Chapitre : 13

 

Les deux semaines suivantes furent pénibles pour l’une comme pour l’autre, et passablement angoissantes.

 

Catherine travaillait du matin au soir, et les rares heures de libres qu’elle avait, elle les passait à l’hôpital, dans le petit lit qu’on lui avait installé près de Sara. Personne au laboratoire n’était au courant de l’état de santé de Sara, la grande brune avez fait une demande de conge sabbatique que Grissom s’était empressé de valider, ravi que Sara prenne enfin un peu de temps pour elle ! Bien sur cela l’avait surpris, mais fidèle à lui-même, il n’avait posé aucune question, si Sara avait envie de lui parler elle savait ou le trouver !   

 

La radiothérapie et les injections épuisaient la grande brune, elle maigrissait à vue d’œil et se sentait de plus en plus faible. Catherine était affolée… elle aurait tellement voulu parler de tout ça à Grissom mais Sara le lui avait formellement interdit ! Elle ne voulait pas de la pitié des gens…

 

Dix jours s’étaient écoulés quand le Dr Alistair fit un nouvel examen sanguin sur sa patiente. Il n’y avait guère d’amélioration… Le cancer était maintenant à un stade avancé ! Sara s’obstinait pourtant toujours à refuser la chimiothérapie.

 

Désemparée, Catherine se rendit dans le bureau de Mégan, le Dr Alistair était la seule personne avec qui elle pouvait parler de l’état de Sara :"Que puis-je faire ?" Demanda la petite blonde complètement aux abois.

 

"C’est la première fois que je vous entends poser une question à laquelle vous n’avez pas de réponse…" Releva Mégan.

 

"Je sais…" Dit Catherine d’un air écoeuré.

 

"Catherine, vous n’avez qu’une solution et vous le savez !... Vous devez l’empêcher autant que possible de souffrir ! Demander à Dieu de vous accorder un sursis…"

 

Les nerfs à vifs, Catherine se dirigea vers le distributeur d’eau à l’autre bout de la pièce. Elle se servit un verre, vida le contenu du gobelet en plastique d’un trait, l’écrasa et le jeta rageusement à la poubelle. Puis elle massa ses paupières pour éviter que ses yeux ne se mettent à pleurer de nouveau.

 

"Ce n’est pas ce que j’espérais vous entendre dire" Avoua alors Catherine.

 

Mégan secoua doucement la tête : "Oui je m’en doute ! Vous attendez un miracle, qui d’ailleurs, se produira peut-être mais rien n’est moins sûr…"

 

"Elle refuse toujours la chimiothérapie !"

 

"Avez vous vraiment le droit de le lui reprocher ?" Rétorqua Mégan.

 

Catherine blêmit…

 

"Oui ! Bien sur que oui ! J’ai le droit de le lui reprocher ! Le traitement est efficace, je ne vous apprends rien ! Si elle vous avait au moins permis de pratiquer une mastectomie, de la mettre sous chimio dès le départ…"

 

Catherine voulait simplement une rémission. Pour l’obtenir, s’il le fallait, elle signerait volontiers un pacte avec le diable. Elle prierait, elle…

 

Mais Sara devait accepter la chimio car cette méthode avait de bons résultats. Elle le lui avait dit et redit ! Qui plus est, c’était la vérité, il y avait des résultats même à ce stade de la maladie !

 

"Et si Adam et Eve n’avaient pas croqué la pomme, les humains seraient immortels" Reprit Mégan qui avait écouté la petite blonde sans rien dire.

 

"Épargnez moi ce genre de paraboles vaseuses ! Sara était débordante d’énergie, de vitalité. Or, du jour au lendemain la voilà avec un cancer ! Expliquez moi pourquoi !!! Je ne comprends plus rien… Et ne vous avisez pas de me dire que c’est la volonté de Dieu ! Je n’y crois pas ! Pourquoi me la reprendre aussitôt ? J’aimerais que quelqu’un me donne une explication, une justification pour que je la laisse partir ! Alors dites moi pourquoi Dr Alistair !" S’écria t’elle les poings serrés.

 

Mégan soupira :"Je ne sais pas Catherine ! Personne n’a de réponse. Et rassurez vous, je ne prétendrai pas que c’est la volonté de Dieu. Vous devez cependant admettre que le choix final appartient à Sara… pas à vous ! Elle a pesé le pour et le contre, elle a pris sa décision avec lucidité et… amour ! Elle en a le droit Catherine !"

 

Catherine posa sur Mégan un regard incrédule :"Elle en a le droit ?" Répéta t’elle entre ses dents.

 

Le Dr Alistair hésita, puis elle lui posa la main sur l’épaule :"Oui Catherine elle en a le droit… même si vous ne parvenez pas à l’accepter ! Nul ne peut décider pour autrui quand il s’agit de la vie ou de la mort."

 

Catherine eu soudain envie de frapper, de démolir quelque chose. Elle sentait la haine l’envahir.

 

"Sara m’impose son choix, et il faudra que je vive ensuite avec ça ! Je réclame juste un peu de temps…nous en avons déjà perdu tellement…"

 

Mégan accentua la pression de ses doigts sur l’épaule de la petite blonde :"Combien de temps ? Quel délai pourrait vous suffire ? Nous ne sommes jamais prêts à laisser partir les gens qu’on aime…"

 

Elle fut presque soulagée de voir Catherine fondre en larmes. La petite blonde n’était pas prête à admettre la réalité, Mégan le savait : Sara se mourait et ça, Catherine ne l’accepterait jamais ! Le Dr Alistair aurait donné n’importe quoi pour trouver une solution, mais elle avait la conviction qu’il était déjà trop tard. Elle pensait sincèrement qu’il valait mieux pour Catherine de ne pas essayer de forcer Sara à subir une chimio alors qu’elle ne le souhaitait pas.

 

"Si nous avions grâce à la chimio quelques mois de répit, un an peut-être…"Marmonna Catherine.

 

"Je comprends ce que vous ressentez, mais cela ne change rien Catherine ! Elle a déjà fait son choix !"

 

Catherine était perdue, partagée entre l’envie de vivre aux côtés de Sara malgré son douloureux supplice et entre le fait de ne plus supporter de voir souffrir sa compagne…

 

"Mégan… Que vais-je faire ?" Balbutia t’elle.

 

La grande rousse sentit son cœur se serrer, elle devait lui dire la vérité :"Ne tentez pas de la retenir coûte que coûte. Laissez la s’en aller en paix Catherine !... "

 

"Je ne suis pas sûre d’en avoir le courage…"

 

Mégan ne savait plus trop quoi dire, elle préféra donc revenir à des questions plus concrètes :"Quand la ramenez vous à la maison ?"

 

Catherine s’essuya les yeux avant de répondre :"Samedi. Ensuite, je la conduirai ici une fois par semaine pour ses séances de radiothérapie. J’ai discuté avec mon équipe. Ils sont très compréhensifs. Ils me remplaceront aussi longtemps que nécessaire. Ils ont comprit que j’avais des problèmes personnels… "

 

Mégan hocha la tête :"Quand elle sera de retour chez vous, peut-être que Sara changera d’avis à propos de la chimio."

 

"Peut-être" Répéta Catherine.

 

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Mais ce ne fut pas le cas ! Sara ne changea pas d’avis, elle se contenta de répéter qu’elle se sentait mieux à présent, malgré son extrême fatigue.

 

Une semaine après son retour à la maison, assise sur le bord du lit, Catherine contemplait sa compagne dormir. Elle avait l’impression de la regarder se noyer, s’enfoncer peu à peu dans l’abîme. Sara avait maigri d’au moins sept kilos et des cernes noires creusaient ses paupières. Catherine ne pouvait imaginer de la perdre. Incapable de contenir son désespoir, elle s’étendit près de Sara et lui saisit la main. Elles s’étreignirent, pleurèrent ensemble, parlèrent de l’amour infini qui les unissait l’une à l’autre, de ce cadeau merveilleux que leur avait offert le destin.

 

Puis Sara lui raconta l’agonie de sa grand-mère, s’immergeant dans ce passé qu’elle avait si longtemps occulté jusqu’à le renier.

 

"Au début, avoua t’elle, j’aurai voulu la suivre dans sa tombe..."

