Coucou tout le monde, bon voilà je reprends ma plume (ou plutôt mon clavier) pour partager une nouvelle ff avec vous ! Cette histoire me trotte dans la tête depuis des jours et des jours (je devrais même dire des semaines lol) mais je n'avais pas le temps d'écrire toute une histoire et puis j'ai quand même fini par me lancer parce que je me suis dit que le sujet était plutôt sympa et que se serait dommage de laisser mourir cette histoire avant même qu'elle ait eu une chance de voir le jour...
Voici donc la première partie de ma nouvelle ff, qui je l'espère vous plaira ! Comme toujours les CSI ne sont pas ma propriété, il sont le bien de CBS et d'Alliance Atlantique
Cette FF est basée sur le spoiler d'un épisode de la saison 8 !!! Alors attention ! Vous avez le choix soit vous lisez cette ff comme une histoire "classique" sans chercher à savoir ce qui vient de mon imagination et ce qui vient de la série, soit vous prenez la décision de vous spoiler, à vous de voir !...
J'attends vos commentaires sur alexielle7@hotmail.com
Bonne lecture et à bientôt :o)
Un passé si présent….
Par Alexielle
Sara :
Je savais que les choses ne seraient pas simples… mais jamais je ne me serais doutée qu’une telle douleur s’emparerait de moi en revenant ici…
J’avais toujours cru que le plus dur pour moi serait de partir, mais je m’étais trompée… revenir ici, à Vegas, après plus d’un an d’absence, s’avérait bien plus difficile et douloureux encore que mon départ.
J’avais décidé de revenir à Vegas aussi brutalement que j’en étais partie. J’étais revenue ici pour les mêmes raisons que j’en étais partie. Étrange, oui je sais, mais je fonctionne comme ça, j’avais besoin de quitter cette ville, de quitter le labo et l’équipe pour me rendre compte à quel point tout ça me manquait… tout ça fait partie de moi, tout ça fait de moi la personne que je suis mais il m’a fallu du temps pour le comprendre !
Après tout ce qui m’était arrivé ici, j’avais besoin d’un peu de temps pour me retrouver, savoir quel sens donner à ma vie, et après un an d’« exil » j’étais revenue à mon point de départ. J’avais compris que ma vie et mon cœur étaient ici…
Les larmes me montèrent littéralement aux yeux lorsque je poussais la porte du labo, une odeur familière me chatouilla alors les narines et je tombais presque immédiatement nez à nez avec Nick.
« Je peux vous aider ? » me demanda t’il en levant tout juste le nez de son dossier.
« Ben ça dépend de si tu as du temps à consacrer à une ancienne collègue ou pas ? »
Nick releva la tête d’un mouvement rapide avant de me fixer d’un air ébahi.
« Et bien ne me fixe pas comme ça ! Dis quelque chose, on dirait que tu viens de voir un fantôme ! » lui dis-je en lui souriant.
« Sara… Sara… » dit-il en se précipitant sur moi pour m’entourer de ses deux gigantesques bras avant de me soulever de terre « Sara !!! »
« Euh oui… c’est moi ! Ravie de voir que tu n’as pas oublié mon prénom ! »
« Comment vas-tu ? Mais qu’est ce que tu fais ici ? Tu aurais du appeler ! Qu’est ce que tu as fait pendant tout ce temps ? » Nick ne prenait même pas le temps de respirer entre chaque question.
« Doucement, doucement ! Je vais bien merci, et je suis passée pour vous faire un petit coucou, vous m’avez tellement manqué tous ! »
« Tu nous as manqué toi aussi, l’équipe va être tellement heureuse de te voir, viens avec moi… » me dit-il en me tirant par le bras jusqu'à la salle de pause.
« Est-ce que le café qui est là est bien celui auquel je pense ? » lui demandais-je en pointant mon doigt sur la cafetière, l’œil brillant.
Nick se contenta de me sourire… « Aller, vas-y, prends-en une tasse ! »
Le café si rare, et cher, de Greg m’avait manqué lui aussi… Je pris donc une tasse sur l’évier et versais le noir nectar à l’intérieur, je n’en étais pas encore à la moitié de la tasse que Greg surgit dans la salle :
« Non, non pas mon café, vous me faites le coup à chaque fois les gars ! »
« Je suis désolée… » lui dis-je en me retournant.
Étrangement il eut la même réaction que Nick quelques instants plus tôt : « Sara ?! C’est vraiment toi ? » me demanda t’il en s’approchant.
« Bien sûr que c’est moi, qui veux tu que ce soit ? »
« Oh mon dieu… » murmura t’il en se ruant sur moi, pour m’embrasser plusieurs fois sur les deux joues.
« Du calme Roméo, laisse-la respirer ! » dit Warrick en arrivant à son tour. « Comment vas-tu Sara ? Ça me fait tellement plaisir de te voir ! » dit-il en m’embrassant à son tour sur les deux joues.
« Je suis heureuse de te voir aussi, et je vais vraiment très bien ! Et vous comment allez-vous les garçons ? »
« Oh tu sais la routine, boulot, boulot, boulot… » me répondit Warrick en se servant une tasse de café.
« Hey mon café !!! » hurla Greg en se précipitant vers Warrick.
« Aller, sois sympa Grego, aujourd’hui c’est fête ! Sara est avec nous, il faut arroser ça ! »
« Très bien, très bien… » marmonna Greg l’air renfrogné.
