se dirigea sur la piste… Sara la suivit des yeux, et comme elle le pensait il ne fallut pas plus de cinq minutes pour que sa compagne se fasse inviter par un "charmant" inconnu. Il n’y avait rien de mal à ça ! A près tout Catherine avait le droit de s’amuser.
Sara attendit donc que sa compagne finisse son tour de danse… mais à la fin de la chanson Catherine n’était pas encore de retour. La grande brune la chercha de nouveau des yeux et fini par la trouver, toujours en train de se déhancher sur la piste. Sara soupira… ça risquait d’être plus long que prévu ! Elle n’avait plus qu’à prendre son mal en patience. Elle finit son verre et en commanda un deuxième… puis un troisième. Son sang commençait à bouillonner dans ses veines. Non mais pour qui il se prenait ce type à la fin ! "Calme toi ma belle, il ne fait rien de mal, il danse !" Se raisonna t’elle
Elle allait commander un quatrième verre, lorsque la conversation de ses nouveaux voisins de bar l’interpella.
"Regarde moi ça, Mike s’est encore trouvé une super meuf, encore une danse et hop dans son lit ! "
"Tu l’a dis ! En plus cette petite blonde c’est un sacré petit lot ! Ça doit être une chaude au lit, j’en suis sûr ! J’ai le nez pour ça"
"Yeah sacré morceau !"
Sara s’éclaircit la voix :" Son nom c’est Catherine, pas joli petit lot !"
"Quoi ?"
"J’ai dit : son nom c’est Catherine"
"On s’en fout pas mal de son nom ma Belle ! Pour moi ce n’est juste qu’un tas de chair fraîche !"
"Je vous donne cinq minutes pour vous excuser, ou alors…"
"Ou alors quoi ma Belle ?! Tu va nous faire bobo"
"Très bien ça suffit, dehors tout de suite !" Sara sentait bien que l’alcool et la jalousie lui avaient tourné la tête mais elle ne pouvait plus attendre sans rien faire. Et ces deux crétins qui…
"Mais c’est qu’elle a le sang chaud la demoiselle ! Très bien on sort, ça me fait mal au cœur de devoir défigurer un si joli minois mais j’ai jamais aimé les femmes qui la ramènent "
Précédée par les deux hommes, Sara se dirigea sur la plage.
"Je suis en vacances messieurs, alors finissons-en, et vite !"
"Avec plaisir"
Le premier se jeta sur Sara, alors que le second encourageait son ami. La grande brune n’eu aucun mal à éviter le coup, et à son tour elle donna la charge. Dix ans d’arts martiaux ne pouvaient que lui donner l’avantage. Sara glissa sa main dans les passants du short de son adversaire et avant qu’il ne puisse réagir, il était allongé sur le sable. Dans un excès de rage Sara le frappa violemment au visage.
"A qui le tour ?" Demanda t’elle en se redressant
Mais le deuxième type n’avait pas demandé son reste lorsqu’il avait vu de quoi était capable Sara. Pris de panique il s’était enfui, laissant son ami essuyer les foudres de la grande brune.
"La prochaine fois que tu parles d’une dame assure toi de connaître son nom !"
Puis Sara se mit en route pour retourner au bar. Arrivée devant la porte elle pris cinq minutes pour se remettre. C’était une évidence, elle n’avait plus autant de force physique qu’avant, son traitement la fatiguait beaucoup mais elle ne pu s’empêcher de sourire. Pas si mal pour une mourante se dit elle. Après avoir reprit son souffle, Sara entra de nouveau dans le bar… Il ne lui fallut que quelques secondes pour retrouver Catherine dans cette foule. La petite blonde ne semblait pas avoir remarqué son absence… et apparemment la série de slow venait tout juste de commencer. La grande brune n’hésita pas un quart de seconde, elle se dirigea droit sur sa compagne.
"Je peux avoir cette danse ?" Demanda elle dans un sourire
"Je suis désolé charmante créature, mais je danse déjà avec cette demoiselle ! Mais je veux bien vous garder la prochaine danse ! " Lui répondit Mike
"Euh merci… mais ce n’est pas à vous que je pose la question ! Catherine ?!"
La petite blonde sourit à Sara :"Oui bien sûr avec plaisir !"
Et sans plus de ménagement Catherine planta son cavalier sur la piste, pour se lancer dans un slow langoureux avec sa compagne.
Sara était bien consciente qu’elles attiraient les regards mais elle s’en moquait bien ! Désormais elle ne laisserait plus Catherine seule sur une piste de danse. Si la petite blonde voulait danser, elle la ferait danser personnellement ! Elles dansèrent encore un peu, puis regagnèrent leur suite et finirent la soirée en faisant l’amour .
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Au matin, elles décidèrent de jouer les touristes. D’abord, elles visitèrent le Natatorium, la seule piscine au monde construite en tant que monument commémoratif de la guerre. Catherine si ennuya mortellement mais elle n’eu pas le courage de dire à Sara que les musées n’étaient pas sa tasse de thé. Sa compagne était tellement excitée à l’idée de cette visite que Catherine supporta tant bien que mal les deux heures que dura ce périple. Puis elles se rendirent à l’Académie des Arts, musée réunissant des collections d’art asiatique et occidental. Et là, Catherine craqua…
"Chérie, par pitié, plus de musées pour aujourd’hui ! Non, en fait, plus de musées du tout ! Nous sommes à Hawaii bon sang, il y a bien d’autres choses à faire que d’aller s’enfermer dans des musées pour voir de vieux truc poussiéreux ! "
"Oui… tu as raison ! Excuse moi, quelques fois je m’emballe. Alors que veux tu faire ?"
