Avertissements /Note du webmaster : Alors là je tenais a vous dire que j’ai toujours détester les crossoveurs ! Je n’ai jamais jamais aime ça et puis le miracle c’est produit grâce a Juliette ! Cette ff est un vrai bijoux… Je n’aurait jamais imaginer que X thiles puis rencontrer les CSI… et cette rencontre est magique ! On se laisse porter pas l’histoire du début à la fin ! Alors installer vous bien, videz vous l’esprit de toutes pensées encombrante et jeter vous a cœur perdu dans cette aventure, vous ne le regretter pas !
Si vous vous rendait conte que vous avez faim, ou sommeil… Si vous vous rendez compte que vous avez oublier l’heure, que vous n’été pas allez travailler aujourd’hui… que vous n’avez pas fait vos devoirs… Il sera trop tard pour paniquer ! Alors allez y a petite dose avec cette ff, car l’auteur (et moi-même) déclinons toutes responsabilité sur des effets secondaire éventuelle lol
Ps : J’avais oublier ça… les personnages de CSI sont la propriété de CBI et les personnages de xthiles sont le bien de la Fox (c’était important il fallait le préciser ;o)
(Cette histoire ne peut être utiliser sans la permission de l'auteur , qui est je le rappelle : Juliette !)
E P I S O D E 1 :
Il était sept heures du matin, l’aube commençait à colorer le ciel au-dessus du désert entourant Las Vegas et Sara Sidle se trouvait encore derrière son microscope. Rien d’exceptionnel à ça, elle faisait partie de l’équipe de nuit de la brigade d’investigation des scènes de crimes et elle n’avait jamais laissé une pendule lui dire quand elle devait rentrer chez elle, ni personne. Sara décidait de sa vie toute seule et elle était de mauvaise humeur. De plus, cette affaire avait de quoi la scotcher pour longtemps derrière les jouets sophistiqués qui l’entouraient.
Cela avait commencé très bizarrement, la victime d’un meurtre, une femme brune d’environ trente ans, plutôt grande, avait reçu cinq coups de pistolet dans l’abdomen et avait été déclarée morte par le médecin légiste avant de se lever d’un bond et de s’enfuir en assommant trois policiers. Ce n’était pas tout. Les résidus d’ADN appartenant à la victime trouvés sur place présentaient apparemment de nombreuses anomalies que même Greg, l'as de l'analyse, n’était pas capable d’interpréter. De plus, une fois rentré dans leurs ordinateurs, le dit ADN avait déclenché une drôle de réaction dans la banque fédérale de fichage de l’ADN : CODIS.
Une fenêtre s’était ouverte sur l’écran indiquant « Dossier codé RR-620 - Suspect extrêmement dangereux, ne pas entamer de poursuites. Le FBI a été prévenu, veuillez attendre d’être contacté par un agent fédéral avant de continuer votre investigation. Tous les éléments de l’enquête doivent être placés sous scellés et conservés avec précaution, ils sont désormais la propriété du FBI. » Rien d’autre.
Evidemment, cela n’avait pas arrêté Sara. Grissom avait bien essayé de lui dire d’attendre, qu’il ne souhaitait pas se créer de nouveaux problèmes avec le bureau fédéral. Mais cela faisait longtemps qu’elle n’écoutait plus Grissom, son patron, qui n’écoutait plus grand monde lui non plus d’ailleurs. Il avait été son mentor, elle l’avait suivi, subjuguée, puis il l’avait lâchée dans le monde. Il l’avait fait sortir du nid, tout ça pour qu’elle se casse les dents. Merci bien ! Mais elle ne l’écouterait plus jamais, elle ne voulait plus rien avoir à faire avec lui ! Elle lui avait lâché un bobard et était retournée illico examiner les indices ramassés sur les lieux du crime.
De l’autre côté de la lentille de son microscope électronique, Sara était en
train d’observer un phénomène des plus curieux. Elle ramena une mèche de ses
cheveux bruns derrière son oreille. Dans un échantillon de sang ramassé sur le
plancher, des globules étaient encore en vie, aucun signe de coagulation ne
semblait apparaître. Cela s’ajoutait à l’étrange composition du plasma et à un
taux anormalement élevé en fer. La victime avait-elle été empoisonnée, soumise à
une réaction chimique quelconque ? Sara pensait à cet homme électrocuté qui
n’avait présenté aucun signe de brûlure grâce à une concentration exceptionnelle
de fer dans son organisme.
Oui, mais cela n’expliquait pas que les cellules soient encore vivantes, ni que la victime ait survécu à cinq coups de pistolet.
Sara releva la tête et remarqua une présence sur sa droite près de la porte. Une
femme rousse, pas très grande, l’observait les bras croisés, sans doute depuis
un certain temps. Sara espéra qu’elle n’avait pas, comme à son habitude,
commencé à chantonner alors qu’elle était plongée dans ses observations. Elle se
dit aussi qu’il serait bien agréable d’avoir un bureau fermé où elle pourrait
travailler tranquille. « Fais un effort Sara, montre toi un peu sociable ! »
Ordonna la voix de la sagesse à l’intérieur de son crâne.
La femme à la porte avait de magnifiques yeux bleus et ne paraissait pas vouloir bouger ou parler ou faire quoi que ce soit. Sara réagit comme elle le faisait toujours, elle sélectionna son regard le plus perçant et planta ses yeux noirs dans ceux de l’autre femme. Cela aurait pu durer longtemps mais rien ne semblait pouvoir perturber la petite rousse et Sara était décidément de mauvaise humeur. Elle n'avait pas envie de jouer. Elle s’apprêta à lui demander de dégager de là mais fit un dernier effort auparavant.
- Oui ? Demanda-t-elle
- Agent Dana Scully, bureau fédéral d’investigation. Il me semble qu’il vous a fermement été demandé de ne pas poursuivre cette enquête.
- Vous voulez parler de la morte ressuscitée ? J’ai arrêté de travailler sur cette affaire…
- Si vous allez dans le bureau situé au bout de ce couloir vous verrez que votre demande d’identification d’empreinte dans AFIS vient de se conclure il y a cinq minutes par l’envoi d'un message similaire à celui que vous avez déjà reçu il y a quelques heures, vous demandant d’attendre le FBI, mademoiselle Sidle. Je peux voir votre microscope ?
Dana avança sans tenir compte du fait que Sara n’avait pas bougé d’un pouce.
Cependant, quand son corps entra en contact avec la hanche de la grande brune,
celle-ci recula d’au moins un mètre.
- Hey ! Vous pensez peut-être que vous allez y comprendre quelque chose ! Ricana
Sara dont la fierté venait d’être elle aussi violemment heurtée.
- Je suis docteur en médecine… Et je peux vous affirmer que ce sang provient bien de la victime par arme à feu qui s’est échappée cette nuit.
L’électricité statique qui était en train de s’accumuler dans la pièce n’allait
sûrement pas tarder à faire disjoncter une des machines high-tech qui les
entouraient mais Sara ravala son amour propre et décida de laisser s’exprimer
une autre partie d’elle-même : la scientifique qui avait envie de savoir. Quoi
qu’il arrive dans sa vie, Sara avait toujours été guidée avant tout par sa soif
de connaissances, son envie de comprendre. Elle laissa vaguement un coin de sa
bouche esquisser un sourire.
- Alors je suppose que vous allez pouvoir m’expliquer ?
- Je ne crois pas… Je ne pense pas que vous y comprendriez quelque chose…
- Je suis docteur en physique ! S’indigna Sara.
- Ce n’est pas le problème. S’il vous plaît, ne le prenez pas mal mais cette enquête vous dépasse à un point que vous ne pouvez même pas imaginer…
Etrangement Sara ne s’offusqua pas de la réponse de l’agent fédéral. Il y avait
soudain dans les yeux de Scully qui s’étaient fixés dans le vide, la trace d’une
telle douleur qu’elle ne pouvait que croire à sa sincérité, immédiatement, sans
réfléchir. Cette enquête signifiait visiblement beaucoup de choses pour elle,
elle était personnellement impliquée. Sara comprenait. Intuitivement elle savait
que certaines enquêtes se transforment parfois en croisades difficiles à
justifier aux yeux des autres.
- Ha, Dana, tu es là…, dit une femme brune qui venait de se précipiter dans le
laboratoire. Ils ont ramené l’ordinateur qui était dans l’appartement… Bonjour…
Monica Reyes, je suis avec le bureau…
- Sara Sidle, je… Travaille ici...