 

Pour la première fois, elle évoqua vraiment la violence de son père, l’emprisonnement et le suicide de sa mère, puis elle parla des trois années merveilleuses qu’elle avait passé avec sa grand-mère Jo, avant son arrivée à l’orphelinat. Elle n’avait que seize ans et était tellement dévastée par la disparition de sa grand- mère qu’elle avait cessé de s’alimenter. Pendants des jours et des jours, elle n’avait pas avalé une miette ni bu la moindre goutte d’eau, si bien qu’elle s’était retrouvée au seuil de la mort.

 

A l’hôpital où on l’avait conduite, avec l’aide des médecins, elle s’était battue de toutes ses forces pour revenir parmi les vivants. Elle expliqua aussi pourquoi elle était devenue CSI. Elle n’avait pas réellement choisi, c’était simplement pour elle la seule issue possible. Quand elle eut terminé son récit, Catherine demeura silencieuse. L’histoire de Sara lui donnait la clé qui lui manquait pour comprendre l’attitude de sa compagne face à la chimio, cependant elle ne parvenait toujours pas à s’incliner devant sa décision. Sara avait connu l’enfer étant plus jeune, et Catherine en était sincèrement peinée, mais face à ce qu’elle avait déjà connu une chimio ne devrait pas l’effrayer…

 

"Je te demande quand même de tout tenter pour survivre, dit Catherine d’une voix tremblante. Je fais preuve d’égoïsme en exigeant de toi que tu endures toutes ces souffrances ! Je le sais mais… c’est plus fort que moi !"

 

"Je suis tellement désolée de t’imposer cette épreuve. J’avais raison dans le fond… Nous n’aurions peut-être pas du… je n’aurai pas du céder devant tes avances !"

 

"Mais bien sûr que si ! Ne pense plus jamais ça ! Crois tu que j’aurais eu moins de peine si tu m’avais repoussée ! J’étais déjà tombée amoureuse de toi Sara !"

 

La grande brune étreignit alors sa compagne et enfoui son visage dans ses longs cheveux dorés.

 

"Malgré l’amour infini que j’ai pour toi et mon désir de vivre à tes côtés le plus longtemps possible, je ne me résous pas à suivre un traitement qui ferait de moi un cadavre ambulant. Je ne serais plus la femme que je suis aujourd’hui, celle que tu aimes ! Je serais une créature pitoyable, dépendante, répugnante ! Je serai déjà à moitié morte, un zombie…"

 

"Arrête ! Tu ne seras jamais ça pour moi ! Jamais ! Tu seras toujours ma Sara Belle… toujours ! "

 

"Écoute moi Catherine… Il est possible que la chimio me donne un sursis, mais à quel prix ? Quelle sera la qualité de ma vie, de notre vie ? Ne m’oblige pas à me soumettre à ce traitement, je t’en prie… Ne me force pas à renoncer à ma capacité de choisir… ni à ma dignité !"

 

Sara vit les larmes briller dans les yeux de Catherine et se mit à pleurer elle aussi. Elles s’étreignirent désespérément.

 

"Jamais je ne te forcerai à quoi que ce soit Sara !" Assura la petite blonde entre deux sanglots.

 

Sara lui sourit au travers de ses larmes :"Je suis persuadée que tu ne me traîneras pas à l’hôpital contre mon gré. Cependant, psychologiquement, tu as sur moi une influence à laquelle je ne peux résister bien longtemps ! Tu as toujours été la plus forte à ce jeu là !  Je t’aime trop alors je finirais par abdiquer pour toi… Mais si j’agissais ainsi, je me trahirais moi-même, tu comprends ?!"

 

Catherine ne répondit rien… Que dire, que faire ? Essayer de comprendre la façon de penser de Sara… Accepter son choix… mais alors, elle allait mourir ! Il suffirait pourtant que Catherine insiste encore juste un peu… Sara le ferait pour elle ! Mais elle ne pouvait pas changer ni modifier la personnalité de la grande brune, ce serait comme la trahir !

 

La petite blonde s’éclaircit alors la gorge et déclara avec une bouleversante gravité :"Je te le dis une dernière fois, ensuite je n’en reparlerai plus jamais, ni à toi, ni à personne ! La chimiothérapie est ta dernière chance, notre dernière chance et je persiste à espérer que tu changeras d’avis !  Si je dois vivre sans toi… je regretterais toujours que tu aies refusé de suivre ce traitement ! Pense à moi Sara… pense à nous !"

 

De nouveau les larmes étouffèrent Catherine. Sara s’approcha alors de sa compagne et elles firent l’amour. Après leurs ébats elles réussirent à dormir. Leur étreinte avait en effet mêlé plaisir, tendresse mais aussi souffrance qui avait eu raison de leurs dernières forces.  

 

A partir de ce jour Catherine tint parole et n’aborda plus jamais le sujet de la chimio.

 

 

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Trois semaines s’étaient écoulées depuis sa sortie de l’hôpital quand Sara essaya de convaincre Catherine de reprendre son travail. Mais l’idée de la laisser seule toute la journée l’angoissait trop et la CSI insista pour que Sara accepte la présence de la gouvernante. Pour ne pas la perturber davantage, Sara ne discuta pas et accepta sans rien dire d’avoir sa baby-sitter personnelle. Après tout si ça pouvait rassurer Catherine elle n’y voyait pas d’inconvénient.

 

Mme Warren s’installa donc dans la chambre d’amis. Elle était adorable et avait pour Sara des attentions presque maternelles. Et toutes deux ne tardèrent pas à se lier d’une réelle amitié.

 

Deux ou trois fois par jour Catherine faisait un saut à la maison pour s’assurer que Sara allait aussi bien que possible, et pour lui répéter qu’elle l’aimait de toute son âme.

 

Le temps passait… et une semaine après la dernière séance de radiothérapie, Sara commença à se sentir beaucoup mieux ! Les vilaines marques dues aux rayons qui zébraient sa poitrine et son dos s’estompaient. Elle était moins fatiguée et n’avait plus mal aux os. Il lui semblait qu’on lui accordait un répit, qu’elle pouvait recommencer à vivre. Elle en était tellement heureuse qu’un soir, après s’être prélassée dans un bon bain, elle s’habilla avec soin, se coiffa et se maquilla en vue d’une sortie nocturne avec sa compagne. Lorsque Catherine rentra du travail, elle la trouva dans le salon, assise dans un fauteuil, en train de feuilleter un magasine. Elle était si radieuse que la petite blonde en eu la gorge nouée.

 

"Bonsoir mon amour, ce soir nous sommes de sortie et c’est moi qui invite ! " Minauda la grand brune tout en se levant pour accueillir sa compagne.

 

"Tu es magnifique…" Murmura cette dernière.

 

Catherine la prit alors dans ses bras, elle la serra si fort et l’embrassa avec une telle passion qu’elle faillit bien l’étouffer.

 

Elles sortirent et passèrent une soirée délicieuse, pleine de rires et de bonne humeur. De retour à la maison, elles se rendirent dans leur chambre et firent l’amour une grande partie de la nuit. Sara s’était endormie… Et Catherine ne pouvait détacher son regard de cette femme extraordinaire qui partageait sa vie. Ce soir la grande brune était redevenue la Sara des premiers temps de leur histoire !... La Sara qu’elle avait toujours connue…

 

Oh certes, elle était plus mince et plus pâle que quand Catherine l’avait rencontrée pour la première fois voilà huit ans ! Mais Dieu qu’elle était belle !... Un an… cela faisait presque déjà un an qu’elles étaient ensemble…

 

Le cœur gonflé d’amour, pour cette femme, Catherine se laissa à son tour attirer dans les bras de Morphée. Le sourire aux lèvres elle soupira de bien être, les choses iraient mieux à présent elle en était sûre !

 

 

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Les semaines suivantes furent merveilleuses, et les nuits magiques…

 

Les matins étaient frais et brumeux, ce dont Sara se réjouissait. Elle aimait cette saison, le ciel d’un bleu pastel, les flamboyants couchers de soleil. Son état continuait à s’améliorer et les jours passaient comme dans un rêve. Il lui semblait de nouveau tenir les rennes de sa vie. Elle continuait de prendre son médicament anticancéreux, mais ne suivait aucun autre traitement. Elle n’éprouvait plus aucune lassitude. Son taux de globules blancs et de plaquettes était remonté, elle avait repris des couleurs et même un peu de poids. C’était une battante, et aujourd’hui tout allait beaucoup mieux ! Le Noël qui s’annonçait serait sans nul doute le plus beau de son existence…

 

Il faisait un soleil radieux, en ce 23 Décembre. Sara s’approcha de la fenêtre de la cuisine, observant les arbres qu’une brise fraîche agitait doucement.

