Salut tout le monde :o) Oui, oui je sais la deuxième partie à était un peu longue a venir... Mais entre les vacances, le Round Robin, puis enfin la rentrée, je n'ai peu eu beaucoup de temps ! J'espère que cette partie de l'histoire vous plaira, à bientôt pour la suite...
Alex
Un passé si présent….
Seconde partie
Par Alexielle
Catherine :
J’avais eu le plus grand mal à rejoindre mon bureau avant que mes jambes ne me lâchent, mais au prix d’un effort surhumain je n’avais pas flanché, je ne pouvais pas faiblir devant mes clients, devant Sara… ni devant mes hommes, qu’auraient-ils pensé de la Baronne, si je m’étais effondrée dans le hall…Qu’aurait pensé Sara ?...
La baronne, quel étrange surnom j’avais là… Je le devais à Joseph Sanchez dit le Baron, Jo était le plus vieil ami de mon père, et lorsque j’avais repris l’hôtel de Sam, Jo était venu à mon aide, il m’avait enseigné les ficelles du métier… les casinos de Vegas n’avaient pas changé depuis les années vingt, la mentalité y était toujours la même : une femme ne pouvait pas diriger un tel établissement, je défiais la loi, l’aisance même qui avait vu naitre Vegas…
Jo savait que j’aurais de gros ennuis à la seconde même où j’aurai inauguré l’Eclipse, en coupant le fameux ruban rouge. Il m’avait donc prise sous son aile, et avait fait savoir partout en ville, que quiconque s’attaquerait à moi, s’attaquerait à lui ! Les gens nous voyaient souvent ensemble, et par association, je suis donc devenue la Baronne… Le fait d’être la fille de Sam Braun m’avait ouvert certaines portes… et lorsque j’avais hérité de l’hôtel casino de mon père, j’avais hérité de ses ennemis en même temps, c’était une sorte de pacage…
Jo avait beaucoup d’affection pour moi, il m’avait connue du temps où j’étais encore danseuse… c’était un client fidèle à l’époque, il avait toujours été gentil et respectueux avec moi, il n’avait jamais eu le moindre geste déplacé envers moi, peut-être parce qu’il savait que j’étais la fille de Sam, quoi qu’il en soit, de client, il était devenu un ami, un véritable ami ! Et aujourd’hui que j’étais à la tête d’une partie de l’empire de Sam il était encore là pour moi, là pour me protéger, je savais qu’il faisait de son mieux mais il ne pouvait pas me protéger de la personne la plus dangereuse pour moi…
Moi-même…
J’étais en train de me détruire à petit feu, chaque jour qui passait, chaque jour où ce poison coulait dans mes veines m’entraînait un peu plus dans les ténèbres… chaque jour je perdais un peu plus la lumière de vue… ma lumière… Sara… Elle seule pouvait déchirer les ténèbres qui régnaient désormais sur ma vie. C’est étrange, la vie… je savais qu’elle seule pouvait me sortir de cet enfer, elle seule pouvait me donner la force de m’en sortir mais pour ça il aurait fallu que je lui montre mes faiblesses, que je lui montre quel être humain pitoyable je pouvais être et je n’étais pas prête pour ça… je n’étais pas prête pour me soumettre à son jugement, je n’aurais jamais la force de supporter le mépris que je lirai dans ses yeux… Elle ne m’avait jamais aimée, jamais comprise, pas une fois en huit ans elle n’avait fait un pas vers moi, alors aujourd’hui que je n’étais plus que l’ombre de moi-même, ce n’était plus un fossé qui nous séparait mais une profonde et infranchissable crevasse… Je laissais ma tête retomber sur le dossier de mon fauteuil en cuir. J’avais replongé dans la drogue pour me libérer de mes chaînes, pour me libérer de Sara, et aujourd’hui je me rendais compte que ces chaînes étaient toujours là, pire, qu’elles étaient devenues plus lourdes et plus solides que de l’acier. J’étais toujours prisonnière des mêmes démons… et il était temps pour moi de m’en libérer, de les affronter ! Mais pour affronter le premier de mes démons j’avais besoin du second…
J’ouvris rapidement le tiroir du haut de mon bureau et glissais ma main jusqu’au fond du caisson, d’où je tirais un petit sachet de poudre blanche… Il ne me fallu pas plus de cinq minutes pour préparer deux lignes de cocaïne et il me fallu encore moins de temps pour les laisser pénétrer dans mes narines. Une fois la légère sensation de brulure passée, la tête me tourna quelque peu, je fermais les yeux attendant que la pièce arrête de tanguer. Un haut le cœur s’empara de moi, et mes mains se mirent à trembler… après quelques secondes mon rythme cardiaque ralentit et ralentit encore… jusqu'à ce qu’il devienne tous juste perceptible. Tous les muscles de mon corps se détendirent, j’étais comme désarticulée… mes pensées cherchèrent leur chemin dans la brume de mon esprit, et soudain l’étincelle se fit… Une énergie venue de nulle part, une exaltation surgit du plus profond de mon être remonta partout en moi et me submergea littéralement.
J’ouvris les yeux et fis pivoter mon fauteuil, avant de saisir mon téléphone : « Sécurité bonjour… » me dit une voix masculine à l’autre bout de la ligne.
« J’ai besoin de savoir si une grande jeune femme brune, 35 ans, de type caucasien, vêtue d’un jean, chemisier noir, se trouve toujours dans le hall de l’hôtel… Mon poste est allumé, envoyez moi l’image en direct immédiatement » avais-je dit sans aucun ménagement, l’œil brillant.