L'agent fédéral quitta immédiatement son air concerné pour sourire en tendant la main à Sara. Après un temps de réaction cette dernière lui serra la main. Cependant, l’agent Reyes retourna vite son attention vers sa collègue, se rapprochant à nouveau d’elle et, pensa Sara, la couvant du regard comme si l’agent Scully avait besoin d’être protégée de quelque chose.
- Peut-être pourrions nous trouver un moyen de savoir s’il était là, s'il a
travaillé sur cet ordinateur, Dana.
- Est-ce que nous pourrions l’examiner ? Demanda Scully en se retournant vers Sara.
- Est-ce que vous avez les papiers pour… Oh d’accord laissez tomber. Il est de l’autre côté du couloir ?
***
Une fois branchée, le PC leur indiqua qu'il ne contenait pas de disque dur. Sara ouvrit la tour en démontant un panneau latéral.
- Le disque dur n'est effectivement pas là. Diagnostiqua-t-elle.
- Evidemment, constata Scully en soupirant.
Reyes posa une main compatissante sur l’épaule de sa collègue qu’elle dépassait
presque d’une tête.
- Mais cela ne veut pas dire que cette machine ne peut pas nous apprendre des
choses, déclara Sara en attrapant le clavier de ses mains maintenant gantées de
latex.
Elle plaça la pièce en plastique dans un caisson brumisateur qui servait à
révéler les empreintes digitales.
- Hum… Rien, annonça-t-elle quelques instants plus tard en relevant un sourcil.
Les deux autres femmes l’observaient. Scully constata que Sara avait l’air de
savoir très exactement ce qu’elle faisait. Grissom ne lui avait pas menti quand
elle l’avait eu au téléphone « Sara est exactement celle qu’il vous faut, si
j’étais vous, j’utiliserais ses compétences ». Absorbée par sa tâche, la grande
brune observait le PC et continuait de marmonner toute seule. Sara se frotta les
lèvres avec l’index de sa main gauche et se pencha sur l’écran. Le simple
plaisir de l’enquête scientifique... Pensa Scully avec nostalgie alors que Sara
vaporisait maintenant la vitre du moniteur.
- Pas d’empreintes là non plus… Mais…
Concentrée, Sara passa plusieurs cotons tiges sur toute la surface en verre
avant de les enfermer dans leurs boîtes en carton respectives et continua.
- … Cela ne veut pas dire qu’on ne va pas trouver de l’ADN quelque part, n’est
ce pas ! Suivez moi.
***
Du death métal s’échappait d’un laboratoire au bout du couloir. Sara entra et autoritairement fit taire l’engin d’où le bruit s’échappait. Greg releva les yeux et sourit lorsqu’il s’aperçut que c’était Sara qui venait le déranger.
- Qu’est ce que ton humble serviteur peut faire pour toi ce matin Sara ?
- Rien de ce que tu espères, mon cher Greg, mais ces deux agents du FBI souhaiteraient que tu fasses une recherche d’ADN là-dessus le plus vite possible. Répondit-elle en tendant les échantillons.
- Le FBI ? Oh…Mesdames… Déclama t-il en se courbant en deux. Greg Sanders pour vous servir…
- Ne faites pas attention à lui, Greg n’a pas terminé sa puberté mais il est inoffensif et néanmoins efficace, lorsqu’il est question d’ADN…
Dana et Monica attendaient à la porte, légèrement perplexes mais d’un commun
accord elles jugèrent préférable de ne pas intervenir. Monica se surprit à
penser soudain que Sara avait un charme fou. Elle aimait la démarche dégingandée
et l’assurance de la grande brune. Elle était assurément dans son environnement
naturel à l’intérieur de ces labos. Pourtant, quand elle souriait et
qu’apparaissait l’espace entre ses deux incisives, Sara avait presque un air
enfantin.
- J’attends d’avoir de tes nouvelles sur mon biper Greg, dit-elle en se
retournant avant d’ajouter : agent Reyes, agent Scully, je crois qu’il est temps
que nous allions boire une tasse de café. Vous avez des choses à me raconter !
- Juste une chose, l’arrêta Scully.
- Oui ?
- Ce n’est peut-être pas la peine de déclencher à nouveau une alerte sur le fichier fédéral… Nous… Nous allons essayer de vous expliquer…
- Ok, Greg. Cela reste entre nous ?
- Toi et moi Sara, promis, assura le jeune homme en ajoutant un clin d’œil et en passant une main dans sa chevelure blonde ébouriffée.
***
Elles se retrouvèrent toutes les trois dans la salle de repos devant des tasses de café et une boîte de donuts que quelqu'un de l’équipe de jour avait apporté. Elles avaient toutes grandement besoin d’un petit déjeuner et elles avaient implicitement décrété que les explications pouvaient attendre encore un peu. Comme à chaque fois qu’elle arrêtait de travailler, l’esprit de Sara se mit à dériver.
Warrick et Nick étaient probablement encore sur le terrain dans le désert. Grissom et Catherine avaient fini leur nuit de travail trois heures auparavant… Catherine devait être en train de se lever pour accompagner sa fille à l’école…
Hier, Catherine lui avait dit, nonchalamment, comme si elle se parlait à elle-même, « je me sens en pleine forme en ce moment ! C’est drôle il y a des jours où la danse me manque… ». Sara, étonnée par cette soudaine confidence, n’avait pas su quoi répondre. S ’il y avait bien un terrain sur lequel elle ne s’aventurerait jamais, c’était bien le passé de Catherine en tant que danseuse exotique... Elle ne pouvait tout simplement pas se laisser aller à autoriser son esprit à recréer ce genre d’images dans son cerveau alors qu’il s’agissait d’une collègue de travail… Surtout l’implacable Catherine... Elle se dit encore une fois qu’il était assez incroyable de constater à quel point la vie passée et actuelle de son aînée était différente de la sienne. Il y avait là quelque chose de mystérieux et de fascinant... Oui, la vie de Catherine avait quelque chose d’assurément fascinant pour Sara qui avait passé sa vie dans les bouquins et se retrouvait encore une fois en train de prendre son petit déjeuner dans les locaux du CSI sans même éprouver l’envie de rentrer chez elle...
Sara chassa la blonde au regard bleu pâle de ses pensées et se concentra sur les deux agents du FBI assises en face d’elle. Scully notait quelque chose dans un carnet en cuir noir, Reyes visiblement concentrée sur une idée regardait intensément sa tasse de café. Puis la rousse referma son carnet, rangea son stylo dans la poche intérieure de sa veste et posa un instant son regard sur Sara comme pour lui demander quelque chose, ce qu'elle finit par faire.
- Sara, il faut que je sache si je peux vous faire confiance, commença-t-elle de
façon plutôt abrupte.
- Hum… ? Emit Sara en relevant son sourcil droit.
- Et tout d’abord, il faut que je vous avoue quelque chose. Officiellement nous ne sommes pas chargées de cette affaire, continua Scully. Je n’ai plus le droit de faire autre chose que donner des cours à Quantico. C’est l’agent Reyes qui m’a prévenue que vous étiez entrée en contact avec une des membres d’un groupe de personnes sur lequel nous enquêtons secrètement depuis presque deux ans maintenant : votre victime. Rien ne vous oblige donc à coopérer avec nous et il est fort possible que d’autres agents du bureau arrivent plus tard pour s’occuper de cette enquête. Ils ne savent pas que nous sommes là.
- Oh…
- Cependant Sara, je vous assure qu’il est primordial que l’agent Reyes et moi-même nous occupions de cette affaire et soyons tenues au courant des suites qui lui seront données. Il est fort probable qu’il ne soit pas possible de faire confiance à d’autres agents…
- Wow… Vous voulez dire que je vais me retrouver au milieu d’une guerre interne du bureau !
- Entre nous et des gens qui conspirent, à l'intérieur du bureau, contre le gouvernement américain plutôt. Des individus qui feront tout pour vous empêcher de continuer votre enquête.
- Cool !
- Pardon ?
- Heu… Pardon. Je veux dire. Ce que vous racontez a l’air passionnant. Mais pourquoi avez-vous décidé de me faire confiance si la situation est aussi compliquée ?
- Vous avez déjà été testé par l’administration fédérale et...
- Oui, il semblerait que je sois incorruptible, l'interrompit Sara avec un large sourire.
- L’agent qui avait organisé cette affaire de fausse monnaie pour vous tester est un de mes amis à Quantico. Mais surtout, vous avez été recommandée par Grissom.
- Grissom ? Grissom a quelque chose à voir avec le bureau ? Ça, ça m’étonnerait beaucoup.
- Et vous savez pourquoi il se méfie autant des fédéraux Sara ?