 

Attirée par la transparence cristalline de la lumière, elle installa une chaise sous le porche à l’arrière de la maison et, un livre ouvert sur les genoux, une tasse de café à la main, elle regarda les nuages courir dans le ciel et les tourterelles tournoyer allègrement au dessus du jardin. Des gouttelettes de rosée brillaient comme des perles sur les feuilles vernissées. C’était l’une de ces journées typiques des hivers du Nevada, encore empreinte de langueur estivale. Les feuilles mortes jonchaient le sol d’un tapis doré qui crissait sous les pas et embaumait l’atmosphère d’un âcre parfum.

 

Le soir, après le dîner, Sara confectionna des guirlandes de pop corn et de nougat pour décorer le sapin. Ensuite, Catherine et elle se pelotonnèrent sur le divan pour regarder un film avec Ingrid Bergman. Il était tard quand le générique de fin défila sur l’écran, pourtant la nuit était incroyablement douce. Alors, main dans la main, elles sortirent sous la véranda et s’assirent sur la vieille balancelle. Une lune d’argent luisait entre les pins et les chênes majestueux au tronc tapissé de mousse. Le vent léger charriait les fougères, secouait le feuillage du magnolia solitaire, et faisait voleter les feuilles tombées sur l’herbe encore verte.

 

Sara posa sa tête sur l’épaule de Catherine, les yeux levés vers le ciel piqueté d’étoiles. L’amour de la petite blonde l’enveloppait comme un châle douillet. Elle se souviendrait éternellement de ce moment de tendresse partagée… Elle ferma alors les paupières.

 

Comme si Catherine lisait dans son esprit elle murmura :"Je parie que tu es en train de faire un vœu ! Lequel dis-moi ?"

 

Sara lui sourit, contemplant son visage si séduisant, aux traits réguliers et doux… La grande brune resta alors un instant prisonnière de ses yeux bleus, semés de paillettes dorées, qui rayonnaient d’amour et de tendresse pour elle. Si elle ne devait pas se réveiller demain matin, Catherine saurait elle jamais à quel point elle l’aimait ?!

 

"Alors ?!" Insista la petite blonde.

 

"Je ne te le dirai pas ! Tu verras bien…"

 

"Tu refuses de répondre ?"

 

"Si je te le disais le vœu ne se réaliserait pas" Assura Sara en haussant un sourcil.

 

"Pfffff ! N’importe quoi ! Je ne pensais pas que tu croyais à ce genre de bêtises !"

 

Sara ne répondit pas… Brusquement son cœur se serra. Catherine avait raison il y avait peu de chance pour que son vœux se réalise ! Oui, il y avait peu de chance que son rêve d’avoir un enfant soit exaucé. Même si elle réussissait à vaincre son cancer, elle n’aurait probablement jamais la possibilité de devenir mère.

 

Catherine et elle se berçaient volontiers d’illusions, sous prétexte que la maladie paraissait reculer, cependant il s’agissait simplement d’une phase de rémission !... Et Sara le savait bien.

 

Pourtant, elle désirait plus que tout tomber enceinte. Si elle donnait un enfant à Catherine, et si le malheur les rattrapait, elle pourrait au moins s’en aller plus sereinement en sachant qu’elle ne laissait pas Catherine seule avec son chagrin… Elle lui laisserait une partie d’elle-même à aimer !

 

Elle aurait aussi voulu se libérer du sentiment permanent de marcher dans l’ombre de la mort… Elle souhaitait demeurer pour toujours aux côtés de la petite blonde. Hélas elle n’avait pas le pouvoir de décider. Son destin était entre les mains de Dieu ou de qui se trouvait là haut…

 

Respectant son silence, Catherine l’attira contre elle. Elle ne lui posa plus de questions. Elle savait que si Sara éprouvait le besoin de parler, elle le ferait quand elle en aurait envie. Sara marchait comme ça…

 

Quand l’air commença à se rafraîchir, elles rentrèrent dans la maison. Cette nuit-là dans le grand lit qui baignait au clair de lune, l’amour les emporta bien au-delà des limites de la vie…

 

Le lendemain, au petit déjeuner, Mme Warren dévisagea Sara avec inquiétude.

 

"Comme vous êtes pâle… Vous êtes fatiguée ma petite ?"

 

Sara se sentit alors rougir :"Non… non je vais très bien ! Simplement je… je n’ai pas beaucoup dormi cette nuit"

 

Comme elle coulait un regard oblique en direction de Catherine, Mme Warren éclata de rire. Gentiment, elle ébouriffa les cheveux de Sara :"Tant mieux si c’est ça qui vous a empêchée de dormir ! Je suis contente de savoir que c’est l’amour et non l’insomnie qui vous a tenue éveillée."

 

Sara ne pu s’empêcher de l’embrasser tendrement sur la joue. La gouvernante était si gentille, si maternelle, qu’elle éprouva le besoin de lui dire à quel point elle lui était reconnaissante de tout ce qu’elle faisait pour elle. C’était la première fois qu’elle se sentait enfin chez elle, auprès de sa famille… sa famille… oui Catherine et Mme Warren étaient sa famille !

 

"Merci pour votre amitié et pour tout ce que vous faites Miss Warren"

 

Les yeux embués, Mme Warren se détourna d’un mouvement brusque puis s’éclaircit la gorge :"Vous n’avez pas à me remercier Mademoiselle ! Merci à vous de rendre Catherine si heureuse"

 

"Bon ! Les effusions sont terminées pour ce matin ! Intervint alors Catherine. Si ma mémoire est bonne vous deviez aller dévaliser les magasins pendant que je suis au travail ! Nous sommes à deux jours de Noël alors filez vite m’acheter mes cadeaux !"

 

Sara haussa les épaules :"Certainement pas ! Nul n’ignore que les chenapans comme toi n’ont droit qu’à un martinet"

 

Catherine se pencha pour lui pincer la joue :"Sois gentille Sara Belle, dis moi ce que tu comptes m’offrir pour Noël…" Glissant une main sous la table, elle lui caressa la cuisse.

 

Sara lui adressa un regard sévère, de crainte que Mme Warren ne les surprenne.

 

"Arrête un peu Cath ! De toute façon tu ne sauras rien !"

 

Catherine se leva et embrassa la grande brune à pleine bouche. Oubliant la gouvernante, Sara lui rendit fougueusement son baiser. Puis soudain Catherine s’écarta. Dépitée, Sara rouvrit les yeux pour découvrir sa compagne campée devant elle, les poings sur les hanches, les sourcils froncés. Comme la grande brune ne disait rien, Catherine lâcha un soupir faussement irrité.

 

"Bon… A l’évidence, mes arguments pourtant très convaincants n’ont aucune prise sur toi ! Puisque c’est comme ça je m’en vais au labo "

 

"Non mon ange, rectifia Sara. Tu t’en vas parce que tu es en retard !"

 

A l’autre bout de la cuisine, Mme Warren hocha la tête pour soutenir la grande brune.

 

"Vous êtes impitoyables, mesdames ! Je n’ai plus qu’à capituler… À ce soir !"

 

Catherine quitta la maison en chantonnant, c’était la première fois en dix ans qu’elle allait arriver en retard… Et pour être honnête elle s’en moquait pas mal !

 

 

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C’était une journée chargée qui attendait Sara. Jusque là, elle n’avait pas encore eu le temps de s’occuper des achats de Noël. Depuis qu’elle avait recouvré ses forces, Catherine l’entraînait dans leur chambre dès qu’elle avait un moment de loisir…

 

Elle ne s’en plaignait pas, bien au contraire ! Mais, par voie de conséquence, elle avait maintenant beaucoup à faire si Catherine voulait trouver des cadeaux au pied du sapin.

 

Pour commencer, elle se rendit avec Mme Warren au centre ville, sur Brooks Plazza. Même si les noëls blancs se faisaient rarissimes dans le Nevada, les rues et les boutiques étaient superbement décorées et illuminées. Elles s’arrêtèrent pour écouter des choristes interpréter des chants traditionnels. Toute la chorale était vêtue comme à l’époque de Charles Dickens, et Sara eut l’impression d’être transportée dans un conte de son enfance. Soudain, elle aperçut leurs voisins, Will et Laura Butts, qui entraient dans un magasin de jouets avec leur fille Emily. Elle les salua avec un grand sourire alors qu’une tristesse subite lui étreignait le cœur.