"Manger pour commencer ! Ensuite on verra"
"Très bien chef ! Puisque c’est toi qui décides, c’est toi qui régale ?!"
Elles finirent par déjeuner dans un café où elles se gavèrent de glace à la mangue, et Catherine décida de passer le reste de la journée à flâner dans le Chinatown local.
Le soir venu, exténuées, elles finirent par s’endormir dans les bras l’une de l’autre sans même prendre la peine de dîner.
Le surlendemain, elles allèrent admirer le lever du soleil sur la côte Est, battue par les vents, à Hanauma Bay, où la scène d’amour entre Burt Lancaster et Deborah Kerr avait été tournée pour le film Tant qu’il y aura des hommes. C’est alors que Sara eu cette idée complètement stupide…
Chapitre : 11
"Tu veux faire quoi ?!" Demanda Catherine sous le choc
"Je veux qu’on passe sous la barrière et qu’on trouve un chemin jusqu’aux chutes" Répéta Sara pour la seconde fois.
"Tu es folle c’est dangereux ! En plus ça me paraît impossible !"
"Moi je dirai que ça paraît… marrant !"
"Marrant ! Tu te fiches de moi là ?! On ne sait même pas quelle sorte d’animaux on va trouver dans cette jungle !"
"Et alors de quoi tu as peur ? Je suis sûre d’être plus effrayante que tout ce qu’il peut y avoir dans cette jungle !"
"Sara je suis sérieuse ! Il est hors de question que tu me traînes là dedans ! Tu as compris ?"
"Ne me dit pas que tu as peur ? On vit à Vegas Cath ! Mais si tu ne veux pas me suivre, tu restes là et moi j’y vais !"
"Tu ne crois quand même pas que je vais te laisser y aller seule dans ton état… Catherine se stoppa net. Désolée je ne voulais pas dire…"
"Laisse tomber ! C’est pas grave va. Je sais bien que ce n’est pas en faisant semblant de ne pas être malade que mon cancer guérira mais je voudrais passer des vacances agréables en laissant la maladie là où elle est. C’est pour ça que je voudrais partir à l’aventure pendant que je le peux encore, tu comprends ? "
"Oui, je comprend… Bon alors on y va !"
"Vraiment ?"
"Oui vraiment ! Mais dépêche toi avant que je change d’avis"
Sans plus attendre Sara se glissa sous la barrière et commença à descendre le long du petit chemin. Catherine imita sa compagne et elles se mirent en route pour trouver les chutes.
Après plus de deux heures de marche, la petite blonde commença à perdre patience.
"On y arrivera jamais Sara ! Aller, laisse tomber on rentre !"
"Rentre si tu veux, moi je veux voir ces chutes !"
"Rentrer toute seule, tu te fiches de moi !! Je ne sais même pas où on est ! Je me demande même si toi tu le sais"
"Mais bien sûr que je sais où nous sommes !"
"Ah bon, et où sommes-nous mademoiselle j’ai-réponse-à-tout"
"Nous sommes quelque part entre la barrière de tout à l’heure et les chutes"
"Me voilà rassurée ! Est-ce qu’on peut au moins faire une pause parce que si je dois encore marcher je vais finir par avoir les pieds plats !"
"Chérie… tu as déjà les pieds plats !"
"Oh ! C’est pas vrai ça !"
"Si c’est vrai !"
"Méchante !"
"Aller, on marche encore un peu et après c’est promis on fera une pause"
"C’est vrai ?!"
"Vrai ! Mais avance plus vite chérie, parce que à ce rythme tu ne rattraperai même pas une tortue asthmatique !"
"Ah ah ah très drôle ! Mais je suis fatiguée alors on s’arrête maintenant !"
"Très bien, faisons une pause"
Après une pause de vingt minutes elles se remirent en route, et Catherine entonna une petite chanson pour se donner du courage.
Comment peut elle chanter si faux se demanda plusieurs fois Sara. Et lorsque Catherine reprit de plus belle, la grande brune grinça des dents.
"Trois kilomètres à pieds ça use ça use ♫ ♪…"
"Si tu chantes Quatre kilomètres ça use ça use les souliers, je te jure que je t’assomme !"
"Euh… je crois que j’ai saisi l’idée ! Tu n’aimes pas cette chanson hein ? C’est pas grave !"
Après cinq minutes de silence durement gagné, les oreilles de Sara furent de nouveau agressées…
"Il était un petit homme pirouette cacahuète ♪ ♫… "
"Catherine arrête ! Je suis sûre qu’en ce moment toutes les mouettes de la côte ouest sont en train de se suicider en piquant droit dans l’océan !"
"Mes chansons ne te plaisent pas ? Ou tu trouves que je chante faux ?!"
"Chérie, si la nature nous a donné DEUX oreilles et seulement UNE langue, c’est afin de pouvoir écouter d’avantage et de parler ou chanter moins ! Pense à ça d’accord"
"Mais je…"
"Chut écoute"
"Quoi ?"