- Parce que nous travaillons avec la police d’état !
- Parce que Grissom sait comme nous qu’on ne peut plus faire confiance au FBI et pourquoi.
- De mieux en mieux !
Sara écarquillait ses grands yeux bruns. Dana Scully lui avait d’abord semblé
être quelqu'un de posé, calme, rationnel. Pas le genre de paranoïaque qui
invente des conspirations toutes les cinq minutes. Mais bon, Sara n’était pas
très forte pour les premières impressions, ni un très bon juge des
personnalités. Elle commençait maintenant à se dire qu’elle s’était peut-être
trompée et que toute cette histoire commençait à dépasser les bornes du
raisonnablement acceptable par une personne disposant de toutes ses capacités
intellectuelles.
Cependant ce n’était pas si grave, se dit-elle dans un second temps. Tout cela l’amusait maintenant beaucoup, sa curiosité était éveillée et elle avait envie de voir jusqu’où tout ça irait. Cela aurait été plus frustrant qu’autre chose de les envoyer balader maintenant.
Monica, qui jusque là s’était contentée de regarder mélancoliquement sa collègue - « Dana, Dana, quand seras-tu libérée de tout se qui t’empêche de vivre normalement » pensait-elle - se tourna vers Sara et dit :
- Ce serait bien trop long de tout vous expliquer en une fois Sara, chaque chose
en son temps. Moi et l'agent Scully travaillons ou avons travaillé, dans un
département à part du FBI qui s'occupe des affaires non classées, c'est à dire
des enquêtes qui sortent de la normalité, de... Ce que la science peut
expliquer... Sachez seulement que nous avons été témoins de choses que vous ne
croiriez jamais, que personne ne veut croire, mais nous, nous avons vu, même si
on veut nous en empêcher, nous sommes obligées de continuer à chercher...
- De poursuivre notre quête de réponses, enchaîna Scully, quelles que puissent être ces réponses... Et cette femme qui s’est échappée sait probablement beaucoup de choses qui pourraient nous aider... C'est un élément majeur des luttes souterraines en cours dans notre pays... Une énigme qui pourrait confirmer nos soupçons. Nous devons savoir ce qu'il s'est passé hier soir.
Ces deux femmes faisaient-elle partie d’une secte ? Sara se demanda s’il n’aurait pas fallu qu’elle exige de voir leur plaque d’identification... Puis soudain, elle se dit que cela suffisait, qu’elle en avait assez de rester assise à cette table à essayer de comprendre tout ça. Oui, les théories sur les conspirations à l’œuvre au FBI ou ailleurs pouvaient attendre. Sara n’aimait pas rester inactive. Elle ne se sentait pas vraiment patiente ce jour là et cette fichue mauvaise humeur ne voulait pas passer. Pourquoi donc ? Il était peut-être temps qu’elle prenne le temps d’y réfléchir. Elle décida de couper court aux explications abracadabrantes, on verrait plus tard. L'important pour elle était de se concentrer sur les éléments de l'enquête. Oui elle devait comprendre ce qui s'était passé sur sa scène de crime : le comment, et non les motivations : le pourquoi. Grissom le lui avait suffisamment répété.
- Vous détenez apparemment des informations nécessaires à l’enquête, et si vous êtes prêtes à les partager, je n’en demande pas plus. Et si en plus Grissom pense que je dois travailler avec vous, je n’ai rien à ajouter… Pour l’instant, vous avez mon soutien. J’ai bien compris que vous pensez que quelqu'un d’autre se trouvait sur la scène du crime... Quelqu’un que vous connaissez ? Peut-être celui qui a tiré... Mais les résultats d’ADN ne seront pas là avant la fin de l’après midi donc je…
- Hello Sara…
Catherine… Sara sursauta, c’était Catherine. Elle tourna la tête, la blonde s’était stoppée net à l’entrée de la pièce et avait planté son regard froid sur les deux agents fédéraux. Catherine savait à merveille dominer une pièce du regard sans même prendre le temps de regarder précisement les gens qui s'y trouvaient. Est-ce qu'elle avait appris cela dans les bars où elle dansait ? Catherine entrait dans une pièce et même les mouches ressentaient le désir d'aller se cacher dans un coin.
- Qui êtes vous ? Demanda-t-elle.
- Agent Scully et Reyes, FBI, répondit calmement Scully qui ne paraissait pas avoir perdu son sang froid.
- Ha… Se contenta de répondre Catherine.
- Nous intervenons suite à l’envoi par Sara d’une demande sur CODIS qui a identifié une suspecte que nous recherchons, ajouta Scully dont le ton était soudain devenu beaucoup plus professionnel.
Catherine nota intérieurement l’emploi du prénom et jeta un coup d’œil à Sara qui confirma d’un hochement de tête ce qu’expliquait Scully.
- Vous comptez récupérer l’enquête ou travailler avec nous ? Interrogea Catherine qui ne semblait pas d’humeur à s’embarrasser de formules de politesse.
- Heu… Catherine... J ’ai déjà commencé à travailler avec elles… Il semblerait que Grissom ait décidé de collaborer avec les fédéraux… Tenta d’expliquer Sara, soucieuse d'essayer de tempérer la rudesse de sa collègue.
- Bien, conclut Catherine.
Elle s’était placée juste derrière Sara, une main sur le dossier de sa chaise et
ne semblait pas vouloir ajouter autre chose. Sara sentit ses oreilles rougir et
espéra qu’il n’en était pas de même de ses joues. Soudain, elle se rendit compte
que Monica l’observait attentivement. Elle déploya toute son énergie à ne
surtout pas changer de couleur et à contrôler sa respiration, le regard fixe et
teinté d'une pointe de mélancolie de la brune était assez troublant. On ne
pouvait s’empêcher de se demander si, par hasard, elle ne pouvait pas lire dans
les pensées. Scully se décida à perturber le silence qui s’était installé.
- Monica, je crois que nous devrions revenir plus tard. Excusez nous mais nous avons voyagé cette nuit et…
- Et moi je n’ai pas encore dormi ! Coupa Sara.
Elle ne souhaitait plus qu’une chose, expliquer la situation à Catherine et découvrir ce qu’elle faisait là à cette heure, alors que leur service ne commençait que bien plus tard.
- A plus tard alors Sara… Heu… Je peux vous parler seule à seule, quelques instants ? Demanda Scully.
- Heu… Oui, bien sur.
Sara jeta un rapide coup d’œil à Catherine qui semblait maintenant étudier attentivement quelque chose sur le panneau d’affichage accroché au mur et suivit Scully dans le couloir. Monica s’en alla après avoir dit au revoir en annonçant à Scully qu’elle l’attendait dans la voiture.
- Sara. Commença Scully. Il serait préférable pour le moment que vous ne parliez
à personne de ce que je vous ai dit à l'instant. C’est une question de sécurité
pour nous et pour vous. Il serait particulièrement souhaitable que vous oubliez
ce que vous avez vu dans l’échantillon sanguin. Je vous promets de tout vous
expliquer plus tard, quand j’aurai la confirmation de ce que je soupçonne à
propos de la recherche d’ADN qui est parti à l’analyse… Je ne peux pas vous en
dire plus avant de savoir qui était dans l'appartement avec votre victime, je
m'en excuse, mais c'est extrêmement important... Je vous fais confiance mais...
- Si vous me faites confiance, coupa Sara, vous faites confiance à Catherine, je n’ai pas l’intention de lui cacher quoi que ce soit.
Sara ne savait pas bien ce qui l'avait poussée à dire ça, mais c'était un fait,
elle ne voulait pas cacher ce qui venait de lui arriver à Catherine. Scully
l'observa quelques secondes puis sourit en poussant un léger soupir.
- D’accord, je comprends... Mais surtout quoi qu'il arrive, ne parlez à aucun
autre agent du bureau pour le moment et attendez moi avant d’envoyer l’ADN de
l'ordinateur sur le réseau de la banque de données fédérale, j’ai un échantillon
auquel nous pourrons le comparer…
- D’accord. Je serai ici à six heures...
- Nous ne nous retrouverons peut-être pas ici, le FBI risque de débarquer. Je vous téléphonerai j'ai votre numéro de portable. Merci Sara.
Le regard de la rousse était soudain d’une intense douceur. Sara décida
définitivement de lui faire confiance, elle avait l’air de savoir de quoi elle
parlait. Toute cette histoire n'était peut-être pas aussi folle qu'elle en avait
l'air après tout. Les explications viendraient en temps voulu.
- A ce soir. Répondit Sara qui la regarda partir en souriant.
- Hum… Sara ?
- Oouui ?