 

Catherine et elle ne verraient jamais Noël à travers les yeux émerveillés d’un enfant. Malgré tous ses efforts, une larme coula sur sa joue "Arrête !" Elle ne devait pas se laisser submerger par des pensées négatives… et puis elle n’avait jamais parlé à Catherine de son désir d’enfant, peut être que la petite blonde n’avait aucune envie d’être à nouveau « mère », après tout elle avait déjà Lindsay… mais peut être que si elle se décidait enfin à en parler avec Catherine, peut être que la petite blonde serait d’accord pour s’embarquer dans ce projet complètement fou…     

 

N’avait elle pas lu hier dans le journal qu’il avait neigé au mois de juillet ? Certes, cela se passait en 1900, dans le Vermont… Mais cela prouvait bien que les miracles existaient !

 

Pourquoi n’y aurait il pas un miracle pour elle aussi ?! Après tout Catherine l’aimait…

 

Durant les heures suivantes, la frénésie du shopping l’empêcha de réfléchir. Quand Mme Warren et Sara eurent fini leurs emplettes, elles avaient les bras chargés de paquets. Elles furent obligées de retourner à la voiture pour se libérer de leur fardeau avant d’aller déjeuner.

 

Lorsqu’elles arrivèrent au restaurant le coup de feu du déjeuner était terminé, elles n’eurent aucun mal à trouver une table libre.

 

Des fumets appétissants flottaient dans l’air, l’odeur du pain tout juste sorti du four, celle des steaks grillés… En ôtant sa veste, Sara avait déjà l’eau à la bouche.

 

Une serveuse s’approcha d’un pas vif, glissant sans bruit sur la moquette couleur de terre cuite.

 

"Bonjour Melle Sidle, dit-elle avec un aimable sourire. Si je ne m’abuse, vous aimez votre café noir et bien fort."

 

"Oui, c’est exact, répondit Sara en riant. J’admire votre mémoire ! Comment faites vous, avec tous les clients que vous servez, pour vous rappeler mes préférences ?"

 

"Pour être honnête je ne me rappelle pas de tous mes clients, mais vous c’est différent…"

 

Tandis que la serveuse lui remplissait sa tasse, Sara ressenti soudain un vague malaise, une sensation qu’elle n’arriva pas à définir. Une douleur ? Une simple gêne ? De la fatigue ?

 

Bien sûr, c’était forcément de la fatigue. Elle n’était quasiment pas sortie de la maison pendant toute la durée de la radiothérapie et aujourd’hui elle avait parcouru des kilomètres !

 

"Je n’en prendrai qu’une tasse, pour me revigorer, dit elle alors à la serveuse. Ensuite, pour accompagner le repas, je boirai du thé"

 

"Pas de café pour moi, déclara Mme Warren. Je m’en tiendrai au thé"

 

"Bien, répondit la serveuse. Je vous apporte ça tout de suite"

 

Alice dévisagea alors la grande brune :"Comment vous sentez vous ma chère ?"

 

Sara fixa son regard sur le bar, à l’autre bout de la salle :"Merveilleusement bien… Pourquoi cette question ?"

 

La gouvernante soupira :"Je sais que vous n’avez pas beaucoup dormi mais… je vous trouve une petite mine"

 

"Mais non ! Je suis juste un peu lasse à cause du shopping"

 

Mme Warren opina et parut accepter cette explication. Elles dégustèrent leurs plats et leur dessert en bavardant agréablement. Puis Sara se pencha vers la gouvernante et, d’un ton de conspiratrice lui dit : "Si vous me promettez de ne rien révéler à Catherine, je vais vous dire un secret"

 

Mme Warren, en riant, feignit de cracher dans sa main :"Je jure d’être aussi muette qu’une carpe ! Quel est donc ce secret ?"

 

"Hier, j’ai téléphoné au labo, et j’ai parlé à Grissom… Je reprendrai mon poste après le jour de l’an !"

 

Mme Warren la regarda longuement, sans répondre, le visage totalement inexpressif. Et c’est précisément cette absence d’expression, cette impassibilité, qui exprimait ses sentiments bien mieux que l’auraient fait des mots. Elle n’approuvait pas cette décision et elle doutait fortement que Catherine le prenne mieux !

 

"Pensez vous que Catherine sera d’accord ?" Dit enfin la vieille dame.

 

Sara se raidit :"J’en doute, vous savez qu’elle a tendance à me surprotéger. Mais j’ai besoin d’une activité. Maintenant que je suis en meilleure forme, je ne peux pas rester à la maison toute la journée à me rouler les pouces. Ce n’est pas sain, je vais devenir folle !"

 

Mme Warren baissa les yeux sur son assiette vide :"Vous avez peut-être raison mon p’tit"

 

Sara esquissa un sourire :"Au cas où j’aurais tort, j’ai décidé d’attendre que Noël soit passé pour en parler à Catherine…"

 

"Cela me parait une excellente idée ! D’autant que Lindsay va passer les fêtes de fin d’année avec des amis et qu’elle ne reviendra à la maison que pour les vacances de printemps ! Il faut ménager notre petite Catherine… " Assura Alice d’une voix douce.

 

Lorsqu’elles quittèrent le restaurant, Sara remarqua que les couleurs du ciel avaient changé. Il formait à présent au dessus de la ville un dessin éblouissant, teinté d’or, ourlé de pourpre et de violet. C’était l’heure magique du crépuscule, quand tout semblait rose et tendre. Le monde était si beau et avait tant à offrir…

 

Tout en se  dirigeant vers la voiture les deux femmes discutaient des préparatifs qu’il restait encore à faire avant le soir de Noël.

 

Soudain Mme Warren stoppa sa marche, interpellée par une voix qui lui était désagréablement familière…

 

"Mme Warren… C’est bien vous ?! Ça alors quelle surprise, ça faisait si longtemps !"

 

La jeune femme s’avança alors à leur hauteur. Sara ne pu s’empêcher de frémir.

 

Qui était cette femme ?... Elle ne la connaissait pas et pourtant elle était sûre que rien de bon ne sortirait de cette rencontre.

 

"Melle Hollman…" Salua poliment la vieille dame.

 

"Allons, allons Mme Warren ! Vous pouvez m’appelez par mon prénom, depuis le temps qu’on se connaît ! A ce propos comment va ma chère Catherine… "

 

Ma chère Catherine ?! Non mais pour qui se prenait cette fille ! Sara s’avança pour mieux observer la nouvelle venue. La grande brune la détailla alors d’un œil critique.

 

La jeune femme qui se tenait en face d’elle lui ressemblait, mais en un peu plus jeune… Brune, de grands yeux noirs, plutôt mignonne… Non, à dire vrai elle était superbe ! Après un examen plus "approfondi" Sara fut troublée par les ressemblances physiques qu’elle se découvrait avec cette femme.

 

"Miss Willows va très bien, merci de vous en préoccuper ! "

 

"Vous m’en voyez ravie ! Je suis rentrée depuis peu voyez-vous, mais je suis allée directement au laboratoire pour voir Catherine. Malheureusement je ne l’y ai pas vue ! Mais je ne me suis pas déplacée pour rien, j’ai eu le droit à des bruits de couloir de premier ordre !"

 

"Grand bien vous fasse Melle Lara ! " Marmonna Alice.

 

"Vous savez ce qui se raconte dans les couloirs du labo ?"

 

"Non et pour être honnête je m’en moque ! "

 

"Oui vous avez raison Mme Warren je ne devrai pas colporter ce genre de rumeur dès mon retour mais voyez-vous c’est si… si… ahurissant ! Mais on raconte que Catherine se serait amourachée d’une mourante ! Vous pouvez imaginer ça ! Remarquez, pour cette fille c’est le bon plan, elle a quelqu’un à domicile pour prendre soin d’elle et a présent que Catherine est riche !... J’avais déjà entendu les rumeurs les plus folles sur Catherine mais là, j’avoue que ça atteint des sommets !"

