Avertissements divers : Les personnages de Sara Sidle et Catherine Willows tirés de CSI (les experts) n’appartiennent plus ni à CBS ni à Alliance Atlantis, elles sont à moi. Jorja Fox et Marg Helgenberger sont tout à fait d’accord avec ce que j’en ai fait. Essayez de me faire un procès, je plaiderai la maladie mentale et quelque chose me dit que je pourrais gagner...

Cette histoire se déroule pendant le douzième épisode de la troisième saison de CSI. Selon les classifications que j’ai pu observer sur le net, il s’agit d’une « first time story » entre Sara et Catherine contenant une scène sans vêtements. Pour plus de sécurité je la classerait : déconseillée aux moins de 16 ans ou PG-17 selon le pays où vous habitez. Cette histoire se continue dans : Conséquences....

Ecrivez-moi un petit mot quand vous aurez fini, je suis un être humain, j'adore savoir ce que vous pensez … mlleparker@yahoo.fr

 

(Cette histoire je le rappelle est la propriété de Juliette ! Vous ne pouvez pas utiliser cette FF sans sont accord !)

Free like the river
Flowing freely through infinity
Free to be sure of
What I am and who I need not be
Free from all worries...

               Stevie Wonder - Free

Simple et compliquer

De Juliette

 

Bon. Nous étions dans nos bureaux et j’étais en train de manger une pomme assise à côté d’elle qui se renseignait sur les grossesses imaginaires. Assurément, la jeune fille dont nous nous occupions avait beaucoup d’imagination. Pendant toutes ces années où sa mère avait disparu, elle s’était imaginée que son père était amoureux d’elle et cela avait suffit à déclencher en elle tous les signes extérieurs d’une grossesse : un ventre rebondi, la lactation… Un cas plutôt étrange mais nous en avions vu d’autres. Cependant, Catherine avait l’air réellement passionné par ce qu’elle lisait. Je dois avouer que pour ma part, j’avais juste sauté sur cette bonne excuse pour venir près d’elle et faire semblant de lire par-dessus son épaule. Une bonne occasion de rester là à côté d’elle à l’écouter pendant qu’elle parlait d’hormones de lactation et de poitrine…

Rester près d’elle n’était plus la torture que ça avait été. Nos rapports étaient…Normaux, maintenant. Rien à voir avec ce que je ressentais au début quand ma tête se mettait à dérailler et que mon corps lui emboîtait fidèlement le pas à chaque fois que je croisais son regard. Elle m’intimidait toujours un petit peu, c’était tout de même de Catherine Willows dont il était question, mais dans l’ensemble je ne m’en tirais pas trop mal, j’étais devenue capable de me comporter normalement en sa présence, de contrôler mes hormones. Etant donné l’importance du mot contrôle dans ma vie, j’admets que j’étais plutôt fière du résultat.


- C’est assez incroyable ce que nos hormones peuvent faire de nous, non ?


- Hein ? Haa…Oui…Effectivement.

Catherine était-elle télépathe ? Un écran quelque part affichait-il toutes mes pensées en simultané sans que j’en aie été avertie ? Et vlan ! Je me retrouvais rouge écarlate, plus question de parler de comportement normal maintenant, n’est-ce pas Sara ? Mais Catherine était de retour dans son bouquin comme si elle ne s’en était pas aperçue. Décidément cette histoire de grossesse hystérique la passionnait vraiment ! Je décidai de tenter de me cacher derrière ma pomme, nous étions de la même couleur, peut-être est-ce que je pouvais tenter le coup… Elle était extrêmement belle, Catherine, pas la pomme…Elle s’était récemment fait friser les cheveux et cela lui allait parfaitement, les boucles blondes adoucissaient ses traits et puis… Il était dur de ne pas remarquer le décolleter de son chemisier bleu pâle assorti a ses yeux … Wow… Il valait mieux que je tente de me concentrer sur la couleur exacte du fruit qui était dans ma main…

- Je peux mordre dedans ?

- Quoi !

- Heu… Ta pomme Sara… Ce que tu as dans la main. Cela fait une heure que tu la regardes et tu n’y as pas touché ! Tu es ailleurs ?

- Non, non, je… J’étais en train de penser à notre affaire… Tiens…


Peut-être que j’avais réussi à la convaincre de ma sincérité, j’ajoutai mon sourire le plus innocent et lui tendis la pomme, mais, à ma grande stupéfaction, au lieu d’attraper le fruit elle se contenta de se baisser pour mordre dedans attrapant ma main par la même occasion. Puis, alors qu’elle avait presque fini d’attraper sa bouchée, je la vis lever les yeux et refermer lentement ses dents dans le fruit avant de se relever. Je pense qu’elle a dû remarquer que j’avais la bouche grande ouverte… Mais une fois encore, deux secondes plus tard, elle se comportait à nouveau comme si rien de tout ça n’était arrivé. Elle regardait l’heure sur sa montre ! A quoi donc est-ce qu’elle était en train de jouer ? Est-ce que mon esprit avait tout imaginé poussant mes hormones à bâtir une illusion ? Une chose était sûre : elle était incroyablement sexy et mon sang ne devait pas être bien loin de sa température d’ébullition. Sara Sidle ne contrôlait plus du tout ses hormones, ne contrôlait plus grand-chose d’ailleurs…


***


Oh mon dieu, c’était trop drôle. Elle était tellement adorable ! Ca m’avait pris un certain temps pour comprendre qu’elle était amoureuse de moi. Je n’avais pas la tête à ça avec mon divorce, ma fille, le boulot. Je n’avais jamais vraiment pris le temps de comprendre quel genre de personne elle était. Sara était une collègue de travail voilà tout. C’était une période de ma vie où je préférais aller au plus facile : les amants de passage.