Catherine avait elle vu son regard qui s’attardait ? Oui, Catherine n’était pas aveugle ! Sara décida de s’en tirer en riant. Les deux femmes entrèrent de nouveau dans la salle de repos.
- Tu veux bien m’expliquer ce qui se passe ici Sara ?
- Des choses très étranges Catherine...
- Oui. Mais encore ?
- Une victime qui reçoit cinq coups de feu dans la poitrine et se relève comme si de rien n’était. Du sang lui appartenant qui ne coagule pas. Des demandes d’identification qui nous renvoient toutes sur le FBI. Deux agents fédéraux qui m’expliquent soudain que tout ceci fait partie d’un vaste complot organisé par d’autres agents, que je dois garder le secret, que toute cette affaire pourrait bien s’avérer très dangereuse… Qu’on pourrait nous empêcher de continuer l’enquête…
- C’est tout ?
- Pour l’instant. Oui.
- Tout cela doit beaucoup te plaire, n’est ce pas ?
- Plutôt oui… Tu ne trouves pas ça amusant, toi ? Ca nous change de la routine...
- Et tu n’as pas pensé une seconde qu’on était peut-être en train de se moquer de toi ?
- Un peu… Mais ce n’est pas très grave…
- Tu as vu leur badge ?
- Heu… Non…
- Mais enfin Sara !
Catherine avait l’air plutôt consterné. Jamais Sara ne cesserait de l’étonner.
C’était assez charmant ce côté enfantin, en dehors de toute réalité mais
Catherine avait un mauvais pressentiment. Elle n’arrivait pas à comprendre
comment Sara pouvait prendre tout cela avec autant de légèreté. Elle n’était
assurément pas sur la même longueur d’onde qu’elle. Et si ces deux femmes
étaient justement celles qui voulaient les empêcher de mener leur enquête ?
C'était toujours une mauvaise idée de laisser intervenir des gens de l'extérieur
dans une enquête.
- L’idée que tout ceci puisse n’être qu’une vaste supercherie ne t’a pas
traversé l’esprit Sara ?
- Hum… J’ai vu le sang sur la plaquette...
- Montre moi ça !
Elles se dirigèrent vers le labo que Sara avait quitté quelques temps
auparavant. Sara pressa son œil contre le microscope : rien. Elle chercha la
plaquette : elle n’était nulle part. Tout avait disparu. Sara se repassa la
scène du départ des deux agents dans sa tête. Elle se rendit compte que Monica
avait dû passer devant ce bureau pour sortir et, elle lui tournait le dos à ce
moment là puisqu’elle parlait avec Scully.
- Bravo Sara !
- Quoi bravo ?!? Scully m’a dit qu’elle ne voulait pas que je m'intéresse à ce spécimen. Elle a dû remarquer que je n’étais pas du genre à suivre les instructions à la lettre, c’est tout. Elles l'ont pris pour que je ne fasse pas de bêtises. Et elle a sans doute eu raison. Ne saute pas tout de suite aux conclusions Catherine, fais un peu confiance aux autres pour une fois ! Il doit y avoir une explication.
Sara ne voulait surtout pas admettre qu'elle venait peut-être effectivement de faire une magistrale erreure. Elle voulait encore croire qu'elle avait eu raison de faire confiance à Scully et Reyes. Elle ne pouvait pas avoir été aussi bête, ce n'était pas possible.
- Ouais, ouais. Se contenta de répondre Catherine en soupirant.
- Je te rappelle que Grissom est au courant.
- C’est sensé me rassurer ?
- Oh et puis laisse moi tranquille, ce n’est pas le moment !
- Hein ???
- Je suis fatiguée, je vais me coucher, on verra ce soir !
- Mais… Sara…
Catherine resta stupéfaite derrière le comptoir du labo pendant que Sara
attrapait sa veste et s’en allait sans dire un mot de plus, sans la regarder.
Quelle mouche l’avait piquée ? Sara était décidement à manier avec des pincettes
ces derniers temps.
Ok, son petit copain l’avait royalement trompée mais ce n’était pas comme si Sara avait tenu à lui ! Sara avec un ambulancier qui ressemblait à un footballeur américain, ça la faisait bien rire de toute façon. Qui Sara croyait-elle tromper au juste ? Et puis cela remontait à quelques mois maintenant... Peut-être s'agissait-il plutôt de l'explosion du labo, Sara avait changé depuis... Elle semblait perpétuellement sur les nerfs, imprévisible, à la merci de la moindre contrariété. La grande brune n'avait jamais été un model de sérénité mais les choses semblaient s'être considérablement agravées depuis quelques temps. Sara la solitaire paraissait de plus en plus inaccessible.
Et elle qui avait espéré prendre un petit déjeuner avec Sara justement parce qu’elle pensait que la grande brune n’était pas très à l’aise dans ses baskets en ce moment. Grissom paraissait tout faire depuis quelques semaines pour ne plus rien avoir à faire avec son ancienne protégée alors elle avait cru que, peut-être, elle pourrait essayer quelque chose... « Bien joué Catherine ! Toi et ta délicatesse légendaire ! » Bon, en tout cas, elle n’avait plus qu’à rentrer se coucher, on verrait bien ce soir, effectivement. « Haa… Sara… » Murmura-t-elle en secouant légèrement la tête avant de se diriger à son tour vers la sortie.
E P I S O D E : 2
Sara se réveilla quelques heures plus tard sur son canapé, encore habillée, enveloppée dans une couverture Navajo. Elle n’avait dormi que cinq heures, elle avait la tête lourde et il faisait trop chaud. Les derniers événements de la matinée n’avaient pas arrangé son humeur mais surtout, elle se rendit compte, alors que ses souvenirs revenaient peu à peu, qu’elle en avait un peu assez d’être elle-même ! De ne faire confiance que pour être trahie, de ne pas pouvoir se comporter naturellement avec les gens, de toujours devoir composer avec ce fichu caractère, de ne pas réussir à entretenir des rapports normaux avec Catherine... Elle mit en route une cafetière et partit prendre une douche.
Alors qu’elle laissait couler l’eau sur son visage Sara tenta d’examiner avec
plus d’objectivité ce qui s’était passé. Elle avait voulu impressionner les deux
femmes du FBI et elle n’avait pas réfléchi. Encore une fois, elle avait voulu
démontrer sa compétence, montrer qu’elle maîtrisait sa science et elle avait
oublié le reste : la prudence, la manipulation, les vrais jeux du pouvoir. Il
faudrait bien qu’elle parvienne à régler ce problème un de ces jours.
Catherine, elle, savait ce que c’était que le pouvoir, comment on l’obtient,
comment on le garde. Jamais elle ne se laissait marcher sur les pieds, par qui
que ce soit. « Avoir l’air accessible, rester inaccessible », la blonde avait dû
apprendre cela très jeune pour survivre. Alors que Sara ne savait même pas par
où commencer. « Je suis juste totalement stupide » finit-elle par se dire à voix
haute en sortant de sa douche. Elle attrapa quelques boites de vitamines et se
dirigea vers sa cuisine après avoir passé un short et un t-shirt. Peut-être le
café lui éclaircirait-il les idées plus efficacement que l’ibuprofène qu’elle
avait gobé avant de s’endormir. En passant elle attrapa le journal qui
l’attendait sur son paillasson.
Rien dans le quotidien sur l’affaire de la nuit précédente, pourtant il y avait
assurément là de quoi intéresser les journalistes. Peut-être cela leur avait-il
échappé, ou peut-être - ne put s’empêcher de penser Sara - que quelqu'un avait
déjà fait le nécessaire pour faire taire les curieux… Et étouffer l’affaire… «
Ça y est Sara, tu fais partie de leur secte ! » La brune sourit et repensa aux
agents Scully et Reyes. Il était vrai qu’elles avaient un pouvoir de persuasion
certain. Était-ce le regard de Dana ? A la fois lointain et intense comme s’il
en voyait toujours plus que ce qu’elle voulait bien laisser paraître. La voix
calme et posée de Monica ? Grave, douce, légèrement traînante. Sara décida que
c’était cela mais aussi leur sincérité à toutes les deux. Pourtant les agents du
FBI avaient volé l’échantillon de sang, son échantillon : elles s’étaient
délibérément moquées d’elle.
Cependant, finit-elle par concéder, peut-être calmée par sa première gorgée de
café et l’ingestion de la dose de caféine que son corps réclamait, pouvait-elle
vraiment le leur reprocher ? Il était vrai que beaucoup de monde circulait dans
les labos, les conditions de sécurité n’étaient pas tout a fait optimales...