« Bien Patronne… » avait-il répondu avant de me connecter sur la caméra de surveillance du hall central directement sur mon PC portable.
Mes yeux avaient immédiatement cherché Sara, et je l’avais trouvée en moins de quinze secondes. Le réceptionniste était en train de lui tendre la clé de l’une de nos chambres… et la grande brune se dirigeait vers les ascenseurs.
Sara était encore là… j’avais une chance de pouvoir lui parler…
Je décrochais de nouveau mon téléphone : « La réception j’écoute »
«Ici Catherine »
« Oh, bonsoir patronne »
« La jeune femme qui vient de passer, quelle chambre lui avez-vous donné ? »
« Quarante et unième étage, chambre 412 »
« Bien, pour combien de nuit à t’elle réservée ? »
« Une seule madame ! »
Une seule… une seule nuit… Je n’avais plus une seconde à perdre !
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J'avais envoyer Jonas, l'un de mes plus fidèle garde du corps, chercher Sara dans sa chambre...
Et lorsque j’avais entendu les portes de l’ascenseur s’ouvrir mon cœur avait littéralement bondi de ma poitrine pour s’écraser sur le sol juste à mes pieds. Je dus faire un réel effort pour continuer à fixer mon attention sur la baie vitrée qui me faisait face, je mourrais d’envie de courir près de Sara, mais je devais lui laisser encore quelques minutes pour qu’elle s’habitue à son nouvel environnement…
Je pouvais percevoir la respiration rapide de la grande brune, je devinais sa présence dans mon dos.
Je pouvais la sentir me chercher des yeux… et j’avais ressenti à la seconde même où elle m’avait trouvée, un frisson intense me parcourir.
Je ne pouvais plus attendre il fallait que je me retourne…
Elle était là, me fixant comment si elle avait un million de choses à me dire, mais qu’elle ne savait pas par où commencer. Son air perdu me toucha au plus profond de mon être, dieu que son regard, son sourire m’avaient manqué !
Je m’avançais d’un pas dans sa direction et lui sourit….
Et tout à coup une étrange fureur m’avait envahis, la femme qui se trouvait devant moi m’avait abandonnée, trahie, elle était partie sans moi, elle m’avait oubliée, rayée de sa vie pendant une année entière. Une année pendant laquelle j’avais vécu un véritable enfer par sa faute. Oui mais aujourd’hui elle était là, elle était revenue vers moi… cela n’excusait pas tout mais c’était un début.
Je m’approchais encore d’elle les yeux brillant de larmes, dévorée par une tempête d’émotion. Partagée entre la joie de la retrouver et la colère de l’avoir perdue.
« Catherine je… »
Je ne voulais pas de ses explications, enfin du moins pas tout de suite. J’avais besoin qu’elle comprenne, qu’elle ressente la même chose que moi, et pour ça je n’avais pas trouvé d’autre moyen que de la gifler : « Ça c’est pour être partie de Vegas sans rien me dire ! » hurlais-je d’une voix dure « Et ça c’est pour être revenue ! » lui dis-je en déposant un baiser sur sa joue, j’aurais voulu l’embrasser à pleine bouche, et retrouver le goût de ses lèvres sur les miennes mais je n’en avais pas eu le courage, j’avais tout juste eu la force de la prendre dans mes bras. Mais maintenant que j’étais dans ses bras, à présent qu’elle partageait mon étreinte, je m’accrochais à elle comme si ma vie en dépendait. Sara était ma planche de salut et je ne pouvais plus la laisser me quitter. Sentir son corps chaud tout contre le mien m’avait apaisée d’une façon que je ne saurait décrire, j’avais l’impression d’être rentrée à la maison après une longue année perdue à errer sur les océans les plus déchaînés. Mais j’étais de retour, j’avais retrouvé mon chez moi… Sara !
Nous étions là, dans les bras l’une de l’autre, nichées au cœur d’un long silence doux et confortable, profitant simplement du fait d’être ensemble. Après encore quelques minutes, je me décidais enfin à briser mon étreinte. A regret je m’éloignais d’elle.
Elle me sourit timidement, visiblement un peu gênée par ce moment d’intimité. C’est vrai que Sara et moi avions plus l’habitude de nous retrouver sur des terrains glissants, de nous affronter pour un rien et de faire comme si rien ne s’était passé ensuite. Ouais on était plus fortes à ce jeu là je dois dire, qu’à comment tu vas ce matin, si on prenait un café ensemble ?
Je n’ai jamais su parler à Sara, jamais ! Et aujourd’hui je comprends enfin pourquoi… Je suis folle amoureuse de cette femme, il m’a fallu du temps pour le comprendre et l’accepter, mais c’est la stricte vérité, je l’aime. Si j’étais toujours si brutale avec elle, c’était par peur… La peur quelle découvre mes sentiments pour elle, peur qu’elle me les jettes en pleine figure, peur qu’elle se moque de moi, qu’elle me rejette… J’ai peur qu’elle mette le chaos dans ma vie mais finalement le l’ai mis toute seule… Et aujourd’hui j’ai besoin de Sara pour remettre de l’ordre dans tout ça !
« Je suis contente de te voir…» m’avoua finalement Sara en fixant tout ce qu’elle pouvait dans la pièce sauf moi.