« Est-ce que mes oreilles me jouent des tours ou est-ce que Greg vient de dire qu’on pouvait boire de son précieux café qui vient d'Hawaï ? » demanda Gil en arrivant dans la salle, les bras chargés de dossiers « Je suis désolé de mettre fin à cette petite réunion mais on a du boulot ce soir ! Nick et Warrick on vous attend en centre ville pour un cambriolage qui a mal tourné. Greg, vous prenez Ronnie avec vous, on a retrouvé un corps dans un parc à l’Est de la ville. »
« Mais Sara est là et… »
« Et elle sera encore là pendant plusieurs jours ! Alors au boulot ! »
Greg, Warrick et Nick me fixèrent pour avoir mon approbation : « Je suis là pour un moment les gars, on se voit plus tard c’est promit ! »
Visiblement rassurés ils quittèrent la pièce, me laissant seule avec Gil…
« Tu as fait bon voyage ? » me demanda-t-il
« Oui excellent »
C’était un peu étrange de me retrouver ici avec lui, surtout après tout ce qui nous avait lié l’un à l’autre, mais qui nous avait également séparés… Pendant l’année où j’étais partie, Gil et moi étions restés en contact quelques temps, le temps en vérité pour nous, pour moi, d’y voir plus clair dans nos sentiments… Nous avons fini par réaliser l’un comme l’autre que ce que nous avions n’était plus vraiment de l’amour, c’était tout juste une tendresse partagée. Grissom et moi nous étions donc séparés sur cette triste constatation, et bizarrement depuis que nous n’étions plus ensemble notre complicité était encore plus forte qu’auparavant, il avait été mon pygmalion, mon mentor, mon amant, mais le rôle le plus important qu’il avait eu dans ma vie restait celui d’ami… et au fond de moi j’espérais qu’il le serait toujours. Je pense que je l’ai aimé, du moins à ma façon et que d’une certaine manière je l’aimerai toujours. Mais mon cœur appartenait désormais à quelqu’un d’autre…
« Je dois y aller Sara, Conrad m’attend dans son bureau, on se voit après ? »
« Ouais, je vais aller faire un tour dans les couloirs… »
« Promets moi de ne toucher à rien ! » dit il en quittant ses lunettes.
« Gil je ne suis pas une enfant, je sais que je ne fais plus partie du labo et que je pourrais compromettre des enquêtes en cours, je ne suis pas stupide ! »
« Je le sais… » il me sourit tendrement, avant de remettre ses lunettes « On se voit plus tard » dit il en quittant la pièce « Oh Sara, pendant que j’y pense Catherine n’est pas là… »
Catherine… mais pourquoi avait il fallu qu’il me parle de Catherine ?!
« C’est sa nuit de congé ? » demandais-je d’un air faussement détaché.
« Non pas exactement… »
« Elle est malade ? » demandais-je un peu inquiète.
« Non elle va bien, enfin d’après ce que je sais… »
« C’est Lindsey alors ? »
« Non, non Lindsey est à l'université de Harvard depuis 6 mois et tout va bien pour elle ! »
« Alors quoi ? »
« Je ne savais pas comment t’en parler au téléphone Sara, mais Cath nous a quittés peu de temps après toi, elle a reprit l’hôtel-casino de Sam Braun, l’Éclipse, elle en est l’unique propriétaire à présent. »
« Catherine dirige un Casino ? Tu te moques de moi là ?! » demandais-je incrédule.
« Non, pas du tout ! Elle est partie Sara et elle dirige d’une main de fer, l’un de plus grand et des plus chics établissements de Vegas ! A présent elle fait partie des grands pontes de la ville, je la croise de temps en temps à l’occasion lorsque j’enquête sur le terrain… »
« Il y a déjà eu des problèmes à l’Éclipse ? »
« Non, bien sûr que non, Catherine y veille, elle ne plaisante pas avec ça ! Son casino est l’un des plus clean de la ville, elle fait régulièrement passer Brass et elle a toute une armée de gardes du corps qui l’entourent, qui sont devenu ses yeux et ses oreilles. Vu ce qui est arrivé à Sam… »
« On serait parano à moins… » Marmonnais-je plus pour moi-même que pour Gil.
« Tu peux aller lui rendre visite si tu veux, ça lui fera sûrement plaisir de te voir… »
« J’en doute… »
« Pourquoi ? »
Parce qu’elle n’a répondu à aucun de mes appels ni à aucune de mes lettres, voilà pourquoi !!! « Tu sais Catherine et moi n’avons jamais été très proches… » Menteuse !
« Comme tu voudras, je te vois plus tard »
« Ouais on se voit plus tard… »
Je suis seule dans la salle de pause et je suis encore sous le choc… Catherine est partie… Je suis revenue pour elle et elle n’est plus là ?! J’ai besoin de le voir par moi-même pour me débarrasser de cette curieuse sensation qui monte en moi… et avant même de me rendre compte de ce que je fais mes jambes sont déjà en route… j’arpente ce couloir qui mène à son bureau, ce couloir que j’ai remonté tant de fois avec elle… ce couloir qui m’a tant manqué !
En seulement quelques minutes je suis devant sa porte… le bureau est ouvert et quelque chose de fou, d’insensé, me pousse à entrer, je m’attends à trouver son regard bleu glace se poser sur moi et me fixer avec surprise, peut-être même avec colère pour avoir osé entrer ici sans frapper, mais rien… la pièce est vide… Ses affaires ne sont plus sur son bureau, la photo de Lindsey, la photo de l’équipe au pique nique annuel de la police, son stylo en bois de rose, son agenda, tout a disparu… il ne reste rien d’elle…
Je ne sais pas si c’est mon imagination mais je peux encore sentir flotter son parfum dans l’air, du moins me semble t’il…
« Vous cherchez quelque chose ? » la voix derrière moi me fit sursauter.