Sara repensa soudain à la tête de Catherine et sourit inconsciemment : une mère
exaspérée par la énième bêtise de sa fille turbulente ? De la consternation mais
peut-être aussi, maintenant qu’elle y repensait, une pointe d’amusement, qu’elle
avait choisi d’interpréter comme de l’ironie. Sara se demanda pourquoi elle-même
s’était énervée comme ça. Tout ceci n'était pas si grave... Qu'est-ce qui, dans
cette situation, l'avait fait, en un instant, basculer de la simple mauvaise
humeur à la colère ? « Oui, bonne question… » Cela lui arrivait de plus en plus
souvent de se retrouver dans cet état où il ne semblait plus lui rester qu'une
solution : la fuite. Son esprit s'obscurcissait et elle ne ressentait plus qu’un
besoin : partir. Plus question de parler, plus question d'expliquer : il lui
fallait déguerpir, se réfugier le plus vite possible dans sa solitude. « C’est
mon caractère, je suis comme ça, c’est tout ! »
Sara avala diverses capsules - vitamine b-12, magnésium, fer, levure de bière -
pensant que son humeur n’était peut-être due qu’à une déficience quelconque,
espérant encore trouver une cause physiologique à son état étrange et le faire
disparaître grâce à une pilule magique. Puis elle se prépara un mélange de
céréales qu’elle arrosa de lait. Elle n’avait toujours pas réapprovisionnées ses
réserves de légumes et de fruits. C’était bien beau de se contraindre à ne plus
acheter de nourriture à emporter mais résultat : elle n’avait jamais rien de
frais à manger !
Ce genre de considérations domestiques envahissait son esprit, quand on sonna à
sa porte. Sara se demanda qui cela pouvait bien être. Personne ne sonnait jamais
à sa porte ! Elle regarda par le judas et reconnut la chevelure brune de l’agent
Reyes. Les pensées se bousculèrent dans sa tête. « Que fait-elle là ? Je ne suis
pas habillée. Comment a-t-elle eu mon adresse ? Est-ce que j’enfile un
survêtement ? Elle aurait pu prévenir ! » Alors que Sara restait incapable de
prendre une décision, Monica sonna une seconde fois de façon plus pressante : «
tant pis j’ouvre ».
- Heu… Bonjour…
- Bonjour Sara…
Le regard de Monica s’attarda presque imperceptiblement le long des jambes de la grande brune avant de revenir fixer son visage.
- Excusez moi de vous déranger chez vous. Mais… Il fallait que je vous parle.
- Heu… Entrez, je… Excusez-moi, je viens de me réveiller.
- Je suis vraiment désolée Sara. J’ai appelé et vous ne répondiez pas. A vrai
dire j’étais légèrement inquiète. Je… Je voulais vérifier que tout allait bien.
- Sur mon portable ?
- Pardon ?
- Vous avez appelé sur mon portable ?
- Oui, le numéro que vous nous avez laissé…
Sara se dirigea vers sa table basse et, faisant signe à Monica d’entrée, elle replia rapidement sa couverture pour que celle-ci puisse s’asseoir sur le canapé. Enfin, elle vérifia son téléphone portable.
- Plus de batteries ! Je suis désolée, cela ne m’arrive jamais mais j’ai apparemment oublié de le mettre en charge ce matin.
- Ce n’est pas grave, cela va me donner une chance de vous expliquez pourquoi
j’ai subtilisé les échantillons de sang ce matin, en face à face.
- Bonne idée ! J’attends effectivement une explication. Mais dites-moi, puisque
vous me surprenez… Au saut du lit, on pourrait peut-être laisser de coté les
formalités et se tutoyer ?
- Oui bien sur… Répondit Monica en se débarrassant de sa veste et d’une
serviette en cuir sur une chaise avant de revenir s’asseoir sur le canapé.
- Heu… Je ne veux pas v… t’empêcher de finir ton déjeuner Sara.
Monica indiqua du regard l’assiette de céréales et la tasse de café que Sara qui
était restée debout et qui semblait un peu perdue, avait abandonnée sur la table
basse.
- Je … Oui. Tu… Tu veux du café peut-être ?
- Oui, volontiers.
C’était très étrange, c’était très très étrange. Recevoir quelqu'un chez elle, au petit déjeuner, une quasi inconnue. Est-ce que ça lui était déjà arrivé ? Non, pas depuis la fac pensa-t-elle, en tout cas, pas à Las Vegas, pas dans cet appartement qui était devenu son cocon, son refuge personnel où même Hank n’avait jamais mis les pieds. Mais le plus étonnant, c’est qu’elle se sentait à l’aise avec Monica. Un sentiment nouveau pour Sara. Elle ne ressentait soudain plus aucune animosité à son égard.
La jolie brune avait définitivement un côté rassurant, sûre d’elle, à l’aise et
pourtant discrète, douce. Oui, tout en elle, ses gestes, son regard, sa façon de
parler, dégageait une forme de sérénité. Rapidement Sara oublia même de se
demander ce que l’agent du FBI faisait là. Elle trouvait l’expérience…
Intéressante. Elle n’était peut-être pas si associable que ça finalement. Il
restait encore de l’espoir !
Sara revint s’asseoir sur le canapé à côté de Monica avec une deuxième tasse de café et attrapa ses céréales. L’agent fédéral prit le temps de boire une gorgée du liquide odorant, fixa un instant Sara, puis commença à parler.
- Sara. Si j’ai dérobé tes échantillons et si je suis là maintenant, c’est que
je n'ai en ce moment qu'une chose en tête. Je veux protéger Dana. Parfois un peu
trop, c’est mon problème... Mais laisse moi t’expliquer. Certaines personnes au
FBI, dont nous avons commencé à te parler, sont capables de n’importe quoi pour
faire disparaître ce genre de preuves. Or nous en avons besoin, notamment pour
garder un moyen de pression sur eux. Et pour garder l’homme que nous
recherchons, celui qui était peut-être avec ta victime, en vie et peut-être lui
permettre un jour de sortir de la clandestinité. Et… J’ai peur que Scully n’ait
plus envie de se battre. Elle veut retrouver cet homme, c'est pour ça qu'elle
est là, mais en ce qui concerne le complot gouvernemental, elle a baissé les
bras, même si elle ne veut pas vraiment l’admettre. C’est mon rôle de l’aider à
continuer mais de surveiller ses arrières. Tu comprends ?
- Je crois…
- Quand tu retourneras aux bureaux du CSI, des fédéraux seront là, peut-être que des indices auront disparu, on vous demandera de passer à autre chose... Je m’excuse mais je devais nous prémunir contre cela et m’assurer que personne ne m’en empêcherait. Nous ne pouvons pas jouer à jeu ouvert avec eux, ce n'est pas possible, il nous faut préserver des atouts, tenter de garder en permanence une longueur d’avance.
- Je crois que je peux comprendre. Le fait que tu sois là est bien la preuve de ta bonne volonté. C'est un début...
- J’ai décidé ce matin qu’il valait mieux, après tout, que je tente de t’expliquer la situation, même si tout cela va sans doute te paraître assez difficile à admettre...
- Je vais faire un effort mais, au fait, et la recherche d’ADN ?
- Est-ce qu’on peut faire confiance à… Au garçon avec les cheveux en pétard ?
- Greg ? Oui, il ne donnera rien à personne, pas avant de m’avoir vue.
- Bon, tant mieux, Dana a vraiment besoin de savoir si l’homme que nous recherchons était là…
- Qui est cet homme mystérieux que vous recherchez ?
- L’ancien partenaire de Scully pendant plus de huit ans, l’ancien agent spécial Fox Mulder.
- Mulder… Ce nom me dit quelque chose…
- Tu t’intéresses aux OVNI ?
- Hein ? Non !
Monica sourit, la réaction de Sara était assez similaire à celle qu’elle aurait obtenue si elle lui avait demandé si elle regardait des films x. Monica avait l’habitude...
- Excuse moi, je demandais juste cela car la spécialité des agents Mulder et Scully au FBI était justement de s’occuper de toutes les affaires trop bizarres pour donner lieu à une enquête conventionnelle comme je te l'ai dit ce matin, et entre autre des affaires liées aux extra-terrestres... Tu serais surprise d'apprendre où cela les a amené d'ailleurs...