« Je suis contente de te voir aussi » lui dis-je dans un faible sourire. Mes yeux la fixaient avec un tel intensité que c’en était presque douloureux, mais je ne pouvais pas m’en empêcher, j’avais tellement peur que tout ça ne soit qu’un rêve que j’avais besoin d’observer chaque ligne de son visage pour être sûre qu’elle était bien en face de moi et que ce n’était pas encore un mirage du à mon imagination ou à la drogue.
L’estomac de Sara se manifesta alors dans un grognement sourd.
« Désolée… » dit-elle en posant ses mains sur son estomac avant de rougir légèrement
« A quand remonte ton dernier repas ? » lui demandais-je certaine de connaître la réponse
« Heu… et bien… » marmonna la grande brune en levant les yeux sur le plafond, comme si la réponse y était inscrite.
« Si tu n’arrives même pas à te souvenir de ça, c’est que ça doit faire bien trop longtemps ! Tu ne changeras jamais Sara Sidle, je me demande comment tu as fait pour survivre une année entière sans moi ! » Consciente de la portée de mes mots ou de l’interprétation qu’aurait pu en faire Sara, je me sentie honteuse. Mais qu’est ce qui m’avait pris de lui dire une chose pareille. Un silence embarrassé nous avait soudain entourées….
L’estomac de Sara se mit de nouveau à grogner et m’offrit ainsi une chance de rompre le silence : « Allez viens… » lui dis-je en lui faisent un signe de tête « Je t’invite à dîner »
« Catherine tu… je… ce n’est pas la peine tu sais » dit-elle alors que son estomac grogna à nouveau.
« Je crois qu’il n’est pas de ton avis… » lui répondis je simplement en pointant mon doigt sur son ventre.
Elle se contenta simplement de me sourire d’un air gêné.
« Alors on y va ? » lui demandais-je en me dirigeant vers mon ascenseur privé.
« On y va ! » me dit elle en me rejoignant avant de se glisser près de moi dans l’ascenseur.
Les portes se refermèrent sur nous et la descente de cinquante et un étages commença. Le parfum de Sara flottait dans l’air… les deux premiers boutons de son chemiser étaient ouverts, et chaque fois qu’elle respirait sa poitrine se soulevait, m’offrant une vue plongeante sur ses seins.
Mon cœur battait la chamade, j’avais tellement envie de cette femme, elle me hantait depuis si longtemps que je n’avais plus qu’une envie la posséder enfin… Je ne sais pas si c’est le poison qui coule dans mes veines qui me pousse vers elle de cette façon, ou si c'est simplement mon désir pour elle, mais si ma peau ne rentre pas en contact avec la sienne dans la seconde, je vais finir par faire de l’auto combustion…
Je me rapprochais alors de Sara, réduisant ainsi la distance qui nous séparait… Je vis qu’elle me jeta rapidement un coup d’œil, mais elle n’émit pas le moindre son. Le battement de mon cœur augmenta encore lorsque la paume de ma main frôla la sienne…
Le souvenir du soir où elle m’avait prise dans ses bras me frappa alors de nouveau et mon besoin de la sentir près de moi fut encore plus fort… Mon annulaire glissa le long de sa paume, puis parcouru chacun de ses doigts, un peu maladroitement, avant de saisir son annulaire.
Nos deux doigts étaient enlacés, aussi étroitement qu’il était possible, ma peau avait retrouvé la sienne, j’avais fait le premier pas vers Sara, restait à savoir si elle l’accepterait…
Je ne pouvais pas tourner la tête pour la fixer, je ne pouvais rien faire d’autre que de fixer la porte en face de moi. Je ne m’étais même pas rendue compte que j’avais retenu mon souffle. Je sentis alors Sara bouger nerveusement à côté de moi avant de se racler la gorge.
« Je…je suis heureuse d’être avec toi Cath, tu m’as manquée… »
« Tu m’as manquée aussi » lui dis je avant de prendre complètement sa main dans la mienne et de la serrer avec force.
Tu m’as vraiment manquée… pensais-je le cœur battant.
Sara:
Je n’étais pas vraiment sûre de comprendre ce qui était en train d’arriver, je n’avais plus vraiment compris grand-chose à la seconde où Catherine m’avait prise dans ses bras. Je crois que j’avais perdu le contrôle de la situation, ce n’est pas que je la contrôlais vraiment, mais j’avais une vague idée de quoi faire. A présent que ma main était dans celle de Catherine, j’avais définitivement perdu pied !
Je pouvais sentir Catherine serrer ma main avec force comme si elle avait peur que je reparte à nouveau, comme si je n’étais pas vraiment là. Mon dieu, cette femme me faisait complètement défaillir ! Si je m’étais écouté j’aurai appuyé sur le bouton stop de l’ascenseur et je lui aurai fait l’amour avec passion et envie… mais heureusement pour moi la voix de la raison était encore la plus forte, enfin pour l’instant… Ce n’était pas seulement cette petite voix qui me retenait d’arrêter l’ascenseur dans sa course et de vider mon sac à Catherine, en lui criant mon amour. Je pouvais voir sans peine que la petite blonde était perdue, elle me paraissait plus fragile que jamais, même si elle faisait de son mieux pour me le cacher, cela me crevait les yeux.