 

Sara se sentait bouillir au plus profond d’elle-même, c’était donc ce que pensaient les gens sur elle, elle se servait de Catherine comme d’un bon plan ! Et puis d’abord, comment les gens du labo étaient-ils au courant que Sara se mourait ?! La grande brune eu un sursaut de lucidité… Lara n’avait pas parlé d’elle en particulier, elle avait juste dit « une fille » ! Quelqu’un avait du voir les anticancéreux que Catherine passait prendre pour elle à la pharmacie mais comment avaient ils su que c’était pour « une fille » ?! Sara secoua vigoureusement la tête, les rumeurs n’avaient pas toujours de fondement…   

 

"Je suis désolée, je parle, je parle et je ne vous laisse même pas me présenter votre amie Mme Warren" Gloussa soudainement Lara.

 

Mme Warren se tourna alors vers Sara :"Miss Sidle, je vous présente Lara Hollman une ancienne… amie de Catherine ! Melle Hollman, voici Sara Sidle, la… la compagne de Catherine !

 

Sara s’approcha de celle qu’elle considérait déjà comme sa "rivale" et lui tendit la main dans un sourire.

 

"Je suis la mourante qui profite de Catherine ! Ravie de vous rencontrer… " Assura t’elle d’un ton qui se voulait jovial.

 

Lara arbora alors un sourire crispé, visiblement mal à l’aise par la tournure que prenait la conservation.

 

"Je… Ravie de vous connaître Sara ! Je ne pensais pas sérieusement ce que j’ai dit tout à l’heure, je n’accorde aucun crédit à ce genre de ragots vous savez !"

 

"J’en suis sûre très chère ! " Répondit Sara dans un sourire glacial

 

"Bien… j’ai été ravie de vous revoir Mme Warren mais je dois filer on m’attend ! Vous saluerez Catherine pour moi !"

 

C’est sur ces derniers mots que Lara se détourna de ses interlocutrices et s’éloigna sans un regard en arrière.

 

"Quelle garce ! Je n’ai jamais pu m’entendre avec elle même du temps où elle fréquentait Catherine !" Marmonna Mme Warren.

 

Sara se tourna vers elle et lui sourit : " Allons, allons Mme Warren une femme de votre classe ne devrait pas jurer, ce n’est pas convenable ! "

 

Alice se sentit rougir jusqu'à la racine des cheveux, ce n’était pas son genre de jurer ainsi mais cette Lara avait le don de faire ressortir ses plus mauvais côtés et elle ne parlait même pas des envies de meurtre qui l’habitaient chaque fois que cette femme ouvrait la bouche !

 

"Je suis navrée Sara…"

 

"Navrée pour quoi exactement ?" Demanda la grande brune.

 

"Pour tout ça… J’aurai tellement voulu vous éviter le désagrément de cette rencontre"

 

"Vous n’y êtes pour rien voyons ! C’est le hasard voilà tout !"

 

"Oui peut être mais…"

 

"Mais rien, n’en parlons plus !" Coupa Sara.

 

Mme Warren prit alors la main de la grande brune et prit un air des plus sérieux :"J’ai un service à vous demander Sara… Ne parlez pas de cette rencontre à Catherine !"

 

La grande brune dressa un sourcil incrédule : "Je ne comprends pas… Nous n’avons rien à cacher !"

 

"Je le sais bien ma jolie, c’est juste que… je veux protéger Catherine de cette petite garce ! Cette fille lui a brisé le cœur voilà des années et Catherine a mis beaucoup de temps à l’oublier ! "

 

Sara tressaillit, Mme Warren pensait-elle que Catherine puisse toujours éprouver des sentiments pour cette femme même après toutes ces années…

 

Consciente de la maladresses avec laquelle elle avait dit cela, Alice sourit à la grande brune : " Je sais qu’elle vous aime sincèrement Sara ! Je ne remets pas ça en doute loin de moi cette idée mais… Comment dire… Je ne veux pas que cette fille approche Catherine !"

 

"Si vous êtes si sûre que Catherine n’a plus de sentiments pour elle, pourquoi voulez vous qu’on lui mente sur cette rencontre alors ?"

 

"On ne va pas lui mentir !" Argumenta Mme Warren

 

"Ah non ? Alors qu’est ce qu’on s’apprête à faire ?!"

 

"Ma chère Sara, mentir c’est lorsqu’on ne dit pas la vérité ! Or, nous, nous allons simplement passer sous silence cette rencontre avec Lara ! "

 

Sara prit un air accusateur :"On appelle ça mentir pas omission ! Et pour information c’est un crime punit par la loi ! "

 

"Faites comme vous voulez mais ne comptez pas sur moi pour mettre le feu au poudre !" Rétorqua Alice.

 

"Je ne comprends pas où vous voulez en venir ? Je sais bien que Lara est l’une de ses ex mais…"

 

"Mais rien ! Cette fille n’est qu’une petite arriviste et je sais qu’elle est prête à tout pour reconquérir Catherine c’est toujours comme ça quand elle refait surface…"

 

"Comment ça ?!" Demanda Sara surprise.

 

"A Chaque fois que Lara remet les pieds en ville, elle se retrouve de nouveau dans le lit de Catherine ! Et une fois qu’elle a obtenue ce qu’elle veut, elle part et laisse Catherine derrière elle ! Je suis désolée de vous dire ça sans plus de ménagement mais c’est la vérité ! Je ne me suis jamais mêlée de la vie de Catherine et j’ai toujours laissé faire ! Mais pas cette fois !" Mme Warren marqua une pause avant de reprendre.

 

"Cette fois je ne veux pas laisser Lara tout détruire entre vous ! Je sais que Catherine vous aime et moi aussi je… je vous aime beaucoup ! Vous êtes ce qui est arrivé de mieux à Catherine et vous avez déjà traversé assez d’épreuves ! Alors si je peux vous éviter celle-ci je le ferai !"

 

Sara s’approcha alors de la vieille dame qui tremblait de colère et lui déposa un baiser sur le front :" Merci vous êtes gentille ! Mais si ce que vous m’avez dit est la vérité alors… Il faut dire à Catherine que Lara est de retour !"

 

"Quoi ?! Vous plaisantez ! "

 

"Non pas du tout ! Catherine est assez grande pour prendre ses décisions toute seule, je ne peux pas lui cacher ça ! Elle a besoin d’affronter Lara une bonne fois pour toutes ! Sinon elle sera toujours entre nous ! C’est le seul moyen pour que Lara n’ai plus aucune emprise sur sa vie  et par conséquent… sur la mienne! "

 

"Je… je… je ne peux pas Sara ! Désolée !" Murmura Mme Warren

 

"C’est moi qui lui dirai le moment venu, ne vous en faites pas!" Dit Sara dans un hochement de tête.

 

"Bien, comme vous voudrez…"

 

"Allez il faut rentrer à présent, nous avons encore un tas de choses à faire"

 

La grande brune glissa son bras sous celui de la gouvernante et elles se mirent en marche vers la voiture.

 

 

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Catherine n’était pas encore rentrée quand elles arrivèrent à la maison. Sara et Mme Warren en profitèrent pour envelopper leurs achats dans du beau papier cadeau, cette tache les occupa plus d’une heure ! Après quoi la gouvernante, qui devait passer les fêtes dans sa famille, fit sa valise. Sara mit un disque de chants de Noël qui résonna dans toute la maison. Puis elle entreprit de cacher les cadeaux de Catherine. Le cœur plein d’allégresse, elle joignit les mains et contempla le décor…

 

Tout était parfait ! Elle avait décoré la cheminée de nœuds de satin rouge et de guirlandes. Tout en haut du sapin était perché l’ange le plus majestueux qu’elle eut jamais vu. Le parfum de résine qui flottait dans l’air la ramena un instant à son enfance… Quand elle se levait, le matin de Noël, elle courait s’agenouiller au pied du petit arbre que sa grand-mère avait orné de babioles fabriquées de ses mains, des personnages en pain d’épice, des flocons de neige en coton…

 

Tout d’un coup elle sortit de sa rêverie… Catherine serait bientôt là ! Elle se hâta de balayer les aiguilles de pin qui jonchaient le sol, alluma toutes les bougies et courut vers la chambre.