« Non, je cherche quelqu’un… » ne puis-je m’empêcher de lui répondre
« Qui donc ? »
« Catherine… Catherine Willows… »
« Oh oui l’ancienne superviseure, elle ne fait plus partie du personnel, c’est moi qui la remplace je me présente Nathan Cooper … » me dit un grand blond en me tendant la main.
C’était donc vrai Catherine était bel et bien partie…
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J’ai besoin d’un endroit où dormir, voilà pourquoi je suis là, rien de plus ! Allez à d’autres Sidle, il y a plus de trois cents hôtels dans tout Vegas et toi tu choisis l’Éclipse ?! Avoue que tu veux la voir… Mais bien sûr que je veux la voir, je suis revenue pour elle !
Je suis dans le hall d’entrée de ce luxueux hôtel depuis vingt minutes déjà, et je n’arrive pas à me décider à aller jusqu'à la réception pour demander une chambre. Et puis soudain je n’en crois pas mes yeux… Elle est là juste devant moi… Catherine…. et j’en ai le souffle coupé ! Elle est encore plus belle que dans mon souvenir, bien plus belle… Mes yeux ne peuvent pas la quitter une seule seconde ! Elle porte un superbe ensemble blanc, et son pantalon épouse soigneusement les courbes de ses hanches… Je ne peux m’empêcher de la dévorer du regard. Elle a le type de corps qui stimule l'imagination... surtout la mienne !
Dieu, ce que cette femme m’a manquée, comment ais-je pu survivre jusqu’ici sans elle ? Comment ais-je pu l’abandonner sans même lui dire au revoir, comment ais-je pu quitter Vegas sans me rendre compte de tout ce que j’y laissais ? Comment ais-je pu la laisser derrière moi sans même me retourner ? Parce que tu t’es enfuie comme une lâche, voilà comment tu as pu ! Parce que tu es stupide !!! Et que tu as eu peur de ce que tu ressentais pour elle…
Je suis là depuis déjà cinq bonnes minutes à la fixer descendre ce hall, j’ai l’impression que cette scène se joue au ralenti… Elle regarde autour d’elle, sourit aux gens qu’elle croise, serre des mains sur son passage, elle semble avoir un mot gentil pour chacun des clients de l’hôtel et du casino… Je la trouve belle, magnifique même, mais je sens que quelque chose a changé en elle, elle n’est plus tout à fait la Catherine que j’ai laissée il y a un an… Je ne saurais pas expliquer ce sentiment mais je sens que quelque chose dans son attitude sonne faux. C’est vrai qu’elle a changée physiquement, elle est un plus mince, et ses cheveux sont plus longs, mais ce n’est pas ce qui me gêne, non il y a autre chose. Mais je n’ai pas le temps d’y réfléchir pour l’instant elle arrive vers moi, et j’oublie littéralement de respirer…
Je sens mon cœur s’emballer et mon sang prendre feu dans mes veines. Mon cœur bat si fort qu’il résonne jusque dans ma tête… je sens que je vais manquer d’air… Son regard vient de croiser le mien pour la première fois depuis un an et je ne peux pas retenir plus longtemps mon envie de lui sourire : « Bonjour Catherine…. » murmurais-je d’une voix rauque. Je meurs d’envie de lui en dire plus, de lui parler, de lui expliquer tout ce qui s’est passé pour moi depuis mon départ, mais je ne peux pas ! J’espère simplement qu’elle comprendra tout ce qui se cache derrière ce banal bonjour, et qu’elle me donnera une chance de lui parler… une vraie chance !
Son pas semble ralentir arrivée à ma hauteur… elle me fixe un instant, une seconde en vérité, une brève et irréelle seconde ! Les trois gardes du corps qui l’entourent regardent dans ma direction, puis la regardent discrètement comme si ils semblaient attendre quelque chose d’elle, l’ordre de s’arrêter peut-être ?... Ou celui de me mettre en pièce ? Mais Catherine semble de glace, elle ne me regarde déjà plus et mon bonjour reste sans réponse pendant qu’elle accélère le rythme de son pas et me passe littéralement sous le nez sans la moindre considération…
Pendant une micro seconde j’ai pourtant cru qu’elle était heureuse de me voir, j’aurai juré voir une douce chaleur s’allumer dans son regard, mais j’ai du faire erreur, car lorsque je l’ai fixée dans les yeux, quand mon regard a vraiment cherché le sien, il n’a rien trouvé… rien que le vide et la froideur d’un regard éteint.
Qu’était-il arrivé à Catherine ?
Qu’était-il arrivé à ma Catherine…
Catherine :
« Bonjour Catherine… » C’est tout ce qu’elle avait trouvé à me dire ? Elle est partie depuis plus d’un an, elle a quitté la ville comme une voleuse sans rien dire à personne, et elle revient avec un bonjour Catherine ? Mais pour qui se prend elle ?
Elle m’a brisé le cœur, elle a détruit une partie de ma vie ! Et aujourd’hui que j’accepte enfin la situation, aujourd’hui que je ne pense plus à elle (ou presque…), elle a l’audace de revenir à Vegas ?! Vegas est ma ville, mon territoire, je ne la laisserai pas s’installer ici de nouveau ! Elle a fait sont choix, elle est partie ! Je suis celle qui est restée, et qui a dû continuer à faire semblant après son départ. Semblant d’être heureuse, semblant de ne pas être triste, semblant d’être forte, semblant de ne pas être affectée par tout ça ! Gil avait eu le droit de se montrer faible, tout le monde l’avait compris, mais moi… moi je n’avais même pas eu ce droit !