L’ascenseur se stoppa soudain… et les portes s’ouvrirent. Catherine ne bougea pas… sa main toujours sur la mienne. Je n’avais pas bougé moi non plus, craignant de briser cet instant si parfait. Les portes se refermèrent et Catherine et moi restâmes encore quelques minutes immobiles, prolongées dans le silence. Mon estomac choisit ce moment précis pour se manifester à nouveau…
« Je crois que nous devrions descendre » murmura Catherine
« Oui sûrement… » mais ni elle ni moi n’esquivions le moindre geste.
Mon estomac grogna encore et encore, jusqu'à ce que Catherine finisse par me lâcher la main et ouvre les portes avant de se glisser à l’extérieur. Je ne pus cacher ma déception lorsqu’elle rompit le contact qu’elle avait créé entre nous…
La chaleur de sa main me manquait déjà…
A mon tour je sortis de l’ascenseur et la suivis sans un mot
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Je la suivis jusqu'au restaurent de l’hôtel, une salle immense s’offrit à moi, pleine de tables bondées de gens, de lumière et de bruit.
Catherine entra dans la salle, et je ne saurai dire si c’était mon imagination ou si cela se produisit vraiment, mais j’aurai juré entendre un murmure général monter de la pièce. Quelques personnes se retournèrent même sur notre passage, ne quittant pas Catherine des yeux.
Un petit homme court sur jambes, et de bonne corpulence se précipita sur nous en toute hâte : « Patronne, vous ne nous aviez pas prévenus de votre visite, je fais immédiatement préparer votre table ! Pour deux ? » demanda t’il, jetant un rapide coup d’œil dans ma direction.
« Oui pour deux » lui confirma Catherine dans un hochement de tête.
« Parfait, j’en ai pour une minute » lança le petit homme en s’éloignant.
« Alors comment tu trouves ? » me demanda soudain Catherine en se tournant vers moi, me désignant la salle du menton.
« C’est magnifique ! On dirait une vraie salle de balle, j’ai l’impression d’être Cendrillon »
«Oh alors il va falloir que je surveille l’heure pour te ramener avant minuit, je ne voudrais pas que tu te changes en citrouille en plein milieu du hall ! » plaisanta t’elle.
« Votre table est prête Patronne ! »
« Merci Charles, oh, pourriez-vous demander au chef un menu spécial végétarien pour deux ?! » lança Catherine avant de s’asseoir.
« Mais bien sûr ! » lui assura le petit brun avant de disparaître en cuisine.
« Merci » murmurais-je
« Merci pourquoi ? » me demanda Catherine en nous servant du vin.
« Pour le spécial végétarien »
« Pas de quoi, tu verras Louis fait les meilleures omelettes végétariennes de Vegas ! »
« Je n’en doute pas… »
Le silence tomba alors entre nous, Catherine joua quelques secondes avec son verre de vin avant de le porter à ses lèvres.
« Alors…qu’est devenue Sara Sidle durant cette année où tu as quitté Vegas… » me demanda t’elle en reposant son verre. Ses yeux m’avaient transpercé tels deux éclairs.
« Je… j’ai bougé un peu à gauche à droite, j’avais besoin de faire le point sur moi, sur ma vie. J’avais besoin de savoir où j’allais… »
« Et à présent tu sais où tu vas ? » me demanda t’elle d’un ton un peu froid.
« Plus ou moins oui… »
« Pourquoi es-tu revenue Sara ? » lança t’elle en refermant ses doigts sur son verre.
« Pour la même raison qui fait que je suis partie… »
« Et pourquoi est tu partie ? »
« A cause de … » ma phrase resta en suspens « Catherine ton nez… » soufflais-je alors, affolée.
« Quoi mon nez ? »
« Tu saignes ! »
« Et merde ! » marmonna t’elle en portant sa main sous son nez « Excuse moi veux-tu, je reviens tout de suite » dit-elle en quittant la table avec hâte.
Je la suivie des yeux jusqu’aux toilettes, mon premier reflexe avait été de me lever aussi et de m’assurer qu’elle allait bien, mais je m’était ravisée. Après tout, je venais de la retrouver, et je dois dire que tout se passait bien mieux que je l’aurais pensé, alors je ne voulais pas prendre le risque de la braquer. Je me contentais donc de me ronger les sangs en silence en attendant son retour.
Quelques minutes plus tard Catherine réapparu, le front perlant de sueur, le teint pâle.
« Est-ce que ça va ? » lui demandais-je inquiète
« Oui ne t’en fais pas, je suis un peu fatiguée ces derniers temps, rien de grave » m’assura t’elle dans un faible sourire.
« Comment va ton nez ? »
« Mieux, merci ! Ce n’était rien ! »
Notre conversation fut interrompue par l’arrivée de nos assiettes. Catherine ne perdit pas une seconde et enfourna une grosse bouchée de son omelette. Je compris que c’était sa façon de me faire comprendre que le sujet était clos. Je tournais alors mon attention sur mon assiette. Après quelques minutes, je vis que Catherine n’avait pas retouché à son assiette. Elle jouait inlassablement avec le même bout de poivron depuis au moins dix minutes.
« Tu es sûre que tout va bien ? » lui demandais-je en plissant les sourcils.
« Hein ? Oh, euh oui tout va bien c’est juste que je n’ai pas très faim ! »
« Pourtant cette omelette est à tomber ! » lui assurais-je en enfournant la dernière bouchée qui se trouvait dans mon assiette.
« Contente que tu l’ais aimée ! Tiens, si ça te fait plaisir tu peux finir la mienne » me dit-elle en me tendant son assiette.