"Tu n’entend rien ?!"
"Non !"
"C’est bizarre on dirai que ça se rapproche de nous… "
"Alors là moi je parie pour une grosse bête !"
"C’est impossible de rencontrer des grosses bêtes ici"
"Qu’est ce que tu en sais !"
"Je le sais c’est tout" Assura Sara
"Si ça se trouve c’est un loup, peut-être même un ours"
Sara éclata de rire : "Catherine, l’éloignement entre le continent et l’archipel fait que les seuls animaux vraiment originaires de cette île sont les oiseaux et le cochon sauvage ! Les autres animaux qui vivent ici ont tous été apportés de pays étrangers et je ne crois pas que les gens d’ici aient ramené des ours ou des loups dans leurs valises! Des chiens, des chats, voire des lapins mais pas de bêtes sauvages ! "
La petite blonde haussa les épaules :"Je le savais !... C’était juste pour voir si TOI tu le savais aussi "
"Te voilà rassurée à présent ! Tu sais que j’ai révisé ma géographie avant de partir. "
Le sourire aux lèvres Sara prit la main de sa compagne :"Aller, viens on ne doit plus être loin des chutes"
Elles se remirent en route…
Après encore une heure de marche le bruit des chutes d’eau étaient enfin perceptible.
"Nous y sommes presque !"
"Ca fait déjà trois heures que tu me dis qu’on y est presque !"
"Mais cette fois c’est vrai, nous n’avons plus qu’à traverser le pont qui se trouve là, il nous conduira jusqu’au pied des chutes"
Catherine se hissa sur la pointe des pieds pour voir le pont en question par-dessus l’épaule de sa compagne.
C’était un vieux pont d’au moins un kilomètre de long, suspendu dans le vide à plus de cinq cent mètres de hauteur. Seuls de vieux cordages semblaient encore le maintenir en l’air, et vu la quantité de mousse qu’il y avait un peu partout il était évident que ce passage n’était pas emprunté souvent…
"On doit traverser là-dessus ?" Demanda Catherine incrédule
"Ne me dis pas que tu as peur ?!"
"Non, non pas du tout ! Disons que… je le sens moyen, le coup du vieux pont au-dessus du vide !"
Sara lui sourit :" Chérie on n’est pas dans une série B, genre Xena la guerrière, où le pont craque à tous les coups afin que la superbe héroïne vêtue de cuir sauve sa compagne en remontant le long du cordage rien qu’à la force des bras ! "
"Ben justement, si le pont lâche, on est mortes toutes les deux !"
"Ne dis pas de bêtises ! On va y aller doucement, voilà tout. Je reste près de toi ! On va traverser tout doucement "
"C’est vrai tu vas rester près de moi ?!" Demanda Catherine pleine d’espoir.
"Mais oui chérie, tu me prend pour qui ?! Je serai là !"
"Bon… d’accord, je ne vois pas pourquoi je m’inquiète si tu es là "
"Bien, alors contente-toi d’avancer pas à pas, et surtout, quoi qu’il arrive ne regarde pas en bas !"
"Ne pas regarder en bas, ne pas regarder en bas, ne pas…"
Sara la poussa doucement :" Aller, avance Catherine !"
La petite blonde se mit à avancer sur le pont : "Ne pas regarder en bas, ne pas regarder en bas…"
"C’est bien chérie on en a traversé la moitié, continue comme ça" L’encouragea Sara tout en gardant sa main sur son épaule.
Après vingt bonnes minutes de ce périple, elles avaient enfin traversé !
"Bravo Cath ! Tu as été très courageuse"
"Ouaip c’est ça ! Trouvons vite ces fichues chutes qu’on retourne enfin à la civilisation !"
Sara se concentra quelques secondes pour percevoir de nouveau le bruit des chutes.
"C’est par là !"
"Alors en route et vite ! J’ai hâte de pouvoir renter à l’hôtel pour prendre une bonne douche"
Encore trente minutes de marche les attendaient… mais le spectacle qu’elles reçurent en récompense de leur quatre heures de périple était sans prix ! Catherine en resta bouche béé.
"C’est splendide…"
"Oui…" Murmura Sara
Et elles restèrent là à contempler cette merveille de la nature ! Sara passa alors son bras autour des épaules de sa compagne, puis l’attira jusqu'à elle. Catherine, un peu surprise, vacilla légèrement contre la grande brune. Sara pressa le corps de sa compagne encore plus près du sien et dans un élan de passion lui dévora les lèvres de baisers, tous plus fougueux les uns que les autres.
"Tu sais à quoi je pense…" Lui murmura alors Catherine en se dégageant quelque peu de son étreinte
"Non dis moi"
"Je pense que toi et moi nous sommes seules, perdues au milieu de nulle part. Le cadre est plutôt romantique… Tu me suis maintenant ?!"
"Tu es sérieuse ?! "
Pour toute réponse Sara obtint un sourire en coin… Puis Catherine glissa sa main sous la chemise de sa compagne. Et en moins de trois minutes Sara se retrouva torse nu. Sa compagne laissa courir ses mains le long de son ventre… Quand soudain Sara sursauta.