Elle avait dévasté ma vie comme l’aurai fait un ouragan… l’ouragan Sara… J’ai toujours cru que je le jour où elle avait été enlevée par Nathalie resterait le pire de ma vie. J’avais cru la perdre pour toujours ! C’est ce jour là que j’ai réalisé à quel point je tenais à elle, à quel point je l’aimais… Au fond je l’avais toujours su mais je n’avais jamais osé me l’avouer… J’ai reçu un véritable électrochoc, lorsque j’ai vu son visage tailladé de part et d’autre, couvert de sang et mon instinct me criait de monter avec elle dans ce maudit hélicoptère, de l’accompagner à l’hôpital, de prendre soin d’elle ! Tout mon être me criait que Grissom était incapable de prendre soin d’elle, mais je n’ai pas bougé, je me suis simplement contentée de demander au pilote où il la conduisait… J’étais terrassée et effrayée par l’amour que je portais à cette femme.
Le problème avec Sara c’est que vous croyez qu’elle est douce et réservée, du moins vous le pensez au début, car très vite vous vous apercevez que c’est une vraie guerrière, et qu’elle peut être sans pitié ! Elle peut vous blesser mortellement, vous pensez alors qu’elle ne pourra pas faire pire la prochaine fois, pourtant elle arrive toujours à vous blesser encore et encore toujours plus profondément.
Elle m’a blessée quand j’ai découvert qu’elle sortait avec Gil, elle m’a blessée de nouveau quand j’ai su qu’elle allait l’épouser, elle m’a blessée le soir où elle est venue me voir pour me dire qu’elle faisait une erreur, qu’elle ne pouvait pas se marier avec lui. Et elle m’a donné le coup de grâce en quittant la ville sans la moindre explication…
Au cours des dernières semaines passées avec Sara avant son départ précipité, je m’étais plue à rêver d’elle... à imaginer mon corps sur le sien… Pourtant jusqu'à présent je ne l’avais pas remarquée plus que ça, cette femme avait le don de se fondre dans son environnement, à la manière d'un caméléon. Mais j’avais fini pas découvrir qui elle était vraiment, j’avais découvert à quel point elle pouvait faire battre mon cœur, à quel point près d’elle je me sentais vivante, jamais je ne pourrais oublier cette sensation. Je me sentais tellement attirée par cette grande brune, que je découvrais vraiment pour la première fois, que j’en étais troublée au plus haut point ! Mais la dernière fois qu'on s’était vues, Sara m’avait confirmé que mon attirance pour elle allait beaucoup trop loin. Fermant les yeux, la scène me revint avec une netteté bouleversante…
Ce soir là, j’étais particulièrement fatiguée par ma journée, je venais de clore un dossier urgent. Pour me détendre un peu j’avais tourné un instant mon fauteuil en cuir vers les vitres de mon bureau : la vue plongeante sur la ville était magnifique. C'était là l’une des nombreuses choses qui me manqueraient le plus ici, si j’acceptais d’hériter de l’hôtel de mon père, Sam Braun, et que je donnais ma démission du labo. Cela faisait déjà plusieurs mois que je me posais sérieusement la question, les avocats de mon père ne cessaient de me harceler, Jack le dernier fils encore vivant de Sam, étant en prison pour encore quelques années, je devenais donc, moi, Catherine Mary Willows, la seule héritière de l’Éclipse, le dernier projet de mon père… Si je partais du labo et que je me lançais dans les affaires, Sara Sidle, resterait un mystère pour moi et dans le fond il valait peut être mieux. Cela serait sûrement plus prudent. Et puis Lindsey quitterait bientôt la maison pour la fac, je me retrouverai seule, alors j’avais besoin de quelque chose de nouveau dans ma vie, d’un défit qui serait à la hauteur, peut être que l’Éclipse était la solution… et puis tout ça m’empêcherait de penser à Sara toute la journée et de ressasser ce que je ressens pour elle. Je dois l’oublier après tout elle va se marier…
"Catherine ? "
L'objet de ma fascination se tenait sur le seuil de ma porte, le dossier que j’avais dans la main m’échappa littéralement ...
"Sara... Je... Tu travailles tard ! " Dis-je en baissant les yeux.
"Toi aussi à ce que je vois"
Je sentis que Sara s’avançait vers moi et mon visage s'enflamma sous le coup de l'émotion. Malgré tout le bon sens dont j’étais dotée, je perdais très souvent le contrôle lorsqu’il s’agissait de Sara.
"J'ai vu de la lumière " dit la grande brune "Mais je ne pensais pas te trouver ici, j’ai cru que tu avais juste oublié d’éteindre comme toujours… " dit-elle en me souriant.
"Je devrais être partie depuis longtemps oui, Lindsey m’attend ! "
Comme Sara progressait toujours vers moi, je me raidis instinctivement. Sara me rendait nerveuse, d’une façon dangereuse que je n’osais pas explorer, car je savais très bien ce que j’allais découvrir… ce n’était plus un secret pour moi, je me sentais attirée par elle…
C'était la première fois qu’on se trouvait seules toutes les deux depuis le retour de Sara au labo, depuis son enlèvement. Je levais les yeux pour la fixer mais mon regard s'arrêta sur les lèvres de cette magnifique femme brune qu'était Sara. La jeune CSI eut un lent sourire qui creusa une petite fossette dans sa joue. Cette expression malicieuse et sensuelle me donna un avant-goût des frissons qu'elle était capable de me procurer...
"Tu n’as pas le temps d’aller prendre un verre alors ? " me demanda t’elle avant de s’effondrer sur la chaise en face de la mienne.