« Tu es sûre ? Pas de regrets ? »
« Aucun ! » m’assura t’elle « Quand tu auras fini, tu n’auras qu’à me rejoindre dans mon bureau, j’ai un truc urgent à faire, j’avais complètement oublié » dit elle en se levant.
« Tu es sûre que tout va comme tu veux Cath ? »
« Sara je vais bien ! » me dit-elle en s’éloignant de la table sans se retourner. Elle disparut rapidement au détour d’un couloir tout comme elle l’avait fait tout à l’heure.
Curieusement, à mon tour je n’avais plus très faim…
Catherine :
Ce n’était pas la première fois que mon nez me jouait ce sale tour, ces derniers temps, il saignait de plus en plus souvent, je savais que je m’étais bousillé les parois nasales à force de snifer toute cette merde. Mais ironiquement la seule façon de faire cesser ces saignements était la Coke, une petite inhalation, et hop mon nez arrêtait de saigner dans la seconde… Plutôt drôle non ?
Drôle, pas tant que ça, si l’on tient compte du fait que ce petit « accident » a interrompu ma discussion avec Sara ! Tout à coup je me sens lasse, je sens une nouvelle migraine se profiler à l’horizon… Hors de question, Sara n’est là qu’une seule nuit, je n’aurai pas de deuxième chance avec elle c’est ce soir ou jamais pour elle et moi…
« Quand tu auras fini, tu n’auras qu’à me rejoindre dans mon bureau, j’ai un truc urgent à faire, j’avais complètement oublié » m’entends-je lui dire en me levant.
« Tu es sûre que tout va comme tu veux Cath ? » me demanda t’elle, un lueur de panique dans le regard. Je pouvais voir qu’elle était inquiète, vraiment inquiète…
« Sara je vais bien ! » Comme il était facile pour moi de lui mentir quand j’étais sous l’effet de la drogue… je n’éprouvais ni remord, ni honte ! C’est l’effet magique de la poudre blanche, elle te désinhibe, elle rend les choses plus faciles… elle te donne le courage d’obtenir ce que tu veux… et moi ce que je veux plus que tout, ce soir… c’est Sara ! Oui je veux Sara Sidle !
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Je suis rapidement remontée dans mon bureau pour passer à l’offensive ! Vouloir Sara était une chose, obtenir Sara en était une autre !
Tout un tas d’idées se bousculaient dans mon esprit, mais je n’arrivais pas à en suivre une seule jusqu’au bout…
Mon cœur battait trop vite, ma tête était bien trop lourde et le sang qui coulait dans mes veines était chaud comme de la lave en éruption ! J’avais besoin d’une dose supplémentaire, une demi-dose suffirait largement… Avoir revu Sara aujourd’hui avait été un véritable choc pour moi, elle était revenue comme ça sans prévenir… et mon pauvre cœur était bien trop vieux et bien trop fragile pour surmonter ça tout seul !
Je savais exactement quelle quantité de drogue mon corps pouvait ingérer avant de tomber en overdose, je n’étais pas une débutante à ce jeu-là.
Je venais tout juste de prendre la demi dose en question quand les portes de l’ascenseur s’ouvrirent…
Sara…
D’un revers de la main, je fis disparaître les quelques traces de poudre blanche qui auraient pu me trahir…
La grande brune s’avança vers moi l’air songeuse.
« Tout va comme tu veux ? » lui demandais-je en m’enfonçant confortablement dans mon fauteuil en attendant que mes jambes veuillent bien m’obéir de nouveau.
« On peut dire ça… » dit-elle dans un haussement d’épaules, laissant sa main traîner sur le devant de mon bureau. « Tu te sens mieux, tu n’avais pas l’air très bien tout à l’heure ! »
Il était évident que Sara ne me trouvait pas dans mon assiette, elle devenait de plus en plus insistante, il était donc temps pour moi de changer de stratégie…
« C’est vrai oui… je suis fatiguée ces derniers temps ! Le boulot, tu sais ce que c’est ! »
« J’imagine qu’hériter un tel empire ne doit pas être de tout repos »
Je ne pus m’empêcher de lui sourire : « Je n’ai eu ‘que’ L’Eclipse est c’est bien suffisant crois moi ! J’étais loin d’imaginer que ça représentait un tel travail ! »
« Tu peux laisser tomber…Personne ne te force à continuer… » me dit elle en me fixant.
« JE, je me force à continuer ! Que voudrais-tu que je fasse d’autre ? »
« Reviens au labo ! Reprends ta place dans l’équipe, tu étais une bonne supérieure Cath, pourquoi avoir tout plaqué ? »
Je sentis mes mains se mettre à trembler de rage : « Alors comme ça TOI, tu aurais le droit de partir, de claquer la porte comme ça sans raison, mais les autres non ! Tu as fait un choix Sara, j’ai fait le mien… Hurlais-je presque.
« C’est vrai, mais je suis revenue… »
« Et alors quoi ? Tu penses que parce que tu es de retour à Vegas, tout va redevenir comme avant ? J’ai un scoop pour toi Sidle, les choses ont changé ici, les gens ont changé ! »
« TU as changé Catherine… pas moi ! » me lança Sara en détournant la tête comme blessée par cette constatation. « Qu’est devenue la Catherine que je connaissais, la Catherine qui se battait pour ses idées, celle qui était passionnée par son travail au labo, celle qui aimait et protégeait ses collègues, où est elle, cette Catherine là ?!»