"Il y a du bruit !" Assura t’elle la voix tremblante
"Tu as dit tout à l’heure que ce n’était rien, ça doit sûrement être un grillon ! "
"Les grillons ne portent pas de chaussures, même à Hawaï ! "
"Alors qu’est ce que c’est ?!" Demanda Catherine
"Des bottes…" Répondit Sara tout en remettant son tee-shirt
"Des bottes ?! Et de quelle couleur sont elle ?" Pouffa la petite blonde
"Noires !... Enfin Cath voyons, comment veux-tu que je le sache !"
"Je ne sais pas moi, peut-être que tu as un don de double vue ?! "
"Non je n’ai pas de don, j’ai juste…"
Mais Sara n’eu pas le temps de finir sa phrase qu’un homme sortait des fourrés, l’arme au point.
"Oh oh" Murmura Catherine à l’intention de sa compagne.
L’homme s’approcha… plus près. Il était grand, bien plus grand que Sara et ses yeux noirs n’avaient rien d’amical. Sa tenue beige était couverte de poussière et une barbe de plusieurs jours avait envahit son visage carré.
"Qu’est ce qu’il nous veux Sara ?"
"Je ne sais pas ! Mais il ne veux sûrement pas jouer les guides "
"Alors là je suis d’accord avec toi "
"Finalement je n’aurai pas fait dix ans d’arts martiaux pour rien"
"Euh Sara ? Tu as l’intention de te battre contre ce monstre ?!"
"Ben oui pourquoi ? Tu as une meilleure idée peut être ?!"
"On pourrai appeler à l’aider, ou alors… je ne sais pas moi ! Courir…"
"Tu ne me crois pas capable de battre ce type ?"
"C’est pas ça chérie, c’est juste que… il est très grand ! Et ces temps-ci tu es fatiguée à cause de… enfin disons que là… si j’avais de l’argent, je parierai sur le grand type ! Les lois des statistiques, je te rappelle qu’on vit à Vegas ! "
Sara lui lança un regard froid : "Mais vas-y, applaudit le tant que tu y es ! J’ai une idée on va lui trouver un beau révolver et on lui donne dix dollars s’il me touche du premier coup ! Mieux on lui en donne cent s’il me vise en pleine tête !"
"Sara calme toi ! Je voulais juste dire que tu ne peux pas toujours être la plus forte et je ne veux pas que ce type te fasse le moindre mal !"
En attendant, l’homme s’était approché assez près des deux jeunes femmes pour entendre leur conversation.
"Je ne vous veux aucun mal ! Je m’appelle Marc et je suis le garde de cette réserve naturelle"
"Réserve naturelle ?" Répéta Catherine surprise
"Oui, et vous ne devriez pas être ici ! D’ailleurs je me demande comment vous avez fait pour traverser le pont, il est très dangereux !"
"Désolé, on ne savait pas que…"
"Ce n’est pas grave pour cette fois, mais que je ne vous y reprenne pas ! D’accord ?"
"Oui c’est promis !" Dit Catherine une peu honteuse
"Bien je vais vous raccompagner sur la route"
Et toute la petite troupe se mit en marche…
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Voilà presque deux bonnes heures qu’elles étaient de retour à l’hôtel, et Sara n’avait toujours pas décroché un mot.
"S’il te plait Sara Belle… Ne cessait de répéter Catherine. Dis moi quelque chose, n’importe quoi"
Sara n’accorda cependant pas le moindre intérêt à sa compagne et se dirigea vers la petite cuisine de leur suite.
La petite blonde ne tarda pas à la rejoindre : "Pose ça !"
"Non, j’ai faim et je veux faire la cuisine ! Et pour ça il me faut une poêle !"
"Une poêle et un extincteur…" Marmonna Catherine qui se rappelait parfaitement le désastre qui avait régné dans la cuisine de sa maison la dernière fois que Sara avait voulu préparer le repas. Mme Warren avait bien faillit faire une crise cardiaque !
"Qu’est ce que tu as dit ?" Demanda Sara en posant un regard accusateur sur sa compagne.
"Rien ! Je n’ai rien dit ! Chérie… tu sais des centaines de gens font la cuisine tous les jours sans susciter une vision d’apocalypse !"
"Et ça veux dire quoi exactement ?!" Questionna Sara un sourcil dressé.
"Entre tes mains n’importe quel objet devient une arme puissante ! En moins de vingt-quatre heures je me suis fait pincée par un garde forestier, je me suis perdue en pleine jungle, j’ai traversé un pont vieux d’au moins deux cent ans et maintenant ça !"
"Je ne vois pas le rapport !" Répliqua la grande brune d’un ton qui se voulait dur.
"Toi non, mais moi oui ! La moindre chose que tu entreprends se transforme en récit d’aventure ! Tu es dangereuse Sara !"
"Ah oui ?! Si moi je suis dangereuse, toi tu es une catastrophe ambulante !"
"Ce n’est pas vrai !"
"Si c’est vrai, et tu le sais très bien !"
"Espèce de grande girafe !" Catherine se demanda alors pourquoi elle venait de dire une chose pareille. Mais la réponse de Sara ne se fit pas attendre longtemps.
"Pleurnicheuse !"
"Oh !!! Sans cœur !"
"Râleuse" Renchérit Sara de plus belle.
"Tête brûlée !" Insista la petite blonde
"Maigrichonne !"
"Je préfère être une maigrichonne que d’être une future chauve !"
Leurs regards se croisèrent alors et un silence s’installa entre elles. Catherine s’avança vers sa compagne.