"Pourquoi me demandes tu ça ? "
"J’aurais voulu te parler…"
"Me parler ? Et de quoi ? "
" De Gil…"
Je ne pus m’empêcher de grincer des dents à cette réponse : " Si tu veux des conseils sur le mariage Sara, je ne suis pas la mieux placée pour ça ! " lui lançais-je sur un ton un peu rude.
" Je crois que je ne devrais pas épouser Gil, je pense que c’est une erreur…"
A ces mots mon cœur s’emballa : "Ne dis pas ça, tu as juste peur, c’est le stress que ressent chaque jeune mariée c’est normal " articulais-je avec difficulté.
"Non Cath c’est plus que ça… je… je crois que je me sens attirée par quelqu’un autre"
"Oh…. En même temps ce n’est pas plus mal que tu t’en rendes compte maintenant, tu ne feras pas augmenter le taux de divorce comme ça ! " gloussais-je nerveusement.
"Ça n’a rien de drôle Cath ! " me dit-elle en me clouant du regard.
"Désolée…" murmurais-je confuse
"Non c’est moi, je ne devrais pas te retenir ici avec mes histoires, tu as mieux à faire ! Et puis Lindsey doit t’attendre, viens je vais te raccompagner à ta voiture" me dit-elle soudain.
Elle s’était levée et se tenait contre mon bureau, tout près de moi... Assez près pour me toucher...
"Non, non" bégayais-je, "c'est inutile". Je rassemblais de mes deux mains tremblantes, des documents éparpillés sur mon bureau afin de me donner une contenance et de ne pas céder à une impulsion que je regretterais sûrement, celle de passer ma main sur le visage de Sara… ou pire celle de l’embrasser…
"Je suis garée au sous-sol, il y a toujours un gardien"
"Ted est en congé cette semaine, et il est tard ça serait plus sûr si je venais avec toi "
La conviction de sa voix grave démentait son sourire enjôleur et impliquait beaucoup plus qu'une simple marche jusqu'au parking souterrain. Du moins me semblait il… je crispais mes mains sur mes feuilles et laissant tomber ma garde, je regardais Sara droit dans les yeux : "Je n'en suis pas si sûre…"
Je n’aurais jamais dû entamer ce petit flirt verbal. Sara s’approcha encore de moi et leva une main vers ma taille. Ce contact avait déjà de quoi me surprendre mais Sara alla bien au-delà. Ses yeux noirs plongés dans les miens, elle saisit le bas de mon chemisier de soie et me caressa doucement au niveau du bras. Je n’avais jamais connu personne d'aussi direct dans son approche... et je m’étonnais que Sara puisse être si abrupte, mais je n’avais jamais connu personne comme Sara. Mon coeur s'emballa alors quand la grande brune caressa ma joue. Baissant la tête, je fixais le bras de Sara qui m'enlaçait à présent. La chemise de la grande brune était d'un bleu lavande très doux et Sara en avait retroussé les manches... Je laissais donc mon index caresser doucement la peau de son avant bras… Je la sentis frissonner légèrement. Je soulevais alors mes mains vers les épaules de la jeune femme qui m'étreignait, et je sentis la puissance de ses bras qui m'attiraient contre son corps.
"Sara..."
Oui j’avais murmuré son nom, je lui avais offert mes lèvres, ce qui avait eu pour effet immédiat de la faire reculer, et Sara était partie, me plantant en plein milieu de mon bureau, sans même se retourner. Embarrassée, humiliée, j’avais aussitôt mesuré les conséquences de mon égarement. Je m’étais laissée attirée par l'énigmatique Sara contre toutes les règles de conduite professionnelle, contre tout bon sens, contre toute moral. Étais-je devenue folle ?! Je n’en savais rien, mais le lendemain Sara avait quitté la ville, sans même un au revoir.
Je n’oublierai jamais la texture soyeuse de sa peau, je me rappelais toujours la façon dont Sara avait retenu son souffle quand elle s'était approchée de moi... et qu’elle m’avait prise dans ses bras. Je n’oublierai jamais que Sara s'était trouvée à deux doigts de m'embrasser... Sa bouche tout près de la mienne… Me souvenir de tout ce qui s’était passé au labo avant que Sara ne sorte de ma vie aussi précipitamment qu’elle y était entrée, ne me fit aucun bien, bien au contraire. Sara m’avait laissé seule, elle m’avait abandonnée, et à présent j’étais plus loin que jamais de ce que j’aurais désiré être pour la grande brune.
Je me rappelais encore très nettement ce que j’avais ressenti des mois plus tôt, lorsqu’elle m’avait prise dans ses bras : je me sentais en sécurité. Mais depuis que je m’étais laissée aller à cette étreinte, tout avait basculé... Je ne pouvais pas me débarrasser de ce sentiment de honte que j’avais ressenti ce soir là dans mon bureau. Cette honte que j’avais éprouvée à lui avoir offert une partie de mon corps si facilement. Et Sara l'avait refusée, pire elle m'avait repoussée...