- Ha... Oh je crois que je me souviens, c'était une affaire de combustion spontanée, oui je crois que c’est ça. J'avais été étonné de voir que le FBI s'interressait à ce genre d'affaire, c'est pour ça que j'ai noté son nom... Je… Je me suis intéressée au problème… D’un point de vue strictement scientifique…
- C'est la spécialité de Dana, je veux dire, l’analyse scientifique… Je suis contente d’apprendre que la science n’a pas fait taire ta curiosité… Enfin bref… Mulder a fini par apprendre beaucoup trop de choses au cours de leurs enquêtes, des choses qu'il n'aurait pas dû apprendre. Il a dû disparaître dans la nature il y a deux ans… Pour Scully ça a été un coup dur. Elle est… Très attachée à l’agent Mulder. Intimement attachée.
- Oh…
- Oui… C’est pour cela que je devais te parler. Tu comprends bien que beaucoup de facteurs entrent en jeu dans cette affaire. Il fallait que tu comprennes notre contexte. Il est très important pour Scully que nous retrouvions Mulder et que nous soyons les seules à le retrouver car les autres sont toujours à sa recherche. Je ne pense pas qu’elle aimerait que je te raconte tout ça, mais je crois que c’est nécessaire, nous avons besoin d’alliés. Mulder, sa sécurité sont des paramètres primordiaux, essentiels même, à prendre en compte. Je sais que je n'ai pas une grande marge de manoeuvre. Je dois permettre à Dana de revoir Mulder rapidement, mais je dois y arriver sans compromettre la sécurité de ce dernier, sans permettre aux autres de le retrouver également.
- Je crois que je commence à comprendre certaines choses.
- Tant mieux parce que j’ai encore beaucoup d’éléments à t’expliquer…
- Le sang…
- Oui le sang…
Monica commença à expliquer les expériences qui avait transformé des êtres
humains en machines à tuer indestructibles, l’étendue du complot, la quête de
Mulder et Scully que elle et John Dogget avait continuée. Confortablement assise
dans son canapé, Sara écoutait bouche bée comme s’il s’agissait d’une histoire,
d’un résumé du dernier film de l’été. Elle avait décidé de faire taire son sens
critique pour l’instant et d’enregistrer, comme lorsqu’elle écoutait un témoin.
Elle n’avait aucune preuve, elle ne voulait pas préjuger avant d’avoir entendu
les faits.
***
Dans un hôtel bien plus luxueux que les motels auxquels elle était habituée - un
des avantages de Las Vegas - Scully se réveillait lentement. Elle n’avait pas
encore envie de sortir complètement de sa torpeur. Elle avait bien dormi, il
était presque 16h mais de plus en plus fréquemment, depuis quelques temps, elle
se retrouvait envahie par une sorte de léthargie qui lui laissait croire qu’elle
était perpétuellement fatiguée même quand elle n’avait aucune raison de l’être.
Elle se souvenait vaguement d'avoir rêvé qu’elle se baignait nue dans la mer, un
rêve agréable, confortable, qu’elle ne voulait pas encore tout à fait quitter.
Cependant il fallait se lever, aller se battre contre le monde entier, trouver Mulder, le protéger. Oui c’était bien là, la seule chose qui la forçait à continuer, Fox. Si seulement elle pouvait le voir, ne serait-ce que pour quelques heures. Avant qu’il ne reparte et que la course continue. Pourtant quelque chose n’était plus comme avant, ou plutôt, elle sentait qu’il y avait là, dans cette sensation imprécise, quelque chose qui lui faisait peur. En fait, elle ne voulait même pas se demander ce qui pouvait avoir changé. Cependant elle était suffisamment lucide pour se dire que sa peur signifiait quelque chose, qu'elle résonnait comme un avertissement. Quelque chose n'était plus comme avant.
Cela faisait presque dix ans qu’elle connaissait Mulder maintenant et qu’avaient-ils construit ? Où en étaient-ils ? Elle l’aimait, il était l’homme le plus important de son existence et elle aurait donné sa vie pour lui. Elle avait déjà donné sa vie pour lui, oublié tout le reste. Mais où cela la menait-elle ? Que lui restait-il ? Qu’avait elle aujourd’hui pour la soutenir, sentir qu’elle allait quelque part ? Il fallait qu’elle le voie, elle ne savait peut-être plus bien pourquoi mais elle devait lui parler. Scully n’était pas sûre de pouvoir partager avec lui ses doutes, Mulder restait Mulder, mais elle ressentait l’urgent besoin de se confronter à sa présence, de le sentir près d’elle et de voir ce qu’elle ressentirait. Est-ce qu'elle avait vraiment besoin d'un test pour comprendre ? Elle n'en était pas sure mais elle ne se faisait plus confiance.
Elle appela la chambre de Monica et tomba sur le standard qui lui apprit que Mlle Reyes avait laissé un message pour elle : « Je suis avec Sara. Appelle moi. » Avec Sara ? Tiens… Pensa Scully. Et elle décida de s’accorder encore une heure pour profiter de l’immense salle de bain. Elle voulait de nouveau sentir son corps flotter.
***
- …et ils sont indestructibles, la technologie qui a été intégrée à leur
organisme leur permet de s’auto réparer, de résister aux balles, de respirer
sous l’eau et de continuer à fonctionner même si on mutile leur corps ?
Demandait Sara incertaine encore de ce qu’elle en pensait.
- Oui. Tu as pu constater que leur sang et leur ADN présentent des anomalies...
- Et ils sont au service d’une organisation qui veut prendre le contrôle de notre planète et qui a infiltré toutes les agences fédérales, la NSA, le FBI, la CIA, les ministères de la défense et de la justice ?
- C’est ce que nous pensons.
- Bref, finit par dire Sara après avoir pris quelques secondes pour contempler les faits qui venaient de lui être exposés. Ce sont des Terminators !
- Ils ne viennent probablement pas du futur. Répondit Monica en souriant
- Vous en êtes sûres ?
- Sara !
- Pardon Monica, je crois que tu es sincère, il y a une certaine cohérence dans ce que tu me racontes d'ailleurs, mais il va me falloir du temps pour enregistrer tous ces éléments. C’est un peu… Heu… Assez incroyable.
- Oui, je comprends Sara. J’ai appris à respecter le doute tu sais. Souvent les gens qui contestent tout ce que je tiens désormais pour acquis m’aident à y voir plus clair. Je ne te demande que de croire à une chose : nous nous battons contre un ennemi bien plus fort que nous et aucune précaution n’est superflue… Nous devons absolument nous organiser pour poursuivre cette enquête de façon indépendante, c'est ce que Dana, mon collègue et moi faisons depuis un an...
Sara regarda un instant l’agent du FBI. Elle avait enlevé ses chaussures et tenait ses jambes repliées sous elle, son regard fixait le mur en face, elle avait réellement l’air inquiète et en même temps sûre de la mission qu'elle avait à accomplir, résolue. Sara pouvait aisément sentir la détermination qui, malgré ses doutes, continuait de la guider.
- Tu as peur pour Scully ? Demanda Sara.
- Si Dana perd Mulder, après tout ce qu’elle a dû subir, je ne sais pas ce qui pourrait encore la retenir dans ce monde…
- Tu es là pour l’aider, non ? Comme tu l'as dit, tu protèges ses arrières. Tu as l’air de savoir où tu vas…
- J'ai peur que ce ne soit pas suffisant… Parfois, je me demande où tout cela va nous conduire, si ça en vaut la peine... Mais oui, il faut que je continue, pour elle...
Monica s’était rapprochée de Sara en se rasseyant plus profondément dans le
canapé et tourna la tête. Elle la fixa et quelque chose dans le regard de la
grande brune assise à coté d’elle lui dit qu’elle comprenait et cependant, se
dit-elle, Sara appartenait à un tout autre monde… Oui, et pourtant Sara avait
saisi quelque chose dans ce qu'elle venait de lui confier, elle en était sure...
Monica fut interrompue dans ses pensées par la sonnette de la porte d’entrée.
Sara fut, elle, soudainement tirée d’une rêverie où l’avait plongé la voix de l’agent Reyes et la profondeur de son regard sombre. Après un moment d'égarement, elle était en train de constater que Monica se trouvait très proche d’elle, physiquement, et que s’il s’était agi de n’importe qui d’autre, elle aurait immédiatement fui devant cette invasion de son espace personnel. La sonnette retentit au milieu de ces pensées comme un rappel à l’ordre. Un léger vent de panique se leva dans son esprit.
Encore quelqu'un d’autre chez elle ? Décidément ses habitudes commençaient à être sacrément bouleversées ! Cette fois Sara ne se demanda même pas si elle avait besoin de se changer… Et le regretta dès qu’elle vit qui se tenait derrière la porte dans un pantalon et une veste en lin beige qui ne présentaient aucun pli, impeccablement coiffée et maquillée...
- Catherine !