"Je suis désolée je… je ne voulais pas dire ça ! J’étais en colère et j’ai…"
"Je sais ! Ce n’est rien…" Lui dit Sara en détournant son regard du sien, pour que Catherine ne voie pas qu’elle l’avait blessée.
"Non ce n’est pas rien ! Je n’avais pas le droit de…"
"Cath, tu sais tout comme moi que ça va arriver un jour ou l’autre ! Et puis je l’ai bien mérité, c’est moi qui ai commencé cette dispute ! Je suis navrée d’avoir gâché le séjour, tu t’es donnée tant de mal pour moi !"
"Nous avons encore quelques jours devant nous avant de rentrer ! Alors ne t’en fais pas pour ça."
"D’accord, passons à autre chose ! Je t’aime Catherine !"
"Si tu savais comme je t’aime moi aussi, je ne pourrai plus vivre sans toi ! Si tu…"
"Chuuuuuut ! Pas maintenant… Murmura Sara en se penchant sur sa compagne pour lui donner un baiser. Pas maintenant mon amour, j’ai d’autres projets pour nous !... "
Et sans plus attendre Sara conduisit la CSI plus âgée sur leur lit, laissant la cuisine en plan.
Après leurs retrouvailles, elles décidèrent d’un commun accord de passer la journée de demain dans leur chambre…
Chapitre : 12
Au crépuscule, quand la mer s’embrasa et qu’une lune ronde s’éleva dans le ciel, leurs corps et leurs âmes s’unirent pour une ultime nuit au paradis.
Hélas, le rêve s’acheva trop tôt…
Quand Sara se réveilla à l’aube, elle effleura de ses lèvres la joue de sa compagne endormie. Mon Dieu, elle n’avait aucune envie de quitter cette femme…
Avec précaution, elle se glissa hors du lit. Mais brusquement, elle eut un étourdissement, le sang afflua à son cerveau et sa vision se brouilla.
Oh non, se dit elle. Elle ne devait pas s’évanouir !
Sara s’agrippa à la table de chevet pour ne pas tomber et essaya de s’asseoir sur le bord du lit. Une douleur aiguë, telle qu’elle n’en avait jamais éprouvée, traversa son corps et lui coupa le souffle. Un nouveau spasme, d’une violence terrible lui arracha un cri. Les mains crispées sur sa poitrine, elle s’effondra…
Les ténèbres, pareilles aux cauchemars du passé, l’engloutissaient. Non, elle ne voulait pas mourir, pas maintenant que tout allait si bien avec Catherine.
"Sara ! Oh mon Dieu !"
La grande brune entendait les mots sans les comprendre. Elle sentait la main de Catherine sur sa tête, pourtant elle ne distinguait pas son visage. Catherine était bien penchée sur elle ? Elle ne savait plus… Son cœur se fit plus lourd qu’une pierre dans sa poitrine. Elle avait désespérément besoin de voir Catherine, de lui parler… La mort s’insinuait en elle. Elle rampait vers elle, tourbillonnait comme la poussière qui s’infiltre par les pores de sa peau. Si Sara devait s’éteindre en cet instant, qu’arriverait il à Catherine ? S’en remettrait-elle un jour… Sara n’en était pas certaine.
Soudain, elle refusa de mourir. Son esprit s’élança dans l’obscur labyrinthe de sa vie. Tout ce qu’elle n’avait pas encore connu lui apparut. Elle hurla alors une supplique silencieuse.
"Non, pas tout de suite ! Je veux vivre… Je veux rester ici avec Catherine ! Attendez un peu, je… jamais je n’ai vu d’étoiles filantes, je n’ai jamais mangé de fruits de mer au clair de lune, je ne suis jamais allée à Paris, et je… je n’ai pas eu d’enfants... Je vous en prie, ne m’emmenez pas alors que je suis heureuse pour la première fois de ma vie"
Personne ne lui répondait… Était-il trop tard ? Son heure avait elle vraiment sonné ?
"Non, non. Je ne peux pas m’en aller. Je n’ai pas encore vécu ma vie… ma vie avec Catherine ! "
Et elle aimait tant cette femme, elle avait tant d’amour pour elle ! Elle essaya d’ouvrir les yeux, mais quelque chose la tirait en arrière, elle plongeait de plus en plus profondément dans le noir. Les ténèbres autour d’elle commençaient à s’épaissir… Elle pensa alors à sa grand- mère. Son esprit continuait à courir en tous sens, grimpait et dévalait les montagnes du temps, se heurtait à des murs, se heurtait aux poings de son père.... Elle songea de nouveau à Catherine et cette fois, elle en éprouva un sentiment de paix. Au bout du compte, son existence n’avait pas été dénuée de sens…
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Catherine se précipita et tomba à genoux sur le sol. Le cri que sa compagne avait poussé l’avait réveillée et il ne lui avait fallu qu’une seconde pour comprendre que quelque chose n’allait pas.
"Sara !"
Elle ne répondait pas. Catherine se pencha sur elle, Sara ne respirait plus.