Je poussais un juron étouffé... Voilà qu'elle avait été ma première erreur. M’accrocher à Sara ; elle était bien trop jeune et trop belle pour moi. A ses yeux je n’avais sûrement aucun intérêt, après tout je n’étais qu’une vieille femme. Ma seconde erreur fut de ne pas partir loin d'elle quand je le pouvais encore et de succomber à ce regard noir et sombre pourtant si angélique…
Mais savez-vous ce qui a été le pire dans tout ça ? Son retour…
Lorsque je l’ai vue en bas dans le hall, j’ai d’abord cru à une hallucination… encore une parmi d’autres… depuis presque 6 mois je la voyais partout le jour comme la nuit, alors pour tromper mon ennui et ne pas sombrer dans la folie, je cherche des femmes qui lui ressemblent, je passe la nuit dans leurs bras, elles font illusion pour quelque heures…mais au matin ce n’est jamais Sara que j’ai dans mes bras… Je me promets de ne pas recommencer, de ne pas m’infliger une autre déception de la sorte, mais dès que la nuit tombe… mes instincts de chasseuse reprennent le dessus, et je repars en quête d'une nouvelle proie…
Mais cette fois c’était elle… c’était bien elle, Sara !... Je n’avais plus qu’une envie courir dans ses bras, l’embrasser avec passion et lui dire de ne plus jamais me quitter…
Lorsque je suis arrivée près d’elle, elle m’a sourit si tendrement, si sincèrement… Personne ne m’avait sourit de cette façon depuis bien longtemps. Depuis le jour où j’ai pris la tête du casino de Sam, L’Éclipse, les gens me mentent du matin au soir, souhaitant tous obtenir quelque chose de moi, me flattant et me courtisant dans le seul but d’obtenir mes faveurs. Sara n’était pas comme ça, elle avait de nombreux défauts mais elle ne se servirait jamais de moi pour son confort personnel. Le sourire qu’elle venait de m’offrir me le prouvait, je savais que nous avions tout un tas de choses à nous dire, je savais aussi qu’une partie de moi lui en voulait d’être partie de cette façon… mais j’étais sûre qu’elle pouvait voir ma joie briller dans mes yeux… c’est alors que je l’ai ressentie… cette crampe dans mon bas ventre, cette vieille amie que je n’avais pas vue depuis plusieurs années et que j’avais récemment retrouvée… Un voile se déposa tout à coup sur mon regard et les gens autour de moi me semblaient soudain flous, je perdis Sara du regard, elle disparut littéralement comme si elle n’avait été qu’un mirage, pourtant je savais qu’elle était là, que son regard pesait encore sur moi…
Mon front perla de sueur, et ma jambe droite commença à trembler légèrement, menaçant de me lâcher à chaque minute… Je devais remonter dans mon bureau, il le fallait à tout prix…
Lorsque que Sara était partie, je m’étais retrouvée seule, désarmée, impuissante face à cet amour qui naissait en moi et m’étouffait peu à peu… je n’avais trouvé qu’une seule amie pour me comprendre et m’aider à traverser ça… Cocaïne ! Je ne l’avais pas vue depuis plus de 14 ans, mais lorsque j’en avais eu besoin, j’avais immédiatement su où la trouver ! Enfin pour être honnête c’est elle qui m’avait trouvée… On avait d’abord commencé par se « revoir » occasionnellement, quand mes journées étaient trop dures, quand Sara me manquait trop… quand Lindsey était rentrée à la fac et que je m'étais retrouvée seule avec mes pensées ! Puis peu à peu on a recommencé à se voir tous les jours, puis plusieurs fois par jour… Elle avait toujours été là pour moi, elle m’avait toujours été fidèle, bien sûr elle m’avait fait du mal, presque autant que Sara, mais elle au moins jamais elle ne me quitterait, elle serait toujours là pour moi !
Mon pas s’accéléra soudainement et mes pensées aussi… une dernière fois… une dernière fois, je vais la retrouver une dernière fois, faire une dernière danse dans ses bras ! Maintenant que Sara est de retour je n’ai plus besoin de cette merde… Sara… Sara… elle ne doit pas me voir dans cet état… Sara, ma Sara, ma véritable drogue… Sara…
Sara:
Le tient pâle et le regard glacial de Catherine m’avaient tétanisée… C’est vrai qu’elle n’avait jamais été très chaleureuse avec moi, mais elle ne m’avait jamais ignorée de la sorte. Bien sûr après la façon dont j’étais partie je ne m’attendais pas à ce qu’elle me saute dans les bras, mais je ne m’attendais pas non plus à une telle indifférence. C’est comme si j’étais devenue transparente, comme si j’avais tout simplement disparu de son champ de vision, elle me regardait sans me voir… c’était une sensation plutôt étrange, c’était comme si une part de son être voulait rentrer en contact avec moi, pendant que l’autre tentait délibérément de m’ignorer. Comme si la Catherine qui me faisait face m’était à la fois familière et pourtant parfaitement étrangère…
Je pouvais voir que quelque chose n’allait pas, je pouvais le sentir… et mon instinct ne me trompait jamais lorsqu’il s’agissait de Catherine… enfin presque jamais. Car le soir précédent mon départ je n’étais pas sûre d’avoir eu raison d’écouter mon instinct…
J’avais observé Catherine avec intérêt et émotion, depuis le seuil de son bureau. Elle avait tourné son fauteuil vers la baie vitrée, ce qui me permettait d'apprécier à loisir le jeu de lumière sur ses jambes allongées. J’ai alors remarqué que le chemisier de Catherine s'échappait à demi de son pantalon, et j’avoue avoir trouvé cette touche légèrement négligée vraiment très sexy… Je pouvais sentir l’ambiance électrique qui régnait dans la pièce, je savais que depuis ce qui m’était arrivé, Catherine se remettait en question depuis un certain temps, beaucoup d’entre nous se remettaient en question suite à mon enlèvement, à commencer par moi ! Mais Catherine se posait la question plus sérieusement que les autres, je pouvais le voir à la petite ride qu’elle avait au coin de la bouche, chaque fois que je la croisais dans un couloir. J’avais également entendu au hasard d’une conversation téléphonique qu’elle songeait véritablement à quitter le labo, du moins pour quelques temps, juste le temps pour elle de faire le point, je me surpris alors à regretter ce départ. Quand elle serait partie je ne la reverrais plus et cette simple idée me faisait souffrir comme jamais. J’ignorais pourquoi j’éprouvais un tel désir de retenir cette femme en particulier.