Mais quand j’ai commencé à m’en rendre compte et à examiner ça de plus près, toutes les preuves étaient là en évidence, justes devant moi. Ca m’avait un peu surpris mais j’avais immédiatement trouvé cela totalement adorable, parfaitement désarmant. Le charme de Sara agit comme ça, vous ouvrez les yeux un jour et vous vous rendez compte que vous êtes devenu accro sans le savoir. J’aimais de plus en plus ses grandes jambes, son sourire maladroit, son regard qui vous déshabille en une seconde. Cela faisait quelques mois que je tentais de le lui faire comprendre mais le super cerveau de Sara met parfois du temps à enregistrer certaines choses. Etrange pour quelqu'un dont le métier consiste à poursuivre le moindre indice mais les relations humaines n’ont jamais été son point fort.

Donc, quand elle m’a tendu cette pomme avec un geste un peu gauche, le bras tendu comme si elle tenait bien à signaler qu’elle gardait ses distances, quand j’ai vu son demi-sourire à la fois timide et provocateur, je ne sais pas bien ce qui m’est passé par la tête mais je n’ai pas pu me retenir. Enfin si je sais exactement ce qui m’est passé par la tête.


- Hum…délicieux, ai-je dit, en faisant doucement passer ma langue sur ma lèvre supérieure


Et j’ai tourné la tête sans pour autant oublier de noter son air hébété. Elle fronçait les sourcils et je crois bien qu’une fraction de seconde j’ai vu passer comme un doute dans ses yeux. Elle commençait peut-être enfin à comprendre où je voulais en venir. Je pense que j’avais été assez claire cette fois. Mais le jeu n’était pas fini. Je refermai mon livre.


- Je meurs de faim Sara, si on allait déjeuner ?



 

***


- Bonne idée, j’ai comme l’impression qu’une pomme ne va pas me suffire aujourd’hui…


Je la fixais dans l’attente d’un signe qui ne tarda pas à venir sous la forme d’un coup d’œil et d’un petit rire. Cette fois, c’est elle qui regarda ailleurs. Elle se retourna pour se lever. A regret, je jetais ma pomme dans la corbeille n’ayant pas trouvé une raison suffisante pour la conserver en tant que preuve et lui emboîtais le pas. Pendant que nous parcourions les couloirs du bureau, je réussis à ne pas trop observer son anatomie, me rappelant la présence des vitres et des reflets un peu partout. Je réussis cependant à apercevoir un reflet de son visage, elle souriait très largement… D’accord… Si tu veux jouer Catherine, on va jouer…


Alors que nous arrivions devant les portes de l’ascenseur je tendis le bras pour appuyer sur le bouton posant négligemment ma main sur son épaule, juste une seconde, enfin, juste un peu plus d’une seconde. Elle fixait très attentivement la porte en aluminium. C’était plutôt un bon signe, non ?


Mais mon brusque excès de courage se dissipa très rapidement quand nous nous retrouvâmes seules dans la cabine de l’ascenseur. Hé ! Il ne faut pas en demander trop à une fille qui vient juste d’arrêter de réprimer tous ses sentiments il y a cinq minutes, non plus ! Peut-être que je voulais prendre mon temps, c’est tout ! Ou peut-être bien que j’étais totalement stupide, je ne perdais pas cette solution de vue non plus. Enfin, bon, bref, elle était bien trop près de moi, elle sentait bien trop bon, la température grimpait à un taux assez affolant et mon ventre m’envoyait de drôles de signaux. Je crois que j’avais un petit peu présumé de mes forces, ce que je ressentais vraiment pour Catherine n’était peut-être pas enterré si loin finalement. Je n’étais peut-être pas en état de jouer à ça.


- Alors on fait quoi ?

- Par…don ?

- On va à l’Italien ou chez le chinois ?

Mais où est-ce qu’elle trouvait ses répliques ? Et moi ? Etais-je proche de la mort cérébrale ?


- Je crois que ce sera une salade pour moi.


- Ha oui ? Vraiment ?


Se moquait-elle de moi par hasard ?


- Oui ! Vraiment ! J’ai trié les ordures qu’on a ramassé autour du corps toute la matinée, tu te souviens ? J’ai envie de quelque chose de frais et léger !


Je savais bien qu’il n’y avait pas vraiment de quoi s’énerver mais je ne pouvais plus faire grand-chose contre le malaise qui m’envahissait peu à peu, contre cette envie de m’envoyer une bonne claque histoire de me remettre les idées en place. Hey Sara ! C’est Catherine, pas de panique, ne va pas te mettre Martel en tête, elle veut juste s’amuser un peu, tu as perdu ton sens de l’humour ou quoi ? Oui !

- D’accord, d’accord, s’empressa d’ajouter Catherine pour me calmer, je n’ai rien contre un peu de fraîcheur et de légèreté !

En passant, sa main caressa légèrement la mienne mais les portes de l’ascenseur s’étaient déjà ouvertes et elle s’élançait vers la sortie. Je n’étais pas vraiment calmée.

- Je crois que je m’en suis rendu compte, marmonnais-je.

Il était plus que temps que je me ressaisisse sinon j’allais me retrouver sur les genoux avant la fin du déjeuner. Oh non, mon imagination n’avait vraiment pas besoin de cette image là maintenant. Bon sang Sara, ressaisis-toi !