« Elle est morte ! Elle est morte le jour où tu es partie ! Tu as tué cette partie de moi Sara ! » J’avais miraculeusement retrouvé l’usage de mes jambes. J’étais à présent débout, face à la grande brune qui m’accusait d’avoir changé… Elle avait raison, je n’étais plus moi-même, mais à qui la faute ?
« Catherine je… » chuchota Sara en posant des yeux ronds de surprise sur moi.
« Non ! » dis-je en levant la main pour la stopper « Je ne veux rien savoir ! J’ai bien compris que tu te moquais bien de l’équipe, de Gil… de moi, et du chaos que tu laissais derrière toi ! Tu nous as abandonnés Sara ! Voilà les faits, tu es partie sans un mot ! »
« Je… j’ai laissé une lettre et j’ai… »
« Oh oui, tu as laissé une lettre sur le bureau de Gil comme l’aurait fait une vulgaire voleuse ! Et nous Sara ? Les garçons et moi avons eu droit à quoi ? A rien ! Tu… tu as juste disparu de nos vies ! »
Sara baissa les yeux, visiblement troublée par l’évocation de cet épisode.
« Mais c’était différent… » M’expliqua t’elle.
« Différent ? Parce que moi je ne couchais pas avec toi c’est ça ? Nous sommes une famille, enfin, nous étions une famille… tu étais de ma famille Sara ! Tu croyais vraiment que ton départ ne me toucherait pas ? Tu pensais que mon chagrin serait moins profond que celui de Gil, de Nick ou de Greg ? C’est grotesque Sara ! »
« Ce n’est pas ce que je voulais dire… » Corrigea t’elle d’une voix tremblante.
« Alors qu’est ce que tu voulais dire ?! Au cas où tu l’aurais oublié c’est toi qui es partie ! Personne ne t’y a obligé ! »
Je vis alors l’attitude corporelle de Sara changer dans la seconde… elle croisa ses bras sous sa poitrine, plia la jambe de devant, dans un souci de domination sur moi, et planta son regard droit dans le mien…
La voilà… La voilà la Sara Sidle que j’aime, celle qui me tient tête, qui m’affronte et me remet à ma place quand je vais trop loin.
Elle entrouvre la bouche pour me balancer l’une de ses répliques dont elle a le secret, mais elle est aussitôt coupée par le bruit de l’ascenseur qui s’ouvre…
« Désolé patronne, mais on a besoin de vous à la table de poker 19, on a une baleine qui pète les plombs pour un crédit ! » dit Jonas, l’un de mes gardes du corps en entrant dans la pièce.
« Donne-lui ce qu’il demande ! » Hurlais-je sans quitter Sara des yeux.
« Euh patronne, il veut jouer avec une avance du casino de 1 million de dollars ! »
« Parfait ! Laissez le jouer ! Le Casino lui avance la somme »
« Mais je… »
« Tu vas le lui donner ce fichu million Jonas, ou tu veux que je le fasse moi-même ? »
« Baronne, je n’ai pas l’autorisation de débloquer les fonds, vous seule y avez accès ! » me rappela le grand blond.
J’étais sur le point de lui tendre la clef du coffre, lorsque Sara m’arrêta : « Cath, il s’agit d’un million de dollars tout de même, tu devrais t’en occuper personnellement ! Notre dispute peut attendre je pense … je sais que nos combats ont toujours été chers à ton cœur, mais ils ne valent pas ce prix là ! » me dit la grande brune.
Si elle savait… si elle savait combien nos disputes et tous les moments passés avec elle ont bien plus de valeur à mes yeux que ce stupide million !
« J’en ai pour cinq minutes ! » lui dis je en rejoignant Jonas dans l’ascenseur.
« Je ne bouge pas d’ici, on a une dispute à finir me semble t’il ! » me dit elle en se retournant pour me faire face.
Avant que les portes de l’ascenseur ne se referment, j’aurai juré voir passer dans ses yeux une étincelle d’impatience….
Curieux ! Pensais-je pendant que l’ascenseur me conduisait aux tables de poker.
Sara:
Elle est morte ! Elle est morte le jour où tu es partie ! Tu as tué cette partie de moi Sara !
Les mots qu’avait prononcé Catherine quelques minutes plus tôt me hantaient. Il résonnaient dans ma tête comme une messe funèbre… avais-je vraiment tué une partie de Catherine en quittant Vegas comme je l’avais fait ?
C’était la question que je me posais à présent en attendant le retour de la petite blonde ; mon esprit ne pouvait penser à rien d’autre…
Je crois qu’il est temps pour moi d’être honnête avec Catherine et de lui expliquer la raison de mon départ… Jamais je n’aurai imaginé une seule seconde que ma « fuite » l’aurait troublée à ce point là ! Mets toi à sa place espèce d’idiote, elle s’offre à toi, et toi tu quittes la ville le soir suivant sans rien lui dire… tu veux qu’elle en pense quoi grosse maline ?