- Bonjour Sara ! Je suis désolée, j’ai essayé de t’appeler mais…
- Mon téléphone n’a plus de batterie…
Catherine enregistra la tenue de sa collègue, le short - ou… Etait-ce un caleçon ? - bleu marine et le t-shirt blanc. Blanc ? Puis elle se rappela que Sara attendait qu’elle entre et, alors qu’elle faisait quelque pas dans le salon-cuisine, remarqua la présence de l’agent Reyes, confortablement installée sur le canapé, pieds nus, une tasse de café à la main. Elle nota ce qui semblait être les restes d’un déjeuner sur la table basse. Quelqu'un chez Sara ? Au réveil ? Jamais Catherine ne se serait attendu à cela.
- Oh je te dérange peut-être ? Dit-elle.
Catherine se sentit contrariée, elle avait espéré avoir enfin l’occasion de discuter avec Sara, de s’excuser pour les événements de la matinée et d’essayer de mieux comprendre ce qui se passait dans la tête de la grande brune en ce moment. Elle n’avait pas réfléchi, juste suivi son instinct qui lui commandait de ne pas agir comme d’habitude en ignorant les sautes d’humeur de sa collègue. Elle avait bien réussi au fil des années à comprendre Grissom, pourquoi ne comprendrait-elle pas Sara ? Catherine, en général, n’aimait pas sentir que les gens lui échappaient. Or, ces derniers temps, elle se posait de plus en plus de questions à propos de Sara dont elle voulait connaître les réponses. Elle avait décidé qu'il était temps de découvrir qui était Sara Sidle et comment elle fonctionnait. Elle aurait peut-être mieux fait de s’abstenir, se dit-elle, blâmant encore une fois son impulsivité.
Sara elle, sentait bien qu’elle était en train de devenir rouge écarlate. Bon sang ! Mais elle n’avait pas de compte à rendre à Catherine sur ce qu’elle faisait en dehors des heures de bureau ! Seulement cette arrivée soudaine de la blonde dans son intimité l’avait totalement déstabilisée. Et c’était peu dire car Sara sentait monter la panique de seconde en seconde. Elle se demandait cependant pourquoi Catherine avait l’air aussi gêné de voir Monica dans son appartement. Elle se rappela sa tenue… Son regard s’attarda sur les restes du déjeuner puis sur Monica… Oh… C'était amusant... Non ! Ce n'était pas amusant du tout ! Un quart de seconde Sara se demanda si elle avait encore le temps de s’enfuir dans sa chambre mais décida finalement de rester et de faire comme si de rien n’était. Elle pouvait le faire.
- Non, non, pas du tout Catherine, entre. Tu ne dérange pas du tout, en fait tu tombes plutôt bien…
Sara se félicita mentalement d’avoir trouvé cette dernière réplique.
- L’agent Reyes est venu rendre les éléments de l’enquête qu’elle a subtilisés ? Demanda Catherine abruptement, visiblement pas décidée à lui faciliter la tâche.
- Je… Essaya Monica avant d’être interrompue par Sara.
- Catherine. Assied toi !!! Lança soudain Sara. S’il te plait…
Elle essaya par cette dernière formule de politesse de compenser le ton
autoritaire que sa voix avait soudain pris en tombant dans les graves, et
reprit.
- Toute cette affaire dépasse très largement le cadre du CSI. Je t’en prie,
oublie juste un instant que tu travailles pour la police scientifique de Las
Vegas et écoute ce que l’agent Reyes a à te dire. S’il te plait Catherine.
Wow ! Sara avait l’air sacrément sérieuse ! Décidément quelque chose avait
changé... Catherine ne trouva pas la force de résister au regard que la grande
brune lui lançait et s’assit. Après tout, c’était vrai qu’elle ne savait
absolument pas de quoi il s’agissait, à part cette histoire de victime qui
disparaît et de complot au sein du FBI. Peut-être était-il temps de prouver
qu’elle pouvait aussi écouter.
- Ok. Agent Reyes, je vous écoute.
Monica, qui avait suivi d’abord étonnée, puis légèrement amusée, l’échange entre les deux CSI, plongea son regard dans celui de la blonde qui venait de la rejoindre sur le canapé. Elle se dit que Catherine avait un beau visage avec des traits fins et délicatement dessinés. Puis se prépara à recommencer ses explications.
- Heu… Comme j’ai déjà entendu l’histoire, je vais vous laisser et aller
m’habiller, s’empressa d’ajouter Sara satisfaite de s’être aussi rapidement
trouvée une bonne raison de s’éclipser.
Catherine lui sourit, la regarda partir, et se tourna de nouveau vers Monica qui
avait croisé les bras et semblait se concentrer.
- Est ce que vous avez déjà entendu parler du bureau des affaires non-classées... Commença la brune.
Une fois dans sa chambre, Sara laissa retomber ses épaules et expira violemment
trois ou quatre fois, essayant de faire disparaître la tension qui s’était
emparée de tout son corps. Elle se demanda ce qui lui avait pris de parler sur
ce ton à Catherine et mit rapidement cela sur le compte de cette mauvaise humeur
à laquelle elle commençait à s’habituer. "Etrange" pensa-t-elle "il me semblait
qu’elle avait disparu pendant que je parlais à Monica... N’essaye pas de te
comprendre toi-même Sara, tu n’y arriveras pas !" conclut-elle, presque
inconsciente de sa mauvaise foi.
***
Dans la salle de bain de luxe d’un hotel-casino de las Vegas, l’agent spécial
Dana Scully ne voulait, cette fois, pas sortir de l’eau mousseuse, chaude et
parfumée où elle laissait son corps flotter depuis une bonne demi-heure. "Je
n’ai plus le temps de profiter des petits plaisirs simples de la vie"
pensait-elle "je ne veux pas laisser mon existence filer comme ça. Je ne suis
pas ce genre de personne. Je connais trop l’importance de chaque instant quand
la mort peut débarquer à chaque minute... Je ne veux pas continuer à courir..."
Elle se rappelait l’email de Mulder qui lui laissait entendre qu’il était dans le Nevada. Qu’il lui ait donné cette indication était le signe, avait-elle pensé, qu’il voulait la voir. Et puis l’annonce de la présence d’un super soldat avait réveillé la base de données. Heureusement pour eux, au FBI l'assistant directeur Skinner avait intercepté l’information. Comme par hasard le super soldat était signalé dans le Nevada. Et pourtant l'email de Mulder lui avait semblé confirmer autre chose : son éloignement. Cela avait d’abord été imperceptible mais cela faisait maintenant deux ans que Mulder était en cavale. Et un an s'était écoulé depuis la mort de l’homme à la cigarette, ce jour où il leur avait prédis la date de la fin du monde tel que nous le connaissons, le 22 décembre 2012. Dix mois depuis ces deux semaines qu'elle et Fox s’étaient autorisés à vivre ensemble avant de comprendre que rien n’avait changé et que Mulder devait à nouveau partir. Et, peu à peu depuis, elle l’avait senti s’éloigner. Elle ne savait plus lire entre les lignes de ses emails, comprendre ce qu’il ressentait. Est-ce qu'elle aussi s'était éloignée ?
Et s’ils avaient réussi à l’éloigner de Mulder, sa deuxième moitié, son complément, celui sans qui peut-être elle ne pourrait pas continuer, alors ils avaient sans doute gagné une de leurs plus importantes batailles. Elle ne pouvait pas continuer seule, elle n'en avait plus la force. Une à une elle voyait s'effriter les certitudes qui l'avait amenée jusque là. Mulder lui avait appris le doute, à remettre en question ce qu'elle prennait jusque là pour acquis, il lui avait démontré que la science n'apportait pas toutes les réponses mais que lui avait-il donné en échange ? Il ne lui restait plus rien. Elle avait bien essayé de se raccrocher à sa foi religieuse mais même cela avait un goût amère depuis qu'elle avait été obligée d'abandonner son fils.
Et pourtant, elle était là, et peut-être qu’elle n’était pas seule… Il y avait quelqu'un qui était toujours présent pour elle, qui ne demandait jamais rien en retour, qui comprenait sans explications. Quelqu’un qui savait, qui lui avait déjà sauvé la vie et qui, elle en était certaine, pourrait le refaire sans aucune hésitation. Quelqu'un qui avait su discrètement gagner sa confiance au fil des mois et qui la connaissait maintenant peut-être mieux que n'importe qui. Quelqun dont le regard lui offrait toujours le soutient dont elle avait besoin... Scully décida qu’il était temps de sortir de son bain et d’appeler Monica.