***


Ma parole mais c’était trop facile ! J’avais bien cru que les jeux étaient faits quand nous attendions devant l’ascenseur, je me voyais bien projetée contre la paroi de la cabine... C’était agréable de sentir mon corps réagir au contact de sa main, de sentir physiquement la réalité de mon désir mais non, quelques instants plus tard elle était dans son coin, les bras croisés, soudain très intéressée par le bout de ses bottes. Heureusement pour moi il n’était pas bien difficile de comprendre ce qu’il se passait. Ma grande brune souffrait d’un soudain excès de timidité. Il fallait s’y attendre. Sara n’était pas précisément la personne la plus ouverte que je connaissais. Elle ne s’était pas seulement enfermée dans une tour, elle avait construit un château fort autour, sur une île, quelque part dans un coin perdu de l’univers…Cependant, de mon côté, je dois admettre que je sentais poindre un brin de frustration. La patience n’est pas une de mes qualités surtout pas quand j’ai envie de quelque chose, ou de quelqu'un. Je n’avais donc aucunement l’intention d’en rester là. Et…jeu, set et matche Willows ! Je n’avais pas besoin de me retourner pour savoir qu’elle devait probablement avoir les yeux fixés sur moi, scotchée dans l’ascenseur où je l’abandonnais à sa méditation. Je me demandais combien de temps elle allait pouvoir tenir. Même une cocotte minute peut exploser si vous bloquez la soupape de sécurité.


***


Bon sang ! Au moins c’était moi qui conduisais la voiture ! Elle m’avait laissé cet honneur avec un « c’est toi qui conduis… » qui aurait tout aussi bien pu vouloir dire « tu n’as plus qu’à choisir le lieu Sara… ». Mais pour l’instant j’utilisais tout mon pouvoir de concentration pour oublier cette phrase, son regard, son sourire.


Où voulait-elle en venir ? Une part de mon être n’arrivait toujours pas à croire que Catherine était en train de flirter avec moi. Elle jouait avec moi c’était tout. Je ne pouvais pas encore me laisser aller à croire qu’il s’agissait d’autre chose, je n’étais pas prête, tout allait trop vite. Dans mon monde à moi j’étais désespérément amoureuse de Catherine mais elle ne ressentait rien de tel pour moi, ce n’était pas envisageable. Je ne sais pas bien ce qu’il me fallait de plus… Mais ma vie était sensée rester simple et sans complications et je devais en garder la maîtrise. Pour le moment je ressemblais plus à un lapin pris dans les phares d’une voiture qu’à un maître zen mais peut-être que si je ne regardais que la route, si je respirais par la bouche… 2 x 99 =198, 2 x 198 = 396…


- Tu ne sens pas du tout comme si tu avais trifouillé dans les ordures toute la matinée, on dirait…Une odeur de pomme verte…


- J’ai pris une douche.


- On en a une au bureau ?


- En bas, à côté de la morgue. C’est le genre de chose qu’on apprend quand on prend l’habitude de rester plus d’un jour d’affilée au travail.


- Ha c’est ça ton secret !


- Mon secret ?


- Ton truc pour rester toujours aussi…heu… Fraîche, même quand tu passes 48 h derrière ton microscope.


- Oui, oui, je sais. Je passe trop de temps là-bas, il est temps que j’apprenne à vivre un peu… Mais tu sais quoi ? Je m’en fiche de ce que vous pensez tous, je suis comme ça et c’est tout !


J’étais en terrain connu, à un moment ou à un autre chacun des membres de l’unité m’avait chanté la ritournelle. Je préférais assurément partir sur cette voie là que sur celle qui visait à parler de ma « fraîcheur ». Une bonne petite colère me permettrait au moins de relâcher un peu de pression.


- Sara. Ce n’est pas ce que j’ai voulu dire… Tu fais ce que tu veux de ta vie, je voulais juste… Je ne suis pas du genre à juger les autres…


- Je sais.


Oui je savais. S’il y avait bien une chose que je pouvais croire c’était ça. Catherine ne jugeait jamais les autres sur leur mode de vie. C’est pour ça que Grissom et moi aimions tant travailler avec elle. C’est pour cette raison que j’avais toujours été bien en sa présence, jusqu’à maintenant. J’avais confiance en elle. Si seulement j’étais capable de me raccrocher à cette sensation peut-être que les choses pourraient se simplifier un petit peu. Je lui souriais, elle me sourit et la tension s’évapora.


Nous restâmes silencieuses jusqu’au restaurant. Et nous étions en train de nous diriger vers notre table quand soudain un flash me traversa l’esprit. Catherine ne m’avait jamais invitée à déjeuner, ou à dîner, ou à quoi que ce soit. La pomme, la main, son regard : elle était définitivement en train de me draguer… L’information s’enregistra enfin dans mon cerveau embrouillé. Sans doute que n’importe quel autre être humain aurait comprit un peu plus tôt mais... J’avais participé à chaque round sans enregistrer qu’il s’agissait d’un match, dansé les pas sans écouter la musique, cru qu’il s’agissait d’une bataille de tranchées sans apercevoir qu’en fin de compte, nous voulions la même chose. Surtension, disjoncteur, extinction des fonctions cérébrales supérieures.


***


Wow, non, finalement ce n’était pas si simple que ça. J’en avais peut-être rajouté un peu avec le « c’est toi qui conduis », la réaction avait été instantanément visible sur son visage : de la peur, rien d’autre que de la peur. Je n’avais pas eu l’intention d’insister aussi lourdement mais je croyais tout de même qu’il en fallait un peu plus pour effrayer Sara Sidle. Et puis bon, j’avais toujours procédé de cette façon ; moi, quand j’ai pris une décision je n’ai pas vraiment l’habitude de tourner autour du pot. Mais lorsque j’ai vu son visage se durcir, son regard qui s’en allait vers une autre galaxie, tout son être qui se refermait comme un poing, j’ai tout de suite compris que je n’avais plus du tout envie de jouer à ce jeu là. Quand je me suis aperçue que les jointures de ses doigts étaient blanches à force de serrer le volant, j’ai tenté de trouver un sujet de conversation mais apparemment elle n’avait pas l’intention de me faciliter les choses. J’étais en plein milieu de la tempête quand soudain, le temps s’est éclairci, elle souriait et j’avais gagné un instant de répit.