Mon cerveau tournait à mille à l’heure, répétant encore et encore les mêmes mots, ceux que je m’étais répétés cent fois depuis mon retour : « Je t’aime Catherine, je t’aime Catherine, je veux être avec toi, j’ai besoin d’une place dans ta vie… »
Voilà ce que je devais lui dire, simplement la vérité, je n’avais pas beaucoup de temps devant moi, j’avais réservé ma chambre ici pour une seule nuit…
J’étais revenue ici dans un seul but, obtenir le cœur de Catherine…
Le cœur de Catherine…
Mon regarde s’arrêta alors sur un cadre posé sur son bureau, une photo que je n’avais pas encore remarquée. Je soulevais la photographie posée dans un cadre en argent. Une version de Catherine plus heureuse et rayonnante que jamais me souriait, elle avait les cheveux relevés sur sa nuque et sa silhouette me sembla encore plus divine que d’habitude, vêtue de cette petite robe d’été rouge.
Catherine tenait par la taille une magnifique jeune femme brune. Cette photo montrait bien leur affection partagée, la complicité se lisait dans leurs yeux. Et le sourire qu’affichait Catherine était radieux… Avec un pincement au cœur je songeais que cette photo n’avait pas été prise très longtemps après mon départ, un mois peut être deux tout au plus !
Il était clair à présent pour moi que j’arrivais trop tard pour posséder le cœur de la belle blonde, cette brunette s’en était déjà visiblement emparé et bien ! Catherine m’avait vite remplacée…songeais-je avec amertume. Tu es stupide Sidle, Catherine n’a pas pu te remplacer puisque nous n’avons jamais été ensemble ! Et si tu l’as perdue c’est ta faute ! Uniquement ta faute ! C’est toi qui es partie sans la moindre explication ! Tu as eu ta chance pour être sur cette photo avec elle, et tu l’as laissée passer idiote !!!
« C’est injuste… » murmurais je en crispant mes doigts sur la photo. Pourquoi elle et pas moi ? Je frissonnais et fermais les yeux quelques secondes… Pouvais je reprocher à Catherine d’avoir avancé dans la vie sans moi ? D’avoir eu besoin de quelqu’un après mon départ ? Certainement pas, je n’en avais pas le droit ! Tout ce gâchis était de ma faute, qu’est ce que je croyais…Catherine n’allait pas passer sa vie à m’attendre… et pour ça aurait-il encore fallu qu’elle sache qu’elle devait m’attendre… Peut être qui si je lui avais parlé, peut être alors que les choses auraient tourné autrement. Mais il semblerait que je sois simplement destinée à être son amie. Ce qui n’est pas si mal si on considère l’état de nos relations depuis ces huit dernières années.
« Elle est belle n’est ce pas ? » me demanda soudain Catherine en arrivant derrière moi.
Je sursautais comme prise en faute, la photo toujours à la main. Je ne l’avais pas entendue arriver, fichu ascenseur de malheur !
« Elle est très jolie … » dis je en reposant le cadre sur le bureau de la petite blonde.
« Elle me manque, j’aimerai bien la voir plus souvent, heureusement que le téléphone existe ! Mais ça ne remplace pas les câlins ! » dit elle en passant tendrement son index sur le visage de la petite brune.
Mon estomac se souleva… j’était rentrée pour elle, j’étais rentrée pour parler à Catherine, lui dire combien je l’aimais, et elle, elle avait déjà quelqu’un d’autre dans sa vie. Mon cœur se déchira, c’était donc vrai je l’avais perdue…
« Où l’as tu rencontrée ? » lui demandais-je alors. Non, mais qu’est ce que ça peut bien te faire ! Demande lui aussi si elles ont couché ensemble dès le premier soir pendant que tu y es.
Catherine me fixa pendant une seconde comme si une deuxième tête était en train de me pousser dans le cou. Elle jeta un rapide coup d’œil sur la photo puis me sourit : « Tu ne la reconnais pas ? » me demanda t’elle en me tendant le cadre.
« Non, pourquoi, je devrais ? » lui demandais-je piquée au vif.
« Oui tu devrais ! »
« Et bien non, je suis désolée, mais je ne me souviens pas de toutes tes conquêtes ! »
« Mes… mes conquêtes ? » répéta t’elle abasourdie, avant de se mettre à rire.
« Je ne vois pas ce qu’il y a de drôle, en plus elle a encore l’air d’une enfant Cath ! Elle a quoi dix-huit, dix neuf ans ? Tu aurais pu choisir quelqu’un qui joue dans ta catégorie au moins ! »
« Elle aura dix huit ans en octobre prochain… et crois moi c’est tout sauf une enfant ! » me lança t’elle en s’approchant de moi d’une démarche féline. « Quant à ma catégorie… tu te sens capable de faire le poids Sidle ? »
Mon pouls avait cessé de battre à la seconde où Catherine m’avait frôlée.
« Je…Tu… » du calme Sara, du calme. J’avais une sainte horreur de me sentir comme ça, prise au piège. Catherine m’avait mise au pied du mur, je n’avais plus que deux options, creuser un tunnel pour fuir ou l’affronter… Je n’avais pas imaginé notre face à face de cette façon mais qu’importe !
Je m’aperçus que je l’observais toujours et je lui souris malgré le feu qui colorait mes joues. Elle s’approcha alors encore un peu de moi, et mes yeux tombèrent droit dans son décolleté… Une minute de silence passa entre nous…
« Désolée j’avais la tête ailleurs » lui dis-je après avoir repris mes esprits.
« La tête peut être mais pas les yeux ! » murmura t’elle avec un sourire espiègle sans me quitter des yeux, son corps plus proche du mien.
Consciente de l’attrait qu’elle exerçait sur moi, je sentis ma gorge se serrer. Décidément chaque fois que Catherine se trouvait dans les parages je perdais la tête ! Finalement rien n’avait vraiment changé depuis mon départ. Comment Catherine avait elle fait pour bruler mes sens et me faire tourner la tête en quelques mots ?