 

Une demi heure plus tard, plantée devant la glace elle pestait entre ses dents : " Non ça ne va pas…"

 

La robe qu’elle avait essayée alla rejoindre sur le lit les vêtements qui s’y entassaient déjà ! Ce soir, plus que jamais, Sara voulait plaire à sa compagne…

 

 

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Vingt heures avaient sonné quand Catherine franchit le seuil de la maison. Une peur soudain lui noua le ventre : toutes les bougies du salon étaient allumées, la stéréo jouait en sourdine un chant de noël mais le rez-de-chaussée était désert…

 

"Sara ?" Appela t’elle au bord de la nausée.

 

"Je suis en haut ! Tu as faim ? Mme Warren et moi avons déjeuné en ville…"  

 

Catherine n’écouta plus un mot de ce que lui raconta sa compagne bien trop soulagée de voir que tout allait bien. Bon sang ! Elle devait se reprendre ! Sara ne devait pas voir une seule trace de son angoisse. Elle inspira profondément et lança sur un ton joyeux :

 

"Je n’ai pas faim Sara Belle mais merci ! Tu n’imagines pas les tonnes de chocolats et de friandises que nous ont offert le maire et le shérif ! Greg a même fait une crise de foie, le pauvre    

D’un pas plus assuré, la petite blonde se dirigea vers l’escalier et se rendit à l’étage. La porte de la chambre était entrebâillée… Sara se tenait sur le seuil de la salle de bain, vêtue d’un déshabillé de soie noir que Catherine ne connaissait pas encore…

 

"Comment s’est passée ta journée Cath ?" S’enquit Sara haussant un sourcil sombre parfaitement dessiné.

 

A la voir ainsi, tellement radieuse, Catherine se demanda comment elle avait pu vivre sans elle pendant toutes ces années. La petite blonde s’approcha et pressa sa joue contre la sienne.

 

"Tu es gelée !" Sursauta Sara

 

"Il fait froid dehors ! La température est tombée d’un coup. Pour un peu je dirais qu’il va neiger ! "

 

Sara s’écarta de sa compagne, s’assit sur le bord du lit et croisa les jambes. Son déshabillé noir s’entrouvrit alors, découvrant une longue cuisse fuselée.

 

Le souffle manqua presque à Catherine…

 

"Ça te plait ?" Murmura la grande brune.

 

"C’est très joli…"

 

Sara était divine, avec sa peau de pêche et ses longs cheveux d’ébènes …

 

"J’ai acheté ce déshabillé pour toi !"

 

"Viens par là…" Murmura la petite blonde.

 

Le déshabillé glissa de ses épaules et tomba sans bruit sur le sol. Sara était nue, tout en courbes délicieusement féminines, comme avant l’opération et la radiothérapie. Elle s’approcha de sa compagne et noua les bras autour de son cou. Elles tremblaient toutes les deux, comme si c’était leur première nuit d’amour…

 

Catherine la coucha sur le grand lit de leur chambre puis s’agenouilla près d’elle : " Je t’aime Sara, tu es si belle…"

 

La petite blonde l’embrassa avec fougue, la caressa tout en se déshabillant. Sara gémissait faiblement… Catherine se contrôlait à peine, le feu embrassait tout son corps, grondait dans sa tête. Mais elle ne céderait pas à ce désir fou ! Pas encore…

 

"Catherine… arête de jouer et fais moi l’amour !" Murmura Sara d’une voix rauque.

 

"Non pas encore… Je veux te donner du plaisir avant…"

 

Avec une infinie douceur, Catherine mordilla ses mamelons pareils à des boutons de rose. Du bout de la langue, elle traça un sillon brûlant entre ses seins ronds, puis sur son ventre… elle laissa alors sa langue glisser sur la vallée d’ombre humide de son entre jambe. Sara s’ouvrit comme une fleur de chair tendre. Elle frémissait et se cambrait pour mieux s’offrir. Un cri fusa soudain de sa gorge qui se termina en long gémissement rauque. N’y tenant plus, tremblante de désir elle aussi, Catherine lui écarta doucement les jambes et vint en elle, contemplant son visage rayonnant. La petite blonde l’agrippa par les hanches pour se fondre en elle. Elles ne formaient enfin plus qu’un seul être, fait de force et de douceur. La flamme et l’eau, la terre et la mer qui s’épousaient enfin…

 

C’était cette fusion totale que Catherine avait cherchée durant tant d’années et qu’elle  n’avait jamais connue… avant Sara !

 

Quand la grande brune cria de nouveau son nom, elle s’abandonna elle aussi à la vague de plaisir qui les submergeait ! Sara retomba sur les draps froissés… elle avait l’impression que du miel coulait dans ses veines et imprégnait chaque fibre de son corps. Quand elle rouvrit les paupières, elle vit les yeux bleus de Catherine posés sur elle et c’était comme s’ils renfermaient toute la lumière du monde…

 

"Tu vas bien ma Sara Belle ?" Chuchota la petite blonde.

 

"Je n’en ai pas la moindre idée…"

 

Avec un petit rire, Catherine l’enveloppa de ses bras, et Sara posa sa tête contre son cœur et elles sombrèrent d’un seul coup dans le sommeil…

 

 

Chapitre : 14

 

 

La veille de Noël, la température chuta encore. C’était un temps idéal pour allumer un feu dans la cheminée de la chambre à la tombée de la nuit. Sara appréciait beaucoup ce froid hivernal tout à fait inhabituel pour Vegas. Heureuse, elle se blottit dans le lit tout contre Catherine qui s’était assoupie, elle se mit à bailler et cala sa tête sur l’oreiller…

 

Quelques minutes à peine après avoir fermé les yeux un frisson la parcourut… Elle rouvrit les yeux pour se rendre compte que la fenêtre était ouverte. Était-ce elle qui l’avait ouverte ? Non bien sûr que non ! Elle n’était quand même pas si bête.  

 

Qu’attendait elle pour se lever ? On gelait dans cette chambre. Peut être qu’elle rêvait et qu’elle était en fait bien au chaud dans les bras de Catherine.

 

Son attention fut brusquement attirée par la comtoise qui au rez-de-chaussée sonnait treize coups… Elle perçut alors une étrange lueur… et subitement Lara se matérialisa à son chevet.

 

Mon Dieu elle devenait folle !

 

"Catherine !"

 

"Elle ne t’entend pas !"

 

Sara insista et secoua sa compagne mais en vain…

 

"N’aie pas peur je suis juste venue te parler" Murmura Lara.

 

Pendant un long moment Sara abasourdie ne put émettre le moindre son : "Ce… tu n’es pas réelle ! C’est mon imagination qui me joue des tours !"

 

"Pas réelle ?! On s’est pourtant bien rencontrées hier après midi !" Ricana Lara.

 

"Qu’est ce que tu me veux ?"

 

"Rien… Je suis seulement passée pour te faire un petit coucou "

 

Sara secoua la tête, se pouvait-il que cette femme se trouve vraiment au milieu de sa chambre en pleine nuit ? Non bien sûr que non ! Elle perdait la raison voilà tout…

 

"Je n’ai pas toute la nuit devant moi alors je te dirai simplement merci !"

 

"Merci ? Merci pourquoi ?" Murmura Sara.

 

"Merci d’avoir dit non à la chimio !"

 

"Quoi ? Comment savez vous que ?... "

 

"Je le sais voilà tout ! "

 

En une fraction de seconde, toute l’existence de Sara se déroula devant elle… Loin de s’achever, le film se poursuivit, lui montrant le présent et enfin l’avenir…

 

Elle vit Catherine, l’être qu’elle avait si longtemps attendu, immobile au milieu du parc de la maison, solitaire et inconsolable. Elle comprit que la petite blonde ne porterait jamais atteinte à sa liberté et la laisserai partir…

 

Soudain elle l’entendit murmurer, comme dans une prière : "Sara ton absence a assez duré, il est temps de revenir vers moi…"

 

Il sembla alors à Sara que son cœur se brisait. De quel droit était elle entrée dans la vie de Catherine pour lui infliger une telle souffrance ?

 

Puis elle vit que Catherine était plus sereine, presque heureuse… Elle avait finit par surmonter son chagrin et reprenait son chemin avec une autre… Lara ! Non ce n’était possible… Sara comprit alors que cette femme, tout droit sortie de son inconscient, était là parce qu’elle allait mourir !

 

C’est elle qui allait consoler Catherine et c’est elle qui la remplacerait dans son cœur. Non sûrement pas ! Sara ne laisserai pas faire une telle chose… Jamais ! Elle se battrait jusqu’au bout mais personne ne prendrai sa place dans la vie de Catherine et surtout pas Lara !...