C’était du Sara tout craché. En un instant submergée par la colère, laissant éclater une frustration venue d’on ne sait où, prête à exploser sans que vous n’ayez rien vu venir et l’instant d’après, souriante, prête à s’excuser, ne laissant aucun indice vous permettant de comprendre ce qui s’était passé derrière son regard sombre.

Quand nous sommes arrivées au restaurant, j’avais renoncé à comprendre où nous en étions. Si elle voulait que ça marche, c’était à elle de me montrer le mode d’emploi.


***


Essaie encore une fois Sara. M’enfuir à nouveau ? Est-ce que c’était vraiment ce que je voulais ? M’enfermer dans cette dimension où personne ne pouvait me suivre, fermer la porte à clef, jeter la clef. Vraiment ? Est-ce que j’allais encore une fois renier tout ce que je ressentais juste pour garder le contrôle ?


Non, j’avais pris la décision quelques mois plus tôt de ne pas recommencer, de faire l’effort de vivre dans le monde avec les autres à nouveau. J’avais tenté de me convaincre petit à petit qu’ils n’étaient pas tous là pour me faire souffrir. Catherine n’était pas mon ennemie. On repart à zéro. Un pas après l’autre…


Inspiration, expiration : je m’assis et stabilisai ma pression sanguine. Puis je hasardai un sourire. Etape numéro un : lui laisser savoir ce que je ressens.


- Chouette endroit, je suis heureuse d’avoir enfin l’occasion de déjeuner seule avec toi Catherine.


- Moi aussi Sara.


- Je suis désolée… Je crois que je suis un peu sur les nerfs aujourd’hui.


- Ne t’inquiète pas pour ça.


Etape numéro deux : essayer de savoir comment elle se sent.


- Et toi comment tu vas ? Ta fille va bien ?


- Je vais plutôt bien, merci. Lindsay est dans une période Buffy en ce moment. Elle a décoré sa chambre avec des posters d’un jeune homme très mince avec les cheveux décolorés.


- Ha… Spike…


- Sans doute… Tu regardes Buffy ?


- Oui… On pourrait dire que j’ai un petit faible pour les jolies blondes qui combattent les forces du mal…

- Je vois…

Hm, ce sourire… En fait, ce n’était pas si compliqué que ça. Il suffisait que je suive les étapes. J’avais un plan maintenant, j’aime avoir un plan. Le garçon interrompit nos échanges de regards, il était temps de commander nos salades. Je me détendis et me relaxai dans ma chaise pour l’observer. Elle regardait les gens autour de nous, pensant à autre chose probablement. Puis elle sembla se souvenir de ma présence et me regarda à nouveau. Elle versa de l’eau dans nos verres et bu, puis elle sembla avoir trouvé une réponse à la question qu’elle se posait ou un sujet de conversation.


- Sara, je voulais te poser une question… Mais je ne voudrais pas que tu le prennes mal…

- Vas-y, je vais tenter de contenir mon sale caractère pour une fois.

J’essayais d’avoir l’air convaincante et ajoutai un sourire en me penchant vers elle au dessus de la table, mes deux coudes solidement posés de chaque côté de mon assiette, le menton sur les mains, l’air sincèrement intéressé.


- C’est quoi cette histoire de petit ami ?


- Oh…


J’étais de retour dans ma chaise. 1, 2, 3… Je respirai avant de répondre.


- Ce n’est pas mon petit ami. Je vous l’ai dit à tous plusieurs fois. Je me demande vraiment pourquoi personne ne veut me croire. S’ils veulent se raconter des histoires je m’en fiche.


- Mais tu ne veux peut-être pas vraiment qu’on te croie…


Règle numéro un : quand vous ne savez plus quoi répondre, essayez d’être sincère.


- Ecoute, ce que je voudrais surtout que les gens croient, c’est que j’ai une vie maintenant, je fais des trucs en dehors du boulot, et si pour convaincre ces gens il faut qu’il y ait un petit ami et ben tant pis…


- Donc tu l’as volontairement appelé « bébé » devant trois policiers ?


- Qui t’a dit…


1, 2, 3…

- C’est juste comme ça que j’appelle mon petit frère et Hank me fait beaucoup penser à lui, ça m’a échappé. Ce n’est pas plus compliqué que ça. Evidemment je me suis rendu compte de ce que les autres penseraient mais, je te l’ai dit, je m’en fiche des autres.


- Ha bon.


- Oui !


Nos salades arrivèrent, il était temps de faire une pause et de grignoter quelques légumes mais j’étais loin d’être satisfaite par la tournure de notre conversation. Règle numéro deux : si vous avez l’impression de ne pas être comprise, faites un effort et expliquez vous un peu mieux.


- Si les gens veulent croire quelque chose alors que tu leur dis le contraire, alors que tu as l’impression qu’il suffirait qu’ils regardent d’un peu plus près pour comprendre la vérité, c’est leur problème tu ne crois pas, pas le mien. Ce n’est pas comme si j’avais délibérément menti.