Facile, elle avait toujours le pouvoir…
« Je te rappelle que nous avons une dispute sur le feu… » lui murmurais-je, espérant ainsi qu’elle reculerait, mais sans succès.
« Je te rappelle que nous avons bien d’autres choses à finir avant ça… » me répondit elle l’œil brillant de malice.
« Comme quoi ? » demandais-je mal à l’aise en sentant son corps venant se coller sur le mien.
« Comme ce que tu as commencé la nuit avant ton départ… » me dit-elle en plaquant sa bouche sur la mienne.
On y était… j’y étais… ce baiser que j’avais tant attendu, ce baiser qui m’avait fait fuir Vegas et quitter Grissom ! Voilà je l’avais enfin…
Je l’avais imaginé cent fois, mille fois, mais la douceur et la force du baiser de Catherine me projetèrent directement dans un autre monde : celui du désir !
Mon corps entier désirait cette femme, mes sens étaient en ébullition, mon cœur battait aussi fort que le moteur d’un Boeing. Ma tête raisonnait tellement que j’avais l’impression d’entendre les trompettes de Jéricho. Je sentis alors la langue de Catherine glisser lentement sur mes lèvres et tel un automate j’entrouvris la bouche pour approfondir notre baiser.
Elle glissa ses mains autour de mon visage pour avoir une meilleur prise sur moi, et glisser la langue plus loin dans ma bouche.
Waouh… Personne ne m’avait jamais embrassée comme ça, pas même Gil, surtout pas Gil, ne puis-je m’empêcher de penser. Il était tellement loin de tout ça, le mot passion lui était assurément étranger… alors que pour Catherine, il était clair qu’il faisait partie d’elle !
Lorsqu’elle rompit notre baiser aussi soudainement qu’elle l’avait commencé, je compris qu’elle attendait une réaction de ma part.
Et ma première réaction comme toujours fut la panique…
« Nous n’aurions pas du faire ça » articulais-je péniblement, le souffle court.
« Ca t’a déplu ? » me demanda Catherine toujours collée contre moi.
« Non…bien sûr que non… »
« Tu n’en avais pas envie… »
« Si… »
« Alors où est le problème ? » me demanda t’elle en caressant doucement ma joue.
« Le problème le voilà ! » lui dis-je en me saisissant de la photo sur son bureau.
« Pourquoi Lindsay serait un problème ? » lança t’elle en fronçant les sourcils.
Lindsay ?! Sa Lindsay ?
« C’est… c’est ta fille sur cette photo ? » lui demandais-je surprise.
« Ouais mam’zelle, c’est ma fille ! Tu croyais quoi ? Que c’était ma maîtresse ! » elle connaissait déjà la réponse à cette question.
« Je…je…dans mes souvenirs Linds était blonde, pas brune ? » murmurais-je plus pour moi-même que pour Catherine, la photo toujours dans ma main.
« Elle s’est fait une teinture cet été, parait-il que ça fait plus sérieux d’être brune lorsqu’on va à Harvard ! Va comprendre, j’imagine que ça sera comme tout le reste, ça lui passera ! » dit-elle dans un haussement d’épaules résigné.
« Lindsay est vraiment très belle, elle te ressemble beaucoup… » lui dis je enfin après avoir identifier les traits de la jeune fille.
« Serait-ce une façon détournée et maladroite de me faire un compliment Miss Sidle ? »
Je me sentis rougir jusqu'à la racine des cheveux : « Il semblerait que oui… »
« Compliment accepté alors ! » dit-elle en glissant ses bras autour de mon cou.
« Cath attends, je… il faut qu’on parle ! J’aimerais que tu comprennes certaines choses avant qu’on aille plus loin ! Si j’ai quitté Vegas c’est parce que… »
« Chut ! Pas maintenant, ma douce Sara, je voudrais profiter du moment. Juste toi et moi, rien d’autre… et puis si mes informations sont bonnes, tu as une chambre au 41ème étage… »
« Oui, j’ai une chambre, une chambre pour la nuit… »
« Une nuit, parfait, c’est tout ce qu’il nous faut ! Pour ce soir on oublie tout ce qui s’est passé, absolument tout ! On ne garde que toi et moi en mémoire, juste Catherine et Sara… » me murmura t’elle à l’oreille.
Catherine était prêtre à se donner à moi pour une nuit ? C'est ce qu'elle voulait me faire comprendre ? Oui, mais demain que se passerait-il ? Comme si elle avait lu dans mes pensées Catherine déposa un tendre baiser sur mon front : « Arrête avec les questions Sara, ce sont elles qui t’ont conduites loin de Vegas… loin de moi… profite du moment présent pour une fois » me dit-elle en se dirigeant vers l’ascenseur.
Je la vis appuyer sur l’étage 41… mon étage…
« Alors tu viens ? » me dit-elle en maintenant les portes ouvertes.
J’attendais plus de Catherine qu’une seule nuit dans ses bras. Mais puisqu’elle était prête à m’offrir ce voyage, qui étais-je pour refuser…
Catherine était libre… Libre de toute attache… Libre d’être à moi et seulement à moi… pour une nuit ou pour la vie … et pour l’instant elle m’offrait une nuit à ses côtés, une seule et unique nuit....
Fin de la seconde partie
A suivre....