La panique la saisit, la submergea, menaçant de lui ôter tous ses moyens. Sans elle, Catherine ne survivrait pas ! Elle avait tellement besoin de la grande brune, elle l’aimait tant…
"Seigneur, je vous en supplie, ne me la prenez pas, laissez moi au moins lui dire adieu ! Vous ne pouvez pas me l’enlever comme ça… vous ne pouvez pas… ce n’est pas juste ! "
Le cœur battant à tout rompre, elle s’obligea à se concentrer sur ce qu’elle avait à faire. Elle coucha Sara sur le dos et la secoua.
"Sara ! Répond moi chérie"
Pas de réaction…
"Non ! Hurla t’elle. Je ne peux pas la perdre ! Pas encore ! C’est trop tôt "
Elle prit le visage de sa compagne entre ses mains, maintint sa tête en arrière, lui ouvrit la bouche et y insuffla de l’air. Puis elle exécuta quinze compressions thoraciques, suivies de deux insufflations. Elle recommença, encore et encore, alternant le bouche à bouche et le massage cardiaque.
"Respire bon Dieu ! S’écria t’elle. Respire Sara, je t’en prie pense à moi !"
Mais Sara demeurait inerte, telle une morte. Les secondes s’écoulaient, interminables. Un nouveau hurlement de désespoir fusa de la gorge de Catherine.
"Tu ne peux pas me faire ça Sara ! Respire s’il te plait… je suis ta supérieure, tu dois m’obéir ! Alors respire nom de dieu… respire tu m’entends ! "
Elle sentit alors une main lui toucher l’épaule, mais elle la repoussa avec rudesse et colla sa bouche à celle de Sara.
Une voix masculine s’éleva quelque part dans la chambre.
"Je crains que les secours n’arrivent trop tard"
Catherine ne voulait savoir qu’une chose : ne pas laisser mourir Sara.
Une autre insufflation et soudain les lèvres de sa compagne frémirent sous les siennes. Un fol espoir jaillit du tréfonds de son être. Catherine se figea et scruta le visage de Sara. Elle avait toujours les paupières closes. Catherine lui palpa le cou et constata qu’il battait faiblement. Elle respirait !
Sara eut un hoquet et ouvrit les yeux.
"Cath…" Murmura t’elle
Ce murmure fut plus doux qu’une musique d’ange aux oreilles de la petite blonde. Elle n’avait jamais entendu quelque chose de si beau. Catherine la prit dans ses bras et appuya son front contre le sien. Les sanglots l’étouffaient, les larmes coulaient sur ses joues. Sara respirait enfin…
Comme elle aimait cette femme ! Si jamais elle la quittait, le monde deviendrait un enfer.
"Sara, ma Sara Belle, je t’aime ! Je ne veux pas te perdre, je ne peux pas… Je t’en prie dis moi que tu m’entends"
C’est alors que Catherine, encore penchée sur sa compagne, eut vaguement conscience de l’agitation qui régnait dans la pièce. De nouveau quelqu’un l’agrippa par l’épaule. Elle se retourna et découvrit un infirmier, immobile derrière elle.
"Il faut l’emmener à l’hôpital, madame"
Catherine s’aperçut que plusieurs personnes se trouvaient dans la pièce. Ses cris avaient du alerter le personnel de l’hôtel qui avait appelé une ambulance.
Elle opina sans s’écarter de Sara.
"C’est… C’est ma compagne… c’est la femme de ma vie… Encore une minute s’il vous plait"
L’infirmier acquiesça et recula d’un pas. Catherine se pencha de nouveau sur Sara.
"Tu m’entends chérie ? Tu te sens mieux ?"
Bizarrement, Sara n’avait aucun souvenir de ce qui s’était passé. Elle se rappelait simplement une douleur atroce dans le côté gauche… des images floues… Mais peu importait, pour le moment la seule chose qui comptait vraiment c’était de rassurer Catherine.
Elle lui pressa doucement la main
"Oui… dit elle d’une voix à peine audible. Ça va mais je voudrais me reposer"
Catherine lui caressa la joue :"Sara, murmura t’elle d’un ton suppliant, promets moi que tu ne me quitteras jamais ! Promets le !"
La grande brune eut l’impression que son cœur se fendait en deux. Catherine essayait de lui arracher une promesse qu’elle ne pouvait pas lui faire. Elle savait bien ce qui lui arrivait et implorait le ciel de lui accorder un sursis… un peu de temps avec Catherine… un peu plus de temps pour se faire d’autres souvenirs…
Elle aurait tant voulu être en mesure de dire à la petite blonde ce qu’elle voulait entendre. Ne pas l’abandonner, ne pas la blesser davantage. Rester auprès d’elle pour l’éternité… Mais comment lui promettre ça ? Elle savait bien qu’elle finirait par mourir. La douleur lui labourait le côté, comme si ses côtes étaient sur le point de se briser. Pourtant elle esquissa un sourire pour sa compagne.
"Je t’aimerai toujours, je te le jure !"murmura Sara
Catherine l’embrassa. Pourvu qu’il s’agisse simplement d’une rechute, qu’elle ait la possibilité de la ramener à la maison.
"Tu respires sans trop de difficulté à présent ?"
"Oui je crois. Aide moi à me lever"
"Je serai toujours là pour t’aider Sara ! Dit elle d’un ton solennel. Mais, dans l’immédiat, tu ne te lèves pas. On va t’étendre sur une civière."
Catherine fit signe aux infirmiers d’approcher et Sara se laissa transporter sans sourciller. Elle était bien trop fatiguée pour protester.