- Je n’y ai jamais cru Sara. Mais je crois que ça t’arrange bien que les gens s’attachent à une illusion plutôt qu’à ce que tu es vraiment, et je veux parler de ce que tu ressens, entendons nous bien, parce que ça m’étonnerait que ton orientation sexuelle soit un gros secret... En ce qui me concerne je cherchais juste une explication, enfin non, pas une explication. Je cherchais juste à en savoir un peu plus sur toi, à me rapprocher quoi… Tu te souviens comment tu m’as envoyée balader quand tu es venue me demander d’aller voir Grissom pour qu’il te laisse faire des heures supplémentaires et que je t’ai dit de plutôt essayer le hammam ? C’était de l’humour Sara ! Ce n’est pas en racontant des histoires à tout le monde que tu vas faire disparaître ce que tu ressens. On ne peut jamais se mentir à soi-même très longtemps.


Tu es plutôt stupide Sara. Une grande asperge avec la maturité émotionnelle d’une gamine de huit ans… Elle avait raison, à l’époque j’aurais fait n’importe quoi pour que personne ne s’aperçoive que j’étais éperdument amoureuse d’elle…


- Je ne suis pas quelqu'un de facile… Je sais…


Je baissais les yeux sur ma salade et… Et alors elle a posé sa main sur la mienne.


- Tu vaux largement la peine qu’on fasse un effort…


Quand je relevai la tête ses yeux bleu pâle m’attendaient et ils m’offraient tout le réconfort dont j’avais besoin. Un ciel d’été ensoleillé au bord de la mer. Nous étions parfaitement immobiles.


***


Je mourrais d’envie de l’embrasser, là, maintenant, tout de suite. De la prendre dans mes bras, d’emmêler mes doigts dans les mèches de ses cheveux. De prendre immédiatement possession d’elle et de tout ce qu’elle était.


***


Y avait-il quelque chose d’autre à ajouter ? De toute façon je n’avais pas le sens de la répartie ce jour là, c’est le moins qu’on puisse dire. Je n’avais pas encore eu le temps d’établir les dix règles d’or de la conversation amoureuse. On n’est jamais assez intelligente quand on a vraiment vraiment besoin de l’être. Mon cerveau pourtant était en état de marche, il fonctionnait même à une cadence un peu trop élevée en fait. Qu’est-ce que ça veut dire ? Est-ce que j’ai vraiment besoin qu’elle me mette les points sur les i ? Est-ce qu’on peut aller chez moi là, maintenant ? J’ai envie d’elle, est-ce que ça suffit ? Est-ce que la peau de son ventre est douce ? Est-ce qu’elle gémira quand je l’embrasserai ? Mon cerveau travaillait tellement bien que j’avais complètement oublié mon corps. Ce n’était peut être pas le bon moment pour l’oublier ?!? Trop tard ! Le serveur était là, sa main avait disparu. Qu’est-ce qu’elle était en train de dire ? Ha oui, l’addition. Hé mais, qu’est-ce que c’était que ce son, ha oui son téléphone… Hey Catherine, je suis là, je n’en ai sûrement pas l’air mais je suis toujours là, j’habite cette espèce de corps inerte qui refuse de réagir. Hey Catherine… Je crois que je t’aime… Ho, ho…

- Je dois retourner au commissariat. La fille est arrivée pour son interrogatoire.


- Je peux te suivre ? M’écriai-je, l’air certainement un peu plus affolé qu’il n’aurait fallu.


- Respire ma Sara…Bien sûr que tu peux me suivre…


Elle s’arrêta un instant pour vérifier l’addition et payer, j’en profitai pour me réveiller et sortir un billet vite fait, puis elle me regarda droit dans les yeux et se penchant vers moi ajouta :


- …Tu peux me suivre d’aussi près que tu le désires…


Chez moi on jouait : la revanche de la crise de panique. Non ! L’esprit contrôle la matière, la tête contrôle le corps. Tu n’es pas ma vraie névrose d’abord ! Repassez par la case départ. Règle numéro un : la sincérité…


- Arrête !


- Arrête ??? Tu… Tu plaisantes ???


- Non… Je veux dire, stop, je ne peux pas, tu n’as pas encore remarqué que je ne sais absolument pas comment te répondre ? Sara la séductrice intelligente, sexy et intrépide n’est pas là pour le moment, j’ai bien pris votre message, elle vous rappellera dès qu’elle sera disponible…


- Tu vois ! Je savais que tu en étais capable Sara. Tu avais juste besoin d’un petit encouragement !


- Gna, gna…


- Oui c’est ça, c’est ça. Allez, on y va !


Et puis soudain, quand nous sommes sorties du restaurant, ça m’est revenu. Comme ça, sans prévenir. Comme un nom que j’aurais eu sur le bout de la langue depuis un certain temps. Un flash de lucidité. Ca n’avait plus l’air si compliqué maintenant. Tout avait changé. Nos yeux qui se cherchaient, ma conscience qui enregistrait le moindre de ses mouvements comme au ralenti, sa démarche, son parfum. Mon désir n’était plus un mystère c’était une évidence. Et alors que j’assimilais la réalité concrète de son corps, je retrouvai le contrôle du mien. J’étais de nouveau capable de le faire obéir, de marcher avec elle, de passer ma main dans mes cheveux, ma langue sur mes lèvres. J’avais retrouvé tous les pas de cette danse, le rythme de la musique, je savais où nous allions, j’avançais pas à pas mais elle ne me verrait pas arriver. Je me camouflais.


- Tu crois que la fille va tout nier en bloc Catherine ?


Nous étions presque arrivées à la voiture, le parking semblait désert. Elle se dirigeait vers la portière côté passagers, il aurait fallu que je bifurque à gauche pour contourner la voiture par derrière, je continuais à marcher vers elle. Elle tourna la tête pour me répondre. Je ne m’arrêtais pas.