 

La grande brune se réveilla alors dans un sursaut, elle tourna vivement son regard vers la fenêtre… Celle-ci était fermée !

 

Elle poussa alors un profond soupir, un rêve, ce n’était rien qu’un rêve ! Rien de tout ça n’était réel, elle était toujours vivante et c’était elle qui dormait dans les bras de Catherine.  

 

Sara se coucha alors sur le côté en position fœtale, soudain déchirée par un terrible sentiment d’angoisse, elle resta là scrutant l’obscurité. L’âme emplie d’un chagrin dont elle ne comprenait pas la raison, elle sut brusquement avec une absolue certitude que même si elle se sentait bien pour le moment, son cancer allait la faire mourir. Or elle voulait vivre, vivre avec Catherine... C’était sa place de partager la vie de Catherine, sa place à elle ! Les premières lueurs du matin éclairaient le ciel quand Catherine vint se camper derrière elle. La petite blonde la serra contre elle et s’aperçut que sa compagne tremblait…

 

"Que se passe t’il chérie ? Tu as fait un mauvais rêve ?"

 

Sara opina en silence.

 

"Tu veux me raconter ?" Demanda Catherine un peu anxieuse.

 

Sara soupira… Sans un mot elle pivota face à sa compagne et noua ses bras autour de son cou pour l’embrasser. Catherine la repoussa doucement, prit son visage entre ses mains et lui embrassa le front.

 

"Que ce qui ne va pas ma Sara Belle ?"

 

"J’ai rêvé de Lara cette nuit !" Dit Sara d’un trait.

 

"Lara qui ? Lara Croft ?! " Questionna la petite blonde

 

"Non… Lara Hollman…" Murmura Sara entre ses dents

 

"D’où la connais tu ? " Demanda Catherine plus que surprise

 

"Je l’ai croisée hier en ville ! "

 

"Je vois…" Catherine demeura un instant silencieuse.

 

"Elle a dit qu’elle était passée te voir au labo mais que tu n’étais pas là…"

 

Catherine ne disait toujours pas un mot…

 

" Je sais que toi et Lara avez été amantes, je sais aussi qu’elle t’a fait souffrir et …"

 

"Sara, cette fille m’a brisé le cœur ! Et pourtant je l’ai aimée… "

 

La grande brune posa alors son regard sur sa compagne : " Tu l’aimes encore ? "

 

Sans l’ombre d’une hésitation Catherine saisit les mains de la grande brune : " C’est toi que j’aime n’en doute jamais ma chérie ! Lara n’est plus rien pour moi… en fait à bien y réfléchir elle n’a jamais rien été pour moi ! "

 

Sara ne demandait qu’à la croire : " Mme Warren m’a dit qu’a chaque fois que cette femme revenait dans ta vie, tu finissais au lit avec elle ! "

 

"Oui c’est vrai… mais tout ça est bien fini, elle n’a plus aucun contrôle sur ma vie, ni sur mon cœur ! "

 

"Et à quoi doit-on ce miracle si soudain ? " La taquina Sara nerveuse

 

"A toi mon amour, et puisqu’on en parle je dois t’avouer le pire de mes secrets… "

 

Le sang de Sara se glaça dans ses veines…

 

"Je suis amoureuse de toi Sara… je suis amoureuse de toi depuis bien longtemps en fait ! Le jour où j’ai compris que je t’aimais j’ai d’abord fait semblant… j’ai fait comme si tout ça n’était pas grave ! Comme si ça allait passer comme un mauvais rhume… mais ça n’a pas été le cas ! Plus le temps passait plus mes sentiments pour toi étaient forts, et plus mes sentiments étaient forts, plus j’avais besoin de t’affronter, de me quereller avec toi, pour me sentir encore vivante… et puis un jour j’en ai eu assez, tout ça ne me suffisait plus…" Catherine marqua une pause

 

"Je suis allée dans un bar et… c’est là que j’ai rencontré Lara…"

 

Sara se crispa légèrement… elle était sûre que ce passage de l’histoire n’allait pas lui plaire du tout !... Mais alors pas du tout !

 

"J’étais seule… et malheureuse je ne savais plus comment te faire comprendre que tu me plaisais, toutes mes tentatives avaient lamentablement échoué… je ne savais pas comment te parler… et puis Lara te ressemblait tellement mais ça tu as du le voir…" chuchota la petite blonde presque honteuse

 

Sara acquiesça d’un mouvement de tête…

 

"J’ai donc fixé mon attention sur elle… à cause… à cause de votre ressemblance ! Et puis quand on faisait l’amour… quand je la touchais je pensais à toi… vos deux prénoms se mélangeaient dans mon esprit… Lara… Sara… Sara… Lara… Pour être honnête Lara n’était qu’une pale copie de toi… je te voulais mais je ne pouvais pas t’avoir… elle, elle était là, alors j’ai cédé à la facilité… Et puis avec le temps je me suis convaincue que j’étais amoureuse de Lara…c'était moins dure pour moi, elle était prête à m’aimer contrairement à toi… elle m’a fait du mal, c’est vrai, mais seulement parce que je l’ai laissée faire… au final tout ce que je voulais c’était toi… mais il m’a fallu du temps pour l’accepter… mais désormais et pour toujours c’est toi qui règnes sur ma vie ! A présent elle ne peut plus me faire de mal… plus personne ne peut me faire de mal…"

 

Sara détourna alors la tête : "Malheureusement si… moi je peux te faire du mal, je vais te faire du mal ! "

 

"Mais qu’est ce que tu racontes ?! " Lui demanda Catherine tout en la forçant à la regarder.

 

"Cath… je suis en train de mourir et c’est toi qui va en payer le prix ! "

 

Catherine eut l’impression que le sol s’ouvrait brutalement sous ses pieds. En proie au vertige, elle voulut nier, protester mais elle en fut incapable. La vérité lui apparaissait tout à coup en ce matin de Noël : Sara allait mourir ! La grande brune leva alors vers elle un regard noyé de larmes, Sara avait appris à pleurer, au lieu de refouler son chagrin et  de s’étouffer avec !

 

"J’ai à peine trente cinq ans Catherine, et je suis en train de mourir. J’étais sur le point d’obtenir tout ce que je désirais depuis si longtemps quand le cancer m’a coupé l’herbe sous le pied. Mais je ne suis pas prête à me coucher pour attendre la mort. J’ai parcouru trop de chemin pour abdiquer maintenant ! Alors je vais t’offrir ton premier cadeau de noël tout de suite… Cath, chérie, j’accepte la chimiothérapie ! "

 

Catherine déglutit avec peine, elle n’en croyait pas ses oreilles : "Quoi ?"

 

"Je t’ai aimée à la seconde où je t’ai vue Catherine ! A la seconde même ou j'ai prononcée ton nom ! Tu m’as donné tout ce que j’ai toujours souhaité et plus encore… Tu es tout pour moi mon amour ! Je sais à présent qu’il faut accepter de payer le prix fort pour ce que la vie nous offre et être auprès de toi vaut tous les sacrifices. "

 

Catherine laissa échapper un sanglot, émerveillée par le courage et l’amour de Sara.

 

L’espoir jaillit dans son cœur comme une source intarissable.

 

"Je ne te demanderai que deux choses. Reprit la grande brune. Ne t’apitoie pas sur moi quoi qu’il arrive et par pitié si je perds tous mes cheveux ne m’offre surtout pas une de ces perruques ridicules ! "

 

La petite blonde enfouit son visage dans les cheveux noirs de sa compagne : " Je t’aime Sara Mary Sidle et je tiens à ce que tu saches que c’est le plus beau cadeau de noël que tu pouvais me faire. Promets moi de ne jamais me quitter, promets-le moi ma Sara Belle…"

 

"Voilà justement pourquoi j’accepte la chimio, parce que je ne veux pas te quitter. Vivre avec toi me rend plus heureuse que je ne saurais l’exprimer, mais je ne peux pas te jurer que je survivrais, ce n’est pas moi qui décide. Je te promets seulement de t’aimer jour après jour, jusqu'à la fin de ma vie… "

 

Bouleversée par cet aveux, Catherine posa sa main sur la sienne : "Quoi qu’il advienne Sara, je t’aime et je t’aimerai toujours ! Rien ni personne ne changera ça, pas même Lara ! "

 

Un sourire apaisé passa sur les lèvres de Sara : " Je sais oui…"

 

 

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Ce jour de Noël ne ressembla en rien à ce qu’elles avaient prévu. Au lieu d’ouvrir leurs cadeaux avec de grands éclats de rire, elles se pelotonnèrent sur le divan et tendrement enlacées parlèrent des miracles qui se produisaient parfois…

 

Les fêtes de fin d’années étaient enfin finies…

 

Le 2 janvier à 8 heures sonnantes, Catherine téléphona en personne au Dr Alistair pour l’informer de la décision de Sara et de son état actuel. Le Dr Alistair déclara alors qu’elle souhaitait pratiquer des examens complémentaires afin d’établir un protocole de soin. Elles discuteraient toutes ensemble du traitement dès qu’elles auraient les résultats.