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Dès qu’elles furent à l’hôpital, deux médecins, que Catherine avait informés de la situation, s’étaient réunis autour de Sara pour l’ausculter. Pourtant ils ne parvinrent pas à déterminer ce qui avait provoqué cet arrêt cardiaque. L’un des médecins, un Polynésien d’un certain âge, émit une hypothèse ; le malaise de Sara n’avait peut-être aucun rapport avec son cancer. Il pouvait s’agir d’une violente réaction allergique qui, associée à la douleur que la malade ressentait dans le côté gauche, avait provoqué une syncope. Une malheureuse coïncidence, en d’autres termes.
L’autre médecin suggéra de pratiquer un examen des gaz du sang, mais Catherine déclara qu’elle demanderai au Dr Alistair de procéderait à des analyses approfondies dès qu’elles seraient de retour sur le continent. Elle voulait absolument ramener Sara à Vegas le plus vite possible. Dans la mesure où l’état de la patiente demeurait stable, les médecins convinrent qu’on pouvait la transporter sans risque, d’autant que Catherine serait là pour la surveiller. Les médecins hawaiiens lui remirent des antalgiques, de l’adrénaline et un masque à oxygène au cas où Sara aurait une autre attaque. En fin de matinée, après plusieurs coups de fil, Catherine réussit à louer un avion privé. Le transport de l’hôpital à l’aéroport fut un vrai calvaire pour la petite blonde qui sentait son cœur à la limite d’exploser sous l’effet du stress. A présent la vie de Sara dépendait d’elle jusqu'à ce qu’elles rentrent à Vegas…
Blottie dans les bras de Catherine et assommée par les drogues, Sara sommeillait. Indifférente au monde qui l’entourait et à la sa souffrance de sa compagne.
Catherine, qui comptait les minutes, pleurait et priait tout à tour. Le temps lui paressait être en suspens. Après une demie heure dans l’ambulance, Catherine vit enfin l’avion qui les attendait pour les ramener à Las Vegas et avec lui l’espoir de sauver Sara…
Une fois les deux femmes installées à bord, l’avion décolla. Alors qu’il restait une heure de vol, Catherine appela le Memorial Hospital pour prévenir le Dr Alistair et le radiothérapeute de leur arrivée. Heureusement, joindre Mégan ne fut pas aussi compliqué qu’elle l’avait redouté. La chirurgienne travaillait dans son bureau et répondit presque aussitôt.
"Dr Alistair, c’est Catherine… Catherine Willwos"
"Mais où êtes vous ? Je vous entends très mal !"
"Dans un avion, avec Sara. Je l’amène directement au Memorial. Il me faut une ambulance à l’aéroport. Elle… elle a fait un grave malaise… un arrêt cardiaque je crois…"
Mégan faillit lui demander des précisions, cependant elle préféra se taire, Catherine avait l’air bouleversée.
"Je suis navrée. Dans combien de temps atteindrez vous Vegas ?"
"Dans moins d’une heure "
"L’ambulance sera là ! Ne vous inquiétez pas, je m’occupe de tout et je préviens les urgences tout de suite. Comment va-t-elle ?" Ajouta t’elle d’un ton hésitant
Catherine crispa les doigts sur le téléphone, luttant pour ravaler ses larmes. Elle pouvait à peine parler tant elle avait l’impression qu’on lui broyait le cœur.
Elle ne parvenait pas à trouver les mots pour dire à Mégan que Sara avait frôlé la mort de près… de trop près !
Catherine s’éclaircit la gorge :"Elle ne va pas bien, pas bien du tout. Mais c’est mieux que ce matin, sa respiration est normale, sa tension artérielle stable. Pour l’instant elle dort. Elle est très pale, sa température est basse. Et bien sur elle est épuisée par la douleur. Oh … si vous la voyiez, elle a l’air tellement…"
Sa voix se brisa dans un sanglot.
"Calmez vous Catherine ça va aller ! Je vous attendrai aux urgences… Je serai là ! "
La CSI aurai voulu lui exprimer sa gratitude mais, noyée dans un torrent de larmes, elle ne pu la remercier.
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L’avion se posa sur la piste de l’aéroport de Vegas vers quinze heures. On installa Sara dans l’ambulance qui roula à vive allure vers le Memorial Hospital.
Lorsque Catherine, d’un pas mal assuré, pénétra dans le hall des urgences, Mégan vint à sa rencontre. Sans perdre une minute, on fit une prise de sang à Sara, qu’on emmena ensuite à l’étage pour une radiographie et un scanner. Peu après dix-sept heures, seules dans le laboratoire, Catherine et Mégan étudiaient les résultats des examens. Le Dr Alistair avait autorisé Catherine à la suivre jusqu’au labo car elle voyait bien que la petite blonde était sur le point d’exploser… mais elle l’avait amèrement regretté lorsqu’elle avait vu les résultat de Sara…
Ceux-ci étaient alarmants…
La grande brune n’avait plus assez de globules blancs par rapport à une leucocytose normale, elle n’avait plus que la moitié de la quantité normale. Mégan constata en outre une dramatique diminution des plaquettes sanguines. Catherine se raidit et regarda la grande rousse...