- Je ne sais pas, je ne crois pas qu’elle soit en état de …


Elle avait compris. Je le vis dans ses yeux qui s’éclairèrent subitement. Je posai ma main sous son menton. Je plongeai dans ses yeux. Nous retenions toutes les deux notre souffle. J’attendis juste encore un peu, mon désir suspendu au sien comme le plongeur avant le saut contemple l’eau, la dernière seconde avant l’inévitable. Elle fit un pas en arrière en m’emmenant avec elle pour s’appuyer contre la voiture. Mon autre main s’appuyait sur sa hanche, dans l’élan de notre mouvement je me penchai sur elle et capturai sa lèvre inférieure entre les miennes. Sa bouche s’ouvrit mais je me contentai d’abord de passer le bout de ma langue sur sa lèvre supérieur. Puis je sentis sa langue rejoindre la mienne. Je frissonnai en l’entendant gémir alors que je commençais à découvrir sa bouche. Il n’était plus question d’attendre, je pressai mon corps contre le sien, ma jambe entre les siennes. Mes deux mains étaient dans ses cheveux. Toute ma peau avait envie d’elle.


***

 

Je ne savais plus bien où j’étais. Je ne savais plus grand-chose à part qu’elle était là, enfin. La douceur de sa bouche, la puissance de son corps contre le mien et je savais déjà que j’en voudrais toujours plus. Je ne sentais plus mes jambes, mon cœur envoyait le sang dans mon corps avec la force d’un canon à eau. Je cherchai à agripper quelque chose et attrapai le bas de ses reins pour la rapprocher encore de moi. Elle rejeta sa tête en arrière en gémissant, ses yeux étaient fermés et elle essayait de retrouver son souffle, elle était juste magnifique. Je commençai à balader ma langue sur son cou et sentis ses hanches qui s'appuyaient contre les miennes, l’intérieur de ses jambes qui frôla ma cuisse. J’accentuai la pression, je caressai son dos, sa nuque, ses mains s’approchaient de mes seins. Je n’étais plus que le mouvement de nos corps.


***


Alors que j’apprenais la forme de la pointe de ses seins sous sa chemise, alors qu’un flash de lumière illuminait mon cerveau, je sentis soudain qu’il allait bientôt être trop tard. Je m’arrêtai brutalement. Non pas maintenant, pas là, pas comme ça. Je pris une longue inspiration alors qu’elle s’immobilisait elle aussi et posai ma tête dans le creux de son épaule, le front brûlant, le souffle encore court, mon nez dans ses cheveux, ma main toujours sur sa poitrine. Je laissais partir les vagues de mon désir. Mais je compris qu’elle se demandait ce qu’il se passait. Je rapprochais ma bouche de son oreille pour murmurer.


- Excuse moi, il fallait que… Je m’arrête, je…


- Ne t’inquiète pas, tout va bien.


- Je me suis laissée emporter.


- Sara. Tout va bien. Tu ne vas quand même pas t’excuser ?


- Non, non. Certainement pas.


- Sara ?


- Mm…


- Si on s’arrête, il faut que tu enlèves ta main de là…


- Quelle main ?


- Sara !


- Oui, oui… Vilaine main tu te calmes maintenant !


- Pour l’instant…, dit-elle en attrapant ma paume pour embrasser le bout de mes doigts.


***


J’allais adorer ça. Elle était tellement adorable là maintenant, tentant de jouer avec ses sentiments parce qu’elle n’était pas encore tout à fait prête à les accepter, pas encore capable de se laisser aller. Et je pouvais comprendre pourquoi après ce petit aperçu de la violente nécessité de son désir. Une bataille était en train de se dérouler derrière son regard sombre et c’était en mon honneur. Sara avait à ce point envie de moi qu’elle avait dû s’arrêter : je pris un instant pour graver cette pensée dans ma mémoire alors que je passais ma main dans ses cheveux pour l’obliger à relever la tête. Un large sourire se dessinait sur son visage illuminé. Un rayon de soleil dans les sous-bois au printemps, le parfum du muguet. Je pouvais facilement apercevoir la petite fille qu’elle avait dû être et j’avais l’impression d’être le sucre d’orge qu’elle venait d’apercevoir derrière la vitrine d’un magasin. C’était agréable. J’allais vraiment adorer ça.


***


Je me sentais bien, plus que bien. Je la regardais réajuster ses habits, les joues et le cou encore un peu rouges, tellement désirable que mon ventre refusait de se dénouer. Ma tête était remplie de phrases idiotes tirées de chansons d’amour à l’eau de rose : I’m in love, my baby loves me, donne moi ta main et prends la mienne… Finalement je me décidai à contourner la voiture pour aller prendre le volant. Un petit baiser, léger, retenu et je démarrai. Sa main était posée sur ma cuisse et je réussis à atteindre le commissariat, sans même chanter une seule petite chanson, enfin pas à voix haute en tout cas.

J’avais toujours trouvé les vitres teintées du commissariat très pratiques pour observer Catherine. Mais s’il y avait une chose que j’essayais à tout prix d’éviter cette après-midi là, c’était bien de la regarder. Faire surchauffer mon cerveau en l’absence du système de ventilation adéquat n’était pas une expérience que je voulais tenter, je n’avais pas besoin de démontrer à tout un commissariat que j’étais capable de générer un court circuit dans ma matière cérébrale. Mais je savais qu’elle n’était qu’à quelques mètres de moi et c’était déjà largement suffisant.


Je crois qu’il ne reste pas grand-chose à faire quand vous vous retrouvez dans cette situation. Même moi, l’as du self-contrôle, je me retrouvais plutôt démunie. J’évoquais la forme de ses seins me rappelant que je les avais tenus dans ma main quelques minutes auparavant. J’imaginais son visage, les yeux mi-clos, attendant que je pose mes doigts sur elle.
J’inventais les cris qu’elle laisserait s’échapper.