 

Le lendemain, Sara passa les examens réclamés par Mégan Alistair. Le soir quand elles se couchèrent enfin, Catherine l’étreignit de toutes ses forces : " Nous aurons peut être de la chance ma chérie… Il se peut que les tests révèlent une nouvelle rémission de la maladie ! "

 

Ce ne fut hélas pas le cas. Le cancer était toujours là. Quoique Sara et Catherine fussent toutes deux conscientes que la chimiothérapie serait une expérience pénible, qui se prolongerait durant des mois, maintenant que la décision était prise, elles avaient hâte  de commencer.

 

Le jour du rendez vous de Sara avec le Dr Alistair, et avant de l’accompagner jusqu'à l’hôpital, Catherine s’obligea à analyser posément la situation. Sa compagne possédait de nombreux atouts. Compte tenu des circonstances, elle était dans la meilleure condition physique possible. Elle était en bonne forme, pleine d’énergie et avait un moral d’acier.

 

Tous les espoirs leur étaient donc permis…

 

Lorsque Catherine eut garé sa voiture dans le parking du Memorial, elle coupa le moteur puis se tourna vers Sara : "Chérie… Je voudrais te parler des travaux de recherche du Dr Alistair… depuis plusieurs années, elle mène des travaux sur une théorie en laquelle elle croit dur comme fer, à savoir que le système immunitaire du patient joue un rôle important dans sa guérison. Mégan pense que tous les êtres portent en eux des cellules cancéreuse, mais que chez certains la maladie ne se déclare pas parce que le système immunitaire élimine naturellement les cellules anormales. "

 

"Tu penses vraiment que c’est possible ?!" Demanda Sara plus qu’incrédule.

 

"Je ne sais pas mais le Dr Alistair le croit elle… Et… et elle veut utiliser tous les moyens pour renforcer tes défenses pendant la chimiothérapie. Elle a fini tous les tests en laboratoire voilà 6 mois et depuis elle l’a testé sur des patients volontaires et pour certains ce produit a eu un effet plus que bénéfique…"

 

Sara hocha la tête pour signifier à Catherine qu’elle avait très bien compris où elle voulait en venir et qu’elle était prête à tenter le coup !

 

Catherine lui sourit alors remplie d’un nouvel espoir : "Bien sûr ce n’est pas un produit miracle mais il t’aidera à mieux traverser ce moment difficile. D’abord tu suivras un régime alimentaire très pauvre en graisses pour éviter de te donner la nausée et tu supprimeras la caféine. Il est également essentiel de lutter contre le stress d’après le Dr Alistair "

 

Sara haussa les sourcils et pour la première fois depuis des jours esquissa un sourire : " Mon amour, si tu souhaites que je ne me stresse pas trop pendant cette épreuve, il vaut mieux pour toi et… pour moi, ne pas me priver de mon café et de mes deux Coca quotidiens"

 

La petite blonde l’embrassa sur le bout du nez en riant : "Nous verrons…"

 

Dix minutes plus tard, elles étaient assises l’une à côté de l’autre dans le bureau de Mégan, tout comme il y avait an un… que de chemin parcouru en une année !  

 

Une fois installée, le Dr Alistair prit son souffle et ne mâcha pas ses mots… La situation était sérieuse, les résultats de Sara étaient catastrophiques. On avait découvert une nouvelle tumeur, dont Catherine et Sara n’avaient pas un instant soupçonné l’existence. Cette récidive au sein, où se situait la tumeur initiale qu’avait ôté Mégan l’année dernière s’accompagnait d’un envahissement ganglionnaire.

 

"A mon avis, leur dit franchement la chirurgienne, il faut démarrer la chimiothérapie le plus vite possible afin de stopper le processus et ensuite, si besoin pratiquer une mastectomie. Je suppose que vous serez toutes les deux d’accord avec moi…"

 

Sara qui n’ignorait pas que les malades dans son cas survivaient rarement au delà de cinq ans, était pétrifiée. Soudain le fait de perdre un sein contre l’espoir d’une vie avec Catherine lui semblait bien peu de chose, elle qui avait toujours refusé jusqu'à présent d’être mutilée, venait de changer d’avis pour la femme qu’elle aimait. Et avant même qu’elle ne s’en rende compte, elle venait de dire oui à la mastectomie, si elle s'avérait nécessaire...

 

"Bien je suis ravie de voir que vous mettez toutes les chances de votre côté Melle Sidle. Pour votre chimio vous n’ignorez peut être pas qu’il existe deux types de traitements médicamenteux. L’une comporte des alcaloïdes et des cytoxan, l’autre des mercaptopurines.  Si nous recourons à la première vous risquez peut être de perdre vos cheveux, avec la deuxième solution vous les perdrez à coup sûr ! Vous aurez probablement des effets secondaires : nausées, réactions érythémateuses, fatigue, infections mineures, ménopause précoce. Outre les médicaments anticancéreux, on vous donnera des sédatifs pour la douleur. Cependant je préfère vous prévenir, certains moments seront pénibles…"

 

"Moi qui ai choisi le cancer justement parce que je pensais que c’était une maladie sympa… Je veux être remboursée ! " Murmura Sara à l’oreille de Catherine.

 

Catherine ne pu réprimer un sourire qui se voulait complice de cette petite remarque sarcastique.

 

Après un moment de réflexion Sara choisit pour sa chimio le premier traitement proposé, elle espérait vraiment que ce traitement ne lui ferait pas perdre tous ses cheveux. Catherine la soutint dans son choix. Elles avaient encore un long chemin à faire et la petite blonde était bien consciente des sacrifices qu’allait faire Sara pour elle.

 

Sara commencerait le traitement le vendredi suivant, puis lorsque la tumeur se serait réduite on procéderait à l’ablation du sein si celui s'avérait indispensable, puis on reprendrait la chimio et enfin on pratiquerait une opération de chirurgie plastique réparatrice pour le sein de Sara. Durant tout le traitement, les drogues seraient administrées à Sara par voie intraveineuse : 45 minutes toutes les trois semaines et ce pendant une période de six mois.

 

Mégan lui ferait également une prise de sang toutes les semaines afin de contrôler son taux de globules blancs qui chuterait à cause de la chimiothérapie et lui donnerait en complément le traitement qu’elle venait de mettre au point.

 

La petite blonde savait bien que si Sara avait choisi le deuxième traitement les choses auraient peut être été plus rapides. Mais la grande brune subissait déjà tellement de choses qu’elle ne pouvait pas lui demander en plus de perdre ses cheveux. Catherine serait donc patiente…

 

Pour Sara ce qui était le pire dans tout ça c’était le fait qu’elle ne pourrait peut être jamais devenir mère…

 

Après la consultation elles rentrèrent directement à la maison sans échanger un mot. Sara avait peur de ce qui l’attendait, néanmoins elle refusait d’ y penser pour l’instant !

 

Le soir tomba vite et quand elles furent couchées, Sara se blottit dans les bras de son amante : " Fais moi l’amour " Murmura t’elle d’une voix rauque.

 

Catherine la prit avec fièvre et passion. Elle l’étreignait et s’agrippait à elle comme si elle craignait que Sara ne lui échappe. Et après le dernier spasme de plaisir, Catherine enfouit son visage dans la chevelure  de sa compagne.

 

Elle aurait du se montrer forte pour Sara et courageuse… elle le serait demain, promis, mais ce soir en cet instant, elle se sentait vulnérable, au bord des larmes, telle une petite fille qui craignait d’être abandonnée…

 

 

 

 

 

 Partie V

 

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