"Les conclusions s’imposent malheureusement d’elles-mêmes dit cette dernière. Dans la mesure où elle s’oppose à la chimiothérapie et à une opération chirurgicale plus radicale… Je crains que nous ne puissions pas grand-chose pour elle…"
Catherine abattit son poing sur la table.
"Qu’est ce que vous racontez, bon Dieu ! Vous prétendez que nous sommes complètement démunis et que nous allons la laisser mourir sans rien faire !"
Mégan ne s’offusqua pas. Elle savait que Catherine ne se contrôlait plus, qu’elle s’en voulait de ne pas être capable de secourir la femme qu’elle aimait…
"Je ne dis pas qu’il n’existe aucune solution. J’estime que, compte tenu des circonstances, nous n’avons quasiment aucune marge de manœuvre. Je ferai le maximum pour l’aider, vous le savez très bien !"
Catherine acquiesça d’un mouvement de tête, la mine sombre. Mégan avait raison, elle le savait, les moyens d’action dont elles disposaient étaient effectivement très limités.
Pourtant, elle ne renoncerait pas ! Jamais elle ne cesserait d’espérer. Dans l’immédiat, il n’y avait plus rien à dire. Elles avaient atteint la croisée des chemins. Le cancer se propageait comme un feu de brousse. Peu à peu Sara s’en allait…
Elle devait agir immédiatement, sinon elle la perdrait. Son corps lui semblait peser des tonnes ; elle se sentait sonnée, inutile.
Comme si elle avait deviné ce qui se passait, le Dr Alistair la prit par le bras et l’entraîna hors du laboratoire.
"Venez, il faut signer les papiers pour l’admission de Sara" Dit-elle d’un ton apaisant.
Catherine suivit docilement la grande rousse. Tel un robot elle remplit les documents et Sara fut emmenée dans une chambre du quatrième étage.
Quelques minutes plus tard, Catherine et Mégan la rejoignaient. La petite blonde s’approcha du lit et serra la main de sa compagne entre les siennes.
Quand Sara vit les larmes dans ses yeux, l’angoisse lui tordit l’estomac. Elle effleura la joue humide de la petite blonde.
"C’est si grave que ça chérie ?"Murmura t’elle
Sans répondre, Catherine l’entoura de ses bras comme pour lui insuffler son énergie vitale. A son tour Sara l’étreignit de toutes ses pauvres forces. Telle une enfant, la petite blonde posa sa tête sur la poitrine de la jeune CSI. Pendant un instant Sara lui caressa les cheveux, puis la repoussa doucement pour scruter son regard.
Catherine était déboussolée, ballottée par une tempête émotionnelle d’une violence inouïe. L’avait elle ramenée à la vie, forcée à respirer, uniquement pour la regarder mourir ?
La petite blonde lança un bref coup d’œil à Mégan, puis, aussi calmement que possible, se força à répondre.
"Oui, c’est grave ! Toutefois, si tu y autorises le Dr Alistaire, elle à les moyens de t’aider..."
Sara comprit alors que sa décision serait capitale. Elles se dévisageaient toutes les trois, sans parler, assourdies par l’écho de la question de Catherine qui demeurait en suspens dans l’atmosphère confinée de la chambre.
Lui donnerait elle le feu vert pour faire ce que le Dr Alistair jugeait nécessaire ? Son cerveau se mit à tourner à plein régime. Interdire au Dr Alistair de tenter quelque chose serait injuste envers Catherine, elle en avait conscience…
Elle savait pertinemment que Mégan souhaitait la mettre sous chimio. Sur ce point, la chirurgienne n’avait pas changé d’opinion. Mais elle et Catherine avaient déjà subit tant d’épreuves en si peu de temps qu’elle se demandait si elle aurait la force d’en supporter davantage, même pour Catherine…
"Quels moyens avez-vous ?"
Le Dr Alistair n’évoqua pas la chimiothérapie, du moins pas tout de suite.
"Pour commencer, j’aimerais vous administrer un traitement par injection pour régénérer vos globules blancs. Bien sûr, ça ne sera pas agréable, vous serez très fatiguée, un peu comme si vous aviez attrapé une mauvaise grippe. Vous aurez mal aux os, mais ce sera bon signe. Ce genre de douleur signifie que le médicament fonctionne"
Sara demeurait silencieuse.
"Je vous donnerai des antalgiques, toutefois, cela ne supprimera pas totalement la souffrance. Je préfère ne pas vous mentir ! Éventuellement, j’aurais peut-être recours à une greffe de moelle épinière. Nous verrons. En attendant, on va vous emmener immédiatement en radiologie pour une séance d’irradiation"
Il fallait se battre, Sara en convenait. Aussi accepta t’elle tout ce que le Dr Alistair proposait, sans protester. Elle fut heureuse de lire le soulagement et la gratitude sur le visage de Catherine. Sara avait compris… tout ce qu’il fallait à Catherine c’était un peu de temps pour se faire à l’idée qu’elle allait mourir.
Deux heures plus tard, on la ramena dans sa chambre où elle se retrouva seule avec Catherine.
"Si ça ne marche pas, je ne veux pas de chimio" Dit elle d’un ton calme et las.
Catherine baissa la tête, elle paraissait terriblement déçue. A l’évidence, elle avait espéré malgré tout que Sara reviendrait sur sa position.
"Tu en es sûre ?"
"Oui, ma décision est prise ! Pas de chimio, je suis désolée chérie…"