Stevie Wonder chantait dans ma tête “For once in my life, I have someone who needs me, some one I needed for so long…”

L’affaire que nous venions de résoudre était dramatique, digne d’une tragédie grecque, et pourtant, pour une fois, je ne me sentais pas aussi affectée que d’habitude. Pour une fois, je ne pensais qu’à moi, qu’à elle, qu’à nous.

Elle sortit de la salle d’interrogatoire l’air sombre. Je ne savais pas bien si je devais m’approcher d’elle ou pas mais elle me regarda et sourit. L’aube sur le désert, l’annonce de la brûlure implacable du soleil. L’affaire était close et s’en était aller loin d’ici dans un coin sombre. J’allai vers elle.

- Exactement celle dont j’ai besoin, dit elle a voix basse.

- Tu veux aller boire un verre ?


- Non.


- Non ?


- Je te veux toi.


- Je voulais dire : tu veux venir boire un verre chez moi ?


- Je voulais dire : non, j’ai l’intention d’aller directement dans ta chambre.


- Heu… Si on arrive jusque là…


Un kilomètre… Un kilomètre et demi… deux kilomètre… deux kilomètre et deux cent mètres… Trois cent mètres… Une marche… Deux marches… Où sont ces foutus clefs… Ouvre toi espèce de porte…

***

Pas la peine d’attendre, nous savions où nous en étions. Je la plaquai derrière la porte avant même qu’elle ai eu le temps de déposer ses clefs quelque part. Elle les laissa tomber par terre et j’arrivai à faire suivre le même chemin à son blouson alors que se déchaînaient nos bouches, nos langues. Mes deux mains prirent possession de la peau de son ventre, je les remontai en agrippant son pull. Je passai sur ses seins, je tirai le vêtement au dessus de sa tête, m’arrêtant un instant alors que ses bras étaient maintenus en l’air, pour embrasser le contour de son soutien gorge noir. Elle se débarrassa du pull et se pencha pour m’embrasser. Mon dieu qu’elle embrassait bien ! Assurance et interrogation, précision et passion, force et tendresse, elle savait tout mélanger dans un infini renouvellement d’entrelacement. Elle obtint ma reddition sans l’avoir demandée, j’avais déjà déposé les armes. Je ne sentais plus mes jambes mais Sara me pris dans ses bras, m’accompagna jusqu’au sol, m’embrassant toujours de tout son être, de toute sa passion, comme si son oxygène ne venait plus que de ma bouche. Elle était à cheval au-dessus de moi.

***

Je n’étais plus que désir. Vouloir, prendre… Donner. Mon corps tout entier était envahi par la fièvre, ma peau brûlait. Je me raccrochais à son regard. J’étais redevenue prédateur, j’étais sa proie. Elle était mienne parce que je lui appartenais. Une envie violente dirigeait mes gestes, tiraillait mes entrailles mais nous étions en sécurité parce qu’elle était là, au cœur de cette envie, avec moi. J’interrogeai ses yeux et ils me dirent qu’elle ferait le voyage à mes cotés.

***

Ses yeux semblaient maintenant d’un noir profond derrière les mèches de ses cheveux, le fond d’un gouffre au milieu de l’océan, l’essence même du désir. Sans cesser un instant de captiver mon regard dans le sien elle commença à déboutonner un à un les boutons de mon chemisier puis elle l’ouvrit et doucement passa une main sur ma bouche, le long de mon cou, entre mes seins nus, sur mon ventre, autour de mon nombril. Puis d’un geste devenu plus brutal, elle ouvrit le bouton de mon pantalon et ma fermeture éclair avant de presser la paume de sa main sur mon pubis. Son regard avait fini par suivre la route qu’avait empruntée sa main mais elle le releva à nouveau à la recherche du mien, de quelque chose dans mes yeux, derrière mes pupilles.

Elle se redressa, glissa ses deux mains dans son dos et se débarrassa de son soutien-gorge. Je souriais, bêtement envoûtée par la vision de ses seins. Le dessin de son corps blanc dans la pénombre enflammait mes sens et le bout de mes doigts qui cherchèrent à confirmer ce que je contemplais. Elle se pencha en avant et caressa mon corps avec sa poitrine avant de m’embrasser à nouveau brutalement puis plus doucement, sur le nez, les yeux, le cou, les oreilles. Je n’étais plus que souffles et gémissements. Mes mains affolées agrippèrent sa tête, se perdirent dans ses cheveux, sur sa nuque. Etais-je en train de tomber ou de trouver mon équilibre, notre équilibre ? Sa voix grave murmura dans mon oreille, ses mots précipités par sa respiration accélérée.


- Je t’avais dit… qu’on… n’arriverait pas… jusqu'à…la chambre…

Alors qu’elle était en train de parler, s'accordant des pauses pour m’embrasser, sa main glissa sous mon pantalon, sous mes sous-vêtements, entre mes jambes. Quand j’ai dû fermer les yeux son regard était de nouveau plongé dans le mien. Lorsque j’ai crié au premier contact de ses doigts, j’ai senti ses dents qui s’enfonçaient dans mon épaule, son corps qui frissonnait, mais elle continuait de s’accrocher au rythme puissant qu’elle avait instauré. Sa voix était de nouveau là près de mon oreille. Un cri presque silencieux, une supplique qui ne souffrirait aucun compromis.


- J’ai envie de toi Catherine…


- J’ai besoin…De toi Sara…


Je serrai mes bras autour d’elle pour m’assurer qu’elle resterait là.

***

Ce n’est pas le coté physique du sexe qui m’effraie tant quand je suis en train de faire l’amour, ce sont les émotions qui font surface. Je n’ai pas peur de perdre le contrôle des éléments extérieurs, j’ai peur que se libère ce que je garde à l’intérieur de moi. Mais il n’y a pas d’autre solution, pas de choix, pas de demi mesure dans l’abandon. Il n’y a que dans la perte qu’on finit par trouver l’amour, il faut même oublier d’avoir peur.