La situation commençait à se corser au labo entre Gil et moi, surtout depuis mon retour… et si Catherine restait, elle se trouverait prise dans la tourmente. Elle n’y était pour rien, et elle ne le voyait sûrement même pas arriver, mais j’avais réalisé récemment que mes sentiments pour elle, étaient plus qu’amicaux…
Catherine avait de nouveau tourné son fauteuil vers la pièce et repoussa l’une de ses soyeuses mèches blondes. Je remarquais immédiatement les traces de fatigue autour de ses yeux, et je ne pus m’empêcher de sourire, elle avait l’air si fragile tout à coup. Je ne devais pas l'aborder, pas ce soir, ce serait bien trop risqué pour nous deux. J’avais passé toute la journée à penser à elle, à la demande en mariage de Gil, au oui tremblant et incertain qui était sorti de ma bouche, et que je regrettais d’avoir prononcé… Je ne devais pas parler à Catherine aujourd’hui, pourtant une envie irrépressible d'approcher du fruit défendu s'était soudain emparée de moi.
"Catherine..."
"Sara... Je... Tu travailles tard ! " Dit-elle en baissant les yeux visiblement gênée par ma présence.
"Toi aussi à ce que je vois"
Je m’avançais dans la pièce, sans la quitter des yeux : "J'ai vu de la lumière… Mais je ne pensais pas te trouver ici, j’ai cru que tu avais juste oublié d’éteindre comme toujours… " C’est vrai qu’elle avait cette étrange habitude de ne jamais éteindre derrière elle.
"Je devrais être partie depuis longtemps oui, Lindsey m’attend ! " me répondit elle en jetant un rapide coup de d’œil à sa montre.
J’avançais encore un peu, jusqu'à me retrouver face à elle : "Tu n’as pas le temps d’aller prendre un verre alors ? " elle vient de te dire que sa fille l’attend tu le fais exprès ou quoi Sidle ?!
"Pourquoi me demandes tu ça ? " dit elle en me regardant furtivement.
"J’aurais voulu te parler…" Tu parles ouais, des salades, tu veux seulement passer un moment seule avec elle, rien d’autre.
"Me parler ? Et de quoi ? "
Vite Sara trouve quelque chose à dire, n’importe quoi…
" De Gil…" De Gil ? Mais qu’est ce qui m’a pris de dire ça ?! S’il y a bien un sujet au monde que je ne veux surtout pas aborder avec Catherine, c’est bien Grissom !
Je sentis la petite blonde se crisper : " Si tu veux des conseils sur le mariage Sara, je ne suis pas la mieux placée pour ça ! " me lança t’elle visiblement un peu contrariée.
" Je crois que je ne devrais pas épouser Gil, je pense que c’est une erreur…" De mieux en mieux Sara, mais vas y dis lui carrément que tu as le béguin pour elle.
Le reste de la conversation m’échappa complètement, je n’avais plus la situation en main… A bien y réfléchir, je ne l’ai jamais eu vraiment en main de toute façon ! La fin de la conversation ne fut que regards en coin et sous-entendus. Jusqu’au moment où je me suis approchée d’elle, j’étais proche… si proche que je pouvais percevoir les battements de son cœur. Je ne pouvais pas la laisser partir comme ça, l’occasion était trop belle. Je l’attendais depuis trop longtemps... D'un simple geste de la main, j’atteignis sa taille et frôlais doucement son bras. Le contact de la soie fraîche me grisa. Nos regards se soudèrent, et Catherine caressa doucement mon avant bras. Je resserrais mon étreinte sur son corps, et je la sentis glisser ses bras autour de mon cou, elle entrouvrit alors sa bouche qu’elle m’offrit tel un fruit mûr. Elle qui était habituellement si sauvage et difficile à approcher, je sentais qu’elle s’abandonnait à moi. A cette invitation muette, j’eus follement envie de répondre dans la seconde : la réaction de Catherine prouvait qu'elle aussi voulait ce baiser.
"Sara..." murmura t’elle presque ardemment.
Je fermais les yeux, troublée par ce doux murmure, puis avec une volonté d'acier je parvins à me détourner de Catherine pour sortir de la pièce. Je mourrais d'envie de lui donner ce baiser, de connaître enfin la chaleur de ses lèvres, mais je ne voulais pas que notre premier baiser aie le goût de la trahison et du remords… Avant de posséder pleinement Catherine je devais mettre les choses au clair avec Grissom !
L’évocation de ce souvenir me secoua plus que je ne l’aurai pensé, et lorsque je me retournais enfin pour suivre Catherine du regard, elle avait déjà disparu dans la foule du casino depuis bien longtemps. Une fois encore je me retrouvais seule au milieu du hall, paralysée…
Réagis Sidle, réagis bon sens ! Mes jambes prirent alors le contrôle de la situation, puisque ma tête était incapable de le faire, et en moins de deux minutes je m’étais retrouvée à l’accueil de l’hôtel et j’avais demandé une chambre…
« Pour combien de nuits mademoiselle ? » me demanda le jeune homme brun derrière son comptoir.
« Juste une nuit… une seule nuit…» murmurais-je du bout des lèvres.
« Parfait ! Je vous souhaite un bon séjour à l’Éclipse mademoiselle » me dit il en me tendant la clef de ma chambre.
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La chambre était vraiment luxueuse, très spacieuse… et le peu de meubles qui se trouvaient dans la pièce révélaient un goût sûr et discret. L’ambiance générale était plutôt chaleureuse, rien à voir avec toutes ces chambres d’hôtel tape à l’œil et racoleuses que j’avais écumé et inspecté lorsque je travaillais encore à Vegas en tant que CSI.