***
Sara revint dans la pièce principale de son appartement vêtue d’un jean bleu
foncé et d’un t-shirt à manches longues bordeaux avec un col en V. Elle se
demandait avec curiosité quelle serait la réaction de Catherine face à ce
qu’était en train de lui apprendre Monica.
- Il y a donc bien un moyen de les détruire avec cet oxyde de fer qui réagit
avec leur organisme ?
C'était la voix de Catherine, apparemment impliquée dans la discussion.
- Oui, précisa Monica, ce qui veut aussi dire que nous disposons d’endroits où
ils ne peuvent pas venir se promener. Certaines mines de fer par exemple.
- Ce qui ne doit pas manquer dans les montagnes qui entourent Las Vegas...
- Effectivement. Je n’y avais pas encore pensé.
Elle aurait dû s’en douter. Catherine et son coté pratique : qui est l’ennemi ?
Comment je le détruis ? Sara sourit. On pourrait sans doute compter sur
Catherine finalement. A partir du moment où elle avait identifié le mal,
Catherine était implacable, ça, Sara le savait. Par ailleurs... Son ensemble en
lin, pantalon large, veste courte par-dessus un débardeur noir, lui allait très
bien, remarqua Sara. Elle vit que sa collègue avait enregistré son retour.
Catherine lui sourit un instant en la regardant, avant de se retourner vers
Monica, visiblement passionnée par tout ce qu’elle apprenait.
- Mais, ce sont réellement des robots ? Demanda t-elle, les yeux éclairés par la
curiosité, sa main triturant distraitement une mèche de ses cheveux blonds.
- Pas vrai… Commença Reyes
- Des Terminators ! S’exclama Sara en s’asseyant en tailleur sur le tapis, à la droite de Monica.
- Hein ?!? Demanda Catherine, tournant la tête vers Sara, les sourcils froncés, alors que la main dans ses cheveux s'immobilisait.
- Pas vraiment… Essaya de faire entendre Monica.
- Mais ils ne viennent pas du futur… Ajouta Sara, essayant de feindre un air sérieux et concerné.
- Sara !!! S’exclamèrent en même temps ses deux interlocutrices.
- Bon, bon… Dit la grande brune en levant ses deux mains en signe de reddition.
- Ce sont des organismes bio-mécaniques. Expliqua Monica. Des humains dont la physiologie a été améliorée à l'aide de nano-robots. Nous savons qu’il y en a sept générations : les plus récents sont manipulés au stade de l’embryon et implantés dans des mères porteuses... Ils naissent et commencent leur vie normalement puis développent leurs facultés exceptionnelles au fur et à mesure.
- Et nous savons à quel genre de super robot nous avons affaire ici ? Demanda Sara redevenue sérieuse.
- Ce ne sont pas vraiment des robots Sara… J’ai reçu tout à l’heure un coup de fil de mon collègue John Dogget. Nous pensons avoir identifié Shannon McMahon, un des deux premiers organismes bio-mécaniques créés il y a quinze ans, mais nous ne pouvons pas en être sûrs, leur ADN dépasse les capacités de nos machines.
- Grande, brune, entre 30 et 40 ans, 1m80, musclée, les yeux bleus ? Demanda Sara.
- Cela correspond effectivement, répondit Monica, vous n’avez pas de photos, je... Je la connais ?
- Elle a détruit toutes les pellicules avant de s’enfuir. Vraiment, vous l'avez déjà rencontrée ?
- Oui… Nous ne savons pas exactement de quel côté elle se bat. La dernière fois que je l’ai vue, elle prétendait se battre contre le programme qui l'a crée mais elle nous a aussi menti en ne nous révélant pas qu’elle travaillait à l'époque pour le ministère de la justice... Nous croyions qu'elle était morte mais vous l'avez compris, avec ces supers soldats, cette notion est relative...
- Et dans le doute, nous devons nous méfier d'elle, ajouta Sara
- Exactement...
Le téléphone de l’agent Reyes se mit à sonner. Elle se leva pour le récupérer
dans sa veste et s’éloigna dans un coin de la pièce. Sara se tourna vers
Catherine qui se trouvait être en train de l'observer.
- Tu y crois ? Demanda-t-elle à la blonde.
- Je ne sais pas, et toi Sara ?
- Je ne sais pas.
Les deux femmes se sourirent. Cela les réconforta de reconnaître leurs propres
hésitations dans le regard de l'autre. Un rapide rappel sous-entendu du fait
qu'elles étaient collègues, qu'elles travaillaient ensemble, malgré leur
difficulté à communiquer.
- Pourtant Reyes a l’air convaincante non ? Ajouta Sara
- Oui, c'est sûr mais quand même… Dit Catherine en chuchotant et en se penchant vers Sara.
- Oui… Je sais… Répondit Sara dont le regard se perdit du coté de Monica.
- De toute façon, il y a bien eu crime, peut-être même une personne disparue. Cette affaire n’est pas close et c’est la nôtre. On verra bien… Ajouta la blonde en se rasseyant.
- Tout à fait… Et j’aime bien Monica…
- Oui, ça j’avais remarqué Sara !
Il était inutile pour Sara d’essayer de contrôler le changement de couleur de
son visage qui n’allait pas tarder à être complet. Catherine la fixait, un large
sourire ironique affiché sur son visage.
- Remarqué quoi ?
C’était Monica, qui passa devant Sara pour retourner s’asseoir dans le canapé.
La grande brune baissa la tête pour dissimuler son nouveau teint rouge écarlate
mais s’empressa de dire, alors que le sourire de Catherine qui continuait de
l’observer du fond du canapé ne semblait pas vouloir quitter son visage :
- Rien, rien… C’était l’agent Scully ?
- Oui. Elle me rappelait de vous donner les analyses ADN de l’agent Mulder pour que vous puissiez comparer. Elle va venir nous rejoindre.
- Mais Catherine et moi allons devoir partir travailler dans une demi-heure... Essaya de faire valoir Sara.
Jamais de sa vie Sara Sidle n’était arrivée en retard au travail et surtout,
elle commençait à paniquer de nouveau en évoquant la possibilité de voir encore
une autre personne débarquer dans son appartement. Elle ne se sentait soudain
plus très à l’aise. Elle avait envie de bouger de là, de partir.
- Si elle n’est pas arrivée quand vous partirez, je la rappellerai.
- Bien, si tout n’a pas encore disparu, Catherine et moi allons analyser le reste de ce qui a été ramassé sur la scène de crime, d’accord Catherine ?
La sonnette de la porte d’entrée empêcha la blonde de répondre. Sara sursauta.
- Encore ?!? Cria-t-elle, un brin d’affolement se faisant entendre dans sa voix.
L’agent Scully a-t-elle des pouvoirs de téléportation dont tu ne nous as pas
parlé Monica ?
- Heu… Pas à ma connaissance, répondit Reyes
Sara se leva et se dirigea vers sa porte blindée. Elle regarda par le judas mais
ne vit qu’une tête recouverte d’une casquette noire et d’une capuche de
survêtement. Elle engagea la chaîne de sécurité et entrouvrit la porte. Elle se
retrouva face à deux yeux bleu acier qui appartenaient à une femme d’une
certaine stature qui, elle le sut immédiatement, correspondait à la description
de la victime disparue. Sara sentit son corps se figer.
- Sara Sidle ? Demanda l’étrangère.
- Heu… Si je vous réponds vous allez me tirer dessus ? Je ne suis pas la mère du futur héros de la résistance, vous cherchez une autre Sara !
Dans le couloir, la grande brune qu’on ne pouvait décrire que comme magnifique
et imposante releva un de ses sourcils. Elle n'avait pas l'air du tout de
vouloir plaisanter, elle avait même plutôt l’air de penser que Sara avait commis
une erreur fatale en ne répondant pas directement à sa question, mais
finalement, elle parut avoir pris en considération la réponse de Sara et sourit.
- Je ne suis pas un Terminator.
- Hum…
- Je cherche les agents Reyes et Scully.
- Hum ???
- Je pense qu’elles me cherchent aussi, j’ai besoin de leur aide et elles ont besoin de la mienne.
Monica s’était approchée de la porte. Catherine la suivait de près, la main sur
son étui à pistolet dont elle avait ouvert la sécurité. Après avoir jeté un coup
d’œil à l’étrangère, Monica parla.
- Si elle le voulait, je crois qu’elle aurait déjà pu défoncer la porte, Sara.
Laisse la entrer. Catherine, sortez donc votre pistolet, cela les arrête parfois
tout de même un certain temps.
Sara ferma la porte, enleva la chaîne, rouvrit et se recula pour laisser entrer
Shannon McMahon...