C’est pour ça que je n’ai jamais laissé personne m’approcher vraiment. La peur nous maintient en sécurité, elle garde les barrières que nous ne voulons pas franchir. Mais Catherine avait déjà commencé à me guider à travers chacune de mes frayeurs. Pour chaque doute, elle avait une réponse. Me perdre entièrement, brutalement, devint mon seul espoir. Trouver ma dernière peur et la lui abandonner.

***

Nos corps entrelacés bougeaient au même rythme. Les vêtements nous gênaient mais aucune d’entre nous ne voulait s’arrêter ne serait-ce qu’un instant pour s’en débarrasser. Elle avait brutalement repoussé mon pantalon sur mes cuisses et elle était en moi. Je sentais ses dents, ses lèvres, sa langue sur tout mon corps. Elle prenait possession de chaque courbe de ma chair, ses mains agrippaient mes frémissements. Je lui en demandais encore plus et elle menaçait de répondre à mon désir. Nous n’étions plus que chaleur, cris, souffle et humidité. Quand je sentis un changement de qualité dans la chaleur de mon désir, je criai son nom et attrapai brutalement sa tête entre mes mains. « Sara. » Sentant autre chose arriver, je l’embrassai et criai encore une fois son nom dans sa bouche. « Sara. » Je mêlai le souffle de mon plaisir au sien alors que les vagues emportaient mes reins une à une. Quand j’ouvris les yeux, encore secouée par les frissons, ses yeux étaient remplis de larmes mais elle souriait. J’embrassai ses paupières, ses peurs et sa joie.

Comme nous avions plusieurs fois roulé l’une sur l’autre nous n’étions plus très loin de son canapé. Je commençai à me lever et attrapai sa main pour la guider vers ses coussins plus accueillants que la moquette, je me débarrassai en même temps de mon pantalon et de ce qui vint avec. Je m’assis mais avant qu’elle ne vienne me rejoindre, je défis les bouton de son jean et la déshabillait. Quand elle fut entièrement nue, je finit d’enlever ma chemise et ma veste et la pris dans mes bras, la faisant asseoir sur mes genoux. Je commençais à caresser son corps, enivrée par la pure joie de la rencontre encore timide de nos corps nus l’un contre l’autre. J’embrassais chacun des frissons que je faisais naître, ma bouche partout et nul part à la fois. Sans comprendre vraiment comment, je savais que, maintenant, elle avait besoin de légèreté, de tendresse et de calme.

***

 

« For once I can say : this is mine you can take it… », Stevie Wonder résonnait toujours quelque part dans ma tête. Il n’était plus question de posséder mais de laisser partir. J’avais dévoilé ma peur, maintenant il me restait à l’abandonner pour apercevoir ce qui gisait au-delà. Je fermai les yeux, tout entière à elle.


Mes mains agrippaient ses épaules et ses doigts jouaient sur mes cuisses, sur mon ventre. Ses mains frôlaient mes seins. Je gémissais au rythme de ses effleurements incapable de retenir ma réponse. Mon dos qui se creusait, ma respiration qui s’affolait, mes mains qui se crispaient, la suppliaient de continuer. J’avais posé mon front contre le sien et ses doigts jouaient entre mes cuisses. Des éblouissements blancs, rouges, derrière mes paupières, l’évidence de ma vie dans chaque battement de mon cœur, dans chacune de mes veines, dans chacun de mes nerfs. Nos peaux et nos parfums.


J’étais allongée dans le canapé. Elle était couchée sur moi. Ses cheveux blonds qui glissaient sur mon corps. Elle était allongée entre mes jambes. Nos mains qui se cherchaient et sa langue dans ma chair. Mouvement, chaleur et chair et plus rien d’autre. J’ai senti que j’allais jouir, plus vraiment ici et plus vraiment maintenant. Une dernière question, le dernier doute, et finalement, l’ultime admission de l’absence de réponse, plus rien d’autre que la foi.

Catherine…


Je m’abandonnais… La jouissance s’emparant de mon corps, de mon âme, je me libérais dans le simple oubli de moi-même mais elle, elle était là. Le plaisir et la douleur, la peur et la joie, ne demeurent jamais que des morceaux de la même force. Une force presque au-delà du soutenable qui s’épanouit dans un cri mais Catherine veillait sur moi, elle est venue me chercher et m’a rattrapée, elle m’a aidée à respirer à nouveau, elle a essuyé la sueur sur mon front et m’a rouvert les yeux, puis elle m’a laissée me reposer dans notre odeur, notre goût. J’étais libre.

Nos deux voix qui chuchotaient dans la nuit au milieu des silences.


- La bible avait raison.


- Mais de quoi es-tu en train de parler Catherine ?


- Quand tu as envie de t’amuser un petit peu, il suffit de trouver quelqu'un avec une pomme.


- Oh… Oui, c’est exactement pour cette raison que je me baladais avec une pomme d’ailleurs, j’attendais que tu succombes à la tentation.


- Je sais.


- Vraiment ?


- Oui Sara… Et ne va pas recommencer à trop réfléchir… Je ne voulais pas seulement m’amuser…


- Je sais… Je ne réfléchis plus Catherine…


- Parfait.


- Oh oui, parfait.


- Oui…


- Oui ?

- Oui, sara.


- Ce n’était pas si compliqué finalement.


- Non, ce n’était pas si compliqué…


- Alors j’ai encore une chose à te dire.


- Oui ?


- Je t’aime Catherine…

 

A suivre...

 

Suite : Conséquences...

 

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