J’étais à peine installée dans ma chambre, que des coups vifs et saccadés résonnèrent sur ma porte.
« Sara ? Sara Sidle ? » Je ne pus m’empêcher de sourire, en découvrant l’homme vêtu de noir devant ma porte, qui venait de prononcer cette phrase. Pendant un quart de seconde je me serais crue dans Terminator… « Elle veut vous voir, ne la faites pas attendre ! » me dit il alors d’une voix grave. Mon sourire s’effaça instantanément…
« Qui veux me voir ? » demandai je d’une voix faussement poser.
« Vous le savez très bien !... » dit-il en repoussant ses lunettes de soleil sur l’arrête de son nez.
Mon cœur ratât un battement… elle voulait vraiment me voir ? Comment avait-elle su si vite que j’étais encore là ?
« Et si je ne veux pas la voir ? » Tu es folle ou quoi ?! Bien sûr que tu veux la voir !
« On ne dit pas non à La Baronne…»
« La Baronne ?! » demandais-je étonnée. Même si je trouvais que ce surnom lui allait comme un gant, je ne pouvais m’empêcher de me demander pourquoi les gens l’avaient surnommée ainsi… bien que j’avais tout de même une vague idée sur le sujet. Je savais bien que dans une ville comme Vegas, rien ne vous collait plus à la peau qu’un surnom, surtout lorsque que vous rentrez dans un cercle aussi fermé que celui des propriétaires de Casino, visiblement Catherine n’avait pas dérogé à la règle. Comment l’aurait-elle pu ? De plus elle était la fille unique de Sam Braun, ce qui n’arrangeait pas les choses, enfin de mon point de vue…
« Elle vous attend dans son bureau…»
« Et comment suis-je sensée trouver son bureau ? Le seul bureau que je connaisse c’est celui du laboratoire de la ville de Vegas ! Mais j’imagine que ce n’est pas là qu’elle se trouve ? »
« Prenez l’ascenseur jusqu’au 51ème ! Son bureau est là » dit-il en me tendant une carte magnétique.
« Et une fois au 51ème étage je la trouve où votre Baronne… »
Le grand blond me sourit : « Je suis sûr qu’une CSI aussi brillante que vous, n’aura aucun mal à percer ce mystère… »
« Ex ! Ex CSI ! » lui répliquais-je avant de lui prendre la clef des mains et de me diriger vers l’ascenseur.
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Une fois à l’intérieur de l’ascenseur, je me rendis compte qu’il n’y avait pas d’étage 51 indiqué sur le clavier numérique. Seul un petit boîtier noir se trouvait au-dessus du chiffre 50…
J’imagine que c’est pour ça qu’il t’a donné une carte Sidle ! Allez passe là sur le boîtier qu’est ce que tu attends ?!
J’avais tout juste passé la carte près du boîtier qu’un bip se fit entendre et que l’ascendeur commença son ascension. Il monta rapidement… très rapidement… trop rapidement 41… 42… 43… 44… je ne pouvais pas quitter les chiffres qui défilaient sur le petit cadran rouge 45… 46… 47… mes jambes menaçaient de me lâcher à chaque seconde, à chaque étage qui me rapprochait d’elle 48… 49… 50… mon estomac venait de se joindre à la fête, j’avais l’impression que mes tripes s’étaient mises à danser le quadrille… 51… mon cœur explosa littéralement lorsque les portes de l’ascenseur s’ouvrirent…
Il me fallut quelques secondes avant de pouvoir sortir de la cage d’ascenseur...
Je me retrouvais alors dans une immense pièce… il ne me fallut que quelques instants pour l’identifier comme étant le bureau de Catherine.
L’endroit était sombre, et seules les lumières de la ville éclairaient un peu la pièce. Mais je n’eus pourtant aucun mal à trouver la silhouette de Catherine, qui se tenait debout près de la grande baie vitrée. Elle était là, presque tapie dans l’obscurité, toujours aussi ténébreuse et mystérieuse, et terriblement fascinante…
Je ne pouvais pas empêcher mes mains de trembler, ni mon cœur de s’emballer… ce même cœur qui m’avait trahie en tombant amoureux de la seule femme que je ne pourrais jamais avoir… ce même cœur qui appartenait désormais à l’ennemi. Et puis l’impensable se produisit… Catherine se retourna brutalement pour me faire face… Son regard trouva immédiatement le mien, j’avais l’impression qu’elle pouvait lire en moi, comme elle l’avait toujours fait jusqu’ici, je retrouvais enfin la Catherine que je connaissais…
Elle s’avança d’un pas dans ma direction et me sourit….
Son sourire me bouleversa à un tel point que je ne la vis pas se précipiter sur moi. C’est simplement une fois qu’elle fut à ma hauteur que je vis que ses yeux brillaient de larmes.
« Catherine je… » elle ne me laissa pas la moindre chance de finir ma phrase, la douleur et la surprise de la gifle qu’elle venait de me donner firent mourir le reste de ma phrase sur mes lèvres.
« Ça c’est pour être partie de Vegas sans rien me dire ! » cria t’elle la main encore levée « Et ça c’est pour être revenue ! » dit-elle en me déposant rapidement un baiser sur la joue avant de me prendre tendrement dans ses bras.
A cette seconde précise je ne saurais dire ce qui m’avait le plus stupéfaite dans son comportement : la gifle qu’elle m’avait donnée, le baiser qu’elle avait déposé sur ma joue encore douloureuse ou l’étreinte tendre et silencieuse que nous étions en train de partager en ce moment…
Fin de la première partie